Le paysage est composé de plaines vallonnées plus ou moins boisées et debocage.
90 % de la superficie de la commune est consacré à l'agriculture, 7 % est recouvert de foret et de milieux semi-naturels et 3 % correspondent à l'agglomération[3].
Au, Charroux est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[11].Elle est située hors unité urbaine[12] et hors attraction des villes[13],[14].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (90,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (90,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (62 %), prairies (16,4 %), zones agricoles hétérogènes (11,9 %), forêts (7,2 %), zones urbanisées (2,5 %)[15]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par lerisque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment laCharente. La commune a été reconnue enétat de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations etcoulées de boue survenues en 1982, 1983, 1999 et 2010[18],[16].
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Charroux.
Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines) et des tassements différentiels[19]. Afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, un inventaire national permet de localiser les éventuellescavités souterraines sur la commune[20]. Leretrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer desdommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes desécheresse et de pluie[21]. La totalité de la commune est en aléa moyen ou fort (79,5 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national)[Carte 2]. Depuis le, en application de laloi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort[Note 1],[22].
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1991, 2003, 2005, 2011, 2016 et 2017 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010[16].
La commune est en outre située en aval du barrage Mas-Chaban, un ouvrage de classe A[Note 2] situé dans le département de laCharente et construit pour constituer une réserve d’eau de14 millions dem3. Le PPI a été approuvé en 1999. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à larupture de cet ouvrage[24].
Attestée sous les formesKarrofium en 789 etKarrofum monasterium en 861[25],[26].
Il s'agit de la formation toponymique gallo-romaine ou médiévaleQUADRUVIU, du latinquadruvium[25],[26], littéralement « quatre-voies », c'est-à-dire « carrefour »[25],[26] cf. latin classiquequadrivium[27]. C'est un composé dequattuor « quatre » et devia « chemin, route, voie »[27]. Le mêmeétymon a donné l'ancien françaiscarrouge « carrefour »[25],[26] dont procèdent les nombreuxCarrouges,Carrouge,Carouge[25] du domaine d'oïl etfrancoprovençal. La formeCharroux renvoie plutôt à lalangue d'oc, tout commeCharroux (Allier) et nombre de hameaux du domaine occitan. La palatalisation irrégulière de /ca/ en /cha/ peut s'expliquer par l'attraction du motchar[25] ou par celle dunord occitancharrous « brouette »[26].
Lors de la création de l'abbaye, le village de Charroux n'existait pas. Charroux était surtout un carrefour de voies de communication allant versPoitiers,Angoulême ouLimoges.[réf. nécessaire]
La fondation de l’abbaye Saint-Sauveur provoque la création vers l'an 1000 de deux bourgs fortifiés bien distincts, Bourg-l’Abbé sur la rive gauche du Verdançon (parfois appelé par dérision le Merdançon car autrefois on y jetait tous les détritus) et Bourg-le-Comte sur la rive droite, où se trouvait le château comtal[29]. Les deux villes vont se concurrencer au cours de l'histoire.
Le monastère bénéficie de ses nombreusesreliques (dont, censément, leSaint-Prépuce), qui attirent les pèlerins deCompostelle[30]. Les bourgs abritent aussi des tisserands, des tanneurs, et d’autres artisans fabriquant charlets et chapeaux[30]. Charroux est aussi un centre commercial avec marchés et foires, dont celle de la Saint-Laurent qui dure douze jours[30]. L’abbaye devient un centre spirituel rayonnant où se tiennent plusieurs conciles[29]. Le plus important est leconcile de Charroux de989. Réuni sous le patronage du duc d’Aquitaine et comte de PoitiersGuillaume IV, il instaure lapaix de Dieu. Trois autres conciles suivent jusqu’en 1086[31], dont celui de 1028, convoqué également par le comte de Poitiers, et qui vise à réaffirmer la Paix de Dieu et à combattre deshérésies locales[32].
En 1177, le comte vendit le comté au roi d'Angleterre et Charroux subit, alors, les conséquences des rivalités qui opposaient les rois des deux pays. L'abbaye, après avoir compté jusqu'à 213 filiales, souffrit beaucoup de laguerre de Cent Ans.
En 1316, le futur roi de France,Charles le Bel, y institue un parlement servant de cour d'appel pour tout le royaume pendant six ans.
En 1422, le château des comtes de la Marche, malgré ses fortifications, n'est plus que ruines.
Après laguerre de Cent Ans, l’abbé Jean Chaperon rénove et reconstruit une partie des bâtiments. LesBourbons héritent du comté de Basse-Marche, et leur rivalité avec lesValois vaut à l’abbé d’obtenir la prépondérance sur le comte en 1481[2].
L’abbaye décline avec l’ère des abbéscommendataires et finit par fermer en1760[30]. Charroux perd son rang de capitale de la Basse-Marche en 1561, et devient une simple châtellenie[2].
En 1856, un maçon découvre lors de travaux quelques reliques enterrées, ce qui initie une tradition d’ostensions de ces reliques, tous les sept ans, le jour de laFête-Dieu[2] (voirostensions limousines).
Le, un bombardier britanniqueBlenheim IV sortant d’usine, en convoyage vers sa future base, s’écrase au lieu-ditLa Maillerie, sans laisser de survivants[36].
Le 24 juin 1940, un camp de prisonniers français est installé sur la commune de Charroux.
La commune relève du tribunal d'instance de Poitiers, du tribunal de grande instance de Poitiers, de la cour d'appel de Poitiers, du tribunal pour enfants de Poitiers, du conseil de prud'hommes de Poitiers, du tribunal de commerce de Poitiers, du tribunal administratif de Poitiers et de la cour administrative d'appel de Bordeaux, du tribunal des pensions de Poitiers, du tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Vienne, de la cour d’assises de la Vienne
Les réformes successives deLa Poste ont conduit à la fermeture de nombreux bureaux de poste ou à leur transformation en simple relais. Toutefois, la commune a pu maintenir le sien.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[39]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[40].
En 2023, la commune comptait 1 036 habitants[Note 3], en évolution de −8,8 % par rapport à 2017 (Vienne : +0,46 %,France horsMayotte : +2,36 %).
En 2006, la population de Charroux était composée, selon l'Insee, de 47,8 % d'hommes et de 52,2 % de femmes.
Le nombre de célibataires était de 25,5 % et des divorcés 5,5 % de la population en 2006. Le nombre de veufs ou de veuves était de 12,5 %.
Charroux est habité par 1 187 habitants (recensement publié en 2012) avec une densité de 26,80 personnes au km2. À cela, il faut soustraire les résidences secondaires (22 personnes) pour constater que la population permanente sur la commune est de 1165 habitants.
En 2008, ladensité de population de la commune était de 26 hab./km2, 61 hab./km2 pour le département, 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et 115 hab./km2 pour la France.
Les surfaces agricoles utilisées ont diminué et sont passées de4 246 hectares en 2000 à4 042 hectares en 2010. 39 % sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement mais aussiorges etmaïs), 14 % pour lesoléagineux (pour moitié ducolza et pour une autre moitié, dutournesol), 31 % pour le fourrage et 13 % reste en herbes. En 2010 comme en 2000,un hectare est consacré à la vigne[43].
21 exploitations en 2010 (contre 22 en 2000) abritent un élevage de bovins (3 678 têtes en 2010 contre 3 309 têtes en 2000). C’est un des troupeaux de bovins les plus importants du département de laVienne qui rassemblent 48 000 têtes en 2011[44].
15 exploitations en 2010 (contre 18 en 2000) abritent un élevage d'ovins (2 044 têtes en 2010 contre 2 004 têtes en 2000).
L'élevage de volailles n'existait pas en 2000. En 2010, il représente 871 têtes répartis sur 12 fermes.
L'élevage de chèvres a disparu en 2010 (525 têtes sur trois fermes en 2000)[43]. Cette disparition forte baisse est révélatrice de l’évolution qu’a connu, en région Poitou- Charente, cet élevage au cours des deux dernières décennies: division par trois du nombre d’exploitations, augmentation des effectifs moyens par élevage (38 chèvres en 1988, 115 en 2000), division par 10 des chèvreries de 10 à 50 chèvres qui représentaient 50 % des troupeaux en 1988, et multiplication par 6 des élevages de plus de 200 chèvres qui regroupent, en 2000, 45 % du cheptel. Cette évolution des structures de production caprine a principalement pour origine la crise de surproduction laitière de 1990-1991 qui, en parallèle des mesures incitatives, a favorisé des départs d’éleveurs en préretraite et encouragé l’adaptation structurelle des élevages restant[45].
Letaux de chômage en 2006 était de 9,4 % (13,7 % en 1999. Les retraités et les préretraités représentaient 36,1 % de la population (28 % en 1999). Letaux d'activité était de 68,6 % en 2006 contre 68,1 % sept ans avant.
L’abbaye Saint-Sauveur de Charroux est uneabbayebénédictine, fondée en785, par Roger,vicomte de Limoges, etCharlemagne, dont relevaient 152 églises et prieurés en 1471[30]. Il en reste la tour-lanterne duXIe siècle, ditetour Charlemagne, centre de la rotonde de l'église abbatiale, lecloître et quelques piliers du chœur et du transept. L'ensemble fut sauvé de la démolition en 1790 par l'abbé Charles Loyzeau de Grandmaison (1740-1797) alors curé de Surin.
la porte de l’Aumônerie, ancienne entrée de l’abbaye, datant duXIIIe siècle et classée en 1927[46] ;
La commune de Charroux abrite une zone naturelle classée d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF)[51]. C’estle bois du Breuil. Il occupe un coteau de la rive gauche de laCharente juste avant que celle-ci n’infléchisse son cours vers le sud-ouest. Sur les pentes abruptes qui dominent laCharente d’une quarantaine de mètres, seule la partie escarpée du bois est incluse dans la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Le sol est une groie argilo-calcaire peu profonde, à nombreux cailloux calcaires, émaillé de ressauts rocheux épars. Le milieu forestier est dominé par lechêne pédonculé, lecharme, l’érable champêtre et l’orme. Lastrate herbacée est très diversifiée et richement fleurie, notamment au printemps : bleu desjacinthes, blanc desanémones, jaune desficaires et deslamiers, violacé desLathrées clandestines. Le sentier qui parcourt le bas du coteau traverse des champs d’Ail des ours. Quelquesfougères sont également présentes, témoignant du microclimat frais et humide régnant sous la voûte forestière, où les draperies descolopendre décorent les rocheux suintants.
Laflore la plus précieuse du bois du Breuil est laDentaire bulbifère. Cette crucifère possède une tige haute de 30-60 cm portant de nombreuses feuilles divisées, munies à l’aisselle de leurpétiole d’unebulbille ; les fleurs, d’un lilas clair, s’épanouissent en avril-mai. Il s’agit d’une plante de répartition nord-européenne, présente dans la moitié nord de la France mais devenant très rare au sud de laLoire. Au bois du Breuil, ladentaire est abondante ; elle y est accompagnée par une autre plante remarquable, tant par sa rareté que par sa biologie : laLathrée écailleuse. C’est une curieuseScrophulariacée dont les tiges blanchâtres ou rosées sont dépourvues dechlorophylle et qui vit en parasite sur les racines desnoisetiers, desormes, dulierre ou desaulnes. Elle voisine là avec laLathrée clandestine, également parasite, mais aux superbes grandes fleurs violettes.
Roger de Limoges et sa femme Euphrasie d'Auvergne fondateurs de l'abbaye de Charroux.
Sylvestre Loyzeau de Grandmaison (1770-1830). Garde du Corps du roi Louis XVI (1791). Commissaire des Guerres et de l'Exécutif dans la Vendée (1792). Maire de Charroux (1815-1823).
↑Dans les zones classées en aléa moyen ou fort, différentes contraintes s'imposent :
au vendeur d'informer le potentiel acquéreur du terrain non bâti de l’existence du risque RGA ;
au maître d’ouvrage, dans le cadre du contrat conclu avec le constructeur ayant pour objet les travaux de construction, ou avec le maître d'œuvre, le choix entre fournir une étude géotechnique de conception et le respect des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire ;
au constructeur de l'ouvrage qui est tenu, soit de suivre les recommandations de l’étude géotechnique de conception, soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire.
↑Le classement des barrages est fonction de deux paramètres : hauteur et volume retenu[23].
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155,lire en ligne, consulté le)