Pour les articles ayant des titres homophones, voirCollomb etColon.
Christophe Colomb
Portrait présumé de Christophe Colomb, attribué àRidolfo del Ghirlandaio : yeux bleus, visage allongé au front haut, nez aquilin, menton orné d'une fossette, cheveux devenus blancs dès l'âge de30 ans[1].
D'abord navigateur et commerçant enMéditerranée au service de négociants génois, Christophe Colomb poursuit cette carrière au Portugal à partir de 1476. Tandis que les navigateurs portugais progressent depuis lesannées 1420 le long des côtes d'Afrique et envisagent à cette époque d'atteindre lesIndes (l'Asie du Sud) par l'océan Indien, il élabore le projet alternatif d'atteindre les Indes en naviguant vers l'ouest à travers l'océan Atlantique (la « mer Océane »). Comme son projet est rejeté en 1484 par le roi du PortugalJeanII, Colomb émigre en 1485 enCastille où il tente de convaincre les Rois catholiques, qu'il rencontre dès. Il lui faut encore attendre six ans pour obtenir une réponse favorable, peu après laprise de Grenade et l’achèvement de laReconquista en.
Mandaté en par lescapitulations de Santa Fe, il part en août suivant dePalos de la Frontera avec troiscaravelles et atteint deux mois plus tard des îles dont il croit qu'elles sont proches de son but, donnant ainsi à leurs habitants le nom d'« Indiens » (Indios) qui leur est resté, alors qu'il s'agit de l'archipel américain desCaraïbes, notammentHispaniola (grande île aussi connue sous le nom de Saint-Domingue, où se trouvent auXXIe siècle les États d’Haïti et de laRépublique dominicaine). À son retour en, il connaît la gloire et est officiellement nommé « amiral de la mer Océane, gouverneur et vice-roi des Indes », devenant l'égal desgrands d'Espagne.
Dès son deuxième voyage qui débute en, il s'engage dans la colonisation d'Hispaniola, dont il est nommé gouverneur. Mais cette colonisation ne se passe pas bien : les compétences de Colomb comme administrateur colonial n’égalent pas celles qui sont les siennes de navigateur et explorateur. Critiqué de toutes parts, il rentre en Espagne en 1496, parvient à se justifier, repart à Hispaniola en 1498, mais la situation dans l'île ne s'arrange pas. En 1500, un émissaire des Rois catholiques, envoyé en inspection, le met aux arrêts et le renvoie en Espagne. Il est rapidement libéré par les souverains, mais perd ses titres de gouverneur et de vice-roi ; lorsqu'il est autorisé à repartir pour un nouveau voyage en 1502, il lui est même interdit de faire escale à Hispaniola. Ce quatrième voyage d'exploration est très difficile ; rentré en 1504 en Espagne, Colomb est affaibli par les épreuves et meurt deux ans après.
Au moment de mourir, Colomb est resté persuadé qu'il avait atteint les Indes : il a ainsi laissé à un autre navigateur,Amerigo Vespucci, le soin de populariser le concept de « Nouveau Monde » (1503), monde que des cartographesvosgiens ont baptisé « Amérique » (America) en 1507, en hommage à Vespucci. Le bilan d'explorateur de Colomb est cependant notable : il a découvert un grand nombre d’îles des Caraïbes et en a nommé plusieurs d'entre elles, dont laGuadeloupe,Marie-Galante,la Désirade, laTrinité, laDominique. Le nom de Colomb a par la suite été attribué à plusieurs territoires du Nouveau Continent : laColombie, laGrande Colombie, laColombie-Britannique.
Christophe Colomb n'est pas le premier navigateur européen à avoir traversé l'océan Atlantique : desVikings venus d'Islande se sont établis pendant plusieurs décennies auGroenland avant d'atteindre vers l'an 1000 des régions de l'est de l'actuelCanada où ils ont créé des établissements permanents, mais ces expéditions n'ont pas produit de documentation connue dans les pays d'Europe de l'Ouest et surtout n'ont pas eu pour conséquence l'échange humain et biologique unique dans l'histoire qu'on appelle l'« échange colombien ».
Il est l'aîné des cinq enfants[13] deDomenico Colombo et deSusanna Fontanarossa. Son père est untisserand originaire deLombardie, d'abord installé à Gênes, puis, à la suite de troubles politiques dans la cité, parti en 1470 àSavone en Italie pour ouvrir un établissement textile et une taverne.
Formation
Les historiens peinent à retracer la formation et l'adolescence de Christophe Colomb entre 1455 et 1470 étant donné la pauvreté des sources fiables disponibles. Contrairement à ce qu'écrit son fils biographeFernand Colomb, il n'a pu fréquenter l'université de Pavie pour étudier lacosmographie, l'astrologie et lagéométrie,Domenico Colombo n'ayant pas les moyens suffisants pour l'y envoyer. Autodidacte acharné, il passe probablement cette période entre l'atelier de tissage paternel, les sorties en mer, et la vente des tissus àSavone[14].
En tant qu'aîné, Christophe devient probablement apprenti tisserand[15].
Ce sont surtout les trois premiers ouvrages qui ont nourri ses réflexions. Il a rédigé 2 565 notes en marge de ces livres, 877 dans les traités de Pierre d'Ailly dont 475 pour l'Imago Mundi[Note 3].
Il a noté en marge de l'Imago Mundi qu'il a navigué jusqu'aufort portugais de la Mine vers 1482. En marge du livre écrit par le papePie II, il a noté qu'il a fait un voyage vers l'Islande en 1477 et qu'il a vu« à Galway, en Hibernie (Irlande), dans deux barques à la dérive, un homme et une femme d'allure magnifique ».
Débuts professionnels et mariage (1472-1484)
Carte dite des frères Colomb, vers 1490.Illustration représentant Christophe Colomb lors de ses années d'étudiant, un compas à la main, à l'université de Pavie (Italie).
Période génoise (1472-1476)
Christophe Colomb affirme dans une de ses lettres avoir étématelot (mousse) dès l'âge de dix ans[17].
Christophe Colomb fait l'année suivante ses débuts en tant que marchand, au service des familles génoises Centurion, Di Negro etSpinola[18].
En 1474, il participe à un voyage commercial sur l’île deChios, qui lui aurait permis de devenir financièrement indépendant de sa famille[19] (il évoque ce séjour en écrivant plus tard, à propos de certains végétaux desCaraïbes : « Ces plantes ressemblent aux lentisques que j'ai vues sur l'île de Xios. »)
Période portugaise (1476-1485)
En1476, il embarque sur un convoi génois à destination deLisbonne et de l'Angleterre, qui est attaqué par despirates français ; Colomb se réfugie dans le port deLagos, au sud du Portugal, puis part chez son frèreBartolomeo, qui estcartographe àLisbonne. Il reste ensuite au Portugal, où il trouve du travail grâce à la communauté génoise de Lisbonne. Il navigue notamment vers lesîles Britanniques, peut-être jusqu'en Islande.
En1479, il épouse, bien que roturier,Filipa Moniz, issue d'une famille depetite noblesse portugaise, fille deBartolomeu Perestrelo (1395-1457), un des découvreurs deMadère, et capitaine-gouverneur dePorto Santo, avec qui a commencé lacolonisation de cette île en 1425. Filipa meurt peu de temps après la naissance d'un fils,Diego, né vers 1480 peut-être sur l'île dePorto Santo[20]. Ce lien matrimonial le met en relation avec le milieu desmarins portugais qui naviguent le long des côtes d'Afrique, à la recherche du passage vers l'océan Indien (il s'agit d'un secteur où seuls les Portugais ont le droit de naviguer, ou des étrangers expressément autorisés par le roi).
Christophe Colomb se perfectionne alors dans les sciences relatives à lanavigation, auprès de son frère, mais aussi grâce aux cartes que la famille Perestrelo a conservées après la mort de Bartolomeu : les cartes des vents et des courants des possessions portugaises de l'Atlantique[21].
Le point de vue de Colomb sur la circonférence de la Terre
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Représentation de l'océan Atlantique du globe de Martin Behaim (Die Gartenlaube, 1892).Reconstitution de la carte de Toscanelli.
Le 23 juin 1474, le cosmographePaolo Toscanelli écrit une lettre au marin portugais Fernam Martins dans laquelle il expose son idée d'une route occidentale vers l'Asie. Il joint dans sa correspondance une carte montrant que la distance entre l'Europe et l'Asie par l'ouest est beaucoup plus courte que ce que l'on pensait. Martins transmet cette correspondance au roi du PortugalAlphonse V ; carte que Colomb a probablement copié lors de son séjour au Portugal, et il raccourcit cette distance à 2400milles marins (soit environ 4 444 km, contre environ 13 000 dans les faits)[27].
Ce nombre paraissant exagérément élevé à Christophe Colomb[réf. nécessaire], il le divise par deux en adoptant pour la lieue marine la valeur de quatre milles :« Un degré correspond à 56 milles 2/3 et le circuit de la terre est de 5100 lieues. Voilà la vérité », peut-on lire en note marginale de Colomb dans l’ouvrage de Pierre d’Ailly[29]. De plus, les Arabes utilisaient unmille de 1 973 mètres, et non lemille romain de 1 479 mètres, ce qui renforce la sous-estimation de Colomb : il en déduit unéquateur d'environ 30 170 kilomètres au lieu de 40 250 kilomètres. Selon les mots du médiévisteMichel Balard :« Lumineuse erreur qui permet au navigateur de réduire les distances entre les îles Canaries et l'extrémité orientale du continent asiatique ! »[30].
Pierre d'Ailly citait aussi les évaluations de l’astronome et géographe phénicienMarin de Tyr (Ier siècle), qui estimait que, de l'Espagne à laChine, les terres habitées devaient couvrir 225° au lieu des 130° réels, d'où une autre sous-estimation des mers les séparant[31]. Toutefois, une grande partie de la communauté scientifique de l'époque estime réalisable un tel voyage. Le médiévisteJacques Heers précise que « […] les idées de Colomb ne s'inscrivent pas à contre-courant. Tout au contraire, elles nous paraissent exactement l'expression normale de la pensée géographique de son époque »[32].
Ce qui distingue le projet du navigateur des hypothèses des érudits du temps — géographes et humanistes —qui estiment tous très probable l'existence d'îles nombreuses, voire de terres plus vastes plus loin à l'ouest dans l'Océan[pas clair], c'est son but : atteindre les rivages de laChine, et avant cela duJapon, soit le royaume duCathay etCipango tels que décrits parMarco Polo[33].
Le rejet du projet de Colomb par le roi du Portugal (1484)
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Un groupe de trois experts est réuni par le roi dePortugalJean II pour examiner le projet de Colomb :Diogo Ortiz de Vilhegas, d'origine castillane, venu au Portugal comme confesseur de la veuve d'Alphonse V (Jeanne de Castille)[34], mais aussi versé en cosmographie et géographie ; José Vizinho, astronome ; maître Rodrigo, médecin. Le projet est rejeté[35].
Il confie alors Diego à des parents qui vivent dans la région, qui s'occuperont de lui jusqu'en 1492.
La première entrevue (janvier 1486) et ses suites
LesRois catholiques se trouvent alors àCordoue, dans le cadre de laguerre en cours (1482-1492) contre leroyaume de Grenade, guerre dont l'objectif est d'achever laReconquista. À la cour, Colomb rencontre plusieurs personnalités, notamment des membres du Conseil, qui se montrent défavorables à son projet. À la fin de la campagne de 1485, favorable aux Castillans, la cour part pourAlcalá de Henares, où la reine va mettre au monde sa filleCatherine (16 décembre). Colomb suit la cour et est finalement reçu par Isabelle et Ferdinand le 20 janvier 1486. Compte tenu de la priorité du moment (la guerre contre les musulmans), les souverains ne donnent pas de réponse favorable, mais sont tout de même impressionnés par la personnalité et la conviction du navigateur[38].
À la fin de 1486, une commission scientifique est réunie à l'université de Salamanque. Au début de 1487, elle rend un avis défavorable. Il est probable que Colomb se soit trouvé à Salamanque à l'époque des délibérations, car la cour s'y trouvait aussi (après un séjour à Saint-Jacques de Compostelle).
Après la fin de la campagne de 1487, marquée par la prise du port deMalaga, lesRois catholiques font venir Colomb dans cette ville pour l'informer directement du résultat. Malgré cela, durant cette période, le navigateur reçoit quelques subsides du trésor royal (14 000 maravédis au total en 1487, soit environ une année de vie modeste).
Les années d'attente (1487-1491)
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Après l'entrevue deMalaga, Colomb vit en général à Cordoue, tirant aussi des revenus de la vente de livres et de cartes, qu'il trouve àSéville, principal centre d'imprimerie en Espagne (c'est cette profession que le chroniqueur royal lui attribue).
C'est vers cette époque (fin 1487) qu'il fait la connaissance deBeatriz Enríquez de Arana (1467-1521), une orpheline d'une vingtaine d'années élevée par un oncle. Elle lui donne un second fils,Fernand, né le 15 août 1488. Il semble qu'il n'ait jamais été question de mariage entre eux. Mais, afin de réunir ses deux fils, au moment de son départ en 1492, il la chargera de la garde de Diego et, dans son testament, demandera à celui-ci de la considérer comme une mère.
En 1486,Jean II a lancé une expédition à l'ouest desAçores, sous la direction de Fernao d'Ulmo, d'originenéerlandaise (Ferdinand van Olmen), avec le titre de gouverneur des îles qu'il pourrait découvrir. En janvier 1488, le projet deHenri le Navigateur se concrétise :Bartolomeu Dias dépasse lecap de Bonne-Espérance. Christophe Colomb reprend alors contact avec la cour deLisbonne ; Jean II lui répond de façon positive, en lui donnant un sauf-conduit pour venir jusqu'à lui. Colomb utilise ce courrier qu'il fait transmettre à la reine de Castille, mais en vain (elle lui fait cependant verser 3 000 maravédis).
Il s'adresse ensuite à de grands seigneurs castillans d'Andalousie, d'abord leduc de Medina Sidonia, dont la richesse est immense. Le duc refuse, en se fondant sur les résultats de la commission de Salamanque. Colomb se tourne alors vers leduc de Medinaceli, qui est très intéressé. Il héberge Colomb pendant quelques mois dans son château du port deEl Puerto de Santa María. Il demande cependant l'autorisation de la reine pour une expédition : elle lui répond clairement en indiquant qu'il s'agit d'affaires royales. Elle convoque alors Colomb à la cour. Le 12 mai 1489, un mandement du roi et de la reine est adressé à toutes les autorités du royaume (villes, juridictions, seigneuries) d'assister Christophe Colomb durant son voyage, de l'héberger gratuitement et le nourrir « aux tarifs en usage »[39]. À ce moment, les Rois catholiques préparent une offensive contre l'oncle du roiBoabdil[40],Mohammed as-Zaghall, qui tient l'est du royaume de Grenade.
Une entrevue entre Colomb et Isabelle a lieu àJaen et le navigateur est pris en charge par Alonso de Quintanilla (1420-1500), un homme important de la cour de Castille. La campagne 1489 aboutit à la défaite d'El Zagal et à la prise d'Almeria, autre port important. Mais un contretemps politique survient : le retournement de Boabdil qui, à l'encontre des accords signés lors de sa libération, refuse d'abandonner Grenade. L'année 1490 est une année d'inaction sur tous les plans.
Colomb, déçu, quitte la cour et envisage peut-être de partir chercher un autre protecteur, en France ou en Angleterre. Mais il se rend d'abord au monastère de la Rabida, à Palos, où il retrouve son ami de 1485, Antonio de la Marchena, ainsi qu'un autre franciscain, Juan Perez[41], qui a été confesseur de la reine. Convaincu à son tour par Colomb, il écrit une lettre à Isabelle et est convoqué à la cour, alors àSanta Fe, près de Grenade. C'est ensuite le navigateur qui est appelé à Santa Fe, avec une dotation considérable de 20 000 maravédis. Une nouvelle entrevue a lieu en décembre 1491 et la reine en sort convaincue.
Le 2 janvier 1492, Christophe Colomb est présent lorsque la ville de Grenade tombe aux mains des chrétiens, ce qui marque la fin de lareconquête de lapéninsule Ibérique sur les musulmans.
Vers l'accord final (janvier-avril 1492)
Une nouvelle commission est formée. Cette fois, elle comprend des gens qui approuvent le projet de Colomb. Mais va se poser la question des exigences personnelles du navigateur, en cas de réussite : en l'occurrence, il veut une part des richesses ; le gouvernorat des terres atteintes ; le titre et la dignité d'Amiral. Sur ce dernier point, il y a d'abord un refus catégorique de Ferdinand d'Aragon. La fonction existante d'Amiral de Castille revient en effet à des nobles de très haut rang, les Enriquez, qui ont des liens familiaux avec la dynastie d'Aragon. Il n'est pas possible qu'un aventurier soit promu à un tel rang.
Les partisans de Colomb vont réussir à surmonter cet obstacle : l'AragonaisLouis de Santangel, trésorier de la maison du roi (1435-1498), Diego de Deza, prieur du monastère dominicain de San Esteban de Salamanque, Hernando de Talavera et de Juan Cabrero[42]. S'étant assurés de l'accord d'Isabelle, en mettant en balance les retombées économiques potentielles — la découverte d'une nouvelle route vers les Indes permettrait de s'affranchir des intermédiaires orientaux — comparées à la modeste mise de fonds initiale requise[43], ainsi que les possibilités d'évangélisation et même la gloire de la reine, ils obtiennent celui de Ferdinand par défaut : il est probable que le projet de Colomb va échouer, donc les promesses qui lui sont faites seront nulles et non avenues.
L'accord final : les capitulations de Santa Fe (avril 1492)
Le, il signe près deGrenade, avec lesRois catholiques, lescapitulations de Santa Fe, qui lui octroient notamment le titre de noblesse héréditaire d'« amiral de la mer Océane »[44], les titres device-roi et de gouverneur général des territoires qu'il pourrait découvrir (la couronne d'Espagne lui accordant à cet effet desarmoiries)[45], un dixième des richesses qu'il en retirerait[46] et un huitième du profit de son expédition[47].
Le premier voyage (1492-1493)
Premier voyage : 3 août 1492 - 15 mars 1493.Répliques des trois navires de Colomb (1893).
Le voyage inaugural de Colomb est le mieux connu des historiens. Comme l'écritJacques Heers :« Pour nous en tenir au temps de Colomb, de tous les voyages maritimes du temps (…) aucun ne peut être connu (…) avec tant de minutie et de sérieux »[48]. Deux documents permettent de suivre le trajet de la flotte de l'explorateur : leJournal, dans la version donnée parBartolomé de Las Casas, et lalettre à Santangel, écrite le 14 février 1493 sur la route du retour, sorte de bilan de son expédition.
Par ailleurs, à compter de 1938, l'amiral américainSamuel Eliot Morison (1887-1976) a entrepris de refaire le périple du Génois et a pu, en ce qui concerne le premier voyage,« pointer sur la carte la position des navires chaque soir »[49],[50].
Préparatifs
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Les capitulations de Santa Fe sont accompagnées d'une injonction aux autorités de cette ville de fournir à Christophe Colomb les navires et les équipages pour son expédition. Le choix de Palos est sans doute dû aux liens de Colomb avec lemonastère de La Rábida, où se trouveAntonio de Marchena, son premier soutien en Castille.
Le recrutement des équipages pose néanmoins quelques problèmes : peu de gens sont volontaires pour ce voyage. Le frère franciscain Antonio de Marchena joue de nouveau un rôle notable, notamment en permettant à Colomb de rencontrer et de convaincre les frères Pinzon, dont l'influence locale est grande. Néanmoins, quatre prisonniers dont un condamné à mort pour meurtre sont graciés et sortis de prison pour compléter l'équipage[51].
Parmi ces 90 personnes, on trouve non seulement des matelots et des mousses, mais aussi trois alguazils (un par navire), un interprète d'arabe et d'hébreu, et quelques autres spécialistes.
Les préparatifs sont achevés fin juillet. La date de départ choisie est le 3 août, car le 2 est le jour de la fête deNotre-Dame.
La traversée de Palos à San Salvador, via Las Palmas (3 août-11 octobre 1492)
Le départ a lieu le.
Colomb a choisi une route vers le sud, afin d'éviter les escadres portugaises au large desAçores et de passer par lesîles Canaries, où une longue escale a lieu àLas Palmas de Gran Canaria, du 9 août au 6 septembre. Là, Colomb et ses hommes font provision de bois, d'eau et de vivres et les marins effectuent les réparations nécessaires. Puis ils reprennent la mer en descendant vers legolfe de Guinée puis en partant vers l'ouest en suivant les alizés : Colomb est ainsi le premier navigateur à utiliser ces vents réguliers qui traversent l'océan d'est en ouest. Les marins s'inquiètent d'ailleurs de leur force et de leur régularité, craignant de ne pas pouvoir les remonter au retour.
Dix jours plus tard, le 16 septembre, apercevant des masses d'herbes dans l'eau, les navigateurs croient être près de la terre ferme, alors qu'ils entrent dans lamer des Sargasses, située à environ 1 600 kilomètres des côtes américaines. L'océan Atlantique, recouvert de ces grandes algues, y est calme et les vents presque nuls. Les bateaux se trouvent immobilisés à partir du 19 septembre. Une grande inquiétude finit par s'installer au sein des équipages.
Le 25 septembre,Pinzón croit voir une terre, mais ce n'est en fait qu'une illusion d'optique. Le vent finit par se lever, mais les jours passent sans qu'aucune terre n'apparaisse. Colomb pense avoir dépassé lesIndes orientales.
Le 7 octobre,Vicente Pinzon, est lui aussi victime d'une illusion d'optique. Colomb a une idée : observant le vol des oiseaux, il décide de changer de cap vers l'ouest-sud-ouest (il est aussi possible que ce changement ait été imposé à Colomb par Martín Pinzón[53]).
Les 9 et 10 octobre, les marins sont à la limite de la mutinerie car ils craignent que les navires ne soient perdus, alors que les vivres et l'eau douce commencent à faire défaut.
La découverte d'une île (octobre 1492)
L'arrivée de Christophe Colomb en Amérique avec deuxbannières blanches blasonnées d'une croix verte et une bannière jaune frappée des initiales F et Y des souverainsFerdinand II d'Aragon etYsabel de Castille (gravure de 1883).
Le à deux heures du matin, au terme d'une traversée finalement presque parfaite[54], un marin de laPinta,Rodrigo de Triana, annonce que la terre est en vue ; attendant le lever du jour pour pouvoir accoster, les vaisseaux restent prudemment à deux heures des côtes. Alors qu'une récompense de quelques milliers demaravédis a été promise à celui qui verrait le premier la terre,Rodrigo Triana ne recevra rien, Colomb prétendant avoir vu la côte avant lui[réf. nécessaire].
Colomb pense alors avoir atteint l'archipel du Japon, donc la partie la plus au nord des « Indes ».
Dans la matinée, Colomb et les frères Pinzón prennent place dans une barque. Ils débarquent dans une petite île,Guanahani pour les habitantsTaïnos du lieu. Le navigateur fait enregistrer sa prise de possession au nom de la reine de Castille par le notaire qui les accompagne. Il nomme l'île en hommage auChrist :San Salvador, leSaint-Sauveur, et s'en fait proclamervice-roi etgouverneur général.
La découverte des « Indiens »
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Espagnols face à desSauvages « nus » et « innocents » prêts à partager leurs richesses et à devenir chrétiens. Gravure duXVIe siècle.
La rencontre avec des indigènes, qu'il nomme « Indiens », a lieu le jour même durant la cérémonie[55]. Christophe Colomb décrit une première rencontre pacifique.
Colomb décrit les habitants de cette île comme ne connaissant ni l’État ni lapropriété privée. Ils se montrent remarquablement amicaux et ne connaissent pas lesarmes :« C'était un peuple doux, pacifique et très simple ».« Puis, quand les chaloupes se rendirent à terre pour y renouveler les provisions d'eau, ces Indiens non seulement s’empressèrent d'indiquer les meilleures sources, mais encore se mirent à la disposition des matelots pour emplir les tonneaux et les rapporter aux bateaux »[56]. Ceux-ci lui apportent ducoton, desperroquets et d'autres objets.
Les interprètes que le navigateur avait embarqués à son bord ne peuvent rien traduire. Colomb rapporte que, lors de ce premier contact, communiquant par gestes, à force de répétitions et malgré quelquesquiproquos, les Taïnos leur ont indiqué que de l'or se trouve en quantité importante sur une grande île située au sud-est, habitée par des populations d'anthropophages qui leur sont hostiles.
Ces rapports sont à l'origine du mythe duBon sauvage, popularisé notamment parMontaigne : la présentation par les navigateurs européens d'autochtones nus, innocents, prêts à partager leurs richesses et àdevenir chrétiens devient classique auXVIe siècle.
L'ensemble des descriptions sont des écrits de la main de Colomb à destination de la reineIsabelle la Catholique. Ils ne peuvent être détachés du projet de conquête et d'exploitation des terres découvertes. En outre, le projet de Colomb est d'y faire desesclaves contrairement à la reine qui s'y oppose dès son second voyage (cfinfra).
La description des habitants par Colomb donne l'idée d'un peuple docile, facile à soumettre, mais aussi d'autrestribus guerrières occupant des terres riches enor, probablement afin de motiver la souveraine à investir dans d'autres explorations et pour justifier de futurs combats.
Vicissitudes de l'expédition à Cuba et Saint-Domingue (28 octobre 1492-3 janvier 1493)
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Le 28 octobre, Colomb accoste sur la grande île indiquée par les Taïnos, dans une baie aujourd'hui appelée « baie deBariay ». Il donne à l'île, aujourd'huiCuba, le nom deJuana, en l'honneur de l'infant don Juan, le fils des Rois catholiques.
Il pense connaître parfaitement sa position sur lecontinent asiatique. Se croyant àCipango, Christophe Colomb envoie Luis de la Torre et Rodrigo de Jerez à la recherche duGrand Khan à l'intérieur des terres.
Ses hommes et lui-même apprennent à fumer de grandes feuilles séchées : letabac.
Le 12 novembre, les vaisseaux reprennent la mer. Le 23 novembre, Colomb perd de vue laPinta et accuseMartín Alonso Pinzón d'avoir déserté. En réalité, celui-ci est parti seul à la découverte de ce prétendu Japon tant convoité. Colomb revient à Cuba. On évoque alors devant lui une île située à l'est de Cuba, que les indigènes appellentBohio. Il appareille le 4 décembre.
Le 6 décembre, laNiña et laSanta María mouillent dans une baie de l'île de Bohio (actuellement le « môle Saint-Nicolas » au nord-ouest d'Haïti). Colomb baptise du nom d'Hispaniola (La Española, « L'Espagnole ») car elle lui rappelle les campagnes de laCastille (aujourd'hui, en français, on appelle cette île partagée entre les États d'Haïti et de laRépublique dominicaine « Hispaniola », mais aussi « Saint-Domingue »). Les habitants du lieu se montrent plutôt craintifs, pensant que les Espagnols viennent du ciel. Des relations amicales se nouent cependant et les marins reçoivent un peu d'or.
Mais un événement malheureux a lieu au cours de la nuit duréveillon de Noël (24 au) : alors qu'unmousse se trouve seul à la barre de laSanta María, au mépris de toutes les règles de la marine, le navire vient s'échouer sur unrécif. Le navire est perdu et seule l'aide des Indiens permet de débarquer dans l'urgence la plus grande partie de lacargaison[57]. Colomb doit se résoudre à laisser 39 hommes sur place dans unfortin construit dans la baie deLa Navidad (non loin de l'actuelle ville deCap-Haïtien), avec le bois récupéré sur le navire échoué[58].
Alonso Pinzón rejoint Colomb le 6 janvier1493. Il essaie de justifier son départ solitaire en exploration. Colomb, estimant qu'il vaut mieux ne pas se diviser, fait semblant d'accorder du crédit au récit de Pinzón. Longeant les côtes nord de l'île, les deux navires rescapés arrivent dans labaie de Samaná, ils y rencontrent lescannibales évoqués précédemment. Plus agressifs que lesArawaks, ils déclenchent uneescarmouche et Colomb décide de battre en retraite. Mais les marins en ont assez de leur séjour dans ces îles, ils veulent rentrer en Europe.
Le retour (janvier-mars 1493)
Christophe Colomb met le cap vers l'Espagne le, aidé par de bonsvents, plus au nord.
Le 12 février, laPinta, commandée par Alonso Pinzón, disparaît de nouveau lors d'unetempête. Les marins de laNiña prennent peur et prient. Colomb craint de ne pas arriver en Espagne pour conter ses découvertes, il consigne celles-ci sur unparchemin qu'il entoure d'une toile cirée et met dans untonneau qu'il jette à la mer, demandant à celui qui le découvrira de porter le parchemin au roi d'Espagne.
Trois jours après, le temps se calme. LaNiña s'arrête dans une île de l'archipel portugais desAçores. Il est fraîchement reçu par le gouverneur portugais. Le 18 du mois,(de février 1493) le vaisseau repart, mais une nouvelle tempête lui fait perdre son cap.
Le 4 mars, Colomb arrive dans l'estuaire duTage. La nouvelle de sa découverte des « Indes » s'est déjà répandue. De toutLisbonne, la population se précipite pour voir les Indiens qu'il a ramenés à son bord. Colomb apprend que laPinta de Martín Pinzón, qui avait dérivé vers laGalice, est arrivée avant lui au port deBaiona.
Jean II, roi de Portugal, demande à voir l'explorateur. Le 9 mars, Colomb est reçu en audience privée. À la fin de l'entretien, le roi affirme que c'est à lui que reviennent les découvertes de Colomb, en vertu dutraité entre le Portugal et la Castille de 1479 et de labulle pontificale de 1481.
Colomb quitte lePortugal le 13 mars pour Palos, qu'il atteint le 15, en même temps que laPinta, dont le capitaine, Alonso Pinzón, meurt un mois plus tard.
Le deuxième voyage (1493-1496)
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Deuxième voyage :-.
ÀPalos, Colomb est reçu enhéros par la reine de Castille et son époux.
Préparatifs
Puis il prépare une seconde expédition, beaucoup plus ambitieuse, avec une flotte de dix-sept navires et environ 1 500 hommes, dont sept-cents colons et douze missionnaires, ainsi que des chevaux (les premiers emmenés sur le continent américain), desbêtes de somme et dubétail.
Son objectif est de retrouver les39 hommes qu'il a laissés dans la baie de la Navidad et de fonder une colonie surHispaniola (actuel Saint-Domingue).
Durant cette période, la reine Isabelle est confrontée au problème liés aux revendications portugaises et obtient du pape une bulle en sa faveur.
Le voyage : de Cadix à La Navidad (25 septembre-28 novembre)
Colomb lève l'ancre le deCadix et suit le même trajet que lors du premier voyage, en passant par lesCanaries.
La première terre qu'il aperçoit — le, vingt-et-un jours après avoir quitté les Canaries — est une île qu'il baptiseDesiderada (La Désirade), tant la vue d'une terre était désirée par les hommes d'équipage.
Le lendemain, dimanche, une autre île est en vue, que Colomb nommeMaria Galanda (Marie-Galante), du nom dunavire amiral de l’expédition.
Il débarque le même jour sur la troisième,Dominica (laDominique), qu’il nomme ainsi puisque c'est undimanche (dies Dominicus, « le jour du Seigneur »).
Le lendemain matin, ils reprennent la mer vers une plus grande île dont ils ont aperçu au loin les sommets. Colomb décide d'y jeter l'ancre et d'accorder quelques jours de repos à ses hommes. Il la nomme d'abordCaloucaera, d'aprèsKarukera, nom donné par lepeuple caraïbe, mais elle est ensuite rebaptiséeSanta María de Guadalupe de Estremadura (aujourd'hui, laGuadeloupe, précisémentBasse-Terre) pour honorer une promesse faite à des religieux (rencontrés lors d'unpèlerinage) de donner le nom de leurmonastère à une île, ou selon une promesse qu'il se serait faite à lui-même lors des tempêtes de son précédent retour d’Amérique.
Le, jour de la fête de saintMartin de Tours, Colomb baptiseSaint-Martin une île aperçue au large et une autre petite île aperçue à l'horizon reçoit le nom deSaint-Barthélemy, en référence à son propre frère prénomméBartolomeo.
Le, il arrive àLa Navidad, où il constate que le fort est détruit et que les trente-neuf hommes sont morts.
Le 2 février, il renvoie en Espagne douze bâtiments sous le commandement d'Antonio de Torres, à qui il confie un rapport destiné aux souverains catholiques, document qui a été conservé[62].
Reprise de l'exploration : Cuba et la Jamaïque (24 avril-29 septembre)
Le 24 avril, ayant décidé de reprendre une activité d'exploration, Colomb part avec trois navires, dont laNiña, vers l'Ouest pour, comme l'écrit Morison,« suivre la côte jusqu'au moment où il obtiendrait la preuve définitive du caractère continental de cette terre et, si possible, prendre contact avec le Grand Khan qui semblait toujours se dérober devant lui »[63].
Il suit la côte sud deCuba, jusqu'au 3 mai puis part vers le sud, atteignant la côte nord de laJamaïque[64]. Il reprend le 14 l'exploration de la côte sud de Cuba en naviguant vers l'ouest. À moins de cinquante milles ducap Corrientes(es), Colomb décide que Cuba est bien une péninsule du continent asiatique. Il ordonne à tous les hommes qui l'accompagnent de le certifier par écrit et de s'engager à ne jamais affirmer le contraire sous peine d'une amende de mille maravédis[65].
Le 13 juin, il s'engage sur la route du retour et en profite pour faire le tour de la Jamaïque. La navigation dans lescayes est difficile.
Il est de retour àLa Isabela le 29 septembre, malade et déprimé, premiers signes d'une dégradation de son état de santé, due en grande partie à l'arthrite[66].
Les colons exploitent lesIndiens en leur imposant un tribut d'or et de coton et nombre d'entre eux ont été réduits enesclavage. Les mauvais traitements, dont la torture, entraînent une très importantemortalité. Cédant au désespoir, des Indiens se réfugient dans les montagnes, abandonnant leurs activités agricoles. Les raresinsurrections sont réprimées sans état d'âme. Dès son retour, Colomb déploie tout son énergie pour rétablir l'ordre[68]. C'est en fait le début de la disparition de la population et de la culturearawak dans cette île (puis dans les autres îles des Caraïbes).
Le retour et la question de l'esclavage des Arawaks
Colomb repart pour l'Espagne le, emmenant avec lui cinq cents Arawaks, destinés à être vendus comme esclaves, dont deux cents meurent au cours de la traversée[69]. Il atteintCadix le 11 juin.
Cette réduction en esclavage d'Indiens et leur transfert en Espagne ne sont pas acceptés par les Rois catholiques qui font libérer les survivants. Ils considèrent en effet que lesindigènes des terres découvertes sont leurs sujets et bénéficient de toute leur protection.Jacques Heers voit dans ce désaccord fondamental l'origine de la disgrâce de Colomb.
Le troisième voyage (1498-1500)
Troisième voyage : 30 mai 1498 – fin octobre 1500.
Il semble que ce soit après son retour du deuxième voyage que Colomb ait décidé de revêtir l'habit desfrères mineurs[70].
Préparatifs
Il souhaite organiser tout de suite un troisième voyage, mais les Rois catholiques sont occupés à défendre leurs intérêts, surtout ceux duroyaume d'Aragon, en Italie, où la France (Charles VIII) a lancé la première d'une longue série d'expéditions (première guerre d'Italie (1494-1497)).
Ce n'est que le 23 avril1497 qu'ils donnent des instructions pour un nouveau voyage[71],[72].
La préparation de ce voyage,affrètement des navires et enrôlement des équipages, est longue et difficile.
Avant de partir, grâce à la faveur des souverains, Colomb établit le 22 février 1498 unmajorat en faveur de son fils aînéDiego[73].
Le voyage : de Sanlucar au Venezuela (juin-août 1498)
Colomb souhaitant explorer le sud desAntilles, il descend jusqu'aux îles duCap-Vert avant de mettre le cap à l'ouest. Cependant, au cours de l'escale deLa Gomera auxîles Canaries, trois navires, commandés par Harana, Carjaval et Giovanni Colomb, partent directement ravitailler les colons d'Hispaniola[75].
Le 5 août 1498, il arrive à l'embouchure de l'Orénoque, sur la côte de l'actuelVenezuela, où il constate une grande quantité d'eau douce dans la mer.
Il en déduira l'existence du continent sud-américain en tant que continent austral inconnu, par ces mots[76] :
« Et je dis que si ce n’est pas du Paradis terrestre que vient ce fleuve, c’est d’une terre infinie, donc située au midi, et de laquelle jusqu’à ce jour il ne s’est rien su »
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Hispaniola (août 1498-août 1500) : une situation de crise
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Le 31 août, Colomb arrive à Hispaniola. Cela fait deux ans et neuf mois qu'il a quitté l'île. Il la retrouve en proie à des troubles graves orchestrés parFrancisco Roldan Jiménez queBartolomeo Colomb,capitaine général et président du Conseil des gouverneurs, n'arrive pas à surmonter.
Arrestation et renvoi en Espagne (août-septembre 1500)
En août 1500,Francisco de Bobadilla, enquêteur royal et émissaire des Rois catholiques, arrive sur l'île et fait emprisonner les trois frères Colomb avant de les renvoyer en Espagne après avoir découvert avec horreur sept Espagnols pendus aux potences de la place publique de Saint-Domingue[77].
Fin octobre 1500, enchaîné dans lacale, Christophe Colomb débarque àCadix, humilié et accusé[78].
Le quatrième voyage (1502-1504)
Une période de disgrâce (novembre 1500-mars 1502)
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Quatrième voyage : 9 mai 1502 – 7 novembre 1504.
Colomb doit attendre six semaines d'être libéré et amené à la cour, où il reçoit une gratification de 2 000 ducats[79].
En décembre1500, il se rend àGrenade afin de faire réparer l'injustice dont il s'estime victime. Il envoie de nombreux courriers pour appuyer ses revendications, mais en vain.
Le 13 septembre1501,Nicolás de Ovando est nommé gouverneur et magistrat suprême des îles des Indes. Il ne reste alors à Colomb que son titre device-roi, désormais strictement honorifique, et ses privilèges.
Il décide donc de repartir en voyage d'exploration pour essayer de trouver plus loin à l'ouest des Caraïbes un passage vers les régions riches des Indes, étant toujours persuadé queCuba n'est autre que la province chinoise deMangi.
Le 14 mars1502, les souverains donnent leur accord, acceptent de financer l'expédition[80] etlui donnent des instructions précises[pas clair].
LeLivre des nouvelles terres, contenant la plus ancienne mention imprimée du voyage de Christophe Colomb (Pilsen, Mikiláš Bakalář, 1506), est conservé aumonastère de Strahov.
Préparatifs
La flotte est composée de quatrecaravelles pour cent quarante membres d'équipage dont une importante proportion demousses : laCapitana,navire amiral, leSantiago, commandé parBartolomeo Colomb, laGallega et laVizcaina[81].
Colomb n'emporte donc aucun ravitaillement pourHispaniola que ses instructions lui intiment de ne pas aborder, sauf en cas d'extrême nécessité[82].
Des sources lacunaires
Aucun récit exhaustif ne décrit précisément les événements survenus lors de ce quatrième et dernier voyage[83]. Il semble en effet que l'amiral n'ait pas tenu dejournal ; il est cependant possible que son filsFernando, alors âgé de treize ans, ait pris des notes sous la dictée de son père, notes dont quelques éléments figureraient dans le récit qu'il a écrit plus tard. Colomb a écrit après coup une relation abrégée (juin-juillet 1503) destinés aux Rois catholiques, parvenue jusqu'à nous[84].
Le voyage : de l'Espagne à la Jamaïque (11 mai 1502-25 juin 1503)
Malgré l'interdiction d'aborder à cette île, Colomb y abrite un moment sa flotte car il pressent l'imminence d'uncyclone tropical.
Colomb navigue ensuite jusqu'en juin1503 le long des côtes de l'actuel Costa Rica (île Uvita, alors baptisée La Huerta), duVeragua et duPanama.
Le séjour forcé à la Jamaïque (juin 1503-juin 1504) et le retour en Espagne (septembre-novembre)
Ce sont des bateaux faisant eau de toute part que Colomb fait échouer dans la baie de Santa Gloria (Jamaïque) le 25 juin 1503[86].
Les équipages vont y survivre un an. Durant ce séjour, Colomb manque de peu mourir de lamalaria, mais il est soigné avec succès par les Indiens.
Un Espagnol, Diego Méndez, accompagné de quelques indigènes, pagayent encanoë jusqu'à Hispaniola pour obtenir de l'aide, maisNicolás de Ovando, qui déteste Colomb, fait obstruction à tous les efforts de sauvetage.
Les secours arrivent finalement à la fin juin1504. Les survivants repartent pour l'Espagne le 12 septembre1504, et arrivent le 7 novembre dans le port deSanlúcar de Barrameda[90].
Il est physiquement très diminué après son retour, souffrant en particulier d'une très invalidantegoutte et deproblèmes ophtalmologiques, ce qui l'empêche dans un premier temps de se rendre à la cour, qui s'est installée àMedina del Campo.
Installé àSéville, il y envoie son fils Ferdinand et son frère Bartolomeo afin qu'ils« s'occupent de ses affaires »[92]. Il reste en contact avec eux par la poste et par messagers particuliers, notamment avecAmerigo Vespucci. Il essaye de faire reconnaître ses droits et d'obtenir les richesses qui lui reviennent.
Il vient à la cour durant l'été 1505, à dos de mule,permission temporaire accordée par le roi[pas clair] d'Aragon, régent de Castille depuis la mort d'Isabelle le 26 novembre 1504[93]. Cette tentative échoue de nouveau : ayant compris ce qu'impliquent les découvertes de Colomb (non pas les Indes, mais unnouveau monde), Ferdinand« n'entend nullement restituer à l'Amiral les prérogatives financières et gouvernementales » spécifiées le 30 avril 1493 au retour du premier voyage de Colomb[94].
Il meurt le àValladolid entouré de ses fils et de son frère, après avoir établi un testament qui confirme en particulier lemajorat établi au profit de son fils aîné Diego. Celui-ci sera nommé gouverneur d'Hispaniola en 1508.
Comme l'écrit l'historienneMarianne Mahn-Lot :« Il faut abandonner l'image romantique de l'homme de génie mourant méconnu, dans l'oubli et la misère. Jusqu'au bout, l'Amiral gardera des amis fidèles, parmi lesquels d'importants personnages. Et il recevra de grosses sommes sur les revenus des Indes — avec des retards et incomplètement, il est vrai »[92].
Les inhumations successives (1506-1898) : Valladolid, Séville, Saint-Domingue, La Havane, Séville
En 1529, Diego fait transférer les restes de Christophe Colomb dans la chapelle Sainte-Anne dumonastère de la Cartuja à Séville où il avait trouvé refuge après son troisième voyage.
Le 22 juillet 1795, par letraité de Bâle, l'Espagne cède à la France la partie orientale de l'île de Saint-Domingue en échange de certains territoires dans les Pyrénées. Les Espagnols évacuent l'île et les restes de Colomb partent àLa Havane, toujours colonie espagnole. Le territoire cédé à la France est recouvré par l'Espagne en 1809, mais les restes de Colomb ne sont pas ramenés de La Havane.
L'affaire des ossements découvert à Saint-Domingue en 1877
Cathédrale de Saint-Domingue fondée en 1512-1540, avec la statue de Christophe Colomb dans le parc Colombus (photographie de 1899)
En 1877, on découvre dans lacathédrale de Saint-Domingue un coffret en plomb contenant des restes d'os et portant l'inscription « Varón ilustre y distinguido Cristóbal Colón »[97].
En 2006, desanalyses ADN confirment que le corps amené à Séville est au minimum apparentégénétiquement à Christophe Colomb[98]. En 2024, les analyses du professeur demédecine légale José Antonio Lorente de l'université de Grenade confirment que l'explorateur repose dans la cathédrale de Séville[99],[100].
Christophe Colomb en son temps
Relations des Espagnols avec les autochtones à l'époque des voyages de Colomb
Conséquences de l'erreur géographique de Colomb
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Persuadés de se trouver sur les terres d'Asie, Colomb et ses hommes ont essayé d'entrer en contact avec les souverains asiatiques qu'ils connaissent, notamment le mythique « Grand Khan ». Les indigènes sont d'autant mieux traités que Colomb les croit proches de ce souverain.
Au fur et à mesure des voyages, les Espagnols constatent que les autochtones ne connaissent pas les souverains espérés, même de nom. Ils attribuent cette ignorance aux lacunes culturelles des indigènes rencontrés. Ils prennent conscience qu'ils sont mieux armés que les natifs et qu'une conquête de ces territoires serait très facile, comme le montrent les courriers adressés auxRois catholiques[réf. souhaitée].
Prégnance des points de vue européens duXVe siècle
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Colomb et les membres de ses expéditions, marins et non marins, se comportent avec les idées de la fin duXVe siècle. Par labulleInter caetera du3 mai 1493, le pape octroie au seul royaume de Castille[Note 4] le droit de colonisation des Amériques à la condition expresse de l'évangélisation des indigènes qui s'y trouvent[101].
À partir du moment où Colomb débarque des Espagnols et les installe sur une île, comme c'est le cas àHispaniola avec lefort de la Navidad (premier voyage), puis lacolonie de la Isabela (deuxième voyage), il n'est plus simplement « l'amiral », mais devient « vice-roi et gouverneur », avec pouvoirs de commandement militaire et pouvoirs de justice. S'il s'absente pour repartir en mer, il doit déléguer ses pouvoirs politico-militaires à un lieutenant choisi par lui (Diego de Arana à la Navidad ;Giacomo Colomb, son frère, à la Isabela).
Si cette île est habitée, comme c'est le cas à Hispaniola, se pose la question des relations avec les habitants, qui est surdéterminée par la question desrapports de force : lors du premier voyage, les Espagnols sont dans une situation de nette infériorité (les défenseurs du fort de la Navidad en font l'expérience de façon tragique) ; c'est moins le cas lors du deuxième voyage, qui implique environ 1 500 Espagnols au départ.
Marché aux esclaves au Caire (v. 1830).
Avant de venir en Castille, Christophe Colomb a passé plusieurs années auPortugal (1476-1485), où latraite des Noirs est pratiquée dès leXVe siècle à partir descomptoirs établis le long de la côte d'Afrique, les Portugais reprenant à leur compte, par une autre voie, la pratique de la traite transsaharienne qui aboutissait aux villes musulmanes de lacôte méditerranéenne et auCaire, le plus grandmarché aux esclaves (lesMamelouks d'Égypte étaient d'ailleurs à l'origine des esclaves militaires). Il est clair que pour Colomb, la réduction en esclavage d’« Indiens » ne pose pas de problème : dans son Mémoire de 1494 (deuxième voyage), il écrit aux Rois catholiques que, malgré l'absence de grandes quantités d'or à Hispaniola, la colonie pourra être financée par la vente d'esclaves. Mais il semble que la reine Isabelle était en désaccord avec lui sur ce point.
En ce qui concerne les marins, et à partir du deuxième voyage, les militaires et autres Espagnols non marins, ils viennent pour la plupart desroyaumes d'Aragon etde Castille qui pratiquent l'esclavage et leservage[102].
Toutefois, à partir de1500, date de l'arrestation et du renvoi de Colomb, la Couronne reprend le contrôle de la colonie d'Hispaniola. Le système utilisé pour la colonisation à partir de ce moment (à Hispaniola, puis àCuba à partir de 1511, etc.) reprend alors celui qui a été utilisé au cours de laReconquista : l'encomienda, structure de typeféodal[Note 5].
Un autre aspect de la question est celui de l'évangélisation des « Indiens » : l'évangélisation est incluse dans le programme du premier voyage, en direction des habitants des « Indes » (d'extrême-orient) qu'on s'attend à rencontrer, mais ce n'est qu'à partir du deuxième voyage que les évangélisateurs sont présents en assez grand nombre, pour les indigènes d'Hispaniola ou d'autres îles des Caraïbes. Très tôt, Colomb se rend compte qu'un problème majeur est celui de lalangue. C'est pourquoi, lorsqu'il renvoie plusieurs navires en Castille en 1494, il y place plusieurs Indiens (captifs)destinés à apprendre le castillan pour être ramenés ensuite à Hispaniola afin de servir d'interprètes[réf. nécessaire].
Conditions de vie des premiers colons
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?
Les conditions de vie pour les colons étaient globalement mauvaises dans les premiers établissements[103].
Bien que Colomb ait prétendu que les Indiens ne connaissaient pas les armes[104], le premier établissement construit,La Navidad, fut retrouvé au retour de Colomb incendié et ses hommes morts[103].
Le 6 janvier 1494 une premièremesse fut célébrée dans la colonie Isabella. On y manquait de tout. La faim était le principal fléau[103]. On y recense 8 femmes blanches[105], 5 frèresfranciscains[106]. On y mourait beaucoup notamment d'une forme virulente de lavariole. Cette forme alors inconnue en Europe est probablement ramenée desCaraïbes par les colons. Les tentatives derébellions étaient constantes et le seul espoir pour les colons[107].Consuelo Varela analyse les témoignages des premiers colons entre 1495 et 1500, et conclut :
« Rien ni personne ne semble attrayant ou agréable. Les colons étaient en majorité des escrocs et des voyous aux yeux du Vice-Roi, et les frères Colomb, des despotes sanguinaires du point de vue des Espagnols. Était-ce là les Indes décrites et promises comme un véritable paradis en 1493[108] ? »
Christophe Colomb en tant qu'administrateur colonial
Le sort des indiens n'était guère enviable, ils étaient exploités et leurs femmes étaient enlevées, voire vendues comme esclaves[109]. On y distingue deux classes d'indigènes : ceux qui se soumettent à l'ordre colonial en payant des impôts et avec qui les relations étaient apparemment cordiales[110], et ceux qui s'y refusaient et qui étaient considérés comme des ennemis et pourchassés[110].
Après avoir établi sept colonies, Colomb décréta[Quand ?] que tout Indien de plus de quatorze ans devait fournir une certaine quantité d'or.Ceux qui n'y parvenaient pas avaient les mains coupées[réf. nécessaire]. Il institua par la suite l'esclavage.
Colomb est à l'origine du principe juridique de l’encomienda puis durepartimiento tous deux inspirés du droit féodal et qui se généralisèrent dans toute laNouvelle-Espagne. Afin de satisfaire aux exigences royales de rentabilité de son expédition, Colomb mit au point,« sans disposer d'un cadre juridique véritablement préétabli », un système qui devait permettre de substituer au versement dutribut imposé aux Indiens (dont le versement était aléatoire), une exploitation directe des populations indigènes et des ressources locales[111].
Denis Crouzet précise que, si les« violences internes à la communauté des colons » s'en trouvèrent apaisées, les Indiens quant à eux furent plus directement exposés aux mauvais traitements et cela fut sans nul doute un« facteur d'aggravation du collapsus démographique » observé dans l'île[112]. La population d'Hispaniola s'effondre durant lacatastrophe démographique amérindienne[77],[Note 6].
Le régime mis en place par Christophe Colomb est décrit par ses contemporains comme violent, avec un recours à latorture tant contre ses hommes que contre les indigènes. Colomb et ses frères sont aussi accusés d'incompétence pour la direction de ces nouvelles terres par leurs ennemis, notammentFrancisco de Bobadilla qui obtient de la reine le poste de gouverneur d'Hispaniola en 1499 alors que les frères de Colomb sont condamnés à de la prison.
Même s'il est probable que Francisco de Bobadilla ait noirci le tableau pour mieux évincer Colomb et ses frères, plusieurs historiens conviennent que leur régime était probablementtyrannique[113],[114].
Letraité de Tordesillas de 1494 partage la Terre (sauf l'Europe et lesîles Canaries) entre l'Espagne et le Portugal, réservant au Portugal le commerce avec l’Afrique[115],[116] et lesIndes (des avenants au traité seront introduits à la suite duvoyage de Magellan en 1520).
Après Colomb : suites de la découverte auXVIe siècle
Christophe Colomb est relevé de ses fonctions de vice-roi en 1500 et décède en 1506.
Découverte, exploration et colonisation des Amériques
Accomplissement du projet initial de Colomb : Magellan
Si Colomb est le premier Européen connu à avoir accosté sur des terres proches du continent américain, il n'a eu aucune idée de l'étendue des terres et des mers qui s'interposaient entre les îles découvertes et les Indes qu'il s'était proposé de rallier. Son projet n'est réalisé qu'en 1520 parMagellan, lui aussi au service de la monarchie espagnole (Charles Quint, petit-fils des Rois catholiques), mais au prix d'un détour considérable vers le sud, par ledétroit de Magellan.
Amerigo Vespucci est le premier navigateur important à affirmer, dans un ouvrage publié en 1503, que ce qui a été découvert est unNouveau Monde, tout autre que les Indes, ce qui est entériné par les cartographes duGymnase vosgien deSaint-Dié, qui publient en 1507 une carte du monde,Universalis Cosmographia dite « planisphère de Waldseemüller », où le continent esquissé à l'ouest des Caraïbes porte le nom d'America, en hommage à Vespucci.
Représentation d'un indigène mexicain maltraité par unencomendero abusif (Codex Kingsborough) (XVIe siècle).
En 1495, au retour de son deuxième voyage, Colomb ramène550 Indiens captifs dans le but de les vendre commeesclaves. Deux cents d'entre eux meurent au cours de la traversée[77]. Mais la reineIsabelle laisse alors entendre au marin qu'elle ne tolérera pas la mise en esclavage des indigènes, puis formalise ce point de vue par une « Provision royale » édictée à Séville le, ordonnant la remise en liberté et le retour chez eux des Indiens ramenés par Colomb.
En 1512, sous la pression des protestations des religieux commeBartolomé de Las Casas,Ferdinand d'Aragon, régent de Castille, promulgue leslois de Burgos,Ordonnances royales pour le bon règlement et traitement des Indiens. Elles protègent les autochtones d'Amérique, en font des personnes libres, leur octroient des droits humains et le droit de propriété. Ces lois sont« un échec »[117] et« les colons [s'habituent] à éluder les entraves légales mises à l'esclavage des indiens, au travail forcé et au portage, et à défendre leurs encomiendas »[118]. Les protestations des religieux se multiplient, amenant la promulgation des ordonnances de Grenade (1526) qui prétendent mettre fin aux conquêtes violentes et réclament, sans l'obtenir[Note 7], la coopération des conquistadores[119]. Enfin, unebulle pontificale de 1537 condamne l'esclavage dans les colonies espagnoles, obligeantCharles Quint à promulguer en 1542 lesLeyes Nuevas qui abolissent l'encomienda et tout travail forcé. Celles-ci supposent un changement profond dans le mode de vie des colons. L'application de ces lois fut compliquée, elle provoque lagrande rébellion des encomenderos(es) qui s'étend à presque toute l'Amérique espagnole. Le vice-roi du Pérou est renversé par les colons, la réaction de la couronne est ferme et la victoire de Charles Quint en 1550 est suivie de l'exécution sommaire des mutins[119],[118]. LesLeyes Nuevas sont mieux appliquées à partir de 1554 et mettent fin auxencomiendas héritées de Colomb[119].
Ces lois ne disent rien sur l'esclavage des Africains noirs, mais interdisent la mise en esclavage desAmérindiens, considérés comme sujets libres. Elles exercent une grande influence sur la démographie et la société de l'Amérique hispanophone en favorisant un métissage à grande échelle : les territoires sous domination espagnole sont largement peuplés par des populations métissées, généralement hispanophones, sauf dans les régions andines du Pérou, de l'Équateur et de la Bolivie où les Amérindiens restent plus longtemps à l'écart du système colonial. Elles assoient l'autorité de la couronne chez les Amérindiens contre les colons[118].
En ce qui concerne les Africains noirs, letraité de Tordesillas réserve de fait leur traite aux Portugais, du moins jusqu'en 1580, date de l'union du Portugal et de l'Espagne au sein de l'Union ibérique[Note 8]. Mais, en 1640, au retour à l'indépendance du Portugal,Philippe V interdit l'achat d'esclaves aux Portugais. La France et l'Angleterre étant considérés comme des « ennemis mortels de l'Espagne », le commerce des esclaves dans les colonies espagnoles ne peut avoir lieu qu'encontrebande, ce qui le limite à la fois en quantité et géographiquement.
Dans l'ensemble, l'Amérique espagnole (Mexique, pays andins, Argentine) a reçu peu d'esclaves noirs, malgré quelques exceptions notables (sud du Venezuela, nord de la Colombie, Cuba, etc.).
Si on considère l'entreprise de Colomb du point de vue économique, qui est fondamental dans ce qui est au départ une tentative d'atteindre les Indes, les découvertes de l'amiral ont été décevantes dans un premier temps.
Que ce soit pour lesépices ou pour l'or, les bénéfices rapides et importants espérés n'ont pas été au rendez-vous, au moins du vivant de Colomb.
En raison des avantages dont il a bénéficié après sa « découverte de l'Amérique » en1492, il a d'abord été dénigré et suspecté d'être un imposteur s'étant attribué les connaissances de prédécesseurs présumés, ou d'être un incompétent exceptionnellement chanceux[125],[126].
Christophe Colomb fait l'objet de nombreuses commémorations les 12 octobre, et a été à d'innombrables reprises représenté enpeinture, enlittérature, enbande dessinée, enmusique, authéâtre et aucinéma. Architecturalement, il existe à travers le monde des dizaines demonuments incluant le plus souvent au moins unesculpture de Colomb.
Détail du monument à Colomb sur la Place Colomb deSan Juan.
En 1888, en hommage à Colomb, la ville deBarcelone a érigé unimposant monument orné de reliefs et sculptures relatant la vie de l'explorateur, devenu emblématique de la ville.
De la propre main de Colomb, n'ont été identifiés et recensés que peu de documents : des lettres, des quittances, des annotations dans des ouvrages de sa bibliothèque et des signatures. Tous les autres textes, dont le journal du premier voyage, ne sont que des copies dont le texte n'est pas sûr[138]. Ces différents textes et documents ont tous été traduits en français[139].
Il existe aussi un curieuxLivre des prophéties comportant 84 feuillets, dans lequel Colomb, vers la fin de sa vie, avait recueilli avec l'aide du pèrechartreux Gaspar Gorricio, son conseiller spirituel, les prophéties bibliques concernant la découverte duNouveau Monde[140]. Dans cet ouvrage, Colomb cite plusieurs prophéties qui semblent indiquer que la découverte de ces terres inconnues s'inscrit dans le plan de Dieu, car elle permet l'évangélisation de ses habitants, la conversion du monde entier étant un préalable à la conception millénariste de laFin des temps alors en vigueur[141]. Comme le note l'historien Edward Wilson-Lee :
« La Bible utilisée par Colomb et ses contemporains était pleine de passages insistant sur le fait qu'un signe de la conversion universelle précédant la Fin des temps était la diffusion de la parole de Dieu jusqu'à des îles alors inconnues — un événement que Colomb avait indiscutablement rendu possible[142]. »
Notre connaissance de Colomb, homme de savoir, de livres et de cabinet d'étude, s'appuie aussi sur quatre livres qui lui ont appartenu et qui ont été conservés. Ces livres ne recèlent pas moins de 2 000 annotations portées en marge[143].
Historiens contemporains de Colomb
Les premiers historiens contemporains de Colomb ne se sont pas attardés à le décrire de manière précise. Andrès Bernaldez l'évoque dans sonHistoria de los Reyes Catolicos, en donnant « une image à la fois édifiante et dramatique […] intéressante certes, mais brossée à très grands traits, sans beaucoup de nuances »[144].
Antonio de Herrera y Tordesillas,Histoire générale des voyages et conquêtes des Castillans dans les îles et terres-fermes des Indes occidentales, 1601-1615.
Colomb est le premier navigateur connu qui ait traversé l'Atlantique aux latitudes tropicales. Mais il est acquis qu'il n'est pas le premier Européen à avoir atteint l'Amérique.
Il existe aussi desindices sérieux[Quoi ?] sur un voyage vers le Groenland et le Labrador mené par le PortugaisJoão Vaz Corte-Real pour le compte de la couronne du Danemark en 1472-1474 : il évoque notamment une île qu'il nommeBacalao (« morue » : par la suite, Terre-Neuve sera un pôle de la pêche à la morue par lesterre-neuvas).
Il s'agit peut-être de la même expédition que celle menée parJean Scolvus[148].
Notes et références
Notes
↑« En deux siècles, dix générations d'historiens ont fait de 1492 un véritable laboratoire de l'écriture de l'Histoire. La relation privilégiée établie entre l'Europe et le continent américain, la domination exercée par ces « deux mondes » du Nord sur l'ensemble planétaire ont permis d'élaborer un modèle d'interprétation où les voyages de découvertes maritimes, au centre desquels se trouve celui de Christophe Colomb, sont devenus le symbole de la naissance des Temps modernes dans l'Histoire universelle »[2]
↑En l'absence d'actes de baptêmes de Christophe Colomb, sa date et son lieu de naissance ont été longtemps discutés. Christophe Colomb a écrit dans son testament qu'il était originaire de Gênes. On sait que son père y a résidé dès 1439. Son père pourrait être originaire du village de Terrarossa, près de Gênes, ce qui pourrait expliquer qu'on l'ait appelé ainsi que son frèreColombus de Terra rubra. On n'est pas mieux renseigné sur l'année de sa naissance. Pour essayer de la préciser,Armand d'Avezac a essayé de recouper les informations données dans plusieurs documents (Année véritable de la naissance de Christophe Colomb et revue chronologique des principales époques de sa vie, Paris, 1873) et a proposé la fin de l'année 1446. Un acte retrouvé ultérieurement, datant du 31 octobre 1470, dit qu'il a alors plus de19 ans et moins de25 ans. Il serait donc né entre 1446 et 1451. On admet aujourd'hui qu'il est né un peu avant le 31 octobre 1451.
↑L'exemplaire personnel de Colomb est conservé à la bibliothèque colombine deSéville. Fac-similé d'une page de cet exemplaire dansChristophe Colomb,Journal de bord 1492-1493, Imprimerie nationale,,p. 20.
↑À la seule Castille et à l'exclusion de facto du Royaume d'Aragon
↑Selon les termes de Max Weber, l'« encomienda » est une concession de type féodal. L'encomienda est une concession par la Couronne de droits économiques (seigneurie) et politiques (juridiction, commandement) sur des terres conquises sur les musulmans durant laReconquista : ces terres deviennent des sortes defiefs vassaux de la Couronne. Dans le cas américain, au début, l'encomienda ne comportait pas de propriété sur les terres. Les encomiendas étaient un droit concédé au gré et à la volonté du roi comme une « concession royale » aux personnes méritantes pour qu'elles fassent fructifier les tributs des aborigènes qui leur étaient assignés.Álvaro Acevedo Gutiérrez, « El proceso de hispanización del nororiente colombiano durante el siglo XVI »,Universidad de la Rioja,,p. 235(lire en ligne)
↑La population d'Hispaniola précolombienne a souvent été prise comme référence et a été évaluée entre 100.000 et 2 millions de personnes avant l'arrivée Colomb, avec une très large gamme d'évaluations. Elle tombe à une valeur entre 28000 et 60000 après la conquête. Des problèmes méthodologiques expliquent des écarts très importants dans l'estimation de la population précolombienne. Las Casas, compagnon de Colomb qui évalue cette population initiale à 3 à 4 millions (maximum), le minimum est de 60.000 par un recensement de Colomb. Une valeur entre 400.000 et 1.000.000, basés sur des projections du recensement effectué par Colomb (1508) semble être la moins hasardeuse. Les évaluations initiales par les colons ont toutes été manipulées dans le sens qui leur convenait le mieux, expliquant ces écarts immenses
↑Ce traité interdit aux Espagnols la traite des esclaves (capture et transport). AuXVIe siècle, les Portugais ont un monopole de ce commerce considéré alors comme le plus lucratif« El error de Portugal en el Tratado de Tordesillas ». L'Union ibérique est de ce point de vue avantageuse pour les Espagnols. « Origine des esclaves », Université de Barcelone
Références
↑Marquis A. De Belloy,Christophe Colomb et la Découverte du Nouveau Monde, Eugène Ducrocq éditeur,, 204 p.
Victor Geronimi,Christophe Colomb Corse du Niolu 1445-1506, Bravone, 2017
Nicolas Balutet,Christophe Colomb et la Corse. La « possibilité d'une île » ?, Paris, Classiques Garnier, 2021.
↑« Christopher Columbus continues to fascinate and beguile. For the Quincentenary, scores of works have appeared-some representing real advances, others restoking cold fires, still others (the majority) using Columbus as a avatar for a variety of presentist purposes. In ail this, some issues have shown themselves to be time-less-and deathless. One is his nationality; well over a dozen places have been suggested over the years, including Denmark, England, and America. No amount of Columbus' own testimony, contemporary opinion, or documentary evidence has managed to bring closure to this issue. »(en) David Henige, The Hispanic American Historical Review, Vol. 73, No. 3. (Aug., 1993),p. 505-506.
↑« L'ADN de Christophe Colomb a parlé »,Sciences et Avenir,no 934,,p. 26
↑Cristoforo Colombo. Documenti e prove della sua appartenenza a Genova, éd. Officine dell'Istituto Italiano d'Arti Grafiche, Bergamo,Asti (Italie), 1931
↑Trois frères (Bartolomeo, Giovanni Pellegrino, Giacomo) et une sœur Bianchinetta.
↑a etbEdmond Buron,Ymago Mundi, de Pierre d'Ailly, cardinal de Cambrai et chancelier de l'université de Paris (1350-1420) : texte latin et traduction française des quatre traités cosmographiques de d'Ailly et des notes marginales de Christophe Colomb, étude sur les sources de l'auteur, Maisonneuve frères éditeur, Paris, 1930, tome 2(lire en ligne).
↑Michel Balard dans Christophe Colomb,Journal de bord 1492-1493, éditions de l'Imprimerie nationale, 1992,p. 24.
↑Citation complète :« Dans ce vaste courant de curiosité, dans cette recherche constamment poursuivie avec la même passion, les idées de Colomb ne s'inscrivent pas à contre-courant. Tout au contraire, elles nous paraissent exactement l'expression normale de la pensée géographique de son époque. »,Heers 1991,p. 154.
↑Georges de Morant,Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Comte d'Angerville,(lire en ligne),p. 142.
↑Armes :écartelé, au premier degueules, à la tour d'or, qui est Castille ; au second d'argent, au lion de gueules, couronné d'or, qui est Léon ; au troisième une mer d'azur, semée d'îles d'or ; au quatrième d'azur, à cinq ancres d'or ;enté en pointe d'unfascé ondé d'argent et d'azur.
↑Pour ce paragraphe : Manuel Fernandez Alvares,La gran aventura de CC, 2006, p. 93-99.
↑Pour ce paragraphe et le précédent : Fernandez Alvarez,La gran aventura de CC, pages 140-148.
↑Boabdil fait prisonnier en 1484, a été libéré à des conditions très dures et est revenu à Grenade, mais reste désormais neutre.
↑Capitulaciones de Santa Fe :« almirante en todas aquellas islas y tierras firmes que por su mano o industria se descubriran o ganaran en las dichas Mares Oceanas para durante su vida, y después del muerto, a sus herederos e successores ».
↑Capitulaciones de Santa Fe :« que Vuestras Altezas fazen al dicho don Christoval su Visorey e Governador General en todas las dichas tierras firmes e yslas que como dicho es el descubriere o ganare en las dichas mares ».
↑Capitulaciones de Santa Fe :« de todas e qualesquiere mercadurias […], que se compraren, trocaren, fallaren, ganaren e hovieren dentro en los limites de dicho Almirantazgo, […] que haya e lieve para si la dezena parte de todo ello ».
↑Capitulaciones de Santa Fe :« haya e lieve del provecho la ochena parte de lo que resultare de la tal armada ».
↑Citation complète :« Pour nous en tenir au temps de Colomb, de tous les voyages maritimes du temps — ceux de Diaz, de Gama et même un peu plus tard de Magellan —, aucun ne peut être connu, par leurs observations sur la course du navire, sur la mer et sur les côtes, sur les pays et les hommes, avec tant de minutie et de sérieux. »,Heers 1991,p. 229.
↑La chercheuse américaine Alicia Gould Quincy a trouvé, dans les années 1920, une liste de 87 noms aux archives de Simancas. Cette liste figure au complet dans : Bartolomé et Lucile Bennassar,1492 Un monde nouveau ?, Perrin, 1991,p. 226-227.
↑Œuvre réalisée en 1892 par le sculpteurArturo Mélida(es), le cénotaphe est composé d'un sarcophage porté par quatre statues en bronze polychrome (quatre souverains qui figurent les 4 royaumes d'Espagne avec les armes de Castille, León, Navarre et Aragon) au visage d'albâtre.
↑Juan Cruz Monje Santillana,LAS LEYES DE BURGOSDE 1512, PRECEDENTE DEL DERECHOINTERNACIONALY DELRECONOCIMIENTO DE LOSDERECHOS HUMANOS(lire en ligne), « 3 SIGNIFICACIÓNDE LAS LEYES DE BURGOS ».
↑Christophe Colomb,La découverte de l'Amérique, tome 1, Paris, Maspero,, 235 p.(ISBN2-7071-1087-6), p.61 :
« Ils ne portent pas d'armes ni même ne les connaissent, car je leur ai montré des épées que, par ignorance, ils prenaient par le tranchant, se coupant. »
↑José Sánchez-Arcilla Bernal, « Las Leyes de Burgos de 1512 : una falacia de los Derechos Humanos »,Cuadernos de Historia del Derecho,no 28,
↑ab etcMarcel Bataillon, « Les colons du Pérou contre Charles Quint : analyse du mouvement pizarriste (1544-1548) »,Annales,,p. 479-494(lire en ligne)
↑Claude Aziza, « Un héros de fiction », inL'Histoire, n° 355, juillet 2010, p. 67.
↑Timothy Kubap,Cultural movements and collective memory: Christopher Columbus and the rewriting of the national origin myth, 2008, Macmillan, p. 33-38(ISBN978-1-4039-7577-5).
↑Matthew H. Edney, «Creating “Discovery”: The Myth of Columbus, 1777–1828», inTerrae Incognitae, n° 52, p. 195-213. doi:10.1080/00822884.2020.1779982.
↑Deux volumes publiés en poche par les éditionsLa Découverte en 2006 : Christophe Colomb,La Découverte de l'Amérique. Une édition très richement illustrée du journal du premier voyage a été proposée par les éditions de l'Imprimerie nationale en 1992 avec une présentation deMichel Balard.
Henry Vignaud,Le Vrai Christophe Colomb et la légende : la date exacte de la naissance du grand Génois, sa famille, les indications qu'il avait, Toscanelli, prétendu initiateur de la découverte de l'Amérique, l'objet véritable de l'entreprise de 1492, Paris, Auguste Picard éditeur, 1921(lire en ligne).
Edmond Buron,Ymago Mundi, de Pierre d'Ailly, cardinal de Cambrai et chancelier de l'université de Paris (1350-1420) : texte latin et traduction française des quatre traités cosmographiques de d'Ailly et des notes marginales de Christophe Colomb, étude sur les sources de l'auteur, Paris, Maisonneuve frères éditeur, 1930
Christophe Colomb,La Découverte de l'Amérique, éditions La Découverte, Paris, 2002, tome 1,Journal de bord et autres écrits, 1492-1493(ISBN978-2-7071-3771-5), tome 2,Relations de voyage et autres écrits, 1494-1505(ISBN978-2-7071-3772-2).
Fernand Colomb,La Vie de Christophe Colomb, 1681, traduit en français par Charles Cotolendi (Il existe uneautre traduction, d'Eugène Muller, parue en 1879).
Louis Salembier, « Pierre d'Ailly et la découverte de l'Amérique », dansRevue d'histoire de l'Église de France, 1912,no 16,p. 377-396(lire en ligne).
Louis Salembier, « Pierre d'Ailly et la découverte de l'Amérique » (suite), dansRevue d'histoire de l'Église de France, 1912,no 17,p. 516-533(lire en ligne).
Louis Salembier, « Pierre d'Ailly et la découverte de l'Amérique » (suite), dansRevue d'histoire de l'Église de France, 1912,no 18,p. 617-630(lire en ligne).
Consuelo Varela, « La vida en la colonia durante el virreinato colombino »,Congreso Internacional Cristóbal Colón. 1506-2006. Historia y leyenda, EEHA-CSIC,
Zheng He, amiral chinois, explorateur maritime que ses tribulations amenèrent jusqu'au Moyen-Orient et en Afrique de l'Est, et, selon une thèse iconoclaste, d'un militairebritanniqueGavin Menzies, aurait contourné le Sud du continentafricain pour remonter l'Atlantique jusqu'auxAntilles.
Lorenzo Gambara, poète italien auteur du premier poème consacré à Christophe Colomb,De navigatione Christophori Columbi, 1581.