Pour les articles homonymes, voirChaussée (terre-plein),Chaussée (écueil),La Chaussée et Chaussée (haut-fond).
Unechaussée est la (ou les) partie(s) de laroute normalement utilisée(s) pour lacirculation des véhicules, par opposition auxtrottoirs etbermes destinés auxpiétons.
La chaussée d'une route doit permettre la circulation des usagers et des marchandises dans des conditions de sécurité et de confort adapté au type d’itinéraire, quelles que soient les conditions météorologiques. D'un point de vue mécanique, son rôle est de répartir les charges sur le sol support, quelles que soient les conditions environnantes.
Au Moyen Âge, ce mot, issu du latincalceata (« de chaux »), désignait un certain type de route. On retrouve aujourd'hui cette acception dans des formulations toponymiques, notamment les « chaussées Brunehaut » de la France du Nord.
Le mot chaussée vient du latin (via)calceata, qui signifie « (voie) construite en chaux ». Cette formule fait référence aux routes médiévales les plus importantes qui étaient recouvertes de cailloux et de pierres liés ensemble à lachaux[1].

Le développement désordonné desvilles médiévales rend difficile la mise en place de réseaux d'égouts souterrains. La chaussée est fréquemment constituée par de la terre, mais des pavés ou des galets sont parfois mis en place pour éviter qu'en l'absence de dénivellation et si le terrain est naturellement humide, elle devienne, à chaque orage, unbourbier malodorant[2].
Lagestion des déchets se traduit par des réalisations qui débutent par l’usage de simples rigoles creusées à même le sol le long des façades des maisons puis des tranchées maçonnées, lescaniveaux. Les rigoles, franchies par une passerelle de bois, sont desfossés plus ou moins grands faisant l'objet d'anecdotes ou de procès-verbaux d’enquêtes judiciaires qui racontent comment des passants éméchés se coincent les pieds dedans, s’y embourbent et s'y noient[3].
Dans bien des cas, les axes majeurs de circulation sont constitués de deux plans inclinés vers uncaniveau central (leruisseau), tranchée creusée au milieu des chaussées sanstrottoirs de forme concave. Ce dispositif permet de faciliter l'écoulement deseaux de pluie, d'éviter les glissades en période d'humidité, et sert de rigole d'écoulement pour évacuer leseaux usées déversées par les habitants (directement depuis les étages dans les maisons àencorbellement, malgré des édits qui en interdisent la pratique), ou lesexcréments des piétons et des animaux[4]. Ces équipements, pratiques mais sommaires, sont cependant vite saturés :« ils nuisent à l’esthétique urbaine et leurs exhalaisons peuvent être redoutables avec les chaleurs estivales »[5].
Les gens du peuple qui croisent desaristocrates, desbourgeois ou des gens respectables (par leur âge, leur fonction), doivent se décaler vers le cloaque du centre tandis que ces derniers continuent à « battre le haut du pavé »[6]. Les habitants comptent sur lapluie, et notamment lesorages pour curer « naturellement » ces profondes rigoles. Des ruisseaux encaissés, recouverts de dalles ou laissés à l'air libre, prennent parfois le relais, avec plus ou moins d'efficacité en tant que système dechasse d'eau[7].
L'essor des villes et du commerce qui accompagne larenaissance duXIIe siècle se traduit par la réanimation des anciennesvoies romaines et la création de routes nouvelles empierrées (avec des cailloux liés par la chaux) qui amènent des modifications profondes au sein de la société traditionnelle et de la vie quotidienne.
Le développement du réseau routier se traduit par la création de sentiers (troispieds de largeur), de voières (8 pieds), de voies (15 pieds), de chemins (32 pieds) et de chemins royaux (54 pieds). Sur ces derniers, circulent notamment les grands de ce monde, accompagnés de leur cour. Le réseau moins important est surtout emprunté par des personnages plus humbles (soldats, courriers, pèlerins, marchands, moines mendiants) qui se déplacent à pied.« quelques-uns à cheval, mulet ou à dos d’âne. Rares sont les carrosses car les routes sont trop défoncées pour permettre qu'un voyage de quelque amplitude se déroule dans un confort relatif ; seuls de très courts trajets, kilométriquement parlant, sont accomplis au pas nonchalant des bœufs. Sur les routes, les animaux de selle ou de bât sont donc largement majoritaires, même pour certains transports de marchandises »[1].
En France, c'est auXVIIIe siècle qu'est mis en place un véritable réseau routier, construit par les ingénieurs sortis de l'École nationale des ponts et chaussées.
De grands progrès ont lieu à cette époque en matière de construction des chaussées.

Dans les villes, la chaussée peut être recouverte depavés en pierre, généralement dugranit. Ceux-ci ont parfois été recouverts d'enrobé bitumineux.
Les chaussées pavées subsistent principalement dans lescentres historiques, afin d'être en accord avec un bâti pouvant remonter au Moyen Âge, notamment les églises gothiques ou romanes et leschâteaux forts (par exemple lechâteau de Nantes).
Les chaussées bitumées sont réalisées en plusieurs couches[8]:7 :
L'ensemble repose sur le sol par l'intermédiaire d'une couche de forme dont l'épaisseur peut être importante si la portance du terrain est faible. Pour économiser des matériaux, on la remplace parfois par un traitement du sol en place au ciment et/ou à la chaux, si sa nature s'y prête (limon, argile, craie). On peut parfois ajouter aussi un géotextile (feutre anticontaminant tissé ou non tissé).
En cas de trafic important, on interpose parfois une couche de liaison entre la couche de roulement et la couche de base pour faciliter la reprise des efforts superficiels (horizontaux). La plupart du temps, les couches sont collées les unes avec les autres afin d'obtenir une meilleure transmission des efforts horizontaux. Le collage se fait au moyen debitume pur ou d'émulsion. Des catalogues de chaussées types ont été constitués pour faciliter le travail des concepteurs. Ils prennent en compte les différents matériaux disponibles, et le trafic routier prévisible. C'est uniquement le trafic despoids lourds qui détermine les épaisseurs des couches de base et fondation (1PL=500 000VL).
Les chaussées desautoroutes qui supportent de forts trafics lourds sont quelquefois constituées de dalles en béton armé (les couches de roulement et de base sont confondues en une seule). Cette technique présente une plus grande longévité et une moindre sensibilité à l'orniérage, mais elle est plus onéreuse à sa création et difficile à mettre en œuvre en raison du délai de prise du ciment. De plus la surface du béton ne permet pas la circulation sans traitement de surface (striage ou pose d'un revêtement bitumineux). La jonction entre les dalles nécessite une attention particulière pour éviter leur décalage, source d'inconfort et de dégradation prématurée (battage).
Pendant des décennies, les constructeurs de chaussées se sont efforcés, commeMcAdam, d'empêcher l'eau de pénétrer à l'intérieur des chaussées.
Cependant de nouvelles techniques apparaissent :
La formulation de ces nouveaux matériaux est délicate car leur plus grande porosité entraîne une résistance mécanique plus faible, des risques de colmatage et une plus grande sensibilité au gel. Par ailleurs, elle nécessite des bitumes et des granulats particulièrement adaptés pour obtenir une très bonne tenue à l'eau.
EnFrance, la direction générale des routes du ministère des Transports déconseille les BBDr (bétons bitumineux drainants) dans les régions situées à l'est de Paris car elles sont très difficilement exploitables en hiver.
Il existe dans lesHauts-de-France plusieurs routes appelées « chaussées Brunehaut », en référence à unecélèbre reine d'Austrasie, par exemple la RD 932 reliantBavay (Nord) àSaint-Quentin (Aisne), partie de l'anciennevoie romaine qui allait de Bavay àVermand (Aisne).
ÀBlain (Loire-Atlantique), il existe un lieudit La Chaussée situé un peu à l'ouest de la ville, le long de la RD 164 (ancienne voie romaine) qui relie Blain àRedon.
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