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Cherbourg-Octeville

49° 38′ 20″ nord, 1° 37′ 30″ ouest
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Wikipédia:Bons articles

Vous lisez un « bon article » labellisé en 2008.

Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirCherbourg (homonymie) etOcteville (homonymie).

Page d’aide sur l’homonymie

Cet article concerne lacommune déléguée ayant pour nom Cherbourg-Octeville. Pour la commune principale, voirCherbourg-en-Cotentin.

Cherbourg-Octeville
Cherbourg-Octeville
Vue aérienne de l’agglomération cherbourgeoise en mai 2006.
Blason de Cherbourg-Octeville
Blason.
Image illustrative de l’article Cherbourg-Octeville
Logotype.
Administration
PaysDrapeau de la FranceFrance
RégionNormandie
DépartementManche (sous-préfecture)
ArrondissementCherbourg (chef-lieu)
CommuneCherbourg-en-Cotentin
IntercommunalitéCA du Cotentin (CAC)
StatutCommune déléguée
Maire délégué
Mandat
Catherine Gentile
2023-2026
Code postal50100 et 50130
Code commune50129
Démographie
GentiléCherbourgeois-Octevillais
Population35 854 hab.(2023)
Densité2 514 hab./km2
Géographie
Coordonnées49° 38′ 20″ nord, 1° 37′ 30″ ouest
AltitudeMin. 0 m
Max. 139 
m
Superficie14,26 km2
Élections
DépartementalesCherbourg-Octeville-1,Cherbourg-Octeville-2 etCherbourg-Octeville-3
Historique
Fusion
Intégrée àCherbourg-en-Cotentin
Localisation
Géolocalisation sur la carte :France
Voir sur la carte topographique de France
Cherbourg-Octeville
Géolocalisation sur la carte :France
Voir sur la carte administrative de France
Cherbourg-Octeville
Géolocalisation sur la carte :Manche
Voir sur la carte topographique de la Manche
Cherbourg-Octeville
Géolocalisation sur la carte :Normandie
Voir sur la carte administrative de Normandie
Cherbourg-Octeville
Liens
Site webwww.cherbourg.fr
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Cherbourg-Octeville (ʃεʁbuʁɔktəvil ;Écouter) est une anciennecommunefrançaise dudépartement de laManche. Résultant de la fusion des communes de Cherbourg et d'Octeville le, elle devientcommune déléguée deCherbourg-en-Cotentin,commune nouvelle créée le et issue de la fusion de Cherbourg-Octeville,Équeurdreville-Hainneville,La Glacerie,Querqueville etTourlaville.

Située à l’extrémité nord duCotentin, Cherbourg est protégée par la seconde plus granderade artificielle au monde[1] après celle deRas Laffan (Qatar), dont elle représente le tiers avec une superficie d'environ1 500 hectares. Entrela Hague et leVal de Saire, la cité de Cherbourg est ainsi au cours des siècles une place stratégique disputée par les Anglais aux Français. Citée comme l'une des « clés les plus importantes de l'État » parVauban, elle est devenue, à la suite de colossaux travaux d’aménagement maritime, notamment sous l’impulsion deNapoléon Ier, unport militaire de premier ordre. Escale des prestigieux paquebots transatlantiques dans la première moitié duXXe siècle, Cherbourg est l’objectif premier des troupes américaines lors dudébarquement de Normandie en 1944.

Préfecture maritime, et sous-préfecture de la Manche, ses 35 854 habitants[Note 1] (plus de 85 000[2] avec sa banlieue[Note 2]) en font la première ville du département devant la préfectureSaint-Lô et la deuxième de l'ancienne régionBasse-Normandie aprèsCaen. Port militaire, halieutique, plaisancier et de passagers transmanche, mais handicapé par son isolement géographique pour être un grand port marchand, Cherbourg-Octeville est également une ville ouvrière, avec un site de construction navale important, entourée d'un arrière-pays rural.

Géographie

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Article détaillé :Géographie de Cherbourg-en-Cotentin.

Situation

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La péninsule du Cotentin.

À peu près au milieu des côtes septentrionales de la presqu'île duCotentin, à l'embouchure de laDivette et au fond de la baie comprise entre lecap Lévi à l'est et lecap de la Hague à l’ouest, Cherbourg-Octeville est distant de120 kilomètres descôtes anglaises. Plus grande ville du département de laManche, elle résulte de la fusion des communes de Cherbourg et d'Octeville.

Cherbourg et Octeville-sur-Cherbourg appartenaient autrefois audoyenné de la Hague, délimité par laDivette. En 1786, une partie d’Équeurdreville est jointe à Cherbourg, lors de la construction du port, puis, en 1802, une portion d'Octeville. Depuis 1811, les « mielles » deTourlaville, commune du doyenné deSaire, sont intégrées au territoire cherbourgeois sous le nom du quartier du Val-de-Saire où ont été construits l'hôpital Pasteur et l'église Saint-Clément[3]. Ainsi, Cherbourg-Octeville se trouve à la fois dans la Hague et dans le Val de Saire[4].

Comme l'ensemble Chantereyne et le terre-plein des Mielles, le territoire cherbourgeois a été gagné sur la mer. Construite au niveau de la mer, la ville s'est développée au pied de la montagne du Roule (point culminant de l’ancienne commune) et de la Fauconnière. Octeville est une ancienne commune rurale, composée de hameaux, dont le bourg s'est étendu à partir duXIXe siècle et dont le territoire s'est fortement urbanisé depuis 1950, en particulier autour de laZUP des Provinces et du site universitaire.

Les communes limitrophes sontTourlaville à l'est,Équeurdreville-Hainneville à l’ouest,La Glacerie au sud et sud-est,Martinvast au sud,Nouainville etSideville au sud-ouest.

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap.
Carte topographique.

Communes limitrophes

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Communes limitrophes deCherbourg-Octeville[5]
(comm. nouv. deCherbourg-en-Cotentin)
MancheMancheManche
Équeurdreville-Hainneville
(comm. nouv. deCherbourg-en-Cotentin)
Cherbourg-OctevilleTourlaville
(comm. nouv. deCherbourg-en-Cotentin)
Nouainville
Sideville
MartinvastLa Glacerie
(comm. nouv. deCherbourg-en-Cotentin)

Géologie

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Le Roule vu du bassin de commerce.

Situé à l'extrémité dumassif armoricain, Cherbourg-Octeville conserve les traces de la formation, sur lesgranites déformés etschistesmétamorphiques duPrécambrien, de lachaîne hercynienne par le plissement desarkoses duCambrien et des schistes et grès armoricains de l'Ordovicien. Ces plis se traduisent par des couches de grès inclinées de 45° vers le nord-est, sur la Fauconnière (dont « laRoche qui pend ») et lamontagne du Roule[6]. Ces deux falaises mortes sont dues à l'érosion maritime auquaternaire. Le retrait de la mer a ensuite laissé la place à des cordons dunaires et des marais arrière-littoraux, détruits par l’urbanisation desXVIIe et XIXe siècles, identiques à ceux de Collignon à Tourlaville[7].

Ces roches présentes dans les sols ont été exploitées au cours des siècles dans plusieurs carrières : le granite écrasé extrait àQuerqueville et lesarkoses du Becquet ont été utilisés pour la confection demoellons et de blocs équarris pourlinteau. Lesschistes verts, dont la couleur provient de lachlorite et laséricite, sont essentiellement exploités en couvertures dans le Nord-Cotentin, mais aussi en maçonnerie à Cherbourg. Legrès armoricain de la montagne du Roule sert aux moellons et à l'enrochement. La plupart des nombreuses carrières ouvertes dans l’agglomération pour lestravaux de la digue sont aujourd'hui fermées[7].

Le fond de larade de Cherbourg se compose de schistes duNéoprotérozoïque[8].

Hydrographie

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Cherbourg-Octeville est bordée par la mer. La construction du port du commerce, à partir de 1769, s'est accompagnée du détournement de laDivette (dont l'embouchure se situait au niveau de l’actuelle sortie du port Chantereyne) et du Trottebec (depuis le territoire de Tourlaville) réunis dans le canal de retenue, le long de l’avenue de Paris et de la rue du Val-de-Saire.

Le ruisseau de la Bucaille et celui du Fay qui arrosait la Croûte du Homet auXVIIIe siècle[9] ont disparu lors de la construction duport militaire.

Climat

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Article détaillé :Climat à Cherbourg-en-Cotentin.

Cherbourg-Octeville est sous climat tempéréocéanique. Son caractère maritime entraîne un taux d'humidité important (84 %) et un vent marin fort, soufflant couramment entempête mais aussi des variations saisonnières de température faibles et de rares jours de gel (7,3)[10]. L'effet conjugué du vent et des marées engendre des changements climatiques rapides dans une même journée, le soleil et la pluie pouvant se succéder à quelques heures d'intervalle[11].

L'influence duGulf Stream et la douceur de l'hiver permettent lanaturalisation de beaucoup de plantes méditerranéennes ou exotiques (mimosas, palmiers, agaves, etc.) présentes dans les jardins publics et privés de la ville, malgré une insolation moyenne[11].

Relevé météorologique
Moisjan.fév.marsavrilmaijuinjui.aoûtsep.oct.nov.déc.année
Température minimale moyenne (°C)54,65,66,8911,513,514,313,511,48,36,19,1
Température moyenne (°C)6,86,57,6911,5141616,715,713,510,2811,3
Température maximale moyenne (°C)8,68,49,611,31416,418,519,11815,612,19,913,5
Précipitations (mm)75,9585743,545,339,834,140,657,470,487,782,6692,3
Source :Cap de la Hague, 1961-1990


Comparaison des données météorologiques de Cherbourg-Octeville[10],[12] avec les données nationales
VilleEnsoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Médiane nationale1 852835162550
Cherbourg-Octeville[10],[12]1538692.35,15,326.6
Paris1 717634132026
Nice2 7607911282
Strasbourg1 747636262869
Brest1 5551 23061278
Bordeaux2 07098733278

Voies de communication et transports

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Article détaillé :Voies de communication et transports à Cherbourg-en-Cotentin.

Voies routières

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Historiquement, Cherbourg-Octeville est le terminal ouest de laroute nationale 13 qui traverse la ville par les « Rouges Terres » et l’avenue de Paris, depuisLa Glacerie. Dans les années 1990, une déviation de la nationale, désormaisroute européenne 3 et46, a renvoyé le trafic par La Glacerie etTourlaville sur un axe à trois voies de La Glacerie au rond-point de Penesme à Tourlaville puis à 2 × 2 voies jusqu'au rond-point situé entre la plage de Collignon et le port des Flamands. Le prolongement vers Cherbourg est en travaux, avec le doublement du pont enjambant le port des Flamands, afin d’assurer une continuité de la 2 × 2 voies jusqu'au port de commerce cherbourgeois.

LaRD 901, qui relie lecap de la Hague àBarfleur, traverse la ville d'est en ouest.

Après l’achèvement du contournement est de l’agglomération, le projet de contournement ouest est à l'étude, et un « fuseau » correspondant au futur tracé définitif a été retenu. De même, la mise à 2 × 2 voies de l’accès à l’aéroport de Maupertus est envisagée.

LaRD 650 permet de relier Cherbourg à la côte ouest du Cotentin. Au départ de Cherbourg, laRD 650 prend la direction sud-ouest pour rejoindreLes Pieux puis longe pour rejoindre laCôte des Isles jusqu'àBarneville-Carteret. À l’approche de Cherbourg, cette départementale a fait l'objet, ces dernières années, de nombreux aménagements (ronds-points, feux tricolores, aménagement urbain) du fait de larurbanisation des communes traversées.

Avec l’attribution du statut d’autoroute à la RN 13 en 2006, les travaux de mise aux normes autoroutières entre Cherbourg etCaen sont engagés pour dix ans[13]. Les travaux d’aménagement de la RN 13 à l'entrée de l’agglomération cherbourgeoise (lieu-ditVirage des Chèvres) ont été achevés au début 2009.

Transports maritimes

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Normandie Express,38 000 ch.

Leport de Cherbourg est approprié pour les liaisons maritimes, particulièrement depuis la construction de lagrande rade qui a permis un accès plus large et sûr. Essentiellement port militaire, Cherbourg a développé, au cours des derniers siècles, un commerce de marchandises et de passagers avec l’Angleterre et les Antilles, puis vers l’Amérique.

Aujourd'hui, leRoyaume-Uni et l’Irlande sont régulièrement desservis :

Le port accueille une trentaine de paquebots par an dont les plus gros, grâce à un terminal croisière aménagé en 2006 dans lagare maritime transatlantique inaugurée en 1933. Régulièrement, certains paquebots initialement prévus pour une autre destination se réfugient dans le port pour se protéger des fréquentes tempêtes.

Lors de la construction des prototypes deConcorde dans les années 1960, certains tronçons construits au Royaume-Uni ont transité en ferry par Cherbourg pour rallier Toulouse.

Transport ferroviaire

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Laligne Paris-Cherbourg duRéseau ferré de France se termine à lagare de Cherbourg, inaugurée en 1858, qui accueille chaque année un million de voyageurs[14]. Cette ligne allait, au début duXXe siècle, jusqu'à la station balnéaire d’Urville-Hague et était complétée par le « tue-vaques » qui desservait depuis Cherbourg leVal de Saire entre 1911 et 1950. Aujourd'hui, la ligneIntercités Paris-Caen-Cherbourg est la plus profitable de sa catégorie avec un bénéfice de plus de10 millions d'euros annuels malgré de nombreux incidents et retards[15]. Chaque jour, plusieurs dizaines de TER et Intercités assurent des liaisons directes avecLisieux,Caen, etParis-Saint-Lazare en trois heures en moyenne.

De juillet 2009 à décembre 2010, une liaison TGV Cherbourg-Dijon, viaMantes-la-Jolie etRoissy TGV, à raison d'un aller-retour quotidien, créée à titre expérimental pour trois ans, a permis aux Cherbourgeois d'accéder directement par voie ferrée au premier aéroport français. L'expérimentation a cessé prématurément, le seuil minimum de fréquentation n'ayant pas été atteint[16].

Transports urbains

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Article détaillé :Zéphir Bus.
Un bus du réseauZéphir Bus de Cherbourg.

La Compagnie des transports de Cherbourg (CTC) a été créée en 1896, reliant par untramway la place deTourlaville et la place du Château à Cherbourg, puis jusqu'à Urville. Après l’occupation allemande et le bombardement du dépôt de tramways, les bus prennent la succession, et il faut attendre 1962 pour que le réseau dispose de plusieurs lignes. À partir de 1976, lacommunauté urbaine de Cherbourg prend en charge la compétence des transports en commun. Gérée endélégation de service public parKeolis, la CTC prend le nom deZéphir Bus en 1991[17].

Le maillage couvre l'ensemble de l’agglomération. Depuis quelques années, un service de bus de nuit a également été créé.

Cherbourg-Octeville et son agglomération sont également desservies par les cars départementauxManéo.

Aéroport

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Article détaillé :Aéroport de Cherbourg - Maupertus.

L'aéroport de Cherbourg - Maupertus dessert la ville. Sa piste de 2 440 mètres accueille desvols charters. Après l'arrêt, au printemps 2008, de la liaison quotidienne vers Paris assurée par la compagnieTwin Jet, une nouvelle liaison vers Caen et Paris a démarré le avecChalair Aviation[18].

Avec 40 500 passagers en 2007, l'aéroport a perdu 30 % de ses passagers commerciaux et 10 % de son trafic total sur une année[19].

Toponymie

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Cherbourg

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Le nom de la localité est mentionné sur latable de Peutinger vers 365, dans l’Itinéraire d'Antonin et laGesta deFontenelle en 747-753 sous la forme latinisée[In pago] Coriovall[inse] 747-753,Coriallo, latinisée ensuite enCoriallum. Ensuite, cette forme disparaît pourCarusburg [Castellum] en 1026-1027[20], puisCarisburg en 1056-1066, sous la latinisation fantaisisteCesaris burgus en 1042[21],Chiersburg vers 1070 (Guillaume de Jumièges),Chieresburg vers 1175 (Wace,Roman de Rou)[22],Kiares buhr en 1091,Chieresborc,Chierbourg auXIIe siècle[23].

Lors de l'occupation de la ville par les Anglais le vocable deChirburg est usité[24].

Uneonomastique médiévale fantaisiste s'est efforcée de rapprocher le nom réel de la ville du latin*Caesaris burgus « bourg de César » afin d'en attribuer la fondation àJules César[25].

En réalité la forme antique estCoriallo et-burg n'apparaît qu'auXIe siècle.Coriallo est la forme contractée deCoriovallu(m), hybride gallo-latin composés des éléments celtiquecorio « armée » et latinvallum désignant à l'origine un type de palissade romain, puis ayant pris le sens de « fortification, bourg fortifié » (emprunté par le germanique sous la formewall-). Il a été remplacé par le germaniqueburg de sens analogue.

Ce second élément-bourg (anciennement-burc, -burg) est un appellatif d'origine pangermanique bien connu qui a servi à former plusieurs toponymes en Normandie, tout comme au nord et à l'est de la France. Ailleurs, il est inexistant en composition.

Dans le cas normand, il peut avoir une origine saxonne (ex : les différentsCabourg) ou anglo-saxonne (ex. :Wambourg, nom ancien deSaint-Aubin-sur-Quillebeuf). Cette hypothèse a aussi été formulée pour Cherbourg[26],[22]. En revanche, quelques auteurs considèrent que-bourg représente dans ce cas l'ancien scandinave-borg, alors que seule une forme de 1062 dans une copie duXVIIIe siècleCeresbroch (lireCeresborch) pourrait le laisser penser.

Dans la perspective d'un-bourg saxon ou anglo-saxon, le premier élémentChier(s)- peut représenter le vieil anglaischiriche (graphieċiriċe) « église » où l'élément final-iċe [tʃ] s'est réduit à [s], comme pour le nom de la commune deChirbury, dans le comté deShropshire (Angleterre), attesté sous la formeChirichburig en 915, puisChiresbir en 1226[22]. Le sens global serait donc celui de « village de l'église ».

En revanche, si-bourg est issu de l'ancien scandinave-borg, le premier élément s'interprète différemment par l'ancien scandinave, c'est-à-direkjarr « marais », d'où le sens global de « forteresse du marais »[27]. L'élémentkjarr se retrouve par ailleurs en Normandie dansVillequier etOrcher. La principale faiblesse de cette thèse est d'ordre phonétique, en effet le [s] avant le [b] de-burg dans les formes anciennes est récurrent. En outre, une lecture rapide pourrait laisser penser queCarus-,Caris- des formes les plus anciennes représentekjarr, alors qu'il s'agit vraisemblablement de latinisations à partir de l'ancien françaischierscas sujet masculin etcas régime pluriel dechier « cher », terme issu du latincarus « cher »,caris (datif et ablatif pluriel).

Cherbourg est également le nom d’uncanton canadien, situé entreMatane etLes Méchins, qui a donné son nom aux municipalités de Saint-Thomas-de-Cherbourg, fusionnée en 1954 au sein des Méchins, et deSaint-Jean-de-Cherbourg. Ce nom, dont la proclamation date du, pourrait être dû à la répercussion par les journaux locaux de l’inauguration du port militaire parNapoléon III en 1858[28]. Cherbourg est également une ville duQueensland enAustralie.

Octeville

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Le nom d'Octeville apparaît quant à lui en 1063, dans une charte deGuillaume le Bâtard, à propos de dotations faites à la collégiale de Cherbourg[29]. Il signifie : « le domaine rural d’*Otti », nom d'homme scandinave non attesté, ou plutôt d’Otto, anthroponyme issu dugermanique occidental mais utilisé aussi par les anciens Scandinaves[30]. On le trouve également dansOcteville-l'Avenel ;Octeville-sur-Mer (pays de Caux) ;le Tilleul-Othon (campagne du Neubourg,Tilliolum Othonis 1289) ; et dansOtby (en) (Lincolnshire,Ottebi11e), nom de lieu anglais de type scandinave en-by.

Histoire

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Article détaillé :Histoire de Cherbourg.

Héraldique

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Blason de Cherbourg.

Cherbourg ported’azur à la fasce d’argent chargée de trois étoiles à six rais de sable, accompagnée de trois besants d'or, deux en chef, un en pointe. À partir de l'Empire, le blason est accompagné d'ornements extérieurs :couronne murale à cinq tours d’argent, cimier traversé en fasce d’un caducée contournée de même auquel sont suspendus deux festons servant de lambrequins, l’un à dextre d'olivier, l’autre à senestre de chêne, d’argent noués et attachés par des bandelettes d’azur. Ils comportent également unecroix de guerre 39-45 avec palme au naturel, appendue à la pointe de l'écu et brochant sur la croisure des bandelettes[31].

L'origine du blason est contestée.

Selon Victor Le Sens, il est d'origine religieuse : la fasce d’argent chargée d'étoiles représente la ceinture de laVierge Marie, l’une des deux patronnes de la ville et le nombre d'étoiles, comme celui desbesants, évoque laTrinité, l’autre protectrice de la ville. Les besants d'or seraient l'expression du rachat des captifs, illustrant la participation des notables cherbourgeois à laTroisième croisade. Le blason de Cherbourg daterait de la fin duXIIe siècle, à l'époque des Croisades[32].

SelonM. Le Poupet, qui s'appuie en particulier sur les ouvrages de Vulson de la Colombière et Ségoing, le contenu du blason évoque le commerce maritime de la cité, les besants — meubles traditionnels des armes de financiers anoblis — représentent la richesse et la fortune, tandis que l'étoile illustre la paix et la prudence. Le sable signifie Prudence et constance dans l’adversité, l’azur dénote l’activité et les mers.M. Canel avait expliqué avant lui que les besants et les étoiles illustrent respectivement le commerce et le port de mer[33].

Les étoiles, absentes de l’armorial ded'Hozier en 1697[33], auraient été ajoutées auXVIIIe siècle. Sous l'Empire, le blason fut complété par unfranc quartier des villes de seconde classe qui est à dextre d’azur à un N d'or, surmonté d’une étoile rayonnante du même, brochant au neuvième de l'écu[32].

Concernant les ornements extérieurs, la couronne murale symbolise la protection et le bonheur, le caducée le commerce et l’activité, l’olivier la paix, le chêne la force, rappelant la vocation à la fois militaire et commerciale du port. L'argent signifie que Cherbourg était une ville de seconde classe sous l'Empire[31].

Blason d'Octeville.

Le blason d'Octeville estde sinople au mantel d’argent chargé de deux lettres capitales de sable « O » à dextre, « V » à sénestre, au chef de gueules à un léopard d'or armé et lampassé d’azur. Il a été le logo de la municipalité jusqu'à la fusion avec Cherbourg, puis a été réuni au logo de Cherbourg.

De sa création en 2001 et jusqu'en 2016, la municipalité de Cherbourg-Octeville utilisait unlogo, intitulé la « mouette musicale ». Initialement adopté par Cherbourg, il est composé d’une mouette, symbolisant le caractère maritime de l’agglomération, sur une portée musicale, évoquant la musicalité du port : « le cri des mouettes qui dansent entre ciel et mer, les sirènes des navires et le chant mélodieux des vagues »[34]. Depuis l'incorporation de la commune dansCherbourg-en-Cotentin en 2016, le logo reprend celui de cette dernière (le C de Cherbourg-en-Cotentin) suivi du nom de lacommune déléguée concernée.

  • Logo de Cherbourg-Octeville de 2001 à 2016.
    Logo de Cherbourg-Octeville de 2001 à 2016.
  • Logo de la commune déléguée de Cherbourg-Octeville depuis 2016.
    Logo de la commune déléguée de Cherbourg-Octeville depuis 2016.

Antiquité

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Le Cotentin, conquis parQuintus Titurius Sabinus en[35], est divisé entre lepagus constantiensis (« comté de Coutances ») et lepagus coriovallensis (« comté de Coriallo »), au sein de laDeuxième Lyonnaise.Coriallo abrite une petite garnison et uncastrum est édifié sur la rive gauche de la Divette comme élément duLitus saxonicum, après les raidssaxons au début duIVe siècle[36]. Les vestiges retrouvés situeraient le village entre Cherbourg etTourlaville, sur les Mielles[36],[Note 3].

Moyen Âge : une place forte

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Vue de Cherbourg auXVIIe siècle.
Plan de Cherbourg et du château démoli en 1689.

Le haut Moyen Âge (496-911)

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Vers 435, Cherbourg aurait été évangélisé par l'évêque de CoutancesSaint Éreptiole[37], puis par saint Exupère, saint Léontien, et enfin saint Scubilion, en 555[38]. En 497, le bourg est cédé avec l'ensemble de l'Armorique àClovis.

En 870,saint Clair, débarquant duKent, est ordonné prêtre à Cherbourg et établit un ermitage dans la forêt environnante[39].

La Normandie ducale (911-1204)

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Après plusieurspillages par les Vikings auIXe siècle, Cherbourg est rattachée auduché de Normandie avec leCotentin, en 933, parGuillaume Longue-Épée. Le roi dannoisHarald (Harold), chassé de ses terres, débarque à Cherbourg en 946 pour aider le jeune ducRichardIer de Normandie en difficulté[40]. Après le conflit entre son père etKnut d'Angleterre,RichardIII de Normandie renforce les fortifications du château en même temps que celles des autres grandes places fortes du Cotentin. En 1053, Cherbourg est l'une des quatre principales cités du duché à recevoir du ducGuillaume le bâtard une rente à perpétuité pour l'entretien de100 démunis[41]. Vers 1060, le duc Guillaume donne à l'évêque de Coutances,Geoffroy de Montbray, les églises de Cherbourg,Tourlaville etBarfleur[42].

À partir duXIIe siècle, Cherbourg devient un port d'embarquement pour les traversées royales, au détriment de celui deBarfleur, entaché par le naufrage de laBlanche-Nef, et la place se développe[43]. C'est ainsi qu'en 1181, le roi d'AngleterreHenriII choisit Cherbourg pour s'embarquer[44].

Dans la lutte pour la possession du duché de Normandie, Cherbourg assiégée se rend en 1139 après deux mois de siège aux troupes d'Étienne de Blois avant d'être reprise à la fin de l'année 1141 parGeoffroy d'Anjou. La défense de la place était alors assurée par Raoul et Richard de La Haye-du-Puits, avec Jourdain Tesson. Raoul, fait prisonnier au cours d'une sortie dut sa liberté au paiement d'unerançon. S'ensuivit la capitulation de la place. Quant à Richard, il réussit à s'enfuir par la mer[45].

Mathilde l'Emperesse, épouse de Geoffroy Plantagenêt, fonde en 1145 l’abbaye du Vœu[39].

Lors de la conquête de la Normandie parPhilippe Auguste, Cherbourg tombe sans combattre en 1204. La ville est saccagée en 1284 et 1293, l'abbaye et l'Hôtel-Dieu pillés et incendiés, mais le château, où la population est retranchée, résiste. En 1296, lors de la guerre d'Aquitaine, Cherbourg fournit neuf navires de guerre[46].

À la suite de ces ravages,Philippe le Bel faitfortifier la cité en 1300[39].

De la Normandie capétienne à celle des Valois (1204-1515)

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La ville reçoit en la visite deSaint Louis[47].

Par sa position stratégique, à la fois clé du royaume avecCalais pour les Français et tête de pont de l’invasion pour les Anglais, la ville qui voit au début duXIVe siècle de nouvelles maisons s'édifier autour de l'Hôtel-Dieu, est très disputée durant laguerre de Cent Ans. Disposant de l’un des plus forts châteaux du monde selonFroissart, la place changera six fois de mains à la suite de transactions ou de sièges, mais jamais par les armes. La forteresse, avec son unique accès, la porte Notre-Dame[Note 4], et ses huittours principales reliées par unchemin de ronde, résiste aux soldats d’ÉdouardIII d'Angleterre fraîchement débarqué à la Hougue le qui avaient poussé vers l'Ouest comme relaté dans les chroniques« ils allèrent tant qu'ils vinrent en une grosse ville riche et à bon port qu'on appelle Chierebourg »[47]. Deux mille archers avec à leur têteGeoffroy d'Harcourt, baron normand au service du roi d'Angleterre, mettent le siège devant la place sans parvenir à la réduire[48]. Ils se vengent alors sur les faubourgs et brûlent une fois de plus l'abbaye du Vœu.

Le, par letraité de Mantes, le roi de France,Jean le Bon cède Cherbourg avec l'essentiel du Cotentin[49] à son gendre,Charles II dit le Mauvais, roi de Navarre et comte d'Évreux. La ville sera navarraise de 1354 à 1378, et Charles II y séjournera à plusieurs reprises et y effectuera d'importants travaux. Des maisons situées près du château sont détruites ainsi qu'une partie de l'abbaye du Vœu afin que« pour doute que les ennemis n'y fissent forteresse »[43]. Autour de la ville qui prend de l'importance, une nouvelleenceinte est dressée sous la direction de Jehan Quesnel, maître d’œuvre.

Au printemps 1378, la ville est assiégée parCharlesV comme le reste des possessions normandes du roi de Navarre qui s'est mis au service du roi d'Angleterre, mais en vain. Les troupes navarraises fortes de600 soldats[50] qui avaient reflué ducomté d'Évreux et du clos du Cotentin s'étaient retranchées dans Cherbourg, déjà difficilement prenable, et la défendirent, ravitaillée par la mer, contre les attaques françaises[51]. En juin 1378, ayant perdu pied en Normandie, Charles II de Navarre loue Cherbourg àRichardII d'Angleterre pour une durée de trois ans. À l'automne 1378,Bertrand du Guesclin l’assiège à nouveau à l'aide de nombreuses machines de guerre, mais la ville refuse de capituler. Son frère,Olivier du Guesclin avec60 chevaliers, au cours d'une tentative nocturne sera même capturé[50].Charles V, décide alors d'affamer la place en l'isolant de toutes sources de ravitaillement, et décide l'évacuation totale du nord de la presqu'île de tous ses habitants. Cet épisode connu comme legrand vuidement du Cotentin a été narré par Robert Blondel, un chroniqueur deRavenoville :

« Pour vaincre Cherbourg par la faim, un décret royal ordonna de chasser tous les habitants et de laisser la terre inculte. Et il fut crié publiquement et commandé que tous vidassent et allassent hors du pays du Cotentin sans ce que aucun demeurast sur le pays plat ou habitast en aucune manière[52]. »

Le siège est finalement levé en[53].

Le roi d'Angleterre refusa ensuite de restituer la ville aux Navarrais, malgré les efforts de Charles II. En 1379, elle a pourcapitaine Jean de Harleston[54]. Guillaume des Bordes, capitaine deCharles V dans leCotentin, tente de s'en emparer sans succès[50]. Ce dernier sera capturé au cours d'une chevauchée en été 1379 dans la campagne cherbourgeoise au cours de laquelle Lancelot de Lorris, chevalier, est tué[50].

Charles le Noble, fils duMauvais rachète la ville en 1399 à Richard II, et l'échange, en 1404, àCharlesVI de France contre le duché deNemours[55].

Après lesiège et la prise de Caen en et celle deRouen par le roi d'AngleterreHenriV, la ville résistera plusieurs mois avant sa reddition en 1418 au duc de Gloucester par manque de vivres. Elle redevient alors anglaise, et ces derniers la conserveront trente-deux ans[56]. Au début de l'année 1450,Thomas Kyriell, à la tête d'une armée de secours, alors que laNormandie est en passe d'être reconquise par leroyaume de France, débarque à Cherbourg et s'empare deValognes avant de prendre la direction deCaen[56]. Cherbourg, dernière possession anglaise duduché de Normandie après labataille de Formigny (), capitule sans conditions le mercredi[39], après que le roi ait négocié avec le capitaine de la place. Le siège avait débuté à la fin de, avec l'aide d'un prêt de60 000 livres deJacques Cœur au roi de FranceCharlesVII. Afin d'éviter que la place distante de135 kilomètres des côtes anglaises, ne retombe aux mains des Anglais,LouisXI, le octroie une charte à ses habitants. Celle-ci exempt la population perpétuellement de tous impôts, charge à eux d'assurer le guet et la garde des remparts de la ville[57].

La Renaissance (1515-1610)

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En 1522, Guillaume d'Ursus, met en défense la ville de Cherbourg contre une incursion des Anglais[58]. Le, Cherbourg reçoit en grande pompe la visite deFrançois Ier de France et du dauphin[39]. À cette époque, Cherbourg nous est décrite parGilles de Gouberville comme une ville fortifiée de 4 000 habitants, protégée par desponts-levis aux trois portes principales, gardées en permanence et fermées du coucher du soleil jusqu’à l’aube. À l’intérieur des remparts, le château, lui-même protégé par de largesfossés et muni d’undonjon et de douze tours, occupait le sud-est de la ville. À l'extérieur et au sud des remparts, le faubourg, le long de laDivette, était fréquenté par les matelots[59].

Cherbourg n'est pas touchée par le vent de laRéforme qui divise la Normandie, consolidé et fortement gardé parMatignon, qu'Henri III remercie de sa défense contre les troupes deMontgomery, en le nommant lieutenant-général de Normandie et gouverneur de Cherbourg en 1578, puis maréchal l’année suivante. Les bourgeois demeurent également fidèles à Henri III puisHenri IV, quand la Normandie est majoritairement tenue par laLigue catholique[39].

XVIIe – XIXe siècle : naissance d’un port militaire

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Plan de la ville et du château de Cherbourg.
Jacques Gomboust (1657).
Transbordement des cendres de NapoléonIer,Léon Morel-Fatio, 1841.
Digue de l’Ouest, dite « de Querqueville ».
Cherbourg vue du Roule vers 1895.

Le temps de l'absolutisme (1610-1789)

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Pour compléter les deux ports d’envergure que sontBrest sur l’Atlantique etToulon sur laMéditerranée,Louis XIV désire édifier un nouveau port sur les côtes de laManche, face à l’Angleterre, afin d’héberger les navires de passage.Vauban propose en 1686 de renforcer la fortification de Cherbourg et fermer larade de Cherbourg par deux digues, mais privilégie la Hougue pour l'établissement d'un port militaire d'envergure. Jusque là, la ville disposait de deux ports, un en eau profonde, le Gallé, situé au niveau de l'avant-port militaire actuel, mal abrité des vents et tempêtes, mais permettant l'amarrage des navires de fort tonnage, et un port d'échouage, le Hable, qui occupe l'estuaire de la Divette, à l'ouest des Mielles de Tourlaville, mieux protégé, mais moins utilisé à cause de son manque de fond. Gilles de Gouberville nous dit dans son journal à la date du que :« le navire de Jehan hubert avoyt failly à estre perdu au Hable pour ce qu'il estoyt tombé sur le costé »[60],[61]. Les travaux de fortifications et d’aménagement du château débutent l’année suivante mais sont arrêtés par le Roi en décembre 1688, influencé parLouvois et par crainte des attaques anglaises[36]. En l'absence de ces fortifications, la population cherbourgeoise assiste impuissante à la destruction des trois navires de l’amiral de Tourville au terme de labataille de la Hougue[36].

Le port de commerce, au niveau actuel de la place Divette, est creusé entre 1739 et 1742. Les premiers aménagements du port datent de 1737 et sont l’œuvre deLouis-Rolland Hüe de Caligny[62]. Le, les Anglais, sous les ordres du général Bligh et l’amiral Howe[39], débarquent près de Cherbourg qu'ils occuperont et dévasteront pendant plus d'une semaine[63]. Avec l'aménagement d'un nouveau bassin du commerce en 1769, Cherbourg — depuis longtemps port commercial de faible importance, ville sans université ni activité culturelle, régulièrement pillée, aux faibles relations avec Paris — acquiert un poids essentiel dans le Cotentin qui se traduit, à la veille de la Révolution française, par la création de réseaux de sociabilités par les bourgeois réunis en associations — comme laSociété royale académique de Cherbourg en 1755 et laloge « la Fidèle maçonne ». La population passe de800 feux (4 000 habitants) à Cherbourg et 95 à Octeville, vers 1715, à 7 300 cherbourgeois en 1778[64].

LouisXVI décide de relancer le projet d'un port sur laManche. Après plusieurs hésitations, il est décidé en 1779 de construire une digue de quatre kilomètres de long entre l’île Pelée et la pointe deQuerqueville, selon une méthode mise au point parLouis-Alexandre de Cessart, d'un môle de90 cônes de bois de 20 × 20 mètres, remplis de pierres liées au mortier, reliés par des chaînes de fer. Le premier cône est immergé le, le frère du roi, lecomte d'Artois assiste à la mise en place du septième cône, et le Roi assiste le à lamise à l'eau du neuvième cône. Mais la technique ne résiste pas aux tempêtes, et elle est abandonnée en 1788 au profit du sabordage de vieux navires de guerre et un enrochement à pierres perdues qu'avait vantéLa Bretonnière. Mais la réduction des subsides et les événements révolutionnaires ralentissent les travaux, jusqu'à leur suspension en 1792.

LeXIXe siècle

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Le premier ConsulBonaparte veut faire de Cherbourg un des ports militaires principaux, visant l’invasion duRoyaume-Uni. Il chargeJoseph Cachin de la reprise des travaux de la digue, du creusement de l’avant-port militaire, et de la construction du nouvel arsenal.

Après une visite en 1811, Napoléon fait de Cherbourg unepréfecture maritime, unchef-lieu d’arrondissement de la Manche et le siège d’untribunal de première instance. Lebagne de Cherbourg, qui était situé sur les ruines de l'Abbaye du Vœu àÉqueurdreville, a existé de 1796 à 1830[65],[66],[67],[68]. Les travaux de la digue centrale, interrompus à nouveau entre 1813 et 1832, s'achèvent en 1853, ceux des digues de l’Ouest et de l’Est en 1895. Les bassinsCharlesX (commencé en 1814 — 290 × 220 × 18 mètres) etNapoléon III (commencé en 1836 — 420 × 200 × 18 mètres) du port militaire sont respectivement inaugurés le en présence du Dauphin, et le par le couple impérial. Les travaux de la digue sont conclus par la construction de la petite rade (digue du Homet, 1899-1914, et digue des Flamands, 1921-1922).

Jules Noël :LaBretagne ouNapoléon III recevant lareine Victoria à Cherbourg le (1859, National Maritime Museum, Londres).

Les travaux du port entraînent une densification et un étalement de Cherbourg qui se modernise et s'équipe, tandis que les entrepreneurs, armateurs et commerçants locaux s’enrichissent. Village rural à l’habitat dispersé en hameaux constitués autour de grosses fermes (La Crespinière, La Prévallerie, Grimesnil, La Gamacherie…), reliés entre eux et à l’église Saint-Martin par un réseau de chemins, Octeville devient chef-lieu de canton en 1801 (décret du 23 vendémiaire an X) et voit également sa population s'accroître par l’afflux des ouvriers venus pour construire le port de Cherbourg et travailler à l’Arsenal. Après la création de la route des Pieux (actuelles rues Salengro et Carnot), le bourg se constitue autour d’un village-rue homogénéisé puis s’urbanise au début duXXe siècle[29].

Le, le roiCharlesX, détrôné, embarque pour l’exil au port militaire de Cherbourg sur leGreat Britain, laissant la place à lamonarchie de Juillet[39]. Après avoir vu mouiller dans sa radele Louxor transportant l’obélisque de Louxor en, Cherbourg accueille le retour des cendres de Napoléon en France à bord de laBelle Poule. Le, une statue équestre de Napoléon, due au sculpteurArmand Le Véel, est érigée à l’occasion de la visite deNapoléonIII pour l'inauguration de laligne ferroviaire reliant Cherbourg à Paris.

Le a eu lieu, au large de Cherbourg, un épisode célèbre de laguerre de Sécession : le navire de guerre des Confédérés, leCSS Alabama, est coulé par le navire de l’UnionUSS Kearsarge après deux heures de combat (voir lecombat naval à Cherbourg), sous l’œil de milliers de spectateurs, venus en train pour l’inauguration du casino. Assistant au combat depuis un voilier,Manet l’a immortalisé dansune de ses œuvres.

DébutXXe siècle : port d’émigration

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La gare maritime en 1933.

Les propriétés géographiques et techniques du port de Cherbourg attirent à partir de 1847 les compagnies maritimes reliant les ports européens à la côte est des États-Unis. Dès la fin des années 1860, les paquebots de laRoyal Mail Steam Packet Company et de laHamburg Amerika Linie mouillent dans la rade avant de traverser l’Atlantique[69]. LeTitanic y fait escale en 1912 pour son voyage inaugural où il embarqua274 passagers. En 1913, Cherbourg reçoit500 paquebots et 70 000 passagers[70].

Durant laPremière Guerre mondiale, le trafic est entièrement suspendu. Cherbourg devient le lieu d’arrivée du matériel et des troupes britanniques puis américaines, et de départ des permissionnaires et des blessés. Le port militaire connaît un accroissement d’activité, la garnison en poste à Cherbourg est renforcée. Les infrastructures du port sont développées pour recevoir le charbon et le pétrole nécessaire au conflit. Le trafic double, atteignant 600 000 tonnes en 1918[70].

Le transit transatlantique reprend au lendemain de la guerre avec les compagnies transatlantiques britanniques, américaines et hollandaises. Pour accueillir au mieux les escales, la Chambre de commerce fait construire un port en eau profonde, une nouvelle gare maritime, et une zone destinée au chargement, déchargement et stockage des marchandises sur le terrain des Mielles. Cherbourg devient le premier port de migration en Europe, et les compagniesCunard Line,White Star Line etRed Star Line s'unissent pour bâtir l’hôtel Atlantique destiné à recevoir les émigrants avant la traversée. Dans le même temps, le centre-ville se rénove, notamment sous les projets architecturaux de René Levesque, Drancey et René Levavasseur. Mais lacrise économique de 1929 met fin à l'apogée transatlantique.

Seconde Guerre mondiale

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Soldats américains se livrant à des combats de rue, dans l’avenue de Paris.
Déchargement d'une locomotive Diesel du TS Twickenham Ferry (voir le portique du pont roulant en haut à droite) le par des troupes américaines et britanniques.

Les Allemands arrivent le dans les faubourgs de Cherbourg. Le, le conseil municipal déclare laville ouverte, etErwin Rommel reçoit la reddition de la place des mains du préfet maritime, le vice-amiralJules Le Bigot, qui a fait détruire auparavant les sous-marins en construction à l'arsenal et le fort de l'Est.

Quatre années plus tard, Cherbourg, seul port en eau profonde de la région, est l'objectif premier des troupes américaines débarquées àUtah Beach.

Article détaillé :Bataille de Cherbourg.

Labataille de Cherbourg doit donner aux alliés un soutien logistique pour le ravitaillement humain et matériel des troupes. Les troupes américaines encerclent la ville le 21 juin. Au terme de furieux combats de rue et d’une âpre résistance du fort du Roule, le généralKarl-Wilhelm von Schlieben, l’amiralWalter Hennecke et 37 000 soldats se rendent le 26 juin au généralJoseph Lawton Collins. Après un mois de déminage et de réparations par le génie américain et français, le port, complètement rasé par les Allemands et les bombardements, accueille les premiersliberty ships et devient jusqu’à la victoire de 1945, le plus grand port du monde, avec un trafic double de celui deNew York[71]. C'était aussi le point d'arrivée de l’essence qui traverse laManche via l'oléoduc sous-marinPLUTO (Pipe Line Under The Ocean), et le point de départ duRed Ball Express, circuit de transport par camions versChartres.

Cherbourg est rendue à la France par les Américains le. Elle est citée à l’ordre de l’armée le et reçoit lacroix de guerre avec palme.

1945-1990 : reconstruction et essor

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Le Redoutable, symbole de l’économie locale florissante de l’après-guerre, devenu attraction touristique en 2002.

Les destructions se concentrent essentiellement autour du port militaire à Cherbourg, mais ont touché à 60 % Octeville. Grâce à la reconstruction en urgence du port, l'activité économique reprend rapidement. Cherbourg, dirigée par l'ancien ministreSFIORené Schmitt, édifie de nombreux logements sociaux. L'essor des Trente glorieuses entraîne la modernisation de l'économie et la féminisation de l'emploi. Sous l'impulsion dugénéral de Gaulle, Cherbourg devient à partir de 1964 le pôle de construction dessous-marins nucléaires lanceurs d'engins, dont le premier,Le Redoutable, est lancé en 1967[72]. LesCMN deFélix Amiot, spécialisées dans l'armement militaire, deviennent célèbres à Noël 1969 grâce à l’épisode desvedettes de Cherbourg.

Constituée en 1970, lacommunauté urbaine de Cherbourg regroupe autour de Cherbourg, Octeville,La Glacerie,Tourlaville,Querqueville etÉqueurdreville-Hainneville.

À partir de la fin des années 1960, l'industrie nucléaire émerge à travers les chantiers de l’usine de retraitement de la Hague et de lacentrale nucléaire de Flamanville qui s'ajoutent aux sous-marins de la DCN. L'union des syndicats, militants de gauche et écologistes autour de la crainte de la « nucléarisation » du Nord-Cotentin, se cristallise en janvier 1979 lors du débarquement par lePacific Fisher des premiers déchets nucléaires irradiés japonais. En cette veille de la décennie 1980, l'agglomération cherbourgeoise est frappée par plusieurs conflits sociaux violents, en particulier à la fermeture des usines Babcock[73].

Fusion et création de Cherbourg-en-Cotentin

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Vue panoramique sur Cherbourg depuis le fort du Roule.

Cette dépendance de plusieurs siècles aux grandes décisions des pouvoirs publics et à l’industrie nucléaire provoque une profonde crise économique dans les années 1990. L’Arsenal réduit drastiquement ses effectifs, la Flottille du Nord (FLONOR) déménage àBrest en 1992, l’hôpital maritime ferme. UIE, Burty, CMN, Socoval et Alcatel accumulent les plans sociaux ou les fermetures. Sous l'égide de laCommunauté urbaine, l'agglomération développe son offre universitaire avec l’IUT de Cherbourg-Manche, l'École d'ingénieurs de Cherbourg et une antenne de l’université de Caen qui complète l'INTECHMER et l’école des Beaux-arts.

Les années 2000 débutent par la création d’une nouvelle commune. Cherbourg-Octeville est créée le par la réunion de Cherbourg et Octeville à la suite du référendum local sur le « Grand Cherbourg ». La ville renoue avec son identité touristique et maritime, à traversla Cité de la Mer et l’ouverture au public duRedoutable, l’accueil d'escales de croisières et d’événements nautiques[73], l’opération de rénovation urbaine « Entre terre et mer » mettant l’accent sur l'attractivité commerciale et touristique de la ville et sur le quartier des bassins, ainsi que l’émergence d’une spécialisation économique dans la plaisance, alors que les activités traditionnelles du port (trafic passagers, fret, pêche) sont en crise[74].

Le, Cherbourg-Octeville intègre avec quatre autres communes la commune deCherbourg-en-Cotentin[75] créée sous le régime juridique descommunes nouvelles instauré par la loino 2010-1563 du deréforme des collectivités territoriales. Les communes de Cherbourg-Octeville,Équeurdreville-Hainneville,La Glacerie,Querqueville etTourlaville deviennent descommunes déléguées et Cherbourg-Octeville est le chef-lieu de la commune nouvelle.

Population

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Article détaillé :Population à Cherbourg-en-Cotentin.

Tissu urbain

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Plan de la forteresse de Cherbourg parJacques Gomboust, 1657.
La rue des Fossés, vestige d’une rue du Cherbourg médiéval.

Cherbourg s'est initialement développé sur la rive gauche de l’embouchure de laDivette, autour du château. Les traces de l’ancienne forteresse sont rares dans la ville moderne ; la fortification était située dans l’actuelle zone délimitée par la rue de la Marine, quai de Caligny, rues Foch et Gambetta, rues Albert-Mahieu et François-Lavieille, places de la République et de la Trinité. La cité comptait cinq rues : Grande-Rue, rue de la Trinité (aujourd'hui rue Tour-Carrée), la rue du Nouet (rue au Blé), la rue au Fourdray et rue Onfroy (rue du Commerce), ainsi qu’une dizaine de boëls (venelles)[76]. Une partie de ces rues médiévales ont été aménagées en rues piétonnes dans les années 1980. Jusqu’à la destruction des remparts, la rue Grand-rue, appelée rue de-devant-le-château, n'est bâtie que sur son côté ouest (l’est étant bordé par les fossés) avec plusieurs maisons à arcades, appeléessoliers. Après le démantèlement des murailles, à l’intérieur desquelles vivaient les trois cinquièmes de la population[77], la ville s'étale jusqu’à ses frontières naturelles à la fin duXVIIe siècle : la Divette à l’est, et le ruisseau de Chantereine à l’ouest ; au cours duXIXe siècle, elle se prolonge sur les territoires voisins annexés surTourlaville etÉqueurdreville. Sa croissance rapide à partir de la fin duXVIIIe siècle fait dire à Jean Fleury, en 1839, qu’elle« offre presque partout l’aspect d’une ville nouvelle ; les anciennes rues occupent peu de place, et les autres sont en général larges et bien aérées, les fontaines nombreuses […]. Cherbourg a10 places,59 rues,12 impasses et5 passages. »[78].

Endommagée à toutes les époques, reconstruite au coup par coup, la ville ne possède pas d’unité architecturale. Il ne subsiste aucune trace du château. À part quelques fragments d'architectures réemployés ou masqués par des constructions plus tardives, il ne reste rien des constructions civiles d'avant leXIVe siècle. Le passé médiéval de la ville se résume à certaines voies de la ville : le Boêl-Meslin, la rue du Nouet actuelle rue au blé, l'impasse Daguenet (passage Digard) ou la venelle des Gascouins désormais rue Hervieu[79]. Le schiste, extrait des carrières de l’agglomération, est le matériau traditionnel de construction. Très répandu pour la couverture dans le nord-Cotentin, il est aussi utilisé à Cherbourg pour les murs dans la ville, apparent ou le plus souvent recouvert d'un enduit grisâtre ou parfois coloré. Les encadrements sont alors en pierre de Valognes (calcaire), en granit rose de Fermanville, ou en brique, les soubassements en grès armoricain du Roule et de la Fauconnière. L’expansion de la ville à partir duXVIIIe siècle a favorisé la diversité des matériaux. L’usage de lapierre de Caen et de la brique industrielle s'imposent sous le Second Empire, tandis que l’architecture vernaculaire disparaît peu à peu dans ces années au profit d’un style plus homogène et parisien[80].

Cherbourg et son agglomération se sont urbanisés autour des ports et le long de la côte. Avec la reconstruction de l’après-guerre puis l’essor économique desTrente Glorieuses, la ville connaît une crise du logement due au boum démographique, contre laquelle on construit sur les derniers terrains vagues. En effet, un rapport de 1954 évalue à 1 000 familles les habitants vivant dans des taudis, et réclame 1 500 logements. Sortent alors de terre la cité du Casino en 1957 et la cité Fougère en 1958, puis en 1959 l’ensemble de l’Amont-Quentin, de Charcot-Spanel et la cité Chantereyne pour accueillir les familles des ingénieurs et officiers de l’Arsenal[81].

Le port Chantereyne et les terre-pleins des Mielles sont gagnés sur la mer, la place Divette et le boulevard Schuman sont créés à l’emplacement des anciens champs de foire. Mais à cette époque, la mutation frappe surtout les villages voisins qui forment, en moins de quarante ans, une agglomération. Ainsi Octeville, à l’habitat dispersé jusqu’auXVIIIe siècle, et urbanisé lors des travaux du port autour d’une rue centrale[29], voit s'implanter legrand ensemble des Provinces sur les hauteurs de la Fauconnière et triple sa population en vingt ans. Plusieurs cités voient aussi le jour à Tourlaville, La Glacerie, Querquerville et Équeurdreville, modifiant la physionomie d’une banlieue qui se densifie[82]. Cette urbanisation engendrant la dilution des frontières géographiques et sociologiques de l’agglomération s'est traduite par la création en 1970 de lacommunauté urbaine jusqu’à la fusion de Cherbourg et Octeville en 2000.

L’Amont Quentin et des Provinces, nés dans les années 1960 et 1970,actuellement[Quand ?] en rénovation.

À la suite de cette fusion, un plan derenouvellement urbain nommée « Entre terre et mer » a été lancé en 2002, sur les quartiers des Bassins, de l’Amont Quentin et des Provinces, pour homogénéiser le territoire de la ville nouvellement fusionnée[83]. Le quartier des bassins, dégagé par la canalisation de la Divette et le comblement du canal de retenue, est destiné à transformer profondément le paysage commercial de la ville, porté par la construction d'un nouveau centre commercial puis la rénovation du centre-ville. Sur les hauteurs, sept barresHLM sont vouées à la démolition pour améliorer l'habitat social. Sont également prévus un hôtel3 étoiles et le déménagement du casino[84]. Avenue Carnot, les anciens entrepôts Grouard doivent laisser place à un parking et une place traversante allant du quai de l'Entrepôt à l'hôpital Pasteur, à180 logements construits par Presqu'île habitat et ADIM (société Vinci)puis 100 supplémentaires dans un second temps[85].

Les quartiers administratifs sont :

Depuis 1996, Cherbourg-Octeville est couverte par uneZone franche urbaine sur le quartier élargi des Provinces.

Démographie

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La construction de la digue et du port militaire amène un flux important d’ouvriers et de militaires. Cherbourg et Octeville voient leur population quadrupler en un siècle. Cherbourg compte jusqu’à 43 000 habitants au début duXXe siècle. Au cours de ce siècle, Cherbourg perd peu à peu 15 000 habitants, tandis qu’Octeville croît sans discontinuer, avec une explosion dans les années 1960 et 1970, lors de la construction desgrands ensembles.

Selon les estimations de l’Insee pour 2010[Note 5], Cherbourg-Octeville compte 38 433 habitants. L’agglomération affichait 84 814 habitants[86] et l’aire urbaine 117 381 habitants[87]. Première ville de laManche, et seconde de laBasse-Normandie, elle concentre 7,7 % de la population départementale, soit deux fois plus que la préfecture,Saint-Lô, tandis que l'unité urbaine en représente 17 % et l’aire urbaine 23,5 %.

Le dépeuplement de la ville-centre de l’agglomération a été l’un des sujets principaux de la campagne électorale pour les élections municipales de 2008. Outre la bataille de chiffres sur le nombre d’habitants perdus, les trois candidats, Bernard Cazeneuve (PS), Jean Lemière (UMP) et Hervé Corbin (UMP dissident) témoignent d’un intérêt nouveau pour ce problème. L’urbanisation de la zone Grimesnil/Monturbet, prévue ces prochaines années, devrait logiquement apporter un surcroît de population, sans que personne sache si celui-ci sera suffisant pour stopper l’hémorragie démographique[88].

           Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville  [modifier]
179318001806182118311836184118461851
10 08111 38914 31615 65518 04319 31523 40826 94928 012
           Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville  [modifier], suite (1)
185618611866187218761881188618911896
38 30941 81237 21535 58037 18635 69137 01338 55440 783
           Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville  [modifier], suite (2)
190119061911192119261931193619461954
42 93843 83743 73138 28138 05437 46139 10540 04238 262
           Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville  [modifier], suite (3)
196219681975198219901999200620112016
37 48638 24332 53628 44227 12125 37040 83837 75436 121
           Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville  [modifier], suite (4)
2019--------
35 338--------
De 1962 à 1999 :population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes :population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[89] puisInsee à partir de 2006[90].)
Histogramme de l'évolution démographique

(Chiffres de Cherbourg seul jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville après 2000)

Évolution démographique comparée de Cherbourg et d'Octeville avant leur fusion[91],[92]

Année17931800180618211831183618411846185118561861
Cherbourg10 08111 38914 31615 65518 04319 31523 40826 94928 01238 30941 812
Octeville9728501 0261 1941 3091 5081 4791 7351 8782 1602 346
Année18661872187618811886189118961901190619111921
Cherbourg37 21535 58037 18635 69137 01338 55440 78342 93843 83743 73138 281
Octeville2 2752 2682 3502 4822 8953 0283 3523 7524 0774 1934 017
Année19261931193619461954196219681975198219901999
Cherbourg38 05437 46139 10540 04238 26237 48638 24332 53628 44227 12125 370
Octeville3 9394 0544 3174 6065 4216 2479 46515 97718 55118 12016 948
Nombre retenu à partir de 1962 :population sans doubles comptes
Histogramme de l'évolution démographique de Cherbourg-Octeville sur ses limites actuelles[91],[92]

(Jusqu'en 1999 : somme des populations de Cherbourg et d'Octeville[93] ; 2006, 2011 : Cherbourg-Octeville)

Pyramide des âges de Cherbourg-Octeville au[94] en pourcentage.
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
Avant 1919
1,8 
5,9 
1919-1933
11,7 
11,4 
1934–1948
14,0 
20,4 
1949-1963
19,3 
19,3 
1964-1978
16,6 
24,4 
1979-1993
20,5 
18,1 
1994-2008
16,0 

Aujourd'hui, les communes limitrophes de l’agglomération (Martinvast, Nouainville, Tonneville, Bretteville…) connaissent une poussée démographique : le cadre de vie, rural et paisible, n'empêche nullement les habitants de profiter des infrastructures de la communauté urbaine. Cette problématique, qui se retrouve dans de nombreuses agglomérations françaises de cette taille, a entraîné la constitution d’unpays du Cotentin, la communauté urbaine souhaitant ainsi faire participer financièrement la communauté de communes richedes Pieux et la commune nouvelle deLa Hague, formée le par la fusion des communes de laCommunauté de communes de la Hague.

Depuis la fusion entre Cherbourg et Octeville, en février 2000, les habitants se nomment officiellement Cherbourgeois-Octevillais[95]. Avant celle-ci, les habitants de Cherbourg s'appelaient les Cherbourgeois et ceux d’Octeville étaient les Octevillais. Il est probable qu’avec la fusion, ce dernier disparaisse peu à peu au profit de « Cherbourgeois », comme « Équeurdrevillais » (ou parfois « Équeurdrais ») pour la commune voisine d’Équeurdreville-Hainneville, fusionnée en 1965.

Logements

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Cherbourg et Octeville ont deux profils différents. La première est la ville-centre, à l’habitat varié, l’autre une commune de banlieue, rapidement bâtie à partir des années 1960. Ainsi, en 1999, Cherbourg comptait 13 747 logements dont 86,2 % de résidences principales et 28,4 % de maisons individuelles[96], tandis qu’à Octeville, 94,6 % des 7 221 logements sont des résidences principales, 39,7 % sont individuels. Les résidences principales cherbourgeoises construites après 1949 représentait 59 % (55 % entre 1949 et 1989), alors que celles d’Octeville sont à 89 % postérieur à 1949 (84,9 % entre 1949-1989)[97]. La proportion de constructions neuves de la décennie 1990 est largement plus faible que la moyenne régionale, avec respectivement 3,6 % et 4,9 % des parcs communaux contre 9,5 % dans l'ancienne régionBasse-Normandie.

Parcs et espaces verts

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La seconde moitié duXIXe siècle voit se créer de nombreux jardins d’inspirationanglaise. Le premier serait dû àJoseph Cachin qui crée en 1805, quand il est chargé de la construction du port, un jardin privatif et un étang près de laDivette, autour de sa Chaumière chinoise[98], à la place des actuelles voies de chemin de fer conduisant à lagare[99]. Le climat océanique tempéré favorise la naturalisation des plantes méridionales et exotiques, telles que les palmiers, ramenés par les nombreux marins et explorateurs cherbourgeois. Ensuite, sous la Troisième République, les jardins publics s'ouvrent[99].

Aujourd'hui, la ville offre plusieurs espaces verts :

  • lejardin public (1,7 hectare), avenue de Paris, a été le premier parc à être offert à la population, en 1887. Au pied de la montagne du Roule, il héberge de nombreux animaux (otaries, volières,cervidésetc.). Lieu de commémoration privilégié par la municipalité, on y voit le monument aux morts inauguré en 1924, l'ancien portail de l’abbaye du Vœu, lebuste de Jean-François Millet, et le dernier kiosque à musique de la ville. Deux pavillons d’angles construits en 1889 limitent le jardin sur l’avenue de Paris[100] ;
  • le parcEmmanuel-Liais (un hectare) est l’ancien jardin de la maison privée du maire de Cherbourg, dessiné en 1881 et inauguré en 1885. Légué à la ville à sa mort, il est très arboré et dispose d’une tour d’observation, d’un plan d’eau contenant nénuphars et autres plantes aquatiques et de deux serres abritant des plantes rares, dont une collection riche de plantes d’Amérique du Sud ramenées de ses voyages et acclimatées par Liais. Il est labellisé « Jardin remarquable »[101] ;
  • le jardin Montebello, ouvert en 1872 dans la rue du même nom, au sein du quartierNapoléon III, a été créé à l’initiative de la Société d’horticulture de Cherbourg, fondée en 1844[98], pour ses membres. Ouvert au public depuis sa création, il accueille bambous, camélias et magnolias, et dispose d’un chalet de briques à poutres apparentes ;
  • le parc duchâteau des Ravalet (12 hectares), propriété de Cherbourg-Octeville sur le territoire de Tourlaville, a été aménagé par le vicomteRené Clérel de Tocqueville à partir de 1872, avec unjardin anglais et un bois. Le parc et la serre construite entre 1872 et 1875, qui abrite palmiers, bananiers, cactus et lianes, sont ouverts depuis l’acquisition par la ville de Cherbourg en 1935, et sont classés monuments historiques depuis le. Plusieurs plans d’eau accueillent des cygnes noirs et les volières abritent des oiseaux rares. Une cascade artificielle a été créée en 1921[100] ;
  • leVallon sauvage déploie haies bocagères,zones humides, vergers et bois au cœur d’Octeville, dans un espace naturel aménagé de10 hectares[7].

Un jardin privé, lejardin botanique de la Roche Fauconnière, est en outre inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis le[102]. Créé en 1873, il a été embelli au fil des générations par la famille Favier[99].

La commune possède également desjardins familiaux, gérés par des associations : Vallon Sauvage, Fourches, Roquettes, Saint Sauveur et Redoute, qui remet gratuitement les terrains à ses adhérents.

En 2007, la municipalité a obtenu quatre fleurs auconcours des villes et villages fleuris[103]. La politique d’embellissement, qui date de 1995, a abouti à l’obtention d’une première fleur, suivie d’une deuxième en 2000, et d’une troisième en 2002. Elle s'appuie sur les jardins publics, héritiers d’une tradition botanique locale de plus d’un siècle, 10 000 m2 de massifs fleuris et240 hectares d’espaces verts, sur des événements telsLe Mois des Jardins etPresqu’île en Fleurs, et sur la distribution annuelle de géraniums aux habitants volontaires.

Économie

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Article détaillé :Économie à Cherbourg-en-Cotentin.

Historique

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Ancienne criée de Cherbourg, quai de Caligny.
Hangars de l’arsenal, vus depuis Chantereyne.

Sous l’impulsion deColbert, la corporation des drapiers fonde, le, la manufacture de draps qui produit deux milliers de pièces par an[76]. Deux ans plus tôt, Colbert avait favorisé également l’implantation de lamanufacture de verre dans la forêt deTourlaville[104].

AuXVIIIe siècle, les ressources économiques proviennent principalement du commerce maritime, de la préparation des salaisons et des travaux du port et de la digue, auxquels s’ajoute une industrie textile moribonde. À la veille de la Révolution française, on importe du sel depuisLe Croisic, du grain britannique, ducharbon de terre de Littry. Les exportations se font essentiellement vers la Grande-Bretagne (draps et toiles) et les Antilles (bétail et mulets, graisse et beurre salée, salaisons, morue, draps et toile), mais aussi versLe Havre etLa Rochelle pour le bois et le charbon. Des échanges licites ou non se font également avec les îles anglo-normandes (tan, grains, laine). Les armateurs cherbourgeois sont absents de la grande pêche, notamment de celle à la morue sur les bancs deTerre-Neuve, spécialité deGranville. Les361 ouvriers (1764) et69 métiers (1778) de la manufacture produisent annuellement (1760) 2 000 draps fins à lisière verte et blanche. Cherbourg compte aussi sept producteurs d’amidon[64]. Ouvert en 1793 à l’emplacement de l’actuel quai Lawton-Collins, l’arsenal déménage en 1803 sur décision de Bonaparte, au sein du projet duport militaire. Construisant des navires à voile, dont le premier, lebrickla Colombe, est lancé le, puis à hélices jusqu’à la fin duXIXe siècle, l’Arsenal se spécialise à partir de 1898, dans laconstruction de sous-marins. Les premiers sont leMorse et leNarval. Depuis, plus de91 bâtiments y ont été construits.

L’Annuaire de la Manche en 1829 mentionne dans l’agglomération plusieurs ardoisières dont le produit est parfois exporté jusqu’au Havre, deux imprimeries, deux raffineries de soude (propriétés de M. Le Couturier et de MM. Crenier et Cie produisant environ600 tonnes pour Ostende, Dunkerque, Rouen, Paris, l’Allemagne et la Russie), une raffinerie de sucre (M. Despréaux) dont les50 tonnes sont vendues dans la Manche, une fabrique de dentelles dirigée par quatre religieuses pour le compte de MM. Le Blod et Lange, et plusieurs tanneurs. Il indique que le commerce du port repose sur l’exportation de mulets àLa Réunion et auxAntilles, de salaisons de porcs, d’œufs enGrande-Bretagne, de vins et eaux de vie, et de l’importation de bois scandinave, polonais et russe, de graine de lin, de chanvre[105]. Mais son emploi comme place de guerre handicape l’essor de Cherbourg comme port commercial d’envergure, comparé au Havre. Pour ces échanges,Jean Fleury dénombre dix ans plus tard 225 à 230 navires tant français qu’étrangers, de 30 à 800 tonneaux, montés chacun de 6 à 18 hommes d’équipage. Il ajoute les constructions et armements maritimes ainsi que l’exportation de beurre de la Hague, et il évalue le total des échanges annuels entre quatre ou cinq millions de francs, dont un million pour l’exportation d’œufs vers le Royaume-Uni, et850 tonnes de salaisons[78].

Au début duXXe siècle, Cherbourg est avant tout unport militaire. Le port de commerce est modeste, exportant toujours des mulets pour les Antilles et la Réunion et des produits alimentaires locaux vers la Grande-Bretagne (beurre, salaisons, œufs, bestiaux…), mais aussi des produits chimiques à base de soude extraite du varech, du granit des carrières avoisinantes, et important bois et fers du Nord, goudrons, chanvre, et denrées provenant des colonies. À cette époque le port embrasse l’épopée transatlantique. L'industrie cherbourgeoise est alors spécialisée dans la construction navale, ainsi que dans la confection de dentelles et la fabrication de cordage. La fin duXIXe siècle a également vu Cherbourg développer une industrie aéronautique, à travers la société deFélix du Temple, reprise en 1938 parFélix Amiot, autre pionnier de l’aviation pour fonder la Société aéronautique de Normandie. Peu à peu, les ouvriers développent une compétence particulière dans le travail du métal, tant pour les sous-marins de l'arsenal, que pour les avions et navires des chantiers Amiot ou les chaudières Babcock-Wilcox[106].

En 1916,Nestlé a implanté à Cherbourg sa première usine française.

Les années 1960 voient un renouveau de l’économie locale par la féminisation du travail et la chute de l’emploi agricole au profit d’une diversification des emplois et d’une industrie de pointe. En 1960, sous l’impulsion du maireJacques Hébert, Hortson s’implante dans le quartier du Maupas. Une centaine de salariés fabriquent des projecteurs et de caméras pour le cinéma, notamment pour l’ORTF et la télévision russe. Rachetée, l’usine se spécialise sous le nom de Thomson-CSF Audiovisuel dans les caméras de surveillance et médicales, puis dans la production de circuits électroniques de terminaux d’ordinateurs pour le compte des CMN et de l’Arsenal. À partir de 1976, elle se consacre à la production de dispositifs électroniques pour faisceaux hertziens, employant260 ouvriers en 1979 avec pour contrat les radars desMirage F1de l'Armée de l'Air et desSuper-Étendard de la Marine, culminant à400 employés à la fin des années 1980, après son emménagement en 1987 dans une nouvelle usine modernisée à Tourlaville. Pendant une décennie, l’atelier électronique s'étoffe, se complète d’une chaîne de fabrication de relais mobiles pour la télévision, et d’un atelier de traitement de surface en mécanique[107]. Dans le cadre de la restructuration interne d’Alcatel, le site, qui compte300 salariés, est vendu en 2002 àSanmina-SCI qui cesse son activité en mars 2008[108]. La Compagnie industrielle des télécommunications (CIT), fusionnée la décennie suivante àAlcatel, ouvre elle aussi dans les années 1960 une usine d’assemblage de centraux téléphoniques électroniques, àQuerqueville. L’unité, visitée en tant que fleuron de l’industrie française par le nouveau président de la République en 1981, est jugée superflue après l’intégration de la branche téléphonie de Thomson à Alcatel en 1984 et subit de lourds licenciements à partir de la fin des années 1980, avant de fermer en 1997 au terme d’un dur conflit social[109].

Entre les années 1970 et 1990, les deux grands chantiers du Nord-Cotentin, l’usine de retraitement de la Hague et lacentrale nucléaire de Flamanville, accentuent le développement industriel d’une cité qui vit alors son âge d’or[73] à travers ce que le journaliste François Simon nomme les « industries de mort », puisqu’environ deux tiers du tissu industriel local sont liés à la défense et au nucléaire[72].

Cherbourg est aussi le berceau de la famille et de la sociétéHalley, devenue dans les années 1960Promodès (hypermarchésContinent, supermarchésChampion). En 1999, Promodès fusionne avecCarrefour. Les anciens bâtiments de la maison Halley sont devenus le pôle technique du lycée professionnel Cachin, avenue Aristide-Briand.

Données économiques

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En 1999, la population active de Cherbourg et Octeville était de 18 671 habitants sur une population totale de 42 288 habitants[110].

Cherbourg-Octeville supporte un taux de chômage élevé (19,6 % en 1999), le double de celui de son bassin d’emploi (9,3 % en 2006, soit une baisse de 1,1 % en un an) qui lui-même possède le taux de chômage le plus élevé des bassins d'emploi du département. Au, on comptait 3 700 demandeurs d'emploi. Dès lors, le revenu moyen annuel par ménage est inférieur à la moyenne nationale (13 730 € pour la ville, contre 15 027 € en France) malgré un salaire mensuel moyen (1 590 € en 2001) le plus élevé des bassins d’emplois du département et supérieur à celui de Caen-Bayeux (1 550 €)[13],[110].

Qualification des emplois[13]
Nombre d’emplois (%)Bassin d’emploiMancheBasse-Normandie
Agriculteurs exploitants57,25,1
Artisans, commerçants et chefs d’entreprise67,26,9
Cadres et prof. intell. sup.8,16,57,8
Professions intermédiaires25,219,219,5
Employés2928,829,2
Ouvriers26,731,131,5

Activités principales

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Cherbourg-Octeville est le siège de laChambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin qui gère notamment l’aéroport, les ports de pêche et de commerce de Cherbourg, et, conjointement avec laChambre de commerce et d'industrie de Centre et Sud-Manche, l'organisme de formation groupe FIM.

NomActivitéEffectifs
Naval GroupConstruction navale3 190
Centre hospitalier Louis-PasteurSanté/social1 411
EDFProduction d’électricité625
Ville de Cherbourg-OctevilleAdministration publique606
ACAIS (Association Cherbourg action sanitaire/sociale)Santé / social531
CMNConstruction navale522
CUCAdministration publique458
AuchanGrande distribution426
Sanmina (ex-Alcatel)Production d’équipements électroniques364
EuriwareInformatique291
Lycée A. de TocquevilleEnseignement secondaire275
Centre communal d’action socialeSanté-social264

Filière maritime

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Cette section doit êtreactualisée.(juillet 2019)
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Article détaillé :Port de Cherbourg.

L'économie cherbourgeoise tire de sa position maritime une grande partie de ses activités[112]. Cherbourg dispose en effet dequatre ports : port militaire, port de pêche, port de commerce (trafic passager et marchandise transmanche) et port de plaisance.

Affaibli depuis les années 1990, le port de commerce voit transiter 110 000 camions en provenance ou en direction de l’Irlande et de Grande-Bretagne. Espéré pendant quinze ans, le projetFastship de transport de conteneurs depuisPhiladelphie (États-Unis) par navires ultrarapides est oublié au profit desautoroutes de la mer dans le cadre de l’Ena (Eurocoast Network Association), avecCuxhaven (Allemagne),Ostende (Belgique),Rosslare (Irlande) etFerrol (Espagne), sans plus d'effet pour le moment[108].

Ces dernières années, le trafic transmanche passagers a décliné, concurrencé par leCaen-Ouistreham et lePas-de-Calais. Le retrait de la compagnie P&O, qui desservait Poole et Southampton, a laissé à deux compagnies les liaisons transmanche :Brittany Ferries versPortsmouth etPoole etIrish Ferries versRosslare (Irlande). Sur les onze premiers mois de 2007, par rapport à la même période de 2006, le trafic passagers a baissé de 3,84 % à 750 000 unités, tandis que le fret a perdu 4,43 % points avec 87 000 camions débarqués, alors qu'en 1995, le port comptait1,7 million de passagers et 138 000 camions[113].

Propriété, comme leport de Caen-Ouistreham, du syndicat mixte Ports normands Associés, associant leconseil régional de Basse-Normandie et les conseils générauxde la Manche etdu Calvados, le port commerce est géré par une société commune à lachambre de commerce etLouis Dreyfus Armateurs. L'implantation d'un terminal destiné au trafic de charbon en provenance d'Amérique du Sud et à destination duRoyaume-Uni doit mettre fin à l'hémorragie de l'activité du port[114].

La filière pêche est touchée par la crise qui affecte l’ensemble du secteur, et le port voit sa flottille diminuer[108].

Cherbourg est le premier port de plaisance français en nombre de visiteurs, soit en 2007, 10 117 bateaux pour 28 713 nuitées en 2007, et des retombées totales évaluées à4 millions d'euros sur l'agglomération cherbourgeoise[115].

Tradition de l’industrie locale, la construction navale repose sur les deux piliers que sont laNaval Group Cherbourg pour lessous-marins et lesConstructions mécaniques de Normandie (CMN), célèbres pour leurs vedettes rapides. Ce secteur s'est largement restructuré au cours des vingt dernières années. L’arsenal militaire a vu le terme de la construction des sous-marins de typeRedoutable et a élargi sa clientèle, jusqu’alors exclusivement la Marine nationale, avant d’être privatisé en 2007. Avec les sous-marins DieselAgosta, élaborés depuis 1994 pour lePakistan, et leScorpène, en collaboration avec les chantiers deCarthagène, vendus à laMalaisie, leChili et l’Inde, 25 % du chiffre d’affaires de l’établissement est d’origine étrangère. Des partenariats avec le Pakistan et l’Inde sont conclus pour que la construction se fasse à terme chez eux. Les CMN, qui employaient 1 200 personnes au début des années 1980, se sont modernisées et automatisées, et comptent désormais500 salariés. L’entreprise s'est diversifiée dans les grands yachts de luxe, sans abandonner pour autant le marché militaire, et a signé notamment des contrats avec les Émirats arabes unis et le Qatar grâce à l’homme d’affaires franco-libanaisIskandar Safa, propriétaire depuis 1992[112].

Multicoque Banque populaire, construit par les chantiersJMV Industries.

Alors que ces deux entreprises à vocation militaire ont connu des baisses de charges importantes (le nombre d’emplois à l’arsenal est passé de 6 000, dont 1 000 en sous-traitance en 1988, à 2 600, dont500 sous-traitants), des sociétés se sont positionnées sur la filière du nautisme. Ainsi,JMV Industries, filiale de CMN de100 salariés, construit des voiliers de course. Initialement hébergé chez CMN pour construire des coques en aluminium aménagées par James Ébénistes (Saint-Laurent-de-Cuves), Allures Yachting s'est spécialisé dans les voiliers de croisière. Les chantiers Allais, de Dieppe, ont implanté une filiale, ICAN, consacrée aux bateaux civils et de plaisance[112].

Un maillage de sous-traitants et spécialistes s'est constitué autour de ce pôle, à travers Ameris France (créé en 1994 sous le nom de Cap 50 export, spécialisé dans la recherche et l’approvisionnement depièces de rechange pour navires et avions militaires), le groupe Efinor (fondé en 1988, spécialisé dans la métallurgie, le démantèlement nucléaire et l’ingénierie), MPH (aide à la maîtrise de projet,140 employés)… ÀSaint-Vaast-la-Hougue, Facnor est devenu le spécialiste mondial des enrouleurs de voile[116].

LaMarine nationale emploie près de 3 000 fonctionnaires dans l’agglomération, en particulier dans le cadre de l’administration (préfecture maritime), de la sécurité maritime (douanes, CROSS, Abeille…), du soutien logistique des forces navales françaises et étrangères de passage, et de la formation[117].

Métallurgie

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La métallurgie a longtemps représenté une grande source d'emploi dans l'agglomération. Autour de l'arsenal et de seschaudronniers, se sont constituées à partir des années 1900 plusieurs industries de travail du métal et de mécanique. C'est le cas de l'entreprise doyenne de la ville, Simon frères, fondée en 1856, passée d'atelier de mécanique à fabricant de machines agricoles à vapeur puis agroalimentaires en un demi-siècle. Fabriquant des canons en 1870 et 1939, l'entreprise devient leader mondial pour lesbarattes et malaxeurs pour beurre industriel. De même, le fabricant dechaudières Babcock s'implante à Cherbourg dans l'entre-deux-guerres et ne ferme ses portes qu'après un long conflit social, en 1979. Plus tard, dans les années 1973, l'UIE débauche à prix d'or les ouvriers de l'arsenal pour la construction desplates-formes pétrolières, mais ferme en 1985[72].

Agro-alimentaire

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L'industrie agro-alimentaire, essentielle en Basse-Normandie, n'est pas absente du bassin d’emploi. Une ferme aquacole élève des saumons dans la rade, les abattoirs traitent le bétail d’élevage du Nord-Cotentin, et plusieurs entreprises de transformation existent. Les établissements Simon Frères (50 salariés) proposent depuis plus d’un siècle des équipements pour l’industrie cidricole et laitière.

Électronique

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Alcatel disposait de deux unités dans les années 1980, l’une à Cherbourg, puis Tourlaville (anciennement Thomson CSF), l’autre à Querqueville (Alcatel CIT). Toutes deux considérées comme fleurons du groupe, spécialisées respectivement dans les faisceaux hertziens et les centraux téléphoniques électroniques. Mais Alcatel décide de fermer, en 1997, l’usine de Querqueville dont Cofidur reprend une partie des activités avec une centaine de salariés. En 2002, elle se déleste également de l’unité de Tourlaville au profit deSanmina-SCI, qui délocalise sa production six années plus tard. Cofidur reprend l’activité service après-vente d’Alcatel, soit 5 % de l’activité initiale, et quelques dizaines de salariés[118].

Autres industries

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Socoval, fabricant de vêtements masculins du groupe italien Cantoni, dernière usine textile du Cotentin, emploie une centaine de salariés, depuis le plan social de 2001, qui s'est traduit par la perte d'une quarantaine de postes.

Les partenaires économiques misent désormais sur la « maîtrise d’ambiance », c'est-à-dire la maîtrise des contaminations des procédés industriels, à travers letechnopôle de Cherbourg-Normandie créé en 2001. Fort de l’expérience de travail en milieu à risque nucléaire, il veut transférer ces compétences aux industries agroalimentaires, électroniques et pharmaceutiques. Deux formations ont été conçues à cet effet : unBTS en maintenance nucléaire au lycée Tocqueville et unDESS de maîtrise d’ambiance à l’école d'ingénieurs de Cherbourg[119].

Commerces

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La communauté urbaine, principal pôle commercial du Cotentin, dispose de quatrehypermarchés (26 780 m2)[19] — dont un, de l’enseigne Carrefour (260 employés), implanté sur le territoire cherbourgeois, représente le troisième employeur privé de la commune — et de plusieurs grandes surfaces spécialisées. Le commerce emploie près de 1 400 personnes dans le centre-ville[119], mais la baisse du trafic transmanche a provoqué un gros manque à gagner, accentué par la fragilité économique locale[108].

Si le centre-ville cherbourgeois est bien le pôle commercial principal de l’agglomération, avec340 établissements, on constate néanmoins que sa domination est moindre dans la communauté urbaine, que Caen vis-à-vis de son agglomération. En effet, Cherbourg concentre 35 % des activités commerciales et 45 % du commerce de détail de l’agglomération, contre 40 % et 55 % pour le centre caennais, et particulièrement deux tiers des magasins d’équipements de la personne contre 90 % dans la capitale bas-normande. Enseignes d’alimentation, d’équipement de la maison et d’électroménager quittent le centre pour les pôles commerciaux périphériques. Le nombre d’établissements de restauration rapide a doublé entre 1995 et 2005, tandis que les effectifs de la restauration traditionnelle a stagné[120].

Services

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Cherbourg-Octeville, plus grosse ville du département, est le principal pôle administratif et de services pour leCotentin. La santé est un important pourvoyeur d’emplois avec lecentre hospitalier Pasteur (470 lits, deuxième établissement bas-normand, fusionné depuis 2006 avec le centre hospitalier de Valognes) et la Polyclinique du Cotentin. Il en va de même pour le secteur éducatif avec quatre lycées publics et quatre privés, un lycée maritime et aquacole, un pôle universitaire et plusieurs écoles d’études supérieures. Les antennes des entreprises publiques y sont également implantées (EDF,120 agents et la SNCF,50 agents). L’emploi public représente une part importante avec, en plus de l’hôpital et des établissements scolaires, les effectifs communaux et communautaires[119].

Des entreprises de services aux entreprises sont également présentes dans l’informatique (Euriware,85 salariés), la propreté (Onet,240 salariés, et Sin&Stes,100 salariés) et la publicité (Adrexo,50 employés).

Cherbourg-Octeville accueille le siège de la radio publiqueFrance Bleu Cotentin, et du quotidien départementalLa Presse de la Manche (120 salariés avec son imprimerie SCE), successeur à la Libération deCherbourg-Éclair, et filiale duGroupe SIPA - Ouest-France) depuis 1990.France 3 Normandie dispose d’une rédaction locale dans la ville ; l’édition cherbourgeoise de l’hebdomadaireLa Manche libre couvre l’agglomération,la Hague et leVal de Saire ; la télévision locale5050 TV y a installé son siège et son principal studio.

Les emplois du secteur de la construction se répartissent entre Faucillion (80 salariés),Eiffage (75) etColas (60).

Depuis son ouverture, laCité de la Mer est la locomotive touristique du Nord-Cotentin. Le terminal croisières attire également chaque année des paquebots. Le port de plaisance de 1 500 places est le premier port d’escale français (11 000 par an). La capacité d’accueil de la ville était au de15 hôtels et429 chambres. Le casino, propriété du groupeCogit est le109e en France, avec un chiffre d’affaires de 6,7 M€[119].

Politique et administration

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Article détaillé :Politique et administration à Cherbourg-en-Cotentin.

En 2010, la commune de Cherbourg-Octeville a été récompensée par lelabel « Ville Internet @@@ »[121] et @@@@ en 2012.

Divisions administratives

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La ville était lebureau centralisateur de deux cantons disparus à la suite desélections départementales de 2015 : les cantons deCherbourg-Octeville-1 (à l'ouest) etCherbourg-Octeville-2 (à l'est, comprenant également la commune de La Glacerie). Lesconseillers départementaux sont lessocialistes Frédéric Bastian, Anna Pic, Karine Duval et Sébastien Fagnen.

L'arrondissement de Cherbourg compte189 communes et 190 363 habitants.

Depuis 1986, lacinquième circonscription électorale de la Manche, dite de Cherbourg, couvrait les trois cantons de Cherbourg-Octeville, et ceuxd'Équeurdreville-Hainneville,de Saint-Pierre-Église etde Tourlaville. Dans le cadre du redécoupage des circonscriptions législatives de 2010, les deux cantons deBeaumont-Hague etQuettehou ont intégré la circonscription de Cherbourg-Octeville, devenue la4e. Malgré ce redécoupage souvent perçue comme avantageux pour la droite, le députésocialiste sortant de la5e,Bernard Cazeneuve, est réélu au premier tour avec 55 % des suffrages.

Cherbourg-Octeville est également le siège de lapréfecture maritime de laManche et de lamer du Nord, dont l’autorité s'étend de la baie du Mont-Saint-Michel à la frontièrebelge. Voir l'articleliste des préfets maritimes de Cherbourg. Lequartier maritime de Cherbourg est circonscrit aux limites du département (initiales : CH).

Cherbourg-Octeville appartient depuis 1971 à lacommunauté urbaine de Cherbourg, présidée depuis 2012 par André Rouxel, maire de Tourlaville, à qui la commune délègue les transports urbains, l’aménagement de l’espace et du cadre de vie, l’environnement et les stratégies de développement (enseignement supérieur, recherche, grands projets structurants, Cité de la Mer).

Les codes postaux antérieurs à la fusion de 2000 ont été conservés : 50130 pour les adresses de l’ancien territoire d’Octeville, 50100 pour celles de Cherbourg.

Tendances politiques et résultats

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Article connexe :Élections municipales de 2014 dans la Manche.

Cherbourg est historiquement, avec l’arsenal et le port, le principal foyer ouvrier et syndical de la Manche. Toutefois, les travailleurs cherbourgeois ne penchent ni vers les mouvements radicaux ou révolutionnaires, ni vers lesyndicalisme jaune, préférant traditionnellement les tendances réformistes. Ces choix se traduisent politiquement par un fort ancrage de centre-gauche, dominé par les radicaux-socialistes et socialistes indépendants, avant que ne s'imposent laSFIO et leParti socialiste[122]. Depuis la Libération, à l’exception d’une parenthèse gaulliste de 18 ans avecJacques Hébert à la suite du décès deRené Schmitt, la ville de Cherbourg vote en faveur des socialistes. De même, la droite n'a conquis la mairie d’Octeville en 1989, pour un mandat, qu'en raison de la division de la gauche. Depuis le redécoupage de la circonscription de Cherbourg en 1986, couvrant population urbaine de l’agglomération et rurale ducanton de Saint-Pierre-Église, l’alternance gauche-droite est la règle à chaque élection législative.

Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours
Élections législatives, résultats des deuxièmes tours (1er tour, unique pour 2012)
Élections européennes, résultats des deux meilleurs scores ou plus de 15 %
Élections régionales
Élections cantonales
Élections municipales
  • élections de 2014[139] : 39,19 % pour Jean-Michel Houllegatte (PS), 34,06 % pour David Margueritte (UMP), 15,56 % pour Jean Levallois (divers droite), 11,17 % pour Ralph Lejamtel (Front de gauche), 52,28 % de participation.
  • élections de 2008[140] : 66,82 % pourBernard Cazeneuve (PS), 19,64 % pourJean Lemière (UMP), 13,55 % pour Hervé Corbin (UMP dissident), 55,48 % de participation.
  • élections de 2001[141] : 55,09 % pour Bernard Cazeneuve, 23,98 % pour Jean Lemière, 55,57 % de participation.
Référendums

Liste des maires

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Articles détaillés :Liste des maires de Cherbourg etListe des maires d'Octeville.

Lors de la fusion des conseils municipaux de Cherbourg et d'Octeville le,Jean-Pierre Godefroy (PS), maire de Cherbourg, prend la tête de la nouvelle administration, etBernard Cazeneuve (PS), maire d'Octeville, devient le premier adjoint. Bernard Cazeneuve est élu maire de Cherbourg-Octeville auxmunicipales de 2001, et réélu en mars 2008 avec 66,82 % des voix. Nommé ministre délégué aux Affaires européennes en mai 2012, il cède sa place à Jean-Michel Houllegatte le mois suivant. Ce dernier est réélu à la suite de la victoire de sa liste avec 51.81 % au deuxième tour desélections de mars 2014.

Liste des maires de Cherbourg-Octeville[143]
PériodeIdentitéÉtiquetteQualité
mars 2000mars 2001Jean-Pierre GodefroyPSTechnicien
Sénateur de la Manche (2001-2017)
mars 2001Bernard CazeneuvePSJuriste
juin 2012décembre 2015Jean-Michel Houllegatte[144]PSFonctionnaire territorial
Liste des maires délégués
PériodeIdentitéÉtiquetteQualité
janvier 2016[145]octobre 2017[146]Jean-Michel HoullegattePSFonctionnaire territorial
Sénateur de la Manche (2017-2023)
octobre 2017[147]novembre 2023Sébastien FagnenPSAttaché parlementaire
Sénateur de la Manche (depuis 2023)
novembre 2023[148]en coursCatherine GentilePSProfesseure de Lettres retraitée

Administration municipale

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Leconseil municipal était composé de trente-neuf membres dont le maire et onze adjoints[149]. Trente conseillers représentent une majorité de gauche, neuf représentent l'opposition[149]. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de Cherbourg-en-Cotentin le jusqu'en 2020 et Jean-Michel Houllegatte devient maire délégué.

Budget

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Le budget primitif principal s'élevait pour 2007 à 73 994 364 €, répartis entre la section fonctionnement (54 126 712 €) et la section investissement (19 867 652 €)[150]. Les charges de personnel dépassent la moitié (60 %) des dépenses de fonctionnement. La quasi-totalité des ressources est alimentée par les dotations (49 %) et la fiscalité (44 %)[151]. Sur les sept budgets du mandat municipal (2001-2007), ce budget a globalement augmenté de 22 % (43 % pour les investissements, 15 % pour le fonctionnement)[152].

Le budget d’investissement est inclus dans le programme pluriannuel « Unir la Ville » (2003-2007), présenté en décembre 2002 parBernard Cazeneuve ; il vise une transformation de la ville nouvellement fusionnée à travers le réaménagement de la piscine et du port Chantereyne, l’aménagement de la zone des bassins et le comblement du canal de retenue, la construction de l’école de voile[153]… Il est principalement financé par l’emprunt, accentuant l’endettement de la ville (les charges ayant été multipliées par deux tiers entre 2002 et 2007), inférieur à la moyenne par habitant de la strate[154].

Jumelages

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Cherbourg-Octeville est jumelée avec[155] :

Cherbourg-Octeville entretient des coopérations décentralisées avec :

Jumelages en projet[Quand ?] :

Justice

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La maison d'arrêt de Cherbourg.

Louis XVI supprime la vicomté de Cherbourg par édit en novembre 1771, et transfère les droits de justice au bailliage de Valognes[156]. En 1785, unesubdélégation est créée, toutefois plus restreinte que la vicomté, couvrant essentiellement la Hague, jusqu’à Héauville et Helleville inclus, ainsi que Tourlaville, Bretteville, Digosville et Martinvast, et toujours sous la dépendance de la circonscription de Valognes.

Cherbourg devient chef-lieu de district en, siège d’une justice de paix et d’un tribunal civil et criminel. Sous le Directoire, ils sont remplacés par un tribunal de simple police, réuni à la justice de paix, et par un tribunal de police correctionnelle. Le tribunal correctionnel ferme après que la loi du eut fait de Cherbourg un chef-lieu de canton de l’arrondissement de Valognes. Après sa venue dans la ville,Napoléon Ier instaure untribunal de première instance par le décret du[157].

La ville est aujourd'hui l’un des trois pôles judiciaires principaux de la Manche, avecCoutances etAvranches. Elle accueille untribunal de grande instance (arrondissement de Cherbourg), untribunal d'instance (cantons de Beaumont-Hague, Cherbourg-Octeville-Nord-Ouest, Cherbourg-Octeville-Sud-Est, Équeurdreville-Hainneville, Cherbourg-Octeville-Sud-Ouest, Les Pieux, Saint-Pierre-Église et Tourlaville), unConseil de prud'hommes et untribunal de commerce. Unemaison d'arrêt est située en centre-ville, derrière les bâtiments du tribunal. À la suite de la réforme de la Justice présentée en 2007 par Rachida Dati, les compétences du tribunal de Valognes seront intégrées à celles de Cherbourg.

Vie locale

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Article détaillé :Vie locale à Cherbourg-en-Cotentin.

Enseignement

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Année 2010-2011Étudiants inscrits[158]
École des fourriers768
IUT Cherbourg-Manche573
BTS et prépa. diverses349
École d’ingénieurs (Esix)270
Institut de soins infirmiers215
Licences et diplômes universitaires191
Intechmer153
École des Beaux-Arts de Cherbourg-Octeville46
EAMEA39
ECD – École du commerce et de la distribution22
Institut national des sciences et techniques atomiques8
Total2634
L'École d’ingénieurs de Cherbourg, sur le Pôle universitaire.

DeuxZEP ont été définies, l’une sur le territoire cherbourgeois, le quartier de Maupas, l’autre à cheval sur Cherbourg et Octeville, lequartier prioritaire des Provinces.

Cherbourg-Octeville dispose de six lycées :

  • l’ancien collège, devenu lycée en 1886, est connu depuis sous le nom delycée Victor-Grignard (830 élèves : filière générale et STG, ainsi que desclasses préparatoires scientifiques) ;
  • le lycée Jean-François-Millet (1 210 élèves : filière générale, prépa santé,Classes préparatoires littéraires) ;
  • le lycée Alexis-de-Tocqueville (1 480 élèves : filière générale, technique, professionnelle et enseignement supérieur -BTS-) ;
  • le lycée professionnel privé Ingénieur-Cachin (320 élèves) ;
  • le lycée privé Thomas-Hélye, regroupant le lycée privé Sainte-Chantal et le lycée technologique La Bucaille (1 005 élèves, filières générale et technique) ;
  • le lycée maritime et aquacole (capacité168 lycéens depuis la création des baccalauréats professionnels maritimes en3 ans / centre de formation professionnel maritime continue). Devenu le, lycée professionnel maritime et aquacole (LPMA)Daniel Rigolet.

Le pôle universitaire, installé sur les hauteurs d’Octeville, concentre l’école d'ingénieurs de Cherbourg, l’IUT Cherbourg-Manche (qui accueille environ 1 000 étudiants en formation continue ou initiale à travers quatre départements DUT, quatre licences pro, un DU, un DECF et un DAEU), ainsi que deux antennes de l’université de Caen (UFR de sciences et UFR des langues vivantes étrangères). L’hôpital Pasteur abrite l’institut de formation en soins infirmiers de Cherbourg-Octeville. Un des 4 Campus FIM CCI Formation Normandie, service de formation de CCI Ouest Normandie gère l’école du commerce et de la distribution(formations Bac+2 et Bachelor Bac+3 spécialisé dans la distribution et l'entrepreneuriat) des formations du Bac au Master en Gestion Finance et Organisation, mais aussi des formations en industrie et Tourisme Hôtellerie Restauration du CAP au Bac+2.FIM Campus Cherbourg est aussi un CFA-Centre de Formation d'Apprentis.

L'Institut des métiers du cinéma de Normandie s'est installé, à la suite de l’École internationale de création audiovisuelle et de réalisation (EICAR) sur le site de l’ancien hôpital maritime ; il est complété par le centre de formation d’apprentis du Spectacle vivant et de l’audiovisuel, tandis que l’École supérieure des Beaux-Arts (Esbaco), fondée en 1912 par le professeur de dessin Henri Buffet et le professeur de modelage Félix Delteil, se situe dans l’ancien couvent desPetites sœurs des pauvres (zone des bassins) depuis 1976[159].

Cherbourg-Octeville accueille l'école des applications militaires de l'énergie atomique (EAMEA,351 élèves) et l'institut national des sciences et techniques nucléaires — vestiges de l'importance de l'armée dans la ville — tandis que l'école des fourriers (entre 600 et 700 élèves) est implantée àQuerqueville.

L'agglomération accueille également l'institut national des sciences et techniques de la mer (Intechmer), à Tourlaville.

Sports

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La première course detrot organisée en Normandie s'est déroulée à Cherbourg en septembre 1836 sur la plage (disparue) le long du boulevard maritime, à l’initiative de l’officier de harasÉphrem Houël. Les courses s'installent en 1931 sur l’hippodrome de la Lande Saint-Gabriel, œuvre deRené Levavasseur, à Tourlaville et à l’hippodrome de La Glacerie à partir de 1990[160].

Enfootball, l'Association sportive de Cherbourg Football, après plusieurs décennies au niveau national, évolue, à la suite de mauvais résultats sportifs et de problèmes financiers, depuis 2016 enDivision supérieure régionale équivalent à la7e division, et reçoit austade Maurice-Postaire. Le club présente également une deuxième équipe senior masculine et une féminine en ligue de Basse-Normandie et une troisième masculine et une féminine à huit endivisions de district[161].

Deux autres clubs présentent des équipes endivisions de district[162] :

  • le Patronage laïque d'Octeville (trois équipes) ;
  • le Gazélec Football Club (deux équipes).

L'Association sportive Amont-Quentin, qui présentait jusqu'en juin 2013[163] deux équipes en district, a dû cesser ses activités. L'Octeville Hague Sport qui faisait évoluer deux équipes en 2013-2014 n'a pu présenter aucune équipe pour la saison 2014-2015[164]. L'Association sportive de l'Arsenal maritime de Cherbourg qui présentait deux équipes en district en 2015-2016[165] n'est plus actif en 2016-20170.

Santé

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Cherbourg-Octeville dispose de deux établissements hospitaliers :

Façade principale du centre hospitalier Pasteur.
  • le centre hospitalier Pasteur, public, deuxième établissement bas-normand avec711 lits et places[167]. Avec un projet médical commun depuis 2001 et une direction commune depuis 2003, le centre Pasteur et le centre hospitalier de Valognes ont fusionné en 2006 au sein duCentre hospitalier public du Cotentin (2 000 agents, plus de 1 000 lits, et un budget 2005 de133 millions d’euros[168]) ;
  • la Polyclinique du Cotentin, à la limite entre Octeville etÉqueurdreville-Hainneville (102 lits).

Sur le territoire d’Octeville sont implantés la résidence médicalisée pour personnes âgées du Gros Hêtre (antenne du centre hospitalier public du Cotentin), et, depuis 1999, le centre de santé communautaire Jean-Brüder.

En 1859, à la suite de la visite impériale, l’État avait décidé la construction d’unhôpital maritime d’un millier de lits pour accueillir les troupes en garnison. Inauguré le, il fut rebaptisé René-Le-Bas, du nom du premier médecin rallié aux Forces navales libres et mort en 1942 à bord du sous-marinSurcouf. Il a été fermé en 2002 et réhabilité en campus universitaire.

Médias

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Presse locale

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Radios locales

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Télévision

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France 3 Basse-Normandie émet sur la ville. Un bureau décentralisé prend place à Cherbourg[175].

Deux sites de diffusion TNT sont recevables sur l'agglomération[176] : le sitele hameau Giot àDigosville, qui couvre aussi une bonne partie de laManche en plus de Cherbourg-Octeville, et le siteCherbourg-Octeville - Agglomération qui dispose de deux émetteurs : l'un sur le château d'eau de la ZUP d'Octeville (il émet lemutliplex R1 et appartient à l'opérateurTDF), l'autre sur l'Immeuble Bélier au 12 rue de Brie (il émet les5 autres multiplexes et appartient à l'opérateurTowercast).

Cultes

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Église Saint-Clément

Rattaché audiocèse de Coutances-Avranches, le doyenné de Cherbourg couvrait jusqu'au, le territoire de la communauté urbaine ainsi que les communes limitrophesTonneville,Urville-Nacqueville, et celles descommunautés de communes de la Saire etde Douve et Divette. À cette date, il est fusionné au doyenné de la Hague, pour devenir ledoyenné de Cherbourg-Hague, ajoutant dès lors les paroisses couvrant la commune nouvelle de la Hague et la communauté de communes des Pieux. La paroisse Jean-XXIII unit Cherbourg et La Glacerie, avec les églises cherbourgeoises de la Trinité (longtemps seule église paroissiale), de Notre-Dame-du-Roule, de Notre-Dame-du-Vœu, Saint-Jean-des-Carrières et Saint-Clément. La paroisse Saint-Sauveur d’Octeville, qui couvre égalementNouainville dispose de trois lieux sur la commune : Saint-Martin, l’historique, Saint-Pierre-Saint-Paul, aux Provinces, et la chapelle Saint-Barthélémy[177].

Les protestants disposent d’un temple protestant de l’Église réformée, avenue Delaville (depuis 1835, rebâti à la suite de la guerre en 1964), et d’uneÉglise évangélique pentecôtiste, rue de Sennecey, affiliée auxAssemblées de Dieu. L’Église évangélique baptiste, rue des Métiers, est également présente depuis 1985 dans l’agglomération et est actuellement située à Tourlaville.

Cherbourg et Octeville ont connu deux principales vagues d’immigration de population musulmane, à la fin desannées 1950 et au cours desannées 1960, après l’érection des quartiers de l’Amont-Quentin, des Provinces et du Maupas, puis dans lesannées 1980, lors des grands chantiers de construction de l’usine de retraitement de la Hague et de lacentrale nucléaire de Flamanville. La communauté musulmane a alors ouvert trois mosquées (la mosquée Omar à Octeville, la mosquée de la Gare, avenue de Normandie, puis la mosquée turque, boulevard de l’Atlantique).

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, paroisse de Cherbourg, a sa chapelle rue du Commerce et rue Dom Pedro.

La salle du royaume des témoins de jehovah, rue Malakoff.

Untemple duculte antoiniste se trouve au 79 rue Saint-Sauveur[178] ; destyle néo-roman, le bâtiment a étédédicacé en 1952.

Patrimoine

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Article détaillé :Patrimoine à Cherbourg-en-Cotentin.

Monuments civils

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Le théâtre.
La gare transatlantique.
Bassin du Commerce, lors de laTall Ships' Race 2005.
Le pavillon central de l’hôtel Atlantique.

Le théâtre est l’un des derniersthéâtres à l’italienne construits en France (1880)[40], et figure parmi les plus intéressants théâtres de province construit dans la seconde moitié duXIXe siècle avec leGrand Théâtre de Genève et lethéâtre des Célestins de Lyon. Inauguré en 1882, il a été édifié sur les plans de l'architecteCharles de Lalande, à l’emplacement des halles à grain. La façade rend hommage àMolière,Boïeldieu etCorneille. Elle est classée monument historique depuis 1984 avec ses deux retours latéraux et les toitures correspondantes ; sont également classés le vestibule, le grand escalier, la salle et le foyer, ainsi que les13 décors originaux[179]. Le plafond est l’œuvre deGeorges Clairin et est composé de quatre sujets : la comédie, la musique, le drame et la danse. Avec trois galeries, il accueille jusqu'à600 spectateurs et la configuration de la salle reflétait la hiérarchie sociale de l'époque[180]. Le théâtre de Cherbourg, avec le théâtre de la Butte à Octeville et le Vox forment un ensemble de trois salles de spectacle nomméLe Trident.

La fontaine Mouchel, du nom du mécène et directeur du journalLe Phare de la Manche, s'élève au centre de la place Général-de-Gaulle. Fontaine monumentale en fonte, elle a été créée par Louis Eugène Gutelle en 1895.

L’hôtel Epron-de-la-Horie (du nom du vice-amiral et ministre de la marineJacques Epron de la Horie, propriétaire sous le Premier Empire) ou de l’ancienne douane est situé à l’angle de la rue du Val-de-Saire et du quai de l’Ancien-Arsenal. Construit en 1781[181] enschiste (couverture et corps de bâtiment) et briques rouges (encadrement des fenêtres) par Jacques-Martin Maurice, « entrepreneur des ouvrages du Roi » qui tenait une briqueterie à Cherbourg, il est inscrit aux monuments historiques depuis le[182]. Successivement caserne des Suisses, hôpital auxiliaire des travaux de la rade, demeure des armateurs Richer, Cousin, Despréaux, Lias auXIXe siècle et hôtel des douanes durant l’Entre-deux-guerres, il abrite aujourd'hui le siège de laCaisse d’épargne[80].

L'hôtel Cuman-Solignac, sis auno 5 de la rue Christine, bâtie en 1789 enstyle Louis XVI, arbore un balcon sculpté parArmand Fréret.Lizinska de Mirbel,miniaturiste, peintre des roisLouisXVIII etCharlesX, y résida à la fin duXVIIIe siècle.Georges Sorel, auteur des réflexions sur la violence y naît en 1847[183].

L'hôtel Lemoigne, rue François-la-Vieille, duXIXe siècle, qui abrita d'abord la chambre de commerce puis le tribunal des prud'hommes[184].

L'hôtel de La Grimonière, hôtel-particulier duXIXe siècle, avec au-dessus de sa porte d'entrée un blason timbré d'une couronne de comte qui figure lesarmes de la famille Lefèvre de La Grimonièred'azur à la fasce d'or accompagnée de deux croix fleurdelysées d'or en chef et d'une rose d'argent en pointe[185],[Note 6].

Les halles, place Centrale, datées de 1870[184]. Le palais de justice, la Cour-Marie, et l'immeuble du Crédit lyonnais datent du milieu duXIXe siècle[184].

L’ancienne gare maritime est le plus grand monument français d’Art déco. Construite parRené Levavasseur à partir de 1928 et inaugurée en 1933 par le présidentLebrun, elle pouvait accueillir deux paquebots simultanément. Inscrite au titre demonument historique en 1989 et 2000, elle a été réaménagée pour devenir en 2002 un complexe océanographique, laCité de la Mer, au sein duquel se visite leSNLEle Redoutable, et accueillir depuis décembre 2006, un terminal croisières[186]. La nouvelle gare maritime transmanche, œuvre de l'architecte Claude Faucillon, à la forme d'une coque de navire renversée et couverte de cuivre comme l'ancienne[187].

L’hôtel Atlantique, face à la gare maritime, a également été construit parRené Levavasseur[Note 7] en fer et ciment armé dans le styleArt déco pour les trois compagnies transatlantiques qui desservaient Cherbourg, laCunard Line, laWhite Star Line et laRed Star Line, regroupées dans la Société anonyme de l’Hôtel Atlantique. Il accueillait sur 5 400 m2, les émigrants (voyageurs de troisième classe), principalement de l’Europe de l’Est, qui y séjournaient en moyenne12 jours pour subir les contrôles sanitaires et douaniers. Le bâtiment comprenait ainsi un quartier pour infectés et un quartier pour désinfectés, avec une capacité de 2 000 personnes. Débuté en 1920, ouvert en 1926, il ferme huit ans plus tard. Réquisitionné sous l’Occupation puis à la Libération, il est acheté parFélix Amiot pour y loger certains des salariés de ses chantiers[188]. Il accueille depuis 1991 les services de laChambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin. Le pavillon central est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis octobre 2001[7].

Les statues de Thémis et Minerve, déesses romaines de la Justice et de la Guerre, deHoudon etRoland qui étaient entreposées dans la cour duPalais Bourbon depuis leur remplacement sur le frontispice de la Chambre des députés par des moulages lors de la rénovation de la façade, sont offertes à la ville en juin 1989, par le truchement d’Olivier Stirn, ministre du Tourisme, et président de la communauté urbaine de Cherbourg. Après restauration parPierre Bataille[Qui ?], elles sont placées en 1990 et 1993 chacune sur un rond-point, laMinerve de Philippe-Laurent Roland, près de laCité de la Mer, laThémis de Jean-Antoine Houdon, au pied de la Montagne du Roule. Sculptées vers 1810, elles sont classées monuments historiques depuis juin 1990[189].

L’hôtel de ville a été construit au début duXIXe siècle ; il a été agrandi à deux reprises en 1850 par une aile sud-ouest formant un L avec le premier bâtiment, puis sous leSecond Empire (salon de l’Impératrice), et remanié après la Libération. À l’intérieur, un escalier dessert le Grand salon et le salon de l’Impératrice, qui abrite les portraits de Napoléon III et d’Eugénie parWinterhalter, avec – entre les deux – une pièce en rotonde aux peintures de Michel-Adrien Servant rappelant les grands événements de l’histoire de la ville ; dans la salle du conseil se trouve depuis 1858 la cheminée duXVIe siècle du logis abbatial de l’abbaye Notre-Dame-du-Vœu, achetée par la municipalité en 1841 et classée monument historique depuis 1905[80]. Les trois salons et l’escalier sont inscrits depuis le.

L’hôpital maritime, ancien centre hospitalier régional des Armées René-Le-Bas, construit sur décision deNapoléon III et inauguré le, a été désaffecté en 2000 et réhabilité en pôle universitaire et culturel en 2002. Les bâtiments destyle Napoléon III sont entourés d’un grand parc.

Les quais et le port Chantereyne s'animent régulièrement de nombreuses manifestations temporaires : escales de paquebots prestigieux (Queen Elizabeth 2,Queen Mary 2etc.), armada, courses à la voile… Les quais ont été aménagés en 1994 avec les éclairages deYann Kersalé. Le port de plaisance, premier port d’escale français, s'étend au-delà de la « plage verte », ancienne plage réaménagée en pelouse après la création du port. Les équipements de plaisance et de loisirs y sont implantés (piscine, patinoire, bowling, services aux plaisanciers…). Dans le bassin du commerce mouille leJacques-Louise, dernier chalutier en bois construit aux chantiers navals Bellot de Cherbourg en 1959, ancienRuban bleu cherbourgeois, désarmé en 1991, inscrit en 1996, puis classé monument historique en 1999. Chalutier en bois de chêne de l’Orne, conçu pour la pêche latérale au large, il est ouvert au public depuis l’été 2004[190].

Monuments commémoratifs

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Bricqueville par David d’Angers.

Lastatue équestre de NapoléonIer se trouve face à la basilique, sur la place Napoléon. Œuvre d’Armand Le Véel, elle représente l’empereur contemplant larade et leport militaire. Sur le socle, on peut lire un extrait duMémorial de Sainte-Hélène, daté du : « J'avais résolu de renouveler à Cherbourg les merveilles de l’Égypte », c'est-à-dire une pyramide avec le fort central et un nouveaulac Moéris pour l’avant-port creusé dans le roc. La statue érigée en 1858, à l’occasion de la visite deNapoléon III, rappelle l’importance de l’empereur dans l’expansion de Cherbourg. Autour de ce monument emblématique de la ville, inscrit en août 2006 puis classémonument historique le, s'étend la Plage verte, ancienne plage artificielle jusqu’à l’après-guerre, qui longe le port de plaisance[191].

Le monument duduc de Berry, place de la République, commémore le débarquement du fils du futurCharles X, de retour en France sur la frégate britannique l’Eurotas le, après la chute de l’Empire. Achevée en 1816, il est formé d’un obélisque de vingt-cinq pieds en granit rose de Flamanville, surmontant une fontaine de granit gris, où quatre têtes de lions en bronze crachent l’eau dans un bassin creusé dans le même bloc[80].

Le buste ducolonel de Bricqueville, sur le quai de Caligny, a été inauguré le en hommage au colonel des dragons impériaux et député bonapartiste de Cherbourg mort en 1844. Ce buste en Hermès[192] d’1,45 mètre est un bronze deDavid d'Angers posé sur une colonne de4 mètres en granit de l’architecte Lemelle, sur laquelle on peut lire le nom de quatre batailles où Bricqueville s'est illustré :Wagram,Krasnoï,Anvers etVersailles. Deux reliefs de bronze évoquant le militaire (un sabre) et le parlementaire (une tribune), ont été fondus par les Allemands en 1944. Le monument est inscrit auxmonuments historiques depuis août 2006[193].

La statue deJean-François Millet, inaugurée dans lejardin public le, pour le centenaire de la Première République, honore le « peintre des paysans », élève au musée de Cherbourg. Financée par une souscription lancée par la municipalité en 1886 reprise par les milieux parisiens, la réalisation du buste enmarbre (1,05 mètre de haut) est confiée àHenri Chapu ; à sa mort, elle est achevée par son élèveJean-Ernest Bouteiller qui lui adjoint le groupe allégorique en bronze (2,95 mètres de haut) d’une paysanne portant sa fille dans les bras et déposant des fleurs des champs sur le buste, appuyée sur le piédestal et sur des rochers en granit (4,45 mètres de haut,2,55 mètres de large,2,6 mètres de profondeur). Le monument est inscrit depuis août 2006[193].

Le monument aux morts du sous-marinSurcouf, inauguré au bout de la jetée du port de plaisance le par le général de Gaulle, commémore le souvenir des130 marins du sous-marin desForces navales françaises libres, construit à Cherbourg et coulé le dans le Pacifique[194].

Le Mémorial des martyrs de la Résistance, situé place de la République, avec les noms de Roger Anne (1925-1942), Maurice Truffault (1922-1942) et Gilbert Védy (1902-1944) cités au noms de tous les résistants cherbourgeois[40].

Monuments militaires

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Fort de l’Ouest.

Larade de Cherbourg est la plus grande rade artificielle du monde[réf. nécessaire]. Commencée en 1783, la digue centrale a été achevée en 1853 et pourvue de trois forts en 1860. Construite à 4 km de la côte, la digue du large mesure 3 640 m, avec une largeur moyenne de 100 m à sa base et 12 m à son sommet, et une hauteur de 27 m. L’ensemble des trois digues fait plus de six kilomètres.

Lefort de l’Île Pelée, élément défensif de l’est de la digue, conçu par Ricard et Decaux a été construit entre 1777 et 1784. Nomméfort Royal,fort National,fort Impérial, avant de prendre le nom de l’île sur lequel il a été construit, il servit de prison durant la Révolution.

Lefort du Roule (musée de la Guerre et de la Libération) se trouve sur la montagne du Roule. Emplacement depuis 1650 de l’ermitage de Notre-Dame-de-Protection, abandonné à la Révolution, rasé en 1870, ce point culminant de la ville (117 m) accueille en 1793 une redoute pour protéger la rade. En 1853, on bâtit le fort actuel. Lieu des derniers combats en 1940, il est renforcé par les Allemands en 1943 par une batterie située sur le flanc dominant la rade, au-dessous du fort. Composée de quatrecasemates pour canons de 105 mm et un poste de direction de tir, avec plusieurs tunnels souterrains et accès creusés dans la roche, elle devient pour les Allemands le point fort de la « forteresse de Cherbourg » et duMur de l'Atlantique. Le,René Coty y inaugure le premier musée français de la Libération. Au bout d’une route en lacet nommée « chemin des Résistants », le fort offre un panorama sur l’agglomération et la rade. La batterie et une partie des tunnels de stockage des munitions allemandes ont été classées au titre des monuments historiques en 1995, et une autre partie des souterrains est aménagée en laboratoire de mesure de la radioactivité pour l'école des applications militaires de l'énergie atomique[195].

Monuments religieux

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Labasilique Sainte-Trinité.
L'église Notre-Dame-du-Vœu.

L’abbaye Notre-Dame-du-Vœu (XIIe siècle)[40], rue de l'Abbaye, est fondée en 1145, sur la côte d’Équeurdreville, à la Croûte du Homet, parimpératrice Mathilde. Située hors des remparts de la ville, elle est régulièrement pillée et brûlée lors des incessantes batailles franco-anglaises, puis lors desguerres de religion. Soumise aurégime de la commende en 1583, elle décline progressivement jusqu’à sa fermeture en 1774. Ses terrains sont annexés en 1778 pour la construction duport militaire, et elle devient résidence duduc d’Harcourt, abritant le roi en 1786. Le lieu est ensuite transformé en hôpital, enbagne, et en caserne Martin-des-Pallières pour l’infanterie de marine. Lacité ouvrière Chantereyne s'y érige en 1928, jusqu'à sa destruction en juin 1944. Rachetée par la mairie en 1961, l’abbaye est lentement restaurée depuis 1965. La grande cheminée de la maison abbatiale (XVIe siècle) est conservée dans la salle du conseil de l’Hôtel de ville, le portail occidental de l’église (XIIIe siècle) est placé dans le jardin public. Ont été classés les restes de la caserne Martin-des-Pallières en 1913, puis l’ensemble des bâtiments, vestiges et sols de l’abbaye, en septembre 2002. La dalle funéraire de Guillaume de Margerai, prêtre deQuerqueville, mort dans les années 1280, mise au jour, a été classéemonument historique en 1995.

Labasilique Sainte-Trinité (XVe – XIXe siècles)[40], place Napoléon, est inscrite aux monuments historiques[196]. Débutée auXIe siècle à la demande deGuillaume le Conquérant, elle reste la seule église paroissiale de la ville jusqu’auXIXe siècle. L’église seigneuriale dédiée àNotre-Dame au sein du château est détruite comme la forteresse, auXVIIe siècle. La Trinité est agrandie et transformée de manière importante auXIIIe siècle, lanef est reconstruite, lechœur et le clocher relevés, après 1450. Après un saccage de janvier 1794, on lui adjoint un nouveau clocher carré de vingt-six mètres en 1828 et on la restaure dans le style néo-flamboyant en 1865. Inscrite aux monuments historiques depuis mars 1944, la Trinité possède un riche mobilier cultuel, dont unmaître-autel de 1809, unechaire en bois sculptée dePierre Fréret (1767), unretable deFrançois-Armand Fréret (1814) et les grandesorgues deCavaillé-Coll.

L’église Notre-Dame du Roule (XIXe siècle)[40], rue Michel Legoupil, a été bâtie au pied de la montagne du Roule entre 1832 et 1842 sous l’impulsion du « poète-barbier » Michel Legoupil et par la souscription des fidèles de ce quartier périphérique du Roule qui croît, comme les quartiers du Vœu et de la Polle.

L’église Notre-Dame-du-Vœu (XIXe – XXe siècles)[40], rue Notre-Dame du Vœu. La première pierre fut posée sur souscription des paroissiens et selon lestyle néo-roman en raison de la faiblesse des ressources. Elle est érigée sur un herbage, dit « les briques », offert parM. de Virandeville à l'architecte François Geuffroy (1823-1874)[197],[Note 8]. En 1855, la municipalité complète lanef inaugurée en 1852 par untransept et un chœur plus ouvragés, et en 1862 par la façade et les deux clochers. Ouvrage de61,5 mètres de long, l’église abrite un grand orgue de Duputel (1885), classé monument historique depuis 1990 et des vitraux de 1834, 1858-1860 et 1949-1958[198]. Pour cette église, le compositeurJoseph Noyon a composé une messe, diteMesse de Notre-Dame du Vœu, à deux voix égales avec accompagnement d’orgue, dédiée à l’abbé Adam, curé de la paroisse[199].Napoléon III et l'impératriceEugénie, à la suite de l'inauguration de laligne de chemin de fer Paris-Cherbourg, y entendirent la messe le[200].

L’église Saint-Clément (XIXe siècle)[40], rue du Val de Saire, a été édifiée au sein du quartier du Val-de-Saire, face à l’hôpital Pasteur, entre et 1856 par l’architecte de la ville Geufroy qui s'inspira de la basilique chrétienne duVe siècle[201]. Longue de52 mètres, elle est d’inspiration gréco-romaine, avec un porche aufronton triangulaire supporté par quatre colonnes àchapiteauxdoriques. Elle abrite lesautels de la Vierge (1863) de François Fréret et de Saint-Clément (1864) de Louis-Victor Fréret, rachetés à la basilique Sainte-Trinité en 1846, un orgue (1881), la peinture des douzeapôtres (1935) de Rocher de Césigné et des vitraux (1953) deMauméjean[202].

L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, avenue de Normandie, sur le secteur d’Octeville, a été construite entre 1967 et 1969 alors que le « grand ensemble » des Provinces voyait le jour. L’architecture moderne triangulaire et irrégulière dePaul Vimond symbolise « la tente de Dieu au milieu des maisons des hommes », un art sacré inspiré par leconcile Vatican 2 (1962-1965)[203]. Une autre église a été construite sur Octeville dans ces années : l’église Sainte-Marie-Madeleine-Postel, rue de la Polle, ouverte en 1966 dans le quartier des Fourches et désaffectée en 1990.

L’église Saint-Martin d'Octeville, rue De Gaulle, datant duXIIe siècle, est l’église paroissiale historique d’Octeville qui dépendait de l’abbaye Notre-Dame-de-vœu. Romane, elle a un clocher octogonalen batière. La nef a été réaménagée auXVIIIe siècle. Unbas-relief représentant laCène est classé monument historique depuis 1908[204].

L'église Saint-Jean des Carrières (XXe siècle)[40], rue du Caporal-Maupas, la chapelle Notre-Dame des Armées, rue de l'Abbaye, la chapelle de la Bucaille, rue de la Polle, la chapelle de la rue de la Bucaille, la chapelle de l'école-collège Saint-Paul, rue de l'Amiral-Courbet et la chapelle Barthélemy Picqueray, rue Picqueray.

La chapelle de la Bucaille, destyle néogothique, commencée en 1840, comprend unenef unique. À l'intérieur, unautel enpierre de Caen richement sculpté. Les vitraux ont été réalisés parAntoine Lusson, maître-verrier lauréat du concours de restauration des vitraux de laSainte-Chapelle de Paris[201].

La chapelle de l'hôpital maritime duXIXe siècle[40], inspirée dustyle classique, sa façade est une copie de l'étageionique de l'église Saint-Gervais de Paris[200].

Monuments disparus

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Vie militaire

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Article détaillé :Vie militaire à Cherbourg-en-Cotentin.
Arrivée de l’Abeille Liberté à Cherbourg-Octeville.
Article détaillé :Port militaire de Cherbourg.

Durant le Moyen Âge, Cherbourg, place forte du Cotentin, abrite une petite garnison pour la protection de la forteresse. Avec la mise en œuvre de la rade et du port militaire, Cherbourg devient un port de guerre à la fin duXVIIIe siècle, dotée d’une garnison importante. En 1798, on compte 1 332 hommes, soit un dixième de la population, répartis principalement entre la caserne de l’Abbaye, actuel Service historique de la Marine, qui abrite les542 hommes de la4e brigade et le Quartier Maurice, dans l’hôtel Épron de la Horie, où logent227 hommes[206]. Les effectifs sont portés à 3 000 hommes pour l’accomplissement des travaux, par un décret de germinal an XI.

Au cours duXXe siècle, Cherbourg, point stratégique lors des deux guerres mondiales, s'adapte aux nouvelles menaces. Elle accueille alors une grosse garnison de la Marine nationale, un régiment d’artillerie et un hôpital maritime. Dans les années 1990 et au début des années 2000, la présence de l’armée s'affaiblit par le transfert de la Flottille du Nord vers Brest et la fermeture de l'hôpital des armées René-Le-Bas.

Pourtant, Cherbourg demeure une base de premier ordre de laMarine nationale, comme siège de laPréfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord et du groupement de Gendarmerie maritime de la Manche. La base navale est le port d’attache de cinq patrouilleurs de la marine nationale et de la gendarmerie maritime, du groupe des plongeurs démineurs de la Manche et de son bâtiment-base leVulcain, du remorqueurAbeille Liberté et de divers bâtiments de soutien. Elle est aussi le siège de la Formation opérationnelle de surveillance et d’information territoriale de Cherbourg (FOSIT Cherbourg) qui regroupe les treize sémaphores et la vigie de l’arrondissement maritime. De plus, un hélicoptèreDauphin de la Flottille35 F est stationné sur l’Aéroport de Cherbourg - Maupertus. Le fonctionnement du port militaire est à la charge des directions du commissariat de la marine, des travaux maritimes et des systèmes d’information de la Marine, ainsi que de l’Antenne du service de Soutien de la flotte et de l’Atelier militaire de la Flotte de Cherbourg[207].

Cherbourg est aussi un pôle de formation des armées par le truchement de l’école des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA), chargée de l’enseignement interarmées des spécialistes militaires en matière de sciences, de techniques et de sécurité nucléaires et de l’école des fourriers deQuerqueville, consacrée à l’instruction des personnels des trois forces armées aux métiers de l’administration, de la gestion des ressources humaines et de la restauration, à la formation des spécialistes de la restauration de la gendarmerie nationale et du personnel des foyers de la marine.

Les propositions de réformes sur l’organisation et la répartition de l’armée française, présentées au printemps 2008 dans lelivre blanc sur la Défense et prévues dans le cadre de laRevue générale des politiques publiques, suscitent l’inquiétude du personnel civil de la Défense de la ville, notamment concernant laconstruction des sous-marins. Selon les projets, Cherbourg-Octeville deviendra l’une des90 bases de défense vers 2010. Dans le cadre d’une mutualisation des moyens et de la constitution d’un service de soutien aux armées, la ville conserverait les activités militaires et civiles, et accueillerait de nouveaux régiments pour l’armée de terre et de l’armée de l’air afin de constituer l’une des plus grosses bases de défense[208]. Toutefois, la Marine à Cherbourg-Octeville devrait perdre220 emplois, notamment civils, à travers notamment la division de moitié des effectifs de la direction des travaux maritimes, la suppression de30 postes dont5 civils à l'école des Fourriers et l'École atomique, la perte de27 postes dont14 civils à la direction des systèmes d'information, et le désarmement des remorqueursVulcain,Acharné,Coralline etÉlan. Les commandes nationales pour Naval Group pourraient être étalées sur plusieurs années, réduisant là aussi les besoins humains, notamment chez les sous-traitants[209].

Plusieurs unités militaires ont été en garnison à Cherbourg au cours duXXe siècle, parmi lesquelles :

Personnalités liées à la commune

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Natifs de Cherbourg

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Jean Hamon.
Jean Marais.

Natifs d'Octeville

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Morts à Cherbourg

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Personnalités liées à Cherbourg

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Armand Le Véel,Monument àNapoléon Ier (1858), Cherbourg.

Les travaux de la digue et du port militaire ont amené à Cherbourg de nombreux soldats et ingénieurs, pour lesquels cette étape a souvent constitué un moment important de leur carrière. Ainsi,Charles François Dumouriez (1739-1823), gouverneur de Cherbourg qui a été chargé des premiers travaux, à l’aube de la Révolution française,Joseph Cachin (1757-1825), ingénieur affecté parNapoléon Ier à la direction générale des travaux maritimes de Cherbourg en 1804. Pendant vingt ans, il réalise l'amélioration du port de commerce, et le creusement des bassins duport militaire, constituant le Nouvel arsenal.Henri Rieunier (1833-1918) qui a été deux fois major de la marine à Cherbourg (1872/1875) ouLouis-Émile Bertin (1840-1924) qui a vécu à Cherbourg de 1863 à 1879, et repose au cimetière deLa Glacerie.Charles-Eugène Delaunay (1816-1872), directeur de l’Observatoire de Paris, se noie en visitant la rade. Parmi les ingénieurs de laDirection des constructions et armes navales, on note égalementAugustin Louis Cauchy (1789-1857) etMaxime Laubeuf. Déjà sous l’Ancien régime, la sauvegarde du château de Cherbourg est la tâche de personnages illustres du royaume, commePierre des Essarts, lafamille de Matignon etJacques de Callières (?-1697). À l’origine du port militaire,Napoléon Ier (1769-1821), qui visite la ville en 1811, « revient » à Cherbourg en 1840 lors du retour de ses cendres en France, à bord deLa Belle Poule, avant de rejoindre les Invalides.

Port transatlantique duXXe siècle, Cherbourg voit arriver les stars hollywoodiennes, commeCharlie Chaplin, organisant à sa descente de bateau en 1952 dans la gare maritime une conférence de presse critique envers l’Amériquemaccarthiste qu’il vient de quitter ; le port voit embarquer pas mal de personnalités connues, dont l’homme d’affairesBenjamin Guggenheim (1865-1912) pour son voyage fatal sur leTitanic. Le cinéma donne ensuite une autre notoriété durable à Cherbourg, par les images deJacques Demy (1931-1990) et la musique deMichel Legrand (1932-2019), pourLes Parapluies de Cherbourg. Peu auparavant,Frida Boccara (1940-1996), connaît un grand succès en 1961 avec sa chansonCherbourg avait raison. Les lettres ne sont pas en reste avec l’académicienGeorges Grente (1872-1959), supérieur de l’Institut Saint-Paul, etErnest Psichari (1883-1914), militaire et écrivain, dont le séjour en garnison à Cherbourg en 1914 au2e régiment d’artillerie coloniale inspireL'Appel des armes. Le peintreRoland Dubuc vécut à Cherbourg de 1980 à 1984.

Culture locale et patrimoine

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Article détaillé :Culture locale à Cherbourg-en-Cotentin.

Équipements culturels

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Le Vox, ancienne salle de patronage transformée en cinéma (salle de spectacle) dépendant de la Scène nationale.

AvecCaen, Cherbourg-Octeville est le principal centre culturel de laBasse-Normandie.

La ville est le siège de plusieurssociétés savantes, dont laSociété nationale académique de Cherbourg fondée en 1755, laSociété nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg créée en 1851, et la Société artistique et industrielle de Cherbourg, constituée en 1871.

La création et la diffusion du spectacle vivant sont assurées parLe Trident,scène nationale regroupant le théâtre à l’italienne, le Théâtre d’Octeville et le Vox. Le théâtre amateur est célébré par les rencontresLes Téméraires.

La vocation prioritaire du Centre régional des arts du cirque (CRAC) deLa Brèche, ouvert en, devenu depuisPôle national cirque, est l’accueil en résidence de troupes circassiennes, mais le lieu propose également une programmation pour le public[211]. Le CRAC participe au festival des arts de rue,Charivarue.

En outre, l’offre d’enseignement artistique est riche de l’Institut des métiers du cinéma de Normandie, de l’École supérieure des beaux-arts et de l’École municipale de musique, labellisée conservatoire à rayonnement communal, qui compte800 inscrits.

Après la fermeture de l’Ultrason àÉqueurdreville-Hainneville, unique salle de musiques actuelles du Nord-Cotentin, plusieurs associations se sont regroupées au sein du réseau « La Voix des oreilles » et du lieu « l’Épicentre », dans l’ancien yacht-club quai Lawton-Collins[212], où se déroule le festival La Terra Trema.

Cependant, la ville manque d’une salle de grande capacité, le théâtre ne pouvant accueillir que700 spectateurs. Mais, après l’échec cuisant deCherbourg-Land, ce problème ne peut être résolu qu’à l’échelle du Cotentin[211]. Si la Grande halle de la Cité de la Mer, avec une jauge de plus de 6 000 personnes, a accueilli plusieurs concerts, elle est destinée initialement à l’organisation de foires et de salons. Aujourd'hui, le principal complexe accueillant des concerts d’envergure est l'Espace Cultures de l'Agora d’Équeurdreville-Hainneville.

Octeville a conservé sa fête patronale, la Sainte-Échelle, avec fête foraine et défilés. Cherbourg a vu renaître son carnaval dans les années 1980, héritier de laConfrérie des Conards, semblable à celle deRouen etÉvreux.

La salle Dumoncet accueille depuis 2018 le festival de l'humour leSons of Comedy Club de Cherbourg[213].

Musées

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LePatrocle de David,
musée Thomas-Henry.

Cherbourg-Octeville dispose de plusieurs musées.

L'ancienne maison d’Emmanuel Liais, maire de Cherbourg, astronome et explorateur, abrite depuis 1905 leMuséum d’histoire naturelle et d’ethnographie, plus vieux musée de Cherbourg (fondé en 1832), avec cabinet de curiosités, collection d’animaux naturalisés, de fossiles, de minéraux, d’objets exotiques (Égypte,Asie,Océanie,Amérique etAfrique), trésors archéologiques et bibliothèque des sciences. Elle est aussi le siège social de laSociété nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg.

Lemusée d’art Thomas-Henry, du nom dupremier mécène, est inauguré en 1835[40], et constitue aujourd'hui la troisième collection de Normandie avec300 peintures et sculptures duXVe au XXe siècle. Situé dans le centre culturel, à l’arrière du théâtre, il présente des peintures des écoles française, flamande, espagnole et italienne, ainsi que des sculptures. Y sont notamment exposés des œuvres deFra Angelico,Simon Vouet,Camille Claudel, ainsi que l’une des plus grandes collections d’œuvres deJean-François Millet et des tableaux deGuillaume Fouace, natif deRéville, ou de peintres de la Marine, de même que des sculptures d’Armand Le Véel.

Le musée de la Guerre et de la Libération, premier du genre lors de son inauguration parRené Coty le, retrace la vie quotidienne des civils cherbourgeois sous l’Occupation et le déroulement de la Libération du Cotentin, en particulier labataille de Cherbourg. Il est installé dans lefort du Roule, pièce maitresse de la défense de Cherbourg pris par les Américains le.

La Cité de la Mer, consacrée à l’exploration océanographique, est un complexe installé depuis 2002 au sein d’une partie des vestiges de l’anciennegare transatlantique. Elle propose des aquariums géants, une collection d’engins sous-marins, comme ceux de laComex, lebathyscapheArchimède, et leRedoutable, premierSNLE français, construit à Cherbourg, entièrement visitable.

Le Point du jour, centre d’art contemporain unique en France, consacré à la photographie, a été inauguré dans la zone des bassins en novembre 2008[211].

Littérature

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Célestine, duJournal d’une femme de chambre, par Georges Jeanniot,Le Cri de Paris, 18 novembre 1900.

La bibliothèque municipale Jacques-Prévert, fondée en 1831 et ouverte en 1832, conserve la deuxième plus grande collection de la région, après celle de Caen. L’achat de la bibliothèque de l’érudit local Henri-François Duchevreuil, en 1830, complète les 1 855 volumes de la bibliothèque du District, créée au 24 de la rue Tour-Carrée, en application du décret de la Convention du 8 pluviôse an II[214] et composée d'ouvrages essentiellement saisis aux émigrés et déportés[215]. Plusieurs donations ont été effectuées ensuite, notamment un legs de 3 000 ouvrages parAugustin Asselin en 1844 (avec vingt-six incunables et le manuscrit duIXe siècleDe bello iudaico deFlavius Josèphe, qui reste le plus vieux document de la bibliothèque) et un don en 1877 de Jérôme-Frédéric Bignon, maire duRozel et héritier des bibliothécaires du roi. Elle possède également un fonds normand, un fonds ancien consacré à la botanique et un autre au voyage[214]. Installée dans une aile de l’hôtel de ville en 1855, puis au 9 de la rue Thiers (rue Talluau) à partir de 1896, la bibliothèque emménage dans le centre culturel en juin 1981, prenant le nom deJacques Prévert, mort quatre ans plus tôt dans la Hague[215]. La bibliothèque participe également au projetNormannia de bibliothèque numérique normande.

L'ancienne caserne de l’Abbaye, datant du lancement des travaux de la grand digue auXVIIIe siècle, abrite depuis 1970 l’un des cinq centres régionaux du Service historique de la Marine nationale, aux côtés deBrest,Lorient,Rochefort etToulon. Là sont regroupées les archives de la circonscription maritime de la Manche et de la mer du Nord, et la bibliothèque de la Marine fondée à Cherbourg en 1836 et spécialisée en histoire maritime avec ses 23 000 ouvrages.

Chaque année sont organisés un réseau des ateliers d’écriture dans l’agglomération, lesMercurielles, et le Festival du livre et de la bande dessinée de jeunesse (depuis 1987).

La Biennale du9e art expose des auteurs debandes dessinées (Enki Bilal en 2002,François Schuiten etBenoît Peeters en 2004,André Juillard en 2006,Loustal en 2008). En 2002, Enki Bilal avait projeté, avec le soutien de la mairie de Cherbourg, de créer une fresque au sein de l’ancienne gare maritime pour représenter l’histoire des migrations dans ce lieu ; ce projet a été rejeté sur fond de querelles d’édiles parBernard Cauvin, président de laCUC etla Cité de la Mer[216].

Cherbourg-Octeville est le siège de deux maisons d’édition,Isoète fondé en 1985 etLe Point du jour créé en 1996.

Cherbourg-Octeville dans la littérature

Cinéma

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Cinéma L'Omnia en 1944, après la Libération.

Le cinéma occupe une place non négligeable dans la vie cherbourgeoise. Plusieurs classiques du cinéma français y ont été tournés, commeLa Marie du port deMarcel Carné avecJean Gabin. En 1981,Claude Miller y situe également l’action deGarde à vue, tourné en studio. Mais le plus emblématique est sans contesteLes Parapluies de Cherbourg deJacques Demy, tourné l’été 1963, qui contribue encore aujourd'hui au renom international de la cité. Bien avant pourtant, au temps de la splendeur des paquebots transatlantiques, Cherbourg était un port d’arrivée, de départ ou de transit pour de nombreuses stars, notammentCharlie Chaplin,Burt Lancaster… La ville a également vu naître le cinéasteJean-Charles Tacchella et l’acteurJean Marais qui habita 6 rue Groult.

LeFestival des cinémas d'Irlande et de Grande-Bretagne, laCinemovida (Festival des cinémas d’Espagne et Amérique latine), et Images d’Outre-Rhin (cinéma allemand), ainsi que Cin'étoiles, projections de films en plein air en juillet, animent la vie culturelle locale.

En 2003, l’école de cinémaEICAR s'est implantée dans les anciens bâtiments de l’hôpital maritime. Après trois années de perte et un passif estimé à1,5 million d’euros, elle a été placée en liquidation judiciaire en septembre 2006 et remplacée le mois suivant, sous l’impulsion d’anciens de ses professeurs, par l’Institut des métiers du cinéma de Normandie (IMC Normandie), qui fermera lui-même ses portes en 2010.

La ville dispose d’un parc de17 salles de cinéma permanentes, réparties sur deux établissements, dont un labelliséArt et essai.

Odéon

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À la suite de l’ouverture dumultiplexeCGR, le retrait de laSoredic, qui exploitait le Club 6 (rue de la Paix) depuis 1983 et l’Odéon (rue Foch) depuis 1991, a entraîné en 2004 la fermeture du premier et la reprise de ce dernier cinéma de centre-ville, labelliséArt et essai, par Fadila Chambelland, ancienne gérante salariée. 90 000 entrées réparties dans cinq salles en 2006.

La façade abîmée de l’ancien café du Grand balcon, devenu ensuite cinéma Le Central, est de style second Empire, avec cariatides et guirlandes de fleurs.

Méga CGR

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Ouvert en 2003 près du boulevard maritime, le Méga CGR dispose de douze salles (2 557 fauteuils). Il comptait 400 000 entrées en 2006.

Omnia

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Salle historique exploitée parPathé, située rue de la Paix, l'Omnia a été rachetée dans lesannées 1990 par la municipalité et n'accueille plus que de rares événements. Les fresques intérieures de R. Lecoq, représentantÉole etVulcain, ont été distinguées en 2006 par le label « Patrimoine20e siècle » duministère de la Culture[219].

Plusieurs salles ont disparu, commel’Eldorado (détruit, place de République),l’Eden (rue Cachin), leVox (ancienne salle depatronage devenue seconde salle duTrident), leSaint-Joseph (rue des Ormes)…

Films tournés à Cherbourg

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Langue

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La population cherbourgeoise parlait le haguais, variante dunormandcotentinais, tout en ayant des particularismes quant à la prononciation de certains mots.

Ennormandcotentinais, Cherbourg se nommeTchidbouo (prononciation :/tʃidbwu:/) et Octeville,Otteville (prononciation : /ɔtvil/). Leurs habitants sont lesTchidbouorqŭais et lesOttevillais (prononciation :/tʃidbwuʁtʃje:/ et /ɔtvile:/).

Alors que le français s'impose àRouen auXIXe siècle, le normand reste largement utilisé à Cherbourg comme àCaen, jusqu'à laPremière Guerre mondiale[220].

Alfred Rossel est la principale figure locale des auteurs patoisants duXIXe siècle. Il publie sesChansonnettes normandes, parmi lesquellesSus la mé est devenu un hymne duCotentin. À cette époque,Jean Fleury critique pourtant son orthographe approximative et une mauvaise maîtrise de la langue[221].

Divers acteurs tentent aujourd'hui de promouvoir l'usage local du normand. La société Alfred-Rossel fait vivre le folklore et la langue, la revuele Boué-jaun basée à Cherbourg publie ses textes en normand, et l'une des trois universités populaires normandes y est basée[220].

Gastronomie

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Grand port de pêche, Cherbourg-Octeville offre une grande variété de poissons (limande, bar, plie, maquereau, raies, surmulet, colin, limandier, roussette…), crustacés (dormeur,araignée,homard) et coquillages (Saint-Jacques,pétoncle,moules), pêchés au large du Cotentin[222]. On nommedemoiselles de Cherbourg des petits homards. Cherbourg se situe également à proximité de trois zonesconchylicoles (Blainville,Saint-Vaast etIsigny). La préparation la plus traditionnelle est lamatelote[223].Alexandre Dumas présente également la recette de la « queue de merlan à la mode de Cherbourg », au beurre et aux huîtres[224].

À partir de 1464, les boulangers de Cherbourg détiennent l’autorisation royale d’élaborer leurs pains à base d’eau de mer, évitant ainsi de payer le sel et la gabelle. À l’occasion de la visite deNapoléon Ier, ils auraient créé le pain plié, boule de pain de campagne, ovale, qui est repliée sur elle-même pour être cuite, offrant ainsi une mie plus serrée, en forme de bicorne qui lui vaut d’être appelé « pain Napoléon »[223]. Fleury indique qu’au début duXIXe siècle, la nourriture principale du Nord-Cotentin est le pain d’orge, la bouillie de sarrasin et les produits à base de porc, ainsi que, les jours de fête, lagalette,« sorte de pâte composée de farine de sarrasin, de lait et d’œufs, et cuite en couches minces sur la tuile avec du beurre », arrosée, bien sûr, de cidre[78].

L'agglomération est située dans les zonesAOC dupont-l'évêque et ducamembert de Normandie ainsi que, partiellement, duCalvados, duPommeau de Normandie et ducidre de Normandie. Elle bénéficie également de l’IGP du cidre de Normandie, du porc de Normandie et desvolailles de Normandie[225]. Plus largement, la cuisine du Nord-Cotentin estcelle de la Normandie, dans laquelle dominent les produits laitiers (beurre, crème, lait, fromages…) et la pomme (comme fruit ou comme alcool).

Depuis 2010, le restaurantle Pily, du Valognais Pierre Marion, détient une étoile auguide Michelin[226].

Notes et références

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Notes

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  1. Population municipale 2023.
  2. L'unité urbaine de Cherbourg-en-Cotentin est composée de sept communes ; la ville-centre et six villes-banlieue.
  3. Les dernières fouilles effectuées en 2019 dans le centre-ville, sous le parking Notre-Dame, outre la découverte d'une tombe remarquable ont permis la découverte de deux maçonneries massives de l’ancien donjon et sous le remblai de destructions, de grandes couches noires chargées en indices (tuiles et céramiques romaines, os, défenses de sangliers, coquillages). Selon Laurent Paez-Rezende, ingénieur de recherche à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), le donjon se serait appuyé sur un grand édifice gallo-romain de la cité deCoriallo, situant ainsi le castrum à l'emplacement de la ville actuelle et non aux Mielles.lire en ligne.
  4. Elle se situait au débouché de la rue des Portes, sur la place actuelle du château.
  5. Commune de plus de 10 000 habitants, sesrecensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage
  6. Les croix sont souvent représentées tréflées.
  7. On doit également à cet architecte, les magasins Ratti et un hôtel rue Asselin.
  8. François Geuffroy tracera également les plans de plusieurs hôtels particuliers et du casino de Cherbourg[197].

Références

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Annexes

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Bibliographie

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Histoire de la ville de Cherbourg, par Jean-Thomas Voisin-La-Hougue, continuée depuis 1728 jusqu’à 1835 par Vérusmor (1835).

Articles connexes

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Liens externes

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