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Chah

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« Shah » redirige ici. Pour les autres significations, voirShah (homonymie).

Chah,shah ouschah, termepersan, est le titre porté par les empereurs d'Iran (Perse). Ce terme a été emprunté par d'autres langues où il désigne plus généralement le souverain ou le monarque d'un État. Il apparaît également dans d'autres titres dérivés.

Étymologie et histoire

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Chāh, enpersan moderne et enmoyen persešāh (شاه), descend duvieux persexšāyaθiya, « roi », qui a des racines communes avec lesanskrit क्षत्रिय (kšatriya) signifiant « roi, roi guerrier » et legrec κτᾶσθαι (ktasthai), « acquérir », ou avec la racineindo-européennesegh (en grec ἔχω, « avoir, posséder », qu'on trouve aussi danspadichah, étymologiquement « celui qui possède le pouvoir »,padi- appartient à la même famille que le latinpotens,posse, et le grec* despotês = δεσπότης, « le maître du domaine »).

C'était le titre des monarques perses, dont ceux de la dynastieachéménide, qui a unifié laPerse et conquis un vaste empire intercontinental jusqu'au temps d'Alexandre le Grand.

Le titre complet des rois achéménides était 𐏋 𐏐 𐏋𐎠𐎴𐎠𐎶 (xšāyaθiya xšāyaθiyānām), « roi des rois », correspondant au moyen persešāhān šāh, littéralement « roi des rois » et au persan modernechāhanchāh (شاهنشاه). En grec, ce terme était traduit βασιλεύς τῶν βασιλήων (basileús tōn basilēōn, « roi des rois »), avec un rang qui correspondait à celui d'empereur. Les deux termes étaient souvent réduits à leur racine étymologique,chah oubasileus.

Du motkshathra (« province », « territoire ») y est lié et descend dekshathrapavan, signifiant littéralement « le gardien du territoire », devenu pour les occidentaux lesatrape (« le gouverneur ») via le grec et lelatinsatrapes.

C'est à partir d'une formearabe de ce mot (as-sāh, oùas- est un article défini) que serait originaire enOccident le motéchec (as-sāh māt(a) : « le roi est maté », d'où « échec et mat »)[1].

Chah régnant

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De lignée royale

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Plusieurs monarchies iraniennes, et d'autres suivant cet exemple, ont utilisé le titre royal « shah ».

Ce fut le cas enAfghanistan, mais le titre prêtait souvent à confusion — le titre était utilisé par les souverains locaux, àHerat par exemple, ou par le roi national, utilisant aussi d'autres titres de manière alternative dont « Malik » qui est l'équivalentarabe pour « roi », et « padichah », un titre impérial de langue persane.

Autres utilisations

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Shah-i-bangalah, adopté par lesultanShamsuddin Ilyas shah (1342-1357), lesultan duBengale qui aunifié l'État (l'utilisation de shah dans le nom lui-même, comme ici, n'est pas titulaire et rarement significative).

Même les dynasties non musulmanes ont adopté le titre royal. « Chah » (ou « chaha ») est un titre porté par lemaharajadhiraja (signifie « roi des rois ») hindou duNépal et ses descendants mâles, titre qui fut donné à l'origine par le sultan musulman de Delhi à Kulananda Khan, après que celui-ci fut devenu souverain deKaski. Le titre est aussi porté par plusieurs familles descendant des souverains de certaines principautés vassales népalies.

Les suivants sont des titres composés, qui peuvent désigner un rang plus haut que celui de shah :

Chahanchah

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Dans les langues occidentales, le terme shah est souvent utilisé pour rendre de manière imprécise le terme « chāhanchāh » (signifiant « roi des rois »), habituellement raccourci en « chāh », est le terme pour désigner un monarqueiranien et a été utilisé par la plupart des souverains de l'empire iranien mais aussi par d'autres nationalités ou régions sous influence culturelle.

Le terme shah ou shahanshah correspond à laPerse depuis l'empire perseachéménide (qui avait réussi à absorber le royaumeMède). Après la conquête de cet empire parAlexandre le Grand, le terme a été transposé engrec en « basileus toon basiloon », lui aussi souvent raccourci en « basileus ».

Le titre est à peu près équivalent au terme occidental désignant unempereur et est souvent traduit comme tel[2]. Le monarque de Perse (qui a toujours été appelé Iran de manière interne) était techniquement l'empereur de l'Empire perse (plus tard l'« empire d'Iran », puisque l'Iran fut connu ainsi officiellement à partir de1935).

Cependant, jusqu'à l'époquenapoléonienne, quand la Perse était un allié enviable pour les puissances occidentales voulant faire relâcher la pression du grand sultanottoman sur certaines parties chrétiennes et européennes de l'empire turc, les empires européens ont réussi à faire reconnaître par l'empire ottoman que leurs titres seraient rendus en turc par « padichah », car la pratique européenne était de considérer « roi des rois » comme un titre royal particulier.

Shah bahadur

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Dans la traditionmoghole, l'ajout de « bahadur » élève n'importe quel titre d'un rang, « shah bahadur » signifie donc un titre intraduisible qu'on pourrait nommer « roi de première classe ». Ce titre fut adopté dans la dénomination complète de l'anciennawab (gouverneur vassal) deAwadh (la province la plus riche restante dans l'empire moghol, et géographiquement proche de sa capitaleDelhi) et aussi par le régent plénipotentiaire moghol (vice-roi de fait) quand il a suivi le conseil britannique de se déclarer indépendant de la cour moghole complètement affaiblie - devenant ainsi le jouet politique de la puissance colonisatrice). Cependant, l'élément crucial dans son appellation complète, « Hazrat Khalid, shah bahadur, padishah-i-oudh », est le titre impérial padishah, qui n'aurait pas pu être raisonnablement porté par un vassal.

Titres princiers liés

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Titres de personnes régnantes

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  • Le titre « padichah » (prononcé Pâdeshah, signifiant « grand roi ») a aussi été adopté depuis la pratique desIraniens (persans) par l'Empire ottoman (le grand sultan était l'équivalentsunnite du shâhanshahchiite) pour leur empereur, et par d'autres souverains islamique se réclamant de rang impérial, comme lemoghol indien (parmi eux, seuls les Ottomans se réclameraient aussi ducalifat, ayant la plein autorité sur tout l'Islam — ou au moins l'islam sunnite —, comme le prophète).
  • Le titre turc « hünkar » est une contraction dumoyen-persan « khudavendigar », à l'origine une épithète désignant un statut semi-divin. Il a dû être hautement respecté pour ne pas être écarté par l'Islam avant que les Turcs ne l'adoptent comme un titre secondaire dans la dénomination officielle du grand Sultan (suivant directement padeshah)
  • Un autre titre secondaire du sultan ou du khan ottoman était « shah-i-alam panah », signifiant « roi, refuge du monde ».
  • Certains monarques étaient connus par un nom formé de la contraction du nom de leur royaume avec shah, comme leskhwarazm-Shahs, souverains d'un royaume musulman de courte durée auKhwarezm, ou le plus modestechirvanchah duChirvan (qui devint ensuite un modeste « khanat »).

Chahzadé

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Dans la maison d'un chah, un prince de sang était appelé « chahzadé », terme dérivé de chah utilisant le suffixe patronymique « -zadé », signifiant « fils », « descendant ». Cependant, les titres complets précis peuvent différer dans les traditions de la cour du « royaume » de chaque chah.

ÀOudh par exemple, seuls les fils du souverainshah bahadur (voir ci-dessus) étaient appelés, de par leur naissance, « chahzadé (titre personnel) », « Mirza (nom personnel)bahadur », bien que ce titre puisse aussi être étendu à des petits-fils et même à d'autres personnes de la famille ; les autres descendants mâles du souverain, étaient appelés « Mirza (nom personnel) ».

De plus, le titre était aussi utilisé pour les princes de sang d'un souverain qui utilisait un titre royal alternatif, comme pour lemalik d'Afghanistan.

Pour ladynastie ottomane de laTurquie impériale, chahzadé faisait partie de deux styles :

  • les descendants mâles d'un souverain en ligne mâle : « daulatlu najabatlu shahzadeh sultan (nom de naissance)hazretleri effendi » ; sauf pour le prince héritier qui était appelé « daulatlu najabatlu vali ahd-i-sultanat (nom de naissance)effendi hazrétlari ».
  • les fils des princesses impériales étaient appelés « sultanzadeh (nom de naissance)bey-effendi ».

Cela pouvait aussi s'appliquer aux dynasties non musulmanes, par exemple les plus jeunes fils du maharadjahsikh duPendjab (un maharajadhiraja àLahore) : « shahzade (nom personnel)singh bahadur », alors que l'héritier était appelé « tika sahib bahadur ».

La déformation en « shahaghada », « fils du shah », dérivant du titre moghol « chazadeh », est le titre princier usuel porté par les petits-fils d'un souverainnépalais en ligne mâle.

Pour l'héritier d'un trône royal de style persan, des titres plus spécifiques étaient utilisés, contenant l'élément clévali ahad, habituellement en addition à shahzadeh que tous les descendants portaient.

Autre composé princier

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Le titre deshah-i-buland iqbal et un siège sur un trône doré aux côtés du trône de l'empereur fut donné le 3 février 1655 à shahzadehDara Shikuh, fils aîné du padeshahKhorram Shah Jehan I (mort le 22 octobre 1666), qui fut à divers momentssubahdar (gouverneur) deAllâhâbâd,Panjâb,Gujarat,Multan etKaboul.

Durant ladynastie Pahlavi en Iran, le titre de « shahbanou » (« la dame du shah ») a été créé pour l'impératriceFarah Pahlavi.

Autres utilisations

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Article connexe :Shah (homonymie).

Comme de nombreux titres, le mot « shah » est aussi souvent utilisé dans les noms, sans signification politique ou aristocratique.

  • Shah est un nom de famille indien commun, spécialement en languegujarâtî etkutchi. En Inde, il est utilisé par les communautéshindoues,jaïn etmusulmanes. Dans les communautés jaïn et hindoues, le nom de famille Shah représente normalement lacasteBania.
  • en Inde et plus particulièrement au Pakistan, shah signifie également « roi » mais en plus on rajoute ce titre à la caste supérieure musulmane, qui sont les descendants du Prophète. Ils sont pour la plupartsunnites et sont appelés Syed (ou Seyed) suivi de leurs prénoms, en rajoutant shah. C'est également la famille la plus respectée du pays.
  • Shah est aussi un diminutif de Shahryar (Chahriar), un personnage dans le livreLes milles et une nuits.

Notes et références

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  1. « MAT : Etymologie de MAT », surcnrtl.fr,Centre national de ressources textuelles et lexicales(consulté le)
  2. Voir les différentes informations à partir de1977 où on désignaBokassa deCentrafrique comme « le troisième souverain impérial du monde » aprèsHirohito et le Shah d'Iran, alorsMohammad Reza Shah Pahlavi. Voir : •Docs interdits, épisodeNotre ami l'empereur BokassaIer(en) BrianTitley,Dark Age: The Political Odyssey of Emperor Bokassa, McGill-Queen's Press - MQUP,, 272 p.(ISBN 978-0-7735-2418-7,lire en ligne)« Si les Rdcongolais revisitaient l'histoire de la Centrafrique du tyran JB.Bokassa ! », surMédiapart,.

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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