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Clément Adrien Vincendon-Dumoulin

63° 29′ S, 59° 46′ O
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Pour les articles homonymes, voirVincendon etDumoulin.

Clément Adrien Vincendon-Dumoulin
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Clément Adrien Vincendon-Dumoulin, né le àChatte (Isère) et mort le àChevrières (Isère), est un ingénieurhydrographe de laMarine. Il participa entre autres voyages à l'expédition Dumont d'Urville enAntarctique, expédition durant laquelle il fera le premier calcul del'inclinaison magnétique permettant ainsi de localiser lePôle Sud magnétique d'alors () et il dressera la1re carte de laTerre Adélie (1840).

Biographie

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Jeunesse

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Originaire duDauphiné, il entre à l’École polytechnique en 1831, il en sort33e sur 113, ce qui lui permet de choisir le corps des ingénieurs hydrographes de la Marine où il est nommé le.

De 1834 à 1836, les périodes de travaux en mer alternent avec les séjours àParis ; il est à cette époque affecté au relevé régulier des côtes occidentales deFrance.

Embarquement surL'Astrolabe de Dumont d'Urville (1837-1840)

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Article détaillé :Expédition Dumont d'Urville.
Trajet de l'expédition 1837-1840

En1837, sur proposition de l'amiralFerdinand Hamelin qui le recommande àDumont d'Urville comme « un homme sage et laborieux qui nous fera du bon ouvrage », il est nommé pour embarquer commehydrographe surL'Astrolabe deDumont d'Urville qui s’apprête à repartir pour la3e fois enNouvelle-Zélande avec deux navires,L'Astrolabe etLa Zélée. C'est au cours de cette navigation de plus de 3 ans ( -) que sera découverte laTerre Adélie (Antarctique) () ; il sera d’ailleurs le premier Français à l’apercevoir, hissé dans la mâture où il n’avait pas craint de monter.

Sa principale mission est alors de dresser lescartes des côtes mal connues qui seront longées par les deux navires de l'expédition.

alternative à l'image
Vincendon-Dumoulin établissant sa station géographique à terre comme à chaque escale, calculant lalongitude et raccordant lespoints remarquables

Il s’attaquera à un problème spécifique des voyages de découverte: faire le dessin d’une côte sans qu’on y dispose de points préalablement déterminés et sans pouvoir y débarquer: lelever sous voiles des cartes, utilisation d'un « cercle de réflexion » qui remplace le compas et permet un relevé des côtes sans avoir à débarquer à terre. Il reprend et améliore le procédé mis au point parCharles-François Beautemps-Beaupré qui reconnaitra la qualité de ce travail en étant le rapporteur à l'Académie des Sciences le 2 novembre 1841 des travaux d'hydrographie de son élève et en approuvant les méthodes de levée sous voiles améliorées par Vincendon-Dumoulin.

Sa méthode de lever sous voiles est très clairement exposée dans le tome 1 du volume consacré à l’hydrographie dans la publication du voyage, et sera concrétisée par une cartographie aussi abondante que précise ; les constructions graphiques qu’elle propose n’ont pas été remplacées par d’autres plus ingénieuses mais la nécessité de dessiner ainsi une côte rapidement à partir de la mer ne se rencontre plus.

Dumont d'Urville lui témoignera toute sa satisfaction en nommant cinq rochers aux abords de la Terre Adélie les « îles Dumoulin » (latitude : -63.4833 ; longitude : -59.7667) rochers parmi lesquels figure leRocher du Débarquement, rocher sur lequel les hommes mirent pied à terre pour prendre possession au nom de la France de la Terre Adélie.Un autre site un peu plus au large de la terre Adélie fut lui aussi nommé parDumont d'Urville « Rochers Dumoulin (en) (63° 29′ S, 59° 46′ O) »

Tout comme il avait été recommandé en1837 comme « un homme sage et laborieux qui nous fera du bon ouvrage », par l'amiralFerdinand Hamelin» àDumont d'Urville, ce dernier n'hésitera pas à écrire dans le tome1er deL'Histoire du Voyage, concernant la nomination de son hydrographe« le hasard me servit au delà de toutes mes espérances ».

Son professionnalisme sera également reconnu parJules Verne qui fera dire au personnage duCapitaine Nemo dans le chapitre XX du romanVingt mille lieues sous les mers :« les excellentes cartes dudétroit de Torrès levées et dressées par l’ingénieur hydrographe Vincendon-Dumoulin... ».

Rédaction duVoyage au Pôle Sud et dans l’Océanie (1841-1847)

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Au retour de l’expédition en France le, il entreprend de réviser et de compléter les cartes dressées au cours de l’expédition. Ce travail formera un ensemble de 57 cartes, achevé en 1847, auquel il faut ajouter les dix cartes publiées dans le recueil d’illustration qui porte le titre d’Atlas pittoresque. Parallèlement, il travaille avec Dumont d’Urville et son état-major à la publication duVoyage au Pôle Sud et dans l’Océanie, tâche répartie suivant les spécialités : il s’occupe des volumes traitant de laphysique et de l’hydrographie.Charles-François Beautemps-Beaupré fut le rapporteur des travaux d'hydrographie au cours de la séance du à l'Académie des Sciences . Il fit l'éloge des cartes dressées par son ancien élève et approuva les méthodes de levé sous voiles qu'il a perfectionnées.

Les trois premiers volumes de l’histoire du voyage, rédigés par Dumont d’Urville, viennent d'être publiés, ainsi que le premier volume d’hydrographie par Vincendon-Dumoulin, quand survient ledécès accidentel de Dumont d’Urville en 1842.

Adrien Vincendon-Dumoulin sera désigné pour conduire le deuil et pour prononcer un éloge funèbre au nom de tous ses compagnons deL’Astrolabe et de laZélée. Il a aussi la lourde charge de poursuivre à la place du disparu la rédaction et la publication deVoyage au Pôle Sud et dans l’Océanie pour les volumes restants concernant l'Histoire du voyage. Le capitaine de vaisseauCharles Hector Jacquinot qui fut commandant de laZélée revendique l'honneur dela direction supérieure de l'ouvrage mais la cheville ouvrière sera Vincendon-Dumoulin auquel on adjoint bientôtCésar Desgraz, le secrétaire deL’Astrolabe. La contribution de ce dernier est précieuse pour déchiffrer les manuscrits laissés par Dumont d'Urville: Illisibles de nos jours, ils devaient déjà poser quelques problèmes à l'époque. La rédaction des volumes duVoyage au Pôle Sud et dans l’Océanie est terminée ainsi que le deuxième volume d'Hydrographie dont la sortie sera retardée jusqu’en 1851. La gravure des cartes de l'atlas est achevée.

Autres campagnes hydrographiques (1848-1855)

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De nouveau disponible, Vincendon-Dumoulin est désigné pour une courte mission auxPays-Bas par décision du. Les hydrographes hollandais ont accumulé beaucoup de travaux originaux relatifs à laGuyane, aux cartes duJutland et de lamer du Nord susceptibles de compléter les cartes françaises d'hydrographie. Ils possèdent aussi des travaux relatifs au grand archipel d'Asie (actuelle Indonésie) demeurés inédits dans le souci de détourner les marines étrangères desIndes néerlandaises. Le directeur du dépôt deLa Haye, M. de Tindal, offre la possibilité de profiter de cette documentation. Vincendon-Dumoulin examine, sélectionne, fait entreprendre des copies sur place des documents manuscrits et achète les cartes imprimées. Il est très probable aussi qu'il fit profiter les Hollandais de sa connaissance de ces régions, à titre de réciprocité.

À son retour en France, dans les premiers jours de mars1848, il trouve de profonds changements. LaDeuxième République vient d’être proclamée et son père est mort le. À partir de ce moment, les liens déjà étroits qu'il avait avec sa famille vont encore se resserrer et surtout il va s'installer dans une résidence dont il venait d’hériter enDauphiné, près du village deChevrières.En 1849 et en 1851, il passe à Chevrières des congés de trois mois qu'il a obtenus pour traiter des affaires familiales. À cette époque, le directeur du Dépôt accordait avec assez de libéralité des congés de cette sorte aux ingénieurs dont le zèle n'était pas à démontrer pourvu que cela ne retardât pas les travaux dont ils étaient chargés. Vincendon-Dumoulin, ingénieur de2e classe depuis le, était de ceux-là. On peut être certain d'ailleurs qu'il poursuivait ses travaux dans sa retraite dauphinoise. Il venait d'entreprendre en effet la publication d'un ouvrage dont le titre à lui seul donne une idée de l'ambition du projet :Portulan général contenant les plans des ports et mouillages du Globe. Il avait pour but selon son auteur « de reproduire, sous un format uniforme, les nombreux documents imprimés ou manuscrits que l'Hydrographie possède actuellement sur les ports. Réunir les plans de tous les mouillages connus du globe dans un même corps d'ouvrage d'un prix relativement peu élevé occupant peu de place facile à transporter sur le pont du bâtiment sous les yeux du capitaine au moment de l'atterrissage y joindre les instructions nautiques... »

Deux volumes consacrés à l'Atlantique parurent en 1852 et l’expérience devait s'arrêter là. L'utilité de cette documentation est reconnue de nos jours et des plans de port sont inclus dans la reliure des modernesinstructions nautiques.

En1852, une vie professionnelle très active se présente à nouveau pour Vincendon-Dumoulin pendant une période de trois ans avec des campagnes de relevé hydrographique sur les côtes Nord duMaroc (carteno 1711), la côte Sud de l'Espagne et ledétroit de Gibraltar (carteno 1809). Ce levé fut précédé par des travaux géodésiques remarquables qui permirent de relier les deux côtes dans une même triangulation, dont la base fut mesurée avec la plus grande rigueur sur une plage des environs deGibraltar. Les sondages furent complétés par des observations de courants, du régime des vents et de la météorologie. L'étude de la marée faite systématiquement sur les côtes espagnoles fut abordée de façon plus sommaire du côté marocain. Cette étude confrontée à l'observation des courants de surface permit de reconnaître que le bassin occidental de laMéditerranée se comportait comme une baie fermée. Lorsque la campagne se termina, en, on avait franchi un grand pas dans la connaissance dudétroit de Gibraltar (ces cartes resteront en service jusqu'en 1986).

Depuis son voyage avecDumont d'Urville (1837-1840), la santé de Vincendon Dumoulin est précaire et ces dernières campagnes 1852 - 1855 l'ont encore affaibli. Pendant 2 ans, en collaboration avecPhilippe de Kerhallet, commandant de bord duPhare, il met la dernière main aux cartes et aux relevés de leurs dernières missions à Gibraltar et au Maroc. La maladie finit par le rattraper et il meurt le à l'âge de 47 ans; la légende familiale dit, en arrivant à Chevrières dans sa propriété, en posant le pied sur la terrasse de cette maison qu'il aimait tant.

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Tombe d’Adrien Vincendon-Dumoulin à Chatte (Isère).

Distinctions

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Notes et références

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  1. « Base de données Léonore », surwww.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr(consulté le)

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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