LeChili, en forme longue larépublique du Chili[7] (enespagnolChile etRepública de Chile), est unpays d’Amérique du Sud partageant ses frontières avec lePérou et laBolivie au nord et avec l’Argentine au nord-est, à l'est et au sud-est. Tout son territoire forme une étroite bande continentale allant dudésert d'Atacama, au nord, jusqu'aucap Horn, au sud, étant exclusivement bordé par l'océan Pacifique sur sa façade ouest. L'île de Pâques, située à 3 000 km à l'ouest deValparaíso dans l'océan Pacifique, fait partie du Chili depuis 1888[8]. De même, le Chili possède depuis 1935 l'archipel Juan Fernández situé à environ 700 kilomètres à l'ouest du pays abritant la célèbreîle Robinson Crusoé. La superficie totale du pays est de 756 102 km2[9]. La capitale du Chili estSantiago[10]. Les autres villes importantes sont le grand port maritime deValparaíso, la célèbre station balnéaire deViña del Mar et la ville industrielle d'Antofagasta.Punta Arenas est la plus grande ville des terres australes du continent américain.
Le Chili possède l’une des cinq écorégions méditerranéennes du monde ; ses hivers tempérés et ses étés secs et chauds offrent des conditions idéales pour l’agriculture et autres activités de production[pertinence contestée]. Le pays est cependant fortement menacé par lechangement climatique et a perdu au moins 37 % de ses ressources hydriques depuis le début des années 1990[pertinence contestée][13].
De nombreuses hypothèses ont été émises sur l’origine du nom du pays. Selon l’une d’entre elles, les conquistadors installés au Pérou appelaient la région australevalle de Chile. De nombreux noms propres hispanisés proviennent de noms locaux de fleuves et rivières (Pérou pour río Virú, Lima pour río Rimac). Il se peut que le nom du pays soit lié à celui de la rivière qui traverse la ville d'Aréquipa au sud du Pérou, le río Chili. SelonJuan Ignacio Molina, le nom viendrait detrih o chi, expression utilisée pour désigner un oiseau ayant des taches jaunes sur ses ailes[15]. Selon l’historienRicardo Latcham, le nom viendrait d’un groupe d’Amérindiens (lesMitimaes) capturé par lesIncas, qui provenait d’une région du Pérou où il existait un fleuve portant ce nom[16].
Une autre théorie anonyme soutient que l’origine estaymara car l’IncaTupac Yupanqui avait donné ce nom aux terres conquises au sud de l’empire inca, jusqu’à lavallée de l'Aconcagua (signifiant « gelé » ou « confins » en aymara).
Cependant, le nom du pays n’a aucun rapport avec le mot espagnolchile qui désigne lepiment.
Un décret, pris le sous le gouvernement du directeur suprêmeRamón Freire, établit officiellement le nom « Chile » celui du pays[17].
Côté Pacifique, différentes cultures et peuples coexistaient :Aymaras, Changos,Chinchorros,Atacamas etDiaguitas dans le Nord ; Picunche, Mapuche, Huilliche et Pehuenche dans les régions centrale et méridionale ; et Chonos,Onas,Yaganes etAlakalufs dans laPatagonie et laTerre de Feu. Les Mapuche représentent le plus grand groupe ethnique.
Distribution des populations indigènes précolombiennes au Chili.
Palais présidentiel deLa Moneda, construit de 1776 à 1817.
En 1520,Fernand de Magellan est le premier explorateur européen à mettre pied sur le territoire de l’actuel Chili après avoir découvert le détroit qui porte actuellement son nom. En 1535, lesconquistadores espagnols tentent de conquérir le territoire de lavalle de Chile en combattant les Incas. L’expédition deDiego de Almagro est un échec. Celle dePedro de Valdivia etInés Suárez effectuée en 1536 est plus convaincante. Valdivia fonde une série de villages comme Santiago de Nouvelle Estremadure[18] le ouValdivia en 1545[19].
Valdivia commence une laborieuse campagne militaire contre les Mapuche. C’est laguerre d'Arauco qu’Alonso de Ercilla relate avec passion dans son œuvreLa Araucana (1569-1589).Pedro de Valdivia meurt en 1553 à la suite d’une insurrection des Mapuches.
La capitainerie générale du Chili (également connue sous le nom deReino de Chile) est à l’époque la colonie la plus australe de l’empire espagnol. Du fait de sa position géographique, c’est une colonie stratégique, protégeant ledétroit de Magellan et une colonie économique dont les ressources naturelles étaient extraites pour le compte de lavice-royauté du Pérou.
Le, un groupe indépendantiste profite des invasionsnapoléoniennes enEspagne pour initier un processus d'autodétermination et constituer unejunte. Commence ainsi une période connue sous le nom de Patrie ancienne, qui va durer jusqu'audésastre de Rancagua en 1814, quand les troupes royalistes reprennent le contrôle du territoire. Les troupes indépendantistes comptant 6 514 soldats se réfugient alors àMendoza, unissant leurs forces aux troupes de la province d’Argentine qui comptaient 2 600 soldats, formant ainsi l'armée des Andes. Cette dernière libère le Chili après labataille de Chacabuco, le. L'année suivante, l'indépendance du Chili est déclarée et le pays est placé sous l'autorité deBernardo O'Higgins qui prend le titre de Commandeur Suprême[20].
Celui-ci entame des réformes qui provoquent un mécontentement de l'aristocratie, ce qui l'oblige à abdiquer en 1823. Durant dix ans, le Chili est soumis à une série de réformes qui tentent de donner une organisation au pays. Son ex-ministre des relations extérieuresMariano Egaña, ambassadeur dans plusieurs pays d'Europe, négocie la reconnaissance officielle parLondres et un grand emprunt. Comme lePérou, laBolivie,Mexique, ou laColombie,le pays fait appel à la Bourse de Londres pour financer des sociétés minières[21] : des centaines de techniciens anglais traversent l'océan, avec leurmachine à vapeur, pour les moderniser.
Après une série de victoires des conservateurs, avec la révolution de 1829, une période de stabilité commence. Elle est appelée République conservatrice. Le ministreDiego Portales est alors le principal protagoniste de l'organisation du pays grâce à la Constitution de 1833. Peu à peu, le pays commence à étendre son influence sur le continent tant au nord qu’au sud. L'économie commence à décoller avec la découverte de minerais d'argent deChañarcillo et la croissance des échanges commerciaux à partir du port deValparaíso.
Cette source de prospérité entraîne un conflit avec lePérou, pour la suprématie maritime sur le Pacifique. La formation de la Confédération péruvienne et bolivienne est considérée comme une menace pour la stabilité du Chili. Ainsi, Portales déclare la guerre qui se termine avec la victoire de la bataille de Yungay en 1839 et la dissolution de la Confédération. Au même moment, le pays tente de prendre le contrôle des régions australes. Il étend son territoire en Araucanie et coloniseLlanquihue,Osorno etValdivia en faisant venir descolonsallemands. La région de Magellan est incorporée en 1843 et la zone d’Antofagasta commence à être habitée.
Après trente ans de gouvernement conservateur (1831-1861) commence une période où le parti libéral (parti de gauche) prend possession du pouvoir. À ce moment-là, la croissance économique est très forte, grâce notamment à l'exploitation par les Chiliens et les Britanniques dusalpêtre dans la zone d'Antofagasta qui appartient à la Bolivie. Cette situation provoque la protestation de laBolivie. Elle ne trouve pas de solution, même après la signature de plusieurs traités en 1866 et 1871. Le, le Chili prend possession du port d’Antofagasta, déclarant la guerre à la Bolivie. Le a lieu lecombat naval d'Iquique.
LePérou, quant à lui, a préalablement signé un pacte secret avec laBolivie en cas de conflit avec le Chili. Laguerre du Pacifique (1879-1884) commence. Elle se termine par la bataille de Huamachuco le et la victoire du Chili. Après ce conflit, le Chili prend possession des zones d’Antofagasta et des provinces deTarapacá,Arica etTacna (cette dernière est restituée au Pérou en 1929)[22]. Le pays résout par la même occasion le problème de frontière avec l'Argentine en cédant une grande partie de laPatagonie et laPuna de Atacama. Enfin, dans le sud du territoire se termine laguerre d'Arauco avec la « pacification » de l'Araucanie en 1881 et l’intégration de l'île de Pâques en 1888.
En 1891, le conflit entre le présidentJosé Manuel Balmaceda et le Congrès aboutit à une guerre civile. Les congressistes remportent la bataille et mettent en place la République parlementaire.
Les années qui suivent sont marquées par une période de prospérité économique, avec l'ouverture aux investisseurs français dans le domaine minier et portuaire, avec laSMCC. Elles sont aussi caractérisées par une instabilité politique et le début du mouvement prolétaire appeléCuestión Social. Ce dernier se met en place à cause de la « mauvaise répartition de la richesse ». Après dix ans de pouvoir de l'oligarchie,Arturo Alessandri Palma est élu. Il représente le lien manquant mais provisoire entre une élite et les « chers pauvres » (queridas chusmas en espagnol). Malgré cela, la crise continue et Alessandri renonce au pouvoir après avoir promulgué laConstitution de 1925 qui donne naissance à une République de type présidentiel.
À partir de 1903, face aux grèves et aux mouvements de protestation, le gouvernement, préoccupé par le maintien de l’ordre social, répond aux revendications ouvrières par des massacres successifs[23]. En 1907, des grèves massives sont déclenchées par les ouvriers du salpêtre de la province de Tarapacá, qui demandent à être payés en monnaie légale et non pas en bons émis par les entreprises qui ne peuvent être échangés que contre des produits disponibles dans les commerces de ces mêmes entreprises à des prix plus élevés que sur le marché. Les ouvriers se rassemblent dans la ville d'Iquique afin d'y négocier avec des représentants du patronat, tandis que le présidentPedro Montt envoie des troupes. À la suite de négociations infructueuses, l'armée ordonne aux grévistes de quitter la ville, ce que ces derniers refusent. Le 19 décembre, des tirs de mitrailleuses et de fusils sont dirigés vers la foule et les troupes capturent de six mille à sept mille personnes, dont certaines seront exécutées. Le gouvernement ne reconnait que126 morts mais des estimations portent ce nombre à plus de 3 000[23].
Le mouvement ouvrier s'organise dans les années 1910 avec la création du Parti ouvrier socialiste en 1912, de la Fédération ouvrière régionale du Chili en 1913 ; et la branche chilienne de l'Industrial Workers of the World en 1919[23].
La baisse de la demande denitrate et les premières luttes ouvrières causées par de mauvaises conditions de travail créent un climat d’instabilité sociale et politique au cours des années 1920. Le présidentArturo Alessandri entreprend des réformes sociales et promulgue la Constitution de 1925. Mais la crise mondiale de 1929 plonge le Chili dans larécession et l’agitation sociale. Les gouvernements se succèdent ainsi que les coups d’État.Carlos Ibáñez del Campo devient présidentde facto en 1927[24], suspend les élections et gouverne par décrets, tout en envoyant en exil son rivalMarmaduque Grove, qui avait participé avec lui aucoup d'État de 1925. Les conséquences de laPremière Guerre mondiale (où le pays s’est déclaré neutre), la mauvaise politique économique et les moyens utilisés pour amoindrir les effets de laGrande Dépression ont eu des conséquences sur lesalpêtre, produisant ainsi une crise économique au cours de laquelle le Chili subit une forte récession économique.
Ibáñez démissionne en 1932 et l’instabilité politique s’accentue par un coup d’État qui donne naissance à larépublique socialiste du Chili qui dure seulement douze jours avant qu’Alessandri reprenne le pouvoir et redresse l’économie. L’arrivée d’Alessandri a pour effet d’amoindrir les tensions entre les partis politiques. Il y a aussi une crise sociale ; de nouveaux acteurs exigent des transformations dans la façon de gouverner le pays.Pedro Aguirre Cerda est élu président en 1938 grâce à une alliance (leFront populaire) qui s’oppose à l’élite au pouvoir. Des réformes sociales et politiques font du Chili un des pays les plus avancés du point de vue de la législation et de la protection sociale. Lecuivre remplace peu à peu lenitrate dans l’économie nationale (à cause de la demande mondiale et surtout en raison de la découverte de lamine de Chuquicamata). Le pays s’industrialise progressivement, et le nombre d’ouvriers augmente.
Le gouvernement de Aguirre Cerda réussit divers changements, principalement économiques, en posant les bases de l’industrialisation chilienne à travers la création de laCORFO. Il entraîne toutefois une période de radicalisme. Au niveaugéopolitique le pays réclame leTerritoire chilien de l’Antarctique. Les réformes s’arrêtent brutalement avec la mort du président en novembre 1941, durant laSeconde Guerre mondiale.Juan Antonio Ríos, son successeur, doit affronter l’opposition et les pressions desÉtats-Unis pour entrer en guerre contre lespays de l'Axe ; la déclaration de guerre est signée le 20 janvier 1943. En 1946, avec l’appui duParti communiste, le radicalGabriel González Videla est élu Président. Cependant, le début de laguerre froide amène à interdire le Parti communiste au moyen de la loi de la Défense permanente de la Démocratie (Ley Maldita). En 1952,Carlos Ibáñez del Campo reprend le pouvoir — cette fois-ci au moyen d’une élection —, mais il perd la faveur de la population en raison de la mise en place de réformes libérales.
En 1958, l’indépendant de droiteJorge Alessandri est élu. Il doit affronter les conséquences duTremblement de terre de Valdivia de 1960, le plus fort jamais enregistré, ainsi que l’organisation de laCoupe du monde de football 1962. S’établit alors le système de[s]los tres tercios (trois tiers) composés par la Droite, leParti démocrate-chrétien et la Gauche du Frente de Acción Popular. Craignant une victoire de la gauche, la droite soutient le démocrate chrétienEduardo Frei Montalva qui est élu en 1964. Le président tente de réaliser laRevolución en Libertad (La Révolution en Liberté) au travers de nombreuses réformes comme laRéforme agraire et la chilénisation ducuivre (appropriation par des Chiliens de mines appartenant auparavant auxÉtats-Unis). À la fin de son mandat, la tension politique produit une série d’affrontements. L’obstruction de la droite au Congrès augmente.
LesÉtats-Unis n'interviennent pas directement dans la campagne électorale, même si la candidature du conservateurJorge Alessandri est soutenue par la compagnieInternational Telephone and Telegraph (ITT) (environ 350 000 dollars américains). Il n’y a pas de comparaison possible avec ce que les entreprises ont donné durant la campagne de Frei, quand il existait une assistance électorale[25].
Le, le candidat de l’Unité populaire,Salvador Allende, arrive en tête de l’élection présidentielle avec 36,6 % des suffrages et devance le conservateurJorge Alessandri (34,9 %) et le démocrate chrétienRadomiro Tomic (27,8 %)[26]. Allende, ancien ministre de la santé et ancien président du sénat, avait déjà été candidat à trois reprises. Cette élection à un seul tour doit être confirmée par le Congrès dominé par les démocrates chrétiens et les conservateurs, puisque le candidat arrivé en tête n'a pas obtenu la majorité absolue. Le, les socialistes obtiennent des démocrates chrétiens l’investiture d’Allende en échange de la promesse de respecter les libertés et la légalité. Les alessandristes ont peur du gouvernement socialiste, alors que les allendistes et les démocrates-chrétiens expriment leur joie dans la rue.
Devenu ainsi le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste et disposant d'une majorité parlementaire grâce au soutien des démocrates-chrétiens, Allende intensifie les réformes de son prédécesseur. Les mines de cuivre (qui représentent les trois quarts des exportations) avaient été nationalisées à 51 % parEduardo Frei Montalva, Allende exproprie la partie restante sans indemniser les compagnies américaines. Il accentue sensiblement la politique de redistribution des terres en faveur des paysans pauvres. Beaucoup d'autres entreprises sont réquisitionnées ou nationalisées (dont neuf banques sur dix) et le plan de grands travaux publics fait chuter le chômage. Le gouvernement Allende met en place des mesures sociales comme l'augmentation des salaires, la mise en place d'un programme de construction de logements ouvriers et la distribution gratuite de lait pour les enfants.
Les résultats économiques de la première année au pouvoir d'Allende« apparaissent assez satisfaisants » : le PIB progresse d'abord fortement (+8 % en 1971), le chômage et l'inflation diminuent ; le succès est cependant« trompeur »[27]. Les deux années suivantes vont être catastrophiques. L'inflation explose (508 % entre décembre 1972 et décembre 1973), le PIB se contracte (-4,3 %[28] et -3,6 % en rythme annuel) et la valeur de la monnaie chilienne chute. Lapolitique monétaire trop expansionniste et la chute du prix ducuivre d'environ un tiers de 1970 à 1972 sur les marchés mondiaux sont en grande partie responsables de ces résultats, accentués par la déstabilisation de l'économie par des opposants[29],[30]. Le gouvernement tente d'enrayer la crise en fixant les prix des denrées, ce qui provoque un développement du marché noir et des pénuries. En 1972 commencent les marches des casseroles vides par lesquelles les ménagères expriment qu'elles n'ont plus rien à cuire.
En mars 1973, les démocrates chrétiens et les conservateurs présentant une liste unique obtiennent 55,6 % des voix aux élections législatives[31]. Malgré une amélioration de son score électoral (44,1 %), l’Unité populaire d’Allende est minoritaire et le budget annuel 1973 n'est pas voté. Allende est cependant à l'abri d’une destitution, l’opposition ne réunissant pas les deux tiers des voix et des sièges ; il décide alors de reconduire le budget de 1972 pour l'année 1973 par décret ; cette disposition légale, mise en place sous le gouvernement socialiste deMarmaduque Grove de 1932, lui permet de se passer de l'accord du Parlement.
Allende tente aussi d'obtenir le soutien actif de la population ; des milices ouvrières se constituent dans les villes et les campagnes pour entretenir la légitimité révolutionnaire du gouvernement. L'opposition conservatrice et les démocrates chrétiens, incapables de bloquer les décisions d'Allende du fait de la marginalisation du parlement, mobilisent à leur tour la rue. Ils organisent ou apportent leur contribution à une série de révoltes et de manifestations (la plus célèbre étant la grève des camionneurs), qui paralysent le pays alors que son économie est déjà très affaiblie par les réformes d'Allende. Dans le même temps, on assiste à la montée en puissance de groupes paramilitaires d'extrême-droite et le pays vit une guerre civile larvée où s'opposent les milices d'extrême gauche (MIR) à ces dernières.
Lorsque durant l'été 1973 de multiples grèves et des insurrections menacent la stabilité du pays, Allende, paraphrasantJohn F. Kennedy, déclare que « ceux qui s'opposent à une révolution pacifique rendent celle-ci inévitablement violente »[32]. Le, le présidentSalvador Allende, nommePinochet général en chef des armées à la suite de la démission dePrats[33], qui lie sa décision aux nombreuses manifestations féminines contre le gouvernement[34].
Henry Kissinger, leSecrétaire d'État deRichard Nixon, avait déclaré dans un discours prononcé à l'occasion de l'élection de Salvador Allende :« Je ne vois pas pourquoi il faudrait s'arrêter et regarder un pays devenircommuniste à cause de(due to the) l'irresponsabilité de son peuple. »[35]
Les États-Unis cherchent à affaiblir Allende. Les crédits accordés par les Américains au Chili passent de 300 à 30 millions de dollars et si, dans le même temps, l'aide des pays socialistes et européens sur-compense cette perte (600 millions de dollars de nouveaux crédits), le Chili demeure très dépendant des États-Unis (notamment pour des pièces détachées) et les répercussions néfastes de cette politique sont nombreuses[36].
LaCIA est également active, elle disposera sur ces trois années d'un budget de sept millions de dollars pour soutenir l'opposition à Allende. Elle l'emploie principalement à aider les partis politiques (démocrates-chrétiens et conservateurs, qui recevront la moitié de l'aide), les journaux anti-Allende (El Mercurio, à l'époque le plus grand quotidien du pays, bénéficiera à lui seul d'un cinquième de l'aide) et dans une moindre mesure des organisations privées. Les groupes paramilitaires d'extrême-droite sont en revanche délaissés,Patria y Libertad ne reçoit que 1 000 dollars entre 1970 et 1971 puis plus rien[37]. Les autorités américaines rechignent à aider les grévistes anti-Allende. La proposition d'un soutien a été abordée plusieurs fois au sein du Comité 40 (chargé de définir et de contrôler les activités de la CIA) mais elle a toujours été repoussée. Une partie des fonds fournis par la CIA aux partis d'opposition et aux organisations privées aurait néanmoins été détournée par ces derniers pour soutenir les camionneurs[38],[39]. Réagissant aux nationalisations effectuées par le gouvernement d'Allende, plusieurs firmes américaines dont l'ITT apportent leur concours à cette stratégie[40].
L'administration Nixon fut enchantée du coup d'État de 1973. Mais, si de nombreuses accusations sont formulées, aucun élément ne permet cependant d’affirmer que les États-Unis ont directement participé au coup d’État proprement dit du. Le rapport de laCommission Church duSénat des États-Unis, en 1976, a conclu que les États-Unis n'avaient pas eu de rôle direct dans l'événement.Kissinger affirme par ailleurs que les grandes manœuvres américaines étaient terminées à l'époque du coup, ce qui est confirmé par les archives. Peter Kornbluh, chercheur au National Security Archive[41], qui a participé à une campagne pour la déclassification des archives de la CIA, déclare àLibération : « si les États-Unis n'ont pas directement participé au complot du, ils ont tout fait pour préparer le coup d'État contre Allende »[42].
Le, uncoup d'État mené par le généralAugusto Pinochet, renverse Salvador Allende, retrouvé sans vie dans le palais dela Moneda bombardé par les putschistes. Le rapport d'autopsie ordonné par la commission d'enquête de mai 2011 conclura en juillet 2011 au suicide[43]. Ce coup d’État est accueilli avec soulagement par les conservateurs et certains démocrates-chrétiens, qui espèrent récupérer rapidement le pouvoir. Mais lajunte militaire prend le pouvoir et le conservera jusqu’en 1990, imposant une dictature. Elle est dirigée par Augusto Pinochet et est composée des commandants en chef des trois armées et du chef de la police. Ce coup d’État se fait sous le regard des caméras et a un grand retentissement en Europe.
La junte dissout le Congrès national, les conseils municipaux, les syndicats et les partis politiques. La liberté de la presse est abolie, lecouvre-feu instauré. Tout ce qui est littérature de gauche est interdit, des centaines de milliers de livres sont brûlés. Les opposants sont arrêtés, torturés, déportés ou exécutés. En dix-sept ans, le régime du général Pinochet est responsable de la mort ou de la disparition d'au moins 2 279 personnes[44] ; sur le million d'exilés durant cette période[45], plus de 40 000 sont des exilés politiques[46]. Lestade national est transformé en camp de prisonniers à ciel ouvert, des dizaines de milliers de personnes sont arbitrairement incarcérées, des camps de concentration sont mis en place[47]. LaDINA, police politique de la dictature, fait disparaître des centaines de personnes.
Pinochet confie l’économie du pays aux théoriciens de l'école de Chicago, lesChicago boys, de jeunes économistes chiliens commeJosé Piñera etHernán Büchi, souvent formés à l'Université de Chicago et adeptes des idées deMilton Friedman et d'Arnold Harberger[48]. Après une baisse du PIB de 10 % entre 1973 et 1975[49], la croissance atteindra 8 % par an entre 1977 et 1980[50] au prix d'un endettement extérieur et d'une inflation très élevés, et lechômage augmente fortement. Une très grave crise économique touche le Chili entre 1982 et 1985 ; sous l’influence de la hausse mondiale de l'inflation, l’inflation nationale atteint 27,3 % en 1982[51], et le pays connaît sa pire récession depuis les années 1930[52]. De 1982 à 1984, le PIB baisse de 16 %[49]. La crise provoque une série de protestations de la population contre le régime politique et le libéralisme économique. Le chômage, qui touche en moyenne 18 % de la population active pour l'ensemble de la période du régime militaire, culmine à environ 30 % en 1983[49],[53]. L’économie du pays revient au vert à partir de 1985, permettant de résorber l'important déficit financier extérieur accumulé à la fin des années 1970 et d'équilibrer les finances publiques[49], mais les manifestations (« protestas »), réprimées dans le sang, se poursuivent contre la dictature.
Les transformations engagées sont inspirées par la théorie économique libérale. Elles comprennent notamment laprivatisation de la plupart des entreprises publiques et la réduction de la taille de l'État, à travers une diminution des dépenses publiques, essentiellement dans les domaines des équipements, des services sociaux et des aides financières. La plupart des banques sont privatisées en 1975. En 1989, le producteur de cuivreCorporación Nacional del Cobre, la société de raffinage de pétroleEmpresa Nacional del Petroleo, les entreprises fournissant des services d'infrastructures — aéroports, réseau routier, ports, services d'utilité publique, chemins de fer — et la banque publiqueBanco del Estado sont les seules entreprises publiques. La période 1973-1989 voit également un recul des droits des travailleurs avec l'interdiction des syndicats et la décentralisation des négociations salariales. Conjuguée avec les revers économiques, l'érosion de la politique sociale conduit à une aggravation des inégalités de revenus et de la pauvreté, cependant que les investissements dans les infrastructures publiques prennent du retard. Par ailleurs, sous l'effet des crises économiques, les salaires réels moyens chutent de 17 % entre 1973 et 1985, ne commençant à se redresser, de 9 %, qu'à partir de 1988-1989[49].
Selon l'économiste et ancien conseiller d'Allende Orlando Caputo[54], cette politique économique, dans une ambiance de terrorisme politique, conduit à un recul très important de la part des salaires dans la valeur ajoutée qui baisse de 52 % en 1972 à 37 % en 1973[55].
PIB par habitant au Chili 1950-2010.
La crise de 1982-1983 signe l'arrêt momentané du « miracle chilien »[56]. Les salaires réels, jusque-là indexés à l'inflation, diminuent de 10 %[57] et se situent 30 % en dessous de leur niveau de 1970[58] ; le chômage atteint 30 %, la pauvreté augmente, et les inégalités s'accroissent. À la fin des « années Pinochet », 20 % de la population se partage 80 % de la richesse du pays[59]. Pendant toute la durée de la dictature, la consommation moyenne par habitant n'a jamais retrouvé son niveau de 1972, et on observe une « diminution de la qualité de vie d'une partie importante de la population chilienne »[60]. Cependant, en parité de pouvoir d'achat, le PIB par habitant s'est accru de 50 % entre 1974 et 1990, sous la présidence de Pinochet, puis a doublé entre 1990 et 2005.
Le Chili participe activement à l'Opération Condor visant à éliminer physiquement les opposants aux dictatures militaires. Des partisans de la démocratie, en exil, sont assassinés partout dans le monde : le généralCarlos Prats est tué en 1974 en Argentine, l'économisteOrlando Letelier est tué en 1976 auxÉtats-Unis, le démocrate-chrétien Bernardo Leighton est grièvement blessé par un attentat en 1975 enItalie. Le Chili et l'Argentine s'affrontent en 1978 dans leConflit du Beagle pour la possession de quelques petites îles australes. Ce conflit manque de peu de provoquer une guerre entre les deux pays, le Chili sera le seul pays d'Amérique du Sud à soutenir politiquement leRoyaume-Uni durant laguerre des Malouines.
À partir de 1978, la junte militaire entreprend d’établir une constitution remplaçant laConstitution de 1925 qui est considérée par la junte comme la source de la crise institutionnelle. Celle-ci est élaborée par laCommission Ortúzar dirigée parEnrique Ortúzar etJaime Guzmán. Cette loi fondamentale contenait des dispositions transitoires et devait entrer en vigueur seize ans plus tard. Elle installait Pinochet comme président pour huit ans et prévoyait une période additionnelle de huit autres années de gouvernement militaire, avec un candidat unique désigné par les autorités militaires et qui devait être ratifiée lors d’un plébiscite. Elle remplace le système proportionnel par un système binominal lors des élections et l’établissement d’un second tour dans l’élection présidentielle et instaure un Tribunal constitutionnel chargé de valider les lois. La constitution est approuvée après un plébiscite qui a lieu le. Le scrutin, organisé dans des conditions controversées, donne 67 % pour le Oui[61]. Pinochet est reconduit au pouvoir pour huit ans.
En 1988, Pinochet demande la prolongation de son mandat parréférendum mais n’obtient que 44,01 % d’approbation, contre56 % de votants qui demandent son départ et la fin de ladictature[62]. Il organise alors une transition progressive vers ladémocratie (tout en se garantissant une immunité constitutionnelle).
Après la défaite d’Augusto Pinochet lors du plébiscite de 1988, la constitution est amendée par Pinochet pour provoquer des élections, et faire élire de nouveaux sénateurs, diminuer le rôle du Conseil de Sécurité Nationale et y mettre autant de membres civils que de militaires (quatre membres de chaque ensemble). Beaucoup de personnalités politiques chiliennes considèrent ce Conseil de Sécurité comme des restes du régime autoritaire. Tout est fait pour réformer la constitution.
En a lieu le premier tour de l’élection présidentielle qui est le point de départ du régime démocratique. Le démocrate chrétienPatricio Aylwin, candidat de laConcertation des partis pour la démocratie (regroupant le Parti Démocrate chrétien, le Parti socialiste, le Parti pour la Démocratie et le Parti radical social démocrate), affronteHernán Büchi, candidat de la coalition Alianza por Chile (regroupant l'Union démocrate indépendante et Rénovation nationale). En, lacommission Vérité et Réconciliation, établie un an auparavant par Aylwin, informe sur les violations des Droits de l’Homme commises par le régime militaire.
Le, à la suite d'élections démocratiques, Pinochet cède son poste de président de la république au démocrate chrétienPatricio Aylwin, élu à la tête d’une coalition — la Concertación — englobant les héritiers du socialisme d’Allende. Mais Pinochet demeure encore sept ans chef des armées. Patricio Alywin doit remettre en place la démocratie, établir une nouvelle politique nationale, maintenir la bonne santé économique du pays (qui s'améliore sensiblement avec le retour de la démocratie). Enfin, encore plus important pour les Chiliens, l’armée doit reconnaître les violations des Droits de l’Homme commises pendant la dictature. Le,Eduardo Frei Ruiz-Tagle devient président de la République. Il est élu grâce à la coalition de laConcertación. Son gouvernement qui dure six ans, se caractérise par la bonne santé économique du Chili grâce à l’ouverture du marché chilien à l’étranger (les années 1990-1997 se caractérisent par une croissance annuelle duPIB de l’ordre de7 %). Cependant, à la fin de son mandat, une nouvelle crise économique affecte le pays. En 1999, le PIB du Chili régresse même de0 %, à cause des conséquences de lacrise économique asiatique. En, retraité et sénateur à vie, Pinochet est arrêté àLondres, à la suite du dépôt d'un mandat d’arrêt du juge espagnolBaltasar Garzón et mis en résidence surveillée. Ce problème a pour conséquence de raviver les tensions entre les différents partis politiques du pays.
Après une élection assez difficile,Ricardo Lagos devient président en (en étant le troisième président de laConcertación et le premier président socialiste depuisSalvador Allende), dans un climat économique relativement mauvais. Lagos devient populaire car il remet l’économie au vert, met en place de nombreuses réformes comme l’école gratuite et obligatoire jusqu’à18 ans, légalise le divorce en 2004. De plus, Lagos signe de nombreux traités de libre-échange, principalement avec l’Union européenne et lesÉtats-Unis[63]. De retour au Chili, presque deux ans plus tard (en mars 2000), le général Pinochet reçoit un accueil chaleureux de l'armée et de ses partisans rassemblés par milliers le long de la route de l'aéroport à son domicile[64], alors que des procédures judiciaires sont engagées contre lui.
Sebastián Piñera, président du Chili de 2010 à 2014 et de 2018 à 2022.
En 2004, la cour d’appel de Santiago lève l’immunité constitutionnelle d’Augusto Pinochet pour ses responsabilités dans l’opération Condor, un plan des dictatures sud-américaines des années 1970 pour éliminer leurs opposants. En, il est finalement relaxé par la cour d’appel. Les recours déposés par les familles de victimes sont jugés « irrecevables ». Cette relaxe est confirmée définitivement le par la Cour suprême.
Michelle Bachelet remporte de nouveau l'élection présidentielle le et est reconduite pour un mandat de quatre ans à partir du. En, Sebastian Pinera est réélu président du Chili, avec54 % des voix au premier tour. En, d'importantes manifestations lycéennes et étudiantes ont lieu contre une augmentation du prix des tickets de transports àSantiago[67]. Le projet est annulé par le gouvernement mais les manifestations se poursuivent à travers tout le pays et concernent d'autres sujets sociaux[68]. Les manifestants protestent ainsi contre la précarité du système de retraite et de santé, l’augmentation du prix des médicaments, la hausse des coûts de l’électricité, les très fortes inégalités, ou encore les intoxications répétées dans les « zonas de sacrificio » très industrialisées et fortement polluées[69]. Alors que des émeutes voient s'opposer manifestants et policiers dans plusieurs villes, le gouvernement ordonne le déploiement de plusieurs milliers de soldats et policiers dans les rues de la capitale. Des chars sont également déployés dans la ville et l'état d'urgence est proclamé[70].
Comme le précise laConstitution politique de 1980, le Chili est un État unitaire, avec un territoire divisé en 16 régions. La nation possède la souveraineté du pouvoir, qui s’exerce à travers l’élection des représentants parsuffrage universel ou parréférendum. Le Chili est unedémocratie républicaine.
Le président de la république possède d’importants pouvoirs, comme celui de désigner des sénateurs, de nommer les ministres ou de déclarer l’état de guerre. Des réformes démocratiques intervenues depuis ont largement modifié la constitution.
lepouvoir exécutif est tenu par leprésident de la République, élu démocratiquement tous les quatre ans au suffrage universel direct, et qui ne peut pas être réélu pour un second mandat successif. Une fois élu, le président désigne un cabinet de ministres, dont le ministre de l'Intérieur ;
lepouvoir législatif est représenté par leCongrès national, dont le siège se trouve àValparaíso depuis le retour de la démocratie en 1990. Il s´agit d'un congrèsbicaméral, composé d'unsénat et d'uneChambre des députés. Il comptait quarante-huit sénateurs élus pour huit ans (dont neuf sont désignés par diverses institutions et un estsénateur à vie après avoir été président du pays - cela n’est plus en vigueur depuis les modifications de la constitution en 2005) ; et cent-vingt députés élus pour quatre ans. Les parlementaires sont depuis 2006 tous élus démocratiquement au scrutin plurinominal majoritaire à un tour ;
le pouvoir judiciaire juge des affaires civiles et criminelles. Il est composé d’uneCour suprême, des Cours d’appel et des tribunaux de première instance.
À la suite desmanifestations de 2019-2021, il est décidé de changer de Constitution, ce qui sera approuvé par unvote en 2020[75] et l'élection d'uneassemblée constituante. Leréférendum sur l'adoption d'une nouvelle constitution a eu lieu en 2022 et a abouti au rejet du projet de constitution qui avait été soumis au vote. Un nouveau projet est élaboré l'année suivante et sera lui aussi rejeté. Les commentateurs attribuent l'échec du processus à sa politisation et au changement de priorité pour les chiliens[76],[77].
Depuis 1990, le pays connaît une vie démocratique. Il existe une opposition de droite constituée par deux partis : Renovación Nacional (RN), plus libéral ; et l’Unión Demócrata Independiente (UDI), plus conservateur. Ces deux partis forment l’Alliance pour le Chili. Il y a également une opposition d'extrême-gauche,Juntos Podemos Más, qui associe le Parti communiste (PC) et des partis humanistes et écologistes, qui n’ont pas de représentation au Congrès. Les principaux blocs politiques se sont constitués au milieu desannées 1980, pour défendre ou lutter contre le régime militaire d’Augusto Pinochet, et sont devenus officiels par le référendum de 1988. L’année suivante, chaque bloc a conservé son unité afin d’aborder l’élection présidentielle et chaque coalition a présenté un candidat. Depuis alors, malgré les problèmes qui surgissent de temps en temps à l’intérieur des blocs, le panorama politique n’a pas beaucoup changé. La présidente Bachelet dirige le quatrième gouvernement consécutif de laConcertación, après la victoire de la coalition lors des élections de 1989.
Les électeurs ont aussi élu cent vingt députés, et vingt sénateurs (pour un total de trente-huit sièges), supprimant au passage les postes de sénateurs à vie créés par le généralAugusto Pinochet. La Concertation a remporté plus de54 % des sièges de députés[80] et 57 % des sièges de sénateurs, s’assurant la majorité dans les deux chambres. Les réformes les plus profondes à la Constitution de 1980 ont été promulguées en septembre 2005, ce qui est considéré par certains comme la fin de la transition vers la démocratie. Ces réformes perfectionnent la Constitution en supprimant les dits « verrouillages autoritaires », laissés par Pinochet. Parmi les réformes mises en place : la réduction du mandat présidentiel de six à quatre ans ; le président est habilité pour mettre à la retraite les commandants en chef des forces armées ; l’élimination des sénateurs désignés à vie (qui n'étaient pas élus), ce qui a pour effet une réduction duSénat à trente-huit membres depuis.
Le système d’élection binominal utilisé pour les législatives et qui, à présent, favorise les deux grands blocs politiques, n’a pas encore été modifié. Une autre modification concerne également la possibilité pour les enfants de Chiliens (de ceux qui sont nés au Chili et donc Chiliens par le passeport) d’obtenir la nationalité (avoir non plus un titre de voyage mais un véritable passeport chilien), mais pas la citoyenneté (donc la possibilité de voter en cas d’élections). Il faut également tenir compte du fait que,à ce jour[Quand ?], plusieurs dizaines de milliers d’enfants de Chiliens n’étaient jusqu'alors considérés que comme des « non nationaux » (reconnus dans certains pays commeapatrides). Le droit de vote pour les Chiliens résidant à l’étranger fait partie des projets encore en cours. Lors de la dernière élection présidentielle du 11 décembre 2009, Michelle Bachelet n'a pas pu se représenter conformément à la Constitution du pays. Le candidat de la Concertación por la Democratia est l'ex-présidentEduardo Frei Ruiz-Tagle. Le prétendant de la droiteAlliance pour le Chili, est l'homme d'affaires Sebastián Piñera défait parMichelle Bachelet en 2006. Sebastián Piñera a remporté les élections le. Il met fin à vingt ans de gouvernement de centre-gauche. Le 15 décembre 2013,Michelle Bachelet est élue à nouveau à la présidence de la République au deuxième tour avec 62,16 % des voix. Elle prend ses fonctions le 11 mars 2014.
Le,José Antonio Kast, ultraconservateur admirateur de Pinochet, est élu au second tour avec 58 % des voix sur un programme de lutte contre la criminalité et prônant l’expulsion de 340 000 migrants en situation irrégulière[82].
Entièrement situé dans la partie méridionale de l’Amérique du Sud et bordé à l'ouest par l'océan Pacifique, le Chili s’étire sur ses 4 300 kilomètres de long, duPérou, au nord, jusqu'aucap Horn, au sud, avec une largeur moyenne de180 kilomètres (de440 kilomètres au maximum à la latitude 52°21 S et90 kilomètres au minimum à la latitude 31°37 S au nord deSantiago). Des frontières naturelles isolent le Chili de ses voisins : il est séparé de l’Argentine par lacordillère des Andes, de laBolivie et duPérou par ledésert d'Atacama.
Le pays se situe dans une zone fortement sismique et volcanique où cette activité découle de la poussée de laplaque tectonique de Nazca sous la plaque sud-américaine supportant le continent. Il fait partie de laceinture de feu du Pacifique.
À la fin duPaléozoïque (ère primaire), il y a230 millions d’années, le Chili n’était qu’une dépression marine dans laquelle les sédiments s’étaient accumulés. Au cours duMésozoïque (ère secondaire), sous la poussée de la plaque de Nazca, la couche de sédiments s’est plissée, donnant naissance à la cordillère des Andes. Le relief actuel est le résultat de millions d’années de volcanisme actif.
Le pays est composé principalement d’une zone de plaines encadrées par deux chaînes de montagnes :
la cordillère des Andes à l’est, qui marque la frontière naturelle avec laBolivie et l’Argentine et qui culmine à l’Ojos del Salado (6 893 mètres), volcan actif le plus élevé au monde ;
la Cordillère de la Côte à l’ouest est un massif beaucoup moins élevé qui culmine à environ 2 000 mètres.
Entre la cordillère de la Côte et lePacifique se trouve une série de plaines littorales, d’étendue variable, qui permet l’installation des populations et des grands ports. Certaines parties du pays possèdent des plateaux, comme l’Altiplano où laPuna de Atacama et les pampas dePatagonie.
Le « Grand Nord » est la zone comprise entre la limite Nord du pays et la latitude 26° S qui comprend les deux premières régions administratives du pays. Il se caractérise par son aridité intense : ledésert d'Atacama est le désert le plus aride du monde (à certains endroits, aucune précipitation n’est tombée depuis quatre-vingts ans). Ce désert comprend des zones moins arides comme la pampa del Tamarugal. Dans cette région, la cordillère de la Côte est massive et abrupte et arrive souvent jusqu’en bord de mer (les plaines littorales sont quasi absentes). La Cordillère des Andes se subdivise en deux chaînes : l’une va vers laBolivie et est très élevée et volcanique, ce qui a permis la formation de l’Altiplano andin et possède de nombreux lacs salés appelés salar comme leSalar d'Atacama dus à l’accumulation des sédiments durant des millions d’années.
Au sud se trouve le « Petit Nord », qui s’étend de la latitude 26° S jusqu’à l’Aconcagua (32° S). Les Andes commencent à être moins élevées vers le sud et à se rapprocher de la côte, arrivant à95 kilomètres à la hauteur deIllapel, la zone la plus étroite du pays. Les deux chaînes se touchent pratiquement, éliminant la dépression intermédiaire. La présence de fleuves crée des vallées perpendiculaires aux chaînes dans lesquelles l’agriculture est bien développée ; les plaines littorales commencent à s’élargir.
LaVallée Centrale est la zone la plus peuplée du Chili. Les plaines littorales sont étendues et permettent l’établissement de villes et de ports. L’altitude de la Cordillère de la Côte diminue progressivement. La Cordillère des Andes quant à elle dépasse les 6 000 mètres d’altitude puis commence lentement à descendre vers les 4 000 mètres dès laRégion du Libertador General Bernardo O’Higgins. La dépression intermédiaire devient une vallée fertile qui permet le développement agricole. Vers le sud, la Cordillère de la Côte réapparaît sous le nom de la cordillère de Nahuelbuta, alors que les sédiments laissés par les glaciers sont à l’origine à la zone de la frontière caractérisée par une série de lacs.
Ensuite, la Cordillère des Andes plonge dans l’océan Pacifique, donne naissance à une série d’îles au niveau ducap Horn, disparaît au niveau dupassage de Drake puis se prolonge par l’arc des Antilles australes, la péninsuleAntarctique ainsi que les Antartandes, située dans leterritoire chilien de l’Antarctique, qui s’étend entre les méridiens 53° W et 90° W qui constitue une superficie de 1 250 000 km2.
Dans l’océan Pacifique, le Chili possède une souveraineté sur l’archipel Juan Fernandez situé à environ700 kilomètres deValparaíso et l’île de Pâques située à plus de 4 500 kilomètres des côtes chiliennes. Ces îles ont une origine volcanique car elles se situent dans la zone de friction entre laplaque de Nazca et la plaque Pacifique, elle-même à l’origine de ladorsale du Pacifique oriental.
Outre la latitude, deux facteurs déterminants permettent d'expliquer le climat chilien décrit ci-dessus. D'une part, à l'est, la barrière naturelle que constitue lacordillère des Andes bloque les influences orientales, sauf dans le Nord où l'air estival humide en provenance de l'Amazonie apporte des pluies dans l'Altiplano et de la couverture nuageuse vers les côtes (ce phénomène humide est appelé « hiver bolivien »). D'autre part, à l'ouest, lecourant de Humboldt, courant froid (autour de14 °C) qui remonte la côte du sud vers le nord, tempère le pays (àAntofagasta, la température moyenne annuelle est de10 °C inférieure à celle deRio de Janeiro, ville à la même latitude mais sur la côte est du continent). Ce courant a aussi un effet crucial sur l'hygrométrie du pays : dès que les températures sur terre sont plus hautes que celle de l'océan (en gros, dans la moitié nord du pays), l'humidité de l'air se condense (précipitations) sur l'océan plutôt que sur la terre, ce qui crée un climat sec voire désertique tout au nord (désert d'Atacama).A contrario, dans la moitié sud, l'air océanique est relativement chaud par rapport au continent : son humidité va se condenser au-dessus des terres et entraîner de fortes précipitations (il pleut250 fois plus àPuerto Montt qu'àAntofagasta).
Ce régime « normal » peut être altéré par le phénomèneEl Niño, durant lequel la température de l'océan Pacifique (qui baigne la côte chilienne) augmente : la latitude où les températures sur mer et sur terre sont équivalentes remonte donc vers le nord. Les précipitations sur la partie centrale du pays, la plus peuplée, deviennent alors comparables à celles, plus importantes, qui tombent habituellement plus au sud, causant parfois de graves inondations et dommages.
Le Chili est le deuxième pays d'Amérique latine (après le Mexique) où les niveaux depollution de l'air sont les plus élevés[89].
Risques sismiques : le Chili fait partie de laceinture de feu du Pacifique, une chaîne de volcans qui entoure cet océan. Rien qu’au Chili, il y a plus de deux mille volcans, dont quarante-sept sont toujours actifs[90]. En effet le territoire est situé sur la jointure de deuxplaques tectoniques, les plaques tectoniquesNazca etsud-américaine, provoquant un fort risque sismique. Depuis 1900, le Chili a connu cinq des vingtplus violents séismes enregistrés sur terre. Pour la décennie 2010 trois séismes d'une intensité supérieure à 8 se sont ainsi produits : en 2010 (8,8), 2014 (8,2) et 2015 (8,3). Ces séismes n'ont heureusement pas été les plus meurtriers. Depuis le séisme deChillán en 1939, une politique stricte de construction parasismique est en vigueur dans le pays. Son efficacité a été démontrée notamment par le très faible impact sur les constructions contemporaines duséisme du 27 février 2010. Lors de cet événement, ce sont majoritairement des bâtiments traditionnels enadobe qui ont été détruits, affectant ainsi une partie du patrimoine architectural et historique du pays. Plus de la moitié des521 décès ont été causés par le raz-de-marée déclenché par le séisme. Sa survenue n'a pas été communiquée à temps par le service des urgences nationales aux populations côtières, quoique l'information fut disponible par exemple en Amérique du Nord.
Le territoire chilien est traversé par diverscours d’eau qui généralement naissent sur lacordillère des Andes et ont leur embouchure vers l’océan Pacifique (soit d’est en ouest). Cependant, du fait de la géographie du pays, les cours d’eau sont de développement assez faible (généralement moins de300 kilomètres).
La présence dudésert d'Atacama, dans le grand Nord du pays, explique qu’il n’y existe pratiquement aucun cours d’eau à l’exception notable du fleuve Loa, qui avec une longueur de443 kilomètres et ses nombreuxméandres est le plus long fleuve du pays. Dans le secteur de l’Altiplano se trouvent desbofedales qui donnent naissance aulac Chungará, situé à une altitude de 4 500 mètres, et les fleuves Lauca et Lluta, partagés entre laBolivie et le Chili qui ne dépassent pas les100 kilomètres de longueur.
Dans le centre-nord du pays, de nombreux cours d’eau forment des vallées où est pratiquée une importante agriculture intensive. Des fleuves comme lefleuve Elqui avec170 kilomètres de longueur, lefleuve Aconcagua avec142 kilomètres, lefleuve Maipo avec250 kilomètres et son affluent, la rivièreRío Mapocho avec120 kilomètres, et leMaule, avec240 kilomètres sont présents dans cette zone. Ils sont alimentés par lafonte des neiges de la Cordillère en été et les pluies en hiver. La zone ne présente pas de lacs d’importance, à l’exception dulac artificiel Rapel, et du lac artificiel deColbún, de la lagune du Maule et de la lagune de La Laja.
Vers le sud, le nombre de fleuves augmente. Lefleuve Biobío, long de380 kilomètres, situé dans larégion du Biobío part de la Cordillère dans larégion de l'Araucanie, traverse des dizaines de villages et possède de nombreux affluents. Dans cette zone, le pays a installé descentrales hydroélectriques. D’autres fleuves d’importance comme le fleuve Imperial et lefleuve Toltén, dont la source est le lac Villarrica, traversent la région.
Les précipitations au Chili ont diminué de plus de la moitié au cours de la période 2009-2019. De nombreuses rivières sont à sec et les réservoirs sont vides. Selon les experts, les bassins hydrologiques du centre du Chili vont encore baisser de 30 % dans les prochaines années[92].
Lerégime de Pinochet a instauré la privatisation de l’eau dans les années 1980. De nos jours, l'eau est essentiellement entre les mains des plus grandes entreprises extractives et des plus grandes fortunes. Plus de 350 000 Chiliens se trouvent en situation de pénurie d'eau[93]. LeHaut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a demandé en août 2020 au gouvernement chilien de « prioriser les droits à l’eau et à la santé avant les intérêts économiques ». Pour les experts de l’Onu, « le gouvernement ne respecte pas ses obligations internationales en matière de droits de l’Homme »[94].
La zone nord du pays est caractérisée par une végétation rare en raison de l’extrême aridité dudésert d'Atacama. Des arbres comme letamarugo, lefaux-poivrier, l’algarrobo et lechañar et diverses espèces decactus sont les seules espèces végétales qui peuvent s’adapter à ces conditions climatiques. Dans la zone de l’Altiplano, la végétation est plus présente, avec des espèces comme layareta et la queñoa. La famille deslamas, c’est-à-dire, lesguanacos, lesvigognes, leslamas et lesalpagas, sont les principaux animaux de ce lieu, à côté d’espèces plus petites comme laviscache et lechinchilla. Sur certaines lagunes de l’Altiplano vivent desflamants. Dans la zone du Petit Nord, quand surviennent des précipitations vers le mois de septembre, se produit le phénomène appelé leDésert fleuri, les terres arides sont alors recouvertes de diverses espèces defleurs, comme l'añañuca. Tout au long de laCordillère des Andes, l’espèce animale la plus connue est lecondor des Andes, représenté sur lesarmoiries du pays.
Entre le Sud de larégion de Atacama et larégion de Coquimbo, on assiste à un lent processus de diversification de la faune et flore, se caractérisant par la hausse des précipitations, sur les zones côtières de Talinay et du Parc National Bosque Fray Jorge existent des forêts de type patagonique. Dans le petit Nord, apparaissent des espèces declimat méditerranéen comme leboldo, l’acacia caven, lequillay et lecocotier du Chili.
Au sud du fleuve Biobío, la végétation se diversifie et devient une forêt de type valdivienne. Certaines espèces végétales comme legoyavier du Chili, lecopihue, fleur nationale, des fougères et des arbres divers comme lelaurel, le tepa (ouhuahuan), l'arrayán, lechequén, letinéo, l'avellano (ounoisetier du Chili), diverses espèces dePodocarpus et l'alerce (oucyprès de Patagonie) caractérisent ce type de forêt. Lepuma est le principal animal carnivore de la zone et vit dans presque tout le pays, sauf dans certains territoires où il a été éradiqué par l’homme. D’autres espèces animales caractéristiques sont lecygne à cou noir, lechat des pampas (oucolocolo), lepudu et lemonito del monte (marsupial lui aussi également appelécolocolo). Un des principaux problèmes environnementaux de la zone est la substitution de bois natifs par des plantations de pins et d’eucalyptus.
Dans les deux régions les plus australes du pays, il existe de nombreuses forêts toujours bien arrosées. Des arbres comme lecyprèsde las Guaitecas caractérisent la flore de la région. Vers l’intérieur du pays, se développent des bois, où prédomine lelenga (ouhêtre de la Terre de Feu ou encorehêtre blanc) et, vers la frontière argentine, se trouvent dessteppes, où vivent lesguanacos,nandous, renards, pumas, etc. Dans cette zone, se développe l’élevage d’ovins et de bovins dans les diverseshaciendas. Lehuemul, présent sur les armoiries nationales, a jadis vécu dans le pays, de nos jours il vit dans certaines zones difficiles d’accès. Finalement, dans l’extrême Sud du pays, la végétation se réduit à quelques arbres petits et robustes, comme ledrimys de Winter (oucannelle de Magellan), lehêtre de Magellan et leñirre (ouhêtre antarctique), ainsi que quelques arbustes, des espèces herbacées, desmousses et deslichens.
Leterritoire chilien de l’Antarctique se trouve en majeure partie gelé de façon permanente et seuls des mousses et lichens peuvent y pousser. Cependant, la faune provenant de la côte est d’une richesse exceptionnelle. La côte du pays compte de nombreuses espèces d’oiseaux comme lamouette, lepélican, lecormoran et l’albatros. On rencontre également plusieurs espèces demanchots comme lemanchot de Humboldt et lemanchot de Magellan.En mer, on rencontre une grande variété decétacés :grands dauphins vers Coquimbo etbaleines dans la région de Magallanes. Lebar est caractéristique de toute la côte chilienne et on trouve également des espèces typiques : lefitzroya, lemerlu, l’anchois, lecongridae, espèces particulièrement communes des côtes chiliennes. Les coquillages et mollusques, comme lapalourde, lamoule et leshuîtres, sont abondants. Lesaumon et latruite, introduits dans le pays, sont de nos jours les principales espèces de poissons présentes dans les fleuves chiliens.
Dans les territoires insulaires, la faune et flore sont uniques au monde. Alors que dans l’Île de Pâques l’arbre caractéristique, letoromiro, a pratiquement disparu, l’archipel de Juan Fernández compte plus de200 espèces végétales uniques comme le palmier chonta et certaines espèces animales comme lecolibri robinson et l'otarie à fourrure australe.
Le Chili abrite quelque 24 000 glaciers, soit plus de80 % des glaciers d’Amérique du Sud. La quasi-totalité d'entre eux enregistre un recul. Depuis la fin des années 2000, le pays connaît unesécheresse prolongée. En 2019, le Chili subit une baisse de plus de 50 % des précipitations en moyenne et l’accès à l’eau potable pourrait devenir critique. Or, la principale ressource en eau du pays, les glaciers, sont victimes duchangement climatique et de l’activité minière, l’un des secteurs économiques les plus importants du pays[96].
Le glaciologue Francisco Ferrando souligne qu'« avec la hausse des températures liées au changement climatique, les glaciers ne reçoivent plus autant de neige qu’auparavant et a situation est alarmante. Les précipitations sous forme de pluie augmentent le débit des cours d’eau en hiver alors que ce phénomène se produisait au printemps, avec la fonte des neiges. Cela signifie que ces cours d’eau pourraient bientôt se retrouver à sec dès le printemps. » Il met également en cause l’industrie minière : « Lacryosphère est directement menacée par l’activité minière. Cette dernière détruit lepergélisol. Elle réduit le niveau de l’épaisseur de la neige avec le va-et-vient des machines et des camions, l’ouverture de nouveaux chemins dans la roche. L’industrie minière détruit aussi les glaciers rocheux à cause des vibrations liées aux machines et au poids des matériaux extraits des entrailles des montagnes en accélérant la perte d’eau par compression. Il faut aussi y ajouter la contamination des particules liées aux explosions réalisées à la dynamite et la microsismicité de cette activité pouvant déstabiliser les masses de glace situées à proximité[96]. »
les ONG de défense de l’environnement accusent le gouvernement de céder devant les pressions du lobby minier en cherchant à contrecarrer tout projet de loi. En 2018, le président conservateurSebastián Piñera a enterré une initiative visant à interdire les activités industrielles à proximité des glaciers. En 2019, un projet de loi issu des rangs de l’opposition cristallise les tensions. Il est censé convertir les glaciers et leur environnement proche « en aires protégées, interdisant toute intervention sauf scientifique et pouvant bénéficier au tourisme durable ». Au moins 44 projets miniers sont susceptibles de voir le jour entre 2019 et 2028, avec un montant des investissements estimé à72 milliards de dollars. Certains groupes miniers sont en outre accusés de délibérément fausser leurs études d'impact[96].
Le Chili est divisé administrativement en seizerégions, qui se subdivisent enprovinces qui elles-mêmes se divisent encommunes. En 2007 le Chili, a créé deux nouvelles régions administratives ; il en possédait donc treize depuis 1976, date du découpage territorial. À la tête de chaque région se trouve un intendant tandis que les provinces sont dirigées par un gouverneur provincial. Chaque province est divisée encomunas (communes) gérées par unmaire. Les intendants etgouverneurs provinciaux sont nommés par le président, les maires sont élus par les citoyens.
Les régions étaient désignées par unchiffre romain et un nom. Les numéros étaient attribués du nord au sud. Les Chiliens utilisaient généralement davantage le numéro que le nom complet. La région de Santiago était une exception et n’avait pas de numéro correspondant, elle est désignée par les initiales RM (Región Metropolitana). Les régions ne se nomment plus avec les chiffres, car une loi a effacé les numéros des régions depuis le 15 février 2018[97].
En, le gouvernement du Chili a étudié le projet de loi pour la création de deux nouvelles régions : la XVRégion d'Arica et Parinacota, avecArica comme capitale, comme division de la Région actuelle de Tarapacá. La XIVRégion des Fleuves, avecValdivia comme capitale, comme division de la région actuelle de Los Lagos[98]. Le même projet de loi propose la création de deux nouvelles provinces : « El Tamarugal », dans la (nouvelle) Région d'Arica et Parinacota et « Ranco », dans la nouvelle « Région des Fleuves ». Un autre projet veut éliminer la numérotation des régions, ce qui entrera en vigueur le. Le, le Congrès chilien a accepté cette loi. Le, la Région delos Ríos a été créée. La Région d'Arica y Parinacota a été effective le. La Région du Ñuble, la plus nouvelle, a été fondée le.
De nos jours, le Chili possède un marché ouvert au monde entier. Son économie se caractérise par l’exportation et l’importation de matières premières. Durant l’année 2005, le nombre total des exportations a dépassé les 39,5 milliards de dollars américains. Les exportations ont augmenté de moitié cette année-là. Ses principaux clients sont par ordre d’importance l’Union européenne, lesÉtats-Unis, laCorée du Sud, l’accord P4 et laChine. Le Chili est membre de l’APEC (traité des pays du Pacifique), membre associé duMercosur (traité de libre échange entre les pays du continent sud-américain) et a intégré l'OCDE le.
Les importations ont atteint le chiffre de 30,5 milliards de dollars américains en 2005. Son PIB a augmenté la même année de 6,3 % arrivant à 115,3 milliards de dollars américains soit 14 900 dollars par habitant en 2010. Le Chili possède donc l'un desPIB par habitant les plus élevés des pays d’Amérique latine, juste derrière l'Argentine, cette dernière étant la nation la plus riche de la région[103].
L’agriculture et l’élevage sont les principales activités des régions du centre et du Sud du pays. L’exportation defruits etlégumes atteint des niveaux historiques car le marché s’ouvre aux marchés européen et asiatique depuis les années 1990. Le Chili connaît aussi une forte croissance dans le domaine de la pêche. Ainsi, le pays est devenu le premier exportateur desaumon en dépassant les niveaux de laNorvège en 2006. Il y a de nombreux élevages de saumon établis dans le lit des fleuves dans le Sud du Chili. Le Chili est le cinquième exportateur devin au monde, il possède des vignobles plus anciens que dans un grand nombre de pays européens, puisque les premiers cépages furent plantés dès 1541.
L’industrie chilienne est surtout locale, avec une exception notable de la production de la farine de poisson. Cette dernière se concentre dans la région métropolitaine,Valparaíso etConcepción. Depuis vingt ans, le gouvernement tente de dynamiser l’industrie agroalimentaire. Ainsi vers l’année 2010, le Chili sera un sérieux prétendant en ce domaine. Par ailleurs, le pays est devenu une sorte de plate-forme pour les entreprises étrangères en Amérique latine. Ainsi de nombreuses sociétés ont leur siège social à Santiago ou dans sa région. Le pays possède une présence importante d’entreprises du secteur des services.
La bonne santé économique du Chili est reconnue dans l’« étude pays » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée le. Il apparaît ainsi que le dynamisme économique a permis une élévation rapide du niveau de vie avec un PIB par habitant passé de 2 340 dollars en 1990 à plus de 5 000 dollars en 2004, même si le revenu par habitant corrigé de laparité de pouvoir d'achat représente en 2005 moins de40 % du niveau moyen des pays de l’OCDE et moins de30 % de celui des États-Unis[104]
Lapolitique budgétaire suit une règle vertueuse d’unsolde structurel excédentaire de plus de1 % du PIB. Ainsi, les finances publiques du Chili présentaient un solde positif de2 % du PIB en 2004, et de l’ordre de 3 % en 2005[105].
Le Chili suit uneéconomie libérale. Ladictature de Pinochet, suivant les doctrines deFriedman, a fortement augmenté la pauvreté au Chili, et multiplié les inégalités. Ainsi, entre 1974 et 1989, les revenus des10 % de ménages chiliens les plus riches ont augmenté28 fois plus vite que les 10 % de ménages chiliens les plus pauvres[106]. D'après l'organisme économique CENDA, « la dictature de Pinochet a transformé le Chili en une économie rentière. Un petit groupe de grandes entreprises s'est approprié les grandes ressources naturelles du pays et vit de sa rente »[107].
Le Chili est le pays le plus inégalitaire de l'OCDE[108]. En effet, les 10 % les plus riches ont un revenu27 fois plus élevé que les 10 % les plus pauvres[109]. Quatre familles (Piñera, Angelini, Matte etLucksic) contrôlent la moitié des actifs cotés à laBourse des valeurs de Santiago : leur patrimoine représente 12,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2011, contre 9 % en 2004[110].
Le Chili a vu sontaux de pauvreté passer de 50 % en 1987 à 18,8 % en 2003[111] ; le pays a été le premier pays latino-américain à accomplir et dépasser les objectifs de 2000 sur la réduction de la pauvreté. Malgré des avancées dans la matière, et l’élévation du niveau de vie de tous les habitants, le Chili a toujours une répartition des revenus très inégalitaire et par ailleurs il est placé au16e plus mauvais rang pour lesinégalités de richesse au monde. Par conséquent, en considérant unseuil de pauvreté défini relativement au niveau de vie moyen, une partie importante de la population chilienne est sous ce seuil. Le sujet des inégalités faisait partie des discussions entre les candidats présidentiels pour les élections de. En outre, le pays compte encore le plus faible taux de femmes actives d’Amérique latine avec40 % de femmes qui travaillent. De plus, on note de grandes différences de salaire entre les hommes et les femmes (de l’ordre d’un tiers pour le même emploi et la même qualification). Selon les chiffres officiels, le taux de pauvreté était de14 %, mais est en nouvelle augmentation pour atteindre15 % en 2010. Tous ces chiffres sont à relativiser, car fixé par l'État Chilien à 64 000 pesos en 2010 (soit128 dollars). Pour ordre d'idée, le Chili est un pays où deux voyages dans les transports publics coûtent 1000 pesos, un kilo de pain encore 1000 pesos, un mois de taxes universitaires plus de 200 000 pesos en moyenne, et la location mensuelle d’un studio ou d’une chambre avec unesalle de bains partagée entre les locataires entre 60 000 et 80 000 pesos[112].
La semaine légale de travail est de40 heures depuis 2024 (44 heures auparavant). Quelque70 % des salariés gagnent moins de730 euros par mois[113]. Le système fiscal du pays est particulièrement inégalitaire. Après avoir payé leurs impôts, l'écart s'agrandit encore entre les plus riches et les plus pauvres[114].
Chuquicamata, la mine à ciel ouvert la plus grande au monde.
L'agriculture du Chili a une production particulièrement diversifiée en raison de sa géographie, de son climat, de facteurs humains et de sagéologie particuliers. Historiquement, l'agriculture est l'un des fondements de l'économie du Chili mais aujourd'hui l'agriculture et les secteurs connexes comme lasylviculture et lapêche ne représentent plus que 4,9 % duPIB en 2007 et employait 13,6 % de lapopulation active du pays. Les principales productions agricoles du Chili sont leraisin, lapomme, lapoire, l'oignon, leblé, lemaïs, l'avoine, lapêche, l'ail, l'asperge, leharicot, lebœuf, lavolaille, lalaine, lepoisson et lebois. En raison de son isolement géographique et d'un contrôle strict des échanges auxdouanes, le Chili est épargné par des maladies comme lavache folle et lephylloxéra. De plus, le Chili a l'avantage d'être situé dans l'hémisphère sud, et de pouvoir produire en contre-saison sur une large gamme de produits grâce à des conditions climatiques très diverses. Toutefois, lesreliefs limitent l'ampleur et l'intensité de l'agriculture et les surfaces deterres arables.
La principale exportation du pays est lecuivre avec 36 % du marché mondial[115]. Le Chili est le leader mondial en ce domaine et a extrait 2 940 184 tonnes de cuivre en 2009, dont quasiment la moitié produit par les sites de Chuquicamata et Radomiro Tomic (à 10 km de Chuquicamata). Elle a atteint 5 800 000 tonnes en 2018[116].
Mais, il exporte aussi de l’argent et de l’or en moindre quantité. Ces matières premières sont extraites dans leDésert d'Atacama, dans le Nord du pays. L’extraction du cuivre représente50 % des exportations du Chili, ce qui rend le pays très dépendant du cours de ce métal[107]. L’entreprise Codelco Chile possède une des mines les plus grandes au monde (pour le cuivre) commeChuquicamata et El Teniente, Caletones, Potrerillo, las Ventanas. L’extraction du cuivre est la principale ressource des régions de Taracapá,Antofagasta, et Atacama (les trois régions du Désert d'Atacama). Grâce aux mines géantes de la Cordillère des Andes, qui couvrent très largement ses besoins nationaux en cuivre, le Chili estde très loin le premier exportateur mondial au milieu des années 2010.
Moaï sur l'île de Pâques.Festival International de la chanson de Viña del Mar, est l'un des événements musicaux les plus importants d'Amérique latine.
Depuis lesannées 1990, le tourisme au Chili est devenu une importante ressource économique, particulièrement dans les zones extrêmes du pays (désert d'Atacama dans le Nord, Patagonie et Terre de Feu dans le Sud). Pendant l’année 2005, il a augmenté de14 %, générant ainsi plus 1 360 millions de dollars américains (soit1 % du PIB national). Selon la SERNATUR[117], deux millions de personnes se rendent au Chili par an. Ce chiffre est encore bon si l’on le compare à ceux du Brésil ou duMexique. La majorité de ces visiteurs viennent du continent, principalement de l’Argentine. Cependant, ces dernières années, le nombre de visiteurs venant d’Espagne, deFrance, d’Allemagne est en constante augmentation (ces pays offrent même parfois des vols directs vers le Chili sans escale). Les Européens représentent 400 000 visiteurs en 2005.
Les principaux lieux touristiques correspondent aux lieux de beauté naturelle des zones extrêmes. San Pedro de Atacama, dans le Nord du pays, est très visité par les étrangers pour contempler l’architecture d’origine inca, les lagunes de l’Altiplano, laValle de la Luna plébiscitée pour son étrangeté et lesgeysers du Tatio. Près dePutre, dans l’extrême Nord, admirer lelac Chungará et le volcan Parinacota situé dans leparc national Lauca à plus de 4 500 mètres d’altitude est apprécié. Dans la zone australe, les principaux lieux touristiques sont l’archipel deChiloé, laPatagonie, la lagune de San Rafael et ses glaciers ainsi que le parc national deTorres del Paine. Pour finir, la mystérieuseîle de Pâques située au milieu de l’océan Pacifique est probablement le lieu touristique le plus apprécié par les Occidentaux, dû à son côté exotique par rapport au continent[118].
Au niveau national, le tourisme se concentre durant la période estivale, principalement dans les stations balnéaires commeArica, Iquique, Antofagasta,La Serena et Coquimbo pour la zone nord. La région de Valparaiso reçoit le plus grand nombre de touristes commeViña del Mar grâce à sa proximité avec Santiago.Viña del Mar est connue pour être la « capitale touristique du Chili » grâce à la beauté de ses plages. Chaque année, en février se déroule lefestival de la chanson de Viña del Mar, événement musical important enAmérique latine.
Le Chili est importateur net d’énergie. En effet, il ne possède pas de grandes réserves énergétiques. Par exemple, sur les 228 000 barils de pétrole consommés par jour, seuls 4 000 proviennent des gisements du pays. Le prix du pétrole dépend donc du commerce international et de la conjoncture. De la même façon, la quasi-totalité du gaz naturel est importée d’Argentine.
La tour de télécommunications Entel, inaugurée en septembre 1974 et mesurant plus de130 mètres de hauteur. Elle est située àSantiago. Ici vue en direction de laCordillère des Andes.
La géographie caractéristique du pays fait que les réseaux de transports et les télécommunications sont d’une importance considérable.
Le Chili dispose de 6 585 kilomètres de voies ferrées. Ces dernières ont jadis été importantes pour le développement du pays, mais, de nos jours, les chemins de fer sont utilisés surtout pour le transport du fret vers les ports depuis la crise des années 1970. Actuellement, le gouvernement souhaite redévelopper le train en rétablissant le service aux passagers deEFE[119] entre Santiago etPuerto Montt. Au contraire, le métro se développe considérablement à Valparaiso avec le Merval, à Concepción avec le Biotrén[120] et àSantiago (plus de100 kilomètres de lignes).
Pour le trafic routier, le pays jouit d’un réseau de plus de 79 000 kilomètres de routes dont 10 000 sont goudronnées[121]. Depuis les années 1990, plus de 2 500 kilomètres d’autoroutes ont été construites (route panaméricaine entre Arica et l’île de Chiloé). Lacarretera Austral connecte la région d’Aisén au reste du pays et est quasiment achevée. Les postes douaniers les plus importants sont ceux de Chacalluta et Tambo Quemado, qui servent de frontières avec lePérou et laBolivie. Il existe quarante postes douaniers avec l’Argentine, les plus importants sont ceux du Cristo Redentor entre Los Andes etMendoza.
Le nombre delignes téléphoniques fixes dépasse les 3,5 millions, et plus de12 millions de personnes possèdent untéléphone mobile (soit 76 % de la population chilienne) en janvier 2006[122]. Le Chili est ainsi le pays d'Amérique latine qui possède le plus de téléphones mobile en pourcentage de population (il a été introduit au pays en 1997)[123].
Depuis le retour au régime démocratique les relations commerciales avec les États-Unis semblent être excellentes. En effet, leTraité de libre échange États-Unis-Chili a été signé le, ratifié par laChambre des représentants le à la suite d’un vote de 270 pour, et 156 contre et ratifié par leSénat le à la suite d’un autre vote donnant 65 pour et 32 contre[124]. Le présidentGeorge W. Bush a signé leUnited States-Chile Free Trade Agreement Implementation Act le[125]. Ce traité est mis en place par les deux pays depuis. Ce traité constituait aussi pour les États-Unis un moyen de pression diplomatique afin de contraindre le Chili à appuyer l'invasion de l'Irak. George W. Bush avait fait savoir au président chilienRicardo Lagos qu'une « attitude négative pourrait mettre en danger sa ratification[126].»
Le Chili a passé un accord d’association avec l’Union européenne en, ce qui a permis d’accroître le flux d’échanges. Ces relations commerciales demeurent toutefois encore modestes, en raison de deux chutes d'activité en 2002 (ralentissement économique mondial) et en 2003 (perte decompétitivité-prix des produits européens, en partie à cause d'uneuro trop fort).
Environ 80 % des Chiliens sont endettés, et5 millions de personnes [sur18 millions d’habitants] ne parviennent pas à payer leurs dettes au quotidien[128]. En 2025, le Chili est classé en51e position pour l'indice mondial de l'innovation[129].
Du fait de l’amélioration des conditions de vie, l’espérance de vie des Chiliens (qui est la plus élevée de l’Amérique latine) est de 76,77 ans en moyenne[131], alors que le taux demortalité infantile est descendu à 7,8 ‰. Letaux de natalité en 2003 est arrivé à son minimum historique en allant à 15,23 ‰ et celui dutaux de mortalité à 5,1 ‰, avec un taux de croissance naturelle de10 ‰[132]. Ces chiffres permettent de constater un vieillissement de la population. Dans20 ans, la population des40 ans et plus dépassera celle des moins de40 ans. Ainsi, lapyramide des âges sera vers l’an 2025, avec un profil campaniforme qui représente latransition démographique que vit le pays. L’avortement et lapilule du lendemain sont interdits ; malgré des tentatives de légalisation, la droite et une partie du centre-gauche y sont opposés[133].
La plupart des citoyens sont d'origine européenne, principalement espagnole (Basques etCastillans notamment). Il y a aussi beaucoup de descendants d'immigrantsbritanniques etirlandais qui sont arrivés auChili durant l'époque coloniale. L'immigrationallemande, parrainée par le gouvernement chilien a commencé en 1848 et a peu à peu changé le paysage culturel d'une grande partie du Sud du Chili, qui affiche encore une forteinfluence allemande. Beaucoup d'autres groupes d'immigrants en provenance d'Italie, deCroatie, deSuisse, dePalestine, deGrèce et deFrance ont émigré au Chili.
Il y a six pays dont la majorité des nouveauximmigrants se sont installés au cours des 150 dernières années, ce qui leur a rendu plus difficile la formation d'une identité propre : l'Australie, laNouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud, l'Argentine, leChili et l'Uruguay. Le métissage avec les populations installées précédemment fut réalisé plus tardivement[143]. Les immigrants ont grandement contribué à l'évolution de la société et de l'identité chiliennes. Les familles d'originebasque sont arrivées d'Espagne et du Sud de laFrance. Ceux qui ont émigré au Chili auXVIIIe siècle ont développé l'économie et rejoint la vieille aristocratiecastillane pour devenir l'élite politique qui domine encore le pays. Les Chiliens d'ascendance basque constituent entre 10 % (1 600 000) et 27 % (4 500 000) de la population chilienne[144],[145],[146],[147],[148]. Les immigrants d'Europe non hispanique sont arrivés au Chili, principalement aux extrémités nord et sud du pays au cours desXIXe et XXe siècles, dont desAnglais, desAllemands, desIrlandais, desItaliens, desCroates et d'autres ex-yougoslaves. La prévalence des noms de famille européens non hispaniques dans le Chili contemporain constitue la marque de leur contribution et de leur influence majeure sur le pays. Il convient également de mentionner les Croates, dont le nombre de descendants au Chili est estimé dans une fourchette comprise entre 380 000 et 500 000 personnes. Il constitue le second pays où l'immigration croate fut la plus importante[149],[150]; de plus des personnalités chiliennes ayant une ascendance croate commeAntonio Skármeta etAndrónico Luksic ne renient pas leurs origines. Une communautépalestinienne est également présente, cette dernière étant la plus grande communauté de cette origine hors du monde arabe[151],[152],[143], principalement originaire deBethléem et chrétiens orthodoxes[153]. Le volume des immigrants venant des pays voisins du Chili au cours des mêmes périodes a été aussi important.
Après l'Indépendance et au cours de l'époque Républicaine, des descendants d'Anglais et d'Irlandais (700 000)[154], desItaliens, desFrançais commerçants se sont installés dans des villes du Chili qui ont contribué au développement de celles-ci. C'est le cas des grandes maisons d'origine française telles que la Casa Pra, la Casa Francesa ou la Casa Muzard ; « les grands établissements », une douzaine à laBelle Époque s'inspirent des maisons mères ou de leurs homologues parisiens[155]. Ils ont souvent rejoint l'élite économique et politique du pays. En 1848, une importante et considérable immigration d'Allemands a lieu. Ils sont depuis solidement implantés dans le sud du pays versValdivia. Ils ont été parrainés par le gouvernement chilien qui souhaitait coloniser la région sud. Les germanophones (en comprenantAllemands,Suisses,Alémaniques,Silésiens,Alsaciens et lesAutrichiens), ont nettement influencé la composition culturelle de la partie sud du Chili. La deuxième moitié duXIXe siècle a été exceptionnelle. Un petit nombre de personnes déplacées d'Europe de l'Est, desJuifs et les chrétiens syriens et les Palestiniens qui ont fui l'Empire ottoman, sont arrivées au Chili. Aujourd'hui, ils sont le fer de lance des petites entreprises de fabrication. Les Grecs ont également émigré au Chili et ont constitué une remarquable identité ethnique[156]. LesGrecs sont estimés être entre 90 000 et 120 000[157]. La plupart d'entre eux vivent soit dans la région deSantiago ou dans la région d'Antofagasta. Le Chili est l'un des cinq pays au monde qui possède le plus de descendants grecs[158]. En outre, selon les estimations il y aurait 600 000 descendants d'Italiens et 800 000 deFrançais[159]. Les autres origineseuropéennes sont également représentées, mais en faible proportion.
Selon le dernier[Quand ?] recensement, 13 090 113 Chiliens vivent en zone urbaine, représentant87 % de la population nationale. Seulement13 % de la population vit en zone rurale dont les activités sont principalement orientées vers l’agriculture et l’élevage; celle-ci se répartit dans la partie centro-méridionale du pays, principalement dans les régionsdu Maule (34 %),d’Araucanie (32 %) et larégion des Lacs (32 %). À l'inverse, les zones les plus urbanisées se concentrent autour de la capitale et le long de la zone littorale centrale du Chili. Si laTarapacá concentre94 % de sa population en milieu urbain, le taux d'urbanisation s'élève à98 % dans laRégion d’Antofagasta et est le plus élevé du Chili. Les autres régions fortement urbanisées sont larégion de Magallanes et de l’Antarctique chilien avec un taux urbain de93 % tandis que larégion métropolitaine de Santiago et larégion de Valparaíso ont respectivement97 % et92 %.
Depuis les années 1920, l’exode rural est soutenu, du fait notamment de conditions de vie assez rudes dans les campagnes. Ceci explique en grande partie l'attrait des villes par un confort de vie et des offres d'emplois variées. La concentration de la population a favorisé l'émergence d'agglomérations modernes et de grandesconurbations caractérisées par un essor rapide. Lacapitale du pays,Santiago ouGrand Santiago regroupe 5 428 590 habitants en 2002, et représente 35,9 % de la population nationale. En 1907, il y avait seulement 383 587 habitants, en 1920, elle rassemblait 549 292 représentant alors16 % de la population du pays. Dans les décennies suivantes, l’explosion démographique a fait absorber les anciennes localités rurales, commePuente Alto etMaipú, qui sont les deux communes chiliennes les plus peuplées du Chili après la capitale. Santiago est une ville moderne, étant la sixième ville plus peuplée d’Amérique latine et la quarante-cinquième du monde.
La majorité des villes du pays se situent soit sur la côte, soit dans laVallée Centrale du pays entreSantiago etPuerto Montt. Selon le dernierrecensement de la population de 2002, le Chili compte actuellement plus de15 millions d’habitants. Cependant, la zone centrale, située entre les villes de La Serena et Concepción, concentre78 % de la population totale du pays, et Santiago et sa périphérie regroupe 40 % des Chiliens, soit six millions d’habitants. La densité moyenne (20 hab/km2) n’est donc pas représentative de l’occupation réelle du territoire. D’après le même recensement, entre 1992 et 2002, le rythme de croissance annuel moyen de la population a été de1 %, un des plus bas en Amérique latine. Sur la même période, le taux de fécondité s’établit à 2,2 enfants par femme.
Malgré une baisse de lanatalité, le Chili reste un pays relativement jeune : 34 % des Chiliens ont moins de20 ans, et 15 % ont plus de 55. Toutefois, tout comme les pays développés, la population du Chili a tendance à vieillir rapidement : la couche la plus jeune de la population a diminué, tandis que la plus âgée va en augmentant, en partie grâce à une espérance de vie à la naissance plus longue :77 ans (80 pour les femmes et 74 pour les hommes). En moyenne, la famille chilienne est composée de 3,6 personnes.
80 % de la population chilienne vit dans la zone centrale du pays. Cet espace s’étend sur plus de mille kilomètres et va deLa Serena àConcepción. Les climats de cette zone vont du climat semi-aride (à La Serena) au climat méditerranéen à influence océanique (Concepción). Grosso modo ce lieu correspond auclimat méditerranéen de l’hémisphère sud[160].
Depuis la fondation du pays, la population du Chili est divisée enclasses sociales de divers degrés. Depuis le milieu duXXe siècle, le pays est constitué principalement par laclasse moyenne. Cependant, le niveau de vie de cette classe moyenne ne correspond pas aux ouvriers moyens de l’Amérique latine, entre autres par lePIB national assez élevé et l’accès aisé au système de crédit. Malgré de bons indicateurs économiques et la baisse sensible de la pauvreté, passant de39 % de la population en 1990 à19 % en 2003[161], le pays présente un grave défaut: l’inégalité de répartition des richesses. Ceci a pour effet de créer une brèche sociale nette entre riches et pauvres.
DepuisAugusto Pinochet, les Chiliens sont obligés de placer10 % de leurs salaires en vue de leur retraite sur des comptes gérés par six entités privées, les Administrations des fonds de pension (AFP). Celles-ci placent le tiers des cotisations en Bourse ou dans de grandes entreprises, sous forme d’investissements à très bas taux d’intérêt. Seulement 40 % des cotisations sont redistribués sous forme de retraites dont les montants sont déterminés par la fluctuation des marchés. Unique au monde, ce système rapporte d’énormes bénéfices aux AFP. Pourtant, selon une consultation organisée par les syndicats, une large majorité rejette ce système. En 2017, plus de90 % des retraites sont inférieures à233 dollars mensuels[108]. Un tiers des Chiliens sont aussi lourdement endettés[69]. Selon des informations sur le développement humain de l’ONU en 2005, le Chili possède uncoefficient de Gini de 0,57, le situant à la113e place sur 128 de laliste des pays par égalité de revenus. De nos jours, les20 % des plus riches du pays gagnent 14,3 fois ce que reçoivent les20 % des plus pauvres[162].
Le Chili est en 2004 l'un des derniers pays à légaliser ledivorce[113]. En 2006, la social-démocrateMichelle Bachelet devient la première femme élue présidente de la république. Si elle ne fait pas progresser les revendications féministes durant son premier mandat, elle légalise partiellement l'avortement (en cas de viol ou de danger immédiat pour la vie de la mère) en 2017. En 2018, les partis de droite font adopter par le Parlement le concept d'objection de conscience institutionnelle (et non plus seulement individuelle), permettant aux cliniques privées de refuser de pratiquer l'avortement[113]. En 2020, trois ans après sa légalisation partielle, le droit à l'avortement n'est pas garanti. Seuls 1 000 avortements légaux ont eu lieu cette année-là. Certaines cliniques privées refusent totalement de pratiquer des avortements. Une partie des femmes continue donc de pratiquer des avortements clandestins, en achetant des médicaments sur internet[163].
Le présidentPiñera met en place en 2019 « l'Agenda femme », un groupe de mesures législatives mêlant vision conservatrice (les femmes étant avant tout perçues comme des mères) et libéralisme économique. Il entend favoriser la parité dans les conseils d'administration des entreprises ou encore faciliter l'accès aux crèches pour les salariées ayant un contrat de travail stable (ce qui en restreint nettement la portée dans un pays où la précarité est répandue)[113]. Toujours en 2019, moins de la moitié des femmes ont accès à une activité rémunérée et 31 % travaillent sans contrat niprotection sociale ou de santé. Pour l'accès à la santé, les femmes s'exposent à des discriminations des assurances privées à cause des éventuelles grossesses[113].
Sur le plan religieux, le dernier recensement de 2002 montre que70 % des Chiliens se déclarentcatholiques soit 7 853 428 personnes de plus de quatorze ans (dont moins de la moitié est pratiquante). Par rapport au recensement précédent en 1992, cela constitue une diminution de10 % en dix ans. Des30 % restant, la moitié sontprotestants évangéliques (15 %),1 % sonttémoins de Jéhovah,1 % sontmormons et1 % (75 000)[165] de confessionjuive. Lesathées,agnostiques ou sans religion représentent 10 % du total.
Selon l’état civil,46 % des Chiliens de plus de dix-huit ans sont mariés, soit5 % de moins qu’en 1992. En revanche, les couples enconcubinage sont passés de5 % en 1992 à9 % en 2002. Les Chiliens sont34 % à être célibataires,5 % divorcés. L’évolution de ces chiffres est à suivre, compte tenu de la nouvelle loi sur le divorce en vigueur depuis fin 2004[166].
L’Église catholique est séparée de l’État depuis 1925, année où le PrésidentArturo Alessandri et l’archevêque Crescente Errázuriz sont arrivés à un accord sur cette question aboutissant dans laconstitution de 1925 à la fin de la fin du statut de religion d’État du catholicisme, qui existait depuis l’Indépendance du pays en 1818. Depuis 1925, laliberté de culte est aussi reconnue. Cependant, même si le catholicisme perd de l’importance ces dernières années, les prises de position de la société actuelle sur des sujets comme ledivorce et l’avortement en 2004-2005 sont toujours celles d'une société fondée par celui-ci.
En 2010 et 2011, l’image de l’Église catholique est atteinte par une série de scandales d’agressions sexuelles et de viols qui ont impliqué environ quatre-vingts membres du clergé chilien. La confiance des Chiliens dans l’Église est passée de 61 % en 2010 à 38 % en 2011 après la médiatisation de ces affaires[167].
Lesystème éducatif au Chili[168] se compose de quatre niveaux. Tout d’abord, il y al’educación parvularia qui n'est pas obligatoire et qui s'occupe des enfants entre trois mois et six ans. L'équivalent français est lacrèche et lamaternelle. Elle se structure sur trois niveaux. Il y a d’abord laSala cuna (crèche) pour les enfants de trois mois à deux ans. Vient ensuite leNivel medio (petite section) pour les enfants de deux à quatre ans, puis enfin leNivel Transición (grande section) pour les enfants de quatre à six ans. À ce dernier niveau, les enfants commencent à apprendre le calcul et la lecture. Il y a ensuite l’éducation obligatoire pour les enfants de six à dix-huit ans qui correspond à l'école primaire (Educación General Básica) et le secondaire (la Educación Media).
L'Educación General Básica existe pour les enfants ainsi que pour les adultes n'étant pas allés à l’école (de plus en plus rares). Tous les enfants qui fêtent leur sixième année avant le trente et un mars doivent intégrer le premier niveau (l'année scolaire commençant début mars et se terminant début décembre. Il y a deux semaines de vacances en juillet lors de l'hiver austral). Ce niveau se divise en deux cycles. Le premier cycle va deprimero básico àcuarto básico (soit de six ans à dix ans). Le deuxième cycle va dequinto básico àoctavo básico (soit de dix ans à quatorze ans).
Pour ce qui concerne les adultes, trois ans d'études sont nécessaires. Chaque année correspond à un niveau. Le premier niveau concerne le premier cycle de l'Educación básica. Le deuxième niveau correspond auquinto (cinquième soit le CM2 français) etsexto (sixième soit la sixième française)básico. Enfin, le dernier niveau comprend lesséptimo (septième soit la cinquième française) etoctavo (huitième soit la quatrième française)básico. Ensuite, il y a l'Educación media soit l'équivalent du lycée français. Elle comporte quatre niveaux et se divise en deux types de filières ; l’éducation générale et technique (EMHC) et l’éducation professionnelle (EMTP, équivalent du lycée professionnel français).Dans l’EMHC, l’éducation est générale. Elle comprend l'espagnol, l'histoire, la géographie, les mathématiques, les sciences, l'EPS, une langue étrangère… Elle se compose de deux niveaux. Le premier comprend lesprimer etsegundo medio. Le second cycle comprend lestercer etcuarto medio.
Dans laEMTP, les adolescents suivent des filières professionnelles dans les domaines industriel, agricole, maritime ou de services. À la fin de ces études, les jeunes peuvent aller directement travailler dans les domaines choisis.
Jadis, l'obligation scolaire concernait seulement le cycle basique de huit ans. Mais, depuis le[169], une réforme constitutionnelle, effectuée sous le gouvernement du présidentRicardo Lagos, a rendu l'éducation secondaire gratuite et obligatoire pour tous les Chiliens jusqu'à l'âge de dix-huit ans. L'État garantit donc l’obligation scolaire durant douze ans. Le Chili est le premier pays d'Amérique latine à avoir atteint cette obligation de durée pour la scolarité[170].
L’enseignement supérieur se distingue par trois types d'établissements, créés par la réforme de 1981 :
lesCentros de Formación Técnica (CFT), d'une durée de deux ans au bout duquel les élèves obtiennent le titre de technicien de niveau supérieur ;
lesInstitutos Profesionales (IP), où l'on obtient le titre de technicien supérieur et des titres professionnels dans les domaines qui ne requièrent pas le titre delicencié ;
lesUniversités qui donnent accès à tous les domaines professionnels et grades académiques delicencié,master et dedoctorant. Les étudiants qui sont en première année à l'université sont appelés desmechones et subissent un bizutage en début d'année ;
Le système actuel est hérité de la dictature et représente un investissement majeur pour les étudiants et leurs parents : 7 000 dollars par année universitaire[171].
Deux systèmes de santé coexistent depuis 1981 : les Isapre, les instituts de santé prévisionnels (privés), auxquels18 % des Chiliens peuvent accéder (outre leurs couts, les mutuelles privées peuvent discriminer et refuser des patients en raison de leur âge, de leur sexe, ou parce qu'ils ont des maladies chroniques), et l'institution publique Fonasa, dont 70 % des Chiliens dépendent. Plus de 500 000 personnes ne disposent d'aucune couverture médicale[107].
Le Chili arrive régulièrement en tête des classements d'obésité et de surpoids en Amérique latine[172]. En 2016, plus de 60 % de la population est en surpoids[173].
La musique folklorique s’inspire à la fois des mélodies amérindiennes et de celles venues d’Espagne. Lacueca, danse traditionnelle chilienne, en est un bon exemple; chaque région en a sa propre version. Durant les années 1970, la musique folklorique connaît un nouvel engouement grâce au mouvement de laNueva Canción Chilena dont les artistes composent sur des thèmes inspirés à la fois des airs traditionnels du pays et de leurs propres recherches.Víctor Jara,Violeta Parra,Los Jaivas,Inti-Illimani,Quilapayún,Illapu sont des artistes représentatifs de ce mouvement. La chanteuse, et inlassable chercheuse dans le domaine du folklore musical chilien,Margot Loyola est une autre artiste importante de la musique folklorique et populaire du Chili contemporain. Depuis les années 1970, sont apparus des artistespop rock, inspirés par la culture nord-américaine, commeLos Prisioneros,Lucybell,Los Mox. Généralement lepop-rock chilien se différencie de celui des autres pays latino-américains par le ton mélancolique de ses chansons et des textes tristes et pessimistes.
Dans le domaine de la peinture, le Chili est représenté par le peintre surréalisteRoberto Matta.
Malgré l'homogénéité ethnique du pays, les expressions culturelles varient notablement d'une région à l'autre.Le Nord se caractérise par l'influence des cultures des peuples amérindiens andins et des Conquistadors ainsi que de la religion catholique (des fêtes comme laFiesta de La Tirana).La zone centrale est caractérisée par ses traditions rurales. On considère que ces régions du pays, qui rassemblent la majeure partie de la population, sont la source de l'identité culturelle des Chiliens. Des fêtes importantes comme celles de l'Indépendance qui ont lieu le 18 septembre montrent le fort patriotisme des Chiliens.
La culture mapuche prédomine dans larégion de l'Araucanie.Temuco concentre près du quart des Mapuches du pays soit environ 150 000 personnes. Dans des villes commeValdivia,Osorno,Puerto Varas etLlanquihue, des influences allemandes se font sentir (des colons s'y sont installés vers la seconde moitié duXIXe siècle pour peupler la région à la suite de l'appel du gouvernement). L'île de Chiloé (située au sud dePuerto Montt) possède une culture riche qui a sa propre mythologie. Les régions de l'extrême sud sont influencées par des cultures slaves, en particulier croate (40 % des habitants dePunta Arenas descendent de colons yougoslaves). L'île de Pâques possède une culture spécifique qui est quant à elle d'origine polynésienne. Cependant, depuis les cinquante dernières années, ces cultures disparaissent progressivement et la culture occidentale ou américaine prédomine en ville.
La fleur emblème nationale est lecopihue (Lapageria rosea), que l’on trouve dans les forêts du Sud du pays.Les armes du pays représentent les deux animaux nationaux : lecondor (un très grand oiseau vivant dans les montagnes de la famille desvautours) et leHuemul (un daim à la toison blanche, espèce en voie de disparition). Il porte en légende la devise du pays :Por la razón o la fuerza.
Le drapeau chilien naît lors du processus d’indépendance du Chili, il a été montré pour la première fois au public le 12 février 1818, durant la proclamation d’indépendance.
Le drapeau chilien a été élaboré par le ministreJosé Ignacio Zenteno durant le gouvernement deBernardo O’Higgins et a été dessiné par le militaire espagnol Antonio Arcos. Ses couleurs représentent, respectivement : le sang versé par les patriotes durant la guerre d’indépendance (rouge), le ciel chilien généralement clair (bleu) et les sommets enneigés de laCordillère des Andes visible sur tout le pays (blanc). L’étoile à cinq pointes représente les pouvoirs de l’État qui veille au maintien de la patrie et le fond bleu situé à l’arrière-plan de l’étoile mesure exactement un tiers de la taille de la partie rouge du drapeau[175].
Lepremier hymne national fut écrit en 1819 par Manuel Robles sur des paroles du poèteBernardo de Vera y Pintado, à la suite de la déclaration d'indépendance. En 1846, sous le gouvernement deManuel Bulnes et étant terminée la guerre de l'indépendance, les Espagnols résidents au Chili considérèrent certaines strophes comme injurieuses et hostiles envers l'Espagne. Les modifications respectives ont été faites parEusebio Lillo et validées parAndrés Bello, et cette version, utilisée actuellement, fut finie en 1847.
L'hymne national du Chili est composé du refrain et 6 strophes, mais officiellement sont interprétés seulement le refrain et la cinquième strophe.
« Puro Chile, es tu cielo azulado, puras brisas te cruzan también, y tu campo de flores bordado es la copia feliz del Edén Majestuosa es la blanca montaña que te dio por baluarte el Señor, (bis) y ese mar que tranquilo te baña te promete futuro esplendor. (bis 2 derniers vers)
Coro (refrain) : Dulce Patria, recibe los votos con que Chile en tus aras juró : Que o la tumba serás de los libres, o el asilo contra la opresión. »
(bis deux derniers vers trois fois,bis dernier vers deux fois)[176]
La gastronomie chilienne est issue d’un mélange entre gastronomie espagnole et locale. Les principaux ingrédients de la cuisine traditionnelle chilienne sont des produits caractéristiques de la région : principalement lapomme de terre, latomate, lemaïs, la viande debœuf ainsi que leharicot dans la zone australe du pays. Il faut aussi ajouter l’importance du poisson et des fruits de la mer pour tout le pays.
Les plats traditionnels sont lacazuela, l’asado (grillades), leshumitas, le pastel de choclo et lesempanadas. Des desserts comme lemanjar, connu également sous le nom de « dulce de leche » enArgentine, les alfajores, lessopaipillas et lemote con huesillo sont des grands classiques du pays. On retrouve également au Chili patagon le fameuxmaté exporté dans tout le Chili. Lemiel de palmier est également réputé dans le pays qui exploite de nombreuses palmeraies decocotiers du Chili.
Levin chilien, issu de cépages français, possède une longue histoire. Des cépages comme leCarménère, leCarbernet-sauvignon et lemerlot mûrissent souvent dans de meilleures conditions qu’enFrance grâce à un climat bien adapté à la vigne caractérisé en journée par la chaleur et la nuit par la fraîcheur qui descend de la Cordillère.
Les Chiliens ont pour coutume de prendre une collation en fin d'après-midi appeléeonce. Il s'agit généralement d'un sandwich, garni de charcuterie, d'avocat ou encore de pebre, sauce à base de tomates, oignons, piment et coriandre, le tout découpé finement. Le termeonce vient à l'origine du mot « aguardiente » (onze lettres) que les soldats désignaient paronce.
Le sport chilien possède une longue histoire. En effet, les Mapuches jouaient déjà auXe siècle à un sport ancêtre duhockey sur glace, la chueca. Dans les zones paysannes, lerodéo est le principal sport pratiqué et, depuis 1962, il est considéré comme « sport national ».
En 1896, Luis Subercaseaux participe aux premiersJeux olympiques de l’ère moderne. Il est un des premiers Sud-Américains à y participer. Cependant il faudra attendre lesJeux olympiques d’Athènes en 2004 pour décrocher la première médaille d’or, obtenue par les joueurs de tennisNicolas Massu etFernando Gonzalez. Malgré la présence de grandes pistes de ski commePortillo ouValle Nevado, le pays n’a jamais obtenu de médaille aux Jeux olympiques d’hiver.
Vers la fin duXIXe siècle, des immigrants britanniques importent lefootball, sport qui se pratiquera rapidement par la population et deviendra le sport le plus pratiqué du pays depuis 1933 (année de la fondation de laliga chilienne). Le Chili accueille laCoupe du monde de football 1962, où laSelección nacional de fútbol termine à la troisième place. Malgré cela, le football chilien n’a jamais réussi à obtenir de bons palmarès à l’étranger (il y a tout de même quatre participations notables dans lescoupe du monde de football de 1930, 1998, 2010, 2014 et une médaille de bronze auxJeux olympiques d'été de 2000). Le Chili est double vainqueur de laCopa América en2015 et2016. Le club deColo-Colo, en 1991, a remporté laCopa Libertadores. Certains joueurs chiliens acquièrent tout de même une réputation internationale commeMarcelo Salas etIvan Zamorano, enfants chéris de la patrie, sans oublierAlexis Sánchez et Matias Fernandez. La dernière participation du Chili à une Coupe du Monde de football remonte à 2014, où laRoja avait été éliminée en huitièmes de finale par leBrésil aux tirs au but. Le Chili avait déjà été éliminé par le même adversaire et au même stade de la compétition en 1998, et en 2010.
Le tennis s’est popularisé ces dernières années et est en train de devenir le sport le plus populaire du pays. En 1976, le Chili a été le premier pays latino-américain à jouer la finale de laCoupe Davis. En 1998,Marcelo Ríos est le premier hispano-américain à arriver premier du classement de l’ATP. À cette occasion, il a été invité par le président chilien. Plus tard,Fernando González etNicolás Massú donnent non seulement les deux premières médailles d’or au pays, mais gagnent aussi le bichampionnat de la Coupe du Monde par équipes en 2003 et 2004.
Lebasket-ball est très populaire dans les universités du Sud du pays. Le Chili a obtenu de bons résultats dans le championnat en 2002 et 2005. Le Chili a été le vainqueur duChampionnat du monde de polo2008 et2015. Mais le sport le plus populaire reste lefootball, suivi par une majorité de Chiliens, avec un engouement exceptionnel lors de leurs deux titres enCopa América. Chaque victoire de La Roja est fêtée dignement par la population.
Levolantin est pour beaucoup de Chiliens, un sport très populaire en particulier dans les quartiers défavorisés car il ne nécessite pas de gros moyens et il procure beaucoup d'amusement. Il existe des jeux plus sportifs, sous forme de compétitions, qui réalisent des combats aériens. Le volantin de compétition est dans ce cas muni d'un fil enduit de poudre de verre pour le rendre plus coupant, comme leRokkaku japonais. Il est interdit, en raison des accidents causés par ses fils abrasifs. Tracté par une simple ficelle, cecerf-volant reste un plaisir quand il évolue dans le ciel.
Le Chili est une plaque tournante importante pour letrafic de drogue. L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) souligne dans son rapport que le trafic par la voie maritime depuis les ports du Chili est en constante augmentation, ce qui fait du pays, « avec le Brésil et la Colombie, l’un des principaux pays de sortie de la cocaïne saisie à Valencia et Algésiras, en Espagne, importantes voies d’entrée de ces stupéfiants en Europe »[177].
Le nombre d'homicides a augmenté d’environ 65 % entre 2010 et 2022. Ils s’établissent à 4,7 pour 100 000 habitants en 2022. L’Observatoire du narcotrafic souligne que « la criminalité organisée profite des fragilités institutionnelles et des fractures sociales » pour renforcer « ses activités dans des espaces non réglementés et développer des entreprises illégales »[178].
En 2025, le taux d'homicides grimpe à 6,7 pour 100.000 habitants, ce qui constitue une hausse de 170 % en dix ans. Cette hausse s'explique en partie par l'expansion ducrime organisé, face auquel les autorités ont mis du temps à réagir[179].
La fonction des institutions citées ci-dessus consiste à protéger le pays et les intérêts du pays à l’étranger. À ces unités militaires régulières s’ajoutent lesFuerzas de Orden y Seguridad Pública composées par les corps desCarabineros (Police militarisée équivalent auxgendarmes français) (fondée en 1927) et laPolicía de Investigaciones (police civile) (créée en 1933), qui constituent la force civile et sont chargées de faire respecter laloi, garantir l’ordre et la sécurité publique à l’intérieur du pays. De plus, il existe un corps deGendarmería (créé en 1929), chargé de garder les prisons et autres centres pénitentiaires.
LesFuerzas Armadas y Carabineros dépendent administrativement du ministère de la Défense nationale du Chili et lesFuerzas de Orden y Seguridad du ministère chargé de la sécurité publique, actuellement le ministère de l’Intérieur du Chili, alors que le corps de Gendarmerie dépend administrativement du ministère de la Justice du Chili. Le président de la République exerce la fonction de chef suprême desFuerzas Armada uniquement en cas de guerre.
Même si le pays n’a pas connu d’affrontement militaire important depuis laguerre du Pacifique, le Chili consacre une partie importante de sonPIB (3,8 %) pour équiper l’armée. On estime que plus 3 240 millions de dollars américains sont utilisés par an. Ce coût important est financé à hauteur de 10 % par les bénéfices de l’entrepriseCodelco (entreprise d’extraction et d’exportation du cuivre du pays). Le niveau élevé des dépenses militaires s’explique par le fait que le contingent militaire doit se déployer dans toute la longueur du pays (plus de 4 200 kilomètres), et parce que des capitaux sont épargnés en prévision de la retraite des anciens soldats. LesCarabineros sont un corps appartenant à l’armée du pays. Ces derniers utilisent 54 % des revenus de l’armée[181]. Depuis plusieurs années, on parle de la suspension duservice militaire aux hommes de18 ans et plus. Depuis 2006, cette question est principalement réglée car l’inscription au service militaire est automatique. Au cas où les effectifs ne sont pas atteints, des personnes seront désignées au tirage au sort.
Durant le régime dePinochet, lesForces armées chiliennes ont eu un rôle important dans la vie civile. Dans les dernières années, le commandant en Chef de l’Ejercito (l’Armée),Juan Emilio Cheyre, met en place la professionnalisation de l’armée, la présidence politique de l’armée, sa qualité de corps neutre (non belligérant), et l’acceptation du pouvoir civil démocratiquement construit. Une des étapes importantes a été la reconnaissance des responsabilités institutionnelles de l’armée dans la violation des Droits de l’Homme durant la dictature. Ce geste est bien accueilli dans le gouvernement et la population. Le, le GénéralÓscar Izurieta Ferrer devient le Commandant en Chef de l’armée.
↑Voir pages 106 et suivantes inRadicals, reformers, and reactionaries: the prisoner's dilemma and the collapse of democracy in Latin America, Youssef Cohen, University of Chicago Press, 1994
↑DansRight-wing women in Chile (Penn State Press, 2002), Margaret Power développe, entre autres, ce qu'elle résume en introduction (page 6) de la façon suivante :The opposition, which included the centrist Christian Democratic Party and the rightist National Party, helped create Chile's economic crisis and reaped the most benefit from it.(…) The opposition controlled most of the media, industries, financial institutions and commerce of Chile.
↑« those standing in the way of peaceful revolution made violent revolution inevitable » in UN monthly chronicle, United Nations, Office of Public Information, 1973. Allusion à l'adresse de Kennedy au premier anniversaire de l'Alliance pour le progrès en 1962 « Those who make peaceful revolution impossible will make violent revolution inevitable »
↑Juan Gabriel Valdés,Pinochet's Economists: The Chicago School of Economics in Chile, Cambridge,Cambridge University Press, 1995,p. 28.
↑28,5 % de chômeurs en 1983, soit neuf fois plus qu'en 1972. Xabier Arrizabalo Montoro,Milagro o Quimera, la Economía Chilena Durante la Dictadura, Catarata, 1995,p. 308.
↑Economiste de l'Université du Chili, Orlando Caputo était« représentant personnel d’Allende au comité exécutif de Codelco (Corporation nationale du Cuivre) et […] gérant général de cette entreprise publique »,la voix du sud, entretien du.
↑Expression, reprise de Friedman, régulièrement utilisée dans les manuels et les livres d'histoire pour désigner dans un premier temps la période de « boom » économique du Chili des années qui ont immédiatement précédé la crise de 1982. Voir :
Steve J. Stern,Battling for hearts and minds: memory struggles in Pinochet's Chile, 1973-1988, Duke University Press, 2006,p. 167-169 ;
Genaro Arriagada Herrera,Pinochet: the politics of powerpages; chapitre 6 « The End of the "Miracle" »,Routledge, 1988,p. 49-55 ;
Claude Auroi,Latin American and East European economies in transition: a comparative view, European Association of Development Research and Training Institutes,Routledge, 1998,p. 29.
↑Xabier Arrizabalo Montoro,Milagro o Quimera, la Economía Chilena Durante la Dictadura, Catarata, 1995,p. 302.
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↑Contacto Interlingüístico e intercultural en el mundo hispano.instituto valenciano de lenguas y culturas. Universitat de València Cita : Un 20 % de la población chilena tiene su origen en el País Vasco.
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