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Clovis Ier

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« Clovis » redirige ici. Pour les autres significations, voirClovis (homonymie).

Clovis Ier
Illustration.
Lebaptême de Clovis parRemi avec le miracle de laSainte ampoule (détail). Sculptée durant le dernier quart duIXe siècle, cette plaque enivoire servait vraisemblablement à orner lareliure d'unmanuscritrémois relatif à la vie desaint Remi (Amiens,musée de Picardie)[1].
Titre
Roi des Francs saliens puisRoi des Francs
481/482
PrédécesseurChildéric Ier(roi des Francs saliens)
SuccesseurThierry Ier(roi de Reims)
Clodomir(roi d'Orléans)
Childebert Ier(roi de Paris)
Clotaire Ier(roi de Soissons)
Biographie
Titre completRoi des Francs
DynastieMérovingiens
Date de naissancevers 466
Date de décès[2]
Lieu de décèsParis
PèreChildéric Ier
MèreBasine de Thuringe
Conjoint1) Evochilde[3],[4] princesse franque
2)Clotilde
EnfantsThierry Ier
Ingomer
Clodomir
Childebert Ier
Clotaire Ier
Clotilde
LangueVieux-francique
ReligionPolythéismegermanique(jusqu'en 496)
Christianisme nicéen(à partir de 496)
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Clovis Ier, enlatinChlodovechus, né vers 466 et mort àParis le, estroi des Francs saliens, puis roi de tous lesFrancs de 481 à 511.

Issu de la dynastie desMérovingiens, il est le fils deChildéric Ier, roi desFrancs saliens deTournai (en actuelleBelgique), et de la reineBasine de Thuringe. Chef militaire, il accroît considérablement le territoire du petit royaume des Francs saliens, dont il hérite à la mort de son père, pour unifier une grande partie des royaumes francs, repousserAlamans etBurgondes et annexer les territoires desWisigoths dans le Sud de laGaule ainsi que leRoyaume de Soissons contrôlé parSyagrius et qui correspond à une partie de la Lyonnaise romaine.

Le règne de Clovis est surtout connu par la description qu'en fitGrégoire de Tours, évêquegallo-romain dont l'Histoire des Francs est riche d'enseignements. La visée de ce livre, essentiellement édifiante, manque de précision et de cohérence historique. Les éléments de la vie de Clovis ne sont pas connus de manière certaine et leur « habillage » est le plus souvent suspect. Clovis est considéré dans l'historiographie comme l'un des personnages les plus importants de l'histoire de France, notamment à travers sa conversion auchristianisme.

Sources

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Le règne de Clovis est l'un des moins bien documentés de ladynastie mérovingienne ; les sources le concernant reposent sur de rares documents qui lui sont contemporains — une dizaine de lettres allusives, dont une lui est attribuée, et qui fait moins de quinze lignes — connues par des copies tardives, pas toujours très fiables[5], et sur des auteurs qui écrivent près de trois générations après sa mort[6]. Cette documentation lacunaire a permis « de largement spéculer sur la figure du fondateur de la dynastie mérovingienne »[5] qui « réduit à sa seule consistance historique vérifiable […] serait demeuré dans la discrétion de l'histoire savante »[7].

L'essentiel des connaissances relatives à Clovis provient du récit rédigé à la fin duVIe siècle par l'évêqueGrégoire de Tours, né longtemps (près de trente années) après la mort du roi franc. Ce récit occupe une courte partie — quinze courts chapitres[Note 1] — dulivreII de la chronique universelle connue sous le titre d'Histoire des Francs. Grégoire entend faire de Clovis, premier roi franc baptisé, une figure fondatrice, qu'il dépeint à l'image d'un souverain de l'Ancien Testament, dans un récit qui est à ce titre sujet à caution[6]. Sa narration des événements suit un découpage par tranches de cinq années, peut-être une réminiscence desquinquennalia[Note 2] ou deslustra romaines : accession au trône à15 ans, guerre contreSyagrius à 20,baptême à 30, consulat à 40 et décès à 45[8]. À partir duVIIIe siècle, les copistes tendent à escamoter le premier volume desHistoires, contribuant à faire de Clovis le roi des origines[9].

Trois sources antérieures à celle de Grégoire de Tours décrivent la situation politique du Nord de la Gaule[10] à cette époque. Il s'agit de laChronique d'Hydace, évêque de Chaves enGallæcia[11], d'une chronique gallo-romaine duVe siècle, laChronica Gallica de 452 (continuée par laChronica Gallica de 511) et de laChronique deMarius, évêque d'Avenches[12]. Un siècle après Grégoire, le chroniqueur appeléFrédégaire propose un portrait « beaucoup plus baroque » du souverain franc, oscillant entre traditions germaniques et romaines[6].

Biographie

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Coupole dubaptistère des Ariens deRavenne. Au centre de la coupole, le Christ se fait baptiser parJean dans leJourdain. Il est représenté à côté d'un génie des eaux pour montrer qu'il n'est pas totalement humain[13].

Étymologie du nom de Clovis

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La langue maternelle de Clovis était unelangue germanique du sous-groupebas francique[14],[15].

Son nom est connu seulement sous la forme latiniséeChlodovechus, qui correspond probablement à un nomfrancique,*Hlodowig (en écriturerunique ᚺᛚᛟᛞᛟᚹᛁᚷ)[16],[Note 3], que l'on suppose prononcé [xlod(o)wɪk] ou [xlod(o)wɪç].

Ce nom, composé de deux éléments :hlod (« renommée », « illustration », « gloire ») etwig (« bataille », « combat »), signifie « glorieux au combat »[17].

Fréquemment utilisée par lesMérovingiens, la racinehlod est à l'origine de noms tels queClotaire (etLothaire),Clodomir,Clodoald (Cloud) ouClotilde.

L'appellation actuelle (Clovis) du roi des Francs*Hlodweg résulte d'une série de mutations et de transcriptions du francique en latin, puis en langue d'oïl. Latinisé enChlodovechus, ce nom évolue enClodovicus, puis « Clovis »[18], mais aussi enLudovicus (Ludovic) ; en allemandHlodweg est devenuLudwig.

En français,Ludovicus a fini par donnerLouis (dès le Moyen Âge), nom porté pardix-sept rois de France ayant effectivement régné[19].

Contexte

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Article connexe :Occident auVe siècle.

Dudéclin de l'Empire romain d'Occident et des « invasions barbares » résulte l'établissement durable deroyaumes barbares dans l'Empire et notamment enGaule[20]. Les peuples fraîchement installés occupent des parties de territoire avec le statut de fédérés (fœdus) puis, avec la déliquescence du pouvoir romain en Occident se constituent bientôt en royaumes indépendants cherchant à s'étendre au détriment des territoires voisins. Quand Clovis apparaît dans l'histoire, lesFrancs occupent le nord de la Gaule à la suite d'une série d'incursions souvent brutales[20]. LesWisigoths — ennemis des Francs[21] — dominent un vaste territoire au sud-ouest de la Gaule dont la frontière est marquée par laLoire, leRhône et laDurance. LesBurgondes sont établis dans laSapaudia à l'est deLyon sur un espace qui s'étend deLangres à la Durance. Enfin, les Bretons, fuyantleur île, s'installent enArmorique vers le milieu duVe siècle[20].

LesFrancs constituent une ligue depeuples germaniques qui, bien qu'ayant établi unfœdus avec l'Empire[22], sont restés païens à la différence de peuples plus romanisés tels lesBurgondes, lesOstrogoths, lesVandales ou lesWisigoths[23] qui adoptent largement lechristianisme arien de tendancehoméenne deWulfila[24]. Malgré les tentatives d'harmonisationthéologique etdogmatique afin de définir une orthodoxie[25], l'Empire est à cette époque traversé dedébats christologiques qui opposent lechristianisme nicéen au christianisme arien et perdurent tout au long duVe siècle[26], et les dirigeants adhèrent tantôt à l'une ou à l'autre des professions de foi concurrentes[27] même si en Gaule les rapports entre les différentes confessions chrétiennes sont souvent dépourvus d'hostilité[28].

Enfance et formation

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Clovis est le fils dumérovingienChildéric Ier, roi desFrancs saliens deTournai, et de la reineBasine de Thuringe[29], peut-être originaire de laThuringe rhénane[29] ou de laBretagne insulaire[30]. Il est né à une date inconnue de la seconde moitié duVe siècle, certains auteurs avançant les alentours de l'année466[31].

Grégoire de Tours fait apparaître Childéric Ier dans son récit en457[32], lorsque celui-ci déshonore les femmes de ses sujets, provoque la colère de son peuple, qui le chasse. Il se réfugie alors enThuringe pendant huit ans, probablement à partir de 451[33]. Vivant auprès du roiBasin, il séduit la femme de son hôte,Basine. Puis il retourne dans sa province, les Francs saliens le réclament à nouveau sur le trône. Le roi épouse Basine qui, entre-temps, avait quitté son époux pour rejoindre le roi franc. De ce mariage naissent Clovis et trois filles :

  • Alboflède ou Albofledis, baptisée en même temps que son frère, qui devient religieuse et meurt peu après[Note 4] ;
  • Lantilde ou Landechildis, mentionnée brièvement par Grégoire de Tours ; elle aussi est baptisée en même temps que son frère[Note 5] ;
  • Audoflède ou Audofledis, que Clovis marie en 492 àThéodoric le Grand, roi desOstrogoths d'Italie[34].

Childéric, exerçant des fonctions administratives, doit résider dans une ou plusieurs cités deBelgique seconde et occuper le palais attribué auxgouverneurs romains. L’éducation de Clovis a dû se faire dans la partie de la résidence réservée aux femmes, legynécée. Vers six ou sept ans, son père prend en charge son éducation[35], Clovis reçoit une instruction basée sur la guerre : des activités sportives, l’équitation et la chasse. Toutefois il ne lui est pas possible de combattre avant l'âge de quinze ans[36]. Il parle lefrancique, et devant succéder à son père à la tête d’uneprovince romaine, il apprend vraisemblablement lelatin. Il n’est pas possible de prouver qu’il ait su lire et écrire. Il dut aussi se voir enseigner l’histoire de son peuple[37].

Avènement

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À la mort de son père, en 481 ou 482, Clovis hérite du royaume franc salien qui correspond à laBelgique seconde, province située entre lamer du Nord, l'Escaut et leCambrésis, soit un territoire allant deReims àAmiens etBoulogne, à l'exception de la région deSoissons, qui est contrôlée parSyagrius[réf. nécessaire].

LesFrancs saliens (en jaune) etrhénans ou ripuaires (en orangé) dans la première moitié duVe siècle.

Le titre de «roi » (en latinrex) n'est pas nouveau : il est notamment dévolu aux chefs de guerre des nations barbares au service de Rome. Ainsi, les Francs, anciens fidèles serviteurs de Rome, n'en demeurent pas moins desGermains, desbarbarespaïens, bien éloignés par leur mode de vie desGaulois romanisés par près de cinq siècles de domination et d'influence romaine[réf. nécessaire].

Clovis est alors âgé de quinze ans[Note 6] et rien ne prédispose ce petit chef barbare, un parmi tant d'autres, à supplanter ses rivaux. Les historiens ont longtemps débattu de la nature de la prise du pouvoir par Clovis. AuXVIIIe siècle, ils s'affrontent sur l'interprétation d'une lettre de l'évêqueRemi de Reims.Montesquieu, dans l'Esprit des lois, penche pour une conquête du royaume par les armes, alors que l'abbé Dubos[Note 7] prône la dévolution, par l'Empire romain finissant, de laBelgique seconde à la famille mérovingienne[38]. Aujourd'hui, cette dernière thèse l'emporte.

À la lumière des événements postérieurs, sa réussite militaire est due évidemment à ses qualités personnelles de chef (il est dit « astutissimus[39] : « très rusé »), mais au moins autant à l'acquisition depuis longtemps par les siens de l'expérience romaine de la guerre — la discipline exigée de ses soldats lors de l'épisode de Soissons en témoigne, tout comme la tombe de son père Childéric — ainsi qu'à sa conversion au christianisme qui renforce son alliance avec les élites gallo-romaines.

Ainsi, le règne de Clovis s'inscrit-il plutôt dans la continuité de l'Antiquité tardive que dans leHaut Moyen Âge pour de nombreux historiens. Il contribue à forger le caractère original de cette dernière période en donnant naissance à une première dynastie de roischrétiens soutenus par l'évêque de Rome et, en raison de son acceptation par les élites gallo-romaines, en créant un pouvoir original en Gaule[40].

Extension du royaume vers l'est et le centre

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Toute sa vie, Clovis s'efforce d'agrandir le territoire de son royaume, avant que ses enfants ne se le partagent. Peu à peu, il conquiert toute la moitié septentrionale de la France actuelle : il s'allie d'abord auxFrancs rhénans, puis aux Francs deCambrai dont le roiRagnacaire est probablement un de ses parents[41].

Politique d'expansion territoriale

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Pour assurer l'expansion et la pérennité de son domaine, et afin de s'assurer que seuls ses fils hériteront de son royaume, Clovis élimine progressivement tous les obstacles : il fait assassiner tous les chefs saliens et rhénans voisins mais aussi certains de ses anciens compagnons et même certains membres de sa famille, y compris éloignés. En 490, quelques années après son alliance avec les Francs rhénans, il entame une série d'offensives contre laGermanie rhénane et transrhénane[réf. nécessaire].

Il se lance dans une grande série d'alliances et de conquêtes militaires, à la tête de quelques milliers d'hommes au départ. Davantage que les armes, certes efficaces, des Francs, c'est semble-t-il le savoir-faire acquis au service de l'Empire romain et contre les autres barbares qui rend possibles les succès militaires des guerriers de Clovis[réf. nécessaire].

À travers lui, ce n'est pourtant pas unpeuple germanique qui s'impose aux Gallo-romains, c'est la fusion d'éléments germains et latins qui se poursuit. Ainsi, alors que Chlodowig (Clovis) porte un nom barbare et queSyagrius est pourtant qualifié de «Romain» par les sources, ce dernier ne bénéficie visiblement pas de l'appui de son peuple. Le roi «barbare »ostrogothThéodoric le Grand, dans sa prestigieuse cour deRavenne, perpétue par ailleurs tous les caractères de la civilisation romaine tardive et, tout en restant un Ostrogoth confessant lechristianisme homéen — élément identitaire du peuple gothique —, compose avec ses sujets italiens attachés aucatholicisme nicéen[42].

Malgré de durs combats, Clovis s'impose assez rapidement parce qu'il paraît déjà passablement romanisé et, en définitive, un moins mauvais maître que la plupart des prétendants :« au moins est-il chrétien », auraient dit les Gallo-romains. Il aurait d'ailleurs eu un conseiller gallo-romain,Aurelianus[43]. À l'inverse, les Wisigoths, chrétiens ariens, tiennent l'Aquitaine d'une main de fer et ne font aucun effort pour tenter un rapprochement avec les Gallo-romainschrétiens nicéens, qu'ils dominent.

Alliance avec les Francs rhénans

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Avant 486, Clovis choisit de renforcer ses positions en contractant un mariage[44] avec une princesse de la monarchie franque rhénane[45], dont naît un fils,Thierry[44].

Cette union a souvent été interprétée comme une alliance tactique avec ses voisins orientaux, lui permettant de tourner ses ambitions vers le sud. Cette union avec une épouse dite de « second rang », est vue comme un « gage de paix » (Friedelehe) qu'elle assure entre Francs rhénans et saliens. Elle a souvent été interprétée à tort comme un concubinage par les historiens romains chrétiens qui ne connaissaient pas les mœurs des structures familiales polygames germaniques, sans mariage public. Les mariages officiels (de premier rang) permettaient à l'épouse de jouir du «don du matin» (laMorgengabe[Note 8]), qui était constitué de biens mobiliers donnés par le mari, ainsi que de commander à ses descendants légitimes.

Le royaume des Francs rhénans s'étend dangereusement en Belgique seconde. L'alliance avec Clovis leur assure la possession des cités deMetz,Toul,Trèves etVerdun que lesAlamans menacent[46]. Refusant de se laisser attaquer sur deux fronts, la stratégie impose à Clovis d'attaquer les Thuringiens rhénans, que l'expansion de leur royaume basé sur l'Elbe et laSaale fait déborder sur la rive droite du Rhin inférieur, absorbantRatisbonne par la même occasion et faisant avancer les Alamans en direction des Francs[47].

Conquête du royaume de Syagrius

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À partir de 486, Clovis mène l'offensive vers le sud. Il emporte les villes deSenlis,Beauvais,Soissons etParis dont il pille les alentours. Et il livre labataille de Soissons contreSyagrius, longtemps considéré comme l'ultime représentant d'une légitimité romaine déliquescente depuis 476[48]. Celui-ci, fils dumagister militum per GalliamÆgidius, gouverne en tant quedux. Les rois des Francs, des Burgondes et des Wisigoths font référence à lui comme « roi des Romains ». En 471, il est probable que l'empereurAnthémius (467-472) lui confère le titre depatrice. À partir de 476, il contrôle de façon indépendante uneenclave gallo-romaine située entre Meuse et Loire, en tant que dernier représentant du pouvoir gallo-romain en Gaule du Nord. La victoire de Soissons en 486 permet à Clovis de contrôler tout le nord de la Gaule. Syagrius se réfugie chez les Wisigoths, qui le livrent à Clovis l'année suivante. Le chef gallo-romain aurait été égorgé en secret.

Épisode du vase de Soissons
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Orazio Riminaldi,Clovis, vers 1625.

C'est après cette bataille qu'a lieu l'épisode duvase de Soissons, selon Grégoire de Tours. Contre la loi militaire du partage, le roi demande à soustraire du butin un vase liturgique précieux pour le rendre, à la demande deRemi, évêque de Reims, à l'église de sa ville. Après avoir réuni le butin, Clovis demande à ses guerriers d'ajouter le vase à sa part du butin. Un guerrier s'y oppose en frappant le vase de sa hache. Clovis ne laisse transparaître aucune émotion et rend l'urne à l'envoyé de Remi. Pour Patrick Périn, « le vase de Soissons ne fut pas cassé car, comme le précise Grégoire de Tours, il fut rendu à celui qui le réclamait en l’occurrence l'envoyé de l'évêque. Sûrement en métal précieux comme tout vase liturgique, il fut tout au plus légèrement endommagé »[49].

L'épilogue se produit le. Clovis ordonne à son armée de se réunir auChamp-de-Mars pour, selon la pratique romaine, l'inspection des troupes et l'examen de l'état et de la propreté des armes. Inspectant ses soldats, il s'approche du guerrier qui, l'année précédente, avait frappé le vase destiné à Remi et, sous prétexte que ses armes sont mal entretenues, jette la hache du soldat à terre. Au moment où celui-ci se baisse pour la ramasser, Clovis abat sa propre hache sur la tête du malheureux, le tuant net. Sur ordre de Clovis, l'armée se retire en silence, laissant le corps exposé au public[41].

Le testament de Remi fait mention d'un vase d'argent que lui aurait donné Clovis, qu'il aurait fondu pour fabriquer un encensoir et un calice[50].

Alliance avec les Ostrogoths et les Burgondes

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Au début des années 490, Clovis s’allie avec le puissantThéodoric, roi des Ostrogoths, qui non seulement devient maître de l'Italie mais soigne son image de représentant légitime des empereurs installés à Constantinople,Zénon puisAnastase Ier. Théodoric épouse en 492 la sœur de Clovis,Audoflède. Et vers 493, Clovis abandonne sa première épouse rhénane pour épouserClotilde, nièce deGondebaud, roi des Burgondes. Fort de ces alliances au Sud, Clovis a les mains plus libres[48].

Soumission de la Thuringe

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Article connexe :Thuringe historique.

En 491, Clovis déclare la guerre auxThuringiens. Une hypothèse veut que leurroyaume s'apparente en fait à celui duroi des Francs saliensCararic, qui aurait eu pour capitale la cité deTongres[51] et dont le contour est mal défini mais s'étend probablement dans la région deTrèves ou sur les bouches duRhin[52].Cararic s'étant joint à Clovis dans la guerre contre Syagrius, celui-ci est donc son allié. Il aurait attendu le dénouement de la bataille pour intervenir auprès du vainqueur, comportement que désapprouve Clovis, qui le soumet[41] et le fait tondre avec son fils pour les faire entrer dans les ordres, respectivement en tant queprêtre etdiacre. Après avoir eu connaissance de menaces de mort le concernant, Clovis les fait finalement assassiner et s'empare du royaume[53].

Une seconde hypothèse veut que cette guerre soit simplement la réponse à la menace qu'exercent les Thuringiens contre les royaumes francs. Avant 475, le roi des WisigothsEuric s'est allié à ce peuple, juste après avoir défait les Francs saliens, dont les pirates attaquent la côte occidentale de la Gaule[54].

Basine, la mère de Clovis, étant thuringienne, une explication à cette expédition guerrière accrédite l'idée que Clovis tente de récupérer le territoire dont sa mère était originaire[32]. Cette expédition n'entame pas pour autant la souveraineté de la Thuringe. Il faut attendre le règne de ses fils, Thierry Ier et Clotaire Ier, pour qu'elle soit intégralement soumise, rattachée en partie au royaume des Francs[55] et en partie aux territoiressaxons[56].

Fin de la menace alamane

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Les Alamans, fixés de part et d'autre du cours supérieur du Rhin, se montrent menaçants notamment envers les villes de Trêves et de Cologne. Clovis se porte au secours du roi francSigebert le Boiteux et fait d’une pierre deux coups. En 496, à l'issue de la grandebataille de Tolbiac, il met un terme pour plusieurs années à la menace alamane (définitivement écartée vers 505) ; d'autre part, il gagne la fidélité de ces Francs longtemps appelés rhénans[réf. nécessaire].

Extension du royaume vers le sud

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Trois puissances exercent leur domination au sud du royaume de Clovis, lesWisigoths au sud-ouest, lesBurgondes au sud-est et plus loin, en Italie, lesOstrogoths. Clovis noue des alliances successives pour continuer l'expansion de son royaume sans avoir à affronter une coalition hostile[réf. nécessaire].

Renversements d'alliances entre Burgondes et Wisigoths

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Pendant lesannées 490, lesFrancs de Clovis mènent au moins deux expéditions militaires vers leroyaume wisigoth deToulouse (en 496 et 498). Le général wisigothSuatrius ne peut empêcher les Francs de s'emparer de la cité deBurdigala dont il est peut-être le gouverneur. Il est capturé par les Francs et sort de l'histoire à ce moment[57].

En 492,Théodoric, roi d'Italie, épouseAudofleda, sœur de Clovis Ier, dont il essaie de contenir l'ambition croissante. L'année suivante, il s'accorde avec Clovis pour que celui-ci ne poursuive pas lesAlamans au-delà du Danube. Théodoric protège d'ailleurs les rescapés en les installant dans la premièreRhétie. Il en retire l'avantage de repeupler une contrée et d'acquérir des vassaux[réf. nécessaire].

En 499, Clovis s'allie au roiburgonde deGenève,Godégisile, qui veut s'emparer des territoires de son frèreGondebaud[58]. Afin de sécuriser ses territoires à l'ouest, en500, Clovis signe un pacte d'alliance avec lesArmoricains (peuplades gauloises de la péninsule bretonne et du rivage de la Manche)[59] et lesBretons[60].

Après labataille de Dijon et sa victoire sur lesBurgondes de Gondebaud, Clovis contraint ce dernier à abandonner son royaume et à se réfugier àAvignon[58]. Le roi wisigothAlaric II se porte au secours de Gondebaud et persuade ainsi Clovis d'abandonner Godégisèle. Clovis et Gondebaud se réconcilient et signent un pacte d'alliance pour lutter contre lesWisigoths.

Pour manifester l'équilibre de ses alliances, en 502, son filsThierry épouse en secondes noces[61]Suavegothe, fille deSigismond, roi des Burgondes (dont il a une fille,Théodechilde) et petite-fille de Gondebaud.

Bataille de Vouillé

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Article connexe :Bataille de Vouillé.
Les campagnes franques en Aquitaine entre 507 et 509.

Avec l'appui de l'empereur romain d'OrientAnastase, très inquiet des visées expansionnistes des Goths chrétiensariens, Clovis s'attaque alors aux Wisigoths qui dominent la majeure partie de lapéninsule Ibérique et le sud-ouest de la Gaule (laSeptimanie ou « marquisat de Gothie »), jusqu'à laLoire au nord et jusqu'auxCévennes à l'est[réf. nécessaire].

Au printemps507, les Francs lancent leur offensive vers le sud, franchissant la Loire versTours, pendant que les alliés burgondes attaquent à l'est. Les Francs affrontent l'armée du roiAlaric II dans une plaine proche dePoitiers. La bataille dite de « Vouillé » (près dePoitiers), est terrible selon l'historiographie, et les Wisigoths se replient après la mort de leur roi, Alaric II, tué par Clovis lui-même en combat singulier[62].

Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre enAquitaine et d'annexer tous les territoires auparavant wisigoths entre Loire, océan etPyrénées à l'exception des confins pyrénéens tenus par les Basques et les Gascons farouchement attachés à leur indépendance. Les Wisigoths n'ont d'autre solution que de se replier enHispanie, au-delà des Pyrénées tout en gardant le contrôle de laNarbonnaise première, l'actuel Languedoc. Les Burgondes, quant à eux, font main basse sur la Provence (l'ancienne province romaine de Narbonnaise seconde) et de la partie méridionale de la Provence. LesOstrogoths deThéodoric tentent d'intervenir en faveur des Wisigoths. Ils reprennent la Provence et quelques petits territoires après la levée à l'automne508 dusiège d'Arles. L'empire d'Orient menace leurs côtes et Clovis garde l'essentiel des anciens territoires wisigoths[réf. nécessaire].

Reconnaissance par les Romains

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Solidus à la Victoire. Monnayage au nom et au type d'Anastase sous Clovis Ier.

En 508, après sa victoire contre les Wisigoths, Clovis reçoit de l'empereur d'OrientAnastase Ier leconsulat honoraire[63] avec lesornements consulaires[64], ce qui lui permet de célébrer à Tours untriomphe à la mode antique[6]. Cela marque la continuation des bonnes relations avec l'Empire romain dontConstantinople est la seule capitale,Odoacre, soutenu par le Sénat, ayant renvoyé les insignes impériaux d'Occident après la déposition deRomulus Augustule en 476[65].

Conversion au christianisme

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En 2009, une dalle est installée au niveau de la cinquième travée de la nef de lacathédrale Notre-Dame de Reims (Marne, France), rappelant qu'une « installation baptismale » (appelée dans les médias « baptistère de Clovis »)[Note 9], datée grâce à des tessons de la première moitié duVe siècle, a été mise au jour lors de fouilles archéologiques en 1995[66],[67].

Cet événement est mal connu et la date de la cérémonie est elle-même discutée[48]. Peu de documents évoquent en effet lebaptême de Clovis : une lettre de l'évêqueAvit deVienne adressée au souverain franc[68], contemporaine de la cérémonie à laquelle il n'a toutefois pas assisté et dont il n'a vraisemblablement pas eu de compte-rendu ni oral ni écrit, la missive décrivant ainsi un « baptême idéal »[69] ; une autre lettre, écrite dans le milieu des années 560 par l'évêqueNizier de Trèves et adressée à la petite-fille de Clovis,Clodoswinthe, dans le but qu'elle convertisse son époux lombardAlboin, dont le court passage sur le baptême de son grand-père semble attester qu'il n'existait alors toujours aucune relation écrite de l'évènement[70] ; enfin, le récit deGrégoire de Tours décrit l'évènement trois quarts de siècle plus tard dans sesDix livres d’histoire et apporte quelques éléments nouveaux comme le baptême de trois mille guerriers de l'armée du souverain franc, dans un récit qui compare symboliquement Clovis à l'empereur Constantin et donne une place centrale àRemi de Reims[71].Bruno Dumézil offre une étude précise de cette documentation[72].

Importance de son second mariage

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L'évêque de Reims, le futursaint Remi, cherchant alors probablement la protection d'une autorité forte pour son peuple, écrit à Clovis dès son avènement en 482. Les contacts sont nombreux entre le roi et l'évêque, ce dernier incitant d'abord Clovis à protéger les chrétiens présents dans son territoire. Grâce à son charisme et peut-être en raison de l'autorité dont lui-même jouit, Remi sait se faire respecter de Clovis et lui sert même de conseiller[73].

Clovis et Clotilde,vue d'artiste d'Antoine-Jean Gros,Paris,Petit Palais,1811.

À la suite d'ambassades répétées auprès du roiGondebaud, Clovis choisit de prendre pour épouseClotilde, une princesse chrétienne de haut lignage, fille du roi des BurgondesChilpéric II[44] et de la reineCarétène[74] (ce peuple voisin des Francs était établi dans les actuelsDauphiné etSavoie).

Le mariage qui a lieu à Soissons[Note 10] en 492[75] ou en 493[76] concrétise le pacte de non-agression avec lesroisburgondes. En choisissant une descendante du roiAthanaric de la dynastie desBalthes, Clovis se marie avec une épouse de premier rang qui lui assure un mariagehypergamique, lui permettant de hisser les Francs au rang de grande puissance[77].

Dès lors, selonGrégoire de Tours, Clotilde fait tout pour convaincre son époux de se convertir auchristianisme. Clovis est réticent : il doute de l'existence d'un dieu unique ; la mort en bas âge de son premier fils baptisé,Ingomer, ne fait d'ailleurs qu'accentuer cette méfiance[78]. D'autre part, en acceptant de se convertir, il craint de perdre le soutien de son peuple, encore païen. Comme la plupart des Germains, ceux-ci considèrent que le roi, chef de guerre, ne vaut que par la faveur que les dieux lui accordent au combat. S'ils se convertissent, les Germains deviennent plutôtariens, le rejet du dogme de la double nature, divine et humaine, du Christ favorisant en quelque sorte le maintien du roi élu de Dieu et chef de l'Église.

Clovis a plus que tout besoin du soutien du clergégallo-romain, car ce dernier représente la population, notamment en Aquitaine wisigothique. Lesévêques, à qui échoit le premier rôle dans les cités depuis que se sont effacées les autorités civiles, demeurent les maîtres des cadres du pouvoir antique en Gaule, c'est-à-dire également des secteurs où se concentrait encore la richesse. Même l'Église a du mal à maintenir sa cohérence : évêques exilés ou non remplacés en territoires wisigoths, successions pontificales difficiles àRome, mésentente entre pro-wisigoths ariens et pro-francs (Remi de Reims, Geneviève de Paris…)[réf. nécessaire].

Bataille de Tolbiac et conversion

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Bataille de Tolbiac en 496, parAry Scheffer.Versailles, musée national du Château et des Trianons.

C'est en« la quinzième année de son règne », c'est-à-dire en496, qu'a lieu labataille de Tolbiac (Zülpich près deCologne) contre lesAlamans, Clovis portant secours aux Francs rhénans[Note 11],[62]. D'après Grégoire de Tours, ne sachant plus à quel dieu païen se vouer et son armée étant sur le point d'être vaincue, Clovis prie alors leChrist et lui promet de se convertir si« Jésus que sa femmeClotilde proclame fils de Dieu vivant » lui accordait la victoire[Note 12]. Il s'agit de la même promesse que fit l'empereur romainConstantin en 312 lors de labataille du pont Milvius. Grégoire de Tours reprend le modèle constantinien (conversion après une bataille, rôle important d'une femme,Hélène et Clotilde) pour répéter ce qu'il y a eu de plus glorieux et légitimer la royauté franque[79].

Clovis à la bataille de Tolbiac, parOctave Tassaert, ca. 1836.Montpellier,musée Fabre.

Au cœur de la bataille, alors que Clovis est encerclé et va être pris, le chef alaman est tué soit d'une flèche, soit d'un coup de hache, mettant son armée en déroute. La victoire est à Clovis et au Dieu des chrétiens[80]. Une hypothèse veut que la bataille ait eu lieu en 506 à cause d'une lettre deThéodoric envoyée à Clovis fin 506 ou début 507 où il est mentionné la victoire de Clovis contre lesAlamans (alors sous la protection de Théodoric), la mort de leur roi et leur fuite enRhétie. Il est aussi possible qu'il y ait eu deux batailles contre les Alamans, l'une en 496 et l'autre en 506, où, à chaque fois, leurs rois périssent au combat[81]. Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre jusqu'à laHaute-Rhénanie.Selon d'autres sources[82], Tolbiac n'aurait été qu'une étape et l'illumination finale de Clovis aurait en fait eu lieu lors de la visite au tombeau deMartin de Tours.

Selon Patrick Périn, médiéviste, spécialiste du Premier Moyen Âge et directeur dumusée d'Archéologie nationale, Clovis n’aurait pas fait le vœu de se convertir au christianisme lors de la fameuse bataille de Tolbiac mais lors d'une bataille inconnue. En effet, la bataille de Tolbiac serait mentionnée par erreur dans les écrits deGrégoire de Tours. Si ce dernier évoque bien Tolbiac, ce serait à propos de labataille de Vouillé où était présent Clodoric, fils deSigebert le Boiteux de Cologne, ainsi nommé car il avait été blessé lors d'une bataille contre les Alamans, à Tolbiac. Ce seraient des historiens duXIXe siècle qui auraient associé Tolbiac à la conversion du roi des Francs[83],[84].

Catéchuménat

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Articles détaillés :Baptême de Clovis,Catéchuménat,Premier concile de Constantinople etConcile de Chalcédoine.
Lebaptême de Clovis, miniature deLa Vie de saint Denis, v. 1250.
Représentationanachronique du baptême de Clovis, avec aspersion dans unecuve baptismale. Or le baptême par immersion dans une piscine debaptistère est resté en usage jusqu'à l'époque carolingienne. Toile dumaître de Saint Gilles,XVe siècle.

L'évêque Remi enseigne à Clovis lecatéchisme durant la phase des auditeurs (audientes) suivant les préceptes des conciles deNicée (325), deConstantinople (381) et deChalcédoine (). Cet enseignement se fonde sur l'histoire duSalut[85], et sur leCredo tel que leconcile de Nicée l'a promulgué[86]. Le doute plane concernant laPassion : Clovis ne croit pas qu'un vrai dieu puisse se laisser crucifier[Note 13] et le pense impuissant[87]. En outre, sa sœur Lantechilde le pousse à embrasser l'arianisme plutôt que l'orthodoxie conciliaire[88].

Toujours est-il que lors deNoël d'une année[Note 14] comprise entre496 et511, peut-être en 499[89] ou en 508[90] selon les auteurs, Clovis passe à la phase des demandeurs (competentes)[85] et reçoit alors lebaptême avec 3 000 guerriers (lesantrustions)[91],[Note 15] — les baptêmes collectifs étant alors une pratique courante — des mains deRemi, l'évêque de Reims, le 25 décembre. Ce chiffre est sujet à caution.Grégoire de Tours indique aussi que les deux sœurs de Clovis, Alboflède et Lanthechilde, sont également baptisées[92]. Ce baptême est demeuré un évènement significatif dans l'histoire de France : à partir d'Henri Iertous les rois de France, saufLouis VI,Henri IV etLouis XVIII, sont par la suite sacrés dans lacathédrale de Reims jusqu'au roiCharles X, en 1825.

Le baptême de Clovis accroît sans doute sa légitimité parmi la population gallo-romaine, tout en représentant un pari dangereux. Selon l'historien Léon Fleuriot[93], Clovis fit un pacte avec les Bretons et les Armoricains de l'ouest qu'il ne pouvait battre, tandis que menaçaient les Wisigoths. Le baptême était une condition de ce traité car les Bretons étaient déjà christianisés. Ce traité fut conclu par l'entremise deMelaine de Rennes etPaterne de Vannes. Les Bretons reconnurent l'autorité de Clovis sans payer de tribut.

Ainsi, le baptême de Clovis marque le début du lien entre le clergé et la monarchie franque. Pour les monarchistes français, cette continuité se fait française et dure jusqu'au début duXIXe siècle. Dorénavant, le souverain doit régner au nom de Dieu. Ce baptême permet également à Clovis d'asseoir durablement son autorité sur les populations, essentiellement gallo-romaines et chrétiennes, qu'il gouverne : avec ce baptême, il peut compter sur l'appui duclergé, et vice-versa. Enfin depuis ce baptême, l'historiographie nationaliste française duXIXe siècle attribue auxrois de France le titre de« fils aîné de l'Église » catholique[94].

Grégoire de Tours indique :

« La reine fait alors venir en secret Remi, évêque de la ville de Reims, en le priant d’insinuer chez le roi la parole du salut. L’évêque l’ayant fait venir en secret commença à lui insinuer qu’il devait croire au vraiDieu, créateur du ciel et de la terre, et abandonner les idoles qui ne peuvent lui être utiles, ni à lui, ni aux autres. Mais ce dernier lui répliquait :« Je t’ai écouté très volontiers, très saint Père, toutefois il reste une chose ; c’est que le peuple qui est sous mes ordres, ne veut pas délaisser ses dieux ; mais je vais l’entretenir conformément à ta parole. »

Il se rendit donc au milieu des siens et avant même qu’il eût pris la parole, la puissance de Dieu l’ayant devancé, tout le peuple s’écria en même temps :« Les dieux mortels, nous les rejetons, pieux roi, et c’est le Dieu immortel que prêche Remi que nous sommes prêts à suivre ». Cette nouvelle est portée au prélat qui, rempli d’une grande joie, fit préparer la piscine. […] Ce fut le roi qui le premier demanda à être baptisé par le pontife. Il s’avance, nouveau Constantin, vers la piscine pour se guérir de la maladie d’une vieille lèpre et pour effacer avec une eau fraîche de sales taches faites anciennement[réf. nécessaire].

Lorsqu’il fut entré pour le baptême, le saint de Dieu l’interpella d’une voix éloquente en ces termes :« Sois humble, enlève tes colliers,Sicambre[Note 16] ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ». Remi était un évêque d’une science remarquable et qui s’était tout d’abord imprégné de l’étude de la rhétorique. Il existe de nos jours un livre de sa vie qui raconte qu'il était tellement distingué par sa sainteté qu’il égalait Silvestre par ses miracles, et qu’il a ressuscité un mort. Ainsi donc le roi, ayant confessé le Dieu tout puissant dans sa Trinité, fut baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit et oint dusaint chrême avec le signe de la croix du Christ. Plus de trois mille hommes de son armée furent également baptisés. […] »

— Grégoire de Tours,Histoire des Francs,livreII,chapitreXXXI.

Renforcement du pouvoir

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Élimination des rivaux

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Pendant les deux années qui précèdent sa mort[95], Clovis s'empare du royaume franc deSigebert le Boiteux après l'avoir fait assassiner par l'intermédiaire de son propre filsClodéric, lequel périt à son tour après une manœuvre de Clovis, qui étend ainsi son autorité au-delà du Rhin[96]. Clovis exécute ses cousins les roisCararic etRagnacaire, avec son frère Riquier, ainsi que Rignomer, dans la cité du Mans, un autre de ses frères, pour s'emparer de leurs royaumes et éviter que son royaume unifié ne soit partagé entre eux selon la coutume de latanistrie[97].

Clovis est désormais le maître d'un vaste royaume, correspondant à une portion occidentale de l'ancien Empire romain, allant de la moyenne vallée duRhin (l'embouchure du Rhin est toujours aux mains des tribusfrisonnes) jusqu'auxPyrénées, tenues par lesBasques. Le royaume de Clovis ne comprend pas l'île de Bretagne (actuelleGrande-Bretagne), ni les régionsméditerranéennes, ni lesvallées du Rhône et de laSaône[réf. nécessaire].

Paris, nouvelle capitale du royaume unifié

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Plan de Lutèce conquise par les Francs sur les Romains parJean-Baptiste Bourguignon d'Anville.

Il décide en 508 de faire deParis, la ville desainte Geneviève dont le couple royal fait remplacer l'édifice en bois qui lui est dédié par une église[98], sa résidence principale[99], après Tournai et Soissons[100]. C'est la première accession au statut de capitale de l'ancienneLutèce, qui porte désormais le nom de l'ancien peuple gaulois desParisii.

Ses raisons sont sans doute principalement stratégiques, la cité ayant été une ville de garnison et une résidence impériale vers la fin de l'Empire, notamment pour les empereursJulien etValentinien Ier. Elle bénéficie en outre de défenses naturelles et d'une bonne situation géographique[101], Childéric Ier avait tenté de s'en emparer en l'assiégeant à deux reprises, sans succès[98]. Sa localisation correspond à l'actuelleîle de la Cité reliée aux rives de laSeine par un pont au nord et par un second pont au sud et protégée par un rempart[102]. Un vaste et richefisc (terre, forêt ou mine appartenant à la couronne[103]) l'entoure. Elle n'a qu'une importance relative : le royaume franc n'a pas d'administration, ni d'ailleurs aucun des caractères qui fondent un État moderne. La ville deLyon, ancienne « capitale des Gaules », perd définitivement sa suprématie politique dans l’isthme ouest-européen.

Agrandissements successifs du royaume de Clovis.

Sous le règne de Clovis, la ville ne connaît pas de changements majeurs : le patrimoine immobilier antique est conservé, parfois réaffecté. Seuls de nouveaux édifices religieux donnés par la famille royale et par l'aristocratie transforment quelque peu le paysage urbain, tel labasilique des Saints-Apôtres. C'est surtout après la mort de Clovis que les premiers de ces édifices voient le jour[réf. nécessaire].

Œuvre législative

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Dans le domaine civil
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Article connexe :Loi salique.
Copie manuscrite sur vélin duVIIIe siècle de la loi salique. Paris, Bibliothèque nationale de France.

Aux sujets gallo-romains, Clovis fait appliquer leBréviaire d'Alaric, appeléeLoi romaine des Wisigoths, adaptationwisigothique duCode théodosien[104]. Les populations germaniques restent soumises aux codes spécifiques qui avaient été imposés par l'administration romaine aux contingents militaires et à leur famille dans l'Empire auVe siècle. Ils restent en vigueur après 507. Après la conquête du royaume burgonde en 534, la référence, pour sa population, resta laLoi romaine des Burgonde (lex Burgundionum) ouLoi Gombette.

Il n'en va pas de même pour les Francs, peu perméables aux influences juridiques romaines. Selon certains historiens, la première loi salique était uncode pénal etcivil, propre auxFrancs dits « saliens », adoptés, pour la première fois, vers 420. D'abord mémorisée et transmise oralement, elle fut mise par écrit dans les premières années duVIe siècle[105] à la demande de Clovis[106], puis remaniée plusieurs fois par la suite, jusqu'àCharlemagne. Le pacte de la loi salique, daté d'après 507, s'applique aux seuls Francs installés entre Escaut et Loire. Sa promulgation coïncide peut-être avec l'installation du roi à Paris. Les Francs rhénans conservent leurs propres traditions, mises par écrit sous le règne deDagobert dans les années 620[48]. Périn écrivait le contraire, la loi salique s'appliquant à tous lesFrancs, même auxFrancs rhénans dont laloi ripuaire est rédigée bien plus tard, faisant valoir ainsi leurs particularismes[104].

La première version de la loi (il y en eut au moins huit) portait le nom depactus legis salicæ (pacte de la loi salique), et est composée de soixante-cinq articles. L'ancienneté supposée de cette version rédigée sous Clovis est contestée car, si son origine remonte bien au milieu duVIe siècle, elle n'est due qu'à un « premier roi franc » dont le nom n'est pas précisé[107]. Le prologue mentionne quatre recteurs ayant pour mission de rendre équité et justice. Un prologue plus tardif précise qu'elle a été mise en forme sur ordre de Clovis et de ses fils. Les termes utilisés dans la version écrite et les principes appliqués relèvent autant de larges emprunts au droit romain que de la tradition germanique. Il s'agit de substituer le droit romain aux coutumes barbares afin d'éviter les guerres privées (faides) comme moyen de règlement des conflits[108]. À la différence du droit romain, la loi salique se montre beaucoup plus clémente quant au traitement infligé aux criminels : diverses amendes régissent les crimes et délits, permettant ainsi d'éviter la peine de mort[109].

Dans le domaine du droit ecclésiastique
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Article connexe :Concile d’Orléans (511).
Participation des évêques au concile d'Orléans en 511.

En juillet 511, Clovis réunit unconcile des Gaules à Orléans, qui prend fin le dimanche 10 juillet[110]. Le concile rassemble trente-deuxévêques, et est présidé par l'évêque métropolitain Cyprien de Bordeaux ; la moitié viennent du « royaume des Francs ». Les évêques métropolitains deRouen etTours sont présents mais pas celui deReims. Les évêques deVasconie sont absents à cause de troubles dans leur région, ainsi que ceux deBelgique et deGermanie[111] du fait du manque de présence de l'Église catholique dans ces régions. Clovis est désigné« Rex Gloriosissimus fils de la Sainte Église catholique », par tous les évêques présents[112].

Ce concile fut capital dans l'établissement des relations entre le roi et l'Église catholique. Clovis ne se pose pas comme chef de l’Église comme le ferait un roiarien, il coopère avec celle-ci et n’intervient pas dans les décisions des évêques (même s'il les a convoqués, leur pose des questions et promulgue les canons du concile)[réf. nécessaire].

Ce concile vise à remettre de l’ordre dans l’épiscopat du royaume des Francs, à faciliter la conversion et l’assimilation des Francs convertis et des ariens, à limiter lesincestes (brisant ainsi la tradition germanique matriarcale des clans familiauxendogames), à partager les tâches entre administration et Église, à restaurer les liens avec lapapauté[réf. nécessaire].

Des trente-et-un canons produits par le concile, il ressort que le roi ou son représentant, c'est-à-dire lecomte, se voient réserver le droit d'autoriser ou non l'accès d'unlaïc à la cléricature, les esclaves devant d'abord s'en référer au maître. Il s'agit là d'endiguer les fuites fiscales que les vocations, motivées par l'immunité, provoquent chez les plus riches[113].

Le roi se voit attribuer le droit de désigner les évêques, contrairement au canon qui veut qu'ils soient élus par une assemblée de fidèles[114], confirmant ainsi les droits demagister militum que l'empereur accordait à ses ancêtres en tant que gouverneurs de la province de Belgique seconde[115]. Les rois mérovingiens bénéficient de ce droit jusqu'à la promulgation de l'édit de Paris parClotaire II, le 18 octobre 614[116] où les élections épiscopales redeviennent la règle[117]. La chasteté desclercs et la subordination desabbés aux évêques sont rappelées. Les clercshérétiques ayant reconnu la foi catholique peuvent retrouver une fonction et les établissements religieux repris aux ariens sont à nouveau consacrés dans la foicatholique[107].

Le droit d'asile est élargi à l'ensemble des bâtiments entourant les églises, s'alignant ainsi sur leCode théodosien, laloi gombette et lebréviaire d'Alaric. L'objectif était de permettre à un fugitif de trouver refuge dans les édifices sacrés, avec l'assurance de pouvoir y être logé convenablement, sans avoir à profaner les édifices. Le canon interdit au poursuivant de pénétrer dans l'enceinte du bâtiment, sans avoir préalablement prêté serment sur l'Évangile, et d'infliger de châtiment corporel au fugitif. Une indemnisation était prévue pour compenser le préjudice subi, s'il s'agissait d'un esclave en fuite, ou la possibilité pour le maître de le récupérer[réf. nécessaire].

En cas de parjure, il y a excommunication[Note 17]. Les terres royales accordées à l'Église se voient exemptées d'impôt afin d'y entretenir les clercs, les pauvres et les prisonniers. Plusieurs superstitions, tel que les « sorts des saints », coutume consistant à ouvrir au hasard les livres sacrés tel que laBible et interpréter comme unoracle le texte apparaissant sous les yeux du lecteur[Note 18], se voient condamnées[118] une seconde fois, après leconcile de Vannes de 465[119].

L’alliance de l’Église chrétienne et du pouvoir, qui a débuté avec le baptême du roi et qui perdure près de quatorze siècles, est un acte politique majeur qui se poursuit car les populations rurales, jusque-là païennes, de plus en plus christianisées, lui font davantage confiance[réf. nécessaire].

Mort et inhumation

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Gisant de Clovis Ier àSaint-Denis. Les traits et la couronne sont conformes aux représentations duXIIIe siècle[120].

Basilique des Saints-Apôtres

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Clovis meurt à Paris le[2], âgé de45 ans[121]. Il serait mort d'une affection aiguë au bout de3 semaines[122]. Selon la tradition, il aurait été inhumé dans la basilique des Saints-Apôtres (saint Pierre etsaint Paul)[121], futureéglise Sainte-Geneviève, qu'il avait fait construire dans le tombeau même de la sainte tutélaire de la cité, à l'emplacement de l'actuellerue Clovis (rue qui sépare l'église Saint-Étienne-du-Mont dulycée Henri-IV).

Clovis fut inhumé, comme l'écrit Grégoire de Tours, dans lesacrarium de la basilique des Saints-Apôtres situé sous l'actuelle rue Clovis[123], c'est-à-dire dans un mausolée construit exprès à la manière de la sépulture qui avait accueilli l'empereur romain chrétienConstantin le Grand auxSaints-Apôtres àConstantinople[124], en annexe, sans doute greffé sur le chevet du monument[125]. Les sarcophages royaux furent probablement posés sur le sol et non enfouis, selon l'usage qui s'imposa dès la génération des fils de Clovis[125]. Malgré le souhait de Clovis, la basilique ne servit pas de mausolée à la dynastie mérovingienne. Nul ne sait ce qu'il advint des tombes du couple royal ainsi que de celles de leur fille Clotilde et de leurs petits fils Thibaud et Gonthier, assassinés à la mort de Clodomir. Comme l'illustre l'exemple des tombes princières de la cathédrale de Cologne, il est possible que les sarcophages aient été enfouis dans le sous-sol au moment où un agrandissement nécessitait son arasement[125] ; si ces travaux n'eurent pas lieu avant la seconde moitié duIXe siècle, il est possible que les tombeaux aient été pillés ou détruits à l'occasion desinvasions normandes (845, 850 et 885).

L'église ne fut pas détruite ; elle bénéficia à chaque fois de quelques réparations. Les châsses de Clovis et de Sainte Clotilde, sa veuve, furent évacuées en lieu sûr, puis replacées après les attaques. Le sort des reliques est connu, au contraire de celui du tombeau de Clovis durant ces attaques normandes[réf. nécessaire].

Gisant de Clovis

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« Clovis Ier roy crestien »,Recueil des rois de France deJean du Tillet, vers 1550. Miniature réalisée d'après le gisant de l'église Sainte-Geneviève.

En 1177, se trouvait un tombeau au milieu du chœur sur lequel on lisait cette inscription :

« chlodoveo magno, hujus ecclesiæ fundatori sepulcrum vulgari olim lapide structum et longo ævo deformatum, abbas et convent. meliori opere et form renovaverunt »

« Le tombeau de Clovis le Grand, fondateur de cette église, était autrefois construit en pierre commune et déformé par le long âge, L'abbé et le couvent l'ont amélioré et restauré. »

Un gisant duXIIIe siècle fut installé à l'emplacement du tombeau[réf. nécessaire].

Ce tombeau, composé d’un socle et d’un gisant, fut restauré en 1628 par les soins du cardinal-abbé de La Rochefoucauld qui le fit placer dans la chapelle axiale rectangulaire, au fond de l’église, dans un monumental ensemble baroque en marbre. C’est ce gisant qui fut transféré en 1816 à l'église abbatiale de Saint-Denis[réf. nécessaire].

Fouilles de 1807

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En 1807, au moment de la démolition de l'église Sainte-Geneviève, des fouilles furent entreprises par lepréfet Frochot et menées par l’administration des Domaines sous la direction des architectesRondelet et Bourla, assistés parAlexandre Lenoir. Malgré des identifications hâtives et arbitraires, la fouille de la crypte duXIe siècle n’aboutit à aucune découverte significative. Aucun vestige ne remontait à l’époque mérovingienne. En revanche, la fouille de la nef permit la découverte de32 sarcophages trapézoïdaux tous orientés. C’est en raison de la qualité de l’ornementation, et parce que c’était le but des fouilles et que l’emplacement correspondait au gisant duXIIIe siècle avant le transfert de 1628, que le rapport remis à l’empereurNapoléon Ier conclut à la découverte probable des sarcophages de Clovis et de sa famille[126].

Alexandre Lenoir reconnut qu’aucune inscription ne l’attestait. L'archéologueMichel Fleury notait que la facture de ces tombeaux est plutôt à placer dans le dernier quart duVIe siècle. Ce ne devait donc pas être la sépulture de Clovis et des siens. Il devait plutôt s’agir de sépultures mérovingiennes aristocratiques placéesad sanctos, non loin de l’emplacement le plus probable du tombeau de sainte Geneviève entre lesVIe et XIIe siècles. Ces sarcophages ne semblaient pas, toujours selon Michel Fleury, avoir été déplacés lors de la reconstruction duXIe siècle mais devaient plutôt être à leur emplacement d’origine[réf. nécessaire].

Seize des trente-deux sarcophages furent envoyés aumusée des Monuments français en 1808. Ils furent perdus en 1817 lors de la dissolution du musée. De ces fouilles ne nous sont donc parvenus que quelques rares éléments et rien ne permet d'affirmer avec certitude que les tombes découvertes étaient celles de Clovis et des siens[réf. nécessaire].

L'idée de relancer les fouilles avec des moyens modernes est défendue par exemple par l'historien Patrick Perrin. Il n'est pas exclu que de nouvelles fouilles à l'emplacement de la basilique disparue, le long de l'actuelle rue Clovis, entre l'église Saint-Étienne-du-Mont et le lycée Henri IV, puissent apporter des informations plus précises sur lesacrarium aménagé en 511[127].

La succession de Clovis

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Mariages et descendance

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De sa première épouse, une princessefranque rhénane, Clovis a eu un fils :

DeClotilde, princesse burgonde, il a eu quatre fils, dont un mort très jeune, et une fille[réf. nécessaire]:

Principes de la succession : loi salique et influence de la tradition romaine

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Selon Grégoire de Tours, le partage a lieu en présence des grands du Royaume, de Thierry, qui est déjà majeur, et de la reine Clotilde. Il est établi selon le droit privé que Clovis avait fait inscrire dans laloi salique en 511. On observe donc avant tout le partage du patrimoine d'un roi, propriétaire de son royaume, entre ses héritiers. On peut, à la lumière de cette remarque, comprendre que la royauté des Francs ignore la notion de « biens publics » (lares publica desRomains) et donc d'État. La disparition de l'État, en effet, semble consommée à travers le partage du royaume de Clovis[réf. nécessaire].

Cette pratique est très différente des partages également pratiqués par les derniers empereurs romains : légalement, l'Empire restait un, le partage avait lieu pour des raisons pratiques, les successeurs étaient choisis parfois en fonction de leurs mérites. Même quand il s'agissait des fils de l'empereur, l'Empire n'était pas découpé en autant de parts qu'il y avait de fils, et jamais l'empire n'a été séparé de la notion d'État par les Romains[réf. nécessaire].

Le caractère patrimonial du partage est particulièrement marquant par le morcellement des conquêtes situées au sud de la Loire. Chacun, pour visiter ses domaines du midi, est contraint de traverser les terres d'un ou de plusieurs de ses frères[réf. nécessaire].

Mais au-delà de la tradition franque, les choses sont un peu plus complexes, comme l’indiqueIan Wood[129] :Clotilde ne souhaite sans doute pas laisserThierry exercer seul le pouvoir au détriment de ses fils,Clodomir,Childeber etClothaire, mais, surtout, l'association des fils au pouvoir de leur père est déjà une pratique répandue dans l'Empire auIVe siècle ; ce partage, comme les suivants, n'a jamais mis fin à l'unité duregnum. En somme, les éléments de continuité avec l'Empire romain apparaissent bien présents.

Le partage du royaume entre les quatre fils (511)

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La Gaule en 511, après le partage du royaume des Francs entre les fils de Clovis.

Conformément à la tradition franque, à la mort de Clovis, son royaume, qui couvre une grande partie de l'ancienneGaule romaine (sauf laProvence, laSeptimanie et le royaume desBurgondes), est partagé entre ses quatre fils :Thierry,Clodomir,Childebert etClotaire[130].

Le partage, qui prévoit quatre parts à peu près équivalentes, est fondé sur une répartition des anciennescivitates romaines, devenues en général desdiocèses chrétiens, l'évêque jouant souvent un rôle important dans la vie de la cité. Les cités les plus importantes sont les anciens chefs-lieux deprovince romaine, devenues dessièges archiépiscopaux (Reims, Tours, Sens, par exemple).

Le fils aîné, Thierry, né d'un premier mariage en 485 et qui a participé aux combats de son père, reçoit la partie Est du royaume : les régions rhénanes, anciennement tenues parSigebert le Boiteux (Cologne,Mayence,Metz,Trèves) et la Champagne (Reims,Troyes). C’est la plus grosse part, environ un tiers du territoire de Gaule tenu par les Francs. Thierry installe sa capitale àReims,siège archiépiscopal où Clovis a reçu le baptême en 496.

Clodomir reçoit la vallée de la Loire et les cités alentours (Sens,Orléans,Bourges,Tours,Poitiers,Nantes). Sa capitale est Orléans.

Childebert reçoit le territoire allant de la Seine en aval de Paris à l'extrémité de lapéninsule armoricaine (Paris,Rouen,Le Mans,Rennes,Vannes). Sa capitale est Paris. Cette part est obérée par la présence à l'extrême Ouest deschefferies bretonnes, qui, bien que chrétiennes, ne reconnaissent pas, sauf sous forte contrainte, l'autorité des rois francs, ni celle des évêques gallo-romains.

Clotaire reçoit le nord de la Gaule (Soissons,Tournai,Tongres), foyer d'origine du pouvoir mérovingien (au départ, le royaume de Clovis s'étendait autour de Tournai)

Une ancienne province romaine a un statut particulier : l'Aquitaine, elle-même partagée entre les quatre fils, en raison des révoltes fréquentes qui s'y produisent, tant chez lesVascons que chez lesBasques.

Les quatre capitales (Reims, Soissons, Paris, Orléans) sont établies à peu de distance les unes des autres, ce qui contribue à maintenir l'unité du royaume.

À partir de ce moment,« on voit apparaître un contraste frappant entre de fortes tendances à la dispersion et la force immanente d'une unité d'ordre supérieur : l'idée d'un royaume des Francs unifié restait ancrée dans les esprits »[réf. nécessaire]. La nation franque ne retourne plus à l'état de tribus, et, du moins, n'est plus fractionnée entreSaliens etRipuaires.

Aspects généraux du règne

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Article connexe :Occident auVIe siècle.

Relations avec l'Église

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Saint Remy et Clovis Ier.Jacobus de Voragine,Legenda aurea,XIVe siècle.

La générosité étant la première vertu du roi germanique, elle se traduit par le don aux églises de ressources royales. Terres et trésors sont systématiquement dilapidés pour montrer sa générosité à ses fidèles. L'expansion territoriale permet de perpétuer les donations[131]. Le concile d'Orléans est l'occasion d'en assurer les diocèses[132].

Plusieurs vies de saint attribuent au roi l'édification de divers lieux de culte. Ainsi, dans la vie desaint Germier, évêque de Toulouse, ce dernier est invité à la table du roi ; Germier réputé pour ses vertus, attire la curiosité. Il fait l'objet d'admiration et se voit accorder des terres àOx ainsi que des trésors en or et en argent[133].

De même à Auch, l'évêque métropolitain Perpet va à la rencontre de Clovis lorsque celui-ci est en approche de la ville pour lui donner le pain et le vin. En récompense, le roi lui offre la cité, avec ses faubourgs et églises, ainsi que sa tunique et son manteau de guerre à l'église Sainte-Marie. Il se voit en outre offrir un trésor en or et l'église royale de Saint-Pierre-de-Vic[134].

Clovis se rend à Tournai pour rencontrerÉleuthère, qui devine un péché du roi survenu après son baptême. Clovis nie les faits et demande que l'évêque prie pour lui. Le lendemain, l'évêque reçoit une illumination lui communiquant la faute de Clovis, qui est alors pardonné. Éleuthère se voit alors remettre un don pour son église[135].

Clovis est guéri miraculeusement d'une maladie par Séverin, abbé deSaint-Maurice enValais. En remerciement, le roi lui offre de l'argent à distribuer aux pauvres et la libération des détenus[136]. De là viendrait l'édification de l'église Saint-Séverin de Paris[137].

Hincmar de Reims écrit, vers 880 dans savita Remigii, que Clovis a accordé à l'évêque Remi plusieurs dons de domaines territoriaux répartis dans plusieurs provinces[138] dont un terrain incluantLeuilly et Coucy, par l'intermédiaire d'une charte. Leuilly a été attribué à Ricuin en 843, partisan du roi Charles le Chauve. En 845, pour forcer Ricuin à restituer Leuilly au patrimoine de Reims, un faux testament de l'évêque Remi est présenté au roi Charles le Chauve[139].

Saint Léonard devant Clovis Ier. Jacobus de Voragine,Legenda aurea,XIVe siècle.

AuXIe siècle, l'hagiographie deLéonard de Noblac prétend que Clovis parraine ce dernier lors de son baptême et qu'il se voit accorder la libération de prisonnier qu'il visite ainsi que le don d'un évêché. Léonard quitte le roi pour se rendre dans la forêt de Pauvain enLimousin. Clovis lui accorde alors, par un acte officiel, un domaine dans la forêt où fut fondée l'église deSaint-Léonard-de-Noblat[140].

Tous ses dons légués aux saints sont tout aussi hypothétiques qu'invérifiables dans la mesure où, à l'époque où la vie est rédigée, plus aucun témoin ne peut contredire les écrits du clergé qui a peut-être inventé des preuves en créant et en attribuant au roi Clovis de faux diplômes ou de fausses chartes à l'attention de communautés religieuses[141].

Considérations sur le pouvoir

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Si Clovis meurt dans son lit à Paris le 27 novembre 511, il a, avant puis pendant son règne, tué de sa main, soit dans des combats, soit hors des combats ou par des intrigues, plusieurs rois ou fils de rois, parmi ceux-ci citons[122][source insuffisante] :

Représentations de Clovis dans l'histoire et l'art

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Légendes autour de Clovis

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Dicé offrant un banquet àFrancus, en présence de Hyante et de Climène, œuvre deToussaint Dubreuil exposée aumusée du Louvre.

Lalégende de l'origine troyenne des Francs fait descendre Clovis du roi troyenPriam par l’intermédiaire dePharamond († 428), chef plus ou moins mythique[réf. nécessaire].Une autre légende, colportée par l'archevêqueHincmar de Reims (845-882) dans saVita Remigii, qui mélange le récit de Grégoire de Tours et une ancienne hagiographie de Remi, aujourd'hui disparue, assure que lors de son baptême, c'est le Saint-Esprit qui, ayant pris la forme d'une colombe, apporte lesaint chrême, une huile miraculeuse contenue dans uneampoule[Note 20].

Alors qu'il préside la cérémonie du couronnement et du sacre deCharles II le Chauve en tant que roi deLotharingie, le 9 septembre 869, Hincmar invente le sacre de Clovis en déclarant que Charles descend du« glorieux roi des Francs Clovis, baptisé la veille de la sainte Pâques[Note 21] dans la cathédrale de Reims, et oint et consacré comme roi à l'aide d'un chrême venu du ciel, que nous possédons encore »[142]. Le premierroifranc sacré estPépin le Bref auVIIIe siècle mais cette assimilation d'un sacre au baptême laisse accroire que Clovis aurait créé une alliance entre la monarchie et l'Église représentant métaphoriquement la« naissance de la France »[143].

La Légende de saint Rieul, œuvre de Mathieu Fredeau,cathédrale Notre-Dame de Senlis.

Le pouvoirthaumaturgique attribué aux rois de France de guérir les malades, en particulier ceux souffrant d'écrouelles, à partir deRobert le Pieux, voit son origine remonter à Clovis, premier roi chrétien[144]. En 1579, une publication d'Étienne Forcadel affirme qu'un écuyer de Clovis nommé Lanicet a fui la cour du roi pour cacher sa maladie. Clovis rêve alors qu'il touche son écuyer, provoquant ainsi sa guérison. Le lendemain, Clovis retrouve son écuyer et s'exécute : la guérison a lieu[145].

Une légende raconte que Clovis et ses descendants auraient eu les dents qui cassaient en prenant une forme étoilée. Le tableauLa légende de Saint Rieul, peint en 1645 par Fredeau, exposé à lacathédrale Notre-Dame de Senlis, laisse apercevoir une autre légende. Après que Clovis a fait construire une église consacrée à saint Rieul, l’évêque Levangius lui aurait remis une dent prise dans la bouche de ce dernier. Le roi franc n’aurait pas pu la conserver et aurait été contraint de la remettre dans la sépulture du saint homme[réf. nécessaire].

Héraldique

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Clovis recevant la fleur de lys,Heures de Bedford,XVe siècle.
Article connexe :Légende des crapauds dans le blason de Clovis.

La vie de Clovis est antérieure à l'apparition de l'héraldique, mais sa notoriété lui a valu l'attribution d'armes qui, du fait de l'anachronisme, relèvent desarmoiries imaginaires[réf. nécessaire].

Une légende apparue à la fin duXIIIe siècle et qui perdure pendant plusieurs siècles[146] racontait que les armes de Clovis montraient trois crapauds avant sa conversion au christianisme, et qu'il porta ensuite la célèbre « fleur de lys d'or sur champ d'azur » desrois de France. L'histoire est anachronique, le règne de Clovis se déroulant six siècles avant l'apparition des premiers blasons. La portée en est cependant symbolique, les crapauds représentant lepaganisme original de Clovis avant sa conversion[146].

Poursuivant cette légende, l'auteur de l'Armorial de la Table Ronde (vers 1490) invente pour le chevalier gauloisPharamon, issus de lalégende arthurienne, qu'il porte les couleurs : « de sable, à trois crapauds d'or »[147].Pharamond, ancêtre desMérovingiens (et donc de Clovis) est probablement imaginaire. Il est logique qu'il arbore les mêmes armes que son descendant direct.

L'armorial français montre Clovis arborant desfleurs de lys, symbole de pureté virginale représenté par laVierge Marie, auXIVe siècle, mais dont l'origine pourrait remonter auXIIe siècle[148]. Un ange aurait remis à un ermite de laforêt de Marly vivant aux environs d'une tour nommé Montjoie, un bouclier où figurent trois fleurs de lys, en référence à lasainte Trinité. L'ermite l'aurait remis à Clotilde pour que celle-ci le donne au roi afin qu'il s'en serve durant labataille de Tolbiac à la place de ses armes ornées detrois crapauds, l'ange ayant assuré à l'ermite que le bouclier assure la victoire. Lorsque Clovis se bat contre son ennemi et le tue près de la tour Montjoie, celui-ci confesse la Trinité et fonde l'abbaye de Joyenval qui accueille alors le bouclier comme relique[149].

  • Armoiries attribuées aux Mérovingiens avant le baptême de Clovis.
    Armoiries attribuées aux Mérovingiens avant lebaptême de Clovis.
  • Armoiries attribuées à Clovis après son baptême.
    Armoiries attribuées à Clovis après son baptême.
  • Armoiries attribuées à Clovis après son baptême, issues des trois crapauds de son précédent blason.
    Armoiries attribuées à Clovis après son baptême, issues des trois crapauds de son précédent blason.

Commémorations

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En 1715,Antonio Caldara compose un OratorioLa Conversion de Clovis, roi de France[réf. nécessaire].

1896,Charles Gounod,Messe de Clovis pour basse solo, chœur mixte à quatre voix, deux orgues, trompettes et trombones. Œuvre composée pour leXIVe centenaire du baptême de Clovis à Reims[réf. nécessaire].

En 1896, des célébrations ont été organisées par le cardinal et archevêque de ReimsBenoît Langénieux pour le14e centenaire du baptême de Clovis. En 1996-1997, le15e centenaire du baptême de Clovis (avec le16e centenaire de la mort deMartin de Tours) a été commémoré sous l'égide d'unComité pour la commémoration des origines[réf. nécessaire].


Notes et références

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Notes

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  1. Une vingtaine de pages d'édition courante.
  2. Notices résumant les événements majeurs d'un règne.
  3. Ce prénom est composé des racineshlod (« illustre ») etwig (« combat »). Le [k] (c-) initial est lié à une latinisation savante destiné à rendre le son [x] inconnu en latin. La forme populaire estLouis, d'où l'emploi du prénom Louis chez de nombreux rois des Francs et de France postérieurs. Fréquemment utilisée par lesMérovingiens, la racinehlod est aussi à l'origine de prénoms tels queCloderic,Clotaire,Clodomir ouClotilde.
  4. Grégoire de Tours,Histoire,livreII, 31 :« On baptisa aussi sa sœur Alboflède, qui, quelque temps après, alla joindre le Seigneur. Comme le roi était affligé de cette perte, saint Remi lui envoya, pour le consoler, une lettre qui commençait ainsi : Je suis affligé autant qu’il faut de la cause de votre tristesse, la mort de votre sœur Alboflède, d’heureuse mémoire ; mais nous pouvons nous consoler, car elle est sortie de ce monde plus digne d’envie que de pleurs ».
  5. Grégoire de Tours,ibid. :« L’autre sœur de Clovis, nommée Lantéchilde, qui était tombée dans l’hérésie des Ariens, se convertit ; et ayant confessé que le Fils et le Saint-Esprit étaient égaux au Père, elle fut rebaptisée ».
  6. "Âge à coup sûr symbolique puisqu'il correspondait à la majorité guerrière chez les Francs" in Clovis et les Mérovingiens", Périn Patrick et Duchet-Suchaux Gaston,p. 32, Tallandier (22 octobre 2002), coll. "La France au fil de ses rois"(ISBN 2235023215 et978-2235023214).
  7. Dans sonHistoire critique de l’établissement de la monarchie française dans les Gaules, parue en1734, il a tenté de démontrer que les Francs pénètrent laGaule, non en conquérants, mais à l’invite des Gaulois.
  8. LaMorgengabe existait chez les Francs, les Burgondes, les Alamans, les Bavarois, les Anglo-Saxons, les Lombards, les Frisons et les Thuringiens.Rouche 1996,p. 237.
  9. L'inscription sur la dalle (« Ici, Saint-Remi, baptisa Clovis, roi des Francs ») installée non loin de la chaire, incite à ce raccourci.
  10. Antoine Le Roux de Lincy,Les Femmes célèbres de l'ancienne France : mémoires historiques sur la vie publique et privée des femmes françaises, depuis le cinquième siècle jusqu'au dix-huitième, Leroy,(lire en ligne),p. 78 ; selon d'autres historiens, le mariage eut lieu à Chalon-sur-Saône : Bernard Durand, Léonard Bertaud et Pierre Cusset, L'illustre Orbandale ou l'histoire ancienne et moderne de la ville et cité de Chalon sur Saône, 1662.
  11. Grégoire de Tours précise que le roiSigebert a été blessé au genou.
  12. Il aurait dit« Dieu de Clotilde, si tu me donnes la victoire, je me ferai chrétien » selon le témoignage de Grégoire de Tours.
  13. La chronique de Frédégaire lui fait dire« Si j'avais été là avec mes Francs, j'aurais vengé cette injure ».Rouche 1996,p. 263 ;Theis 1996,p. 88.
  14. La polémique a repris lors de la célébration officielle du 1500e anniversaire du baptême de Clovis en 1996, en particulier à l'occasion de la venue du pape Jean-Paul II à Reims. VoirLaurent Theis, « France, qu'as-tu fait de ton Baptême ? »,L'Histoire,no 331, mai 2008,p. 82-85.
  15. Lachronique de Frédégaire, qui résume en 93 chapitres dans sonlivreIII leslivresIàVI deshistoires de Grégoire de Tours, double le nombre des guerriers baptisés, les passant de 3 000 à 6 000.Frédégaire (trad. par O. Devilliers et J. Meyers),Chronique des Temps Mérovingiens, édition Brepols, 2001,p. 7 ; Theis,Clovis, de l'histoire au mythe, 1996,p. 88.
  16. « Mitis depone colla, Sicamber » : ce texte latin est sûr et sa traduction, parfaitement claire. Voir l'article deHoyoux 1942,p. 174 ;Theis 1996,p. 44 corrige lui aussi la traduction fautive bien que traditionnelle, de la façon suivante : « Dépose humblement tes colliers, Sicambre », c'est-à-dire des amulettes faisant référence aux dieux païens apparentés aux démons.
  17. Kurth 1896,p. 455 ; Grégoire de Tours nous donne le parfait exemple de contournement de ce canon au travers du récit qu'il nous donne sur les agissements du duc Rauching. Grégoire de Tours,livreV, 3.
  18. Un exemple nous est livré par Grégoire de Tours, lorsque celui-ci héberge le prince Mérovée dans la basilique de Saint-Martin de Tours. Grégoire de Tours,livreV, 14.
  19. De faible constitution, Ingomer meurt dans l'eau glacée au cours de sonbaptême par immersion. Cf.Jean Labbé,La maltraitance des enfants en Occident. Une histoire d'hier à aujourd'hui, Presses de l'Université Laval,,p. 50.
  20. « Alors qu'ils étaient parvenus au baptistère, le clerc qui portait le chrême fut arrêté par la foule, de sorte qu'il ne put pas atteindre le bassin. Après la bénédiction du bassin, le chrême manqua par le dessein de Dieu. Et comme, à cause de la presse, personne ne pouvait ni sortir de l'église ni y entrer, le saint pontife, les yeux et les mains dirigés vers le ciel, commença à prier en pleurant. Et voici : tout à coup une colombe plus blanche que neige apporta dans son bec une ampoule pleine de chrême saint, dont l'odeur merveilleuse, supérieure à toutes celles qu'on avait respirées auparavant dans le baptistère, remplit tous les assistants d'un plaisir infini. Le saint pontife ayant reçu cette ampoule, la forme de la colombe disparut. » Hincmar de Reims,Vita Remigii.
  21. La chronique de Frédégaire,livreIII, situe le baptême au samedi saint. C'est ce récit qui influence les paroles d'Hincmar. (Theis 1996,p. 90).

Références

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  4. Mulié,Fastes de la France ou tableaux chronologiques, sÿnchroniques et géographiques de l'histoire de France : depuis l'établissement des francs jusqu'à nos jours ; indiquant les événemens politiques, les progrès de la civilisation et les hommes célèbres de chaque règne, c. 1841[lire en ligne].
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  9. Bruno Dumézil, « Clovis, le roman des origines », surmae.hypotheses.org,Les carnets de la Maison Archéologie Ethnologie(consulté le).
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  18. Rouche 1996,p. 202.
  19. Ce qui n'est pas le cas deLouis XVII (1785-1795).
  20. ab etcPierre Maraval,Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-054883-6),p. 145.
  21. Pierre Maraval,Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-054883-6),p. 147.
  22. Rouche 1996,p. 85.
  23. Pierre Maraval,Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-054883-6),p. 130-146,147.
  24. Bernard Flusin,« Triomphe du christianisme et définition de l'orthodoxie », dans Cécile Morrisson (dir.),Le monde byzantin,vol. I :L'Empire romain d'Orient (330-641), Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-059559-5),p. 72 ; pour l'arianisme des peuples germaniques voirBruno Dumézil,Les racines chrétiennes de l'Europe : Conversion et liberté dans les royaumes barbaresVe – VIIIe siècle, Fayard,, 804 p.(ISBN 978-2-213-62287-3),p. 146-150.
  25. Bernard Flusin,« Triomphe du christianisme et définition de l'orthodoxie », dans Cécile Morrisson (dir.),Le monde byzantin,vol. I :L'Empire romain d'Orient (330-641), Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-059559-5),p. 56.
  26. l'historiographie du sujet est abondante ; on trouve une vue générale des débats christologiques de l'époque par exemple dansBernard Flusin,« Triomphe du christianisme et définition de l'orthodoxie », dans Cécile Morrisson (dir.),Le monde byzantin,vol. I :L'Empire romain d'Orient (330-641), Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-059559-5),p. 58-75.
  27. Bernard Flusin,« Triomphe du christianisme et définition de l'orthodoxie », dans Cécile Morrisson (dir.),Le monde byzantin,vol. I :L'Empire romain d'Orient (330-641), Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-059559-5),p. 71.
  28. Pierre Maraval,Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-054883-6),p. 146.
  29. a etbLaurentTheis,Clovis : de l'histoire au mythe, Éditions Complexe,, 225 p.(ISBN 978-2-87027-619-8,lire en ligne),p. 60.
  30. Philippe Depreux,« Princes, princesses et nobles étrangers à la cour des rois mérovingiens et carolingiens : Alliés, hôtes ou otages ? », dansL’étranger au Moyen Âge :XXXe Congrès de la S.H.M.E.S. (Göttingen, juin 1999), Éditions de la Sorbonne,(ISBN 9791035102135,lire en ligne),p. 115.
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  56. Widukind de Corvey,Res Gestæ Saxonicæ,livreI, 13.
  57. Joël Schmidt,Le royaume wisigoth d'Occitanie, Perrin, Paris 1996 ; Bruno Dumézil et Michel Rouche (dir.),Le Bréviaire d'Alaric, aux origines du Code civil, PUPS, Paris 2008.
  58. a etbGrégoire de Tours,livreII,p. 32.
  59. Procope de Césarée,De bello gottorum,I,XII ; Grégoire de Tours,livreIV, 4.
  60. Il y avait déjà des Bretons en Armorique, Rhiotime,alias Ambrosius Aurélianus, fut un moment « roi des Francs et des Bretons armoricains ». Rhiotime aurait aussi régné des deux côtés de la Manche, voir Léon Fleuriot, Les origines de la Bretagne.
  61. Thierry épouse en premières noces une princesse rhénane, dont il a Thibert Ier, roi de Reims († 548).
  62. a etbGrégoire de Tours,livreII, 37.
  63. Cécile Morrisson,« Les évènements/Perspective chronologique », dans Cécile Morrisson (dir.),Le monde byzantin,vol. I :L'Empire romain d'Orient (330-641), Presses universitaires de France,(ISBN 978-2-13-059559-5),p. 26.
  64. Lucien Musset,Les invasions, les vagues germaniques,PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1965,2e édition 1969,p. 302.
  65. ClaireSotinel,Rome, la fin d'un Empire : De Caracalla à Théodoric, 212-fin duVe siècle, Belin,coll. « Mondes anciens »,(ISBN 978-2-7011-6497-7),p. 588.
  66. Ces fouilles ont exhumé la piscine baptismale à quatre mètres de profondeur, au milieu du système de chauffage de l'édifice. Cf. Sylvie Balcon, Walter Berry, Robert Neiss, « Fouilles de la cathédrale », ville de Reims, 1995, 18 p.
  67. Aurélie Beaussart, « Histoires insolites autour de la cathédrale de Reims. 7. Sous la cathédrale, le baptistère de Clovis », surL'Union,.
  68. Il est vraisemblable qu'elle n'ait jamais été expédiée ; cf.Dumézil 2019,p. 20.
  69. Dumézil 2019,p. 24.
  70. Dumézil 2019,p. 178-180.
  71. Dumézil 2019,p. 189-191.
  72. Dumézil 2019.
  73. Jean-Marie Bourreau,Dieu, le roi et l'oiseau : Clovis, la nouvelle alliance de Dieu avec les Francs, entre 496 et 499 : l'Eglise donne naissance à son royaume chrétien, Seine-Saint-Denis, Edilivre,, 407 p.(ISBN 978-2-3325-3609-9),p. 37.
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Bibliographie

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Sources primaires

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Études contemporaines

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XIXe siècle et première moitié duXXe siècle

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Études récentes

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Historiographie

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Voir aussi

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