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Unchapeau melon oumelon est unchapeau de feutre à coque rigide, bombée, et comportant de petits bords relevés. EnBelgique, on l'appelle aussi chapeau boule.
L'origine du chapeau melon demeure incertaine[1].
L'une des plus anciennes représentations d'un homme portant une sorte de chapeau melon date du début duXVIe siècle (1506), et a été découverte enFrance dans le village duBeausset, département duVar[2],[3],[4]. Intitulée « La Saumeto », signifiant ânesse en provençal, cette œuvre polychromiquechrétienne en bois sculptée représente Joseph, curieusement coiffé d'un chapeau melon, conduisant en Égypte Marie et l'enfant Jésus portés par une ânesse[5]. « La Saumeto » appartient à l'ensemble des ex-voto de la galerie du Beausset Vieux, classésmonuments historiques en 1995. Toutefois, le chapeau melonstricto sensu possède des bords plus petits et relevés : il s'agit ici d'un chapeau rond et mou à plus larges bords.
Le port d'une forme quasi moderne de chapeau melon n'est pas rare en France à la fin duXVIIIe siècle et apparaît même sur certaines représentations. Certains modèles de chapeau rond à bords rigides existent toujours enBretagne dans les costumes traditionnels et semblent remonter à cette époque.
L'actuel melon en feutre renforcé aurait été conçu à l'origine enAngleterre pour les travailleurs de force, domestiques et paysans, désireux de se protéger la tête, et afin de remplacer les chapeaux mous qui ne résistaient pas à certaines activités rurales.
Son premier nom futCokehat (prononcercook) du nom du client qui l'avait commandé pour son garde forestier. Edward Coke, neveu du comte de Leicester, arrive à Londres le chez James Lock & Company et demande un modèle très spécial. Le chapeau se devait d'être résistant aux chocs, aussi rigide qu'unhaut-de-forme mais moins haut (en effet, durant la chasse, ce chapeau avait tendance à heurter les branches[6]). Lock & Co commanda aux frères Thomas & William Bowler la conception de ce modèle. Coke testa la solidité du chapeau en se mettant debout sur la calotte qui résista : il acheta l'objet pour 12 shillings.
Par la suite, ce nouveau type de chapeau prit le nom debowler (qui veut aussi diremelon en anglais) car la firme Bowler Brothers (Southwark) connut le succès, autant auprès de la gentry que des classes ouvrières[6]. En 1862, le futurEdouard VII l'arbore durant la visite d'un hôpital.
La fabrication de cette coque renforcée passait par un processus chimique qui consistait à durcir lefeutre grâce à une laque composée à l'origine d'une sorte de mélasse noire obtenue en mélangeant les sucs d'un insecte originaire d'extrême-orient et de l'alcool. Le feutre était ensuite moulé sur une tête en bois puis fini au papier de verre.
Originellement destiné aux manœuvres, de1880 et1920, le melon, accompagné d'une moustache soignée et d'un costume trois pièces, devient le symbole absolu de la respectabilité, en particulier enAngleterre. C'était également un symbole de mobilité sociale, recherché par ceux qui souhaitaient améliorer leur situation. Les hommes sortent avec le chapeau melon, et revêtent la jaquette et le nœud papillon.
AuxÉtats-Unis, il est aussi connu sous le nom dechapeau Derby et fut porté par de nombreuses figures de hors-la-loi mythiques commeButch Cassidy[6] etBilly the Kid. De façon plus générale et contrairement à l'imagerie traditionnelle, le couvre-chef le plus populaire de laconquête de l'Ouest, le vrai « the hat that won the west »[7],[8], fut bien lebowler hat(en) ouderby davantage que leschapeaux de cow-boy à larges bords de typeStetson[9]. Surreprésentés dans leswesterns, lescowboys, « tuniques bleues » et autresfrontiersmen idéalisés parBuffalo Bill ne sont par ailleurs qu'une faible minorité dans la société de l'Ouest.
L'usage du chapeau melon s'estompe à partir des années 1950, supplanté par leborsalino, plus confortable[6].
EnFrance de nos jours, leprix de Diane àChantilly est un rendez-vous mondain où les hommes portent chapeau melon,gibus ethauts-de-forme et les femmes arborent les couvre-chefs les plus spectaculaires.
Dans certains pays d'Asie (Laos, Vietnam et Cambodge), le chapeau melon est porté par les hommes lors d'une demande en mariage. Il est le symbole de réussite sociale et de fécondité (sans doute en raison de sa forme).
AuPérou et enBolivie, beaucoup de femmes des peuplesquechua etaymara portent le chapeau melon appelébombín. Selon la légende, sa popularité est née d'une erreur. Au tournant du 20e siècle, une importante cargaison de chapeaux a été commandée en Europe pour les cheminots britanniques, mais ils étaient de la mauvaise couleur (marron au lieu de noir, qui était la couleur à la mode pour les messieurs à l'époque)[6]. Plutôt que de les renvoyer, les chapeaux ont été remis aux femmes aymara et quechua qui avaient migré vers les villes et qui étaient à la recherche d'une identité esthétique et culturelle. Certaines versions de l'histoire disent qu'on a dit aux femmes que le fait de porter lebombín aiderait à lafertilité[10].