Lacollaboration est la politique de coopération active avec un occupant ennemi[1].
La collaboration peut êtreinvolontaire (reconnaissance réticente de la nécessité) ouvolontaire (en tant que tentative d'exploiter cette nécessité), etservile ouidéologique[2].
La collaboration idéologique se distingue de la servile par l'apologie de la coopération avec les forces étrangères et par la perception de l'ennemi comme apportant des changements domestiques désirables[2]. On y fait alors référence en tant que « collaborationnisme »[3]. L'attitude opposée est larésistance face à l'occupant. Cette dernière peut également être active ou passive.
Le terme « collaboration » remonte à 1871 en référence aux contrebandiers qui durant lesGuerres napoléoniennes faisaient du commerce avec l'Angleterre et participaient à l'évasion de monarchistes. Cette référence remonte elle-même au latincollaboratus (com-labore : « travaille avec »).
La signification du terme en tant que « traîtrise par la coopération avec l'ennemi »[4] date des années 1940 en référence au gouvernement de Vichy et à ceux qui coopérèrent avec l'Allemagne nazie[5].
Le termecollaborationnisme est utilisé par les historiens pour qualifier ceux qui soutiennent idéologiquement l'occupant.
Il est utilisé plus particulièrement pour ceux qui ont éprouvé, durant laSeconde Guerre mondiale, de la sympathie pour l'Allemagnenazie ou ont été partisans d'une alliance avec l'Allemagne et d'une entrée en guerre à ses côtés[6],[7]. Le terme était déjà employé dans la presse résistante durant cette période[8].
Le collaborationnisme (volontaire et idéologique) est plus poussé car il vise à la victoire de l'Allemagne considérée comme souhaitable idéologiquement par rapport à certaines formes de collaboration.
La collaboration consisterait à s'accommoder de la domination allemande considérée comme un état de fait (involontaire et servile).
Entre 1945 et 1951, leJapon a été occupé par les forces américaines. La réaction de la population japonaise face à l'occupation est présentée comme « Shikata ga nai » (« On ne peut rien y faire ») témoignant d'une collaboration involontaire et servile mais à laquelle la population est idéologiquement opposée. Le Japon reste toutefois un allié politique des États-Unis en Asie depuis la Seconde Guerre mondiale, bien que le premier ministreShinzo Abe ait été élu en grande partie sur la base de la fermeture des bases américaines d'Okinawa, ce qui n'a jamais été mis en œuvre[9],[10].