| Nom de naissance | Francisco Buarque de Hollanda |
|---|---|
| Naissance | (81 ans) Rio de Janeiro (Brésil) |
| Nationalité | |
| Activité principale | Chanteur,compositeur,dramaturge,écrivain |
| Genre musical | Bossa nova,MPB,samba,choro |
| Années actives | Depuis1962 |
| Labels | RGE,Philips,Disques Barclay,Universal Music,RCA Records,BMG Entertainment,Sony Music |
| Site officiel | http://www.chicobuarque.com.br/ |
Francisco Buarque de Hollanda, plus connu sous le diminutifChico Buarque, né le àRio de Janeiro, est unchanteur,compositeur, acteur, dramaturge et écrivainbrésilien.
Il fait partie, aux côtés notamment deCaetano Veloso et deGilberto Gil, des artistes ayant amené à la fin desannées 1960 un renouveau majeur dans la musique brésilienne. Ils sont parmi les initiateurs dugenre appeléMúsica Popular Brasileira (MPB), issu de la fusion des styles qui les environnent comme labossa nova, lasamba, lechoro, lejazz ou lerock 'n' roll tout en étant le support d'une expression contestataire face à ladictature militaire.
Francisco Buarque de Hollanda, dit « Chico Buarque », est le fils de l'historien et sociologueSérgio Buarque de Holanda, qui reçoit la visite de nombre d'artistes et d'intellectuels du moment. Sa mère est pianiste amateur. Chico Buarque grandit dans cette ambiance culturelle et artistique et s'en imprègne. Son père ayant été nommé à l'université deRome, la famille vit en Italie de 1953 à 1954. C'est en Italie que Chico Buarque croise pour la première fois le diplomate, poète et parolierVinícius de Moraes avec qui il collaborera à de nombreuses reprises ultérieurement.
De retour au Brésil, Chico Buarque poursuit ses études et commence à écrire des poèmes. En 1963, il entre à la faculté d'architecture de l'université de São Paulo pour étudier l'architecture et l'urbanisme. Il abandonnera ses études en cinquième année, préférant poursuivre sa carrière musicale.
À l'âge de 20 ans, en1964, il commence à se faire remarquer, en participant à des concerts d'écoles. Un an plus tard, il sort son premier 45 tours (Pedro pedreiro,Sonho de um carnaval). La chanteuseNara Leão, « muse de labossa nova », interprète certaines de ses chansons. Chico Buarque, outre les artistes emblématiques de labossa nova (Antônio Carlos Jobim,Vinícius de Moraes,Francis Hime, etc.), fréquente les musiciens phares dutropicalisme (Gilberto Gil,Caetano Veloso…). Peu de temps après, en1966, sa chansonA banda le rend célèbre en gagnant une première place ex æquo au TV Records MPB Festival. Cette même année, il enregistre son premier 33 tours (Chico Buarque de Hollanda chezRGE. Il commence à avoir des ennuis avec la censure, sa chansonTamandaré est interdite.

En 1968, sa chansonSabia (paroles : Chico Buarque, musique :Antônio Carlos Jobim) remporte le premier prix du Festival Internacional da Canção. La même année, il participe à laPasseata dos cem mil, manifestation d'étudiants, artistes et intellectuels contre ladictature militaire. Il doit aussi affronter lacensure du pouvoir dictatorial à la suite de sa pièce de théâtre musicaleRoda Viva. La pièce, créée en 1967, devient un symbole de la résistance à la dictature lors de la seconde série de représentations. Un groupe du commando Chasse aux communistes envahit le théâtre Galpão àSão Paulo, en juillet 1968, attaquant les artistes et détruisant la scène. Le jour suivant, Chico Buarque se rend sur place pour soutenir le groupe et lance un mouvement organisé en défense deRoda Viva et contre la censure brésilienne.
En décembre 1968, après la promulgation de l'AI-5, son militantisme et son engagement contre le régime militaire en place à l'époque le conduisent en prison. En 1969, il s'exile enItalie. Dans sa chansonSamba deOrly (paroles deVinicius de Moraes, musique avecToquinho), il évoque sa nostalgie du Brésil.
Il rentre rapidement au pays en 1970 et contourne tant bien que mal lacensure des autorités brésiliennes. C'est ainsi queApesar de você (« Malgré Toi ») passe à travers les mailles de la censure et devient un hymne contre ladictature. En 1973, sa pièce de théâtre musicaleCalabar ou o elogio da traição (écrite en collaboration avecRuy Guerra) est censurée. Il en va de même pour l'albumChico canta Calabar. Sa chansonCalice, créée la même année avecGilberto Gil, qui dénonce, à travers un jeu de mots, le rôle de l'Église dans la dictature militaire (calice se traduit parcalice, maiscale-se veut dire « tais-toi »[1]) est aussi censurée. Pour déjouer la censure, il crée et compose certaines de ses chansons, par exempleAcorda amor, sous le pseudonyme de Julinho da Adelaide.

Chico Buarque est très actif dans le domaine de la chanson. Il a collaboré avec des artistes commeCaetano Veloso,Antônio Carlos Jobim,Vinícius de Moraes,Edu Lobo,Milton Nascimento,Maria Bethânia,Toquinho,Francis Hime,Ruy Guerra,Nara Leão,Dionne Warwick,Ennio Morricone,Johnny Alf,Miúcha,Elza Soares,Mestre Marçal,Ana Belén,Zeca Pagodinho,Sergio Endrigo, Nana Caymmi, Pablo Milanés,João do Vale, Elba Ramalho… On citera parmi ses nombreuses chansons[2], outre celles déjà évoquées :Partido alto,Embarcação,Eu te amo,Mar e lua,Pivete,Valsa rancho,Meu caro amigo,Olha Maria,A noiva da cidade,Retrato em branco e preto,Trocando em miúdos,Apesar de você,Bastidores,Brejo da cruz,Carioca,Carolina,Chão de Esmeraldas,Construção,Cordão,Desalento,Estação derradeira...
Il participe aussi à l'écriture de plusieursmusiques de films. Un de ses « tubes »,O que será (repris en France avec d'autres paroles parNicole Croisille puisClaude Nougaro) est d'ailleurs tiré de la musique du filmDona Flor et ses deux maris réalisé en 1976 parBruno Barreto.
Chico Buarque connaît aussi le succès comme auteur de pièces de théâtre (en 1975, sa pièceGota d'água est récompensée par un Prêmio Molière). Il écrit, par ailleurs, des romans (Estorvo,Benjamim,Budapeste), des nouvelles (Fazenda modelo), des recueils de poèmes (À Bordo do Rui Barbosa) et même un livre pour enfants (Chapeuzinho amarelo).
En 1978,Lula Pena, chanteuse de fados, interprète ses textes[3].
En 1980, le réalisateur argentinMaurício Berú réalise un documentaire sur Chico Buarque :Certas palavras.
Il continue à mener une activité politique militante. En 1978, il se rend àCuba. En 1980, il se produit pour la fête de la revueAvante (journal du Parti communiste portugais). La même année, il participe à une tournée, avec 64 autres artistes brésiliens enAngola. En 1983-1984, il soutient activement le mouvementDiretas Já qui revendique des élections démocratiques. C'est à cette occasion qu'il compose sa chansonVai passar.
En 1988, sa chansonEssa Moça Tá Diferente, enregistrée en 1969, est utilisée comme illustration sonore d'unspot publicitaire pourSchweppes Dry et le fait connaître du grand public français[4].
En 1998, l'école desamba de Rio de Janeiro,Mangueira, gagne le défilé du carnavalcarioca avec, comme thème, un hommage à Chico Buarque.
En 2000, le filmEstorvo réalisé parRuy Guerra d'après le roman de Chico Buarque est présenté lors du53eFestival de Cannes.
Il apporte son soutien à l'ancien et actuel présidentLula da Silva pour l'élection présidentielle de 2022 au Brésil[5].
Plusieurs chansons de Chico Buarque ont eu des versions en français et ont été chantées par des interprètes tels que :
Par ailleurs, Chico Buarque a enregistré en duo avecDidier Sustrac la chansonÇa sert à quoi.