| Origines stylistiques | Post-punk,new wave |
|---|---|
| Origines culturelles | Fin desannées 1970 ;France |
| Instruments typiques | Guitare électrique,basse,batterie,synthétiseur |
| Voir aussi | Rock gothique,dark wave,ethereal wave |
Lacold wave (prononcé[kəʊld.weɪv], littéralement « vague de froid », ou vague froide) est ungenre musical apparu à la fin desannées 1970 enAngleterre, qui s’est popularisé principalement dans la première partie desannées 1980. Il peut être considéré comme un sous-genre des courantsnew wave etpost-punk, dont il radicalise le minimalisme et la froideur. L'expression a été utilisée pour la première fois en 1977 pour décrire la musique deSiouxsie and the Banshees.
L'appellation « cold wave » est surtout utilisée enFrance[1], enBelgique etSuisse francophones. AuRoyaume-Uni, il s'agit plus volontiers de « post-punk »[1]. Il ne faut pas confondre ce courant avec la cold wave américaine, qui est un genre derock industriel apparu vers la fin des années 1980.
Parmi les précurseurs de ce style, on retrouveDavid Bowie avec ses albumsLow et"Heroes" composés avec le musicienBrian Eno, mais aussi les expérimentations électroniques et froides de certains groupes allemands (tels queKraftwerk,Can,Neu!), ainsi que le rock électronique et minimaliste deSuicide. Les débuts de lamusique industrielle et le groupeThrobbing Gristle ont eux aussi contribué à l'émergence de ce mouvement musical. Fin 1977, dans les numéros du 26 novembre 1977 et du 3 décembre, l'hebdomadaire britanniqueSounds consacre deux unes à une scène émergente qu'il nommeNew Musick - The Cold Wave et désigne la chanteuseSiouxsie comme« la représentante majeure de la cold wave »[2]. Celle-ci décrit sa musique comme« froide comme une machine et passionnée en même temps »[2]. Lors d'une session pourJohn Peel enregistrée pour la BBC, la première version de sa chansonMetal Postcard est présentée avec unebatterie pleine d'écho et dedelay, ce qui crée beaucoup d'espace. Pour la journaliste Vivien Goldman, cette musique« résonne comme une usine industrielle duXXIe siècle » annonçant« l'ère de la machine » : c'est« le rugissement de la cold wave des seventies qui avance vers les eigthies[2]. » Siouxsie répond à cette observation en disant,« c'est que peut-être, il y a une nouvelle ère glaciaire qui arrive[2]. »
Un an après en novembre 1978, son groupeSiouxsie and the Banshees dessine les premiers contours de la cold wave sur disque avec l'instrumentalPure qui ouvre leur premier albumThe Scream. Ce titre, enregistré avec une pléiade d'effets, chorus, flanger, delay et une réverbération sur la batterie comme sur les autres instruments, est alors atypique dans leur répertoire[3]. En décrivant ce morceau, Nick Kent précise dans leNME :« Pure emmène le son à un point ultime, laissant des espaces qui ont autant de sens que les notes jouées[4]. » Le groupe explora davantage cette veine sur leur deuxième albumJoin Hands sorti l'année suivante, où tous les titres de la face-A baignent dans une ambiance crépusculaire.Martin Hannett, le producteur deJoy Division, déclarera plus tard au journaliste Jon Savage avoir été intéressé par le travail de Siouxsie[5]. Les musiciens de Joy Division, ont par la suite nommé Siouxsie and the Banshees« une de nos grosses influences [...] pour la façon inhabituelle de jouer de la guitare et de la batterie »[6].
À la même époque, le groupeWire est la première formation post-punk à utiliser dessynthétiseurs dans le seul but d'ajouter une atmosphère glaciale à leurs morceaux. Leur deuxième albumChairs Missing, publié en 1978 se démarque en cela nettement de leurs réalisations antérieures. Wire façonnera encore plus cette esthétique sur leur troisième disque154 sorti en 1979. Un des autres groupes emblématiques du« son » cold est Joy Division et ceci grâce l'apport de leur producteur Martin Hannett rencontré à l'automne 1978. L'année suivante, Hannett change la coloration musicale du groupe en y ajoutant des claviers et plusieurs effets sur la batterie. Dans une de ses chansons,Ice Age, le chanteur de Joy Division,Ian Curtis évoque l'époque glaciale dans laquelle il vit, avec les paroles :« I'm living in the Ice age (...) Into the cold ». Après avoir enregistré deux albums studioUnknown Pleasures etCloser, Ian Curtis met fin à ses jours en mai 1980, laissant une empreinte durable sur ses contemporains. Le minimalisme, les rythmes martiaux et le son glacial du groupe deManchester, ainsi que la voix sépulcrale de Curtis, seront énormément imités dans les décennies suivantes.
Public Image Limited, le deuxième groupe fondé parJohn Lydon, marque aussi les esprits avec leur albumMetal Box, incluant une longue plage d'ouverture expérimentale intituléeAlbatross.The Cure effectue en 1980 une incursion dans ce style dès leur deuxième album, l'introspectif et atmosphériqueSeventeen Seconds. Le groupe deRobert Smith avec sa trilogieSeventeen Seconds,Faith etPornography, a directement influencé des générations de groupes cold wave,Cold étant d'ailleurs le titre d'une chanson de l'albumPornography. Ces groupes britanniques post-punk sont nés dans le sillage dumouvement punk qui incarnait deux phénomènes essentiels : l'accessibilité pour tous à la musique et la révolte des jeunes face à l'establishment dans une société en plein désarroi.
La cold wave est un terme attribué à un certain nombre de groupes à partir de 1977 sans qu'il y ait pour autant une réelle unité de genre. La cohérence du style tient d'un certain statisme rythmique, l'utilisation de sonorités froides, l'usage lugubre de la voix avec des paroles tournées vers l'angoisse et un certain mal-être.
À l'opposé de la plupart des courants rocks de l'époque, le style se caractérise par la prédominance de la section rythmique, généralement lente et pesante, l'usage fréquent de synthétiseurs, des guitares en surimpression parfois volontairement dissonantes. C'est une tendance où les artistes peuvent exprimer leur difficulté d'exister dans une société en plein bouleversement. On peut y voir un certain mal-être existentiel, parfois empreint de poésie au-delà durejet instinctif et énergique du punk. Chaque groupe exprime une tendance, une esthétique, une créativité, une personnalité propre. Dans les groupes « classés » cold wave on peut aussi citer :Bauhaus,Section 25,Cabaret Voltaire,The Opposition,The Sound,A Certain Ratio,Japan,And Also the Trees ou encoreTuxedomoon. Des groupes moins underground commeDepeche Mode ont aussi fait une incursion dans ce style avec leur albumBlack Celebration publié en 1986. Leur travail reposait exclusivement sur un travail mélodique ausynthétiseur.
En France, une scène émerge dès le début des années 1980. Certaines formations hexagonales et belges chantant en anglais telles queKaS Product[7],Clair Obscur,Little Nemo,Marquis de Sade,Jad Wio,Dominic Sonic ouTrisomie 21 sortent des albums.

Nombreux sont les groupes classés cold wave qui ont disparu dès le milieu desannées 1980. D'autres ont fait évoluer leur musique vers la pop (The Cure), les musiques électroniques (New Order anciennement Joy Division) ou la musique mystico-orientale (Dead Can Dance). Depuis le début desannées 2000, on peut observer une résurgence de ce style chez des groupes plus récents commeInterpol,Editors,She Wants Revenge etWhite Lies.
On note également un regain d'intérêt pour ces groupes des années 1980, notamment ceux de l'underground français comme Kas Product, qui font l'objet de rééditions pour les amateurs. Le succès du projetNouvelle Vague, de Marc Collin et Olivier Libaux, qui reprend de nombreux titres de cold wave en versionbossa nova, démontre que ce style trouve encore un certain écho dans les années 2010 avec notamment John & Jehn (avec la chanteuse Jehnny Beth avant que celle-ci ne fondeSavages) puisLescop.