La Colombie-Britannique est de genre féminin. Lorsqu’on utilise le mot « province », il est d’usage d’écrire « La province de la Colombie-Britannique » comme avec les autres mots, par exemple, "Le gouvernement de la Colombie-Britannique". Son abréviation est: C.-B. et il est le sixième lorsqu'on ne précise pas l'ordre à suivre, étant donné qu'il est la sixième des provinces et territoires à faire son entrée dans la confédération[2].
Dans la partie sud située entre les chaînes montagneuses de l'Ouest et celles de l'Est, se trouve un vasteplateau, leplateau intérieur (Interior Plateau), tandis que le coin nord-est de la province est occupé par des plaines légèrement ondulées dans le prolongement des grandes plaines de l'Alberta et de laSaskatchewan.
La côte, très montagneuse, est renommée pour ses nombreuxfjords bordés de forêts, qui contribuent à rendre les paysages spectaculaires.
Cettecarte illustre la région appeléeBasses-terres continentales de la Colombie-Britannique.Montagnes dans la vallée Robson, Colombie-Britannique. Avril 2019.
La Colombie-Britannique est généralement divisée en trois grandes régions :
Les régions situées dans le Nord ont des hivers froids et neigeux. La région sud de l'île de Vancouver jouit d'un climat tempéré, modéré par lecourant de Kuroshio de l'océan Pacifique. À l'intérieur des terres, les températures estivales peuvent être plutôt chaudes, puisqu'il existe plusieurs régions semi-arides dans la province, par exemple près des villes d'Osoyoos et deLillooet. Un endroit unique en Colombie-Britannique s'appelleSunshine Coast (« La côte ensoleillée »). Les températures les plus élevées enregistrées tournent autour de43,3 °C.
La capitale de la Colombie-Britannique estVictoria, située à l'extrémité sud-est de l'île de Vancouver.La principale métropole de la province estVancouver, située au coin sud-ouest du Canada continental.
C'est après la fin du dernier réchauffement climatique que les premiers habitantsautochtones s'établirent le long des côtes et dans les vallées de la Colombie-Britannique.
Les recherches ont révélé des traces d'habitation remontant à 6 000 à 8 000 ans. Ces populations semi-sédentaires profitaient des ressources naturelles de la région : l'eau douce, le gibier, les poissons, les crustacés et les plantes comestibles étaient présents en abondance tandis que les hautes forêts fournissaient le bois nécessaire au feu et à la construction des abris.
Ces peuples parlaient de nombreux langues, parmi lesquels leslangues salishennes. Ils avaient développé une culture raffinée dont témoignent lestotems richement décorés et la coutume du « potlatch » au cérémonial élaboré[6]. Dans les années 1950, des universitaires canadiens ont réagi en constatant le quasi-anéantissement de l'art des IndiensHaïdas etKwaguʼł. Ils ont demandé à deux vieux maîtres sculpteurs de prendre des apprentis et de leur transmettre leur savoir d'antan. Des écoles ont fleuri. Aujourd'hui, dans lebois ou l'argilite, la cosmogonie indienne s'exprime à travers le totem mais aussi à travers des miniatures. Les collectionneurs du monde entier et les musées sont friands de ces mâts-totems miniatures.
Le plus ancien site archéologique connu en Colombie-Britannique est situé au nord-est (région presque arctique) de la Colombie-Britannique. Des fouilles à Charlie Lake Cave, près deFort St. John dans le district régional de la rivière de la Paix (Peace River Regional District), ont permis de mettre au jour des ossements d'animaux (bisons, corbeaux[7]) associés à desartéfacts d'origine humaine. Les datations ont permis d'estimer que leur ancienneté était comprise entre 10 500 et 8 000 années[8].
Le premiervoyage documenté d'un Européen dans la région est celui du navigateurespagnolJuan José Pérez Hernández en1774 qui approcha des côtes de Colombie-Britannique mais sans y aborder. L'année suivante, l'espagnolJuan Francisco de la Bodega y Quadra fut le premier à explorer la région.À noter cependant, qu'il est possible queFrancis Drake, le navigateur anglais, et Juan de Fuca, un pilote grec au service de l'Espagne, aient exploré la région dès leXVIe siècle. Le détroit entre l'île de Vancouver et l'État de Washington porte toujours le nom deJuan de Fuca.James Cook, le navigateur britannique, visita les côtes de l'île de Vancouver en 1778, etGeorge Vancouver, qui avait accompagné Cook en 1778, revint en 1792 pour faire une exploration plus détaillée de la région, ce qui a déterminé une fois pour toutes qu'aucun passage maritime au sud du détroit de Bering ne permettait l'accès à l'Europe.
Un conflit territorial entre l'Espagne et la Grande-Bretagne pour contrôler la traite desfourrures de loutres de mer, alors très estimées en Chine, fut évité grâce auxConventions de Nootka. L'Espagne, qui avait établi le Fort San Miguel dans la baie de Nootka, se retira de la région, ce qui permit aux Britanniques et aux Américains de se livrer à la traite et à la colonisation[9].
C'est lareine Victoria qui a définitivement choisi lenom de Colombie-Britannique.
Avant l'établissement en1846 de la frontière entre les parties américaine et britannique des territoires situés à l'ouest desRocheuses, la plus grande partie de l'actuelle Colombie-Britannique faisait partie de ce qui était appeléOregon Country à l'époque, par les Américains[10]. Letraité de l'Oregon fixa cettefrontière à lalatitude du49e parallèle jusqu'à l'océan Pacifique.
La partie sud du District de Columbia de la Compagnie de la Baie d'Hudson (ou l'Oregon Country comme les Américains l'appelèrent) devint leterritoire de l'Oregon, sous la souveraineté des États-Unis, tandis que la partie nord, sous souveraineté britannique, était composée de l'Île de Vancouver en entier qui devint une colonie britannique en1849, et de la partie correspondant à la Colombie-Britannique continentale actuelle qui n'avait pas de statut officiel et était appelée informellementNouvelle-Calédonie (à ne pas confondre avec le territoire français du même nom). Cette partie continentale devint une colonie britannique en1858, sous le nom deBritish Columbia (traduit en français par « Colombie-Britannique »), en référence au fleuveColumbia qui traverse la province et au « Columbia District » de la CBH. C'est la reineVictoria qui prit la décision finale sur le nom de la colonie. À l'origine, en français, on parlait de laColombie-Anglaise[11].
De plus, en 1858,Jean-Jacques Caux unfrançais d'origine et nouvellement arrivé en Colombie Britannique, eu une grande importance dans l'histoire et le développement de cette province canadienne.
La région duCariboo (l'« Intérieur central ») fut l'objet d'uneruée vers l'or en 1862-1865. Cela créa un flux rapide de mineurs et de colons, à peu près 30 000 personnes. Cette période est commémorée dans le « Sentier de la ruée vers l'or » (Harrison-Lillooet Gold Rush Trail) — un ensemble de lieux historiques deLillooet jusqu'àBarkerville et au-delà. Quelques-unes des villes le long de cette route sont numérotées selon leur distance à Lillooet, dont les plus connues sont « 70 Mile House », « 100 Mile House », « 108 Mile Ranch », et « 150 Mile House ».
Trois enfants Nuu-chah-nulth (Nootkas), àYuquot, dont l'un tenant une sculpture de bois.
Depuis 1871, la Colombie-Britannique est une province de lafédération canadienne, et laConstitution du Canada régule ses relations avec le gouvernement et le parlement fédéral.
Les raisons de la décision des Britanno-Colombiens de se joindre au Canada en 1871 furent nombreuses. Il y avait la peur d'annexion auxÉtats-Unis, la dette écrasante créée par la croissance rapide de la population et le besoin de services gouvernementaux pour les supporter, la fin de laruée vers l'or et la dépression légère qui l'avait accompagnée.
La Colombie-Britannique devint province du dominion du Canada le, à la suite de la promesse du dominion de construire une ligne de chemin de fer reliant la côtepacifique aux provinces de l'est. LeCanadien Pacifique à travers lesmontagnes Rocheuses fut difficilement construit entre1875-1885.
En1898-1903 la province rétrécit considérablement après que laDispute de la frontière de l'Alaska attribua le nord-ouest, en particulier la côte, à son voisin septentrional.
Les relations ethniques furent un peu délicates notamment pendant laSeconde Guerre mondiale lorsque de nombreux résidents d'ascendance japonaise furent dépossédés de leur propriété et internés ou déplacés à l'intérieur de la province après l'attaque contrePearl Harbor en 1941.
La langue la plus parlée en Colombie-Britannique est l'anglais. Bien qu'il n'y ait pas juridiquement de langue officielle, l'anglais est systématiquement utilisé par les organismes officiels, ce qui lui donnede facto un statut de langue officielle, comme dans la plupart des provinces anglophones.
LeConseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (enanglais :Francophone Education Authority ou encoreSchool District No 93) est la commission scolaire qui gère, depuis1995, le réseau des établissements scolaires francophones de la province. Contrairement aux autres commissions scolaires de la Colombie-Britannique, ce conseil scolaire ne couvre pas une zone géographique spécifique, mais gère les écoles fondées uniquement sur la langue française.
En 2011, il est révélé que 296 075 Britanno-Colombiens sont capables de s'exprimer en anglais et en français, et que 1 760 sont capables de s'exprimer en français uniquement[14].
LesCanadiens français ont participé en grande mesure dans les explorations et au développement de la Colombie-Britannique, grâce au rôle de laCompagnie du Nord-Ouest, de laCompagnie de la Baie d'Hudson et de l'Église catholique dans les Districts de la Nouvelle-Calédonie et Columbia. Six voyageurs canadiens-français accompagnèrent l'explorateur Mackenzie au cours de son expédition à la côte ouest du continent de 1792-1793. Les Sœurs de Sainte-Anne arrivèrent à Victoria en 1845, peu après la construction du fort Victoria, et fondèrent la première école de la colonie. L'école, conservée par le gouvernement provincial, est aujourd'hui le bâtiment le plus ancien de type européen dans la province. Les Sœurs de Sainte-Anne établirent aussi l'hôpital Saint-Joseph, qui est devenu plus tard leVictoria General Hospital. Le premier évêque de l'île de Vancouver,Modeste Demers fit transporter de San Francisco à Victoria une imprimerie utilisée par un Américain pour publierLe Courrier de la Nouvelle-Calédonie pendant quelques semaines en 1858 — le deuxième journal publié en Colombie-Britannique[15]. Un autre ordre religieux français, lesOblats de Marie-Immaculée, fondèrent en 1859 une mission à l’emplacement de ce qui est aujourd'hui la ville deKelowna. Un autre religieux de l'ordre des Oblats, le Père Fouquet, fonda en 1861 uneécole résidentielle amérindienne à Mission City avec l'aide des Sœurs de Sainte-Anne. Avant 1858, quand commença la ruée vers l'or, les Canadiens-français formaient la population la plus nombreuse de la partie continentale de ce qui est aujourd'hui la Colombie-Britannique. Après la construction de chemin de fer transcontinental, une petite communauté d'ouvriers francophones s'installa à Hatzic Prairie, non loin de la mission des Oblats à Mission City. En 1910, la communauté francophone deMaillardville fut fondée par des colons québécois dans la région deCoquitlam[16].
L'économie de la Colombie-Britannique est historiquement liée aux ressources naturelles (exploitation forestière, extraction de minéraux, pêche). Cependant, depuis le milieu duXXe siècle, elle s'est considérablement diversifiée en bénéficiant d'une situation géographique privilégiée qui en fait une porte d'entrée vers les zones les plus prospères de l'Asie et l'ouest des États-Unis. L'agriculture n'a jamais joué un rôle important dans l'économie de la province.
LePIB de la Colombie-Britannique s'est élevé à 192 528 millions de dollars canadiens en2007 (+5,4 % sur un an) et son économie est désormais essentiellement liée aux activités tertiaires.
La Colombie-Britannique connait dans les années 2010 une forte augmentation dublanchiment d'argent, particulièrement dans les secteurs de l'immobilier, des voitures de luxe ou encore des courses de chevaux. Un comité d'experts a estimé que le blanchiment d'argent avait dépouillé la province de 7,4 milliards de dollars en 2018[18].
Transport degrumes par train en Colombie-Britannique, Montréal, QC, 1892.
L'exploitation des forêts est une activité économique très importante en Colombie-Britannique.
Depuis le début des années 2000, ce secteur économique est confronté au grave problème de lapullulation de ladendroctone du pin ponderosa qui a déjà détruit des millions depins tordus, l'essence la plus exploitée dans la province[19]. Le risque économique en jeu s'élève à 20 milliards de dollars canadiens, correspondant à la valeur du bois concerné[20].
Ces dernières années, des leaders autochtones et des citoyens se mobilisent pour s'opposer à la coupe de forêts très anciennes, comme àClayoquot et àFairy Creek sur l'île de Vancouver[21].
L'exploitation minière est une des principales activités économiques de la Colombie-Britannique. La valeur totale des minéraux extraits est estimée à 5,7 milliards de dollars canadiens, tandis que les investissements en matière d'exploration se sont élevés à 367 millions de dollars cette même année. À la fin de l'année 2008, il y avait en production huit mines de métaux, neuf de charbon et plus de trente de minéraux industriels[22]. Tout comme l'exploitation minière, la construction est également un secteur économique important.
En aout 2014, lacatastrophe du Mont Polley endommage considérablement labiodiversité. Des milliards de litres d’eaux usées et de boues toxiques se sont déversées dans les lacs et les cours d’eau environnants. La rupture de la digue est survenue malgré un rapport officiel de 2011 alertant le propriétaire de la mine, Imperial Metals, sur la nécessité de trouver une solution durable pour évacuer les eaux usées s’accumulant dans le bassin[23].
L'industrie minière possède une influence sur la politique des gouvernements provinciaux. Imperial Metals a versé depuis 2005 plus de 200 000 dollars canadiens auParti libéral de la Colombie-Britannique. Son principal actionnaire a également organisé en 2013 une soirée privée de collecte de fonds en appui à la campagne de réélection de la Première ministre de Colombie-Britannique,Christy Clark[23].
On ne compte plus les œuvres cinématographiques tournées dans cette région. Il suffit de vérifier une mention ou le logo de British Columbia pour s'en rendre compte.
Par exemple, c'est en Colombie-Britannique qu'ont eu lieu la plupart des tournages de la série téléviséeStargate SG-1[24]. De nombreuses autres séries ont également été tournées dans la région de Vancouver, commeDark Angel,Smallville,Supernatural etX-Files. Ainsi que la série téléviséeSanctuary[25] à la fin du générique de la saison 4.
La province est connue pour ses paysages montagneux et sesfjords spectaculaires qui constituent le contexte pour une industrie croissante d'aventures en plein air et d'écotourisme.
Par son climat, sa beauté et son esprit pionnier très ouvert, la Colombie-Britannique convient à ceux qui cherchent une dernière frontière. EntreRocheuses etPacifique, dans lesKootenays ou la vallée de laSimilkameen, on trouve disparates et mélangés, des gens de toutes origines : enfants d'exilés russes, réfugiés des mégalopoles, voyageurs échappés d'une Europe surpeuplée, Québécois découvrant avec étonnement une nouvelle dimension de leur propre pays. C'est une population marginale, nomade, voire saisonnière, qui s'installe dans les collines pour six mois ou trois ans, au gré de l'inspiration. Ils vivent dans des tipis à même le sol, dans de vieux bus d'écoliers aménagés ou dans des cabanes bien cachées qui ont déjà reçu plusieurs locataires. Ils se déplacent à pied, à cheval, à skis ou dans de vieilles camionnettes, ne craignant pas les routes en terre.
La vallée de l'Okanagan devient une importante zone devignobles. Lastation de ski deWhistler dont l'accès routier a été amélioré en vue des JO de 2010 est de niveau international. Les pistes de ski fournissent, l'été, une grande quantité de baies qui font exploser la population d'ours noirs (plus de cent dix mille et une quinzaine de milliers pour lesGrizzlis). La municipalité a mis en place des installations comme despoubelles à ouverture spéciale, des clôtures électriques et des groupes de sécurité équipés d'armes à balles en plastiques pour les maintenir hors du périmètre.
Lasea to sky highway, célèbre route touristique qui relie Vancouver et Whistler, deux des sites qui ont accueilli lesJeux olympiques d'hiver de 2010, sera fortement améliorée, équipée d'un réseau de production et de ravitaillement enhydrogène comprenant notamment sept stations-service. Par contre, unchemin de fer en navette n'est pas au programme.
Whistler offre un des plus grands domaineshors-piste du monde durant l'hiver ainsi que de nombreux kilomètres de pistes deVTT durant l'été.
La promotion du tourisme est assurée parTourism British Columbia(en), qui est unesociété de la Couronne depuis, financée par une taxe sur les chambres d'hôtel de la Colombie-Britannique. Tourism BC a divisé la province en six régions touristiques[26] :
La Colombie-Britannique est représentée par 42 députés au Parlement du Canada[30] tandis que cinq sénateurs représentent la province au Sénat du Canada[31].
L'Union des municipalités de Colombie-Britannique a été créée il y a 100 ans pour donner une voix commune aux gouvernements locaux de Colombie-Britannique. Cet organisme offre auxmunicipalités l’occasion de se réunir, de partager leurs expériences et de se positionner solidairement. Les principaux moyens utilisés pour atteindre ces objectifs sont d'un côté une présentation annuelle et d'un autre une participation active aux activités du gouvernent de Colombie-Britannique. En somme l'Union est unposte d'écoute dans un monde en continuel mouvement[34].
La Fédération des francophones de Colombie-Britannique se veut représentative desFranco-Colombiens. Sa mission est de promouvoir, de représenter et de défendre les droits et intérêts des francophones de la Colombie-Britannique en préservant leurs patrimoine linguistique et culturel. La Fédération regroupe 70 000 francophones et 300 000 francophiles[35].
Il y a neuf jours fériés légaux par année, durant lesquels les banques, les magasins d'alcool, la plupart des entreprises et certains commerces sont fermés.
↑(en)B.C. Forest are under attack., article de la campagne d'information publique du gouvernement de Colombie-Britannique sur la pullulation de la dendroctone du pin