| Type | Chantier naval etarsenal royal |
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| Construction | |
| Activités | construction navale |
| Pays | France |
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| Commune |



LeClos aux galées, ouClos des galées, est auMoyen Âge lechantier naval et l'arsenal deRouen. Unegalée, nom qui donnera « galère », désignait un type de bateau de l'époque. Un clos aux galées existait aussi àHarfleur.
Jusqu'à la fin duXIIIe siècle, les rois de France ne disposaient pas de force navale nationale. Lorsque le besoin s'en faisait sentir, en cas de guerre, ou de croisade, il leur fallait recourir à l'achat, à la location ou au prêt de navires étrangers avec tous les inconvénients que comportait ce système[1]. Le premier souverain à réagir futPhilippe le Bel. Après avoir lui aussi loué des nefs au roi de Norvège, aux villes hanséatiques, au roi d'Aragon, à Gênes, il se décida à créer une flotte « nationale », ce qui supposait de lui donner d’abord une infrastructure[1].
C'est ainsi que fut établi, à partir de 1292, sur larive gauche de laSeine, en aval d'un pont reliant l'île Lacroix à Rouen, le « clos » (ou parc) des Galées. Il s'agit du plus ancienarsenal du royaume de France[2]. Son établissement fut mené à bien grâce à l'assistance technique de constructeurs génois qui s’inspirèrent des réalisations vénitiennes et espagnoles[1]. Le nouvel établissement devait répondre à plusieurs fonctions :
En conséquence de ces deux rôles, on avait creusé un bassin (l’estang) et des cales sèches, construit des magasins divers, des ateliers de charpenterie, de couture et de fabrication d’armes. Les forêts voisines deRoumare et deRouvray approvisionnaient le chantier en bois tandis que le fer venait dupays d'Ouche. Quant auchanvre, qui servait à confectionner les cordes et la voilure, il était filé un peu partout dans les environs.
L’emplacement, qui avait été bien choisi, était à l'abri des attaques surprises. Ce lieu stratégique était aussi bien protégé par une enceinte fortifiée, avec une robuste palissade doublée de part et d'autre de largesfossés et renforcés de tourelles[1].
Il connut une forte activité auXIVe siècle, lors de la première partie de laguerre de Cent Ans : il était en effet le seulchantier naval royal capable de construire des navires de guerre. C’était probablement à cet endroit qu’on fabriqua une partie de la flotte qui sombra lors de labataille de l'Écluse (1340). On arma aussi àRouen plusieurs flottes pour attaquer lesîles Anglo-Normandes et les côtes sud de l’Angleterre (raids surPortsmouth en 1369, surGuernesey en 1372).
En 1374, conscient de l’effort maritime nécessaire pour combattre l’Angleterre, le roi de FranceCharles V réorganisa la gestion du chantier etarsenal deRouen. Il nomma un « maître et garde du Clos des galées » dont les fonctions étaient, d’une part, de garder les bateaux, d’en assurer l’armement ou l’entretien et d’en construire de nouveaux et, d’autre part, d’acheter et de renouveler les vivres. Auparavant, vivres et navires se gâtaient et pourrissaient par défaut d’une véritable intendance. Avec ces mesures,Charles V ébauchait un service permanent de lamarine militaire. Le maître et garde du Clos des galées devait aussi se charger de retenir et de recruter les ouvriers du chantier tels les calfats, les fabricants de rames, les « maîtres de hache » et autres charpentiers. Cet officier se trouvait sous le commandement de l’amiral de la mer, en l’occurrenceJean de Vienne.
En 1418, à l’approche des Anglais, les Rouennais brûlèrent le Clos des galées[1]. Il ne fut reconstruit qu’en 1451.
La fondation du port duHavre parFrançoisIer annula probablement l'activité du Clos aux galées. Le dernier bateau construit sortit en 1532.
Près de l'embouchure de laSeine, àHarfleur précisément, se trouvait un autre clos des galées. Il servait sûrement de refuge et de base de départ pour la flotte royale dans laManche. Sa construction intervint dans le dernier quart duXIVe siècle, dans le contexte de laguerre de Cent Ans. À l'origine annexe de Rouen, il consistait en un grand bassin fortifié alimenté en eau par laLézarde avec des quais aménagés au nord et l'est. Desécluses régulaient le niveau de l'eau car la marée étaient ressentie àHarfleur. Le Clos aux galées était entouré d'un rempart flanqué de tours. Une chaîne qui reliait la Petite et la Grosse Tour barrait l'entrée de ce port militaire.
Aujourd'hui ne subsistent plus que quelques murs du rempart. Le bassin, asséché, a été recouvert au fil de l'urbanisation de la ville (quartier de la place d'Armes et la rue d'Oudalle).