Pour les articles homonymes, voirMassiac (homonymie).
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Leclub de l'Hôtel de Massiac est une société de riches colons deSaint-Domingue et desPetites Antilles, installée à l'hôtel de Massiac, à Paris, et fondée le.
Elle réussit à suspendre dans les colonies l'application de laDéclaration des droits de l'homme dont les principes abolissaient l'esclavage, et à différer de plusieurs mois la création à l'Assemblée d'un comité des colonies.
Louis-Claude-René de Mordant (1746-1806), qui se fait appelerMarquis de Massiac depuis qu'il a hérité, en 1770, de son grand-oncle, leministre de la MarineClaude-Louis d'Espinchal[1], possède cet hôtel particulier, anciennement Hôtel de Pomponne, situéPlace des Victoires àParis. Un « Club des colons blancs » commence à s'y réunir dès le, afin de combattre l'influence de laSociété des amis des Noirs, fondée parBrissot en 1787, qui veut faire abolir la traite négrière dans les colonies. Il rassemble dès l'origine 70 membres, tous propriétaires àSaint-Domingue ou aux Petites Antilles, et en comptera plus de 400 en 1791 lors du débat à l'Assemblée sur les colonies.
Dès le, une première assemblée des « colons résidant à Paris » s'était réunie à l'initiative deLouis-Marthe de Gouy d'Arsy afin d'obtenir la représentation des colonies à l'Assemblée et la création dans les colonies d'assemblées coloniales exerçant le contrôle politique local. Le club crée des sociétés de correspondance dans les ports. Il s'agit d'empêcher l'Assemblée de prendre des mesures entravant les intérêts des colons. Le club Massiac a été dominé par des personnalités comme celles de ce Gouy d'Arsy, issu de la noblesse et détenteur d'une immense fortune à Saint-Domingue, ainsi que par le Martiniquais créoleMédéric Louis Élie Moreau de Saint-Méry, théoricien du club.
Brissot rapporte dans ses mémoires la réponse deLouis XVI à Gouy d'Arsy, élu député de la noblesse de Saint-Domingue auxÉtats généraux, venu solliciter l’interdiction des séances de laSociété des amis des Noirs :« Ces pauvres noirs ont-ils donc des amis en France ? Tant mieux, je ne veux pas interrompre leurs travaux. »
Le groupe s'appuie à l'Assemblée surMalouet,Barnave, ainsi que surAlexandre de Lameth.
Dans sa séance du lundi, le SieurBarnave, rapporteur du Comité colonial, lit un rapport sur le travail de ce comité, puis soumet à l'Assemblée un projet de décret dont le préambule déclare que« considérant les colonies comme une partie de l'empire français et désirant les faire jouir de l'heureuse régénération qui s'y est opérée, elle n'a cependant jamais entendu les comprendre dans la Constitution qu'elle a décrétée pour le royaume, et les assujettir à des lois qui pourraient être incompatibles avec leurs convenances locales ou particulières ». Suivent six articles qui indiquent le moyen pour chaque colonie de se doter de l'administration qui convient le mieux à sa prospérité et à celle de ses habitants en se conformant aux principes qui lient les colonies à la métropole en« assurant la conservation de leurs intérêts respectifs. » Le club Massiac mène campagne contre les droits des hommes de couleur libres à l'égalité ainsi que contre leurs défenseurs les plus actifs. À ce titre le club accuse l'abbé Grégoire, pourtant fils unique, peut-être par confusion avec un corellegionaire homonyme de Villers-Cotterêts, d'agir sous l'influence de son frère marié à une femme de couleur[2].
En se fondant sur le poids démographique de Saint-Domingue, esclaves compris, la délégation prétend obtenir vingt sièges auxÉtats généraux. La représentation de Saint-Domingue est finalement ramenée à six, mais la question du statut des hommes a été posée, ouvrant une brèche dans l’édifice esclavagiste.
Aprèsla révolte des esclaves de 1791, de nombreux planteurs fuient l'île et forment les communautés desréfugiés français de Saint-Domingue en Amérique, où se déplace le centre de gravité du lobby des colons, avec des revendications de plus en plus axées aussi sur la culture.Louis Marthe de Gouy d'Arsy a été guillotiné, mais d'autres orateurs et élus de Saint-Domingue, s'installent dans la capitale américaine de l'époque,Philadelphie, tels queDenis Nicolas Cottineau de Kerloguen.