Située à l’extrémité nord duCotentin, Cherbourg est protégée par la seconde plus granderade artificielle au monde[1] après celle deRas Laffan (Qatar), dont elle représente le tiers avec une superficie d'environ1 500 hectares. Entrela Hague et leVal de Saire, la cité de Cherbourg est ainsi au cours des siècles une place stratégique disputée par les Anglais aux Français. Citée comme l'une des « clés les plus importantes de l'État » parVauban, elle est devenue, à la suite de colossaux travaux d’aménagement maritime, notamment sous l’impulsion deNapoléon Ier, unport militaire de premier ordre. Escale des prestigieux paquebots transatlantiques dans la première moitié duXXe siècle, Cherbourg est l’objectif premier des troupes américaines lors dudébarquement de Normandie en 1944.
Préfecture maritime, et sous-préfecture de la Manche, ses 35 854 habitants[Note 1] (plus de 85 000[2] avec sa banlieue[Note 2]) en font la première ville du département devant la préfectureSaint-Lô et la deuxième de l'ancienne régionBasse-Normandie aprèsCaen. Port militaire, halieutique, plaisancier et de passagers transmanche, mais handicapé par son isolement géographique pour être un grand port marchand, Cherbourg-Octeville est également une ville ouvrière, avec un site de construction navale important, entourée d'un arrière-pays rural.
À peu près au milieu des côtes septentrionales de la presqu'île duCotentin, à l'embouchure de laDivette et au fond de la baie comprise entre lecap Lévi à l'est et lecap de la Hague à l’ouest, Cherbourg-Octeville est distant de120 kilomètres descôtes anglaises. Plus grande ville du département de laManche, elle résulte de la fusion des communes de Cherbourg et d'Octeville.
Cherbourg et Octeville-sur-Cherbourg appartenaient autrefois audoyenné de la Hague, délimité par laDivette. En 1786, une partie d’Équeurdreville est jointe à Cherbourg, lors de la construction du port, puis, en 1802, une portion d'Octeville. Depuis 1811, les « mielles » deTourlaville, commune du doyenné deSaire, sont intégrées au territoire cherbourgeois sous le nom du quartier du Val-de-Saire où ont été construits l'hôpital Pasteur et l'église Saint-Clément[3]. Ainsi, Cherbourg-Octeville se trouve à la fois dans la Hague et dans le Val de Saire[4].
Comme l'ensemble Chantereyne et le terre-plein des Mielles, le territoire cherbourgeois a été gagné sur la mer. Construite au niveau de la mer, la ville s'est développée au pied de la montagne du Roule (point culminant de l’ancienne commune) et de la Fauconnière. Octeville est une ancienne commune rurale, composée de hameaux, dont le bourg s'est étendu à partir duXIXe siècle et dont le territoire s'est fortement urbanisé depuis 1950, en particulier autour de laZUP des Provinces et du site universitaire.
Ces roches présentes dans les sols ont été exploitées au cours des siècles dans plusieurs carrières : le granite écrasé extrait àQuerqueville et lesarkoses du Becquet ont été utilisés pour la confection demoellons et de blocs équarris pourlinteau. Lesschistes verts, dont la couleur provient de lachlorite et laséricite, sont essentiellement exploités en couvertures dans le Nord-Cotentin, mais aussi en maçonnerie à Cherbourg. Legrès armoricain de la montagne du Roule sert aux moellons et à l'enrochement. La plupart des nombreuses carrières ouvertes dans l’agglomération pour lestravaux de la digue sont aujourd'hui fermées[7].
Cherbourg-Octeville est bordée par la mer. La construction du port du commerce, à partir de 1769, s'est accompagnée du détournement de laDivette (dont l'embouchure se situait au niveau de l’actuelle sortie du port Chantereyne) et du Trottebec (depuis le territoire de Tourlaville) réunis dans le canal de retenue, le long de l’avenue de Paris et de la rue du Val-de-Saire.
Le ruisseau de la Bucaille et celui du Fay qui arrosait la Croûte du Homet auXVIIIe siècle[9] ont disparu lors de la construction duport militaire.
Cherbourg-Octeville est sous climat tempéréocéanique. Son caractère maritime entraîne un taux d'humidité important (84 %) et un vent marin fort, soufflant couramment entempête mais aussi des variations saisonnières de température faibles et de rares jours de gel (7,3)[10]. L'effet conjugué du vent et des marées engendre des changements climatiques rapides dans une même journée, le soleil et la pluie pouvant se succéder à quelques heures d'intervalle[11].
L'influence duGulf Stream et la douceur de l'hiver permettent lanaturalisation de beaucoup de plantes méditerranéennes ou exotiques (mimosas, palmiers, agaves, etc.) présentes dans les jardins publics et privés de la ville, malgré une insolation moyenne[11].
Historiquement, Cherbourg-Octeville est le terminal ouest de laroute nationale 13 qui traverse la ville par les « Rouges Terres » et l’avenue de Paris, depuisLa Glacerie. Dans les années 1990, une déviation de la nationale, désormaisroute européenne 3 et46, a renvoyé le trafic par La Glacerie etTourlaville sur un axe à trois voies de La Glacerie au rond-point de Penesme à Tourlaville puis à 2 × 2 voies jusqu'au rond-point situé entre la plage de Collignon et le port des Flamands. Le prolongement vers Cherbourg est en travaux, avec le doublement du pont enjambant le port des Flamands, afin d’assurer une continuité de la 2 × 2 voies jusqu'au port de commerce cherbourgeois.
Après l’achèvement du contournement est de l’agglomération, le projet de contournement ouest est à l'étude, et un « fuseau » correspondant au futur tracé définitif a été retenu. De même, la mise à 2 × 2 voies de l’accès à l’aéroport de Maupertus est envisagée.
LaRD 650 permet de relier Cherbourg à la côte ouest du Cotentin. Au départ de Cherbourg, laRD 650 prend la direction sud-ouest pour rejoindreLes Pieux puis longe pour rejoindre laCôte des Isles jusqu'àBarneville-Carteret. À l’approche de Cherbourg, cette départementale a fait l'objet, ces dernières années, de nombreux aménagements (ronds-points, feux tricolores, aménagement urbain) du fait de larurbanisation des communes traversées.
Avec l’attribution du statut d’autoroute à la RN 13 en 2006, les travaux de mise aux normes autoroutières entre Cherbourg etCaen sont engagés pour dix ans[13]. Les travaux d’aménagement de la RN 13 à l'entrée de l’agglomération cherbourgeoise (lieu-ditVirage des Chèvres) ont été achevés au début 2009.
Leport de Cherbourg est approprié pour les liaisons maritimes, particulièrement depuis la construction de lagrande rade qui a permis un accès plus large et sûr. Essentiellement port militaire, Cherbourg a développé, au cours des derniers siècles, un commerce de marchandises et de passagers avec l’Angleterre et les Antilles, puis vers l’Amérique.
Le port accueille une trentaine de paquebots par an dont les plus gros, grâce à un terminal croisière aménagé en 2006 dans lagare maritime transatlantique inaugurée en 1933. Régulièrement, certains paquebots initialement prévus pour une autre destination se réfugient dans le port pour se protéger des fréquentes tempêtes.
Lors de la construction des prototypes deConcorde dans les années 1960, certains tronçons construits au Royaume-Uni ont transité en ferry par Cherbourg pour rallier Toulouse.
De juillet 2009 à décembre 2010, une liaison TGV Cherbourg-Dijon, viaMantes-la-Jolie etRoissy TGV, à raison d'un aller-retour quotidien, créée à titre expérimental pour trois ans, a permis aux Cherbourgeois d'accéder directement par voie ferrée au premier aéroport français. L'expérimentation a cessé prématurément, le seuil minimum de fréquentation n'ayant pas été atteint[16].
La Compagnie des transports de Cherbourg (CTC) a été créée en 1896, reliant par untramway la place deTourlaville et la place du Château à Cherbourg, puis jusqu'à Urville. Après l’occupation allemande et le bombardement du dépôt de tramways, les bus prennent la succession, et il faut attendre 1962 pour que le réseau dispose de plusieurs lignes. À partir de 1976, lacommunauté urbaine de Cherbourg prend en charge la compétence des transports en commun. Gérée endélégation de service public parKeolis, la CTC prend le nom deZéphir Bus en 1991[17].
Le maillage couvre l'ensemble de l’agglomération. Depuis quelques années, un service de bus de nuit a également été créé.
Cherbourg-Octeville et son agglomération sont également desservies par les cars départementauxManéo.
Le nom de la localité est mentionné sur latable de Peutinger vers 365, dans l’Itinéraire d'Antonin et laGesta deFontenelle en 747-753 sous la forme latinisée[In pago] Coriovall[inse] 747-753,Coriallo, latinisée ensuite enCoriallum. Ensuite, cette forme disparaît pourCarusburg [Castellum] en 1026-1027[20], puisCarisburg en 1056-1066, sous la latinisation fantaisisteCesaris burgus en 1042[21],Chiersburg vers 1070 (Guillaume de Jumièges),Chieresburg vers 1175 (Wace,Roman de Rou)[22],Kiares buhr en 1091,Chieresborc,Chierbourg auXIIe siècle[23].
Lors de l'occupation de la ville par les Anglais le vocable deChirburg est usité[24].
Uneonomastique médiévale fantaisiste s'est efforcée de rapprocher le nom réel de la ville du latin*Caesaris burgus « bourg de César » afin d'en attribuer la fondation àJules César[25].
Ce second élément-bourg (anciennement-burc, -burg) est un appellatif d'origine pangermanique bien connu qui a servi à former plusieurs toponymes en Normandie, tout comme au nord et à l'est de la France. Ailleurs, il est inexistant en composition.
Dans la perspective d'un-bourg saxon ou anglo-saxon, le premier élémentChier(s)- peut représenter le vieil anglaischiriche (graphieċiriċe) « église » où l'élément final-iċe [tʃ] s'est réduit à [s], comme pour le nom de la commune deChirbury, dans le comté deShropshire (Angleterre), attesté sous la formeChirichburig en 915, puisChiresbir en 1226[22]. Le sens global serait donc celui de « village de l'église ».
En revanche, si-bourg est issu de l'ancien scandinave-borg, le premier élément s'interprète différemment par l'ancien scandinave, c'est-à-direkjarr « marais », d'où le sens global de « forteresse du marais »[27]. L'élémentkjarr se retrouve par ailleurs en Normandie dansVillequier etOrcher. La principale faiblesse de cette thèse est d'ordre phonétique, en effet le [s] avant le [b] de-burg dans les formes anciennes est récurrent. En outre, une lecture rapide pourrait laisser penser queCarus-,Caris- des formes les plus anciennes représentekjarr, alors qu'il s'agit vraisemblablement de latinisations à partir de l'ancien françaischierscas sujet masculin etcas régime pluriel dechier « cher », terme issu du latincarus « cher »,caris (datif et ablatif pluriel).
Cherbourg est également le nom d’uncanton canadien, situé entreMatane etLes Méchins, qui a donné son nom aux municipalités de Saint-Thomas-de-Cherbourg, fusionnée en 1954 au sein des Méchins, et deSaint-Jean-de-Cherbourg. Ce nom, dont la proclamation date du, pourrait être dû à la répercussion par les journaux locaux de l’inauguration du port militaire parNapoléon III en 1858[28]. Cherbourg est également une ville duQueensland enAustralie.
Cherbourg ported’azur à la fasce d’argent chargée de trois étoiles à six rais de sable, accompagnée de trois besants d'or, deux en chef, un en pointe. À partir de l'Empire, le blason est accompagné d'ornements extérieurs :couronne murale à cinq tours d’argent, cimier traversé en fasce d’un caducée contournée de même auquel sont suspendus deux festons servant de lambrequins, l’un à dextre d'olivier, l’autre à senestre de chêne, d’argent noués et attachés par des bandelettes d’azur. Ils comportent également unecroix de guerre 39-45 avec palme au naturel, appendue à la pointe de l'écu et brochant sur la croisure des bandelettes[31].
L'origine du blason est contestée.
Selon Victor Le Sens, il est d'origine religieuse : la fasce d’argent chargée d'étoiles représente la ceinture de laVierge Marie, l’une des deux patronnes de la ville et le nombre d'étoiles, comme celui desbesants, évoque laTrinité, l’autre protectrice de la ville. Les besants d'or seraient l'expression du rachat des captifs, illustrant la participation des notables cherbourgeois à laTroisième croisade. Le blason de Cherbourg daterait de la fin duXIIe siècle, à l'époque des Croisades[32].
Concernant les ornements extérieurs, la couronne murale symbolise la protection et le bonheur, le caducée le commerce et l’activité, l’olivier la paix, le chêne la force, rappelant la vocation à la fois militaire et commerciale du port. L'argent signifie que Cherbourg était une ville de seconde classe sous l'Empire[31].
Le blason d'Octeville estde sinople au mantel d’argent chargé de deux lettres capitales de sable « O » à dextre, « V » à sénestre, au chef de gueules à un léopard d'or armé et lampassé d’azur. Il a été le logo de la municipalité jusqu'à la fusion avec Cherbourg, puis a été réuni au logo de Cherbourg.
De sa création en 2001 et jusqu'en 2016, la municipalité de Cherbourg-Octeville utilisait unlogo, intitulé la « mouette musicale ». Initialement adopté par Cherbourg, il est composé d’une mouette, symbolisant le caractère maritime de l’agglomération, sur une portée musicale, évoquant la musicalité du port : « le cri des mouettes qui dansent entre ciel et mer, les sirènes des navires et le chant mélodieux des vagues »[34]. Depuis l'incorporation de la commune dansCherbourg-en-Cotentin en 2016, le logo reprend celui de cette dernière (le C de Cherbourg-en-Cotentin) suivi du nom de lacommune déléguée concernée.
Logo de Cherbourg-Octeville de 2001 à 2016.
Logo de la commune déléguée de Cherbourg-Octeville depuis 2016.
Le Cotentin, conquis parQuintus Titurius Sabinus en[35], est divisé entre lepagus constantiensis (« comté de Coutances ») et lepagus coriovallensis (« comté de Coriallo »), au sein de laDeuxième Lyonnaise.Coriallo abrite une petite garnison et uncastrum est édifié sur la rive gauche de la Divette comme élément duLitus saxonicum, après les raidssaxons au début duIVe siècle[36]. Les vestiges retrouvés situeraient le village entre Cherbourg etTourlaville, sur les Mielles[36],[Note 3].
Vers 435, Cherbourg aurait été évangélisé par l'évêque de CoutancesSaint Éreptiole[37], puis par saint Exupère, saint Léontien, et enfin saint Scubilion, en 555[38]. En 497, le bourg est cédé avec l'ensemble de l'Armorique àClovis.
En 870,saint Clair, débarquant duKent, est ordonné prêtre à Cherbourg et établit un ermitage dans la forêt environnante[39].
Dans la lutte pour la possession du duché de Normandie, Cherbourg assiégée se rend en 1139 après deux mois de siège aux troupes d'Étienne de Blois avant d'être reprise à la fin de l'année 1141 parGeoffroy d'Anjou. La défense de la place était alors assurée par Raoul et Richard de La Haye-du-Puits, avec Jourdain Tesson. Raoul, fait prisonnier au cours d'une sortie dut sa liberté au paiement d'unerançon. S'ensuivit la capitulation de la place. Quant à Richard, il réussit à s'enfuir par la mer[45].
Lors de la conquête de la Normandie parPhilippe Auguste, Cherbourg tombe sans combattre en 1204. La ville est saccagée en 1284 et 1293, l'abbaye et l'Hôtel-Dieu pillés et incendiés, mais le château, où la population est retranchée, résiste. En 1296, lors de la guerre d'Aquitaine, Cherbourg fournit neuf navires de guerre[46].
Par sa position stratégique, à la fois clé du royaume avecCalais pour les Français et tête de pont de l’invasion pour les Anglais, la ville qui voit au début duXIVe siècle de nouvelles maisons s'édifier autour de l'Hôtel-Dieu, est très disputée durant laguerre de Cent Ans. Disposant de l’un des plus forts châteaux du monde selonFroissart, la place changera six fois de mains à la suite de transactions ou de sièges, mais jamais par les armes. La forteresse, avec son unique accès, la porte Notre-Dame[Note 4], et ses huittours principales reliées par unchemin de ronde, résiste aux soldats d’ÉdouardIII d'Angleterre fraîchement débarqué à la Hougue le qui avaient poussé vers l'Ouest comme relaté dans les chroniques« ils allèrent tant qu'ils vinrent en une grosse ville riche et à bon port qu'on appelle Chierebourg »[47]. Deux mille archers avec à leur têteGeoffroy d'Harcourt, baron normand au service du roi d'Angleterre, mettent le siège devant la place sans parvenir à la réduire[48]. Ils se vengent alors sur les faubourgs et brûlent une fois de plus l'abbaye du Vœu.
Au printemps 1378, la ville est assiégée parCharlesV comme le reste des possessions normandes du roi de Navarre qui s'est mis au service du roi d'Angleterre, mais en vain. Les troupes navarraises fortes de600 soldats[50] qui avaient reflué ducomté d'Évreux et du clos du Cotentin s'étaient retranchées dans Cherbourg, déjà difficilement prenable, et la défendirent, ravitaillée par la mer, contre les attaques françaises[51]. En juin 1378, ayant perdu pied en Normandie, Charles II de Navarre loue Cherbourg àRichardII d'Angleterre pour une durée de trois ans. À l'automne 1378,Bertrand du Guesclin l’assiège à nouveau à l'aide de nombreuses machines de guerre, mais la ville refuse de capituler. Son frère,Olivier du Guesclin avec60 chevaliers, au cours d'une tentative nocturne sera même capturé[50].Charles V, décide alors d'affamer la place en l'isolant de toutes sources de ravitaillement, et décide l'évacuation totale du nord de la presqu'île de tous ses habitants. Cet épisode connu comme legrand vuidement du Cotentin a été narré par Robert Blondel, un chroniqueur deRavenoville :
« Pour vaincre Cherbourg par la faim, un décret royal ordonna de chasser tous les habitants et de laisser la terre inculte. Et il fut crié publiquement et commandé que tous vidassent et allassent hors du pays du Cotentin sans ce que aucun demeurast sur le pays plat ou habitast en aucune manière[52]. »
Le roi d'Angleterre refusa ensuite de restituer la ville aux Navarrais, malgré les efforts de Charles II. En 1379, elle a pourcapitaine Jean de Harleston[54]. Guillaume des Bordes, capitaine deCharles V dans leCotentin, tente de s'en emparer sans succès[50]. Ce dernier sera capturé au cours d'une chevauchée en été 1379 dans la campagne cherbourgeoise au cours de laquelle Lancelot de Lorris, chevalier, est tué[50].
Après lesiège et la prise de Caen en et celle deRouen par le roi d'AngleterreHenriV, la ville résistera plusieurs mois avant sa reddition en 1418 au duc de Gloucester par manque de vivres. Elle redevient alors anglaise, et ces derniers la conserveront trente-deux ans[56]. Au début de l'année 1450,Thomas Kyriell, à la tête d'une armée de secours, alors que laNormandie est en passe d'être reconquise par leroyaume de France, débarque à Cherbourg et s'empare deValognes avant de prendre la direction deCaen[56]. Cherbourg, dernière possession anglaise duduché de Normandie après labataille de Formigny (), capitule sans conditions le mercredi[39], après que le roi ait négocié avec le capitaine de la place. Le siège avait débuté à la fin de, avec l'aide d'un prêt de60 000 livres deJacques Cœur au roi de FranceCharlesVII. Afin d'éviter que la place distante de135 kilomètres des côtes anglaises, ne retombe aux mains des Anglais,LouisXI, le octroie une charte à ses habitants. Celle-ci exempt la population perpétuellement de tous impôts, charge à eux d'assurer le guet et la garde des remparts de la ville[57].
En 1522, Guillaume d'Ursus, met en défense la ville de Cherbourg contre une incursion des Anglais[58]. Le, Cherbourg reçoit en grande pompe la visite deFrançois Ier de France et du dauphin[39]. À cette époque, Cherbourg nous est décrite parGilles de Gouberville comme une ville fortifiée de 4 000 habitants, protégée par desponts-levis aux trois portes principales, gardées en permanence et fermées du coucher du soleil jusqu’à l’aube. À l’intérieur des remparts, le château, lui-même protégé par de largesfossés et muni d’undonjon et de douze tours, occupait le sud-est de la ville. À l'extérieur et au sud des remparts, le faubourg, le long de laDivette, était fréquenté par les matelots[59].
Cherbourg n'est pas touchée par le vent de laRéforme qui divise la Normandie, consolidé et fortement gardé parMatignon, qu'Henri III remercie de sa défense contre les troupes deMontgomery, en le nommant lieutenant-général de Normandie et gouverneur de Cherbourg en 1578, puis maréchal l’année suivante. Les bourgeois demeurent également fidèles à Henri III puisHenri IV, quand la Normandie est majoritairement tenue par laLigue catholique[39].
Plan de la ville et du château de Cherbourg. Jacques Gomboust (1657).Transbordement des cendres de NapoléonIer,Léon Morel-Fatio, 1841.Digue de l’Ouest, dite « de Querqueville ».Cherbourg vue du Roule vers 1895.
Pour compléter les deux ports d’envergure que sontBrest sur l’Atlantique etToulon sur laMéditerranée,Louis XIV désire édifier un nouveau port sur les côtes de laManche, face à l’Angleterre, afin d’héberger les navires de passage.Vauban propose en 1686 de renforcer la fortification de Cherbourg et fermer larade de Cherbourg par deux digues, mais privilégie la Hougue pour l'établissement d'un port militaire d'envergure. Jusque là, la ville disposait de deux ports, un en eau profonde, le Gallé, situé au niveau de l'avant-port militaire actuel, mal abrité des vents et tempêtes, mais permettant l'amarrage des navires de fort tonnage, et un port d'échouage, le Hable, qui occupe l'estuaire de la Divette, à l'ouest des Mielles de Tourlaville, mieux protégé, mais moins utilisé à cause de son manque de fond. Gilles de Gouberville nous dit dans son journal à la date du que :« le navire de Jehan hubert avoyt failly à estre perdu au Hable pour ce qu'il estoyt tombé sur le costé »[60],[61]. Les travaux de fortifications et d’aménagement du château débutent l’année suivante mais sont arrêtés par le Roi en décembre 1688, influencé parLouvois et par crainte des attaques anglaises[36]. En l'absence de ces fortifications, la population cherbourgeoise assiste impuissante à la destruction des trois navires de l’amiral de Tourville au terme de labataille de la Hougue[36].
Le port de commerce, au niveau actuel de la place Divette, est creusé entre 1739 et 1742. Les premiers aménagements du port datent de 1737 et sont l’œuvre deLouis-Rolland Hüe de Caligny[62]. Le, les Anglais, sous les ordres du général Bligh et l’amiral Howe[39], débarquent près de Cherbourg qu'ils occuperont et dévasteront pendant plus d'une semaine[63]. Avec l'aménagement d'un nouveau bassin du commerce en 1769, Cherbourg — depuis longtemps port commercial de faible importance, ville sans université ni activité culturelle, régulièrement pillée, aux faibles relations avec Paris — acquiert un poids essentiel dans le Cotentin qui se traduit, à la veille de la Révolution française, par la création de réseaux de sociabilités par les bourgeois réunis en associations — comme laSociété royale académique de Cherbourg en 1755 et laloge « la Fidèle maçonne ». La population passe de800 feux (4 000 habitants) à Cherbourg et 95 à Octeville, vers 1715, à 7 300 cherbourgeois en 1778[64].
LouisXVI décide de relancer le projet d'un port sur laManche. Après plusieurs hésitations, il est décidé en 1779 de construire une digue de quatre kilomètres de long entre l’île Pelée et la pointe deQuerqueville, selon une méthode mise au point parLouis-Alexandre de Cessart, d'un môle de90 cônes de bois de 20 × 20 mètres, remplis de pierres liées au mortier, reliés par des chaînes de fer. Le premier cône est immergé le, le frère du roi, lecomte d'Artois assiste à la mise en place du septième cône, et le Roi assiste le à lamise à l'eau du neuvième cône. Mais la technique ne résiste pas aux tempêtes, et elle est abandonnée en 1788 au profit du sabordage de vieux navires de guerre et un enrochement à pierres perdues qu'avait vantéLa Bretonnière. Mais la réduction des subsides et les événements révolutionnaires ralentissent les travaux, jusqu'à leur suspension en 1792.
Le premier ConsulBonaparte veut faire de Cherbourg un des ports militaires principaux, visant l’invasion duRoyaume-Uni. Il chargeJoseph Cachin de la reprise des travaux de la digue, du creusement de l’avant-port militaire, et de la construction du nouvel arsenal.
Après une visite en 1811, Napoléon fait de Cherbourg unepréfecture maritime, unchef-lieu d’arrondissement de la Manche et le siège d’untribunal de première instance. Lebagne de Cherbourg, qui était situé sur les ruines de l'Abbaye du Vœu àÉqueurdreville, a existé de 1796 à 1830[65],[66],[67],[68]. Les travaux de la digue centrale, interrompus à nouveau entre 1813 et 1832, s'achèvent en 1853, ceux des digues de l’Ouest et de l’Est en 1895. Les bassinsCharlesX (commencé en 1814 — 290 × 220 × 18 mètres) etNapoléon III (commencé en 1836 — 420 × 200 × 18 mètres) du port militaire sont respectivement inaugurés le en présence du Dauphin, et le par le couple impérial. Les travaux de la digue sont conclus par la construction de la petite rade (digue du Homet, 1899-1914, et digue des Flamands, 1921-1922).
Les travaux du port entraînent une densification et un étalement de Cherbourg qui se modernise et s'équipe, tandis que les entrepreneurs, armateurs et commerçants locaux s’enrichissent. Village rural à l’habitat dispersé en hameaux constitués autour de grosses fermes (La Crespinière, La Prévallerie, Grimesnil, La Gamacherie…), reliés entre eux et à l’église Saint-Martin par un réseau de chemins, Octeville devient chef-lieu de canton en 1801 (décret du 23 vendémiaire an X) et voit également sa population s'accroître par l’afflux des ouvriers venus pour construire le port de Cherbourg et travailler à l’Arsenal. Après la création de la route des Pieux (actuelles rues Salengro et Carnot), le bourg se constitue autour d’un village-rue homogénéisé puis s’urbanise au début duXXe siècle[29].
Le, le roiCharlesX, détrôné, embarque pour l’exil au port militaire de Cherbourg sur leGreat Britain, laissant la place à lamonarchie de Juillet[39]. Après avoir vu mouiller dans sa radele Louxor transportant l’obélisque de Louxor en, Cherbourg accueille le retour des cendres de Napoléon en France à bord de laBelle Poule. Le, une statue équestre de Napoléon, due au sculpteurArmand Le Véel, est érigée à l’occasion de la visite deNapoléonIII pour l'inauguration de laligne ferroviaire reliant Cherbourg à Paris.
Le a eu lieu, au large de Cherbourg, un épisode célèbre de laguerre de Sécession : le navire de guerre des Confédérés, leCSS Alabama, est coulé par le navire de l’UnionUSS Kearsarge après deux heures de combat (voir lecombat naval à Cherbourg), sous l’œil de milliers de spectateurs, venus en train pour l’inauguration du casino. Assistant au combat depuis un voilier,Manet l’a immortalisé dansune de ses œuvres.
Les propriétés géographiques et techniques du port de Cherbourg attirent à partir de 1847 les compagnies maritimes reliant les ports européens à la côte est des États-Unis. Dès la fin des années 1860, les paquebots de laRoyal Mail Steam Packet Company et de laHamburg Amerika Linie mouillent dans la rade avant de traverser l’Atlantique[69]. LeTitanic y fait escale en 1912 pour son voyage inaugural où il embarqua274 passagers. En 1913, Cherbourg reçoit500 paquebots et 70 000 passagers[70].
Durant laPremière Guerre mondiale, le trafic est entièrement suspendu. Cherbourg devient le lieu d’arrivée du matériel et des troupes britanniques puis américaines, et de départ des permissionnaires et des blessés. Le port militaire connaît un accroissement d’activité, la garnison en poste à Cherbourg est renforcée. Les infrastructures du port sont développées pour recevoir le charbon et le pétrole nécessaire au conflit. Le trafic double, atteignant 600 000 tonnes en 1918[70].
Le transit transatlantique reprend au lendemain de la guerre avec les compagnies transatlantiques britanniques, américaines et hollandaises. Pour accueillir au mieux les escales, la Chambre de commerce fait construire un port en eau profonde, une nouvelle gare maritime, et une zone destinée au chargement, déchargement et stockage des marchandises sur le terrain des Mielles. Cherbourg devient le premier port de migration en Europe, et les compagniesCunard Line,White Star Line etRed Star Line s'unissent pour bâtir l’hôtel Atlantique destiné à recevoir les émigrants avant la traversée. Dans le même temps, le centre-ville se rénove, notamment sous les projets architecturaux de René Levesque, Drancey et René Levavasseur. Mais lacrise économique de 1929 met fin à l'apogée transatlantique.
Soldats américains se livrant à des combats de rue, dans l’avenue de Paris.Déchargement d'une locomotive Diesel du TS Twickenham Ferry (voir le portique du pont roulant en haut à droite) le par des troupes américaines et britanniques.
Les Allemands arrivent le dans les faubourgs de Cherbourg. Le, le conseil municipal déclare laville ouverte, etErwin Rommel reçoit la reddition de la place des mains du préfet maritime, le vice-amiralJules Le Bigot, qui a fait détruire auparavant les sous-marins en construction à l'arsenal et le fort de l'Est.
Quatre années plus tard, Cherbourg, seul port en eau profonde de la région, est l'objectif premier des troupes américaines débarquées àUtah Beach.
Labataille de Cherbourg doit donner aux alliés un soutien logistique pour le ravitaillement humain et matériel des troupes. Les troupes américaines encerclent la ville le 21 juin. Au terme de furieux combats de rue et d’une âpre résistance du fort du Roule, le généralKarl-Wilhelm von Schlieben, l’amiralWalter Hennecke et 37 000 soldats se rendent le 26 juin au généralJoseph Lawton Collins. Après un mois de déminage et de réparations par le génie américain et français, le port, complètement rasé par les Allemands et les bombardements, accueille les premiersliberty ships et devient jusqu’à la victoire de 1945, le plus grand port du monde, avec un trafic double de celui deNew York[71]. C'était aussi le point d'arrivée de l’essence qui traverse laManche via l'oléoduc sous-marinPLUTO (Pipe Line Under The Ocean), et le point de départ duRed Ball Express, circuit de transport par camions versChartres.
Cherbourg est rendue à la France par les Américains le. Elle est citée à l’ordre de l’armée le et reçoit lacroix de guerre avec palme.
Le Redoutable, symbole de l’économie locale florissante de l’après-guerre, devenu attraction touristique en 2002.
Les destructions se concentrent essentiellement autour du port militaire à Cherbourg, mais ont touché à 60 % Octeville. Grâce à la reconstruction en urgence du port, l'activité économique reprend rapidement. Cherbourg, dirigée par l'ancien ministreSFIORené Schmitt, édifie de nombreux logements sociaux. L'essor des Trente glorieuses entraîne la modernisation de l'économie et la féminisation de l'emploi. Sous l'impulsion dugénéral de Gaulle, Cherbourg devient à partir de 1964 le pôle de construction dessous-marins nucléaires lanceurs d'engins, dont le premier,Le Redoutable, est lancé en 1967[72]. LesCMN deFélix Amiot, spécialisées dans l'armement militaire, deviennent célèbres à Noël 1969 grâce à l’épisode desvedettes de Cherbourg.
À partir de la fin des années 1960, l'industrie nucléaire émerge à travers les chantiers de l’usine de retraitement de la Hague et de lacentrale nucléaire de Flamanville qui s'ajoutent aux sous-marins de la DCN. L'union des syndicats, militants de gauche et écologistes autour de la crainte de la « nucléarisation » du Nord-Cotentin, se cristallise en janvier 1979 lors du débarquement par lePacific Fisher des premiers déchets nucléaires irradiés japonais. En cette veille de la décennie 1980, l'agglomération cherbourgeoise est frappée par plusieurs conflits sociaux violents, en particulier à la fermeture des usines Babcock[73].
Vue panoramique sur Cherbourg depuis le fort du Roule.
Cette dépendance de plusieurs siècles aux grandes décisions des pouvoirs publics et à l’industrie nucléaire provoque une profonde crise économique dans les années 1990. L’Arsenal réduit drastiquement ses effectifs, la Flottille du Nord (FLONOR) déménage àBrest en 1992, l’hôpital maritime ferme. UIE, Burty, CMN, Socoval et Alcatel accumulent les plans sociaux ou les fermetures. Sous l'égide de laCommunauté urbaine, l'agglomération développe son offre universitaire avec l’IUT de Cherbourg-Manche, l'École d'ingénieurs de Cherbourg et une antenne de l’université de Caen qui complète l'INTECHMER et l’école des Beaux-arts.
Les années 2000 débutent par la création d’une nouvelle commune. Cherbourg-Octeville est créée le par la réunion de Cherbourg et Octeville à la suite du référendum local sur le « Grand Cherbourg ». La ville renoue avec son identité touristique et maritime, à traversla Cité de la Mer et l’ouverture au public duRedoutable, l’accueil d'escales de croisières et d’événements nautiques[73], l’opération de rénovation urbaine « Entre terre et mer » mettant l’accent sur l'attractivité commerciale et touristique de la ville et sur le quartier des bassins, ainsi que l’émergence d’une spécialisation économique dans la plaisance, alors que les activités traditionnelles du port (trafic passagers, fret, pêche) sont en crise[74].
Endommagée à toutes les époques, reconstruite au coup par coup, la ville ne possède pas d’unité architecturale. Il ne subsiste aucune trace du château. À part quelques fragments d'architectures réemployés ou masqués par des constructions plus tardives, il ne reste rien des constructions civiles d'avant leXIVe siècle. Le passé médiéval de la ville se résume à certaines voies de la ville : le Boêl-Meslin, la rue du Nouet actuelle rue au blé, l'impasse Daguenet (passage Digard) ou la venelle des Gascouins désormais rue Hervieu[79]. Le schiste, extrait des carrières de l’agglomération, est le matériau traditionnel de construction. Très répandu pour la couverture dans le nord-Cotentin, il est aussi utilisé à Cherbourg pour les murs dans la ville, apparent ou le plus souvent recouvert d'un enduit grisâtre ou parfois coloré. Les encadrements sont alors en pierre de Valognes (calcaire), en granit rose de Fermanville, ou en brique, les soubassements en grès armoricain du Roule et de la Fauconnière. L’expansion de la ville à partir duXVIIIe siècle a favorisé la diversité des matériaux. L’usage de lapierre de Caen et de la brique industrielle s'imposent sous le Second Empire, tandis que l’architecture vernaculaire disparaît peu à peu dans ces années au profit d’un style plus homogène et parisien[80].
Cherbourg et son agglomération se sont urbanisés autour des ports et le long de la côte. Avec la reconstruction de l’après-guerre puis l’essor économique desTrente Glorieuses, la ville connaît une crise du logement due au boum démographique, contre laquelle on construit sur les derniers terrains vagues. En effet, un rapport de 1954 évalue à 1 000 familles les habitants vivant dans des taudis, et réclame 1 500 logements. Sortent alors de terre la cité du Casino en 1957 et la cité Fougère en 1958, puis en 1959 l’ensemble de l’Amont-Quentin, de Charcot-Spanel et la cité Chantereyne pour accueillir les familles des ingénieurs et officiers de l’Arsenal[81].
Le port Chantereyne et les terre-pleins des Mielles sont gagnés sur la mer, la place Divette et le boulevard Schuman sont créés à l’emplacement des anciens champs de foire. Mais à cette époque, la mutation frappe surtout les villages voisins qui forment, en moins de quarante ans, une agglomération. Ainsi Octeville, à l’habitat dispersé jusqu’auXVIIIe siècle, et urbanisé lors des travaux du port autour d’une rue centrale[29], voit s'implanter legrand ensemble des Provinces sur les hauteurs de la Fauconnière et triple sa population en vingt ans. Plusieurs cités voient aussi le jour à Tourlaville, La Glacerie, Querquerville et Équeurdreville, modifiant la physionomie d’une banlieue qui se densifie[82]. Cette urbanisation engendrant la dilution des frontières géographiques et sociologiques de l’agglomération s'est traduite par la création en 1970 de lacommunauté urbaine jusqu’à la fusion de Cherbourg et Octeville en 2000.
L’Amont Quentin et des Provinces, nés dans les années 1960 et 1970,actuellement[Quand ?] en rénovation.
À la suite de cette fusion, un plan derenouvellement urbain nommée « Entre terre et mer » a été lancé en 2002, sur les quartiers des Bassins, de l’Amont Quentin et des Provinces, pour homogénéiser le territoire de la ville nouvellement fusionnée[83]. Le quartier des bassins, dégagé par la canalisation de la Divette et le comblement du canal de retenue, est destiné à transformer profondément le paysage commercial de la ville, porté par la construction d'un nouveau centre commercial puis la rénovation du centre-ville. Sur les hauteurs, sept barresHLM sont vouées à la démolition pour améliorer l'habitat social. Sont également prévus un hôtel3 étoiles et le déménagement du casino[84]. Avenue Carnot, les anciens entrepôts Grouard doivent laisser place à un parking et une place traversante allant du quai de l'Entrepôt à l'hôpital Pasteur, à180 logements construits par Presqu'île habitat et ADIM (société Vinci)puis 100 supplémentaires dans un second temps[85].
Les quartiers administratifs sont :
le centre-ville, cœur historique de Cherbourg, avec l'hypercentre et les quartiers de la Polle et du Vœu datant duXIXe siècle ;
Le Val-de-Saire, annexé en 1811, au-delà de la Divette et du pont-tournant ;
Sud-Est, correspondant aux quartiers du Roule et du Maupas, traditionnellement ouvriers ;
L’Amont Quentin-Provinces, sur les hauteurs de la ville, bâtis à partir des années 1950 (essentiellement des tours et barres HLM) ;
Octeville-Bourg, de part et d’autre des rues Salengro et Barbusse ;
Ouest, partie occidentale de l’ancienne commune d’Octeville.
Depuis 1996, Cherbourg-Octeville est couverte par uneZone franche urbaine sur le quartier élargi des Provinces.
Selon les estimations de l’Insee pour 2010[Note 5], Cherbourg-Octeville compte 38 433 habitants. L’agglomération affichait 84 814 habitants[86] et l’aire urbaine 117 381 habitants[87]. Première ville de laManche, et seconde de laBasse-Normandie, elle concentre 7,7 % de la population départementale, soit deux fois plus que la préfecture,Saint-Lô, tandis que l'unité urbaine en représente 17 % et l’aire urbaine 23,5 %.
Le dépeuplement de la ville-centre de l’agglomération a été l’un des sujets principaux de la campagne électorale pour les élections municipales de 2008. Outre la bataille de chiffres sur le nombre d’habitants perdus, les trois candidats, Bernard Cazeneuve (PS), Jean Lemière (UMP) et Hervé Corbin (UMP dissident) témoignent d’un intérêt nouveau pour ce problème. L’urbanisation de la zone Grimesnil/Monturbet, prévue ces prochaines années, devrait logiquement apporter un surcroît de population, sans que personne sache si celui-ci sera suffisant pour stopper l’hémorragie démographique[88].
Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville [modifier]
1793
1800
1806
1821
1831
1836
1841
1846
1851
10 081
11 389
14 316
15 655
18 043
19 315
23 408
26 949
28 012
Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville [modifier], suite (1)
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
1896
38 309
41 812
37 215
35 580
37 186
35 691
37 013
38 554
40 783
Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville [modifier], suite (2)
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
1954
42 938
43 837
43 731
38 281
38 054
37 461
39 105
40 042
38 262
Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville [modifier], suite (3)
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2011
2016
37 486
38 243
32 536
28 442
27 121
25 370
40 838
37 754
36 121
Évolution de la population de Cherbourg, jusqu'en 1999, puis de Cherbourg-Octeville [modifier], suite (4)
Histogramme de l'évolution démographique de Cherbourg-Octeville sur ses limites actuelles[91],[92]
(Jusqu'en 1999 : somme des populations de Cherbourg et d'Octeville[93] ; 2006, 2011 : Cherbourg-Octeville)
Pyramide des âges de Cherbourg-Octeville au[94] en pourcentage.
Hommes
Classe d’âge
Femmes
0,5
Avant 1919
1,8
5,9
1919-1933
11,7
11,4
1934–1948
14,0
20,4
1949-1963
19,3
19,3
1964-1978
16,6
24,4
1979-1993
20,5
18,1
1994-2008
16,0
Aujourd'hui, les communes limitrophes de l’agglomération (Martinvast, Nouainville, Tonneville, Bretteville…) connaissent une poussée démographique : le cadre de vie, rural et paisible, n'empêche nullement les habitants de profiter des infrastructures de la communauté urbaine. Cette problématique, qui se retrouve dans de nombreuses agglomérations françaises de cette taille, a entraîné la constitution d’unpays du Cotentin, la communauté urbaine souhaitant ainsi faire participer financièrement la communauté de communes richedes Pieux et la commune nouvelle deLa Hague, formée le par la fusion des communes de laCommunauté de communes de la Hague.
Depuis la fusion entre Cherbourg et Octeville, en février 2000, les habitants se nomment officiellement Cherbourgeois-Octevillais[95]. Avant celle-ci, les habitants de Cherbourg s'appelaient les Cherbourgeois et ceux d’Octeville étaient les Octevillais. Il est probable qu’avec la fusion, ce dernier disparaisse peu à peu au profit de « Cherbourgeois », comme « Équeurdrevillais » (ou parfois « Équeurdrais ») pour la commune voisine d’Équeurdreville-Hainneville, fusionnée en 1965.
Cherbourg et Octeville ont deux profils différents. La première est la ville-centre, à l’habitat varié, l’autre une commune de banlieue, rapidement bâtie à partir des années 1960. Ainsi, en 1999, Cherbourg comptait 13 747 logements dont 86,2 % de résidences principales et 28,4 % de maisons individuelles[96], tandis qu’à Octeville, 94,6 % des 7 221 logements sont des résidences principales, 39,7 % sont individuels. Les résidences principales cherbourgeoises construites après 1949 représentait 59 % (55 % entre 1949 et 1989), alors que celles d’Octeville sont à 89 % postérieur à 1949 (84,9 % entre 1949-1989)[97]. La proportion de constructions neuves de la décennie 1990 est largement plus faible que la moyenne régionale, avec respectivement 3,6 % et 4,9 % des parcs communaux contre 9,5 % dans l'ancienne régionBasse-Normandie.
La seconde moitié duXIXe siècle voit se créer de nombreux jardins d’inspirationanglaise. Le premier serait dû àJoseph Cachin qui crée en 1805, quand il est chargé de la construction du port, un jardin privatif et un étang près de laDivette, autour de sa Chaumière chinoise[98], à la place des actuelles voies de chemin de fer conduisant à lagare[99]. Le climat océanique tempéré favorise la naturalisation des plantes méridionales et exotiques, telles que les palmiers, ramenés par les nombreux marins et explorateurs cherbourgeois. Ensuite, sous la Troisième République, les jardins publics s'ouvrent[99].
Aujourd'hui, la ville offre plusieurs espaces verts :
le parcEmmanuel-Liais (un hectare) est l’ancien jardin de la maison privée du maire de Cherbourg, dessiné en 1881 et inauguré en 1885. Légué à la ville à sa mort, il est très arboré et dispose d’une tour d’observation, d’un plan d’eau contenant nénuphars et autres plantes aquatiques et de deux serres abritant des plantes rares, dont une collection riche de plantes d’Amérique du Sud ramenées de ses voyages et acclimatées par Liais. Il est labellisé « Jardin remarquable »[101] ;
le jardin Montebello, ouvert en 1872 dans la rue du même nom, au sein du quartierNapoléon III, a été créé à l’initiative de la Société d’horticulture de Cherbourg, fondée en 1844[98], pour ses membres. Ouvert au public depuis sa création, il accueille bambous, camélias et magnolias, et dispose d’un chalet de briques à poutres apparentes ;
le parc duchâteau des Ravalet (12 hectares), propriété de Cherbourg-Octeville sur le territoire de Tourlaville, a été aménagé par le vicomteRené Clérel de Tocqueville à partir de 1872, avec unjardin anglais et un bois. Le parc et la serre construite entre 1872 et 1875, qui abrite palmiers, bananiers, cactus et lianes, sont ouverts depuis l’acquisition par la ville de Cherbourg en 1935, et sont classés monuments historiques depuis le. Plusieurs plans d’eau accueillent des cygnes noirs et les volières abritent des oiseaux rares. Une cascade artificielle a été créée en 1921[100] ;
leVallon sauvage déploie haies bocagères,zones humides, vergers et bois au cœur d’Octeville, dans un espace naturel aménagé de10 hectares[7].
Un jardin privé, lejardin botanique de la Roche Fauconnière, est en outre inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis le[102]. Créé en 1873, il a été embelli au fil des générations par la famille Favier[99].
La commune possède également desjardins familiaux, gérés par des associations : Vallon Sauvage, Fourches, Roquettes, Saint Sauveur et Redoute, qui remet gratuitement les terrains à ses adhérents.
Ancienne criée de Cherbourg, quai de Caligny.Hangars de l’arsenal, vus depuis Chantereyne.
Sous l’impulsion deColbert, la corporation des drapiers fonde, le, la manufacture de draps qui produit deux milliers de pièces par an[76]. Deux ans plus tôt, Colbert avait favorisé également l’implantation de lamanufacture de verre dans la forêt deTourlaville[104].
L’Annuaire de la Manche en 1829 mentionne dans l’agglomération plusieurs ardoisières dont le produit est parfois exporté jusqu’au Havre, deux imprimeries, deux raffineries de soude (propriétés de M. Le Couturier et de MM. Crenier et Cie produisant environ600 tonnes pour Ostende, Dunkerque, Rouen, Paris, l’Allemagne et la Russie), une raffinerie de sucre (M. Despréaux) dont les50 tonnes sont vendues dans la Manche, une fabrique de dentelles dirigée par quatre religieuses pour le compte de MM. Le Blod et Lange, et plusieurs tanneurs. Il indique que le commerce du port repose sur l’exportation de mulets àLa Réunion et auxAntilles, de salaisons de porcs, d’œufs enGrande-Bretagne, de vins et eaux de vie, et de l’importation de bois scandinave, polonais et russe, de graine de lin, de chanvre[105]. Mais son emploi comme place de guerre handicape l’essor de Cherbourg comme port commercial d’envergure, comparé au Havre. Pour ces échanges,Jean Fleury dénombre dix ans plus tard 225 à 230 navires tant français qu’étrangers, de 30 à 800 tonneaux, montés chacun de 6 à 18 hommes d’équipage. Il ajoute les constructions et armements maritimes ainsi que l’exportation de beurre de la Hague, et il évalue le total des échanges annuels entre quatre ou cinq millions de francs, dont un million pour l’exportation d’œufs vers le Royaume-Uni, et850 tonnes de salaisons[78].
Au début duXXe siècle, Cherbourg est avant tout unport militaire. Le port de commerce est modeste, exportant toujours des mulets pour les Antilles et la Réunion et des produits alimentaires locaux vers la Grande-Bretagne (beurre, salaisons, œufs, bestiaux…), mais aussi des produits chimiques à base de soude extraite du varech, du granit des carrières avoisinantes, et important bois et fers du Nord, goudrons, chanvre, et denrées provenant des colonies. À cette époque le port embrasse l’épopée transatlantique. L'industrie cherbourgeoise est alors spécialisée dans la construction navale, ainsi que dans la confection de dentelles et la fabrication de cordage. La fin duXIXe siècle a également vu Cherbourg développer une industrie aéronautique, à travers la société deFélix du Temple, reprise en 1938 parFélix Amiot, autre pionnier de l’aviation pour fonder la Société aéronautique de Normandie. Peu à peu, les ouvriers développent une compétence particulière dans le travail du métal, tant pour les sous-marins de l'arsenal, que pour les avions et navires des chantiers Amiot ou les chaudières Babcock-Wilcox[106].
En 1916,Nestlé a implanté à Cherbourg sa première usine française.
Les années 1960 voient un renouveau de l’économie locale par la féminisation du travail et la chute de l’emploi agricole au profit d’une diversification des emplois et d’une industrie de pointe. En 1960, sous l’impulsion du maireJacques Hébert, Hortson s’implante dans le quartier du Maupas. Une centaine de salariés fabriquent des projecteurs et de caméras pour le cinéma, notamment pour l’ORTF et la télévision russe. Rachetée, l’usine se spécialise sous le nom de Thomson-CSF Audiovisuel dans les caméras de surveillance et médicales, puis dans la production de circuits électroniques de terminaux d’ordinateurs pour le compte des CMN et de l’Arsenal. À partir de 1976, elle se consacre à la production de dispositifs électroniques pour faisceaux hertziens, employant260 ouvriers en 1979 avec pour contrat les radars desMirage F1de l'Armée de l'Air et desSuper-Étendard de la Marine, culminant à400 employés à la fin des années 1980, après son emménagement en 1987 dans une nouvelle usine modernisée à Tourlaville. Pendant une décennie, l’atelier électronique s'étoffe, se complète d’une chaîne de fabrication de relais mobiles pour la télévision, et d’un atelier de traitement de surface en mécanique[107]. Dans le cadre de la restructuration interne d’Alcatel, le site, qui compte300 salariés, est vendu en 2002 àSanmina-SCI qui cesse son activité en mars 2008[108]. La Compagnie industrielle des télécommunications (CIT), fusionnée la décennie suivante àAlcatel, ouvre elle aussi dans les années 1960 une usine d’assemblage de centraux téléphoniques électroniques, àQuerqueville. L’unité, visitée en tant que fleuron de l’industrie française par le nouveau président de la République en 1981, est jugée superflue après l’intégration de la branche téléphonie de Thomson à Alcatel en 1984 et subit de lourds licenciements à partir de la fin des années 1980, avant de fermer en 1997 au terme d’un dur conflit social[109].
Entre les années 1970 et 1990, les deux grands chantiers du Nord-Cotentin, l’usine de retraitement de la Hague et lacentrale nucléaire de Flamanville, accentuent le développement industriel d’une cité qui vit alors son âge d’or[73] à travers ce que le journaliste François Simon nomme les « industries de mort », puisqu’environ deux tiers du tissu industriel local sont liés à la défense et au nucléaire[72].
Cherbourg est aussi le berceau de la famille et de la sociétéHalley, devenue dans les années 1960Promodès (hypermarchésContinent, supermarchésChampion). En 1999, Promodès fusionne avecCarrefour. Les anciens bâtiments de la maison Halley sont devenus le pôle technique du lycée professionnel Cachin, avenue Aristide-Briand.
Cette section doit êtreactualisée.(juillet 2019) Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en.
L'économie cherbourgeoise tire de sa position maritime une grande partie de ses activités[112]. Cherbourg dispose en effet dequatre ports : port militaire, port de pêche, port de commerce (trafic passager et marchandise transmanche) et port de plaisance.
Affaibli depuis les années 1990, le port de commerce voit transiter 110 000 camions en provenance ou en direction de l’Irlande et de Grande-Bretagne. Espéré pendant quinze ans, le projetFastship de transport de conteneurs depuisPhiladelphie (États-Unis) par navires ultrarapides est oublié au profit desautoroutes de la mer dans le cadre de l’Ena (Eurocoast Network Association), avecCuxhaven (Allemagne),Ostende (Belgique),Rosslare (Irlande) etFerrol (Espagne), sans plus d'effet pour le moment[108].
Ces dernières années, le trafic transmanche passagers a décliné, concurrencé par leCaen-Ouistreham et lePas-de-Calais. Le retrait de la compagnie P&O, qui desservait Poole et Southampton, a laissé à deux compagnies les liaisons transmanche :Brittany Ferries versPortsmouth etPoole etIrish Ferries versRosslare (Irlande). Sur les onze premiers mois de 2007, par rapport à la même période de 2006, le trafic passagers a baissé de 3,84 % à 750 000 unités, tandis que le fret a perdu 4,43 % points avec 87 000 camions débarqués, alors qu'en 1995, le port comptait1,7 million de passagers et 138 000 camions[113].
La filière pêche est touchée par la crise qui affecte l’ensemble du secteur, et le port voit sa flottille diminuer[108].
Cherbourg est le premier port de plaisance français en nombre de visiteurs, soit en 2007, 10 117 bateaux pour 28 713 nuitées en 2007, et des retombées totales évaluées à4 millions d'euros sur l'agglomération cherbourgeoise[115].
Tradition de l’industrie locale, la construction navale repose sur les deux piliers que sont laNaval Group Cherbourg pour lessous-marins et lesConstructions mécaniques de Normandie (CMN), célèbres pour leurs vedettes rapides. Ce secteur s'est largement restructuré au cours des vingt dernières années. L’arsenal militaire a vu le terme de la construction des sous-marins de typeRedoutable et a élargi sa clientèle, jusqu’alors exclusivement la Marine nationale, avant d’être privatisé en 2007. Avec les sous-marins DieselAgosta, élaborés depuis 1994 pour lePakistan, et leScorpène, en collaboration avec les chantiers deCarthagène, vendus à laMalaisie, leChili et l’Inde, 25 % du chiffre d’affaires de l’établissement est d’origine étrangère. Des partenariats avec le Pakistan et l’Inde sont conclus pour que la construction se fasse à terme chez eux. Les CMN, qui employaient 1 200 personnes au début des années 1980, se sont modernisées et automatisées, et comptent désormais500 salariés. L’entreprise s'est diversifiée dans les grands yachts de luxe, sans abandonner pour autant le marché militaire, et a signé notamment des contrats avec les Émirats arabes unis et le Qatar grâce à l’homme d’affaires franco-libanaisIskandar Safa, propriétaire depuis 1992[112].
Multicoque Banque populaire, construit par les chantiersJMV Industries.
Alors que ces deux entreprises à vocation militaire ont connu des baisses de charges importantes (le nombre d’emplois à l’arsenal est passé de 6 000, dont 1 000 en sous-traitance en 1988, à 2 600, dont500 sous-traitants), des sociétés se sont positionnées sur la filière du nautisme. Ainsi,JMV Industries, filiale de CMN de100 salariés, construit des voiliers de course. Initialement hébergé chez CMN pour construire des coques en aluminium aménagées par James Ébénistes (Saint-Laurent-de-Cuves), Allures Yachting s'est spécialisé dans les voiliers de croisière. Les chantiers Allais, de Dieppe, ont implanté une filiale, ICAN, consacrée aux bateaux civils et de plaisance[112].
Un maillage de sous-traitants et spécialistes s'est constitué autour de ce pôle, à travers Ameris France (créé en 1994 sous le nom de Cap 50 export, spécialisé dans la recherche et l’approvisionnement depièces de rechange pour navires et avions militaires), le groupe Efinor (fondé en 1988, spécialisé dans la métallurgie, le démantèlement nucléaire et l’ingénierie), MPH (aide à la maîtrise de projet,140 employés)… ÀSaint-Vaast-la-Hougue, Facnor est devenu le spécialiste mondial des enrouleurs de voile[116].
LaMarine nationale emploie près de 3 000 fonctionnaires dans l’agglomération, en particulier dans le cadre de l’administration (préfecture maritime), de la sécurité maritime (douanes, CROSS, Abeille…), du soutien logistique des forces navales françaises et étrangères de passage, et de la formation[117].
La métallurgie a longtemps représenté une grande source d'emploi dans l'agglomération. Autour de l'arsenal et de seschaudronniers, se sont constituées à partir des années 1900 plusieurs industries de travail du métal et de mécanique. C'est le cas de l'entreprise doyenne de la ville, Simon frères, fondée en 1856, passée d'atelier de mécanique à fabricant de machines agricoles à vapeur puis agroalimentaires en un demi-siècle. Fabriquant des canons en 1870 et 1939, l'entreprise devient leader mondial pour lesbarattes et malaxeurs pour beurre industriel. De même, le fabricant dechaudières Babcock s'implante à Cherbourg dans l'entre-deux-guerres et ne ferme ses portes qu'après un long conflit social, en 1979. Plus tard, dans les années 1973, l'UIE débauche à prix d'or les ouvriers de l'arsenal pour la construction desplates-formes pétrolières, mais ferme en 1985[72].
L'industrie agro-alimentaire, essentielle en Basse-Normandie, n'est pas absente du bassin d’emploi. Une ferme aquacole élève des saumons dans la rade, les abattoirs traitent le bétail d’élevage du Nord-Cotentin, et plusieurs entreprises de transformation existent. Les établissements Simon Frères (50 salariés) proposent depuis plus d’un siècle des équipements pour l’industrie cidricole et laitière.
Alcatel disposait de deux unités dans les années 1980, l’une à Cherbourg, puis Tourlaville (anciennement Thomson CSF), l’autre à Querqueville (Alcatel CIT). Toutes deux considérées comme fleurons du groupe, spécialisées respectivement dans les faisceaux hertziens et les centraux téléphoniques électroniques. Mais Alcatel décide de fermer, en 1997, l’usine de Querqueville dont Cofidur reprend une partie des activités avec une centaine de salariés. En 2002, elle se déleste également de l’unité de Tourlaville au profit deSanmina-SCI, qui délocalise sa production six années plus tard. Cofidur reprend l’activité service après-vente d’Alcatel, soit 5 % de l’activité initiale, et quelques dizaines de salariés[118].
Socoval, fabricant de vêtements masculins du groupe italien Cantoni, dernière usine textile du Cotentin, emploie une centaine de salariés, depuis le plan social de 2001, qui s'est traduit par la perte d'une quarantaine de postes.
Les partenaires économiques misent désormais sur la « maîtrise d’ambiance », c'est-à-dire la maîtrise des contaminations des procédés industriels, à travers letechnopôle de Cherbourg-Normandie créé en 2001. Fort de l’expérience de travail en milieu à risque nucléaire, il veut transférer ces compétences aux industries agroalimentaires, électroniques et pharmaceutiques. Deux formations ont été conçues à cet effet : unBTS en maintenance nucléaire au lycée Tocqueville et unDESS de maîtrise d’ambiance à l’école d'ingénieurs de Cherbourg[119].
La communauté urbaine, principal pôle commercial du Cotentin, dispose de quatrehypermarchés (26 780 m2)[19] — dont un, de l’enseigne Carrefour (260 employés), implanté sur le territoire cherbourgeois, représente le troisième employeur privé de la commune — et de plusieurs grandes surfaces spécialisées. Le commerce emploie près de 1 400 personnes dans le centre-ville[119], mais la baisse du trafic transmanche a provoqué un gros manque à gagner, accentué par la fragilité économique locale[108].
Si le centre-ville cherbourgeois est bien le pôle commercial principal de l’agglomération, avec340 établissements, on constate néanmoins que sa domination est moindre dans la communauté urbaine, que Caen vis-à-vis de son agglomération. En effet, Cherbourg concentre 35 % des activités commerciales et 45 % du commerce de détail de l’agglomération, contre 40 % et 55 % pour le centre caennais, et particulièrement deux tiers des magasins d’équipements de la personne contre 90 % dans la capitale bas-normande. Enseignes d’alimentation, d’équipement de la maison et d’électroménager quittent le centre pour les pôles commerciaux périphériques. Le nombre d’établissements de restauration rapide a doublé entre 1995 et 2005, tandis que les effectifs de la restauration traditionnelle a stagné[120].
Cherbourg-Octeville, plus grosse ville du département, est le principal pôle administratif et de services pour leCotentin. La santé est un important pourvoyeur d’emplois avec lecentre hospitalier Pasteur (470 lits, deuxième établissement bas-normand, fusionné depuis 2006 avec le centre hospitalier de Valognes) et la Polyclinique du Cotentin. Il en va de même pour le secteur éducatif avec quatre lycées publics et quatre privés, un lycée maritime et aquacole, un pôle universitaire et plusieurs écoles d’études supérieures. Les antennes des entreprises publiques y sont également implantées (EDF,120 agents et la SNCF,50 agents). L’emploi public représente une part importante avec, en plus de l’hôpital et des établissements scolaires, les effectifs communaux et communautaires[119].
Des entreprises de services aux entreprises sont également présentes dans l’informatique (Euriware,85 salariés), la propreté (Onet,240 salariés, et Sin&Stes,100 salariés) et la publicité (Adrexo,50 employés).
Les emplois du secteur de la construction se répartissent entre Faucillion (80 salariés),Eiffage (75) etColas (60).
Depuis son ouverture, laCité de la Mer est la locomotive touristique du Nord-Cotentin. Le terminal croisières attire également chaque année des paquebots. Le port de plaisance de 1 500 places est le premier port d’escale français (11 000 par an). La capacité d’accueil de la ville était au de15 hôtels et429 chambres. Le casino, propriété du groupeCogit est le109e en France, avec un chiffre d’affaires de 6,7 M€[119].
Cherbourg-Octeville appartient depuis 1971 à lacommunauté urbaine de Cherbourg, présidée depuis 2012 par André Rouxel, maire de Tourlaville, à qui la commune délègue les transports urbains, l’aménagement de l’espace et du cadre de vie, l’environnement et les stratégies de développement (enseignement supérieur, recherche, grands projets structurants, Cité de la Mer).
Les codes postaux antérieurs à la fusion de 2000 ont été conservés : 50130 pour les adresses de l’ancien territoire d’Octeville, 50100 pour celles de Cherbourg.
Cherbourg est historiquement, avec l’arsenal et le port, le principal foyer ouvrier et syndical de la Manche. Toutefois, les travailleurs cherbourgeois ne penchent ni vers les mouvements radicaux ou révolutionnaires, ni vers lesyndicalisme jaune, préférant traditionnellement les tendances réformistes. Ces choix se traduisent politiquement par un fort ancrage de centre-gauche, dominé par les radicaux-socialistes et socialistes indépendants, avant que ne s'imposent laSFIO et leParti socialiste[122]. Depuis la Libération, à l’exception d’une parenthèse gaulliste de 18 ans avecJacques Hébert à la suite du décès deRené Schmitt, la ville de Cherbourg vote en faveur des socialistes. De même, la droite n'a conquis la mairie d’Octeville en 1989, pour un mandat, qu'en raison de la division de la gauche. Depuis le redécoupage de la circonscription de Cherbourg en 1986, couvrant population urbaine de l’agglomération et rurale ducanton de Saint-Pierre-Église, l’alternance gauche-droite est la règle à chaque élection législative.
Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours
élections de 2012[126] (54,48 % de participation), candidats ayant rassemblé plus de 5 % des suffrages : 56,57 % pourBernard Cazeneuve (PS, élu), 39,23 % David Margueritte (UMP), 8,80 % pour Jean-Jacques Noël (FN), 5,55 % pour Ralph Lejamtel (EÉLV).
élections de 1998[138] : canton Cherbourg Sud-est 65,76 % pour Michel Louiset, 34,24 % pour Ponthou, 41,5 % de participation.
Élections municipales
élections de 2014[139] : 39,19 % pour Jean-Michel Houllegatte (PS), 34,06 % pour David Margueritte (UMP), 15,56 % pour Jean Levallois (divers droite), 11,17 % pour Ralph Lejamtel (Front de gauche), 52,28 % de participation.
Lors de la fusion des conseils municipaux de Cherbourg et d'Octeville le,Jean-Pierre Godefroy (PS), maire de Cherbourg, prend la tête de la nouvelle administration, etBernard Cazeneuve (PS), maire d'Octeville, devient le premier adjoint. Bernard Cazeneuve est élu maire de Cherbourg-Octeville auxmunicipales de 2001, et réélu en mars 2008 avec 66,82 % des voix. Nommé ministre délégué aux Affaires européennes en mai 2012, il cède sa place à Jean-Michel Houllegatte le mois suivant. Ce dernier est réélu à la suite de la victoire de sa liste avec 51.81 % au deuxième tour desélections de mars 2014.
Leconseil municipal était composé de trente-neuf membres dont le maire et onze adjoints[149]. Trente conseillers représentent une majorité de gauche, neuf représentent l'opposition[149]. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de Cherbourg-en-Cotentin le jusqu'en 2020 et Jean-Michel Houllegatte devient maire délégué.
Le budget primitif principal s'élevait pour 2007 à 73 994 364 €, répartis entre la section fonctionnement (54 126 712 €) et la section investissement (19 867 652 €)[150]. Les charges de personnel dépassent la moitié (60 %) des dépenses de fonctionnement. La quasi-totalité des ressources est alimentée par les dotations (49 %) et la fiscalité (44 %)[151]. Sur les sept budgets du mandat municipal (2001-2007), ce budget a globalement augmenté de 22 % (43 % pour les investissements, 15 % pour le fonctionnement)[152].
Le budget d’investissement est inclus dans le programme pluriannuel « Unir la Ville » (2003-2007), présenté en décembre 2002 parBernard Cazeneuve ; il vise une transformation de la ville nouvellement fusionnée à travers le réaménagement de la piscine et du port Chantereyne, l’aménagement de la zone des bassins et le comblement du canal de retenue, la construction de l’école de voile[153]… Il est principalement financé par l’emprunt, accentuant l’endettement de la ville (les charges ayant été multipliées par deux tiers entre 2002 et 2007), inférieur à la moyenne par habitant de la strate[154].
Louis XVI supprime la vicomté de Cherbourg par édit en novembre 1771, et transfère les droits de justice au bailliage de Valognes[156]. En 1785, unesubdélégation est créée, toutefois plus restreinte que la vicomté, couvrant essentiellement la Hague, jusqu’à Héauville et Helleville inclus, ainsi que Tourlaville, Bretteville, Digosville et Martinvast, et toujours sous la dépendance de la circonscription de Valognes.
Cherbourg devient chef-lieu de district en, siège d’une justice de paix et d’un tribunal civil et criminel. Sous le Directoire, ils sont remplacés par un tribunal de simple police, réuni à la justice de paix, et par un tribunal de police correctionnelle. Le tribunal correctionnel ferme après que la loi du eut fait de Cherbourg un chef-lieu de canton de l’arrondissement de Valognes. Après sa venue dans la ville,Napoléon Ier instaure untribunal de première instance par le décret du[157].
La ville est aujourd'hui l’un des trois pôles judiciaires principaux de la Manche, avecCoutances etAvranches. Elle accueille untribunal de grande instance (arrondissement de Cherbourg), untribunal d'instance (cantons de Beaumont-Hague, Cherbourg-Octeville-Nord-Ouest, Cherbourg-Octeville-Sud-Est, Équeurdreville-Hainneville, Cherbourg-Octeville-Sud-Ouest, Les Pieux, Saint-Pierre-Église et Tourlaville), unConseil de prud'hommes et untribunal de commerce. Unemaison d'arrêt est située en centre-ville, derrière les bâtiments du tribunal. À la suite de la réforme de la Justice présentée en 2007 par Rachida Dati, les compétences du tribunal de Valognes seront intégrées à celles de Cherbourg.
Institut national des sciences et techniques atomiques
8
Total
2634
L'École d’ingénieurs de Cherbourg, sur le Pôle universitaire.
DeuxZEP ont été définies, l’une sur le territoire cherbourgeois, le quartier de Maupas, l’autre à cheval sur Cherbourg et Octeville, lequartier prioritaire des Provinces.
le lycée Alexis-de-Tocqueville (1 480 élèves : filière générale, technique, professionnelle et enseignement supérieur -BTS-) ;
le lycée professionnel privé Ingénieur-Cachin (320 élèves) ;
le lycée privé Thomas-Hélye, regroupant le lycée privé Sainte-Chantal et le lycée technologique La Bucaille (1 005 élèves, filières générale et technique) ;
le lycée maritime et aquacole (capacité168 lycéens depuis la création des baccalauréats professionnels maritimes en3 ans / centre de formation professionnel maritime continue). Devenu le, lycée professionnel maritime et aquacole (LPMA)Daniel Rigolet.
Le pôle universitaire, installé sur les hauteurs d’Octeville, concentre l’école d'ingénieurs de Cherbourg, l’IUT Cherbourg-Manche (qui accueille environ 1 000 étudiants en formation continue ou initiale à travers quatre départements DUT, quatre licences pro, un DU, un DECF et un DAEU), ainsi que deux antennes de l’université de Caen (UFR de sciences et UFR des langues vivantes étrangères). L’hôpital Pasteur abrite l’institut de formation en soins infirmiers de Cherbourg-Octeville. Un des 4 Campus FIM CCI Formation Normandie, service de formation de CCI Ouest Normandie gère l’école du commerce et de la distribution(formations Bac+2 et Bachelor Bac+3 spécialisé dans la distribution et l'entrepreneuriat) des formations du Bac au Master en Gestion Finance et Organisation, mais aussi des formations en industrie et Tourisme Hôtellerie Restauration du CAP au Bac+2.FIM Campus Cherbourg est aussi un CFA-Centre de Formation d'Apprentis.
La première course detrot organisée en Normandie s'est déroulée à Cherbourg en septembre 1836 sur la plage (disparue) le long du boulevard maritime, à l’initiative de l’officier de harasÉphrem Houël. Les courses s'installent en 1931 sur l’hippodrome de la Lande Saint-Gabriel, œuvre deRené Levavasseur, à Tourlaville et à l’hippodrome de La Glacerie à partir de 1990[160].
L'Association sportive Amont-Quentin, qui présentait jusqu'en juin 2013[163] deux équipes en district, a dû cesser ses activités. L'Octeville Hague Sport qui faisait évoluer deux équipes en 2013-2014 n'a pu présenter aucune équipe pour la saison 2014-2015[164]. L'Association sportive de l'Arsenal maritime de Cherbourg qui présentait deux équipes en district en 2015-2016[165] n'est plus actif en 2016-20170.
Cyclisme : Cherbourg a été seize fois ville-étape comme arrivée duTour de France : 1911 à 1914 (quatre années consécutives), de 1919 à 1929 (onze années consécutives), et enfin en 1986. Cherbourg a été ville départ en 1994. Ladeuxième étape duTour de France 2016 se terminera à Cherbourg[166].
Tennis : leChallenger La Manche est un tournoi professionnel (50 000 dollars + hébergement) depuis 1994.
Hockey sur glace : NC'HOP(Nord Cotentin HOckey Plus). L’équipe a succédé au CHOC, qui évoluait endivision 1 jusqu’à son dépôt de bilan en 1996. Le NC'HOP a quitté lui aussi la compétition en 2010.
Basket : l'équipe masculine de l'AS Cherbourg évolue ennationale 2 et l'équipe féminine en prénational.
Handball : laJeunesse sportive de Cherbourg fait évoluer une équipe masculine enPro D2 et une équipe féminine enNationale 3 (entente avecTourlaville). Le club a aussi mis en place une formation structurée pour les jeunes autour d'un partenariat avec les collèges de la ville à partir de la saison 2009/2010.
Cherbourg-Octeville dispose de deux établissements hospitaliers :
Façade principale du centre hospitalier Pasteur.
le centre hospitalier Pasteur, public, deuxième établissement bas-normand avec711 lits et places[167]. Avec un projet médical commun depuis 2001 et une direction commune depuis 2003, le centre Pasteur et le centre hospitalier de Valognes ont fusionné en 2006 au sein duCentre hospitalier public du Cotentin (2 000 agents, plus de 1 000 lits, et un budget 2005 de133 millions d’euros[168]) ;
Sur le territoire d’Octeville sont implantés la résidence médicalisée pour personnes âgées du Gros Hêtre (antenne du centre hospitalier public du Cotentin), et, depuis 1999, le centre de santé communautaire Jean-Brüder.
En 1859, à la suite de la visite impériale, l’État avait décidé la construction d’unhôpital maritime d’un millier de lits pour accueillir les troupes en garnison. Inauguré le, il fut rebaptisé René-Le-Bas, du nom du premier médecin rallié aux Forces navales libres et mort en 1942 à bord du sous-marinSurcouf. Il a été fermé en 2002 et réhabilité en campus universitaire.
Deux sites de diffusion TNT sont recevables sur l'agglomération[176] : le sitele hameau Giot àDigosville, qui couvre aussi une bonne partie de laManche en plus de Cherbourg-Octeville, et le siteCherbourg-Octeville - Agglomération qui dispose de deux émetteurs : l'un sur le château d'eau de la ZUP d'Octeville (il émet lemutliplex R1 et appartient à l'opérateurTDF), l'autre sur l'Immeuble Bélier au 12 rue de Brie (il émet les5 autres multiplexes et appartient à l'opérateurTowercast).
Rattaché audiocèse de Coutances-Avranches, le doyenné de Cherbourg couvrait jusqu'au, le territoire de la communauté urbaine ainsi que les communes limitrophesTonneville,Urville-Nacqueville, et celles descommunautés de communes de la Saire etde Douve et Divette. À cette date, il est fusionné au doyenné de la Hague, pour devenir ledoyenné de Cherbourg-Hague, ajoutant dès lors les paroisses couvrant la commune nouvelle de la Hague et la communauté de communes des Pieux. La paroisse Jean-XXIII unit Cherbourg et La Glacerie, avec les églises cherbourgeoises de la Trinité (longtemps seule église paroissiale), de Notre-Dame-du-Roule, de Notre-Dame-du-Vœu, Saint-Jean-des-Carrières et Saint-Clément. La paroisse Saint-Sauveur d’Octeville, qui couvre égalementNouainville dispose de trois lieux sur la commune : Saint-Martin, l’historique, Saint-Pierre-Saint-Paul, aux Provinces, et la chapelle Saint-Barthélémy[177].
Les protestants disposent d’un temple protestant de l’Église réformée, avenue Delaville (depuis 1835, rebâti à la suite de la guerre en 1964), et d’uneÉglise évangélique pentecôtiste, rue de Sennecey, affiliée auxAssemblées de Dieu. L’Église évangélique baptiste, rue des Métiers, est également présente depuis 1985 dans l’agglomération et est actuellement située à Tourlaville.
Cherbourg et Octeville ont connu deux principales vagues d’immigration de population musulmane, à la fin desannées 1950 et au cours desannées 1960, après l’érection des quartiers de l’Amont-Quentin, des Provinces et du Maupas, puis dans lesannées 1980, lors des grands chantiers de construction de l’usine de retraitement de la Hague et de lacentrale nucléaire de Flamanville. La communauté musulmane a alors ouvert trois mosquées (la mosquée Omar à Octeville, la mosquée de la Gare, avenue de Normandie, puis la mosquée turque, boulevard de l’Atlantique).
Le théâtre.La gare transatlantique.Bassin du Commerce, lors de laTall Ships' Race 2005.Le pavillon central de l’hôtel Atlantique.
Le théâtre est l’un des derniersthéâtres à l’italienne construits en France (1880)[40], et figure parmi les plus intéressants théâtres de province construit dans la seconde moitié duXIXe siècle avec leGrand Théâtre de Genève et lethéâtre des Célestins de Lyon. Inauguré en 1882, il a été édifié sur les plans de l'architecteCharles de Lalande, à l’emplacement des halles à grain. La façade rend hommage àMolière,Boïeldieu etCorneille. Elle est classée monument historique depuis 1984 avec ses deux retours latéraux et les toitures correspondantes ; sont également classés le vestibule, le grand escalier, la salle et le foyer, ainsi que les13 décors originaux[179]. Le plafond est l’œuvre deGeorges Clairin et est composé de quatre sujets : la comédie, la musique, le drame et la danse. Avec trois galeries, il accueille jusqu'à600 spectateurs et la configuration de la salle reflétait la hiérarchie sociale de l'époque[180]. Le théâtre de Cherbourg, avec le théâtre de la Butte à Octeville et le Vox forment un ensemble de trois salles de spectacle nomméLe Trident.
La fontaine Mouchel, du nom du mécène et directeur du journalLe Phare de la Manche, s'élève au centre de la place Général-de-Gaulle. Fontaine monumentale en fonte, elle a été créée par Louis Eugène Gutelle en 1895.
L’hôtel Epron-de-la-Horie (du nom du vice-amiral et ministre de la marineJacques Epron de la Horie, propriétaire sous le Premier Empire) ou de l’ancienne douane est situé à l’angle de la rue du Val-de-Saire et du quai de l’Ancien-Arsenal. Construit en 1781[181] enschiste (couverture et corps de bâtiment) et briques rouges (encadrement des fenêtres) par Jacques-Martin Maurice, « entrepreneur des ouvrages du Roi » qui tenait une briqueterie à Cherbourg, il est inscrit aux monuments historiques depuis le[182]. Successivement caserne des Suisses, hôpital auxiliaire des travaux de la rade, demeure des armateurs Richer, Cousin, Despréaux, Lias auXIXe siècle et hôtel des douanes durant l’Entre-deux-guerres, il abrite aujourd'hui le siège de laCaisse d’épargne[80].
Les halles, place Centrale, datées de 1870[184]. Le palais de justice, la Cour-Marie, et l'immeuble du Crédit lyonnais datent du milieu duXIXe siècle[184].
L’ancienne gare maritime est le plus grand monument français d’Art déco. Construite parRené Levavasseur à partir de 1928 et inaugurée en 1933 par le présidentLebrun, elle pouvait accueillir deux paquebots simultanément. Inscrite au titre demonument historique en 1989 et 2000, elle a été réaménagée pour devenir en 2002 un complexe océanographique, laCité de la Mer, au sein duquel se visite leSNLEle Redoutable, et accueillir depuis décembre 2006, un terminal croisières[186]. La nouvelle gare maritime transmanche, œuvre de l'architecte Claude Faucillon, à la forme d'une coque de navire renversée et couverte de cuivre comme l'ancienne[187].
Les statues de Thémis et Minerve, déesses romaines de la Justice et de la Guerre, deHoudon etRoland qui étaient entreposées dans la cour duPalais Bourbon depuis leur remplacement sur le frontispice de la Chambre des députés par des moulages lors de la rénovation de la façade, sont offertes à la ville en juin 1989, par le truchement d’Olivier Stirn, ministre du Tourisme, et président de la communauté urbaine de Cherbourg. Après restauration parPierre Bataille[Qui ?], elles sont placées en 1990 et 1993 chacune sur un rond-point, laMinerve de Philippe-Laurent Roland, près de laCité de la Mer, laThémis de Jean-Antoine Houdon, au pied de la Montagne du Roule. Sculptées vers 1810, elles sont classées monuments historiques depuis juin 1990[189].
L’hôpital maritime, ancien centre hospitalier régional des Armées René-Le-Bas, construit sur décision deNapoléon III et inauguré le, a été désaffecté en 2000 et réhabilité en pôle universitaire et culturel en 2002. Les bâtiments destyle Napoléon III sont entourés d’un grand parc.
Les quais et le port Chantereyne s'animent régulièrement de nombreuses manifestations temporaires : escales de paquebots prestigieux (Queen Elizabeth 2,Queen Mary 2, etc.), armada, courses à la voile… Les quais ont été aménagés en 1994 avec les éclairages deYann Kersalé. Le port de plaisance, premier port d’escale français, s'étend au-delà de la « plage verte », ancienne plage réaménagée en pelouse après la création du port. Les équipements de plaisance et de loisirs y sont implantés (piscine, patinoire, bowling, services aux plaisanciers…). Dans le bassin du commerce mouille leJacques-Louise, dernier chalutier en bois construit aux chantiers navals Bellot de Cherbourg en 1959, ancienRuban bleu cherbourgeois, désarmé en 1991, inscrit en 1996, puis classé monument historique en 1999. Chalutier en bois de chêne de l’Orne, conçu pour la pêche latérale au large, il est ouvert au public depuis l’été 2004[190].
Lastatue équestre de NapoléonIer se trouve face à la basilique, sur la place Napoléon. Œuvre d’Armand Le Véel, elle représente l’empereur contemplant larade et leport militaire. Sur le socle, on peut lire un extrait duMémorial de Sainte-Hélène, daté du : « J'avais résolu de renouveler à Cherbourg les merveilles de l’Égypte », c'est-à-dire une pyramide avec le fort central et un nouveaulac Moéris pour l’avant-port creusé dans le roc. La statue érigée en 1858, à l’occasion de la visite deNapoléon III, rappelle l’importance de l’empereur dans l’expansion de Cherbourg. Autour de ce monument emblématique de la ville, inscrit en août 2006 puis classémonument historique le, s'étend la Plage verte, ancienne plage artificielle jusqu’à l’après-guerre, qui longe le port de plaisance[191].
Le monument duduc de Berry, place de la République, commémore le débarquement du fils du futurCharles X, de retour en France sur la frégate britannique l’Eurotas le, après la chute de l’Empire. Achevée en 1816, il est formé d’un obélisque de vingt-cinq pieds en granit rose de Flamanville, surmontant une fontaine de granit gris, où quatre têtes de lions en bronze crachent l’eau dans un bassin creusé dans le même bloc[80].
Le buste ducolonel de Bricqueville, sur le quai de Caligny, a été inauguré le en hommage au colonel des dragons impériaux et député bonapartiste de Cherbourg mort en 1844. Ce buste en Hermès[192] d’1,45 mètre est un bronze deDavid d'Angers posé sur une colonne de4 mètres en granit de l’architecte Lemelle, sur laquelle on peut lire le nom de quatre batailles où Bricqueville s'est illustré :Wagram,Krasnoï,Anvers etVersailles. Deux reliefs de bronze évoquant le militaire (un sabre) et le parlementaire (une tribune), ont été fondus par les Allemands en 1944. Le monument est inscrit auxmonuments historiques depuis août 2006[193].
La statue deJean-François Millet, inaugurée dans lejardin public le, pour le centenaire de la Première République, honore le « peintre des paysans », élève au musée de Cherbourg. Financée par une souscription lancée par la municipalité en 1886 reprise par les milieux parisiens, la réalisation du buste enmarbre (1,05 mètre de haut) est confiée àHenri Chapu ; à sa mort, elle est achevée par son élèveJean-Ernest Bouteiller qui lui adjoint le groupe allégorique en bronze (2,95 mètres de haut) d’une paysanne portant sa fille dans les bras et déposant des fleurs des champs sur le buste, appuyée sur le piédestal et sur des rochers en granit (4,45 mètres de haut,2,55 mètres de large,2,6 mètres de profondeur). Le monument est inscrit depuis août 2006[193].
Le monument aux morts du sous-marinSurcouf, inauguré au bout de la jetée du port de plaisance le par le général de Gaulle, commémore le souvenir des130 marins du sous-marin desForces navales françaises libres, construit à Cherbourg et coulé le dans le Pacifique[194].
Le Mémorial des martyrs de la Résistance, situé place de la République, avec les noms de Roger Anne (1925-1942), Maurice Truffault (1922-1942) et Gilbert Védy (1902-1944) cités au noms de tous les résistants cherbourgeois[40].
Lefort de l’Île Pelée, élément défensif de l’est de la digue, conçu par Ricard et Decaux a été construit entre 1777 et 1784. Nomméfort Royal,fort National,fort Impérial, avant de prendre le nom de l’île sur lequel il a été construit, il servit de prison durant la Révolution.
L’église Notre-Dame du Roule (XIXe siècle)[40], rue Michel Legoupil, a été bâtie au pied de la montagne du Roule entre 1832 et 1842 sous l’impulsion du « poète-barbier » Michel Legoupil et par la souscription des fidèles de ce quartier périphérique du Roule qui croît, comme les quartiers du Vœu et de la Polle.
L’église Notre-Dame-du-Vœu (XIXe – XXe siècles)[40], rue Notre-Dame du Vœu. La première pierre fut posée sur souscription des paroissiens et selon lestyle néo-roman en raison de la faiblesse des ressources. Elle est érigée sur un herbage, dit « les briques », offert parM. de Virandeville à l'architecte François Geuffroy (1823-1874)[197],[Note 8]. En 1855, la municipalité complète lanef inaugurée en 1852 par untransept et un chœur plus ouvragés, et en 1862 par la façade et les deux clochers. Ouvrage de61,5 mètres de long, l’église abrite un grand orgue de Duputel (1885), classé monument historique depuis 1990 et des vitraux de 1834, 1858-1860 et 1949-1958[198]. Pour cette église, le compositeurJoseph Noyon a composé une messe, diteMesse de Notre-Dame du Vœu, à deux voix égales avec accompagnement d’orgue, dédiée à l’abbé Adam, curé de la paroisse[199].Napoléon III et l'impératriceEugénie, à la suite de l'inauguration de laligne de chemin de fer Paris-Cherbourg, y entendirent la messe le[200].
L’église Saint-Clément (XIXe siècle)[40], rue du Val de Saire, a été édifiée au sein du quartier du Val-de-Saire, face à l’hôpital Pasteur, entre et 1856 par l’architecte de la ville Geufroy qui s'inspira de la basilique chrétienne duVe siècle[201]. Longue de52 mètres, elle est d’inspiration gréco-romaine, avec un porche aufronton triangulaire supporté par quatre colonnes àchapiteauxdoriques. Elle abrite lesautels de la Vierge (1863) de François Fréret et de Saint-Clément (1864) de Louis-Victor Fréret, rachetés à la basilique Sainte-Trinité en 1846, un orgue (1881), la peinture des douzeapôtres (1935) de Rocher de Césigné et des vitraux (1953) deMauméjean[202].
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, avenue de Normandie, sur le secteur d’Octeville, a été construite entre 1967 et 1969 alors que le « grand ensemble » des Provinces voyait le jour. L’architecture moderne triangulaire et irrégulière dePaul Vimond symbolise « la tente de Dieu au milieu des maisons des hommes », un art sacré inspiré par leconcile Vatican 2 (1962-1965)[203]. Une autre église a été construite sur Octeville dans ces années : l’église Sainte-Marie-Madeleine-Postel, rue de la Polle, ouverte en 1966 dans le quartier des Fourches et désaffectée en 1990.
L'église Saint-Jean des Carrières (XXe siècle)[40], rue du Caporal-Maupas, la chapelle Notre-Dame des Armées, rue de l'Abbaye, la chapelle de la Bucaille, rue de la Polle, la chapelle de la rue de la Bucaille, la chapelle de l'école-collège Saint-Paul, rue de l'Amiral-Courbet et la chapelle Barthélemy Picqueray, rue Picqueray.
La chapelle de la Bucaille, destyle néogothique, commencée en 1840, comprend unenef unique. À l'intérieur, unautel enpierre de Caen richement sculpté. Les vitraux ont été réalisés parAntoine Lusson, maître-verrier lauréat du concours de restauration des vitraux de laSainte-Chapelle de Paris[201].
Pourtant, Cherbourg demeure une base de premier ordre de laMarine nationale, comme siège de laPréfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord et du groupement de Gendarmerie maritime de la Manche. La base navale est le port d’attache de cinq patrouilleurs de la marine nationale et de la gendarmerie maritime, du groupe des plongeurs démineurs de la Manche et de son bâtiment-base leVulcain, du remorqueurAbeille Liberté et de divers bâtiments de soutien. Elle est aussi le siège de la Formation opérationnelle de surveillance et d’information territoriale de Cherbourg (FOSIT Cherbourg) qui regroupe les treize sémaphores et la vigie de l’arrondissement maritime. De plus, un hélicoptèreDauphin de la Flottille35 F est stationné sur l’Aéroport de Cherbourg - Maupertus. Le fonctionnement du port militaire est à la charge des directions du commissariat de la marine, des travaux maritimes et des systèmes d’information de la Marine, ainsi que de l’Antenne du service de Soutien de la flotte et de l’Atelier militaire de la Flotte de Cherbourg[207].
Cherbourg est aussi un pôle de formation des armées par le truchement de l’école des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA), chargée de l’enseignement interarmées des spécialistes militaires en matière de sciences, de techniques et de sécurité nucléaires et de l’école des fourriers deQuerqueville, consacrée à l’instruction des personnels des trois forces armées aux métiers de l’administration, de la gestion des ressources humaines et de la restauration, à la formation des spécialistes de la restauration de la gendarmerie nationale et du personnel des foyers de la marine.
Les propositions de réformes sur l’organisation et la répartition de l’armée française, présentées au printemps 2008 dans lelivre blanc sur la Défense et prévues dans le cadre de laRevue générale des politiques publiques, suscitent l’inquiétude du personnel civil de la Défense de la ville, notamment concernant laconstruction des sous-marins. Selon les projets, Cherbourg-Octeville deviendra l’une des90 bases de défense vers 2010. Dans le cadre d’une mutualisation des moyens et de la constitution d’un service de soutien aux armées, la ville conserverait les activités militaires et civiles, et accueillerait de nouveaux régiments pour l’armée de terre et de l’armée de l’air afin de constituer l’une des plus grosses bases de défense[208]. Toutefois, la Marine à Cherbourg-Octeville devrait perdre220 emplois, notamment civils, à travers notamment la division de moitié des effectifs de la direction des travaux maritimes, la suppression de30 postes dont5 civils à l'école des Fourriers et l'École atomique, la perte de27 postes dont14 civils à la direction des systèmes d'information, et le désarmement des remorqueursVulcain,Acharné,Coralline etÉlan. Les commandes nationales pour Naval Group pourraient être étalées sur plusieurs années, réduisant là aussi les besoins humains, notamment chez les sous-traitants[209].
Les travaux de la digue et du port militaire ont amené à Cherbourg de nombreux soldats et ingénieurs, pour lesquels cette étape a souvent constitué un moment important de leur carrière. Ainsi,Charles François Dumouriez (1739-1823), gouverneur de Cherbourg qui a été chargé des premiers travaux, à l’aube de la Révolution française,Joseph Cachin (1757-1825), ingénieur affecté parNapoléon Ier à la direction générale des travaux maritimes de Cherbourg en 1804. Pendant vingt ans, il réalise l'amélioration du port de commerce, et le creusement des bassins duport militaire, constituant le Nouvel arsenal.Henri Rieunier (1833-1918) qui a été deux fois major de la marine à Cherbourg (1872/1875) ouLouis-Émile Bertin (1840-1924) qui a vécu à Cherbourg de 1863 à 1879, et repose au cimetière deLa Glacerie.Charles-Eugène Delaunay (1816-1872), directeur de l’Observatoire de Paris, se noie en visitant la rade. Parmi les ingénieurs de laDirection des constructions et armes navales, on note égalementAugustin Louis Cauchy (1789-1857) etMaxime Laubeuf. Déjà sous l’Ancien régime, la sauvegarde du château de Cherbourg est la tâche de personnages illustres du royaume, commePierre des Essarts, lafamille de Matignon etJacques de Callières (?-1697). À l’origine du port militaire,Napoléon Ier (1769-1821), qui visite la ville en 1811, « revient » à Cherbourg en 1840 lors du retour de ses cendres en France, à bord deLa Belle Poule, avant de rejoindre les Invalides.
La création et la diffusion du spectacle vivant sont assurées parLe Trident,scène nationale regroupant le théâtre à l’italienne, le Théâtre d’Octeville et le Vox. Le théâtre amateur est célébré par les rencontresLes Téméraires.
La vocation prioritaire du Centre régional des arts du cirque (CRAC) deLa Brèche, ouvert en, devenu depuisPôle national cirque, est l’accueil en résidence de troupes circassiennes, mais le lieu propose également une programmation pour le public[211]. Le CRAC participe au festival des arts de rue,Charivarue.
En outre, l’offre d’enseignement artistique est riche de l’Institut des métiers du cinéma de Normandie, de l’École supérieure des beaux-arts et de l’École municipale de musique, labellisée conservatoire à rayonnement communal, qui compte800 inscrits.
Après la fermeture de l’Ultrason àÉqueurdreville-Hainneville, unique salle de musiques actuelles du Nord-Cotentin, plusieurs associations se sont regroupées au sein du réseau « La Voix des oreilles » et du lieu « l’Épicentre », dans l’ancien yacht-club quai Lawton-Collins[212], où se déroule le festival La Terra Trema.
Cependant, la ville manque d’une salle de grande capacité, le théâtre ne pouvant accueillir que700 spectateurs. Mais, après l’échec cuisant deCherbourg-Land, ce problème ne peut être résolu qu’à l’échelle du Cotentin[211]. Si la Grande halle de la Cité de la Mer, avec une jauge de plus de 6 000 personnes, a accueilli plusieurs concerts, elle est destinée initialement à l’organisation de foires et de salons. Aujourd'hui, le principal complexe accueillant des concerts d’envergure est l'Espace Cultures de l'Agora d’Équeurdreville-Hainneville.
Octeville a conservé sa fête patronale, la Sainte-Échelle, avec fête foraine et défilés. Cherbourg a vu renaître son carnaval dans les années 1980, héritier de laConfrérie des Conards, semblable à celle deRouen etÉvreux.
La salle Dumoncet accueille depuis 2018 le festival de l'humour leSons of Comedy Club de Cherbourg[213].
Le musée de la Guerre et de la Libération, premier du genre lors de son inauguration parRené Coty le, retrace la vie quotidienne des civils cherbourgeois sous l’Occupation et le déroulement de la Libération du Cotentin, en particulier labataille de Cherbourg. Il est installé dans lefort du Roule, pièce maitresse de la défense de Cherbourg pris par les Américains le.
La Cité de la Mer, consacrée à l’exploration océanographique, est un complexe installé depuis 2002 au sein d’une partie des vestiges de l’anciennegare transatlantique. Elle propose des aquariums géants, une collection d’engins sous-marins, comme ceux de laComex, lebathyscapheArchimède, et leRedoutable, premierSNLE français, construit à Cherbourg, entièrement visitable.
Le Point du jour, centre d’art contemporain unique en France, consacré à la photographie, a été inauguré dans la zone des bassins en novembre 2008[211].
Célestine, duJournal d’une femme de chambre, par Georges Jeanniot,Le Cri de Paris, 18 novembre 1900.
La bibliothèque municipale Jacques-Prévert, fondée en 1831 et ouverte en 1832, conserve la deuxième plus grande collection de la région, après celle de Caen. L’achat de la bibliothèque de l’érudit local Henri-François Duchevreuil, en 1830, complète les 1 855 volumes de la bibliothèque du District, créée au 24 de la rue Tour-Carrée, en application du décret de la Convention du 8 pluviôse an II[214] et composée d'ouvrages essentiellement saisis aux émigrés et déportés[215]. Plusieurs donations ont été effectuées ensuite, notamment un legs de 3 000 ouvrages parAugustin Asselin en 1844 (avec vingt-six incunables et le manuscrit duIXe siècleDe bello iudaico deFlavius Josèphe, qui reste le plus vieux document de la bibliothèque) et un don en 1877 de Jérôme-Frédéric Bignon, maire duRozel et héritier des bibliothécaires du roi. Elle possède également un fonds normand, un fonds ancien consacré à la botanique et un autre au voyage[214]. Installée dans une aile de l’hôtel de ville en 1855, puis au 9 de la rue Thiers (rue Talluau) à partir de 1896, la bibliothèque emménage dans le centre culturel en juin 1981, prenant le nom deJacques Prévert, mort quatre ans plus tôt dans la Hague[215]. La bibliothèque participe également au projetNormannia de bibliothèque numérique normande.
Chaque année sont organisés un réseau des ateliers d’écriture dans l’agglomération, lesMercurielles, et le Festival du livre et de la bande dessinée de jeunesse (depuis 1987).
Le cinéma occupe une place non négligeable dans la vie cherbourgeoise. Plusieurs classiques du cinéma français y ont été tournés, commeLa Marie du port deMarcel Carné avecJean Gabin. En 1981,Claude Miller y situe également l’action deGarde à vue, tourné en studio. Mais le plus emblématique est sans contesteLes Parapluies de Cherbourg deJacques Demy, tourné l’été 1963, qui contribue encore aujourd'hui au renom international de la cité. Bien avant pourtant, au temps de la splendeur des paquebots transatlantiques, Cherbourg était un port d’arrivée, de départ ou de transit pour de nombreuses stars, notammentCharlie Chaplin,Burt Lancaster… La ville a également vu naître le cinéasteJean-Charles Tacchella et l’acteurJean Marais qui habita 6 rue Groult.
LeFestival des cinémas d'Irlande et de Grande-Bretagne, laCinemovida (Festival des cinémas d’Espagne et Amérique latine), et Images d’Outre-Rhin (cinéma allemand), ainsi que Cin'étoiles, projections de films en plein air en juillet, animent la vie culturelle locale.
En 2003, l’école de cinémaEICAR s'est implantée dans les anciens bâtiments de l’hôpital maritime. Après trois années de perte et un passif estimé à1,5 million d’euros, elle a été placée en liquidation judiciaire en septembre 2006 et remplacée le mois suivant, sous l’impulsion d’anciens de ses professeurs, par l’Institut des métiers du cinéma de Normandie (IMC Normandie), qui fermera lui-même ses portes en 2010.
La ville dispose d’un parc de17 salles de cinéma permanentes, réparties sur deux établissements, dont un labelliséArt et essai.
À la suite de l’ouverture dumultiplexeCGR, le retrait de laSoredic, qui exploitait le Club 6 (rue de la Paix) depuis 1983 et l’Odéon (rue Foch) depuis 1991, a entraîné en 2004 la fermeture du premier et la reprise de ce dernier cinéma de centre-ville, labelliséArt et essai, par Fadila Chambelland, ancienne gérante salariée. 90 000 entrées réparties dans cinq salles en 2006.
La façade abîmée de l’ancien café du Grand balcon, devenu ensuite cinéma Le Central, est de style second Empire, avec cariatides et guirlandes de fleurs.
Salle historique exploitée parPathé, située rue de la Paix, l'Omnia a été rachetée dans lesannées 1990 par la municipalité et n'accueille plus que de rares événements. Les fresques intérieures de R. Lecoq, représentantÉole etVulcain, ont été distinguées en 2006 par le label « Patrimoine20e siècle » duministère de la Culture[219].
Plusieurs salles ont disparu, commel’Eldorado (détruit, place de République),l’Eden (rue Cachin), leVox (ancienne salle depatronage devenue seconde salle duTrident), leSaint-Joseph (rue des Ormes)…
La population cherbourgeoise parlait le haguais, variante dunormandcotentinais, tout en ayant des particularismes quant à la prononciation de certains mots.
Ennormandcotentinais, Cherbourg se nommeTchidbouo (prononciation :/tʃidbwu:/) et Octeville,Otteville (prononciation : /ɔtvil/). Leurs habitants sont lesTchidbouorqŭais et lesOttevillais (prononciation :/tʃidbwuʁtʃje:/ et /ɔtvile:/).
Divers acteurs tentent aujourd'hui de promouvoir l'usage local du normand. La société Alfred-Rossel fait vivre le folklore et la langue, la revuele Boué-jaun basée à Cherbourg publie ses textes en normand, et l'une des trois universités populaires normandes y est basée[220].
Grand port de pêche, Cherbourg-Octeville offre une grande variété de poissons (limande, bar, plie, maquereau, raies, surmulet, colin, limandier, roussette…), crustacés (dormeur,araignée,homard) et coquillages (Saint-Jacques,pétoncle,moules), pêchés au large du Cotentin[222]. On nommedemoiselles de Cherbourg des petits homards. Cherbourg se situe également à proximité de trois zonesconchylicoles (Blainville,Saint-Vaast etIsigny). La préparation la plus traditionnelle est lamatelote[223].Alexandre Dumas présente également la recette de la « queue de merlan à la mode de Cherbourg », au beurre et aux huîtres[224].
L'agglomération est située dans les zonesAOC dupont-l'évêque et ducamembert de Normandie ainsi que, partiellement, duCalvados, duPommeau de Normandie et ducidre de Normandie. Elle bénéficie également de l’IGP du cidre de Normandie, du porc de Normandie et desvolailles de Normandie[225]. Plus largement, la cuisine du Nord-Cotentin estcelle de la Normandie, dans laquelle dominent les produits laitiers (beurre, crème, lait, fromages…) et la pomme (comme fruit ou comme alcool).
Depuis 2010, le restaurantle Pily, du Valognais Pierre Marion, détient une étoile auguide Michelin[226].
↑Les dernières fouilles effectuées en 2019 dans le centre-ville, sous le parking Notre-Dame, outre la découverte d'une tombe remarquable ont permis la découverte de deux maçonneries massives de l’ancien donjon et sous le remblai de destructions, de grandes couches noires chargées en indices (tuiles et céramiques romaines, os, défenses de sangliers, coquillages). Selon Laurent Paez-Rezende, ingénieur de recherche à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), le donjon se serait appuyé sur un grand édifice gallo-romain de la cité deCoriallo, situant ainsi le castrum à l'emplacement de la ville actuelle et non aux Mielles.lire en ligne.
↑Elle se situait au débouché de la rue des Portes, sur la place actuelle du château.
↑Commune de plus de 10 000 habitants, sesrecensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage
↑Histoire de la ville de Cherbourg deJean-Thomas Voisin-La-Hougue, continuée depuis 1728 jusqu'à 1835, par Vérusmor. Cherbourg, Boulanger, 1855.p. 272.
↑Jean Fleury,Essai sur le patois normand de la Hague, Maisonneuve frères et C. Leclerc, 1886 -p. 363-64.
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↑abcdefg ethHippolyte Vallée, « Précis sur l'histoire de Cherbourg »,inJean Fleury etHippolyte Vallée,Cherbourg et ses environs : nouveau guide du voyageur à Cherbourg, Cherbourg, Impr. de Noblet, 1839,p. 19-54.
↑« Quels sont les hommes qui ont exercé le plus d’influence sur la création d’un arsenal maritime à Cherbourg et en particulier quelle part doit être attribuée à Vauban dans les projets relatifs à la fermeture de la rade ? », Extr. deSéances du congrès scientifique de France, tenu à Cherbourg en septembre 1860, M. Bazan. Cherbourg : Auguste Mouchel, 1860.Disponible sur Normannia.
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↑« Les cordes avaient assez de jeu pour offrir aux fureurs des vagues cette courbure étudiée par un ingénieur, feuCachin, l'immortel créateur du port de Cherbourg (…) » ÉditionFurne, vol.9,p. 231.
Maurice Lecœur,Cherbourg au fil du temps, Isoète, Cherbourg-Octeville, 2001 -(ISBN978-2-913920-15-6)
Frédéric Patard,Une ville, un pays en guerre, Cherbourg et le Haut-Cotentin, novembre 1918-mai 1944, Isoète, Cherbourg-Octeville, 2004 -(ISBN978-2-913920-35-4)
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La version du 29 septembre 2008 de cet article a été reconnue comme « bon article », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.