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| Ambassadeur de France aux Pays-Bas | |
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| Ambassadeur de France dans l'Empire ottoman | |
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| Pair de France | |
| Pair de France | |
| Membre du Sénat conservateur | |
| Conseiller d'État |
| Comte | |
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| Marquis |
| Naissance | |
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| Décès | (à 80 ans) Ancien 10e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance | Charles-Louis Huguet de Montaran |
| Surnom | Le vieux chat |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Enfant | Charles-Tristan de Montholon (fils adoptif) |
| A travaillé pour | |
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| Propriétaire de | |
| Distinctions |
Charles-Louis Huguet de Montaran,comte puismarquis de Sémonville, né àParis le et mort dans cette même ville le, est unhomme politique etdiplomatefrançais.
Conseiller auParlement de Paris très jeune, Sémonville fait partie desgentilshommes éclairés favorables aux idées portées par lesLumières, comme lemarquis de La Fayette, lecomte de Mirabeau ou l'évêque d'AutunCharles-Maurice de Talleyrand-Périgord, avec lesquels il se lie.
Sous laRévolution, il obtient plusieurs postes diplomatiques. Arrêté enSuisse alors qu'il se rend àConstantinople, il passe deux années et demie dans les geôles autrichiennes. Grâce à l'appui deTalleyrand, Sémonville est nommé en 1799 ambassadeur de laRépublique française àLa Haye, puissénateur de l'Empire en 1805. Il devient grand référendaire de laChambre des Pairs sous laRestauration et conserve cette fonction jusqu'en 1834, date à laquelle Sémonville se retire de la vie politique.
Réputé pour son intelligence et son goût pour l'intrigue, il a servi tous les régimes qu'a connus la France durant cette période, sachant entretenir des liens étroits avec les puissants de son époque.
Né Charles-Louis Huguet de Montaran, il est issu d'une petite famille noble originaire de l'Orléanais et installée auchâteau de Frémigny, àBouray-sur-Juine. Son père, Charles Huguet de Montaran, est conseiller du roiLouis XV, secrétaire du Conseil royal des Finances[1]. En1777, Charles-Louis Huguet de Montaran prend le nom de Sémonville, qu'il hérite d'une tante, proche de lamarquise de Pompadour. À la fin de l'année,Louis XVI lui octroie l'office de conseiller auParlement de Paris, lui accordant une dispense d'âge[2],[3].
Il se distingue en s'opposant énergiquement aux réformes deLoménie de Brienne en juillet1787 et est l'un des parlementaires à réclamer la réunion desÉtats généraux[4]. Après lelit de justice d'août1787, le Parlement est déplacé àTroyes pendant un mois.
Durant les mois qui précèdent laRévolution française, Sémonville fréquente plusieurs sociétés politiques, comme lasociété des Trente fondée par son collègueAdrien Duport ou leclub de 1789[5]. Député suppléant deParis auxÉtats généraux de 1789 et membre de laCommune de Paris, Charles-Louis de Sémonville se lie àLa Fayette et àMirabeau, dont il est le principal agent, avecAntoine Omer Talon. Il fréquente activement les milieux nobles favorables aux idées révolutionnaires, comme l'évêqueCharles-Maurice de Talleyrand-Périgord[6], mais également lecomte de Provence, futurLouis XVIII. En décembre1789, le comte de Provence est compromis dans l'affaire Favras. Il fait appel à Sémonville pour le conseiller et rédiger sa défense qu'il prononce devant les représentants de la Commune de Paris, qui le disculpent[7].
Le 28 mai 1790, il épouse Angélique Aimée de Rostaing, veuve deMathieu de Montholon,grand veneur ducomte de Provence. Sémonville adopte les quatre enfants de son épouse, dont le jeuneCharles-Tristan de Montholon, alors âgé de 6 ans.
À l'instigation deMontmorin,ministre des Affaires étrangères, et de La Fayette, il est chargé de remplir une mission secrète enBelgique, qui s'est insurgée contre l'empereurJoseph II en janvier et février 1790.
Ses nombreuses relations lui permettent de décrocher le poste de ministre plénipotentiaire près de larépublique de Gênes le 20 novembre 1790[8]. Il ne s'y rend qu'en juillet 1791. Le faste duquel Sémonville s'entoure, sa qualité d'homme neuf et surtout sa réputation de jacobin zélé lui valent de nombreuses difficultés. Le reste du corps diplomatique se méfie de lui, montrant parfois une certaine hostilité[9]. ÀGênes, il fréquente les jacobins italiens et informe son gouvernement des préparatifs militaires dans la région. En avril1792, la représentation française à Gênes est réunie aveccelle de Turin mais le roiVictor-AmédéeIII lui interdit le territoire sarde. Sémonville est retenu quelques jours àAlexandrie, puis rentre à Gênes.

Entretemps, il avait acheté aumarquis d'Ecquevilly et à son épouse, la comtesse de Grandpré, leurs terres deGrandpré, enArdennes, par contrat du 5 septembre 1791. Ces terres comprenaient lechâteau de Grandpré, ses dépendances et de nombreuses fermes et anciennes propriétés des comtes de Grandpré[10].
En juin 1792, lorsqueDumouriez démissionne duministère des Affaires étrangères, le nom de Sémonville est évoqué pour lui succéder mais celui-ci est finalement nommé ambassadeur de France àConstantinople[11]. Cependant, son agrément est refusé par le sultan ottomanSélim III[12]. Résidant toujours à Gênes, Sémonville est envoyé en novembre 1792 enCorse où il rencontreVolney et se lie avec lafamille Bonaparte, notamment avecLucien[13],[14].
Le 2 février 1793, Sémonville est suspendu de sa fonction d'ambassadeur. Son nom a été cité plusieurs fois dans des documents saisis dans l'armoire de fer deLouis XVI, révélant son rôle dans les activités secrètes de Mirabeau. Il rentre à Paris pour se justifier, accompagné par Lucien Bonaparte. Lecomité de salut public lève sa suspension le 11 mai et Sémonville n'est plus inquiété[15].

Réhabilité, il est à nouveau envoyé par laConvention nationale à Constantinople. L'objet réel de sa mission était de négocier avec laToscane la liberté deMarie-Antoinette contre la paix ;Hugues-Bernard Maret, chargé de la même mission àNaples, l'accompagne[16]. Sur le trajet, les deux diplomates français sont faits prisonniers par les Autrichiens le 25 juillet 1793 àNovate Mezzola, dans le territoire neutre desGrisons enSuisse. Contraire audroit des gens, cette arrestation suscite la colère de la Convention mais elle est justifiée par Vienne, pour qui tout agent du gouvernement français est un criminel, depuis la mort de Louis XVI[17]. Sémonville était au courant des risques encourus, ce qui fait penser à certains historiens commeAlfred-Auguste Ernouf que, privés du soutien de Mirabeau, La Fayette ou Dumouriez et se sentant menacés en France, les deux ambassadeurs aient pu organiser ou provoquer eux-mêmes leur enlèvement[18]. Ils sont emprisonnés àMantoue, puis dans la forteresse deKufstein, enAutriche.
Maret et Sémonville tissent à cette occasion de profonds liens d'amitié. Ils sont échangés contreMadame Royale, fille deLouis XVI le 16 décembre1795, après vingt-neuf mois d'une captivité éprouvante et sont accueillis triomphalement auConseil des Cinq-Cents[19]. En août1796, Sémonville quitte Paris et se retire dans sonchâteau de Grandpré, dont il entreprend la restauration après les pillages des armées prussiennes et émigrées en 1792[20]. De retour à Paris, il essaie de toucher les indemnités auxquelles il prétend avoir droit du fait de sa longue détention en Autriche. Dans cette tâche, il bénéficie notamment de l'appui deTalleyrand qui intercède auprès deNapoléon Bonaparte[21]. Sémonville part enItalie en janvier1798 pour faire valoir ses droits et y reste jusqu'au mois de septembre. Maret et Sémonville se voient finalement accorder une somme de300 000 livres chacun par laRépublique cisalpine en avril 1798[22].
Après lecoup d'État du 30 prairial,Sieyès etBarras cherchent à renverser le régime duDirectoire et préparent un nouveau coup d'État. Selon l'agent royalisteHyde de Neuville,« Sémonville était à la tête du mouvement qui se préparait. Il en avait conçu le plan, distribué les rôles. Il devait, sinon profiter seul du succès, au moins en recueillir le plus grand avantage[23]. » Il marie le 19 juillet1799 sa fille Félicité au généralJoubert, général en chef de l'armée d'Italie et pressenti pour être le« sabre » du coup d'État. Mais la mort de Joubert àNovi, le 15 août, contraint les conjurés à suspendre leurs projets[24]. Lorsque Bonaparte revient d'Égypte, en octobre 1799, les préparatifs reprennent et Sémonville, s'il joue un rôle moins important que dans le premier dispositif, est la« cheville ouvrière entre Talleyrand, l'instigateur principal des événements, et Bonaparte, le bras agissant », selon le ministre des Relations extérieuresCharles-Frédéric Reinhard[25].
Après lecoup d'État du 18 brumaire, il est nommé par Napoléon Bonaparteconseiller d'État, puisministre plénipotentiaire et ambassadeur extraordinaire àLa Haye, afin de le représenter auprès de laRépublique batave. Contrairement à ses prédécesseurs,Charles Delacroix,François Louis Deforgues[26] ouFlorent-Guiot, Sémonville possède un réel talent de diplomate, un goût certain pour les intrigues et« maîtrise l'art du mensonge habilement dissimulé[27] ». Il s'attache à contraindre laRépublique batave à respecter letraité de La Haye, qui lie les deux pays dans une alliance offensive et défensive, plaçant la petite république sous la domination de la France[28],[29]. Rapidement confronté aux dysfonctionnements duDirectoire batave, Sémonville entreprend dès l'automne1800 de provoquer une réforme constitutionnelle, afin de concilier les intérêts du gouvernement batave avec ceux du gouvernement français[30]. Pendant près d'un an, avec l'attention de Bonaparte, il sonde les élites révolutionnaires bataves, se rapprochant des unitaristes commeAlexander Gogel ouSamuel Wiselius ou encore des modérés commeRutger Jan Schimmelpenninck. Au cours de l'année1801, Sémonville est parvenu à imposer son influence sur le pays entier, au point que les voyageurs français l'appellent« le Tout-Puissant Sémonville[31] ». Il travaille à la réconciliation des révolutionnaires bataves, divisés entre fédéralistes et unitaristes, à l'image de la pratique de Bonaparte en France[30]. Le 14 septembre 1801, un projet – modifié par Sémonville et Bonaparte – estadopté par le Directoire puis adopté par référendum le 16 octobre[32].
Au cours de son ambassade, Sémonville a témoigné, comme son mentor Talleyrand, de sa vénalité. Après la mise en place de laRégence d'État, le 18 octobre 1801, le nouveau gouvernement lui verse 3 000florins par mois[33] pour qu'il envoie à Paris des dépêches favorables[30]. En1804, à l'occasion du versement par la République batave d'importantes indemnités àGuillaume V d'Orange, lestathouder déchu, Sémonville et Talleyrand reçoivent plusieurs milliers de florins[31],[34].
Sémonville,« l'un des hommes les plus spirituels de [son] époque » selonMarmont[35], considère dès1803 le rattachement de la République batave à la France comme inévitable, les intérêts respectifs des deux pays étant trop opposés pour rester alliés[36]. Sémonville est rappelé àParis le12pluviôseanXIII[37], lorsqueNapoléon Ier le faitsénateur de l'Empire[38].
En tant que sénateur, Sémonville s'occupe naturellement des questions de diplomatie abordées auSénat conservateur. Il est notammentrapporteur dessénatus-consultes ratifiant lestraités de Tilsit en1807, les annexions de laToscane et deParme à la France en1808, puis de laHollande et desvilles hanséatiques en1810[39]. Il devientcomte de l'Empire comme tous les autres sénateurs le 8 mai1808. L'année suivante, il reçoit lasénatorerie deBourges et est désigné secrétaire du Sénat. Il réside à l'hôtel de Broglie, à quelques mètres des résidences de son ami Maret, l'hôtel de Galliffet, et de son mentor Talleyrand, l'hôtel de Matignon[40].
Après le divorce de Napoléon etJoséphine, Sémonville joue un rôle déterminant en faveur du choix de Napoléon surMarie-Louise d'Autriche pour devenir la nouvelle impératrice. Il parvient à convaincre leprince de Schwarzenberg, ambassadeur d'Autriche à Paris, de proposer l'archiduchesse comme alternative àAnna Pavlovna de Russie[41]. En reconnaissance, l'empereurFrançoisIer le décore du grand-cordon de l'ordre impérial de Léopold[42].
Le 3 juin1810, leministre de la Police,Joseph Fouché, est écarté par Napoléon ; Sémonville est convaincu par Maret,secrétaire d'État, que Napoléon va le nommer pour le remplacer. L'empereur lui préfère cependant au dernier momentRené Savary,duc de Rovigo, avec qui Sémonville attendait la confirmation de la nouvelle dans les jardins deSaint-Cloud[43]. Quelques mois plus tard, Maret prépare un décret nommant le comte Sémonville secrétaire d'État dugrand-duché de Berg et en informe l'intéressé. Mais Napoléon, qui a de moins en moins confiance en Sémonville depuis la disgrâce de Talleyrand, raye son nom et le remplace par celui dePierre-Louis Roederer[44].
Sentant que laCampagne de Russie est porteuse de nombreux désastres[45], Sémonville prend peu à peu ses distances avec le pouvoir impérial. Le 26 décembre1813, Napoléon le nomme « commissaire extraordinaire » dans la21e division militaire à Bourges pour mobiliser toutes les énergies disponibles, ce qui implique d'accélérer la conscription et museler les oppositions. Rapidement, Sémonville se rend compte que la région est incapable de se défendre, dépourvue de troupes et d'armes. Le 21 février1814, il est également nommé commissaire pour la21e division militaire par lecomte d'Artois, frère deLouis XVIII. Dès lors, il favorise secrètement le ralliement de la région à la cause royaliste tout en feignant de s'acquitter de sa tâche confiée par Napoléon[46]. Il rentre à Paris le 16 avril, après l'abdication de Napoléon à Fontainebleau. Il adhère à la déchéance de l'empereur et au projet deconstitution sénatoriale. Sémonville se signale en s'opposant à la lecture d'une lettre dutsarAlexandreIer demandant la réhabilitation dugénéral Moreau, mort dans les armées russes après labataille de Dresde, en 1813[47].

Sémonville fait partie de la commission de neuf députés et neuf sénateurs chargée de la rédaction de laCharte de 1814. Il fait notamment adopter l'article 19, qui permet aux chambres de solliciter du roi la proposition d'une loi[48]. Le 4 juin1814,Louis XVIII le faitpair de France et « grand référendaire de laChambre des Pairs », fonction nouvelle créée pour lui. Son rôle est celui d'un intermédiaire entre le roi et la Chambre des Pairs, dont il assure la protection et celle de ses archives. Il enregistre ses actes en apposant son sceau[49].
Cependant, dès le mois d'août 1814, il exprime àHugues-Bernard Maret ses doutes sur la pérennité de laRestauration[50]. Durant lesCent-Jours, il se tient à l'écart, dans sonchâteau de Pirou, près deCoutances, et est rayé de la liste des pairs par Napoléon. Étant calculateur, Sémonville envoie ses deux fils adoptifs servir deux maîtres différents : le généralCharles-Tristan de Montholon se joint à Napoléon, dont il devient un chambellan, mais Louis-Désiré de Montholon-Sémonville s'enfuit avec Louis XVIII àGand[51].
Après labataille de Waterloo, Montholon, qui bénéficie du soutien de Maret, accompagne Napoléon àSainte-Hélène. Pour l'historien canadienBen Weider et les tenants de lathéorie de l'empoisonnement de Napoléon, Montholon aurait été une« taupe royaliste », agissant aux ordres de son beau-père et du gouvernement anglais, et aurait fini par empoisonner l'empereur à l'arsenic[52],[53]. Rentré d'exil, Louis XVIII confirme Sémonville dans son fauteuil de pair et de grand référendaire.
Il représente sa Chambre à toutes les cérémonies protocolaires. Sémonville se montre peu à la tribune de la Chambre haute, préférant agir en coulisses, conformément à son tempérament et à sa charge : de1815 à1830, il ne prend la parole qu'à treize reprises[54]. Pourtant, son influence sur la chambre est très imposante, éclipsant totalement celle de son président,Charles Henri Dambray[55]. Il est faitmarquis le 2 septembre1817 puisgrand-croix de la Légion d'honneur le 19 août1823[56]. Sémonville est maire deBouray-sur-Juine de 1817 à 1832[57].
Le 12 octobre 1820, Charles-Louis Huguet de Sémonville rachète pour120 000 livres[58] l'ouvrage deLouis Foy Duprat-Taxis intituléLa nouvelle pairie française d’après la Charte organisée par l’ordonnance du 25 août 1817. Ouvrage critique, historique et généalogique, dont l’exactitude et la vérité sont attestées par les actes mêmes des familles appelé communément le manuscrit Duprat Taxis qui est un document de 353 pages, contenant l'histoire héraldique et généalogique despairs de France[59] et qui provoquerait des scandales s'il était publié car révélant les origines douteuses de ses familles. Le manuscrit ne fut jamais publié et caché dans les réserves de la Bibliothèque du Sénat[60],[61].
Au retour de son fils après la mort de Napoléon en1821, Sémonville fait jouer ses relations afin d'accélérer l'exécution du testament de Napoléon dont Montholon est le principal bénéficiaire. Ce legs et la vente duchâteau de Frémigny – qui affecte grandement Sémonville – n'empêchent pas la faillite du général en1829[62].
Inquiet en raison de la politique dePolignac et de son échec aux élections législatives du 19 juillet 1830, Sémonville sent larévolution arriver[63]. Le 21 juillet 1830, à l'occasion d'un dîner chezLouis-Philippe d'Orléans, Sémonville tend au duc d'Orléans enrhumé son chapeau,« en attendant la couronne ». Devant le refus de Louis-Philippe, qui affirme vouloir ne la porter que de droit, le grand référendaire lui répond que la couronne« sera par terre, la France la ramassera et [le] forcera à la porter[64] ». Il le conseille ensuite sur la suite possible des événements[65]. Dans la nuit du 28 au 29 juillet, alors que la révolution enflamme Paris, le marquis de Sémonville et lecomte d'Argout se rendent auxTuileries pour demander à Polignac le retrait desordonnances de Saint-Cloud. Une altercation violente éclate entre Sémonville et Polignac. Le grand référendaire se rend àSaint-Cloud pour tenter d'infléchir la position deCharles X. Au cours de leur entrevue, le roi accepte de retirer les ordonnances et de remplacer Polignac par leduc de Mortemart. Sémonville, d'Argout etVitrolles sont chargés d'aller annoncer les décisions de Charles X à Paris. Après avoir été chahutés lors du passage des barricades, les émissaires rencontrent la commission municipale et La Fayette en fin de journée. Comprenant qu'il est trop tard pour sauver Charles X, Sémonville rentre aupalais du Luxembourg. Il annonce le 2 août l'abdication du roi à la Chambre des Pairs[66].Louis-Philippe Ier le confirme dans ses fonctions. En raison de son rôle dans larévolution de Juillet, Sémonville est le témoin vedette duprocès des ministres de Charles X[67]. Il réussit à émouvoir fortement l'auditoire pourtant hostile en relatant sa conversation avec Charles X[68].
Le 25 juillet1831, Sémonville fait tapisser la salle de la Chambre des Pairs par les drapeaux autrichiens capturés àUlm en 1805, qu'il avait cachés dans un grenier du palais du Luxembourg en 1814. Pensant flatter les instincts patriotiques des Français, le grand référendaire est sévèrement critiqué par l'opposition[69].
Sémonville démissionne de son poste de grand référendaire le et est remplacé par le ducDecazes. Il est alors fait grand référendaire honoraire. Cette démission pourrait avoir été causée par des rumeurs de l'existence d'une correspondance secrète de Sémonville avec Charles X, exilé àPrague[70].
Sémonville se retire à Versailles, ne paraissant plus qu'exceptionnellement à la Chambre des Pairs. Le 13 novembre 1834, sonchâteau de Grandpré est détruit par un incendie. Quelques mois auparavant, une compagnie d'assurances lui avait proposé d'assurer l'édifice ; Sémonville avait répondu :« Bah ! il faudrait pour endommager le château amasser six cents fagots de sarments dans la salle des gardes et y mettre le feu. » Un simple feu de cheminée dans cette même salle de garde en a eu raison. Il meurt le àParis en tombant dans les escaliers de son hôtel de larue de Lille.
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord l'avait surnommé le « vieux chat » en raison de sa vive intelligence et de ses talents pour la ruse[71]. Un mot de lui, cité parAlexandre Dumas dans ses mémoires, dit bien ses sentiments. Voyant M. de Sémonville maigrir, Talleyrand aurait lâché : « Quel intérêt peut-il avoir à cela[72] ?» Pour l'historienJean Tulard, Charles-Louis Huguet de Sémonville est l'homme qui a prêté le plus de serments au cours de la période 1789-1848[73].
Les papiers personnels des familles de Montholon et Sémonville sont conservés auxArchives nationales sous la cote 115 AP[74]
Légion d'honneur[77],[78],[56] :
| Figure | Blasonnement |
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| Armes du comteHuguet de Sémonville et de l'Empire [Écartelé]Au premier de comte-sénateur, au deuxième et troisième d'azur chargé d'un mouton d'or, surmonté de trois quintefeuilles d'argent ; au quatrième écartelé or et azur, savoir : les premier et quatrième d'or au chène de sinople, les deuxième et troisième d'azur à la merlette d'argent[79].
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| Armes du marquis de Sémonville,pair de France Écartelé : aux premier et quatrième, d'azur, à un cygne d'argent ; aux deuxième et troisième, d'or, à un chêne arraché de sinople, englanté d'argent[56],[80].
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