Claude Joseph Rouget ditde Lisle[1], souvent appeléRouget de Lisle, né le àLons-le-Saunier et mort le àChoisy-le-Roi[2], est unofficier dugénie et un écrivainfrançais, célèbre en tant qu'auteur deLa Marseillaise[3], à l'origineChant de guerre de l'armée du Rhin, devenu l'hymne national français en 1879, après une brève période (1795-1804) sous le Directoire et le Consulat.
Ses autres œuvres, notamment des hymnes tels que l'Hymne Dithyrambique sur la conjuration de Robespierre et la Révolution du 9 Thermidor (1794) etVive le Roi ! (1814), sont restées peu connues.
Claude Joseph est l'aîné[1] des huit enfants de Claude Ignace Rouget (1735-1792[4]) et de Jeanne Madeleine de Gaillande (1734-1811[5]). Claude Ignace Rouget est avocat aubailliage de Lons-le-Saunier.
Étant petit, Claude Joseph Rouget est déjà un passionné de musique[6]. Il joue du violon à ses heures perdues[7].
Avec son frèreClaude Pierre, Claude Joseph passe sa jeunesse à Montaigu ety fait ses études jusqu'au collège[pas clair]. Après ses études, il va suivre une formation militaire à Paris[8].
Alors que seuls les nobles peuvent devenir officiers d'infanterie ou de cavalerie sans passer par le rang, les roturiers ont le droit de se présenter au concours de l'École royale du génie, située àMézières, cette spécialité étant peu prisée par la noblesse. C'est à ce moment-là qu'il prit la désinence "de Lisle", appartenant à son grand-père[7].
Claude Joseph Rouget y est admis, comme l'a précédemment étéLazare Carnot (né en 1753). Il en sort officier et est successivement affecté à différentes garnisons, dontMont-Dauphin dans les Alpes, où il exerce ses talents deDon Juan[9].
À la demande de celui-ci, il composeplusieurs[réf. nécessaire] chants patriotiques, dont unHymne à la Liberté pour la fête de la Constitution prévue pour le. L'Assemblée constituante vient en effet de terminer son travail et la premièreconstitution française a été acceptée et promulguée le par le roiLouis XVI, désormais « roi des Français ». CetHymne, dont la musique est inspirée d'Ignace Joseph Pleyel, est chanté par la foule sur la place d'Armes de Strasbourg.
Il est à cette époque l'auteur deBayard dans Bresse, comédie en quatre actes, mêlée d’ariettes, livret de Claude-Joseph Rouget de Lisle, musique deStanislas Champein, créée sur le Théâtre Italien le 21 février 1791[10].
Cinq jours après cette entrée en guerre, le, au cours d'une réception avec des officiers de la garnison, dont le maréchal Luckner, le maire de Strasbourg sollicite le capitaine Rouget de Lisle pour composer un chant de guerre. Celui-ci s'exécute dans la nuit qui suit et présente dès le lendemainLe Chant de guerre pour l'armée du Rhin, dédié au maréchal Luckner. C'est le Maire qui après avoir déchiffré la partition est le premier à le chanter en public, dans son salon.
Le, Louise de Dietrich, épouse du maire, écrit à son frère Pierre Ochs :
« Cher frère, je te dirai que depuis quelques jours je ne fais que copier ou transcrire de la musique, occupation qui m'amuse et me distrait beaucoup, surtout en ce moment où partout on ne parle et discute que de politique en tout genre. Comme tu sais que nous avons beaucoup de monde, et qu'il faut toujours inventer quelque chose, soit pour changer de sujet, soit pour traiter de sujets plus distrayants les uns que les autres, mon mari a imaginé de faire composer un chant de circonstance. Le capitaine du Génie, Rouget de Lisle, un poète et compositeur fort aimable a rapidement fait la musique du chant de guerre. Mon mari, qui est bon ténor, a chanté le morceau qui est fort entraînant et d'une certaine originalité. C'est duGluck en mieux, plus vif et plus alerte. Moi, de mon côté, j'ai mis mon talent d'orchestration en jeu, j'ai arrangé les partitions pour clavecin et autres instruments. J'ai donc beaucoup à travailler. Le morceau a été joué chez nous, à la grande satisfaction de l'assistance…[11] »
Au mois de, menacée par l'invasion des Autrichiens, soutenus par laPrusse, l'Assemblée déclare la« patrie en danger » et fait appel auxvolontaires pour soutenir les troupes de ligne. Beaucoup de ces volontaires sont amenés à passer par Paris.
Le, Rouget de Lisle quitte Strasbourg pour diriger la forteresse deHuningue.
À la suite de lajournée du 10 août 1792 (renversement de Louis XVI, qui est suspendu, puis incarcéré le), Rouget de Lisle est destitué de ses fonctionsparLazare Carnot[réf. nécessaire] pour avoir protesté, comme l'ensemble de la garnison et comme la municipalité de Strasbourg — le Maire, Dietrich, le paiera de sa vie —contre la violation de la Constitution de 1791, dans laquelle le Roi était déclaré inviolable.
Il s'illustre en tant qu'ingénieur lors dusiège de Namur, dont la citadelle est prise aux Autrichiens[15] le[14]. Il ajoute alors à la Marseillaise deux couplets intitulés « couplets aux Belges », qui sont imprimés à Namur[14],[16],[17].
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Portrait de Rouget de Lisle (1835).
Il n'arrive pas à percer dans la carrière littéraire et doit se contenter de travaux alimentaires (préfaces, traductions d'ouvrages anglais, mémoires).
Durant la période napoléonienne, il dirige une entreprise de fournitures de vivres aux armées.
Il se montre tout à fait hostile à l'instauration de l'empire en 1804 ; il ose même écrire àNapoléon :« Bonaparte, vous vous perdez, et ce qu'il y a de pire, vous perdez la France avec vous[19] ! »
Sa situation devient précaire : il est contraint de vendre l'héritage de son père. On connaît une lettre[21] quePierre-Jean de Béranger lui adresse le à laprison de Sainte-Pélagie, où il est emprisonné pour dettes.
En 1830,Louis-PhilippeIer lui accorde une pension viagère de 1500 francs, puis une pension supplémentaire de 2 000 francs en 1832.Louis-Philippe d'Orléans, fils dePhilippe-Égalité, qui rétablit ledrapeau tricolore rejeté en 1814 par les Bourbons, n'a en effet aucune animosité contre l'auteur deLa Marseillaise.
Le « Chant de guerre pour l'armée du Rhin » a été composé dans la nuit du à Strasbourg, à la suite de la déclaration de guerre à l'empereur d'Autriche. Il est dédié aumaréchal Lukner. Philippe-Jacques Dannbach[25] (1747-1812), imprimeur de la municipalité, publie en mai le texte et la mélodie[26]. Un journal les reproduit et ils parviennent à Marseille. Enthousiastes les volontaires marseillais l'adoptèrent et le chantèrent en entrant dans Paris, le 30 juillet 1792. Le chant devient alors l’Hymne des Marseillais, puisLa Marseillaise. Interdit pendant la Restauration, il est adopté commehymne national de la République française le[27].
Les paroles deLa Marseillaise sont marquées par les slogans patriotiques, et le style du temps, qu'on retrouve dans les affiches de conscription, ou autres chants :Aux armes, citoyens !,l'étendard sanglant est levé… Marchons… Il faut combattre, vaincre ou mourir… ou des images littéraires, comme chezNicolas Boileau :…Et leurs corps pourris, dans nos plaines, n'ont fait qu'engraisser nos sillons (ode sur un bruit qui courut, en 1656, queCromwell et les Anglais allaient faire la guerre à la France), comme d'autres chansons, alliant l'idée de patrie à celle de terre nourricière, de défense des plus faibles devant l'envahisseur (l'Europe coalisée contre la France), stigmatisant« les féroces étrangers qui ravissent d'entre nos bras nos femmes et nos enfants ».
Rouget de Lisle chantantLa Marseillaise. Tableau d'Isidore Pils.
À ses concitoyens, Gustave Terrien. La Marseillaise. [Signé : Rouget Delisle.]Le Chant du départ. [Signé : M.-J. Chénier.] Rambouillet : impr. de Raynal, (s.d.), 4 p.
Au peuple et aux représentans du peuple. (Montagne du Bon air, an II.). (s.l.n.d.), 10 p.
Au profit des blessés de l'armée du Rhin. La Marseillaise. Château-Thierry : impr. de Renaud, 1870, 3 p.
Le chant des vengeances, intermède mêlé de pantomimes représenté pour la première fois, sur le théâtre de la République et des Arts, le 18 floréal an VI, Paris, Ballard, an VI.
Chant national de la France. La Marseillaise, Paris, Madre, 1870, 1 p.
Chant national. La Marseillaise. Marseille : impr. de Crémieu, 1879, 1 p.
Fierval, ou le Fanfaron démasqué, comédie.Rosa mourante, songe, Paris, bureau du Siècle, 1852.
Essais en vers et en prose, Paris, impr. de P. Didot l'aîné, 1796, 157 p.
Henri IV, chant héroïque, Paris, Pleyel et fils aîné,s.d., 8 p.
Historique et souvenirs de Quiberon, Paris, Levavasseur, 1834, 130 p. (Mémoires de tous, II).
Hymne à la raison, Paris, Le Duc, 1794, 5 p.
Hymne des Marseillois, avec variations pour le forte piano servant d'accompagnement au chant des couplets, par la citoyenne Thiémé. Rouen : chez le citoyen Thiémé, s. d., 10 p.
La ville deLons-le-Saunier a rendu de nombreux hommages à Rouget de Lisle. Le premier en 1882 en lui élevant une statue, commandée àBartholdi (à qui l'on doit lastatue de la Liberté deNew York). Puis en célébrant les anniversaires de sa naissance, de son décès ou encore de la composition deLa Marseillaise (en 1992). Chaque heure, le carillon du théâtre égrène les premières notes deLa Marseillaise pour rappeler aux Lédoniens que son auteur est un enfant du pays. Enfin, en 1996, la ville a inauguré un musée dans son appartement natal.
Éric Heidsieck,Hommage à Rouget de Lisle : paraphrase sur La Marseillaise : en vingt-trois variations « à la manière de » (la dernière pour piano à quatre mains) ;Lyon, Symétrie, 2002.
Une statue commémorative, œuvre deLéopold Steiner est située, en son honneur, àChoisy-le-Roi. Ce monument a été commandé par souscription nationale le, et inauguré le parJustin Germain Casimir de Selves. La place où elle se situe porte son nom. Elle est très fréquentée et est un carrefour routier important duVal-de-Marne ; on y trouve une gare routière.
Une plaque a été déposée sur sa maison de Choisy-le-Roi, dans laquelle il est mort (au 6 rue Rouget-de-Lisle).
1936 : centenaire de la mort de Claude Rouget de Lisle.
En 1936, un timbre de 20 centimes vert est émis. Il représente sa statue à Lons-Le-Saunier. Il est le premier à avoir fait l'objet d'une vente anticipée le 27 juin 1936, à Lons-Le-Saunier. Il porte le n° YT 314.
↑En 1989, l'historien Hervé Luxardo a fait l'hypothèse inverse : Grisons aurait repris la musique du chant de guerre et l'aurait ajoutée à sonoratorio. Il est par ailleurs douteux qu'un musicien ait pu, dans cette période tourmentée, faire entendre une partition religieuse importante, alors que les chapitres ecclésiastiques de France avaient été totalement dispersés dès 1790 ou, pour certains, fortement réduits. Rien ne vient donc étayer l'hypothèse de Luxardo.
↑Christophe Marchal, « TGV en gare de Lons, dimanche 12 », suractu.fr/voix-du-jura,(consulté le) :« Le 9 juin 2001, le train corail dénommé le Rouget-de-Lisle, reliant Strasbourg à Marseille via Lons en une seule traite, effectuait son dernier voyage. »
Marie-Louise Jacotey,Rouget de Lisle et « la Marseillaise » : histoire, éditions D. Guéniot, Langres, 2007, 94 p. La couv. porte en plus : « Histoire d'un chant de guerre devenu hymne national ».(ISBN978-2-87825-390-0).
André Lanier,Rouget de Lisle : conférence faite au théâtre de Besançon le 7 mars 1907 pour la Société des Amis de l'Université de Franche-Comté, imprimerie A. Cariage, Besançon, 1907, 30 p.
Georges Lecomte,Rouget de Lisle, éditions G. Beytout, Paris, 1936, 16 p.
Arthur Loth,La Marseillaise : enquête sur son véritable auteur, Paris, Nouvelles Éditions Latines,coll. « histoire »,, 158 p.(ISBN978-2-7233-0458-0,lire en ligne). Nouvelle édition, en fac-similé, de l'édition originale de 1886 (Nîmes, Lacour-Ollé, 99-5 p., 2012).
Hervé Luxardo,Histoire de la « Marseillaise », éditions Plon, coll. « Terres de France », Paris, 1989, 240 p.,(ISBN2-259-02018-6).
Mary-Cliquet,Rouget de Lisle : biographie complète et inédite de l'auteur de la Marseillaise, Imprimerie de Tremblay, Paris, 1880.
Christian Mas,Cl. J. Rouget de Lisle : une présence politique, entre lettres et musique, éditions l'Harmattan, coll. « Univers musical », Paris, Budapest et Turin, 2001, 332 p. Bibliographie. des œuvres écrites de C. J. Rouget de Lislep. 307-310. Catalogue des œuvres musicalesp. 311-314.(ISBN2-7475-1266-5).
Adrien Morpain,Rouget de Lisle à Strasbourg et à Huningue, ses différentes habitations, documents inédits, imprimerie de C. Wurst, Strasbourg; 1872, 15 p.
A.-Amédée Rouget de Lisle,Rouget de Lisle (Claude-Joseph), auteur de la Marseillaise. Vincennes : impr. de Vve juin, 1882, 6 p., musique, portrait. Extrait de l'ouvrage d'A.-Amédée Rouget de Lisle, intitulé : « La Vérité sur la paternité de la Marseillaise ».
A.-Amédée Rouget de Lisle,Inauguration de la plaque commémorative de la mort de Rouget de Lisle, le 27 juin 1836, à Choisy-le-Roi… Souvenir de la cérémonie qui a eu lieu à Choisy-le-Roi, le 13 juillet 1881… Paris, impr. de Moncelot, 1881, 4 p.
A.-Amédée Rouget de Lisle,La Vérité sur la paternité de la « Marseillaise », imprimerie deBonaventure et Ducessois, 1865. Suite :La Vérité, par M.Alexis Azévédo, sur Rouget de Lisle et la « Marseillaise. Extrait del'Opinion nationale, 18 octobre 1864.
Julien Tiersot,Histoire de la Marseillaise : nombreuses gravures documentaires, fac-similés, autographes, œuvres musicales de Rouget de Lisle, 8 planches hors texte, éditions Delagrave, Paris, 1915, VII-152 p.
Jean Tulard,Napoléon et Rouget de l'Isle : « Marche consulaire » contre « Marseillaise », éditions Hermann, coll. « Savoir. Lettres », Paris, 2000, 104 p.,(ISBN2-7056-6407-6).
Philippe Vidal, chapitre « De Lisle à Marseille », dansLes Histoires inconnues de l'Histoire : de la légende à la réalité, éditions Michel Lafon, Paris, 2004,p. 139-[142].(ISBN2-7499-0120-0).
Ville de Choisy-le-Roi,Rouget de Lisle, 1760-1960. Exposition du bi-centenaire. Choisy-le-Roi, 1960, IV-15 p., multigraphié.
Un Homme, un hymne, la Révolution / par les élèves de l'École primaire Rouget de Lisle de Charleville-Mézières ; publ. par l'École de Rouget de Lisle. Charleville-Mézières : École Rouget de Lisle, 1989, 40 p.(ISBN2-903774-67-6).