Nom de naissance | Charles Münch |
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Naissance | Strasbourg,Alsace-Lorraine ![]() |
Décès | (à 77 ans) Richmond,Virginie ![]() |
Activité principale | Chef d'orchestre |
Activités annexes | Violoniste |
Lieux d'activité | Boston |
Années d'activité | 1919–1967 |
Maîtres | Lucien Capet,Carl Flesch |
Enseignement | Conservatoire de Paris |
Ascendants | Ernest Münch |
Famille | Hans Münch (cousin),Albert Schweitzer (cousin) |
Distinctions honorifiques | Légion d'honneur |
Charles Munch, né Charles Münch le àStrasbourg et mort le àRichmond (Virginie), est unchef d'orchestrefrançais, néallemand.
Né dans une famille de musiciens originaire deNiederbronn-les-Bains, commune dont le collège porte maintenant son nom[1], Charles Münch fait ses premières armes auviolon dès l'âge de 5 ans avec son pèreErnest Münch et auconservatoire de sa ville natale. Son père est le fondateur duchœur de Saint-Guillaume àStrasbourg. L'organisteEugène Münch est son oncle.
En 1905, il rencontreVincent d'Indy venu à Strasbourg. Il étudie le violon avecLucien Capet à Paris, malgré une inscription à lafaculté de médecine. Il effectue un stage avecCarl Flesch àBerlin.
Mobilisé dans l'armée impériale durant laPremière Guerre mondiale, il est gazé àVerdun en 1916.
En1919, à la signature dutraité de Versailles, il devient citoyen français et l’ü de « Münch » perd son tréma. Jusqu'en 1925, il est professeur de violon auconservatoire de Strasbourg et premier violon à l'orchestre municipal, sous la direction deGuy Ropartz.
De 1925 à 1932, il est premier violon solo de l'orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction deWilhelm Furtwängler etBruno Walter. À cette occasion, il étudie la direction d'orchestre et fait ses débuts lors d'un concert historique.
De retour en France, il dirige quelques concerts en louant, grâce au soutien financier de son épouseGeneviève Maury (1886-1956), les services de l'orchestre des concerts Straram avant de prendre en 1935 la direction de l'orchestre philharmonique de Paris, ensemble constitué à l'initiative d'Alfred Cortot. L'été, il assure les concerts de la saison àBiarritz. Il est nommé professeur de violon à l'École normale de musique de Paris (1936).
Il est invité à Berlin par la Société internationale de musique contemporaine (1937). En 1938, il est nommé directeur de l'orchestre de la Société des concerts du Conservatoire, avec lequel il enregistre la musique de nombreux films français (notamment celle desEnfants du paradis). En 1939, il est nommé professeur de direction auConservatoire de Paris et fait ses débuts aux États-Unis avec l'orchestre symphonique de Saint-Louis.
À la fin de laSeconde Guerre mondiale, en1945, il reçoit laLégion d'honneur pour son rôle derésistant[2] durant l'Occupation. Il fait ses débuts à Prague avec l'orchestre philharmonique tchèque.
Il effectue ses premiers enregistrements pourDecca en 1946 avec l'orchestre de la Société des concerts du Conservatoire (30 disques). La même année est celle de sa première tournée américaine et canadienne.
En 1948, il mène une tournée triomphale aux États-Unis et au Canada à la tête de l'orchestre national de la RTF, ce qui le fait connaître et lui vaudra son engagement à Boston.
En 1949, il effectue une autre tournée auxÉtats-Unis avec l'orchestre philharmonique de New York et l'orchestre symphonique de Boston, dont il devient le directeur musical en1949, succédant ainsi àSerge Koussevitzky. Dès lors, une grande amitié liera Charles Munch et « son » orchestre deBoston.
En 1952, l'orchestre symphonique de Boston effectue avec son chef sa première tournée européenne (Dublin, Édimbourg, Prague, Vienne, Paris, Chartres, Strasbourg).
En 1955, il participe aufestival de Salzbourg et dirige l'orchestre philharmonique de Vienne. L'année suivante, l'orchestre symphonique de Boston se rend en tournée en Europe et enUnion soviétique dans un contexte deguerre froide. C'est le premier orchestre occidental à se faire entendre à Leningrad et Moscou. De 1956 à1958, il est également président-chef d'orchestre desConcerts Colonne.
Il tourne au Japon et enAustralie en 1960.
En mai1962, Munch quitte son poste àBoston après une tournée d'adieu en Extrême-Orient et au Japon. Il revient en France, pour y diriger notamment l'orchestre national de France. Il devient président de l'école normale de musique.
En1967, à l'initiative d'André Malraux, il est appelé à diriger le tout nouvelOrchestre de Paris (après la dissolution de l'orchestre de la Société des concerts du Conservatoire) dont il devient le directeur musical[3]. L'orchestre part en tournée à l'étranger, notamment en Union soviétique, où la santé de Munch se dégrade. Il est remplacé pour certains concerts parPaul Paray.
Lors d'une tournée triomphale aux États-Unis avec l'Orchestre de Paris (New York, Philadelphie, Washington, etc.), il meurt d'unecrise cardiaque le àRichmond.
Il est inhumé aucimetière des Arches de Louveciennes[4] (partie ancienne) ; dans la même tombe repose sa nièce par alliance, la pianisteNicole Henriot-Schweitzer (1925-2001).
Charles Munch est certainement l'une des personnalités les plus marquantes de la direction d'orchestre duXXe siècle : d'une grande élégance, il dégageait une énergie sans bornes, faisant de chacun de ses concerts « un événement, une occasion »[5].
Ses interprétations de la musique française, des romantiques et post-romantiques (Georges Bizet,Hector Berlioz,César Franck,Édouard Lalo,Ernest Chausson,Camille Saint-Saëns) aux compositeurs de son temps (Albert Roussel,Gabriel Fauré,Maurice Ravel,Arthur Honegger,Darius Milhaud), sont de véritables trésors, témoignant de la vitalité et de la fraîcheur de sa direction. Il était également un grand interprète de la musique allemande, tout particulièrement Beethoven, Schumann, Brahms, Mendelssohn etRichard Strauss. Parmi ses œuvres de chevet figurentLa Mer deClaude Debussy,Daphnis et Chloé deMaurice Ravel ainsi que les œuvres d'Hector Berlioz qu'il enregistra à plusieurs reprises.
Il se fit également un fervent interprète de la musique deHenri Dutilleux dont il créa saSeconde Symphonie "Le Double" en 1959 à Boston, et qu'il enregistra dans les années 1960 avec l'Orchestre des Concerts Lamoureux. En outre, il grava en 1967 avec l'Orchestre National de l'ORTF une mémorable version desMétaboles.
Jacqueline de Romilly a consacré à Charles Munch plusieurs pages de son livreJeanne[6]. Elle y évoque les relations amicales que sa mère et elle entretenaient avec celui qu'elle ne nomme pas et qu'elles surnommaient affectueusement « le brigand ».Jacqueline de Romilly revient sur cette amitié dansLes Roses de la solitude[7], et l'évoque encore rapidement dans un entretien radiophonique[8].
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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