Pour les articles homonymes, voirFlahaut.
Comte |
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Naissance | |
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Décès | |
Sépulture | Division 2 du cimetière de Montmartre(d) ![]() |
Nationalité | |
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Père | |
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Conjoint | Margaret Mercer Elphinstone(en)(à partir de) ![]() |
Enfants | Charles de Morny Emily Petty-Fitzmaurice Clémentine de Flahault(d) Georgiana Gabrielle de Flahault(d) Adélaïde de Flahault(d) Sarah de Flahault(d) ![]() |
Parentèle | Charles-François de Flahaut de La Billarderie (père putatif) ![]() |
Statut |
Propriétaire de | |
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Grade militaire | |
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Archives conservées par | Archives nationales (565AP)[1] Service historique de la Défense (GR 7 YD 602)[2] ![]() |
Charles de Flahaut, de son nom completAuguste Charles Joseph, comte de Flahaut de La Billarderie, né le àParis et mort le àParis 7e[3], est ungénéral et diplomatefrançais,grand-croix de la Légion d'honneur,médaillé militaire.
Il estgrand chancelier de l’ordre national de la Légion d’honneur de 1864 à 1871.
Il est officiellement le fils deCharles-François de Flahaut de La Billarderie (1728-1793), maréchal de camp et Intendant des Jardins du Roi, guillotiné en1793, et deMarie-Adélaïde Filleul (1761-1836)[4]. Cependant, Charles de Flahaut, ainsi que nombre de ses contemporains, considéraitTalleyrand (1754-1838) comme son père. Celui-ci a d'ailleurs entretenu avec Charles de Flahaut une relation très particulière tout au long de sa vie.
Il passe la plus grande partie de sa jeunesse dans l'émigration pendant laRévolution française, séjournant dans plusieurs villes d'Europe (Londres,Hambourg,Bremgarten). Il rentre en France après l'avènement deBonaparte comme Premier consul (fin 1799).
Son nom est habituellement orthographiéFlahaut, mais on trouve également la graphieFlahault, plus conforme à son ascendance paternelle officielle. Il signe d'ailleurs FLAHAU(LT).
À l'âge de 15 ans, il entre dans un corps de volontaires à cheval, organisé pour accompagner lepremier Consul enItalie. Il lui écrit une lettre qui témoigne de sa volonté et de son ambition : « Général, je n'ai que 16 ans, mais je suis fort. Je sais trois langues assez bien. […] Trop jeune pour être soldat, j'ose vous demander d'être votre aide de camp. Soyez sûr que je serai tué ou que j'aurai justifié de votre choix à la fin de la campagne. ». Le jeune homme entame ainsi une carrière militaire rapide et impressionnante, avec l'aide de Talleyrand.
Il est admis au service deLouis Bonaparte en1801, puis deMurat en1803, comme capitaine aide-de-camp puis, après une liaison avec la femme de Murat, il est versé à l'état-major deBerthier en1808.
Pendant ses quinze ans au service de Napoléon, il participe aux combats les plus prestigieux :Marengo,Ulm,Austerlitz,Iéna,Eylau,Friedland,Wagram. Il est aussi présent pendant la terriblecampagne de Russie et laPrise de Moscou.[5]
Promu au grade degénéral de brigade le, il devientaide de camp de l'Empereur en1813. Peu enthousiasmé par leurs premières rencontres, ce dernier aurait dit àJoséphine :
« De l'esprit ? brtt ! Qui n'en a pas comme cela ? Il chante bien ? Belle qualité pour un soldat, qui, par état, est presque toujours enroué. Ah ! il est joli garçon, voilà ce qui vous touche, vous autres, femmes... Eh bien ! Je ne lui trouve rien du tout d'extraordinaire. Il ressemble à un faucheux avec ses éternelles jambes. »
Par la suite, il reconnut cependant qu'il est« un homme fait pour aller à tout ». Il eut en effet un rôle militaire, puis diplomatique.
Il se distingue alors à labataille de Dresde et est nommé au grade degénéral de division (). Le, il se rend auprès desplénipotentiaires russes, autrichiens et prussiens pour traiter d'unarmistice, mais ses propositions ne sont pas acceptées.
Le titre decomte de l'Empire et le grade de commandeur de la Légion d'honneur lui furent accordés un peu plus tard.
Napoléon lui confie aussi ses premières missions diplomatiques àNeumarck en1813 (exécuter l'armistice conclu avec les armées russes et prussiennes) et àLusigny en1814 (négocier l'armistice avec les alliés).
Après la première abdication deNapoléon Ier, en1814, il s'oppose à lapremière Restauration ; pendant lesCent-Jours, le, il reprend son poste d'aide de camp et est nomméPair de France. Il participe à la bataille de Waterloo. Il défend alors à la Chambre des Pairs le rapport duministre de la Guerre attaqué parNey, donne des détails sur les opérations deGrouchy, certifie que ce maréchal avait alors 40 000 hommes sous ses ordres, et appuie avec chaleur la proposition deLucien Bonaparte en faveur deNapoléon II.
À la seconde abdication de Napoléon, il manque partir avec lui àSainte-Hélène, mais est retenu par sa mère.Avec les derniers fidèles de l'empereur, il tente vainement d'imposerle roi de Rome.
La carrière militaire de Charles de Flahaut s'arrête là ; Talleyrand réussit à faire rayer son nom de la liste des personnes qui devaient être exilées deFrance. Toutefois il doit s'éloigner pour quelque temps des sphères du pouvoir.
Après le retour du Roi il se retire sur la Loire, puis se rend aux environs deGenève[9]. Mais les correspondances qu'il entretient avec d'autres français conduisent les autorités helvétiques à lui demander de quitter le pays. Il se rend alors d'abord enSavoie, àAix où est égalementMme Louis Bonaparte,Hortense de Beauharnais dont il est très proche, puis en Angleterre.
Après l'indépendance de la Belgique, Flahaut propose unplan alternatif de partage des territoires, parfois également attribué àCharles-Maurice de Talleyrand-Périgord, qui sera rejeté par laconférence de Londres.
En1830, le comte de Flahaut achète, pour 250 000 francs, l'hôtel de Massa. Lafamille de Flahaut y demeurera pendant vingt-trois ans.
Le, il accède à la dignité depair de France dans la série de trente-six pairs viagers destinée à permettre l'adoption à laChambre haute duprojet de loi abolissant l'hérédité de la pairie.
Dans les rangs de l'armée, il eut quelques missions pendant lamonarchie de Juillet, mais il ne retrouva jamais le prestige militaire acquis sous le Premier Empire.
C'est grâce à l'ambition de sa femme qu'il entame une carrière diplomatique dès laMonarchie de Juillet. Il a en effet de très bonnes relations avecLouis-Philippe Ier, par l'intermédiaire de sa mère qui aurait été la maîtresse du futur roi pendant son exil au moment de la Révolution Française. Après avoir été écarté parTalleyrand (1754-1838) du poste d'ambassadeur àLondres que celui-ci occupait, il obtint celui d'ambassadeur à Vienne (). Son épouse avait beaucoup intrigué pour qu'on lui attribue ce poste. Ce ne fut qu'une ambassade mondaine. Ils furent cependant tous deux très appréciés deMetternich.
Les évènements l'obligent à quitter son poste : il démissionne en en même temps que laDeuxième République le révoque. Farouchement anti-républicain (il est plutôtlibéral, par ses influences anglaises), il retourne vivre àLondres.
C'est l'entrée en politique de son filsAuguste de Morny, et l'arrivée deLouis-Napoléon Bonaparte, qui le fait revenir en France et rentrer dans la vie politique. À nouveau, sa femme est derrière lui, ainsi que sa fille aînée. Le couple est évoqué dans une lettre écrite à Londres parProsper Mérimée àMme Edouard Odier le :
« M. de Flahaut m'a mené chez lord Ellesmere[10] où j'ai vu un magnifiqueCuyp nullement repeint (...) Il m'a paru queMme de Flahaut était considérablement rajeunie. Elle a un râtelier neuf et est devenue douce et bonne. »
— Correspondance générale,Paris, Le Divan,1947 - tome VI, 1850-1852 - p.56
Souvent ignoré par les sources, Flahaut participe, aux côtés de son fils, à la préparation et aucoup d'État du, retour d'un Bonaparte au pouvoir et souvenir du temps glorieux duPremier Empire. C'est la raison pour laquelle il favorise l'instauration dusecond Empire deNapoléon III pour qui il représente un excellent moyen de légitimer le nouveau régime, en continuité avec celui deson oncle.
Rapidement déçu par Napoléon III[11], il se désintéresse bientôt de la politique française. Malgré tout, il reste attaché à l'Empire, et c'est pourquoi il accède enfin au poste tant désiré d'ambassadeur à Londres en1860. Il ne marqua pas cependant cette place, comme l'avait fait auparavant son père, mais fut d'excellent conseil pourÉdouard Thouvenel, alorsministre des Affaires extérieures. Il démissionne de ce poste en1862, à cause d'un désaccord avec Napoléon III et après le renvoi de Thouvenel.
Charles de Flahaut finit sa vie entreLondres et Paris, ne s'occupant plus de politique malgré quelques titres honorifiques : il est faitsénateur le,Grand chancelier de la Légion d'honneur, puis relevé de sa retraite militaire pour être placé dans la deuxième section de réserve de l'état-major.
Il meurt dans la nuit du1er au, jour de labataille de Sedan qui vit la chute du Second Empire. Il est enterré aucimetière de Montmartre à Paris (2e division 15PAD1836), avec sa fille Clémentine.
Adélaïde de Flahaut, née Marie Adélaïde Filleul (1761-1836), dont les romans ont obtenu tant de succès auXIXe siècle, et qui épousa en secondes noces M. de Souza, était la mère du général.
Le (ou le1er juillet), Charles de Flahaut épouse à l'église St André d'ÉdimbourgMargaret Mercer Elphinstone, baronne de Keith, fille de l'amiralLord Keith (elle meurt à Paris le) avec laquelle il aura cinq filles, dontEmily de Flahaut, marquise de Lansdowne.
Parmi ses descendants, on relève le nom deMichel Poniatowski (1922-2001), homme politique français.
Grand, blond aux yeux bleus, chantant à merveille, Charles de Flahaut eut beaucoup de liaisons amoureuses. On lui attribue notamment les faveurs deCaroline Murat, dePauline Bonaparte, ainsi que de femmes étrangères comme la princesse polonaiseAnna Potocka (née Tyszkiewicz), rencontrée lors d'un séjour à Varsovie.
Cependant, c'est avecHortense de Beauharnais qu'il eut la liaison la plus durable, dont est issu un fils illégitime,Charles de Morny (1811-1865). Déclaré à l'état civil le àParis (IIIe arrondissement de l'époque), sous l'identité deCharles Auguste Louis Joseph Demorny, frère utérin du futurNapoléon III. Son identité fut ultérieurement transformée enAuguste,duc de Morny.
L'acte de naissance de l'enfant mentionne comme parents : « Auguste Jean Hyacinthe Demorny, propriétaire àSaint-Domingue, demeurant àVilletaneuse, département de laSeine », et son épouse « Louise Émilie Coralie Fleury ». En réalité, le couple Demorny faisait partie des connaissances de la famille deBeauharnais auxAntilles.Joséphine aurait demandé à ce Demorny, moyennant une somme d'argent, de reconnaître le fils illégitime de sa fille[12].
La famille de Flahaut accepta très bien la présence deCharles de Morny. Celui-ci devint en particulier très complice avec sa demi-sœur, la fille aînée légitime de son père.
Figure | Blasonnement |
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Armes du baron de Flahaut de La Billardrie et de l'Empire (décret du,lettres patentes du,Fontainebleau), D'argent à trois merlettes de sable, surmontées d'un comble d'azur chargé d'une croix d'or : franc-quartier des Barons tirés de l'armée brochant sur le tout.[15] | |
Armes du comte Flahaut de La Billardrie et de l'Empire () (décret du,lettres patentes du,Palais des Tuileries) D'argent à trois merlettes de sable ; au comble d'azur chargé d'une croix pleine d'or ; franc-quartier des comtes tirés de l'armée, brochant au neuvième de l'écu.[15] |
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