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Cimade

48° 49′ 50″ N, 2° 21′ 57″ E
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La Cimade
Service œcuménique d’entraide
L'humanité passe par l'autreVoir et modifier les données sur Wikidata
Histoire
Fondation
18 octobre 1939[1]
Cadre
Type
Forme juridique
Association déclarée
Association loi de 1901Voir et modifier les données sur Wikidata
Domaine d'activité
Action sociale sans hébergement n.c.a.Voir et modifier les données sur Wikidata
Objectif
Solidarité active avec lesmigrants, lesréfugiés et lesdemandeurs d'asile
Méthode
Avec ses partenaires, à l'international, et dans le cadre de ses actions, en France et en Europe, elle agit pour le respect des droits et de la dignité des personnes
Siège
Pays
Coordonnées
Organisation
Volontaires
2 000
Président
Henry Masson(depuis 2020)
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates
data.gouv.fr
Carte

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

LaCimade (à l'origineacronyme deComité inter-mouvements auprès des évacués)[1],[a] est uneassociation loi de 1901 de solidarité active et de soutien politique auxmigrants, auxréfugiés et aux déplacés, auxdemandeurs d'asile et auxétrangers en situation irrégulière.

Elle est fondée le peu après le début de laSeconde Guerre mondiale[1] par des mouvements de jeunessechrétiens de confessionprotestante, dont certains liés auscoutisme (Éclaireuses et éclaireurs unionistes de France). La Cimade, membre de laFédération protestante de France, est devenue une association œcuménique dont une partie des bénévoles se définissent commelaïcs.

La Cimade intervient dans les domaines suivants :

  • assistance juridique aux étrangers retenus en centre de rétention administrative, gestion d'établissements sanitaires et sociaux, formation et adaptation linguistique. Ces activités sont assurées par des financements et conventionnements publics ;
  • accueil des étrangers dans des permanences juridiques, actions de solidarité internationale, interventions en prison et en locaux de rétention, sensibilisation du grand public et des politiques aux thèmes portés par l'association. Ces activités sont principalement financées sur les fonds propres de l'association.

Selon ses statuts, la « Cimade a pour but de manifester une solidarité active avec ceux qui souffrent, qui sont opprimés et exploités et d’assurer leur défense, quelles que soient leur nationalité, leur origine, ou leur position politique ou religieuse. En particulier, elle a pour objet de veiller scrupuleusement au respect des droits et de ladignité des personnes, quelle que soit leur situation. La Cimade rassemble des personnes d’horizons nationaux, confessionnels, philosophiques et politiques divers, engagées dans ce service »[b].

Le siège de l'association est situé àParis.

Histoire

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Au début : les évacués d'Alsace-Lorraine

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En septembre 1939, à la suite de l’entrée en guerre contre l’Allemagne, leshabitants des zones frontalières d'Alsace et de Moselle sont évacués vers le Sud-Ouest de la France (Haute-Vienne,Dordogne,Landes,Lot-et-Garonne,Gers). Commencent alors cinq ans d'exil dans des conditions difficiles pour plus de deux cent mille personnes. LesAlsaciens et Mosellans, souventgermanophones, sont parfois perçus comme des étrangers et fréquemment confrontés à des réactions de rejet de la part des populations d'accueil. Alors que l'Alsace et laLorraine sont de grands berceaux du protestantisme, les départements d'accueil sont majoritairement catholiques.

Suzanne de Dietrich, protestante d'origine alsacienne, vice-présidente depuis 1929 de laFédération universelle des associations chrétiennes d'étudiants, entreprend un voyage dans ces régions du Sud-Ouest. À la suite de cette mission, fin septembre et début octobre 1939, lesmouvements de jeunesse de laFédération protestante de France se regroupent au sein d'un Comité inter-mouvements (CIM). Ils envoient des équipes dans le Sud-Ouest (Périgueux, Haute-Vienne…).Georgette Siegrist coordonne les premières actions des équipières sur le terrain et devient la première secrétaire générale[4] etJane Pannier la présidente[5]. La structure s’institutionnalise avec la création « du » Cimade en[c], sous la présidence deJane Pannier[1]. Le 15 août 1940,Madeleine Barot succède à Georgette Siegrist affaiblie, au poste de secrétaire générale de la Cimade[5].

Les camps d'internement pour étrangers

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À partir d'août 1940, la Cimade intervient dans lecamp d'internement de Gurs[6], où sont enfermés de nombreux étrangers, républicains espagnols,Tziganes, communistes,réfugiés politiques, intellectuels allemands ayant fui le nazisme, notamment[7]. La Cimade assiste également lesJuifs fuyant les persécutions, en particulier en organisant leur accueil auChambon-sur-Lignon dès 1940[8] avec l'aide des paroisses protestantes et en coordination avec le « Comité de Nîmes ». À partir de 1943 et l'occupation de la zone Sud, l'association étend son action en fabriquant defaux papiers d'identité, et en envoyant enSuisse des Juifs menacés de déportation. La Cimade a ainsi contribué à sauver des Juifs de laShoah en organisant physiquement (déplacements clandestins en bus) ou en assistant administrativement (notamment grâce à l'obtention de faux papiers) leur fuite vers la Suisse, notamment vers les communes du lacLéman et la ville deGenève. Les convoyeurs de la Cimade travaillent notamment avec la filière de Douvaine pilotée par l'abbé Rosay[9].

La Cimade est également impliquée dans le sauvetage de 108 enfants juifs ducamp de transit de Vénissieux, en août 1942, notamment en la personne deMadeleine Barot[10].

Après la Seconde Guerre mondiale

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En Allemagne, des équipes Cimade interviennent dès 1946 àMayence[d] et Berlin, notamment dans des camps de réfugiés venus d'Europe de l'Est. En 1955, deux infirmières, équipières de la Cimade, s'installent àDakar[12]. En 1951, Madeleine Barot effectue une mission dans les camps palestiniens au Liban, en Syrie et en Jordanie. À partir de 1967, la Cimade s'engage dans le soutien à ses partenaires palestiniens et israéliens dans la recherche d'une paix juste[13].

En 1956, la Cimade ouvre son premier « poste » en France, rue d'Aix à Marseille, puis dans les camps duGrand Arenas, Colgate et la Grande Bastide. En 1959, un poste est ouvert à Paris, et à Lyon en 1962[14]. Y sont proposés en particulier des cours d'alphabétisation, de français, de soutien scolaire, ou encore de couture.

Dès 1957, des membres de la Cimade interviennent dans les « centres d'assignation » où sont enfermés des Algériens. En 1958, un premier poste Cimade est installé à Alger, au clos Salembier[15].

Dans les années 1960

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Au début des années 1960, les services de l'association sont répartis entre des activités centrales et plusieurs secteurs[16]. Les services centraux comprennent la direction, les services généraux, l'éducation œcuménique et les cours interconfessionnels. Les secteurs sont :

La Cimade dispose alors d’un centre d’accueil àSucy-en-Brie depuis 1948 et de maisons de retraite pour réfugiés russes àCannes,Saint-Raphaël et auPerreux-sur-Marne. En 1970, ouvre le poste de Strasbourg.Roby Bois, secrétaire général de La Cimade de 1973 à 1984 et qui vécut en Algérie pendant laguerre d’indépendance, fut particulièrement impliqué pendant cette période.

Après la proclamation de l’indépendance de l'Algérie, certains équipiers de la Cimade continuent à travailler dans le pays, dans le cadre du « Comité chrétien de service en Algérie » créé par leConseil œcuménique des Églises. En 1966, une équipe de la Cimade s'installe dans le camp deSainte-Livrade-sur-Lot où sont installés desharkis et des rapatriés d'Indochine. La Cimade est aussi présente dans d'autres camps, comme dans celui deSaint-Maurice-l'Ardoise dans leGard.

Dans les années 1970

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Au début des années 1970, l'association est réorganisée[17], autour d'une direction composée d'un conseil, d'un comité directeur et d'un secrétaire général, de services nationaux et des équipes.

Les services nationaux se répartissent entre services techniques (émigration, immigration, régularisation, étudiants, alphabétisation, artisanat, assistance et urgences, et prisons), services administratifs (comptabilité, secrétariat, reprographie, standard et Grenelle), et des services spécialisés (Information, documentation, fichier, personnel et bénévoles, développement).

Les équipes sont réparties en secteurs : Tiers-Monde (Dakar, CCSA Algérie et Proche-Orient), réfugiés (accueil Paris et Massy), migrants (Saint-Denis, Nanterre, Sucy, Paris, Lyon, Strasbourg, Corse, Marseille Dames et Marseille Arenc) et entraide (Harkis, Sainte-Livrade et Cannes).

Dès l'arrivée des premiers réfugiés politiquesbrésiliens en 1964, la Cimade suit la situation en Amérique latine. À partir de 1973, elle s'engage dans l'accueil de réfugiés chiliens, dont certains sont accueillis au centre de Massy dirigé par André Jacques, à côté des Mozambicains, Grecs, Angolais… À partir de 1975, la Cimade est impliquée dans l'accueil des réfugiés d'Indochine. Elle s'occupe en particulier de formation linguistique, avec un financement de l'État (FAS)[18].

Dans les années 1980

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En 1984, la Cimade connaît une nouvelle réorganisation[19]. Sous l'autorité du secrétaire général se trouvent un service d'administration, un groupe « droits de l'homme » et des postes régionaux respectivement situés à Paris,Lyon,Marseille,Montpellier,Strasbourg etMontbéliard. Par ailleurs, une équipe de direction réunit, outre le SG, les responsables des départements communication, développement et étrangers (organisé en « défense des droits - accueil », « actions économiques et culturelles » et « foyer de Massy »).

Dans les années 1990

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En 1991, à côté des instances élues (assemblée, conseil et bureau) la Cimade s'organise en pôle national, équipes nationales et équipes régionales. Le pôle national comprend le secrétariat général, le service administratif et financier et la communication. L'équipe nationale gère un bureau « défense des droits des étrangers », la « défense des étrangers en rétention » (DER), l'adaptation linguistique, un « programme femmes » et le service des solidarités internationales.

Des « équipes régionales » sont implantées en Île-de-France (Paris-Batignolles, Paris-Trévise,Massy), Méditerranée (Marseille, Montpellier, Nice, Perpignan), Centre Alpes Rhône (Lyon, Clermont-Ferrand), Est (Strasbourg, Montbéliard, Besançon), Sud-Ouest (Toulouse, Bordeaux), Ouest (Nantes) et Nord (Lille).

Localement, des groupes locaux organisent les activités[20].

Dans les années 2000

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En 2006, la Cimade lance une campagne intitulée« Assez d'humiliation, les migrants sont notre monde ! » qui dénonce les injustices et les humiliations subies par les migrants autour de huit thèmes. Cette campagne aboutit en 2007 à l'élaboration de 75 propositions pour une politique d'immigration juste et réfléchie« si l'on veut éviter que l'Europe ne se transforme en une République grecque avec ses citoyens, ses esclaves et au loin ses barbares ». Laurent Giovannoni, secrétaire général, présente le projet de la Cimade auxcandidats à l'élection présidentielle comme une alternative au règlement actuel de l'immigration.

En 2011, la Cimade publie « 40 propositions » sous le titre général d’Inventer une politique d'hospitalité[21]. Elle y propose de tendre vers un droit universel à la liberté de circulation et d’installation tout en prenant en compte la nécessité de procéder par étapes.

Dans les années 2020

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Manifestation contre le racisme (« Marche des solidarités ») du 22 mars 2025 à Paris.

À partir du 13 décembre 2021, et jusqu'à fin janvier 2022, les locaux de la Cimade à Mayotte sont bloqués par un collectif xénophobe, le Collectif de défense des intérêts de Mayotte. Ce collectif, qui est à l'origine de plusieurs intimidations envers l'association depuis 2018, reçoit la visite et le soutien de Marine Le Pen au cours du blocage en décembre 2021[22],[23].

En décembre 2022, les locaux de la Cimade àBordeaux sont vandalisés par le groupe d'extrême droite Action directe identitaire par des slogans tels que« Pour une France en non-mixité ». Plusieurs autres associations (notammentSOS Racisme et l'ASTI) ont été ciblées par le même groupe durant le mois précédent, laissant penser que c'est l'engagementantiraciste de la Cimade qui est visé[24]. S'inquiétant d'une escalade des actes d'extrême droite, l'association organise alors une manifestation le 18 décembre conjointement avec laFASTI. En soutien à la Cimade, le maire de BordeauxPierre Hurmic réunit lacellule de lutte contre la radicalisation et écrit un courrier à laprocureure et à lapréfète[24].

Après l'attaque du Hamas contre Israël d'octobre 2023, la Cimade désigne « pudiquement » (Le Figaro) l'événement comme une « offensive du Hamas »,« dans un contexte d'oppression généralisée marqué notamment par seize ans de blocus de la bande de Gaza, cinquante-six ans d'occupation israélienne, un régime d'apartheid et une intensification de la colonisation », selon son communiqué[25].

En octobre 2023, plusieurs antennes de l’association sont la cible de « tags haineux », notamment « Arras complice », après l'assassinat de Dominique Bernard[26]. De son côté, la Cimade refuse tout lien entre sa mobilisation en 2014 pour s’opposer à l’expulsion de la famille du meurtrier Mohammed Mogouchkov et la mort de l’enseignant[27].

Activités

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Droits des étrangers

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Pancarte brandie dans une manifestation contre leprojet de loi immigration en 2023.

La Cimade est impliquée dans l'aide juridique en droit des étrangers et de la nationalité, en particulier en direction desétrangers en situation irrégulière (« sans-papiers »), aux côtés d'autres organismes tels que leGisti. Cette action peut comprendre la saisine des juridictions compétentes, à partir de situations particulières mais qui peuvent créer du droit[28].

Plus généralement, avec d'autres associations, elle lutte pour la défense et la reconnaissance des droits des étrangers vivant en Europe, en participant à divers réseaux comme Migreurop. Dans ce cadre, elle organise des actions de sensibilisations auprès du grand public (festival « Migrant'scène »[29]) et de plaidoyers en direction des responsables politiques (parlementaires, ministères…).

Rétention administrative

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Entre 1984 et 2009, par une convention passée avec leministère des Affaires sociales, la Cimade a été la seule association présente dans lescentres de rétention administrative duterritoire métropolitain. Créée pour un soutien matériel, la mission a rapidement évolué vers une assistance juridique aux personnes en voie dereconduite à la frontière et de témoignage sur les conditions de la rétention.

Depuis 2010, et le passage de la convention auministère de l'Intérieur, cinq associations interviennent dans les centres français en métropole et outre-mer (sauf Mayotte). Jusqu'à fin 2013, dans le cadre de ce marché public, la Cimade est présente dans 14 centres de rétention administrative, dont trois en outre-mer. Elle y assiste les personnes retenues dans la défense de leurs droits. En 2014, après un nouveau marché, la Cimade reste présente dans 11 CRA, dont ceux d'outre-mer.

La mission du service de « défense des étrangers retenus » (DER) de la Cimade, dissous en 2010 lorsque la rétention a été régionalisée, visait à rendre effectifs les droits fondamentaux garantis par l'ordonnance du 2 novembre 1945[30]. Les« équipiers » de la Cimade visitent les étrangers retenus, leur fournissent les informations juridiques et l'assistance sociale indispensables, et assurent les liens entre ces étrangers et l'extérieur du centre, particulièrement avec les familles. La Cimade rend également compte auministère des Affaires sociales de l'accomplissement de cette mission, et formule si besoin des propositions tendant à l'amélioration des conditions de rétention.

Hébergement

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La Cimade gère deux lieux d'hébergement :

L'ancrage dans le protestantisme

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À la création de l'association, la vocation religieuse joue un rôle essentiel. Le Comité inter-mouvements (CIM), ancêtre de la Cimade, rassemble lesmouvements de jeunessesprotestant français : laFédération française des associations chrétiennes d'étudiants (appelée« La Fédé »), les branches françaises de l'Union chrétienne de jeunes gens et desjeunes filles, et les scouts de laFédération des éclaireurs unionistes et de laFédération française des éclaireuses. Le but premier de l'association en 1940 est « de témoigner de l’Évangile auprès de la jeunesse française éprouvée par la guerre »[31].

La participation au protestantisme marque toujours l'association, qui se définit commeœcuménique mais se laïcise progressivement tout en restant membre de laFédération protestante de France et de laFédération de l'entraide protestante. Le pasteurMarc Boegner, président de la Cimade entre 1944 et 1955, dirige en même temps la Fédération protestante de France. Les pasteursJacques Maury etJacques Stewart ont également été présidents de la Fédération protestante de France avant de présider l'association.

Orientations politiques

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Dès l’origine, la Cimade revendique une certaine forme d'engagement politique,a contrario de la neutralité adoptée par d'autres organisations comme leComité international de la Croix-Rouge (CICR). Dans la continuité de l'Église confessante allemande qui s'oppose aux thèses nazies dès 1933, Madeleine Barot, alors secrétaire générale de la Cimade, etSuzanne de Dietrich participent à l'élaboration desthèses de Pomeyrol, réflexion théologique sur les limites de l'obéissance à l'État, les libertés individuelles et la dénonciation de la collaboration.

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui opposeMarine Le Pen etEmmanuel Macron, la Cimade appelle dans une tribune avec soixante autres associations à faire barrage à la candidate duFront national[32]. La Cimade réitère son opposition à l'extrême droite en 2024 et appelle, dans une pétition rassemblant plusieurs dizaines d'associations, les Français à ne pas voter pour le Rassemblement national auxélections européennes[33]. Ce positionnement politique, et la mobilisation de l'association en faveur des immigrés, suscitent régulièrement l'ire de l'extrême droite comme à Bordeaux en 2022 ou à la suite de l'assassinat de Dominique Bernard en 2023[24],[26],[27].

En 2022,Marine Le Pen déclare, au cours d'un entretien sur BFM-TV, que la Cimade « organise la filière d’immigration clandestine en provenance des Comores ». Le 16 décembre 2025, la Cour de Cassation confirme sa condamnation pour diffamation envers l'organisation[34].

Liens avec d'autres associations

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Au cours de son histoire, des militants de la Cimade ont été impliqués dans la création de nombreuses structures engagées dans la défense des droits de l'homme, des réfugiés ou des migrants, (comme leGisti[35],Forum Réfugiés,France terre d'asile…) qui ont ensuite connu une activité propre, et parfois concurrente[réf. nécessaire].

La Cimade est également impliquée dans de nombreux collectifs, comme RomEurope, Migreurop, ou encore Boat for People[36]. Dans le cadre du projet Loujna, elle travaille particulièrement avec des associations africaines de défense des migrants enAfrique de l'Ouest et au Maghreb[e].

Financement

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Depuis au moins 2005, le budget de la Cimade repose majoritairement sur des financements publics, mais la part des dons privés progresse. Selon l’Inspection générale des affaires sociales, l'association« est marquée par une forte dépendance à l'égard des fonds publics (60 % des ressources d’exploitation viennent du ministère chargé des affaires sociales) »[37]. Pour l'observatoire de l'action humanitaire, la proportion de financements privés serait diversifiée. En 2008 et 2009, l’augmentation de la proportion de financements privés proviendrait du produit de la vente du siège social[38].

Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, l’association adhère aucomité de la Charte qui garantit la transparence de ses comptes.

Depuis 2005, le budget de la Cimade varie entre 6,5 millions et 10 millions d’euros. L'association emploie environ une centaine de salariés et revendique deux mille adhérents.

Le budget de l'association[39]
RessourcesEmplois
Financement publicDons et legsActionsAdministrationTotal
20054 410 2541 219 8125 766 606463 2886 596 599
20063 515 7321 470 3235 984 582453 3737 095 925
20075 802 6471 302 3506 740 791815 7907 865 912
20086 325 8792 292 1897 428 6681 367 0419 527 260
20096 738 0002 640 0008 355 0001 797 00010 152 000
20104 428 7742 262 0425 776 2043 382 6999 158 903
20114 300 0002 400 0005 900 0002 200 0008 900 000
20124 400 0002 500 0006 200 0001 900 0008 500 000
20134 500 0002 340 5196 400 0002 100 0008 800 000

Responsables nationaux de la Cimade

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PrésidentsSecrétaires généraux

Notes et références

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Notes

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  1. La mention « serviceœcuménique d’entraide » a été ajoutée en sous-titre lorsque l'acronyme « Cimade » est devenu un nom propre (autrement dit qu'il n'a plus joué son rôle d'acronyme). En outre, le nom complet tel qu'il figure dans les statuts[3] (adoptés par l’assemblée générale du) comprend l'article défini initial :
    • « La Cimade », service œcuménique d’entraide.
  2. Extrait de l’article1er des statuts de la Cimade[3].
  3. Association sous le régime de la loi de 1901, déclarée auprès de lapréfecture de police de Paris le[3].
  4. La ville, sous contrôle des troupes d’occupation françaises, est détruite à 80 %. On vient d’y ouvrir une université qui n‘existait pas avant guerre. Le pasteurMax-Alain Chevallier est le responsable de cette maison[11].
  5. Alternatives espaces citoyens (AEC, Niger), l'association malienne des expulsés (AME), Association mauritanienne des droits de l'homme (AMDH), Association nigérienne de défense des droits de l'homme (ANDDH), Association des refoulés d'Afrique centrale au Mali (ARACEM), Caritas Gao (Mali), Caritas Maroc, Caritas Nouadhibou (Mauritanie),Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM, Maroc), groupe de travail migrations et développement du Congad (GTMD, Sénégal), point d'accueil des réfugiés et immigrés (PARI, Sénégal) et Rencontre et développement (Algérie). La ligue algérienne des droits de l'homme ainsi que des associations ivoiriennes sont également associées à certaines activités du projet.

Références

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  1. abc etdLa Cimade et l'accueil des réfugiés…,[lire en ligne (page consultée le 29 novembre 2018)].
  2. Jusqu'en 2019 : 64,rue Clisson, 75013Paris.
  3. ab etc« Statuts de La Cimade adoptés par l’assemblée générale du », surlacimade.org, La Cimade(consulté le).
  4. Jacques Poujol,Protestants dans la France en guerre, 1939-1945, Les Éditions de Paris,, 304 p.(ISBN 978-2846210003,lire en ligne),p. 42
  5. a etbDzovinar Kévonian,La Cimade et l’accueil des réfugiés: Identités, répertoires d’actions et politique de l’asile, 1939-1994,, Presses universitaires de Paris Nanterre,(ISBN 9782821851092,lire en ligne),p. 41-63
  6. Dreyfus-Armand 2013,p. 68-69.
  7. Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre…,p. 13-15.
  8. Les Clandestins de Dieu…,p. 112.
  9. Laurent Neury, L'espoir au bout du pont. Histoire et mémoire de la filière de Douvaine (1939-1945), Cabedita, 2019
  10. « L'histoire des enfants sauvés de Vénissieux », surlejdd.fr(consulté le).
  11. Marjolaine Chevallier, « Présence de la Cimade auprès des étudiants de Mayence » inKirchliche Zeitgeschichte 14 Jahrgang, Heft 2, 2001, KZG « Themenschwerpunkt. Kirchen und Religionen. Frankreich-Deutschland Antoanonismen und Annäherung im 19. Und 20. Jahrhundert »p. 487-512.
  12. Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre…,p. 38.
  13. Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre…,p. 42-43.
  14. Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre…,p. 22.
  15. Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre…,p. 26-27.
  16. Blanc-Chaléard 2013,p. 227.
  17. Blanc-Chaléard 2013,p. 230.
  18. Blanc-Chaléard 2013,p. 233.
  19. Blanc-Chaléard 2013,p. 238.
  20. Blanc-Chaléard 2013,p. 241.
  21. « La Cimade défend son programme sur l’immigration en vue de la présidentielle »,La Croix,‎(ISSN 0242-6056,lire en ligne, consulté le)
  22. « À Mayotte, la Cimade aux prises avec l’extrême droite », surPOLITIS,(consulté le)
  23. « La Cimade dénonce les agissements du Codim lors de la manifestation de vendredi », surMayotte la 1ère,(consulté le)
  24. ab etcVictoriaBerthet, « De nouveaux tags racistes à Bordeaux, "des faits récurrents" et "une escalade inquiétante" », surRue89Bordeaux,(consulté le)
  25. Paul Sugy, « La Cimade, "partenaire" de l'État au militantisme assumé »,Le Figaro,‎,p. 6-7(lire en ligne).
  26. a etbAttentat d’Arras. Le local de la Cimade à Nantes ciblé par des tags haineux, ouest-france.fr, 31 octobre 2023
  27. a etbAttentat à Arras : La Cimade refuse tout lien entre sa mobilisation et la mort de l’enseignant, 20minutes.fr, 17 octobre 2023
  28. Voir par exemple ladécision du Conseil d'État du 13 novembre 2013 qui modifie le traitement de certaines demandes d'asile par la Cour nationale du droit d'asile, commentée surun blog duMonde.
  29. festivalmigrantscene.org.
  30. République française,« Ordonnanceno 45-2658 du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), surlegifrance.gouv.fr,JORF,(consulté le).
  31. Statuts publiés auJournal officiel du 3 avril 1940.
  32. « "Le pire est malheureusement possible!" : l’appel de 61 associations et ONG avant le second tour », lejdd.fr, 29 avril 2017.
  33. un collectif de 70organisations, « Ne choisissez pas l’extrême droite pour exprimer votre colère : l’appel de 70 organisations de la société civile pour les européennes », surLibération(consulté le)
  34. « Marine Le Pen définitivement condamnée pour diffamation envers la Cimade », Le Monde, 16 décembre 2025,voir en ligne.
  35. Anna Marek,«Le droit au service des luttes»,Plein Droit,no 53-54, mars 2002.
  36. Site de la campagne « Boats 4 People », la plateforme des ONG pour la Palestine.
  37. Rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, 2007.
  38. [1] Observatoire de l'action humanitaire, 21 janvier 2011.
  39. Selon les comptes publiés depuis 2005,sur le site de l'association.
  40. « Christophe Deltombe : un nouveau président pour La Cimade », surlacimade.org, La Cimade,(consulté le).
  41. Émilien Urbach,« Christophe Deltombe « La crise migratoire n’existe pas, c’est une crise de la solidarité »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), surhumanite.fr,(consulté le).
  42. « Marc Brunschweiler et la Cimade Fraternité sans frontière »,Le Monde,‎(lire en ligne, consulté le).

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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