Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.
Les informations figurant dans cet article ou cette section doivent être reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »().
Le Prince Noir quitteBordeaux pour aller retrouver son armée qui est rassemblée àLa Réole.
8 ou 9 juillet 1356 :
le Prince Noir arrive à La Réole où est réunie une armée forte d’environ 9 000 hommes, en passant logiquement le long de laGaronne, parSaint-Macaire dans l'Entre-deux-Mers.
Le roi Jean, apprenant ce rassemblement, envoie des renforts afin de renforcer l’armée ducomte de Poitiers positionnée àBourges pour qu'il puisse rapidement rejoindre leLanguedoc et soutenir les villes.
La route précise prise par l'armée anglaise n'est pas connue. Il est toutefois supposé[1] qu'elle soit passée, entre autres, parMonségur, unebastide devenue anglaise en 1345,Duras, dirigée parGailhard de Durfort, etPuyguilhem, et que les contrées traversées furent pillées, ravagées etrançonnées comme il était de coutume à cette époque. La troupe anglaise mit donc douze jours pour parcourir les 65 km entre les deux villes.
Les troupes du Prince Noir arrivent àBergerac[Note 5] où il divise son armée en deux parties qui prennent des directions différentes :
L’avant-garde et le corps central d'environ 6 000 soldats, soit environ 10 000 hommes en incluant le personnel non combattant, avec un grand nombre de chariots, qu'il commande, prend un itinéraire qui est connu grâce à l'Elogium et qui est détaillé ci-dessous.
Les troupes anglaises du Prince pénètrent dans lePérigord. L’Eulogium indique que deux gros villages fortifiés, dont les noms ne sont pas cités, ont été pris parBartholomew de Burghersh(en) et levicomte de Marsan[Note 7] et qu'ils attendent l'arrivée du Prince Noir.
7 août 1356 :
Le Prince Noir pénètre dansPérigueux. À la vue des hordes de pillards qui s'affairent sauvagement dans les faubourgs de la ville, l'évêque de Périgueux promulgue l'excommunication de ceux-ci. Selon certains historiens[2], le prince aurait passé la nuit àChâteau-l'Évêque.
Le prince traverse à gué, une rivière[Note 9], près d'un moulin qui précédait un château[Note 10] et une ville fortifiée[Note 11] qui est appeléQuisser[Note 12]
11 août 1356 :
Édouard passe un endroit appeléMerdan[Note 13] où il trouve à acheter une grande quantité de poisson[4] et y passe une nuit paisible.
Les Anglais quittentLa Péruse et passent laVienne, àgué, vraisemblablement dans les environs deManot[Note 14],[5] et après une longue marche arrivent dans un village appeléLitherp[Note 15] où se trouve uneabbaye. Cetteabbaye augustinienne située au milieu du village et entourée de murs doublés de fossés profonds oppose une forte résistance à l'armée du prince. Elle finit par se rendre à la volonté du Prince qui épargne, pour une fois, l'église et la population.
15 août 1356 :
Le Prince Noir y reste toute la journée de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie[Note 16] et y passe une nouvelle nuit.
Le Prince s'empare d'une ville[Note 19] où il y a un château qui appartient àJacobo Burboun. Celui-ci est absent mais son épouse, Jeanne deChâtillon, est présente lors de l'arrivée des Anglais. L'église fortifiée et la ville résistent longtemps à l'envahisseur, mais les deux sont prises d'assaut.
18 août 1356 :
La troupe anglaise passe la journéeau Dorat qui est désormais entre leurs mains.
Les Anglais arrivent près un village qui s'appelle Luchank[Note 21] (aujourd'huiLussac-les-Églises) et où ils trouvent un grand nombre de poissons. Ils prennent la ville, y passent la journée (à la piller ?) puis la brûlent[11].
Traversée du Berry, Boischaut et Champagne berrichonne
Le château est capturé et la troupe passe la journée à pillerArgenton. Un autre château est pris mais l'auteur ne donne pas son nom. Lechâteau de Crozant résiste par contre aux assauts des anglo-gascons qui continueront leur chemin après avoir saccagé levillage[15].
Les Anglais restent sur leurs positions le 24 août, jour de la saint Barthélémy, brûlant et pillant néanmoinsChâteauroux avant de se retirer.
25 août 1356 :
Lesgodons arrivent àIsoldoun. Durant 3 jours, ils font une razzia et un pillage systématique de la ville, des faubourgs, de l'église Saint-Cyr… qu'ils incendient en partant, malgré la défense héroïque du château qui ne sera toutefois pas pris. La ville mettra de longues années à se remettre de cette dévastation.
26 et 27 août :
Les Anglais restent sur leurs positions, mais le prince en profite pour lancer des coureurs versBourges[17],[18],[19] etNevers, qu'ils attaquent, mais également en direction deGien pour trouver des passages possibles sur laLoire.
Après avoir passé 3 jours à pillerIssoudun, sans réussir à prendre le château, le Prince Noir arrive à un château appeléLe Feerte[Note 24], propriété du vicomte deThouars[Note 25], qu'il prend malgré ses excellentes défenses, pille ainsi que levillage attenant et détruit l'ensemble par le feu. Par la suite, il arrive àLury, une vieille ville fortifiée dont on pense qu'elle subit également pillage et incendie. Il traverse ensuite leCher, qui marquait la frontière avec leroyaume de France, et passe la nuit dans la ville deVierzon[Note 26] qui semble avoir été mise en état de siège depuis 3 jours par lecaptal de Buch,Jean de Grailly, qui brûle l'abbaye. Ce même jour, les capitaines de l'arrière-garde anglaiseJohn Chandos etJames Audley pillent et brûlentAubigny. L'auteur indique qu'un groupe français de 80 lances commandées parGris Motoun[Note 27] est défait par 10 lances anglaises de Chandos.
29 août 1356 :
Vraisemblablement informé que les passages deLoire étaient gardés ou coupés, le Prince Noir dirige son armée vers l'Ouest par la vallée duCher[20] où ils font prisonniers 8 soldats d'un détachement d'Amaury de Craon et deBoucicaut[Note 28]. Les prisonniers indiquèrent que le roi de France cherchait à le rencontrer, pour lui livrer bataille[Note 29]. Le prince envoie alors des troupes en reconnaissance, en direction deSalbris,La Ferté-Imbault etMennetou. Les Anglais prennent les villes et les châteaux, les pillent et les détruisent[21]. La Ferté-Imbault ne sera reconstruite que sous laRenaissance[22],[23]. Lemoine de Malmesbury indique que les Anglais arrivent« ad unam villam quae vocaturFrank sita super amnem quae dividit regnum Franciae etducatum. » La ville de « Frank » est, selon les historiens,Villefranche-sur-Cher.
Dans la journée, 60 lances françaises et un grand nombre d'hommes d'armes d'Amaury de Craon et deBoucicaut tendent une embuscade à un petit convoi ennemi qui résiste jusqu'à l'arrivée du gros des forces anglaises qui capturent 120 Français, l'autre moitié et plus se sauve en direction deRomorantin. Les Anglais arrivent à Romorantin et plantent leurs tentes près de l'un des gués de laSauldre, durant 3 jours, et lancent lepremier assaut.
31 août 1356 :
Après avoir capturé la ville, les Anglais avec à leur tête le Prince de Galles, attaquent le château où sont enfermés un grand nombre de défenseurs. Les assaillants prennent pied dans le château et les Français se réfugient alors dans ledonjon[Note 30]. L'assaut est meurtrier, des deux côtés, les Anglais perdentBernardet d'Albret[24],[25].
Les assaillants finissent par mettre le feu à la tour.Froissart indique qu'ils utilisèrent lefeu grégeois et des canons, vraisemblablement par unesape, de sorte que les assiégés ne pouvaient pas éteindre le feu avec le peu de réserve de vin et d'eau dont ils disposaient[Note 31]. Après avoir négocié, les défenseurs se rendent. L'historien Robert d'Avesbury indique que 80 Français se rendent, parmi euxAmaury de Craon etBoucicaut.
4 septembre 1356 :
Les Anglais restent en place durant la journée, tout en se préparant à continuer leur chevauchée.
Le prince arrive devant un château ducomté de Blois qui se situe au-dessus duCher[Note 33]. Rien n'indique la prise du château. S'il est toutefois possible qu'une « avant-garde » l'ait attaqué, le gros de la troupe a contourné le château par le nord.
7 septembre 1356 :
Les Anglais arrivent àAumounk Super Leir située près deTours[Note 34] et y passent 3 jours à piller. Lechroniqueur anglais,Geoffrey le Baker indique que le prince détacha 1 000 hommes et 500arbalétriers pour prendre Tours et la brûler. Cette entreprise échoua en raison du mauvais temps.« Il plut et tonna durant trois jours, grâce aux interventions, divines, des bienheureuxsaint Martin etsaint Gatien ».
11 septembre 1356 :
L'armée anglaise quitteMontlouis et traverse à gué leCher aux environs deVéretz, rendue très dangereux en raison des fortes pluies. En effet, les ponts au voisinage de Tours,Joué-lès-Tours etSaint-Avertin, avaient été coupés et les villages brûlés sur ordre du maréchalJean de Clermont-Nesle afin de retarder les Anglo-Gascons. Le Prince Noir passe la nuit au château deMontbazon.
Alors que le Prince Noir était à Montbazon, il reçut la visite ducardinal de Périgord et de plusieursévêques venus pour le persuader de signer soit une trêve, soit la paix. Les émissaires indiquèrent que ledauphin était à Tours avec un millier d'hommes. Le prince repousse les propositions.
Au matin, le Prince Noir fonce, avec 200 hommes d'armes, à travers laforêt de Moulière et débouche sur la route de Poitiers à Chauvigny où il tombe par surprise sur l'arrière-garde de l'armée française forte de 700 hommes d'armes et chevaliers àla Chaboterie au Breuil l'Abbesse. Les Français totalement décontenancés s'enfuirent dans la forêt, perdant 240 hommes dont le comte de Joigny,Jean II de Chaloncomte d'Auxerre etJean II de Châtillon qui seront libérés après rançon. Quand le roi Jean apprend que ses ennemis étaient derrière et non devant, il fait retourner sa troupe. Au soir, les deux armées campent l'une en face de l'autre.
18 septembre
Les deux camps se préparent à la bataille.
Les troupes françaises sont positionnées en trois batailles[Note 38] de 16 000 hommes chacune :
Les troupes anglaises sont positionnées également en 3 batailles :
la première bataille composée de 2 000 hommes d'armes, 4 000 archers et 1 500 brigands sont positionnés en un lieu très fort situé le long d'un chemin fortifié de haies et de buissons.
La grosse bataille du prince de Galles, avec sa cavalerie et l'élite des barons anglais et gascons se tenait un peu en arrière de la première bataille.
Le roi allait donner le signal d'attaque lorsque deuxlégats pontificaux accourus en toute hâte de Poitiers vinrent parler de trêve et de négociations pacifiques. Malgré le bon vouloir du prince de Galles, qui manquait de vivres, on ne put s'entendre et l'armistice consenti par le roi fut rompu le lendemain matin.
19 septembre :
à 6 heures du matin, labataille de Poitiers s'engage. Elle se termine à midi. Les Français perdent 13 comtes, 1 archevêque, 66 barons et bannerets et 2 000 hommes d'armes. 3 000 hommes d'armes sont tués dans la poursuite sans compter les comtes, vicomtes, barons, bannerets… Les Français laissèrent sur le champ de bataille 8 000 hommes d'armes. Les Anglais ne perdent que 1 900 hommes d'armes et 1 500 archers. En outre, leroi de FranceJean le Bon est fait prisonnier par Denis de Morbecque. Jean le Bon est le2e souverain français à être capturé sur un champ de bataille[Note 39]. Édouard III exige une énorme rançon de quatre millions d'écus d'or pour sa libération. Son prestige est au plus haut, contrairement à celui de la noblesse française. Le roi étant captif, le royaume va sombrer dans la guerre civile.
Le Prince Noir décide de retarder son entrée àBordeaux afin d'attendre que les préparatifs de la réception de lui-même et de sonhôte soient terminés. Ils resteront ainsi une quinzaine de jours àLibourne.
La chevauchée du Prince Noir en 1356 est une très grande victoire pour l’Angleterre, plus grande encore que celled’Édouard III en 1346. D'un point de vue militaire, ladéfaite de Poitiers est plus humiliante pour les Français que celle deCrécy. En effet, ces deux batailles sont identiques, avec des stratégies identiques et des échecs identiques. En dix ans, les Français n’avaient pas su faire évoluer leur technique militaire. Comme en 1346, l’armée française comptait encore presque exclusivement sur sa cavalerie et n’avait pas d’archers dans ses rangs. La conception de guerre n'avait pas évolué, les Français se battaient en un engagement où des chevaliers se ruaient les uns sur les autres, stratégie militaire duXIIIe siècle totalement dépassée. La bataille de Poitiers n'avait été livrée que contre un corps expéditionnaire mais bien loin de l'expérience et la force des troupes royales. À Crécy,Philippe VI, en constatant son échec, avait quitté le champ de bataille. Jean le Bon constate également que l’affrontement est un échec, mais décide quant à lui de rester. Ce comportement chevaleresque mais inutile, va causer de grands troubles dans le royaume de France.
Après la convocation desÉtats généraux, le gouvernement du royaume est confié audauphin Charles. Cetterégence s'annonce difficile. En décembre 1356, le dauphin publie uneordonnance donnant cours à une nouvelle monnaie. Des échauffourées éclatent et le prévôt des marchands de Paris,Étienne Marcel, parvient à faire révoquer l’ordonnance. En 1357, ce dernier tente d'imposer uncontrôle sur la monarchie française. Lestraités de Londres instaurent l'insécurité et la guerre civile s'installe.
↑L’Eulogium Historiarum sive Temporis indique qu'il s'agit d'un jeudi.
↑Écrit Brigrake dans l'Elogium, ou Brygerake. Bri-ge-rake →Bergerac.
↑On ne trouve aucun écrit concernant cette colonne et son itinéraire. On sait seulement que la colonne, autre que celle du Prince Noir, a suivi une route beaucoup plus à l'est.
↑Ibi dominus Bartholomeus de Borowasch cum suis duas magnas villas muratas conquisivit quas dominus de Marsan ad usum domini principi custovidit qui quidem villas praedictas ad magnum damnum inimicorum viriliter et robuste usque ad adventum principis custovidit..
↑Le 10 août est un mercredimercurii jour de la Saint Laurentin die Sancti Laurentii.
↑Eodem die nova venerunt principi quod rex Franciae voluit congredi cum eo, unde multum laetatus est.
↑Fuit enim ibi aliud castrum juxta illud fortissimum valde quantum ad jactus saggittae quod vocabatur le Doungoun, illud autum magnum damnum ingessit hominibus principis.
↑Die veneris et die sabbati submiserunt ignem ad turrim ita quod inclusi non possent bene ignem extingue cum vini et aqua, quod in parva quantitate habedant intra se.
↑Die lunae sequenti venit princeps ad terram quae fuit de dominio comitis de Bisser et Burgilloun. Les historiens indiquent Bisser et Burgilloun sont selon toute vraisemblance les comtés d'Auxerre et de Bourgogne sans indiquer de noms de villes ou de villages.
↑Die Martis venit princeps ad unum castrum de comitatu de Bloys, quod est situm super amnen de Cher. Le nom n'est pas cité, toutefois à la lecture d'une carte, il semble très probable qu'il s'agisse duchâteau de Montrichard.
↑…ad Aumounk Super Leir juxta Tours nobilis civitas et perpulchra…