Pour les articles homonymes, voirLe Chant des oiseaux (homonymie).
Lesoiseaux émettent des vocalises comme la plupart desvertébrés terrestres, qu'ils produisent au moyen de leursyrinx. Ces vocalises sont de deux ordres :
Dans le langage parlé et non scientifique, lorsque ces sons paraissent mélodieux à l'oreille humaine, ils sont désignés sous le terme de chants. Enornithologie, une distinction est faite entre les chants et les cris. Par ailleurs, lesPasseriformes (notamment lesOscines), s'ils sont surnommés« oiseaux chanteurs », ne sont pas les seuls à pouvoir vocaliser.
L'être humain différencie bon nombre de ceschants ou sons et leur a donné un nom particulier, par exemple roucoulement, piaillement, cancanement. Parfois, lenom vernaculaire d'unoiseau évoque sesvocalises comme pour lescoucous. Le termecoq en français est issu du chant que les locuteursfrancophones transcrivent en« Cocorico »[2], alors qu'il est transcrit« Kikeriki » par les locuteursgermanophones, etc. Ces relations étymologiques sont étudiées enethnoornithologie (en).
La distinction entre les cris et les chants est basée sur la complexité, la longueur, et le contexte. Les chants sont plus longs et plus complexes et servent à défendre le territoire ou à courtiser des partenaires sexuels, alors que les cris ont tendance à servir d'alarme en cas de danger, de quémande de nourriture, ou à maintenir le contact au sein d'un groupe social.
D'une manière générale, l'oiseau babille, chante, gazouille, jabote, piaille, piaule, ramage[3].
Chants et appels Chant deCyanistes caeruleus : deux ou trois « notes » tsi-tsi-tsih suivies d’un trille roulé. : |
Le piaillement est un appel bref, les oisillons piaillent pour réclamer de la becquée. Le pépiement est une série de petits cris brefs, peu sonores. Le babil est un chant répétitif qui ressemble à un récit des humains. La distinction entre chant et cris est quelque peu arbitraire. On considère cependant les chants comme plus longs et plus complexes. DansNorth American Bird Songs (1977), Poul Bondesen propose la classification suivante : le staccato est la répétition rapide d'une fréquence constante au timbre assez pur ; le glissando montant ou descendant est le changement rapide et continu d'une fréquence ; le coup est un glissando très rapide ; le vibrato ou la trille est une syllabe consistant en une alternance très rapide de « notes » glissées identiques ; le sifflement est un chant composé de « notes » simples et relativement puissantes émises de manière discontinue ; le gazouillis est un chant composé de « notes » de divers timbres et fréquences[4]. Les vocalises les plus complexes servent toujours aux préludes amoureux. Les autres sons servent à exprimer une menace, la peur ou à signaler son autorité sur un territoire (voirthéorie du cher ennemi (en)). Le cri d'un oiseau exprime tantôt un appel, une menace, la peur, un signal d'avertissement ou une demande. Certaines espèces d'oiseaux sont capables d'imiter les autres oiseaux. Un ornithologue amateur a ainsi observé 15 espèces d'oiseaux différentes imiter 54 espèces d'oiseaux au total, au moins une fois, entre 1980 et 2010 enEure-et-Loir[5]. Lesétourneaux savent imiter des bribes de chants notamment ceux du loriot, ce qui peut dérouter certains observateurs[6]. Larousserolle verderolle inclut dans son répertoire des chants de dizaines d'oiseaux dont certaines espèces qu'elle rencontre en Afrique durant sonhivernage. Certaines espèces telles lesMainates et certainsPsittacidae peuvent même imiter l'être humain[réf. souhaitée].
En 2020, Régis Petit a proposé une classification des traits saillants des chants et cris des oiseaux, basée à la fois sur le langage parlé et sur la notation musicale (voir référence en Liens externes) :
La plupart des espèces chantent, les espèces qui ne chantent jamais, comme les cigognes, font plutôt exception. Lesrossignols et lesPasseri sont reconnus pour leur chant. Ce sont les mâles qui ont en général le chant le plus complexe pour séduire les femelles ou marquer leurterritoire. Ils chantent donc le plus souvent au printemps dans les régions boréales, mais les espèces qui élèvent deux couvées par saison, comme lestroglodytes, chantent entre les couvées[6]. Ils possèdent un répertoire de chants, avec un chant précis pour certaines situations. Certaines espèces peuvent chanter enduo. Les chants peuvent évoluer en fonction de la saison des amours.
Chez certaines espèces, le chant est inné tandis que pour d'autres — comme le Pinson des arbres — le chant est appris à l'écoute des oiseaux de la même espèce (oisillon écoutant et imitant les vocalisations des adultes qui l'entourent en émettant d'abord unbabil puis un chant rudimentaire et enfin le chant pur lors de la« période de cristallisation »[7]) mais peut aussi inclure des vocalises d'autres espèces. Il en résulte que chaque population dispose de ses chants propres et que chaque individu a sa propre particularité vocale. Si les jeunes oiseaux peuvent chanter, ils n'ont pas la dextérité de leurs aînés (la plupart du temps mâle), l'aptitude à chanter s'affinera en vieillissant. Si cette période d'apprentissage, chez certaines espèces comme leDiamant mandarin, est perturbée, la capacité à chanter se dégrade. Chez cette espèce il faut 20 jours pour que l'oisillon s'imprègne des vocalises de l'adulte et 35 jours pour développer le sien. À 90 jours, devenu adulte, son chant ne varie plus.
Le chant joue un rôle de communication sociale très important :
De nombreux oiseaux émettent descris d'alarme, éventuellement reconnus par d'autres espèces, tel le cri dugeai des chênes qui semble alerter d'autres espèces que des intrus se présentent sur leur territoire. L'enregistrement de cris d'alarme a été utilisé commeeffaroucheur d'oiseau, en ne gardant que les signaux de détresse, pour éloigner certains groupes d'oiseaux des pistes d'aérodromes[10] ou d'espaces verts urbains.
Lesperroquets et lesmainates sont connus pour leurs capacités à mémoriser et répéter une grande variété de sons, dont le langage humain, mais certains oiseaux sont capables d'imiter d'autres espèces ou même différents bruits. LeLoriot peut par exemple imiter le miaulement du chat. L'Oiseau-lyre superbe quant à lui peut imiter une foreuse ou un appareil photo[11].
Trois groupes d'oiseaux sont capables d'imiter d'autres oiseaux : lafamille desPsittacidés (perruches etperroquets), la famille desTrochilidés (colibris) et lesous-ordre des Oscines ouPasseri (environ les deux tiers despassereaux tels que leMerle noir, leRossignol philomèle et leCanari).
Uniquement sur le territoireeurélien, un ornithologue amateur a déjà observé 15 espèces d'oiseaux imiter au moins une autre espèce d'oiseau, au moins une fois, entre 1980 et 2010. Au total, ces 15 espèces en ont imité 54 différentes. Ainsi, l'étourneau sansonnet a déjà imité 25 espèces d'oiseaux différentes ainsi que lagrenouille verte, sur ce territoire tandis que seulement 2 individus derousserolle verderolle ont imité 12 espèces d'oiseaux différentes. Lamésange charbonnière a déjà imité 9 autres espèces aviaires. Dans son chant très élaboré, lagrive musicienne modifie l'ordre, la structure des motifs musicaux et intègre parfois des cris ou des chants d'autres espèces. La grive musicienne a ainsi déjà imité le chant et/ou le cri de 8 autres espèces d'oiseaux. Legeai des chênes a déjà imité 8 espèces aviaires, une espèce d'amphibien (la grenouille verte) et des gémissements humains[5].
L'organe vocal aviaire s'appelle lesyrinx[12]. C'est une structurecartilagineuse au fond de latrachée qui possède deux cavités ou pavillons. Cette structure, à laquelle s'ajoute pour certaines espèces une poche d'air formant une caisse de résonance, vibre et produit des sons en faisant changer les volumes des membranes des cavités. Les oiseaux peuvent commander les vibrations de chacune des cavités indépendamment ce qui permet à certaines espèces de produire deux « notes » simultanément[12].
Sur les 23 ordres d'oiseaux[réf. nécessaire], seuls trois ordres regroupent des oiseaux avec la capacité d'apprendre leurs vocalises, lesTrochiliformes, lesPasseriformes, lesPsittaciformes. Ils apprennent d'une manière assez semblable à la façon dont lesenfants apprennent à parler. Ils doivent mémoriser les sons et les reproduire dans un bon contexte. Il a été montré, par contre que lesGalliformes ne reproduisent les sons que d'une façon innée.
Ces trois ordres d'oiseaux ne sont pas très proches pourtant leurs adaptations sont similaires. Il a été montré que ces oiseaux utilisent les sept même aires de leurcerveau pour vocaliser et que ces aires ne sont pas présentes pour les espèces des autres ordres. Ceci soulève une question sur l'évolution des oiseaux. Soit ils héritent tous d'un ancêtre commun disposant de ces facultés, perdue pour les autres ordres, soit il s'agit d'uneconvergence évolutive « normale » liée à la structure des cerveaux des oiseaux.
Cette dernière est, selon certains auteurs, un exemple deconvergence évolutive[13], ce phénomène est identique aux ressemblances observées chez lescétacés et lesHomo sapiens. Cette similitude est étudiée pour comprendre comment quelques mammifères ont développé la capacité de vocaliser pour s'exprimer.
Lesdiamants mandarins, faciles à élever et dont le chant est inné, sont très utilisés pour étudier les capacités d'interprétation des sons par le cerveau des oiseaux, grâce à leur capacité à reconnaître et réagir aux chants de leurs congénères.
On sait depuis les années 1960, que in ovo (dans l'œuf), le futur poussin est déjà sensible aux bruits extérieurs ou provenant des parents[14].
Chez laCaille japonaise ( Coturnix coturnix japonica), une simple exposition de l'œuf fécondé, à un stimulus auditif de deux heures, à n’importe quel moment durant les 3 derniers jours d’incubation, provoque une éclosion prématurée des œufs[15].
L'apprentissage des vocalises est en partie prénatal, c'est à dire qu'il commence chez le fœtus qui perçoit le chant maternel quand il est dans l'œuf. Par exemple, chez leMérion superbe (Malurus cyaneus), la mère a déjà un rôle de tutrice de chant pour les fœtus de ses œufs, et« une meilleure imitation des appels maternels donnera plus de d'apports de nourriture par les parents après l'éclosion »[16],[17].
Deux chercheuses françaises se sont intéressées (à partir de400 œufs de diamants mandarins) à la façon dont lebruit routier affecte l'embryon dans l'œuf[18], montrant que lapollution sonore, même à un niveau aujourd'hui jugé« modéré » affecte effectivement, y comprisépigénétiquement, le développement de l'embryon dans l'œuf. Directement exposé encouveuse auxnuisances sonores, un œuf sur cinq n'éclot pas, et, chez les poussins survivants, on trouve des dommages cellulaires et génétique (télomères plus courts, notamment) ; et les futures capacités reproductives des oiseaux ayant été exposés dans l'œuf ou au stade poussin sont très altérées (par rapport aux poussins issus d'œufs protégés du bruit de la circulation ou non exposés ensuite à ce bruit) : le succès d'éclosion de leurs descendants est divisé par deux chez les œufs exposés au bruit durant 4 heures et demie puis au stade poussin (exposé durant plusieurs jours)[18].
Les oiseaux possèdent un système d'audition moins sophistiqué que celui des mammifères et, sauf exceptions, pas d'organe externe, mais disposent cependant pour certains d'entre eux d'une audition extrêmement fine. Certaines espèces sont capables de reconnaître la signature vocale d'autres individus, même après plusieurs mois, comme les couples demanchots sont capables de se reconnaître parmi des centaines d'individus grâce à l'effet cocktail party[19].
Certaines espèces émettent des sons de communication non vocaux comme des froissements d'ailes, ou grâce à des poches de peaux comme lesgélinottes. Certaines espèces sont également capables de se servir d'écholocation comme lesSalanganes ou leGuacharo des cavernes.
Dans l'Antiquité européenne et dans plusieurslégendes, on prête aux oiseaux le pouvoir de parler. Rien à voir cependant avec la « Langue des oiseaux », un langage humain cryptique. Ils deviennent alors des messagers, des espions. EnAfrique, des chants et cris sont interprétés et traduits par certains peuples qui en tirent une signification particulière, qu'elle soit néfaste ou positive. Les oiseaux produisant ces cris sont alors considérés comme bénéfiques ou maléfiques.
Certaines espèces d'oiseaux sont également élevées en cage depuis l'antiquité dans l'unique objectif de distraire par leurs chants. Pour obtenir de meilleurs chants, on isole l'oiseau afin queson stress le pousse à chanter plus fort et plus longtemps[réf. nécessaire]. C'est par exemple le moyen utilisé pour faire parler lesPsittacidae et lesmainatesqui imitent l'être humain par crainte de la solitude[réf. nécessaire]. En raison de cette aptitude appréciée, des braconniers capturent de nombreux spécimens sauvages pour la vente. Malgré les mesures deprotection, certaines espèces sont menacées.
L'écoute du chant est l'un des principaux outils pour recenser les oiseaux, par exemple pour la réalisation d'atlas. Il permet de déterminer la présence d'espèces nicheuses indépendamment ou en complément de la vue, par exemple pour des oiseaux cachés dans des buissons ou par des feuillage ou, pour les oiseaux nocturnes. On considère qu'un mâle chanteur constitue un indice de nidificationpossible, par opposition à des indices de nidificationprobable (par exemple : observation de parade, ou construction d'un nid) oucertaine (par exemple : un adulte vu avec des chenilles dans le bec, ou vu couvant dans un nid)[20]. Il existe des guides audio de chants d'oiseaux, comprenant des enregistrements, et parfois des descriptions etsonagrammes.
Le chant est parfois la seule méthode pour identifier une espèce sur le terrain. Des espèces très proches dans leur apparence peuvent être facilement distinguées sur la base de leurs chants différents. C'est par exemple le cas entre les mésanges nonnettesPoecile palustris et boréalesPoecile montanus, dont les critères de distinction visuels sont sujets à caution, ou encore les pouillots vélocesPhylloscopus collybita et ibériquesPhylloscopus ibericus[21].
L'être humain sait reconnaître certaines vocalisations et les reproduire depuis des milliers d'années. Cette capacité lui permet d'identifier l'oiseau et même de le tromper — elle lui a aussi été utile pour la chasse. Lesappeaux sont des leurres qui imitent les vocalises afin d'attirer des oiseaux pour les chasser. Les humains ont d'ailleurs cherché à reproduire ces vocalises avec certainsautomates auXVIIe siècle.
Ce n'est pourtant que récemment que l'être humain a cherché à mieux connaître la signification de ces vocalisations.
Le premier enregistrement de chant a été fait parLudwig Koch en Allemagne en1889[28]. La suivante par le biologiste américainSylvester Judd en1898. L'enregistrement en milieu naturel pose de nombreux problèmes techniques liés à l'isolation du son. Le premier enregistrement de bonne qualité en milieu naturel n'a été réalisé qu'en1932 lorsqu'une une équipe de l'université Cornell dirigée parArthur Allen a mis au point les instruments et les techniques nécessaires. Après avoir isolé les chants, cette équipe les a fait écouter à d'autres oiseaux et a observé les réactions de ceux-ci. Les vocalises ont particulièrement été étudiées depuis les années 1950 grâce à des magnétophones par l'éthologistePeter Robert Marler (en)[29]. Aujourd'hui, on analyse directement lessonagrammes.
On a depuis découvert qu'au sein demétapopulations animales pouvaient exister des sortes de« dialectes locaux » ou« dialectes phonologiques ». Chez les oiseaux, ces dialectes se définissent comme des variations de chant partagées par une population locale d'oiseaux, variations différentes de celles partagées au sein d'autres populations[31], alors qu'une même population a des signatures de groupes en commun (exemple bien étudié : le Pinson des arbres). Les émissions sonores des oiseaux peuvent être découpées en groupes de syllabes (l'alouette émet jusqu'à 700 syllabes différentes) et motifs, et être ainsi retranscrites[32].
Des variations saisonnières du chant se produisent : chez lecanari durant la saison des amours, son chant est composé à partir de 20 à 40 types de syllabes différentes. À la fin de l'été, ce chant devient plus pauvre puis à partir du mois d'octobre se restructure avec l'apparition de nouvelles syllabes. En janvier, le chant redevient instable, plus restreint, enfin en février le chant s'enrichit à nouveau de nouvelles syllabes[33]. Le « centre vocal supérieur », région du cerveau du canari mâle adulte impliquée dans l'apprentissage du chant, est capable deplasticité neuronale, son volume augmentant lors de l'enrichissement du chant, diminuant lors de l'appauvrissement. Cette variation est due à un processus deneurogenèse et deneurodégénerescence sous l'influence d'hormones dont latestostérone[34].
De plus, la complexité du chant d'un groupe au sein d'une espèce aviaire serait un bon indicateur de la bonne santé globale de la population de cette espèce[35]. Par exemple, les mâles des populations deSirli de Dupont (sirli ricoti) comprenant le plus d'individus (supposées les moins enclines à l'extinction) émettent des chants plus complexes que les autres, peut-être en raison d'une moindre compétition au moment de l'accouplement et d'un contexte« culturel » plus pauvre. Ceci laisse penser que l'étude des chants de population d'oiseaux pourrait donner des informations sur leur degré de menace d'extinction.
Une étude sur leMoineau du Japon en 2011 confirme les découvertes sur les étourneaux cinq ans plus tôt : le chant deLonchura striata domestica possède une syntaxe et une grammaire élaborées avec unphénomène récursif[36].
Chez les oiseaux, les réseaux de connexions nerveuses et les régions de leur cerveau impliquées dans l'apprentissage et la production du chant ressemblent aux régions et réseaux du cerveau humain impliquées dans la reconnaissance et l'apprentissage du langage oral ainsi que de la production de la parole[37].
« Les chants sont émis dans des milieux physiques et biologiques qui vont les transformer. Au cours de leur propagation dans l’environnement, ils vont subir des fluctuations d’amplitude, des filtrations fréquentielles sélectives et des traînées[38] ».
Ainsi, la portée du chant d'un oiseau dépend de sa puissance à l'émission, des fréquences utilisées, de l'environnement physique dans lequel il est émis, ainsi que du niveau de bruit dans l'environnement.
Au niveau acoustique, le chant ou le cri d'un oiseau est à la frontière de la musique et du langage parlé.Le chant ou le cri d'un oiseau est en effet une succession temporelle de sons, entrecoupée de silences et découpée en phrases répétitives. La phrase (ou strophe) est, par définition, le plus grand motif répétitif terminé par un silence (exemple : phrase "rou.rouhh rou" correspondant au chant de la tourterelle turque).
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