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| Conseil municipal | |
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| Entité territoriale administrative | |
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| Statut | Quartier de Jérusalem(d) |
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| Origine du nom | Hussam al-Din al-Jarrahi(en) |
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| Événements clés | Sheikh Jarrah controversy(en),loi de Jérusalem,guerre israélo-palestinienne de 2021 |

Cheikh Jarrah (arabe :الشيخ جراح,hébreu :שייח' ג'ראח,anglais :Sheikh Jarrah) est un quartier deJérusalem-Est, au nord de lavieille ville, dans lesterritoires palestiniens occupés.
Il estoccupé et administré parIsraël depuis1967, puis incorporé à la juridiction israélienne par laLoi de Jérusalem de 1980[1]. Celle-ci ne bénéficie pas d'une reconnaissance internationale.
Dans le quartier sud, se trouvent des terres qui avant l'occupation jordanienne appartenaient à des propriétaires juifs[2]. Dans les années 1950, laJordanie et l'UNRWA ont conclu un accord permettant à desréfugiés palestiniens de laguerre de 1948, de s'y installer temporairement. Selon cet accord, ces familles pouvaient obtenir des titres fonciers à leur nom après trois années passées sur les lieux, en contrepartie de quoi elles devaient renoncer au statut de réfugié de l'UNRWA[3]. Après la conquête israélienne de 1967, la propriété a été rendue aux propriétaires juifs, mais les résidents arabes ont continué à y vivre, ce qui est à l'origine d'une dispute devant les tribunaux israéliens.
Depuis plusieurs décennies, de nombreux affrontement ont lieu entre les résidents palestiniens et juifs du quartier.
Le quartier a reçu son nom de Cheikh Jarrah, un médecin deSaladin, dont le tombeau duXIIe siècle est situé route de Naplouse.
Enarabe,jarrah signifie « chirurgien » etcheikh est un titre honorifique accordé aux chefs religieux locaux[4].
Le quartier est nommé en référence à Hussam al-Din al-Jarrahi, médecin personnel du légendaire général musulmanSalah ad-Din (Saladin), dont les armées arrachèrent Jérusalem auxcroisés auXIIe siècle[4].
Situé au nord de Jérusalem, en dehors des murs de la vieille ville, le quartier commence sur les pans duMont Scopus, aujourd’hui site de l’Université hébraïque de Jérusalem. Le district compte parmi les extensions les plus précoces des quartiers arabes de Jérusalem en dehors des remparts de la ville, à la fin du XIXe siècle. En raison de la sécurité renforcée mise en place par les Ottomans, les familles de notables musulmans se sont déplacées vers le nord de la ville et les classes moyennes musulmanes, chrétiennes et juives vers l’Ouest[5].
À partir des années 1880, le quartier attira des Américains et quelques chrétiens européens qui voulaient construire une société utopique inspirée de la Bible à Jérusalem. Quelques riches familles musulmanes commencèrent à y construire de grandes maisons, en attirant d’autres dans le quartier. Des membres de l’American Colony s’y installèrent et y travaillèrent comme fermiers et enseignants dans les écoles musulmanes et juives.
Après la défaiteottomane lors de laPremière Guerre mondiale, la Grande-Bretagne reçoit unmandat de la Société des Nations sur la Palestine (voirPalestine mandataire) et stationne à Jérusalem des troupes venues de tout l’Empire britannique. En raison de son importance stratégique, des unités d’artillerie furent placées sur les pentes du Mont Scopus.
Lors de laguerre de 1948, les milices sionistes avaient reçu l’ordre de nettoyer le quartier et de le détruire, ce qu’elles commencèrent de faire le 24 avril. Exceptionnellement, les troupes britanniques intervinrent pour empêcher le carnage (ce qu’elles n’ont pas fait dans le reste de la Palestine). La Haganah n’a en conséquence pu détruire qu’une vingtaine de maisons[6]. Un grand tournant a lieu dans le sillage de l’Exode de 1948, laNakba : les habitants palestiniens de trente-neuf villages situés dans la zone ouest de Jérusalem fuient ou sont expulsés vers l’est de la ville, bien qu’à l’époque les termes«ouest» et «est» n’étaient pas encore de mise. Plus généralement, dans la partie orientale de la ville, alors sous le contrôle de la Jordanie, des familles palestiniennes se sont installées à Cheikh Jarrah. En effet, en 1956, 28 familles de réfugiés palestiniens ont trouvé refuge dans le secteur de Karm al-Jaouni à Cheikh Jarrah, grâce à un accord entre leroyaume hachémite et l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA). Selon cet accord, ces familles pouvaient obtenir des titres fonciers à leur nom après trois années passées sur les lieux, en contrepartie de quoi elles devaient renoncer au statut de réfugié[7].
Laguerre de 1967 aboutit à l’occupation israélienne deJérusalem-Est – annexée de manière unilatérale en 1980 – de laCisjordanie et deGaza. Israël a fait passer cette partie de la ville sous sa juridiction et les résidents palestiniens se sont vus contraints de signer un accord qui leur octroierait un statut spécial de « locataires protégés », tout en devant accepter que les droits de propriété demeurent inchangés.
La loi israélienne prévoit en effet un « droit de propriété » aux Juifs capables de prouver que des membres de leurs familles vivaient dans Jérusalem-Est avant 1948, mais cette même loi n’est pas applicable a la population palestinienne, qui, elle, est sujette à laLoi sur la propriété des absents de 1950[8]. Cette loi est présentée par certaines critiques, comme asymétrique et contraire au droit international, révélatrice de la "volonté de "judaïser la ville", en livrant une véritable bataille démographique, territoriale et législative"[9].
Lors du recensement ottoman de 1905, le cheikh Jarrah nahiya (sous-district) comprenait les quartiers musulmans de Sheikh Jarrah, Hayy el-Husayni, Wadi el-Joz et Bab ez-Zahira, et les quartiers juifs de Shim'on Hatsadik et Nahalat Shim'on. Sa population comptait 167 familles musulmanes, 97 familles juives et 6 familles chrétiennes. Il contenait la plus grande concentration de musulmans en dehors de la vieille ville. La majeure partie de la population musulmane est née à Jérusalem, avec 185 résidents seuls membres de la famille al-Husayni. Un plus petit nombre était originaire d'autres parties de la Palestine, à savoir Hébron, Jabal Naplouse et Ramla, et d'autres parties de l'Empire ottoman, notamment Damas, Beyrouth, la Libye et l'Anatolie.La population juive comprenait des ashkénazes, des séfarades et des maghrébins tandis que les chrétiens étaient pour la plupart protestants. En 1918, le quartier Sheikh Jarrah du Sheikh Jarrah nahiya contenait environ 30 maisons.
Lors de la guerre de 1947-1948, la population juive est expulsée. Sous l'occupation jordanienne, leurs propriétés sont saisies, et servent de logements pour l'installation de réfugiés palestiniens, qui s'y maintiennent après la prise du territoire par Israël en 1967.

LeTombeau des Rois est un site archéologique figurant parmi les quatredomaines français de Jérusalem[10]. LeHekdesh du Tombeau des Rois, association culturelle juive liée augrand-rabbinat d'Israël[11], a engagé le une procédure judiciaire en France via son défenseur, en assignant leministère de l'Europe et des Affaires étrangères et leconsulat de France à Jérusalem devant letribunal de grande instance de Paris[12]. Les plaignants revendiquent la propriété du site[13].
Fondé en1954 par la congrégation française des Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition, l'hôpital Saint-Joseph est surnommé « el-Faransi » (le Français). Il s'agit du seul hôpitalcatholique àJérusalem-Est et l'un des rares à y offrir des soins généralistes[14].
Lacathédrale Saint-Georges route de Naplouse est le siège dudiocèse anglican de Jérusalem. Elle fut consacrée en1898. Elle abrite deux paroisses, une anglophone, l'autre arabophone. L'ensemble des bâtiments abritent aussi une guest house (hôtellerie) pour les pèlerins[15].

Depuis1972, une bataille judiciaire oppose Palestiniens et Israéliens sur la propriété de maisons du quartier[16].
En2001, des militants juifs entrent par la force dans une section scellée d'une maison qui se trouve dans l'enceinte du tombeau dugrand prêtre juifSimon II le Juste (hébreu :Shimon HaTzadik[17]. Affirmant détenir le titre de propriété, ils refusent de quitter les lieux[18].
En 2003 La compagnie Nahalat (« propriété de » en hébreu) Shimon Ltd., fondée en 2000, achète un terrain de Cheikh Jarrah aux descendants des propriétaires des fiducies juives. Cette société israélienne enregistrée aux États-Unis, appartiendrait majoritairement à une autre société, Shimon Hazadik Holdings Ltd. Elle planifierait la construction d’environ 200 logements pour des colons juifs dans un bâtiment d’une douzaine d’étages qui devrait s’ériger sur les terrains actuellement visés par les avis d’expulsion[8].
Nahalat Shimon Ltd. fonde son argument sur la loi israélienne et une transaction qui aurait été faite vers 1876. À l’époque, sous l’Empire ottoman, des propriétaires arabes auraient vendu des zones de Cheikh Jarrah à deux fiducies juives. Si la validité du document foncier est aujourd’hui discutable, son authenticité a néanmoins été reconnue par laCour suprême israélienne en 2009, octroyant un feu vert à Nahalat Shimon Ltd. de réclamer des terrains du quartier. Ainsi, après avoir acquis les droits sur des terrains adjacents en 2003, Nahalat Shimon Ltd. a débuté une offensive plus proactive d’éviction des terrains convoités. .
En2008, laCour suprême d'Israël reconnaît les titres de propriétés de la communauté juive sépharade qui possédait une partie des terres du quartier, durant l'époque ottomane[19].
Depuis2008, dix familles palestiniennes ont dû partir, ayant refusé de payer le loyer qui les protégeait par le « statut de locataire »[20].
En 2009, à la suite d’un verdict, les familles de Al-Hanoun et Al-Ghawi, comptant 53 personnes, sont expulsées de leurs demeures de Cheikh Jarrah. Débute l’envoi d’une série d’avis d’éviction.
En 2010, La famille Dajani reçoit un premier avis d’expulsion de la part de Nahalat Shimon Ltd.
Le, laCour suprême d'Israël devait examiner l'affaire sachant que selon la loi israélienne, si les citoyens israéliens peuvent prouver qu'ils possédaient un « droit de propriété » à Jérusalem-Est avant l'occupation jordanienne, ils peuvent demander que leur soit rendue leur propriété[21]. Ce jour coïncide avec laJournée de Jérusalem (hébreu :Yom Yeroushalayim) qui commémore en Israël la conquête de la partie orientale de la ville en1967. Les célébrations sont souvent marquées par des tensions[22].
Le, « à la lumière du contexte actuel et à la demande du procureur généralAvichaï Mandelblit », laCour suprême repousse l'audience sur l'expulsion de quatre familles palestiniennes de Cheikh Jarrah. La Cour s'est fixé la date du 8 juin pour rendre ses conclusions, ce qui signifie que les expulsions déjà approuvées par le tribunal de district de Jérusalem ne devraient pas avoir lieu d’ici-là[23]. Face à la sensibilité politique, la Cour repousse son jugement, et en l'attente d'une décision de la Cour suprême sur des cas similaires[24].
En2021, soixante-dix familles sont menacées d'expulsion[25].
20 juillet 2021: Possible jugement concernant les familles Kurd, Iskafi, Joaouni et Qasem.
1 août 2021: Date limite pour une décision de la Cour suprême concernant les familles Daoudi, Dajani et Hammad. 31 personnes sont visées par ces avis.
LeHaut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, l'une des agences des Nations unies, met en garde Israël, estimant que les possibles expulsions de familles palestiniennes pourraient constituer des crimes de guerre[26].
En octobre 2021, laCour suprême d'Israël propose un compromis par lequel« les familles palestiniennes seront considérées comme des résidents protégés pendant 15 ans ou jusqu’à ce qu’un autre arrangement soit trouvé. »[27].

Depuis avril2021, des affrontements violents opposant l'armée israélienne et palestiniens ont fait des centaines de blessés[28]. Ces violences sont apparues durant le mois duRamadan[29] à la suite de la menace d'éviction de plusieurs familles palestiniennes du quartier Cheikh Jarrah. En 2021, huit familles, totalisant 78 personnes, sont visées par ces expulsions imminentes.
Les Palestiniens dénoncent une politique dejudaïsation de Jérusalem[30].
LesÉtats-Unis ont appelé « responsables israéliens et palestiniens à agir pour mettre un terme à la violence », et exprimé leur inquiétude quant à « l'expulsion potentielle des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah » tandis que l'Union européenne a condamné les violences et appelé à la désescalade[31].
LesÉmirats arabes unis,Bahreïn, leMaroc et leSoudan, quatre pays arabes ayant récemment normalisé leurs relations avec Israël, ont fait état de leur « profonde inquiétude » appelant Israël au calme. LeQuartet pour le Moyen-Orient (États-Unis,Russie,Organisation des Nations unies,Union européenne) a appelé Israël à faire preuve de « retenue »[32].
Le, lors d'un message dominical après la prière, lepape François a appelé à la fin des violences à Jérusalem : « La violence n'engendre que la violence. Ça suffit avec les affrontements »[33].
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