Sixième département par sa superficie au niveau régional, il dispose d'une vaste façade maritime sur l'océan Atlantique et d'une large ouverture sur l'estuaire de la Gironde. Il est arrosé par plusieurs fleuves dont laCharente à laquelle il doit en partie son nom.
Quatre villes s'imposent dans l'armature urbaine de ce département : ce sontLa Rochelle etRochefort qui polarisent tout le nord-ouest de la Charente-Maritime, tandis queSaintes domine le centre du département autour de la vallée de laCharente etRoyan la rive droite de l'estuaire de la Gironde. À leurs côtés, quelques petites villes exercent une influence locale commeSaint-Jean-d'Angély,Jonzac,Surgères,Saint-Pierre-d'Oléron etMarennes. La partie méridionale du département subit fortement l'attraction deBordeaux, la capitale régionale.
Doté d'un secteur primaire encore important grâce à une agriculture diversifiée et la premièreconchyliculture de France, la Charente-Maritime n'a jamais été un département industriel. Le secteur tertiaire y est largement prépondérant avec près des 3/4 des emplois occupés par les commerces et les services, les administrations, le tertiaire supérieur et le tourisme, ce dernier étant le secteur économique le plus dynamique du département.
Dans une vue d'ensemble, la Charente-Maritime fait partie du « Midi atlantique »[2], étant située dans le sud-ouest de la France[Note 4], en bordure de l'océan atlantique et du plus grand estuaire d'Europe que représente laGironde.
Bénéficiant d'une large façade littorale sur sa partie ouest, la Charente-Maritime est limitrophe de cinq départements. Au nord, elle confine avec laVendée, au nord-est avec lesDeux-Sèvres, à l'est avec laCharente — département avec lequel elle partage la plus grande longueur administrative —, au sud-est avec laDordogne et, au sud avec laGironde.
Ce département, tout en longueur et à la curieuse configuration géographique, est constitué de plaines et de bas plateaux peu boisés au nord mais davantage au sud du fleuve, notamment dans sa partie méridionale. Caractérisé par un relief doucement ondulé, où les altitudes sont en général peu élevées (le point culminant du département étant les Cent Journaux de Chantemerlière à 173 m, dans laforêt d'Aulnay et la commune deContré[3]), la Charente-Maritime est parcourue par des fleuves et des rivières s'écoulant dans des vallées peu profondes et évasées et est bordée sur son littoral par de larges espaces de marais qui occupent le 1/5 du territoire départemental.
L'île de Ré est située au large deLa Rochelle, entre les côtes charentaises et vendéennes.Saint-Martin-de-Ré est souvent considérée comme la « capitale » historique de l'île de Ré mais elle n'est plus la ville principale[Note 5].
L'île Madame est la plus petite des îles charentaises. Elle est située sur la rive gauche de l'estuaire de laCharente entre la presqu'île deFouras et l'île d'Aix au nord, et la station balnéaire dePort-des-Barques, au sud, commune à laquelle elle est administrativement rattachée. Elle fait face à l'île d'Oléron et au célèbre site defort Boyard.
Le sous-sol de la Charente-Maritime est exclusivement composé deroches sédimentaires âgées duMésozoïque, duCénozoïque et duQuaternaire. Les roches sont essentiellement constituées decalcaires, demarnes, d'argiles et degrès. La partie nord du département est occupée par des calcaires et des marnes duJurassique supérieur (Oxfordien àTithonien en passant par leKimméridgien), marquant principalement les paysages de l'île de Ré, du nord de l'île d'Oléron et de la plaine d'Aunis. Les terrains duCrétacé supérieur se composent essentiellement de calcaires crayeux, de calcaires à Rudistes, d'argiles et de calcaires sableux âgés duCénomanien auCampanien (Saintonge, rives de l'estuaire de la Gironde). Des terrains sablo-argileux duCénozoïque occupent la partie sud-est du département. Les marais littoraux (Rochefort,Brouage,Poitevin) sont composés d'alluvions fluvio-marines du Quaternaire. Le sous-sol charentais-maritime est structuré selon quelques failles et des plis plurikilométriques ouverts (anticlinaux etsynclinaux : synclinal de Saintes, anticlinal de Jonzac) et orientés NO-SE (direction dite « armoricaine »). Le département est situé dans une zone à la sismicité qualifiée de faible (sud du département) à modérée (nord du département)[8].
laSèvre Niortaise, tout au nord de la Charente-Maritime, sert de délimitation naturelle avec le département de laVendée ;
laCharente coule au centre du département, c'est l'artère fluviale maîtresse de la Charente-Maritime ;
laSeudre, qui est l'un des plus petits fleuves côtiers de France, se jette dans l'océan par un long estuaire, il alimente cependant le plus important bassin ostréicole de France ;
laGironde, qui correspond à l'estuaire commun de laGaronne et de laDordogne marque la limite méridionale avec le département de laGironde. Il correspond au plus vaste estuaire d'Europe occidentale dont la Charente-Maritime borde la rive droite jusqu'à son embouchure.
Le département de la Charente-Maritime bénéficie d'unclimat tempéréocéanique grâce à sa large ouverture sur l'océan Atlantique et sur l'estuaire de laGironde, caractérisé en général et principalement sur lelittoral par des hivers doux et des étés tempérés.
Les spécificités climatiques où le département bénéficie de nuances météorologiques représentant le climat océanique aquitain caractérisé par des hivers doux grâce à la proximité de l'océan Atlantique et des étés chauds rafraîchis par les effluves océaniques.
La présence d'une flore de type subméditerranéen, surtout sur la façade littorale et dans l'archipel charentais, est représentée par lesagaves, lescistes, lesmimosas, lesoliviers, lespalmiers, leschênes verts, lesroses trémières… Toute cette végétation évoque à bien des égards le climat d'un « Midi atlantique ».
La présence de sites naturels ou artificiels ayant des caractéristiques bien différenciées, qui ont favorisé des écosystèmes riches en matière de biodiversité :marais,slikkes,schorres,pelouses calcicoles,falaises calcaires,vasières,estrans rocheux,dunes,prairies humides,estuaires, etc. La différence est grande entre le sud du département et les îles du littoral, ce qui se repère à travers la diversité des paysages.
L'existence de nombreuses réserves naturelles qui ont permis de préserver des habitats naturels[9], ainsi qu'une urbanisation et une emprise agricole encore assez modérées.
La présence de vasières et de marais, situés sur la grande voie atlantique de migration, qui drainent des populations importantes d'oiseaux, notamment nordiques dont les cigognes blanches et noires.
Évolution de la population [ modifier ], suite (1)
1851
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
469 992
474 828
481 060
479 529
465 653
465 628
466 416
462 803
456 202
Évolution de la population [ modifier ], suite (2)
1896
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
453 455
452 149
453 793
451 044
418 310
417 789
415 249
419 021
416 187
Évolution de la population [ modifier ], suite (3)
1954
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2011
447 973
470 897
483 622
497 859
513 220
527 146
557 024
598 915
625 682
Évolution de la population [ modifier ], suite (4)
2016
2021
2023
-
-
-
-
-
-
642 191
661 404
672 279
-
-
-
-
-
-
(Sources : SPLAF - population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962[10] − puis base Insee − population sans doubles comptes de 1968 à 2006[11] puis population municipale à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique
Le département de la Charente-Maritime est un département moyennement peuplé, sa densité de population atteint 97,9 hab/km2 en 2023.
Cependant, une analyse plus affinée de la répartition de la population sur le territoire départemental fait apparaître de fortes disparités de peuplement.
Le littoral, densément peuplé et fortement urbanisé, supporte aisément la comparaison avec la moyenne nationale, tandis que la Saintonge continentale présente les mêmes caractéristiques que la France rurale et faiblement peuplée, à l’exception notable de la vallée centrale de laCharente, organisée autour deSaintes, et singularisée par un dynamisme démographique soutenu et régulier.
L’évolution démographique du département se définit en quatre grandes périodes historiques, depuis la mise en place des recensements intercensitaires de population.
De lapériode napoléonienne jusqu’auSecond Empire, le département a enregistré une croissance démographique remarquable et son premier maximum démographique avec une population de 481 060 habitants en 1861. Ce chiffre record n’a été dépassé qu’un siècle plus tard, en 1968.
S’ensuit une longue période de déclin démographique, fortement marquée par l’exode rural, malgré la vitalité des villes du département. Deux phases assez dissemblables apparaissent, dont la première se caractérise par une forte décroissance démographique, depuis la chute duSecond Empire et le début de laTroisième République jusqu’au lendemain de laPremière Guerre mondiale, puis un temps de stagnation démographique est observé dans l’entre-deux-guerres.
La quatrième période démographique correspond à une reprise vigoureuse et régulière de la croissance de la population depuis le lendemain de laSeconde Guerre mondiale et qui s’est de nouveau accélérée depuis 1990.
Tableau de l'évolution démographique de la Charente-Maritime de 1946 à 2009 : plus d'un demi-siècle de croissance ininterrompue
La Charente-Maritime fait partie des départements les plus attractifs deFrance, et notamment de la façade atlantique. Le département doit cet attrait à sa frange littorale et à son climat doux au fort taux d'ensoleillement qui favorisent à la fois l'haliotropisme et l'héliotropisme, mais aussi à une ruralité active et à un réseau de petites et moyennes villes bien pourvues en commerces et services. De fait, la Charente-Maritime affiche depuis 1975 unsolde migratoire positif qui n'a cessé de se renforcer depuis cette date et est à l'origine d'unecroissance démographique constante à laquelle les principales villes du département ont largement contribué ainsi que le littoral.
Bien que le vieillissement de la population soit devenu un phénomène global bien réel dans le département, des secteurs ruraux frappés depuis longtemps par l'exode rural comme la Haute-Saintonge, laDouble saintongeaise et la Saintonge du nord-est, et présentant un caractère préoccupant de leur démographie, sont devenus à leur tour des zones attractives[13].
Cependant, la répartition de la population par tranche d'âge est relativement inégale en Charente-Maritime et tend à accentuer les contrastes de peuplement. En effet, elle oppose des zones de peuplement caractérisées par une population encore jeune en milieu urbain et péri-urbain à d'autres de population majoritairement âgée en milieux littoral et rural profond.
Les moins de 25 ans en Poitou-Charentes en 1999.
De fait, trois secteurs de peuplement apparaissent en Charente-Maritime et se différencient nettement par leur démographie.
Les principaux pôles économiques et urbains -bipôle La Rochelle-Rochefort, Pays d'Aunis autour du triangleSurgères-Aigrefeuille-d'Aunis-Marans etaire urbaine de Saintes complétée par l'axePons-Gémozac - tendent à concentrer une population jeune et de jeunes ménages (plus de 30 % de la population ayant moins de 25 ans)[14]. Le dynamisme démographique dans ces secteurs géographiques se caractérise à la fois par un solde naturel et un solde migratoire nettement positifs. Cette vitalité ne concerne pas seulement la résidence de personnes âgées mais aussi l'installation d'actifs souvent jeunes. Ces territoires géographiques sont les plus dynamiques et les plus attractifs du département.
Par contraste, la situation apparaît nettement moins favorable dans les secteurs du rural profond, représentés par la Haute Saintonge et la Saintonge du nord-est, qui ont été laminés par de longues décennies d'exode rural et de déprise agricole. Ces deux micro-régions présentent les mêmes caractéristiques démographiques que la « diagonale des faibles densités » (la France des Ardennes jusqu'au sud du Massif Central, absence de centres urbains dynamiques, solde naturel négatif, solde migratoire positif mais caractérisé par l'installation de personnes âgées). Il s'agit de zones rurales en crise démographique profonde qu'aggrave une déprise économique de plus en plus préoccupante. Les petits centres urbains commeSaint-Jean-d'Angély,Jonzac ouMontendre sont en perte de vitesse et en crise urbaine, ils exercent une influence limitée sur leur propre région.
Quant à la zone littorale du département, dont l'économie repose essentiellement sur le tourisme, celle-ci a vu son attractivité se renforcer considérablement depuis 1990. Malgré le remarquable essor démographique du littoral charentais - notamment l'aire urbaine de Royan, la basse vallée de laSeudre deSaujon àMarennes, les stations balnéaires deFouras et deChâtelaillon-Plage et les deux grandes îles charentaises (Oléron etRé) -, celui-ci n'échappe pas au phénomène du vieillissement de la population où, dorénavant, la proportion de retraités, souvent supérieure à 40 % de la population totale, est de même ampleur que ce qui est observé sur le littoral méditerranéen (Côte d'Azur, côtes varoise et languedocienne notamment). Cependant, il s'agit d'une zone géographique qui s'urbanise rapidement et où la densité de population est élevée, bien supérieure à celle du département et même à celle de laFrance.
Une urbanisation encore moyenne mais qui s'accélère
La Charente-Maritime est un département moyennement urbanisé. Son taux d’urbanisation a franchi les 60 % (taux urbain de 61 % en 2021) alors qu’il est largement supérieur à 75 % enFrance. Cependant l'armature urbaine du département est relativement bien équilibrée dans son ensemble, sauf à l'extrême sud où il subit fortement l'attraction bordelaise.
En 2021, les quatre principales agglomérations urbaines du département sont dans l'ordre suivant :La Rochelle (138 236 habitants),Royan (40 122 habitants),Rochefort (38 009 habitants) etSaintes (30 064 habitants).
Ce maillage urbain est complété par neuf autres unités urbaines de plus de 5 000 habitants qui sont par ordre décroissant de population :La Tremblade (12 560 habitants),Marennes (9 716 habitants),Saint-Jean-d'Angély (7 940 habitants),Saujon (7 183 habitants),Surgères (6 825 habitants),Saint-Pierre-d'Oléron (6 627 habitants),Jonzac (5 396 habitants),Saint-Xandre (5 384 habitants) etLa Flotte (5 280 habitants).
L'économie de la Charente-Maritime est en grande partie liée à son milieu naturel qui a favorisé une agriculture aux productions très variées (lait, céréales, vigne, fruits et légumes) et des activités maritimes aux ressources importantes (huîtres, moules, sel, poissons et crustacés). Un grand nombre de ces productions ont donné naissance à une industrie agro-alimentaire, mais le secteur industriel est peu développé, quoique modernisé et diversifié.
L'économie départementale est dominée par un secteur commercial dominant que renforce letourisme qui est devenu l'activité majeure de la Charente-Maritime.
La Charente-Maritime est un important département céréalier et viticole avec la production de Cognac. Une large part de ces différentes productions est transformée sur place, ayant généré uneindustrie agro-alimentaire diversifiée, et contribue à la renommée du département par l'élaboration des eaux-de-vie decognac, dupineau des Charentes et dubeurre deSurgères.
Les ressources de la mer
La Charente-Maritime dispose d'une importante façade maritime qui la positionne aujourd'hui au premier rang national pour les productions conchylicoles (huîtres et moules).
Le département possède également de nombreuxmarais salants encore en activité, principalement dans les îles de l'archipel charentais, où la production de sel y est traditionnellement préservée. C'est que l'exploitation salinière y a des origines historiques lointaines, remontant à l'âge du fer pour les premiers marais salants dont les premières traces se trouvent sur l'île d'Oléron. Cette activité devint au Moyen Âge la première production de sel en France. Cette suprématie économique charentaise sur le sel s'est prolongée jusqu'au milieu duXIXe siècle[15].
Un secteur industriel innovant
Certes, le secteur industriel est peu développé en Charente-Maritime où il n'existe pas de grandes concentrations industrielles comme dans le Nord et l'Est de laFrance. Mais il s'est modernisé et diversifié, s'étendant sur une gamme assez variée d'activités qui sont concentrées essentiellement dans le quart nord-ouest du département (agglomérations deLa Rochelle et deRochefort, axeSurgères-Aigrefeuille-d'Aunis) et est diffus dans quelques villes de laSaintonge (Saintes,Pons,Jonzac ,Saint-Jean-d'Angély) ainsi qu'en milieu rural.
Les entreprises industrielles sont majoritairement desPME qui ont su s'adapter aux exigences du monde moderne et de la mondialisation et nombre d'entre elles travaillent à l'exportation, d'autres cultivent l'innovation technologique dans des bureaux d'étude performants.
En outre, l'industrie navale de la plaisance en Charente-Maritime présente une forte dynamique, grâce notamment aux chantiers nautiques de plaisance deRochefort[16] et deLa Rochelle[17].
À titre anecdotique, c'est en Charente-Maritime que le navireL'Hermione a été inauguré dans le port deRochefort, après 15 ans de chantier réalisé par une association particulièrement dynamique[18].
Un secteur tertiaire prédominant
Le secteur tertiaire est devenu prédominant, occupant près des 3/4 des emplois du département. Il doit cette situation particulière d'une part à une tradition commerciale fortement ancrée et d'autre part à l'importance de plus en plus accrue de l'économie touristique.
Le tertiaire supérieur
Le secteur du tertiaire supérieur s'est beaucoup renforcé en Charente-Maritime depuis la création de l'université de La Rochelle en 1993 et s'est développé en trois domaines de compétence représentés par l'enseignement supérieur, les laboratoires de recherche et la recherche et développement.
Principales villes et axes de transport routiers en Charente-Maritime.
Le département de la Charente-Maritime a de tout temps été un territoire de passage entre le Nord et le Sud, et ce, depuis ses origines antiques. Disposant d'une large ouverture sur l'océan Atlantique, il a développé une tradition maritime ancienne et importante.
Aujourd'hui, la Charente-Maritime a considérablement modernisé ses infrastructures de communication (voies ferrées, routes et autoroutes) et d'équipements portuaires (Grand port maritime de La Rochelle) et a accru son rôle de transit et d'échanges, appelé à se développer davantage encore avec les projets d'électrification des voies ferrées, de modernisation des routes et d'agrandissement des installations portuaires du port deLa Pallice.
Les principaux carrefours de voies de communication ferroviaires, routières et autoroutières sont représentés par les villes principales, oùSaintes en particulier joue un rôle de premier plan.La Rochelle etRochefort sont également d'importants centres de transit et d'échanges et ces deux agglomérations disposent d'aéroports dont celui deLa Rochelle - Île de Ré est le plus important entre Loire et Gironde.
Des conditions climatiques clémentes, un important patrimoine architectural et environnemental préservé, une vie culturelle animée et diversifiée, le tout conjugué à l'attractivité du littoral et de ses îles font de la Charente-Maritime la deuxième destination touristique de laFrance et le premier département touristique du littoral atlantique français.
L'emblème« Ma préférence » accompagne la communication des événements estampillés conseil général.
Le département possède de nombreuses églises romanes comme l'Abbaye de Sablonceaux pour la plupart et gothiques pour d'autres comme l'église deMarennes, ainsi qu'un grand nombre de châteaux dont quelques-uns sont ouverts aux touristes, notamment lechâteau de la Roche-Courbon, lechâteau de la Gataudière àMarennes ou encore celui deDampierre-sur-Boutonne. Un grand nombre de musées et d'écomusées aux thèmes variés et souvent renouvelés s'offrent aux visiteurs.
La richesse du tourisme de la Charente-Maritime réside dans sa multitude d'activités qui ne s'appuient pas exclusivement sur le littoral. Ainsi, le tourisme de santé est en plein essor grâce au développement du thermalisme (stations thermales deRochefort,Jonzac etSaujon), du thermo-ludisme et de la balnéothérapie. Il attire chaque année plusieurs milliers pour les petites structures à plusieurs dizaines de milliers de visiteurs pour les plus gros centres.
La Charente-Maritime (ensaintongeais :Chérente-Marine) tire son nom à la fois du fleuve et de son littoral.
Le fleuve est dénomméChérente en saintongeais[Note 10]. Quant à l'adjectif « maritime », il provient simplement de la situation littorale du département en bordure de l'océan Atlantique.
Antérieurement, le département a porté le nom de Charente-Inférieure en raison de sa position sur le coursinférieur du fleuve et, ce, depuis sa création jusqu'au[19]. Ce sont les négociants deCognac qui ont demandé auRégime de Vichy le changement pour préserver la réputation de qualité de leurs produits[20].
Le département tire son nom du fleuve qui, à l'époque gallo-romaine, était connu sous le nom grec de « Κανέντελος » (Kanentelos). Ce nom est mentionné par le célèbre géographeClaude Ptolémée en après Jésus-Christ[21].
En, à l'époque de l'Antiquité tardive, le poète de langue latineAusone latinise le nom du fleuve sous la forme « Carantonus »[21].
Plus tard, dans un manuscrit daté de, le cours d'eau est orthographié sous la forme latine « Caranto »[21].
À lafin du Moyen Âge, il apparaît sous sa forme presque contemporaine dans un texte où est mentionné le village de « Taillebourg qui siet sur une male rivière que l'on appelle Carente »[21].
La plupart des noms des villes et des villages riverains du fleuve des deux départements charentais ont accolé à leur toponyme le nom du fleuve vers la fin duXIXe siècle ou dans le courant du siècle suivant — cas deSalignac-sur-Charente en 1952 ou deBussac-sur-Charente en 1984 — généralement pour éviter des confusions d'homonymie géographique[Note 11].
La Rochelle, ancienne capitale de l'Aunis et actuelle préfecture de Charente-Maritime, est aujourd'hui la principale ville du département.La Charente-Maritime et les provinces qui occupaient son territoire avant 1790 : l'Aunis, laSaintonge, et, dans une moindre mesure, lePoitou et l'Angoumois.Carte du département de la Charente-Inférieure (1790)
Il a été formé artificiellement à partir des anciennesprovinces d'Aunis et deSaintonge, ainsi qu'une petite portion duPoitou et de l'Angoumois, avecSaintes comme chef-lieu. Il porta à l'origine le nom de Charente-Inférieure en raison de la position géographique du fleuve où laCharente y écoule ses eaux dans son cours inférieur jusqu'à son embouchure dans l'océan Atlantique.
Les armes de la Charente-Maritime se blasonnent ainsi :« Parti, en 1 d’azur à la mitre d’argent accompagnée de trois fleurs de lys d’or, et en 2 de gueules à la perdrix couronnée et contournée d’or. 1 Saintonge, 2 Aunis contourné. »
Dans le domaine de l'administration territoriale, le département de la Charente-Maritime, qui résulte de la fusion des deux anciennes provinces de l'Aunis et de laSaintonge ainsi que d'une fraction duPoitou et de l'Angoumois lors de laConstituante de 1790, est composé de la manière suivante :
À la suite de la réforme de la Justice de 2007, l'organisation de la carte judiciaire de la Charente-Maritime a subi un profond remaniement[22]. Mais elle a en même temps entraîné une certaine forme de « désertification » des instances judiciaires dans le département, souvent préjudiciable pour les justiciables, la notion de « justice de proximité » étant mal perçue par les citoyens autant qu'elle est dénoncée par l'ensemble des professions juridiques[23].
Le palais de justice deSaintes qui abrite la cour d'assises en fait le chef-lieu judiciaire de la Charente-Maritime.
La Charente-Maritime dispose toujours d'unecour d'assises, celle-ci demeure fixée àSaintes qui reste le chef-lieu judiciaire du département. Mais son rôle est appelé à être fortement amenuisé du fait queLa Rochelle a été choisie pour abriter le pôle de l'instruction judiciaire départemental. Sa fonction de préfecture ayant fortement pesé sur ce choix, d'autant que la ville dispose d'uneuniversité avec une faculté de Droit. De plus, La Rochelle abrite uneMaison de la Justice et du Droit qui a été inaugurée en 2002. C’est l’unique instance d’informations juridiques de ce genre présente dans le ressort de lacour d'appel de Poitiers.
Trois centres de détention sont présents en Charente-Maritime (Maisons d'arrêt deSaintes,Bedenac etRochefort et un centre pénitentiaire qui est situé àSaint-Martin-de-Ré. Un projet de prison départementale de 600 places est envisagé dans le département en remplacement des quatre prisons actuelles.
Il n'existe pas de juridiction administrative en Charente-Maritime, celle-ci est implantée àPoitiers (tribunal administratif) et àBordeaux pour la cour administrative d'appel.
Par ailleurs, deux tribunaux de commerce sont en activité en Charente-Maritime. Ils ont leur siège àLa Rochelle etSaintes. Ils étaient six avant la réforme. Ceux qui fonctionnaient avaient leur siège àJonzac,Marennes,Rochefort etSaint-Jean-d'Angély.
À leurs côtés fonctionnent maintenant trois Conseils des Prudhommes en Charente-Maritime. Ils sont situés àLa Rochelle,Saintes etRochefort. Trois tribunaux de cette compétence ont été supprimés, ils étaient implantés àJonzac,Marennes etSaint-Jean-d'Angély.
France 3 Nouvelle-Aquitaine via l'antenne de proximitéFrance 3 Poitou-Charentes et son décrochage localFrance 3 Atlantique dont l'antenne locale est située à La Rochelle, diffusant quasi quotidiennement (du mardi au vendredi de chaque semaine) pendant 5 minutes des informations sur la Charente-Maritime.
La langue de la Charente-Maritime, lepoitevin-saintongeais, est présent dans la liste des langues de France depuis début 2010 avec le libellé suivant : « poitevin-saintongeais (dans ses deux variétés : poitevin et saintongeais) »[29]. Il s'agit d'une langue d'oïl spécifique, bien que teintée de quelques tournures et de vocabulaireoccitan[30].
La limite entre les deux variétés, lepoitevin et lesaintongeais traverse le nord de la Charente-Maritime, département partagé entre une petite zone linguistiquement poitevine (île de Ré[31], Nord de l'Aunis[32], régions de Loulay et d'Aulnay[33]), et une grande zone linguistiquement saintongeaise (tout le reste du département).
Dans le cadre des échanges culturels entre nations, près d'une vingtaine de communes de la Charente-Maritime, principalement des villes, sont associées avec d'autres villes, surtout de l'Europe, mais aussi de l'Afrique et de l'Amérique du Nord.
Hors du cadre des conventions communales qui les lient à des villes du monde, l'université de La Rochelle, par le biais notamment de sa faculté des Lettres et des Sciences Humaines, entretient de nombreux échanges avec d'autres villes universitaires comme avecHalmstad enSuède,Montréal auCanada ou encore avec des villes desÉtats-Unis.
Aliénor d'Aquitaine : née en 1124, la fille du duc d'Aquitaine et comte de Poitiers,Guillaume X d'Aquitaine, épouse en 1137 le futur roi de FranceLouis VII, puis en 1152, le futur roi d’AngleterreHenri II. Contrairement à une idée reçue, tenace dans l'imaginaire collectif, promue par le jurisconsulteÉtienne Cleirac auXVIIe siècle, puis l'historien duXIXe siècle, Louis de Villepreux, Aliénor n'est pas à l'origine desRôles d'Oléron. Elle ne les a ni élaborés ni compilés, pas même promulgués. La reine n'est citée dans aucun des manuscrits desRôles[34].
Nicolas Venette : né en 1633 et mort en 1698, médecin, sexologue et écrivain, auteur duTableau de l’amour conjugal, premier traité desexologie en Occident.
Jacques Nicolas Billaud-Varenne : né en 1756 et mort en 1819, politique français, révolutionnaire, auteur de plusieurs pamphlets, membre de laCommune de Paris, dirigea de concert avec Danton les sanglantes journées deSeptembre 1792. Élu à laConvention par le département de la Seine, il vote la mort deLouis XVI.
Louis-Benjamin Fleuriau de Bellevue : né en 1761 et mort en 1852, conseiller municipal, conseiller général, député, passionné par les sciences naturelles, à grandement contribué aux collections du muséum d’histoire naturelle de La Rochelle.
Jules Dufaure : né àSaujon (1798-1881), enterré àGrézac, fut un avocat et homme politique considérable duXIXe siècle au niveau régional (député deSaintes de 1834 à 1851 puis de 1871 à 1875 et deMarennes en 1876, président du conseil régional de nombreuses années et bâtonnier deBordeaux de 1832 à 1834) et national (ministre en 1839-1840, en 1848, en 1849 ; vice-président du Conseil et ministre de la Justice de 1871 à 1873 ; ministre de la Justice en 1875, puis président du Conseil en 1876 et de nouveau en 1877-1879 ; sénateur inamovible en 1876 ; bâtonnier de Paris de 1862 à 1864 et élu à l'Académie française en 1863). Il fut l'un des inspirateurs de laloi relative à l'établissement des grandes lignes de chemin de fer en France de 1842 en tant que président de la Commission à l'Assemblée Nationale, impulsa lePlan Freycinet en 1878 et fut un des artisans de plusieurs constitutions françaises (1848, le projet de 1873, leslois constitutionnelles de 1875). Issu de la famille orléaniste libérale, il fit allégeance à la république en 1848 et réaffirma son attachement aux principes républicains en 1871, devenant ainsi un des leaders du partiCentre Gauche, qui permit la consolidation de laIIIe République après le.
Eugène Fromentin : né et mort à La Rochelle (1820-1876), fut un peintre et écrivain orientaliste fécond.
William Bouguereau : né et mort à La Rochelle (1825-1905), peintre académique de la fin duXIXe siècle, membre de l'Académie des Beaux-Arts.
Eugène Biraud : né en 1825 àSaint-Georges-du-Bois, près deSurgères, mort en 1908 ; considéré comme le « père de la coopération laitière », il est le fondateur de la toute première laiterie coopérative de France qui eut lieu le 13 janvier 1888.
Pierre Loti : né àRochefort en 1850 et enterré àSaint-Pierre-d'Oléron (île d'Oléron), Julien Viaud (de son vrai nom) est aussi célèbre pour ses romans exotiques que pour ses excentricités. Il a passé sa vie à courir le monde — pour mieux revenir dans sa région natale à chaque fois. Sa maison à Rochefort est devenue un musée.
Daniel Bernard : né à La Rochelle en 1948, auteur de quatre romans sur l'île de Ré intitulésComment c'était avant l'île de Ré (2010),Les Magayantes (2008),Une île bien plus loin que le vent (2005), etLe Saunier de Saint-Clément (2002) (éditions l'Harmattan).
Nina Métayer, née en 1988 àLa Rochelle, est une chef pâtissière française. Elle est élue Pâtissière de l'année en 2016 par le magazine Le Chef, et en 2017 par le guide Gault et Millau. En 2023, elle est distinguée Pâtissière Mondiale, un titre décerné par l’Union internationale des boulangers et pâtissiers (Uibc).
Combes (Jean) et Daury (Jacques) (ouvrage collectif sous la direction de),Guides des départements : la Charente-Maritime, Tours, éditions du Terroir, 1985.
Flohic (Jean-Luc) (ouvrage collectif sous la direction de),Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, Flohic éditions, collection « Le patrimoine des communes », tomes 1 et 2, 2002.
Gautier (M.A.),Dictionnaire des communes de la Charente-Maritime (réédition de laStatistique du département de la Charente-Inférieure publiée en 1839), Saintes, Les Chemins de la Mémoire éditions.
Luc (Jean-Noël) (ouvrage collectif sous la direction de),La Charente-Maritime - L'Aunis et la Saintonge des origines à nos jours, Saint-Jean-d'Angély, éditions Bordessoules, 1981.
Ouvrages spécialisés sur l'économie et la géographie du département (liste indicative)
Beteille (Roger) et Soumagne (Jean) (mise en coordination par),La Charente-Maritime aujourd'hui - Milieu, économie, aménagement, Jonzac, publications de l'Université Francophone d'Été, 1987.
Blier (Gérard),Histoire des transports en Charente-Maritime, Le Croît-vif, Collections Documentaires, 2003.(ISBN2-907967-80-0)
Grelon (Michel),Saintonge, pays des huîtres vertes, La Rochelle, éditions Rupella, 1978.
Julien-Labruyère (François),Paysans charentais - Histoire des campagnes d'Aunis, Saintonge, Jonzac, et bas Angoumois - Tome 1 : Économie rurale et Tome 2 : Sociologie rurale, La Rochelle, éditions Rupella, 1982.
Papy (Louis),Le Midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Paris, Flammarion, 1984.
Pinard (Jacques),Les Industries du Poitou et des Charentes, Poitiers, SFIL & Imprimerie Marc Texier, 1972.
Ouvrages spécialisés sur l'histoire du département (liste indicative)
Mickaël Augeron et Olivier Caudron, dir.,La Rochelle, l’Aunis et la Saintonge face à l’esclavage, Paris, Les Indes savantes, 2012, 340 p.
Mickaël Augeron, Sylvie Denis et Louis-Gilles Pairault, dir.,Entre terres et mers : la Charente-Maritime dans la Grande Guerre (1914-1918), La Crèche, La Geste, 2018, 537 p.
Jean Combes (ouvrage collectif sous la direction de),Guide des départements - La Charente-Maritime, Tours, éditions du Terroir, 1985.
Delayant (Léopold),Histoire du département de la Charente-Inférieure, La Rochelle, H. Petit, libraire-éditeur, 1872.
Deveau (Jean-Michel),Histoire de l'Aunis et de la Saintonge, Paris, Presses universitaires de France,coll. « Que sais-je ? ».
Ducluzeau (Francine) (ouvrage collectif sous la coordination de),Histoire des Protestants charentais (Aunis, Saintonge, Angoumois), Le Croît vif, 2001.
Duguet (Jacques) et Deveau (Jean-Michel),L'Aunis et la Saintonge : histoire par les documents, CRDP, 1977.
Jean-Louis Flohic (ouvrage collectif sous la direction de),Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, Paris, éditions Flohic, 2002.
Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak,Origine des noms de villes et villages de la Charente-Maritime, Saint-Jean-d'Angély, éditions Bordessoules, 2003, 348 pages.(ISBN2-913471-65-X)
Duguet (Jacques),Noms de lieux des Charentes, Paris, éditions Bonneton, 1995.(ISBN2-86253-185-5)
↑Certains y voient une appartenance géographique aumidi de la France — en référence au « Midi atlantique » cher au géographe Louis Papy - ainsi le département de la Charente-Maritime peut être rattaché à deux grands ensembles géographiques, leGrand Ouest français et leGrand Sud-Ouest français.
↑En 2009, la population de l’île d’Oléron est de 21 699 habitants selon l'Insee.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑Dans le département voisin de laCharente, il est également appeléCharanta dans le dialectelimousin de la langueoccitane.
↑L'arrondissement de Jonzac a gagné 2 447 habitants entre 1999 et 2007, passant de 51 675 habitants à 54 122 habitants. Dans le même temps, l'arrondissement de Saint-Jean-d'Angély a enregistré un gain de 1 816 habitants, passant de 50 292 habitants à 52 108 habitants (source : Insee).
↑Voir la carte ci-contre et sa légende - (source : Insee).
↑Loi du 4 septembre 1941 RELATIVE AU CHANGEMENT DE NOM DU DEPARTEMENT DE LA CHARENTE-INFERIEURE QUI PORTERA DESORMAIS LE NOM DE CHARENTE-MARITIME(lire en ligne)
↑Raymond Doussinet (Le paysan charentais dans ses bots, 1963) dans la carte du « patois saintongeais » qu’il met en première page de son second ouvrage (1963) indique la mention « zone de transition » entre d’une part les localités de Tonnay-Boutonne et de Saint-Jean-d’Angély (à tendance saintongeaise) et d’autre part les localités de Surgères, de Loulay et d’Aulnay (à tendance poitevine).