Robert a quinze ans lorsqu'il est notaire, en[9]. En 1361, il est nomméévêque de Thérouanne[9], en Artois (il a alors 19 ans). Il est transféré en 1368 sur lesiège de Cambrai.
Les papes siègent àAvignon. Sept papes successifs et 80 % des cardinaux sont français[10] (et généralement proches du roi de France) et nomment des Français comme légats et gouverneurs des provinces ecclésiastiques d’Italie. Or les Français ne sont pas familiers des affaires italiennes.Grégoire XI commet l’erreur de perpétuer cette mauvaise habitude[réf. nécessaire]. Il entre en conflit avec les Florentins. Poussées parFlorence, les villes des États pontificaux se révoltent contre l'administration injuste de légats français.
Au milieu de ces graves troubles, Grégoire XI décide de replacer le siège pontifical à Rome car la situation en Italie menace de lui échapper[11]. En dépit des protestations deCharles V le roi de France et de la majorité des cardinaux, il quitte Avignon le et embarque àMarseille le 2 octobre pour l’Italie. Il parvient àCorneto, viaGênes, le 6 décembre. Il y reste jusqu’à ce que les arrangements nécessaires aient été pris àRome au sujet de son gouvernement et de sa future installation. Le, il quitte Corneto, débarque àOstie le jour suivant et remonte le Tibre vers le monastère San Paolo, d’où il effectue son entrée solennelle dans Rome le.
Mais son retour vers Rome ne met pas terme aux hostilités. Robert de Genève devenu cardinal est un homme d'action et se charge de mater la rébellion : le terriblemassacre de Césène révolte encore plus les Italiens contre la papauté. Les émeutes romaines quasi-continues conduisent Grégoire XI à se retirer àAnagni vers la fin du mois de mai 1377.
L’accession, au mois d'[4], au titre de pape d’Urbain VI (1378–1389), successeur à Rome deGrégoire XI (qui avait résidé un temps auPalais des Papes d'Avignon) déclenche leGrand Schisme d'Occident.Urbain VI est un pape très autoritaire. Le collège des cardinaux, dominé par une majorité française, lui reproche alors d’avoir été élu àRome sous la pression de la population en insurrection.
À Avignon, Clément VII entreprend de lutter contreUrbain VI. Ce dernier perd peu à peu ses alliés, devenant un tyran paranoïaque, allant jusqu'à faire torturer et mettre à mort les cardinaux qui l'avaient élu mais qui songeaient à le remplacer[15].
La confusion des temps profite àRaymond, vicomte de Turenne, seigneur des Baux-de-Provence, qui emploie des bandes de routiers et écume la région[16]. Le pape est contraint de lui payer une rançon pour qu'il cesse ses exactions[15].
Sceau armorié de Robert de Genève (1393) dans un acte de transaction avec Girard de Ternier (sceau en cire apposé sur un manuscrit sur parchemin,Archives départementales de la Haute-Savoie).
À la suite de la mort de son père, trois de ses frères lui succèdent à la tête ducomté de Genève.Pierre meurt en 1392 sans descendance. Robert hérite du titre comtal.
Au cours de l'automne 1390, Clément VII dut s’occuper d'unsuaire que l'on faisait passer pour celui du Christ. Une affaire qui était en train de déclencher un beau scandale enChampagne. Le frère du pape, Aymon, comte de Genève, venait récemment de convoler avec Jeanne de Vergy, la veuve deGeoffroi de Charny[18]. Les premières ostensions du suaire avaient commencé en 1357[19], et s'étaient immédiatement heurtées aux sévères remontrances de Henri de Poitiers,évêque de Troyes, qui les avait interdites[18].
Cette belle-sœur avait demandé et obtenu, en 1389, l’autorisation du pontife avignonnais d’exposer à nouveau dans la petite église en bois deLirey ce suaire. Elle en faisait faire l’ostension lors de la tenue des sixfoires de Champagne[18].
« Le seigneur Henri de Poitiers, de pieuse mémoire, alors évêque de Troyes, connaissant cela et pressé par de nombreuses personnes pieuses de prendre des mesures... après une enquête diligente et après examen, décela la fraude et comme ledit linge avait été habilement peint ; à savoir que c'était une œuvre de l'art humain et non pas miraculeusement faite et conçue[20]. »
Le pape intervint alors auprès de sa parente pour calmer la tension. Il y resta cependant à Lirey jusqu'en 1418. Le suaire arriva par héritage à Geoffroy II de Charny qui le fit transférer àSaint-Hippolyte de 1418 à 1452. Puis il le légua à sa fille Marguerite. Celle-ci en fit don en 1453 à Louis de Savoie. Conservé àChambéry, il brûla le. En 1578, la maison de Savoie le fit déposer àTurin où il prit le nom deSaint-Suaire.
↑L'historienPaul Guichonnet rappelle dans son article consacré au « Genève (de) » que la traduction decomes gebennensis est « comte de Genève ». Certains auteurs ont commis l'erreur de parfois le traduire sous la forme « comte de Genevois »[1], notamment leRégeste genevois (1866).
↑Daniel Martin (sous la dir.),L'identité de l'Auvergne : mythe ou réalité historique : essai sur une histoire de l'Auvergne des origines à nos jours, Éditions Créer,, 717 p.(ISBN978-2-909797-70-0,lire en ligne),p. 251.
↑Adolphe Vachet, Pierre Hector Coullié,Les anciens chanoines-comtes de Lyon, Lyon, impr. de E. Vitte,, 388 p.(lire en ligne),p. 287.
↑Alain Hourseau,Autour du Saint Suaire et de la collégiale de Lirey (Aube), Books on Demand France, 2012
↑Christian Regat avance la date du — Christian Regat et François Aubert,Châteaux de Haute-Savoie - Chablais, Faucigny, Genevois, Cabédita, 1994(ISBN9782882951175),p. 16.
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