Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Clotaire II

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Clotaire II
Illustration.
Monnaie de Clotaire II (584 – 628).British Museum.
Titre
Roi des Francs

(16 ans et 8 jours)
PrédécesseurSigebert II(réunion de tous les royaumes francs)
SuccesseurDagobert Ier :roi des Francs
Caribert II :roi d'Aquitaine
Roi des Francs de Neustrie

(29 ans)
PrédécesseurChilpéric Ier
Successeurlui-même(réunion de tous les royaumes francs)
Roi des Francs de Paris

(18 ans)
PrédécesseurChildebert II
Successeurlui-même(réunion de tous les royaumes francs)
Biographie
Titre completRoi des Francs
Roi de Neustrie (584 – 613)
Roi d'Austrasie et des Burgondes
Roi de Paris (595 – 613)
DynastieMérovingiens
Date de naissance
Date de décès
PèreChilpéric Ier
MèreFrédégonde
ConjointHaldetrude
Bertrude
Sichilde
EnfantsMérovée
Énimie
Dagobert Ier
Caribert II
RésidenceClichy

Signature de Clotaire II
modifier 

Clotaire II (ouChlotar,Clothar,Chlotochar ouHlothar) dit « le Jeune », né en mai584 et mort le, estroi de Neustrie de584 à613 etroi des Francs de613 à629, après la conquête du royaume d'Austrasie et duroyaume de Bourgogne.

Sa victoire de 613 sur la reineBrunehaut met fin à la longue période de guerres entre rois francs, commencée en 570, et dont deux protagonistes ont été les parents de Clotaire,Chilpéric Ier etFrédégonde.

Contexte historique

[modifier |modifier le code]

Les territoires francs auVIe siècle

[modifier |modifier le code]

Le règne de Clotaire II se situe dans le cadre territorial et politique issu du partage du royaume franc effectué en 561 à la mort deClotaire, fils deClovis et grand-père de Clotaire II.

À la mort de Clovis, en 511, la Gaule est divisée en quatre royaumes de taille équivalente, avec pour capitales Reims, Soissons, Paris et Orléans ; les quatre fils de Clovis héritant chacun d'un royaume. Dans les années 550, Clotaire, dernier survivant des quatre frères, reconstitue l'unité du royaume franc, augmenté du territoire burgonde, conquis entretemps.

En 561, les quatre fils de Clotaire effectuent un partage analogue à celui de 511 :Sigebert à Reims,Chilpéric à Soissons,Caribert Ier à Paris,Gontran à Orléans, ce dernier royaume incluant maintenant le territoire burgonde. Très vite, Sigebert déplace sa capitale de Reims àMetz ; Gontran déplace la sienne d'Orléans àChalon.

À la mort de Caribert en 567, sa part est partagée entre les trois survivants : en particulier, Sigebert (Metz) reçoit Paris et Chilpéric (Soissons), Rouen.

C'est à cette époque, vers la fin duVIe siècle, qu'apparaissent les deux nouvelles dénominations d'Austrasie pour le royaume de Metz et deNeustrie pour le royaume de Soissons et ses dépendances.

La faide royale et les ambitions de Frédégonde

[modifier |modifier le code]

Dans les années 560, Sigebert et Chilpéric épousent deux sœurs, filles du roi wisigoth d'EspagneAthanagild : les princessesBrunehaut etGalswinthe. Mais Chilpéric est attaché à une concubine :Frédégonde, et assez rapidement, Galswinthe réclame d'être renvoyée à Tolède. Vers 570, elle est assassinée, et les soupçons se portent sur Chilpéric, qui aurait volontiers répudié Galswinthe, mais ne voulait pas qu'elle emporte sa dot. Puis il fait officiellement de Frédégonde une reine des Francs.

En l'absence de père, mort depuis quelques années, c'est Brunehaut qui devient responsable des représailles contre Chilpéric. Celui-ci accepte d'abord de payer une composition (wergeld), puis se lance dans une série d'opérations militaires contre Sigebert. C'est le début de ce qu'on appelle la « faide royale »[1], qui ne prendra fin qu'en 613.

Les principaux épisodes sont, jusqu'à l'assassinat de Chilpéric en 584 : l'assassinat de Sigebert (575) ; l'emprisonnement de Brunehaut, puis son remariage avec un fils de Chilpéric ; le retour de Brunehaut auprès de son filsChildebert II, successeur de Sigebert.

Par ailleurs, Frédégonde s'efforce d'assurer sa position, assez fragile étant donné qu'elle est d'origine servile, en éliminant les fils que Chilpéric a eus de sa première épouseAudovère :Mérovée et Clovis. Ses propres enfants, cependant, meurent très jeunes dans des conditions qu'elle juge suspectes.

Lorsque Frédégonde a un fils au printemps 584, il est le futur successeur de Chilpéric, mais à condition de vivre assez longtemps.

Sources

[modifier |modifier le code]

Les principales sources d'époque sont les chroniques de Frédégaire et deGrégoire de Tours. Mais il faut savoir que leurs auteurs sont de parti pris, Grégoire étant même un acteur des conflits de l'époque.

L'Histoire des Francs de Grégoire de Tours, de la fin duVIe siècle, s'arrête vers 592. Elle est favorable à la reine Brunehaut et à Sigebert, et extrêmement hostile à Chilpéric et à Frédégonde.

LaChronique de Frédégaire, duVIIe siècle, commençant en 584, est en revanche hostile à Brunehaut.

Biographie

[modifier |modifier le code]
Clotaire II traitant avec les Lombards (miniature desGrandes chroniques de France ; manuscrit 512 de la bibliothèque municipale de Toulouse,fo 55 vo).

Naissance (mai 584)

[modifier |modifier le code]

Le nouveau-né ne reçoit pas de nom à sa naissance ; ceci dans le but de ne pas propager d'inquiétude liée à la symbolique du nom mérovingien. Voulant choisir un parrain en fonction de l'évolution des troubles qui agitent leroyaume des Francs, son père ne le fait pas baptiser immédiatement[2].

Chilpéric et Frédégonde ont aussi le souci de protéger leur enfant, étant donné que ses prédécesseurs morts jeunes ont peut-être été victimes d'assassinats.

Il est élevé en secret dans lavilla royale deVitry-en-Artois.

Mort de Chilpéric (septembre 584) et ses conséquences

[modifier |modifier le code]

En septembre584, Chilpéric Ier est assassiné près de savilla deChelles, peut-être sur ordre de sa femmeFrédégonde ou de la reine d'AustrasieBrunehaut[3], après une partie de chasse. Cet événement produit un désordre général.

Désordres dans le royaume

[modifier |modifier le code]

Les grands de Neustrie pillent les trésors de Chilpéric, notamment sonmissorium d'or[4] et s'emparent de tous les documents importants, et partent se réfugier enAustrasie.

La princesseRigonde, en chemin vers l'Espagne en vue d'épouser le princeRecarède, est attaquée àToulouse par le duc Didier, lié à la conspiration deGondovald, qui lui vole tout ce qui reste de sa dot, de sorte qu'elle est obligée de renoncer à son mariage[5].

Des guerres éclatent entre des cités rivales, ainsiOrléans etBlois se dressent contreChartres etChâteaudun[6].

Rapprochement de Frédégonde avec Gontran

[modifier |modifier le code]

La reine Frédégonde réussit à conserver ses trésors personnels et quelques officiers, comme Ansoald et Audon[7], alors que d'autres l'abandonnent, comme le chambrier Eberulf[8]. Elle fait emmener son fils de Vitry à Paris et envoie un message àGontran, roi de Bourgogne, pour qu'il accepte d'adopter l'enfant[9] et d'exercer la régence jusqu'à sa majorité.

Childebert II, qui se trouvait versMeaux au moment du meurtre de Chilpéric, se déplace àMelun[réf. nécessaire], envisageant de prendre Paris, mais Gontran le devance. Des pourparlers s'engagent entre Childebert II et Brunehaut d'une part, Gontran d'autre part : mais Gontran refuse qu'ils entrent dans la ville. Il refuse également[10] de leur livrer Frédégonde, que Brunehaut réclame, en invoquant le régicide deSigebert Ier, des princes Mérovée et Clovis et même de Chilpéric Ier.

Assemblée de Neustrie et reconnaissance de Clotaire

[modifier |modifier le code]

Gontran convoque ensuite une assemblée des Grands deNeustrie, au cours de laquelle l'enfant de Frédégonde est reconnu comme fils de Chilpéric Ier, bien que des doutes sur sa paternité aient été évoqués[10],[11]. Ils décident de lui donner le nom de Clotaire[10], nom du grand-père du nouveau-né. Celui-ci est alors adopté par Gontran.

Gouvernement de Gontran (584 – 587[12])

[modifier |modifier le code]

Reprise en main du royaume de Neustrie

[modifier |modifier le code]

Ansoald est chargé de reprendre le contrôle des villes neustriennes délaissées depuis la mort du roi. Elles font alors serment de fidélité à Gontran et à Clotaire[13]. Gontran tente de remettre de l'ordre dans les affaires de Neustrie : contre l'avis de Frédégonde et peut-être pour montrer son autorité[14], il redonne son siège épiscopal de Rouen àPrétextat[15] et démet de ses fonctions Melaine qui le remplaçait.

L'évêque Promotus de Châteaudun, dont le diocèse avait été rétrogradé en paroisse à la suite du concile de Paris en573 pour avoir été nommé à ce poste au mépris des lois canoniques, réclame sa restitution après avoir été exilé à la mort de Sigebert Ier. Il ne récupère que ses biens personnels[16].

Quelque temps après, réapparaît la menace austrasienne.

Deux envoyés de Brunehaut, le duc Gararic et le chambrier Eberon, réussissent à faire passer Limoges[17], Tours et Poitiers sous influence austrasienne, avec l'aide des évêques Grégoire de Tours etVenance Fortunat[18]. Gontran envoie des troupes récupérer les cités perdues, qui sont toutes reprises et retournent dans ses États.

Frédégonde est envoyée dans lavilla de Vaudreuil, dans le diocèse de Rouen[19], où elle est sous la surveillance de l'évêque Prétextat.

Baptême de Clotaire

[modifier |modifier le code]

Durant l'été585, Gontran revient à Paris pour être le parrain de Clotaire ; il fait jurer à Frédégonde, trois évêques et trois cents aristocrates de Neustrie, que Clotaire II est bien fils de Chilpéric Ier. Mais le baptême est annulé[20]. Il est prévu de réunir un concile à Troyes, mais les Austrasiens refusent d'y participer si Gontran ne déshérite pas Clotaire. Le concile est donc déplacé à Mâcon (en Bourgogne) et a lieu le.

Rétablissement de Frédégonde et conflit avec Gontran (587 – 592)

[modifier |modifier le code]
Frédégonde visite Prétextat sur son lit de mort parLawrence Alma-Tadema.

Alors que Gontran tente de s'emparer de laSeptimanie wisigothique, Frédégonde tente d'échapper à la surveillance de l'évêque Prétextat pour fuirRouen. Durant une messe dominicale, Prétextat est poignardé. Comme il ne meurt pas tout de suite, Frédégonde va se recueillir auprès de lui et lui demande s'il a besoin de ses médecins. L'évêque l'accuse ouvertement d'être à l'origine de ce meurtre et de celui des autres rois et il jette une malédiction sur elle. Il meurt peu après.

La reine utilise alors sa liberté pour rallier à son fils et à elle le plus possible de nobles et d'évêques. Elle réinstalle Melaine à Rouen malgré l'interdiction de Gontran[21].

Gontran s'efforce alors d'affaiblir Frédégonde en débauchant une partie de l'aristocratie, afin d'au moins conserver les terres neustriennes qu'il a accaparées entreLoire etSeine grâce au ralliement du ducBeppolène[22]. En587, il réussit à reprendre les villes d'Angers,Saintes etNantes[23].

Frédégonde propose alors de négocier la paix et envoie à Gontran des ambassadeurs, en réalité chargés de le tuer. Mais ils sont arrêtés et Gontran rompt ses relations avec la Neustrie[24], se rapprochant alors de Brunehaut et de Childebert II, avec lesquels il conclut lepacte d'Andelot : à la mort d'un des deux rois, l'autre héritera de son royaume. C'est effectivement ce qui survient en 592 : Gontran meurt et Childebert devient roi d'Austrasie et de Bourgogne.

Relations avec l'Austrasie et la Bourgogne (592 – 613)

[modifier |modifier le code]

L'union Austrasie-Bourgogne ne dure que jusqu'en 595 ; à la mort de Childebert II, l'Austrasie est attribuée à son filsThibert (ou Théodebert) et la Bourgogne à son filsThierry (ou Théodoric) ; Brunehaut est toujours présente, mais son pouvoir et son rôle de régente ne sont pas toujours acceptés, et les deux frères sont loin d'être toujours en accord.

Avec Frédégonde (592 – 597)

[modifier |modifier le code]

En 593, même s'il ne s'agit que d'une présence symbolique car il n'a que neuf ans, Clotaire II apparaît à la tête de ses armées qui mettent en déroute leduc austrasienWintrio qui cherche à envahir laNeustrie. En 596, il ravage les environs de Paris.

La reine Frédégonde meurt en 597, laissant Clotaire gouverner désormais seul.

Défaite de Dormelles (600) et ses conséquences

[modifier |modifier le code]

Vers 600,Thierry II etThibert II s'allient contre lui et le battent à labataille de Dormelles, près de Montereau ; il doit alors signer un traité qui réduit son royaume aux régions deBeauvais,Amiens etRouen, le reste étant réparti entre les deux frères.

En604, une première tentative de reconquête de son royaume se solde par un échec. Son filsMérovée, qu'il a eu de sa première épouse, est fait prisonnier parThierry II à labataille d’Étampes[25] et est assassiné sur ordre deBrunehaut. Clotaire change alors de stratégie et se rapproche de Thierry ; en607, il devient le parrain d'un des fils de ce dernier, qui reçoit le nom de Mérovée.

Vers la même époque, Thierry, repoussant après l'avoir sollicitée la princesse wisigothe Ermenberge, fille du roiWittéric, se brouille avec ce dernier. Wittéric entre alors en relations avec Clotaire II en vue d'une alliance, ainsi qu'avecThibert II etAgilulf,roi des Lombards. Cette coalition contre Thierry II ne paraît pas avoir été suivie d'effets importants.

Guerre entre l'Austrasie et la Bourgogne (610 – 612)

[modifier |modifier le code]

En 610, commence une véritable guerre entre Thibert et Thierry. Thibert est d'abordvainqueur en 610 ; c'est alors Thierry II qui se rapproche de Clotaire, promettant de lui rendre le Nord de la Neustrie qu'avait reçu Thibert en 600. Le nouveau roi wisigothGundomar se joint à la coalition contre Thierry. Thibert est écrasé en612, lors desbatailles de Toul, puis deTolbiac près de Cologne. Il le fait exécuter ainsi que ses enfants, réunissant de nouveau l'Austrasie à la Bourgogne.

Guerre entre Clotaire et l'union Austrasie-Bourgogne (613)

[modifier |modifier le code]
Mise à mort de la reineBrunehaut.
Enluminure desGrandes Chroniques de France de Charles V, vers 1375 – 1380.
Paris,BnF,département des manuscrits,ms. Français 2 813,fo 60 vo.

Comme convenu, Thierry rend à Clotaire le Nord de la Neustrie[réf. nécessaire], puis organise une invasion de la Neustrie. Mais il meurt de dysenterie àMetz en613. Ses troupes se dispersent immédiatement, etBrunehaut place sur le trône d'Austrasie son arrière-petit-filsSigebert II.

N'acceptant pas la tutelle de Brunehaut, les nobles austrasiens font appel à Clotaire II, qui envahit l'Austrasie ; Brunehaut et les fils de Thierry lui sont livrés. Les enfants sont exécutés à l'exception de Mérovée, son filleul, et peut-être de Childebert qui aurait pris la fuite.

Brunehaut, accusée d'avoir fait assassiner dix rois[26], est jugée et reconnue coupable. Elle subit un châtiment extrêmement dur : suppliciée trois jours[27] puis exécutée en étant attachée à l'arrière d'un cheval indompté[28].

Clotaire seul roi des Francs (613 – 629)

[modifier |modifier le code]

Clotaire établit sa résidence à Paris et dans lesvillas des alentours[29].

Mairies du palais

[modifier |modifier le code]

Un aspect important de la nouvelle configuration est le maintien dans chacun des trois royaumes d'une administration spécifique avec à sa tête un maire du palais. Le maire du palais est à l'origine lemajordomus, serviteur du roi chargé de la vie matérielle du palais. Durant la période de la faide royale, la fonction a pris de l'importance et leurs titulaires, membres de la haute aristocratie, ont joué un rôle politique important. C'est en particulier le cas deWarnachaire, maire du palais de Bourgogne en 613, un des responsables de la livraison de Brunehaut, qui occupe le poste jusqu'à sa mort en 626[30]. L'épouse de Warnachaire, Berthe, est d'ailleurs peut-être une fille de Clotaire.

Édit de 614

[modifier |modifier le code]

En 614, Clotaire II réunit une assemblée des évêques et des Grands dont les résultats apparaissent dans unédit daté du 18 octobre 614. L'article 11 indique qu'il s'agit de rétablir« la paix et la discipline dans notre royaume » et de« réprimer les révoltes et insolences des méchants »[31] ; l'édit concerne l'ensemble des trois royaumes et pas seulement celui de Neustrie. Il vise les abus de pouvoir commis par certains fonctionnaires, en particulier le non-respect de certaines immunités accordées par Chilpéric. L'article 12 est considéré comme notable : il établit que les fonctionnaires[32] ne peuvent pas être nommés hors de leur région d'origine.

Dagobert, roi d'Austrasie (623)

[modifier |modifier le code]

En 623,Dagobert Ier, fils de Clotaire II, est « associé au royaume » et établi « roi sur les Austrasiens »[33]. Il est alors envoyé à Metz, où les deux personnalités sont l'évêqueArnoul et le maire du palais nouvellement nomméPépin de Landen. En même temps, Clotaire opère un changement territorial en attribuant la région de Reims à la Neustrie. Mais Dagobert, devenu un véritable Austrasien, obtiendra en 626 le retour de Reims à son royaume[34].

Comportement de Clotaire II entre barbarie et christianisme

[modifier |modifier le code]
Confirmation de Clotaire II, Archives nationales AE/II/1.

Clotaire II ne constitue pas une exception dans la lignée des Mérovingiens par ses mœurs barbares et sa pratique de la vendetta familiale.Toutefois, il fut un des rares Mérovingiens à ne pas être polygame. Il resta fidèle à Bertrude jusqu'à son décès en618 puis se remaria à Sichilde[réf. nécessaire]. Respectueux de l'Église et ses représentants qu'il préférait avoir pour alliés, il est probable qu'il s'efforçait de se composer une image de roi pieux, inspiré par la sainteté de son oncleGontran qui l'avait protégé et lui avait permis l'accession au trône et dont il faut remarquer qu'en ces temps troublés il soit mort non pas assassiné mais de vieillesse[35].

En 617, il reconduit le traité d'amitié qui liait les rois francs aux rois lombards[36].

Mort de Clotaire et avènement de Dagobert

[modifier |modifier le code]
Sépulture de Clotaire II.

Clotaire meurt le à l'âge de45 ans, et est inhumé, comme son père, dans la basilique Saint-Vincent de Paris, intégrée par la suite à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés. Probablement refait auXIe ou auXIIe siècle, son tombeau, connu par deux représentations du gisant très probablement en creux, fut détruit dans la nuit du 27 au 28 mars 1791. Un fragment supposé appartenir au torse de son gisant est conservé aumusée Carnavalet.

L'aristocratie neustrienne choisit pour roiCaribert, demi-frère de Dagobert. Celui-ci, appuyé par les Austrasiens, s'impose assez facilement en Bourgogne, puis en Neustrie. Caribert est doté d'un royaume constitué de territoires aquitains.

Mariages et descendance

[modifier |modifier le code]

Il épouse en premières nocesHaldetrude, qui donne naissance à :

  • Mérovée, qui est envoyé avec Landéric, maire de palais de Neustrie, pour combattre le bourguignon Berthoald àArele en 604, mais les deux sont tués au cours de la bataille ;
  • Emma, mariée en 618 àEadbald, roi de Kent.

En secondes noces, il épouseBertrude, citée en 613 et en 618, fille probable deRichomer, patrice des Burgondes, et deGertrude d'Hamage. Elle a au moins :

et peut-être :

  • un fils mort jeune vers 617 ;
  • Berthe, épouse deWarnachaire, maire du palais de Bourgogne[37].

En 618, il se marie avecSichilde, sœur deGomatrude, qui épousera Dagobert Ier, roi des Francs, et probablement deBrodulfe (ou Brunulfe), qui soutiendraCaribert II[38]. Sichilde était auparavant sa concubine et avait déjà[39] donné naissance à :

Bibliographie

[modifier |modifier le code]

Sources d'époque

[modifier |modifier le code]

Études contemporaines

[modifier |modifier le code]

Ouvrages généraux

[modifier |modifier le code]

Sur Clotaire II

[modifier |modifier le code]

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. Le mot d'origine germanique « faide » correspond plus ou moins à « vendetta ».
  2. Bruno Dumézil,La reine Brunehaut, Paris, éditions Fayard, 2008,p. 212.
  3. Frédégaire,Chronique,III, 93.
  4. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 4.
  5. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 9.
  6. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 2.
  7. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 15.
  8. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 21.
  9. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 5.
  10. ab etcGrégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 7.
  11. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VIII, 9.
  12. La date de 587 n'est pas sûre : elle dépend de la date de l'assassinat de Prétextat.
  13. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 8.
  14. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 16.
  15. Prétextat avait marié Brunehaut et Mérovée, devenant ainsi un adversaire de Frédégonde.
  16. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 17.
  17. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 13.
  18. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 12.
  19. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VII, 19.
  20. Grégoire de Tours évoque un baptême prévu en 585, dans lelivreVIII d'Historia Francorum, puis signale que le baptême s'est déroulé en 591, dans lelivreX, Grégoire de Tours,Historia Francorum,VIII, 1 et Grégoire de Tours,Historia Francorum,X, 28.
  21. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VIII, 31.
  22. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VIII, 42.
  23. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VIII, 43.
  24. Grégoire de Tours,Historia Francorum,VIII, 44.
  25. Fastes juifs, romains et françois par J.-B. Mailly.
  26. Dans la liste que la chronique de Frédégaire donne, l'auteur nomme Mérovée le fils de Thibert II tué par les Burgondes (selon laContinuation de la Chronique d'Isidore), mais ce prince est appelé Clotaire dans la liste des victimes que dresse le tribunal jugeant Brunehaut.Chronique de Frédégaire,IV, 43.
  27. Chronique de Frédégaire,IV, 42 ;Continuation de la Chronique d'Isidore.
  28. D'autres sources, telles que les deuxVies de Didier disent qu'elle est attachée à la queue de plusieurs chevaux.Jonas de Bobbio a également repris cette version. La chronique de Frédégaire aurait mélangé les différentes versions, en la faisant attacher à un cheval par un pied et un bras. Bruno Dumézil,La reine Brunehaut, Paris, éditions Fayard, 2008,p. 386.
  29. Lebecq, page 126.
  30. Sur les maires du palais :cf. Lebecq, pages 125-126.
  31. Malorum hominum.Cf. Lebecq, page 124.
  32. Le mot utilisé estjudex, « juge », c'est-à-dire le comte ou un subordonné du comte.Cf. Lebecq, page 125.
  33. rex super Austrasiis. Cité par Lebecq, page 126.
  34. Lebecq, page 127.
  35. Histoire de France de l'Abbé Velly,TomeI (1752), pages 244-247.
  36. Histoire de France de l'Abbé Velly,TomeI (1752), page 247.
  37. SelonLéon Levillain,Études mérovingiennes : la charte de Clotilde (10 mars 673), qui s'appuie sur un passage de la chronique de Frédégaire.
  38. Caribert est le demi-frère de Dagobert.cf. la thèse de Wood : l'oncle de Caribert, Brodulf, était le frère de Sichilde.
  39. Caribert ayant déjà un enfant en 632, il est forcément né avant 618. Cela signifie que Caribert II et Sichilde avaient une liaison avant leur mariage.

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes

[modifier |modifier le code]
Clotaire II
Précédé parSuivi par
Chilpéric Ier
Roi de Neustrie
584-629
Dagobert Ier
Sigebert II
roi d'Austrasie
613-623
de Bourgogne
613-629
Réunification du Royaume Franc
roi des Francs
613-629
 
roi en Aquitaine
Caribert II
v ·m
Mérovingiens(428-751)
v ·m
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Clotaire_II&oldid=222293863 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2025 Movatter.jp