Né le àPérigueux (Dordogne)[4],[5], Claude Seignolle passe son enfance dans la campagne, où sa principale occupation est de ramasser et collectionner tout ce qui lui semble digne d’intérêt : pierres et silex, mais surtout fossiles et monnaies anciennes. Il est aussi très attentif aux contes et légendes que sa grand-mère lui raconte, d’où son goût pour les mystères de la nuit et toutes les sortes de diableries. Il a douze ans lorsque sa famille déménage àChâtenay-Malabry. Son père est éditeur d'ouvrages pédagogiques à l'enseigne des Éditions Pédagogiques Modernes (E.P.M.) sises dans le quartier historique des Halles. Il est scolarisé aulycée Lakanal àSceaux, où son professeur d’histoire l’encourage dans sa vocationarchéologique. C'est ainsi qu'en 1934, il dégage au cours de fouilles auPlessis-Robinson d'énormes blocs de pierre, dans lesquels il voyait des débris de dolmens, l'un d'eux portant d'ailleurs des inscriptions[6]. Il est renvoyé de ce lycée pour absentéisme et dédaigne le travail dans l’entreprise familiale. Par la suite, il fréquente la Société préhistorique française, dont l’un des intervenants est l’abbéHenri Breuil, où il fait la rencontre dufolkloristeArnold Van Gennep. Cette rencontre déterminante va le faire passer du patrimoine minéralogique à celui du folklore et du légendaire. Avec son frère Jacques, il va sillonner leHurepoix pendant deux années, se faire collecteur des traditions rurales, et s’intéresser aux rites des fêtes, aux superstitions. En1937, il co-signe avec son frèreLe Folklore du Hurepoix, livre bien accueilli, notamment parPierre Mac Orlan etBlaise Cendrars. Ce premier ouvrage va être suivi de nombreux autres consacrés à la culture populaire, mais aussi d’une œuvre littéraire plus personnelle. En1945 paraît son premier roman,Le Rond des sorciers.
Claude Seignolle fait son service militaire à Metz, dans l'artillerie. Un jour qu'il est dans une librairie, il hésite à saluer un colonel, hésitation qui lui vaut du cachot et un sonore « Artilleur ! mes respects ! » ; ce colonel est le futurgénéral de Gaulle. Mobilisé en Lorraine, Seignolle y passe la drôle de guerre et les premiers combats. Fait prisonnier, il est envoyé en Allemagne. Il évoque cette période dans ses mémoires,Un homme nu[7], et dansLa Gueule, édité au Terrain vague, en 1959, et réédité à Zulma, en 1999[8].
Libéré pour raisons sanitaires, il se réfugie àPresly, entreBerry etSologne. À la Libération, il réside àSainte-Montaine, toujours en Sologne, où il recueille les traditions locales qui lui inspireront plusieurs ouvrages. Car si aujourd'hui Seignolle est considéré comme l'un des meilleurs « fantastiqueurs » français, avec notammentLa Malvenue,Marie la louve etLe Rond des sorciers, c'est parce qu'il a su tremper sa plume d'écrivain dans le chaudron des croyances populaires. Un autre pan de son œuvre, dont les contes sont regroupés dans "La Nuit des Halles", traite des mystères du défuntquartier des Halles à Paris.
Grâce à l'éditeur belgeMarabout, Seignolle conquiert un vaste public avec les recueils de nouvellesContes macabres,Récits cruels,Histoires maléfiques,Histoires vénéneuses etContes sorciers. Aujourd'hui, le Seignolle écrivain est essentiellement publié par Phébus.
Le Gâloup, illustré de documents du service photographique de la Bibliothèque nationale et de dessins de Michel Chamasson et de l'auteur, Éditions E.P.M.,coll. « Bibliothèque maléfique »
réédité en 1974 avec la préface deJacques Bergier (« édition revue et enrichie de récents témoignages inédits »), éditions Walter Beckers, Kalmthout (Belgique),coll. « Club »
Ces dernières années, Claude Seignolle a essentiellement préfacé l'œuvre en folklore de Roger Maudhuy :La Lorraine des légendes (Éditions France-Empire),Le Limousin des légendes (Éditions Lucien Souny),Contes des pays lorrains (Éditions Lucien Souny) etContes et légendes d'Alsace (Éditions Place Stanislas).
Comme une odeur du diable parLaurent Lefeuvre, Éditions Mosquito, 2017 : adaptation enbande dessinée noir et blanc de certains contes de Claude Seignolle.
Claude Seignolle apparaît en tant que l'un des protagonistes de l'unique roman de Charles-Gustave Burg[11],Le Pantacle de l'ange déchu, paru en1974[12].
↑Alain Valtat,Histoire du Plessis-Robinson, Impr. Marianne, 1972,p. 3
↑Éditions Lucien Souny, préface de Roland Ernould et présentation deRoger Maudhuy)
↑Dans la préface de cette dernière édition sont données d'ailleurs pour la première fois des précisions sur le parcours professionnel de Claude Seignolle (Eric Dussert,« Tout pour La Gueule, ou les frappantes vertus de trois proses », préface àLa Gueule, Paris, Zulma, 1999) : fils d'éditeur d'ouvrages pédagogiques et éditeur lui-même à l'enseigne des Éditions Pédagogiques Modernes (E.P.M.), sises dans le quartier historique des Halles – lequel lui inspire un recueil de nouvelles fantastiques,La Nuit des Halles.
↑S. Drouet, « Claude Seignolle sous la Coupole », inLe Journal de la Sologne, hiver 2008,p. 4-5.
RolandErnould, « De l'emprise du sacré à la séduction de l'étrange : du mysterium tremendum au mysterium fascinans, situation duChâteau de l'étrange dans l'œuvre de Claude Seignolle »,Iris / Les Cahiers du Gerf, Grenoble, Université Grenoble 3,no 26 « Le fantastique francophone », hiver-été 2004,p. 277-306(ISSN0769-0681).
RolandErnould,Claude Seignolle ou La puissance du désir : essai biographique, Saint-Claude-de-Diray, Éditions Hesse,, 311 p.(ISBN2-911272-82-X).
JacquesFinné, « Deux cœurs de pierre :La Vénus d'Ille de Prosper Mérimée etLa Malvenue de Claude Seignolle »,Les Cahiers du Gerf, Grenoble, Université Stendhal-Grenoble 3,no 5,,p. 81-88(ISSN0769-0681).
DelphinePlouchart, « Claude Seignolle et le fantastique »,Iris / Les Cahiers du Gerf, Grenoble, Université Grenoble 3,no 22,,p. 277-286(ISSN0769-0681).
MichelRancourt,L'Étrange dans l'œuvre romanesque de Claude Seignolle, Montréal,Université McGill, département de français,, 109 p.(lire en ligne)
RaymondTrousson,« Claude Seignolle et le fantastique paysan », dansAspects du roman français contemporain : actes du colloque organisé par le Groupe du roman sous le patronage de la ville de Bruxelles, le, Bruxelles, Le Groupe du roman,coll. « Les Cahiers du groupe » (no 12),, 100 p.,p. 23-32.
RaymondTrousson,« Claude Seignolle : fantastique et mentalité primitive », dansEstudos de Homenagem ao Prof. Doutor António Ferreira de Brito, Porto, Faculté des Lettres de l'Université de Porto,, 382 p.(ISBN972-9350-88-4,ISSN1646-0820,lire en ligne),p. 341-347.