La commune est longée au sud par l'Aulne, qui sert de limite communale avecSaint-Goazec etLaz et deux de ses affluents de rive droite, le Fromveur (son nom en breton signifie « grand courant ») qui, à l'est, sert de limite communale avecLandeleau) et le Ster Goanez qui, à l'ouest, sert de limite communale avecLennon ; qui serpentent dans des vallons profonds et boisés ; mais se transforment en véritables torrents l'hiver. L'Aulne canalisée (anciencanal de Nantes à Brest) coule en dessinant des méandres très encaissés, le bourg, excentré au sud dufinage communal, s'est développé sur le coteau dominant le versant de rive droite (rive nord), profitant d'un éperon rocheux, de même que le château de Châteaugal, situé dans la commune deLandeleau. La commune est classéestation verte de vacances et fait partie duparc naturel régional d'Armorique.
L'altitude de la commune est comprise entre153 mètres (altitude maximale rencontrée au nord-ouest de la commune, à l'ouest du hameau de Trédiern) et31 mètres. Le territoire communal forme pour l'essentiel un vaste plan incliné vers le sud, le bourg étant aux alentours de100 mètres, dominant de presque70 mètres la vallée de l'Aulne, située à environ50 mètres d'altitude à son entrée sur le territoire communal à l'est, au niveau de la confluence avec le Fromveur, à42 mètres au Pont-du-Roi et31 mètres dans la partie aval de la vallée de l'Aulne, à la confluence avec le Ster Goanez. L'ancien château, et le site actuel de Notre-Dame-des-Portes se trouvent sur un éperon rocheux formé par lapresqu'île de confluence entre l'Aulne et un de ses petitsaffluents derive droite, le Quilliou.
Carte topographique de la commune deChâteauneuf-du-Faou.
En raison des méandres très accentués de l'Aulne, la limite sud de la commune est très sinueuse. Sa proximité avec le bourg explique que certains équipements liés à Châteauneuf-du-Faou se sont implantés sur la rive gauche qui dépend administrativement de la commune deSaint-Goazec : la piscine, une partie du port fluvial et des infrastructures touristiques, y compris le centre de vacances de Penn ar Pont[1].
Vue de Châteauneuf-du-Faou et de la vallée de l'Aulne depuis la terrasse duchâteau de Trévarez.
Montagnes noires et château de Trévarez depuis le point de vue deRoz Aon.
L'Aulne vue du point de vue (vers l'amont).
La vallée de l'Aulne (vers l'aval) et le château de Trévarez depuis le point de vue.
Le quartier du Point-de-vue et la chapelle Notre-Dame-des-Portes.
Le village de vacances VVF en bordure de l'Aulne à Pen ar Pont (situé en fait dans la commune deSaint-Goazec).
Le « Pont du Roy », construit vers 1638 (son nom est dû au « Moulin du Roy » situé à proximité) remplaça le gué antérieurement utilisé pour franchir l'Aulne (les six avant-becs, en forme d'éperons, protègent les piles du pont du courant venant d'amont) ; la construction du canal entraîna l'élargissement du lit du cours d'eau, ce qui nécessitant un prolongement du pont côté sud ; en 1871, l'ouvrage fut amputé d'une arche côté nord pour faciliter le passage des péniches.
La construction du nouveau pont, parallèle à l'ancien, a commencé en 1928[2].
La commune est située dans lebassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, le canal de Nantes à Brest, le l'Aulne, le Stêr Goanez et divers autres petits cours d'eau[3],[Carte 1].
Lecanal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable sur une grande partie de son cours, d'une longueur de364 km. Il prend sa source dans la commune deNort-sur-Erdre et se jette dans laLoire àNantes[6].
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de typeclimat océanique franc, selon une étude duCentre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant lapériode 1971-2000[8]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon laclassification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[9]. Par ailleursMétéo-France publie en 2020 une nouvelle typologie desclimats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à unclimat océanique[10]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[11]. Elle est en outre dans lazone H2a au titre de laréglementation environnementale 2020 des constructions neuves[12],[13].
Au, Châteauneuf-du-Faou est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à7 niveaux définie par l'Insee en 2022[17]. Elle appartient à l'unité urbaine de Châteauneuf-du-Faou, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[18],[19]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Châteauneuf-du-Faou, dont elle est la commune-centre[Note 4],[19]. Cette aire, qui regroupe 5 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[20],[21].
L'occupation des sols est marquée par la prédominance des terres agricoles. Celles-ci occupent 86,5 % du territoire contre 7,7 % pour la forêt, 4,8 % pour les zones urbanisées et 2,0 % pour les zones industrielles ou commerciales.
Le nom de Châteauneuf-du-Faou provient decastrum novum in fago (peut-être « château neufen -bois de- hêtre[réf. souhaitée] » en latin).Faou se prononcefou. La cité doit son nom à un château bâti avant 1186, date à laquelle il fut assiégé par Guyomarc'h etHervé de Léon en révolte contreHenri II Plantagenêt. On ignore qui fut son constructeur[23].
La localité faisait partie de l'ancienne paroisse dePlouyé et dépendit, duVIe siècle à 1420, au sein de lavicomté de Léon, dupagusdu Faou, ce qui explique son suffixe[24]. La première mention connue deCastrum novum in fago, dans lecartulaire de Quimper, date de 1368[25].
Ce n'est que le que la commune de Châteauneuf a officiellement pris le nom de Châteauneuf-du-Faou : « Par décret en date du la commune de Châteauneuf (canton de Châteauneuf, arrondissement de Châteaulin, département du Finistère) portera désormais le nom de Châteauneuf-du-Faou[26] ».
Le château, construit par une famille inconnue duPoher, se dressait sur l'éperon rocheux dominant l'Aulne et le Pont-du-Roy, probablement à l'emplacement d'un ancienoppidum gaulois, « commandant le passage de la rivière, il était établi, en outre, au bord de l'ancienne voie romaine deCarhaix à lapointe du Raz. En 1186, le château est pris parGuyomarchIer et HervéIer de Léon et passe aux mains desvicomtes du Léon comme l'attestent deux actes de 1239 et 1275. Il était déjà ruiné en 1440 quand fut bâtie à son emplacement la chapelle Notre-Dame-des-Portes »[27]. De longs pans de mur ainsi que la base d'une tour d'angle sont toujours visibles et en cours de restauration.
Destombes à coffre de l'âge du bronze dans le secteur de Kroaz Lesneven et des souterrains de l'âge du fer dans celui de Kervoel (en Plonévez-du-Faou) ont été découverts, ainsi que de nombreuxtumuli (ar blazennou).
Châteauneuf-du-Faou a conservé la trace de deux enceintes, probablement utilisées bien avant par les Gaulois, voire les populations de l'âge du fer[28],oppidum oucastellum :
Le camp de Lesneven, ditAr C'hastel est un enclos quadrangulaire à fossés dont les levées faisaient au moins6 mètres de haut. Le nom deLesneven ("château ou cour d'Even") indique probablement que le site a été aussi habité auhaut Moyen Âge[Note 5]. À quelques centaines de mètres de là, a été récemment découverte unenécropole duIVe siècle.
Le camp fortifié de Lesneven (d'après Delaporte).
L'enceinte de Rosabaouen.
Une autre enceinte, située à Rosabaouen, dite aussiAr C'hastel, de forme ovale, reste visible même si elle disparaît peu à peu sous l'effet des labours successifs.
Des légendes évoquent le passage très incertain du légendaireroi Arthur au début duVIe siècle dans lesmontagnes Noires et à Châteauneuf-du-Faou. Mais nulle preuve historique ne peut en attester.
Châteauneuf fit partie un temps de la paroisse dePlonévez-du-Faou (elle-même issue de l'ancienne paroisse primitive de Plouyé) avant de devenir une paroisse à part entière au début duXIIIe siècle, contrôlant aussi latrève duMoustoir[30] qui, comme son nom l'indique, était un ancien établissement monastique. La cité se développe autour d'une vie religieuse intense, avec un culte marial qui prend des formes multiples[31].
L'existence de la ville est attestée en 1368 : lecartulaire de Quimper rapporte à cette date une taxation de 45 livres deCastrum Novum in Fago en faveur de la cour deRome.
La statue de Notre-Dame-des-Portes est ainsi nommée car, en 1440, elle avait été placée sur les remparts de la ville pour la protéger contre les horreurs de la guerre civile[32]. La forteresse, confisquée en 1420 par le duc de BretagneJean V est alors en ruine. C'est probablement une conséquence des conflits alors nombreux dans la période qui a suivi laguerre de Succession de Bretagne (1341-1364).
Lamontre de l'évêché de Cornouaille tenue en 1481 énumère leschâtellenies de Huelgoat, Châteauneuf et Landeleau. Lachâtellenie de Châteauneuf s'étendait sur les paroisses de Châteauneuf, avec satrève du Moustoir, de Quilliou, de Plonévez-du-Faou et de presque toute sa trève de Collorec[33]. Le siècle suivant le terme de châtellenie est remplacé par celui de juridiction (le château de Châteauneuf était déjà en démolition en 1440).On ignore quand la seigneurie de Châteauneuf-du-Faou cessa d'appartenir auxvicomtes du Faou[réf. nécessaire].
La seigneurie de Botiguigneau, située en Châteauneuf-du-Faou, aurait appartenu auxTempliers, puis à partir de 1486 à lafamille de Laval.
La seigneurie, la chapelle et la trève du Moustoir
Unejacquerie, dirigée par trois frères originaires de la commune dePlouyé, éclate en 1489 dans lePoher, et s'étend rapidement à la majeure partie de laCornouaille, mettant à sac Quimper et d'autres localités. Écrasés près dePont-l'Abbé le, les survivants refluent et se réfugient à Châteauneuf-du-Faou où ils organisent une « commune » (autogestion de la vile par les révoltés) qu'ils mettent à sac. Le Charles de Quimerc'h parvient à rétablir l'ordre dans la ville, écrasant les derniers émeutiers[35]. Trente-deux meneurs sont arrêtés, mais obtinrent des lettres de grâce[36].
À une date inconnue, probablement débutXVIe siècle, les trois châtellenies deHuelgoat, Châteauneuf etLandeleau, en raison de la faible importance de leurs domaines, sont regroupées dans une administration commune (les officiers de justice exercent dans les trois juridictions, les juges étant ambulants), même si chaque cour garde son autonomie. Les officiers de justice appartenaient à des familles nobles, l'histoire a conservé le nom de certains d'entre eux : Benerven, Keramanach, Kergoët, Quélennec, Kerpérennès, etc.
La juridiction ousénéchaussée de Châteauneuf, supprimée comme celle de Landeleau le par lettres patentes données à Blois par le roiCharles IX au profit de celle de Carhaix, réapparaît à la fin duXVIe siècle à la faveur des troubles liés aux guerres de religion : des actes datés de 1580 et années suivantes le prouvent (il en est d'ailleurs de même pour celle de Landeleau avec des actes datés de 1585 et 1586). Une pétition en 1591 des habitants de Carhaix[39] au duc de Mercœur demandant l'exercice dans leur ville des juridictions qui y avaient été réunies le prouve également
La cour de Châteauneuf était à la fois un tribunal de première instance pour les habitants dépendant du siège de Châteauneuf et un tribunal d'appel pour les juridictions seigneuriales du ressort comme celles du Grannec enLandeleau, deBotmeur, etc. Les limites des juridictions étaient floues et les conflits de compétence fréquents[33].
L'Assemblée constituante supprima ces anciennes juridictions et choisit Carhaix, au détriment de Châteauneuf-du-Faou, comme chef-lieu de district et siège du tribunal d'instance.
Châteauneuf-du-Faou victime des troubles de la fin duXVIe siècle
Lepardon de Notre-Dame-des-Portes existait déjà auXVIe siècle : les comptes de la chapelle pour l'année 1572-1573 mentionnent : « En un porpoinct et aiguillettes pour les lincteurs, le jour du pardon, 11 sols 7 deniers » et « aux lucteurs pour le vin (…) 8 sols 4 deniers »[40]. De nombreuses réjouissances populaires se déroulaient parallèlement à la cérémonie religieuse : luttes, courses, danses, lancement de lasoule, etc.
LeXVIe siècle voit s'amorcer une certaine prospérité économique dans la région grâce à l'essor de la culture et du travail du lin et du chanvre et au développement de l'activité papetière. Mais Châteauneuf-du-Fou est victime vers la fin de ce siècle des exactions de soldats-bandits dans le contexte troublé desguerres de religion.
Pendant lesguerres de la Ligue, les Châteauneuviens semblent avoir soutenu selon les rapports de force du moment tour à tour les deux camps : dans les comptes de la chapelle de Notre-Dame-des-Portes, l'on trouve trace de financements probablement extorqués en faveur desLigueurs, par exemple pour financer les soldes des soldats deLa Fontenelle qu'en faveur des troupes de Monsieur de Coatredrez, qui était du parti du Roi. Cela n'empêche pas la ville d'être pillée à plusieurs reprises et les alentours ravagés comme le montre ce document du « Fonds des États de Bretagne » en date du retranscrit par l'auteur Jean-François Boëdec[41] :
« La licence des gens de guerre en votre pays a été et est telle et si déréglée sur votre pauvre peuple, qu'ils n'ont omis, ni épargné aucune espèce de violences pour épuiser la subsistance, et ont exercé toutes les cruautés que la corde, le fer et le feu leur ont pu administrer pour rançonner le paysan laboureur et le marchand du plat pays innocent, et après les avoir misérablement tourmentés et gênés en leurs personnes pour extorquer leurs deniers; pillé, brûlé leurs maisons et meubles qu'ils ne pouvaient emporter, ont finalement pris le bétail, jusqu'aux porcs, et non contents de tant d'outrages ont violé femmes et filles, sans aucune distinction d'âge; encore ont contraint pour leurs pères à racheter leurs enfants pupilles, et les maris leurs femmes,et réduit votre peuple a une telle extrémité qu'il a été contraint d'abandonner maisons et familles, et cherche l'espoir et la sûreté aux forêts, entre les plus cruelles bêtes, néanmoins la rigueur de l'hiver, aimant mieux habiter avec les animaux sauvages et cherche leur vie que de languir et mourir prisonnier, entre les mains de gens de guerre, de tourments, de faim et d'ennui faute de moyen de se racheter ; et se sont tellement dépouillés qu'ils ont dénié les corps morts en leur prison à la parentelle pour les inhumer, jusqu'à les racheter, faisant languir les vivants avec les corps des morts en leurs dites prisons, ce qui a tellement ruiné votre peuple, que les paroisses entières se voient désertes, les grosses bourgades abandonnées de tous leurs, habitants et ne se peut espérer aucun paiement de vos deniers, le soulagement de vos affaires et la nécessité au dit pays. »
« Exaspérés par lespilleries et les cruautés de Guy Éder de la Fontenelle »[42], surnommé le « bandit de Cornouaille », installé dans la forêt de Laz, qui multiplie vols, prélèvements arbitraires de deniers, de bestiaux, de meubles, rapines diverses, viols, incendies, les habitants de Châteauneuf-du-Faou chargent François Hervé, notaire à Châteauneuf et Jean Breut, députés auxÉtats de Bretagne, soutenu par les députés de plusieurs autres villes de Cornouaille, réunis dans la ville deVannes au Logis de la Tête noire le de se plaindre près duduc de Mercœur, alors gouverneur de Bretagne ; ils accusentLa Fontenelle « d'avoir osé, à main armée, ravagé leur territoire et d'avoir tué nombre des leurs, bien qu'ils fussent comme lui du parti de laLigue ». Les députés de Châteauneuf-du-Faou déclarèrent « qu'il les avait pillés, ravagés et tués avec de grandes hostilités, avec beaucoup d'autres cruautés insolentes commises par lui et les siens, que les plus grands ennemis n'eussent voulu commettre »[43]. La Fontenelle entra alors par surprise, s'avança vers Jean Breut et lui dit : « J'ai entendu que vous estes venu faire plainctes de moy en ces estatz, mais, par la mort de Dieu ! Regardez bien ce que vous direz, car selon ce que vous direz, je vous coupperé le col! ». Prévenu, le duc de Mercœur fit un temps emprisonner un temps le "bandit-chef de guerre" à Vannes mais il fut finalement rapidement libéré[41].
Selon lechanoine Moreau, le, « le sieur duLiscouët accompagné d'environ trois ou quatre cents hommes, sur l'aube du jour, arriva à Châteauneuf-du-Faou, où il entra par surprise et y fit beaucoup d'insolences et de cruautés, plusieurs des habitants et réfugiés y furent tués, les autres qui pouvaient payer rançon, retenus prisonniers, et fit mettre le feu aux plus belles maisons de la ville, qui causa une grande ruine ». Pendant plusieurs heures se succèdent des scènes de pillages et de meurtres, des dizaines de maisons sont incendiées[44]. Le même auteur rapporte que les prêtres furent maltraités par les « calvinistes » (les « royaux » partisans d'Henri IV) et que le tabernacle de l'église paroissiale (ou de la chapelle Notre-Dame-des-Portes, une incertitude existe) ayant été profané, un prêtre, Thépault Derrien, fut tué car il avait avalé une hostie tombée à terre et qui allait être profanée[35]. Cette scène est représentée sur l'un des vitraux de la chapelle Notre-Dame-des-Portes.
En juin 1593, Guy Éder de La Fontenelle s'empare par ruse du château du Granec situé entreCollorec etLandeleau, non loin de Châteauneuf-du-Faou dont il fait son repaire temporaire et d'où il continue ses exactions, tuant 800 paysans des paroisses avoisinantes venus l'assiéger, en juillet 1593 semble-t-il. Pendant plusieurs années, la région ne connaît que désolation et rapines et les malheurs qui s'ensuivent : famine, peste, loups, etc.
En 1595, des paysans de la région de Châteauneuf-du-Faou font partie des 2 000 hommes des « communes » qui se rassemblent pour combattre La Fontenelle sous l'autorité du comte du Granec, qui habitait alors le château deLaz et était le fils du comte de Pratmaria dont le château du Granec, repris à La Fontenelle, venait d'être brûlé en 1594 par les troupes espagnoles alliées auduc de Mercœur. Cette « paysantaille » est attaquée par surprise dans le bourg dePlogastel-Saint-Germain par 400 cavaliers du brigand-chef de guerre sortis par surprise de l'île Tristan près deDouarnenez devenue le repaire de La Fontenelle. 1500 d'entre eux sont massacrés et le comte du Granec fait prisonnier[45].
Né au manoir de Keriéquel enGouézec, baptisé le, Guillaume Pic de la Jehannière acquit âgé de 28 ans l'office desénéchal de la Barre Royale de Châteauneuf-du-Faou et de ses annexes, où il fut installé en et il conserva cette charge pendant quarante ans. Il épousa le Jeanne Josèphe Peyrau qui lui donna sept enfants dont deux seulement lui survécurent. Il décéda à Châteauneuf-du-Faou le.
Selon ses écrits, lorsqu'il arriva à Châteauneuf, « l'impunité qui régnait dans le ressort [de Châteauneuf] y multipliait les meurtres et les assassinats.» Il se montra en effet énergique dans plusieurs affaires criminelles, faisant par exemple condamner en 1727 « à être rompu vif » Louis Le Gincq, de Toulanay en Loqueffret, poursuivi pour plusieurs assassinats et tentatives d'assassinats. Son corps fut coupé en deux, la tête exposée près de sa maison et le tronc en bordure de l'étang duHuelgoat ; il condamna aussi les six« adhérés » assassins d'un sieur Morvan de Plonévez-du-Faou et s'illustra dans maintes autres affaires.
En septembre 1727, Marie-Gabrielle Lymon, qui avait empoisonné son mari, dut d'abord faireamende honorable devant l'église paroissiale, puis son poing fut tranché sur un poteau devant la maison où elle avait commis le crime, ensuite elle fut pendue "Place aux bestiaux", enfin son corps fut jeté au bûcher préparé non loin dugibet[47].
En 1729, le sénéchal de Châteauneuf-du-Faou applique uneordalie, procédure archaïque et surprenante (si la plaie du cadavre saigne lorsque l'accusé la touche, l'accusé est le meurtrier) recommandée par leParlement de Rennes dans un arrêt du lors du procès d'une femme, Marie Paugam, accusée de meurtre : il l'oblige à toucher les plaies du cadavre de sa prétendue victime que l'on avait exhumée pour l'occasion. Elle s'exécuta « d'un air fort comptant et sans estre esmue et en priant Dieu que le cadavre donnât quelque marque » susceptible de la condamner[48].
Sa qualité de noble étant contestée à partir de 1734 par Pierre Marie Le Rouxeau de Rosancat, lieutenant au siège de Châteauneuf auquel l'opposait plusieurs différends, il transforma alors son nom en Pic de la Mirandole. Ses adversaires se moquèrent de lui, le traitant d'« usurpateur d'un nom célèbre » mais il réussit en 1762 à faire reconnaître ses origines par leParlement de Bordeaux en tant que descendant direct du capitaine Scipion Pic de la Mirandole, quatrième enfant de François, comte de la Mirandole, ce qui lui permit en 1764 de siéger auxÉtats de Bretagne dans les rangs de la noblesse, malgré les railleries de ses adversaires.
Il voyait avec répugnance lanoblesse pauvre « s'avilir en acceptant des charges de commis de perception » ou en recourant à « des commerces ou des emplois dérogeant de la noblesse » par nécessité, leur manque de ressources leur interdisant l'acquisition d'offices judiciaires nondérogeants. Il présenta en 1756 un mémoire auduc de Penthièvre,gouverneur de Bretagne, puis aux États de Bretagne. Comme tous les cadets de famille noble ne peuvent être « d'Église », il propose la création d'un nouveau bataillon d'infanterie :Noble volontaire breton. Le projet ne reçut jamais le moindre commencement d'exécution, mais sa lecture fournit de nombreux renseignements intéressants sur la condition de la noblesse bretonne auXVIIIe siècle[49].
L'arrestation et les jugements des membres de la bande de Marion du Faouët (1763-1765)
AuXVIIIe siècle, une vie économique assez intense se développe avec par exemple l'essor des métiers liés au bois (charbonniers, bûcherons, tonneliers...) mais, malgré le retour de la paix, la région reste peu sûre à cause des nombreux bandits de grand chemin qui rendent les déplacements risqués. L'insécurité était grande, c'était « l'âge d'or des voleurs ». Dans le pays de Châteauneuf « on se plaignait tellement des vols qu'on se barricadait toutes les nuits »[50]. Les crimes étaient fréquents et la cour de Châteauneuf eut à en juger de nombreux ; parmi les affaires connues, l'assassinat par huit ou dix « adhérés » (conjurés) en 1728 à Loqueffret, dans un chemin creux entre Kergodel et Pratinou, de Joseph Morvan qui avait affermé les dîmes de Plonévez-du-Faou. L'affaire la plus célèbre fut celle de la bande de Corentin Tromel, dite bande des Finfond, dont un des membres les plus célèbres était une femme, Marie Louise Tromel, connue sous le nom deMarion du Faouët (1717-1755) qui exerça ses rapines dans la région deGourin,Guiscriff,Le Saint et tout lePoher. De nombreux complices de Marion du Faouët survécurent à son arrestation, son jugement et à son exécution qui survient à Quimper en 1755, continuant leurs exactions.
L'un des membres de cette bande de voleurs, Guillaume Hémery,pilloteux, arrêté à la suite de ses nombreux vols, fut emprisonné à Châteauneuf-du-Faou et jugé par la sénéchaussée locale. Il fut condamné le à laquestionordinaire et extraordinaire « pour avoir révélation de ses complices », « à faireamende honorable devant la porte de l'église de Châteauneuf-du-Faou, une torche de cire ardente à la main et un écriteau sur sa poitrine, à être ensuite rompu vif, enfin à expirer sur lacroix de Saint-André, la face tournée vers le ciel ».
Il fut effectivement torturé comme l'atteste le procès-verbal de torture du : « six fois, ses pieds, ses jambes sont exposés au feu torturant, six fois il gémit sous les cuisantes morsures des flammes » dans le cadre de la question ordinaire, et trois autres fois dans le cadre de la question extraordinaire, finissant par donner le nom de ses complices et reconnaissance faire partie de « la Compagnie de Marion du Faouët, qui a été pendue à Quimper ». Puis, les épreuves du feu enfin terminées, « on le mène, pieds nus, en chemise, sur la Place-aux-Bestiaux » et il est attaché sur unecroix de Saint-André « les bras, les jambes écartées, la poitrine contre la croix » et « le bourreau levant sa barre de fer, commence à frapper les bras, les cuisses, les reins (...)». Puis, la face tournée vers le ciel, il reste agoniser une partie de la nuit, devant expirer lentement comme prescrit par le jugement.
Grâce à ses révélations sous la torture, plusieurs de ses complices sont par la suite arrêtés ; Pierre Bellec le, puis Corentin Bellec, Corentin et Joseph Finefont, Jeanne Tromel, et même Guillaume Tromel, un enfant de 14 ans, et plusieurs autres, la plupart arrêtés auFaouët, sont écroués à Châteauneuf-du-Faou. Or cette prison était dans un terrible état de vétusté et on s'en échappait aisément, ce que firent en novembre 1765 plusieurs des bandits arrêtés. L'un d'entre eux, Joeph Tromel, fut repris àPort-Louis et reconduit à Châteauneuf-du-Faou. Finalement jugés à Rennes, Corentin et Joseph Tromel, ainsi que Pierre Bellec, furent condamnés aux mêmes sentences que Guillaume Hémery exécutées sur la place des Lices àRennes ; le jeune Guillaume Tromel fut condamné à assister au supplice et à être fouetté deverges un jour de marché sur la place de Châteauneuf-du-Faou (une foule badaude y assista). Jeanne Tromel, enceinte, fut épargnée et plusieurs complices condamnés aux galères à perpétuité ou pour de longues périodes[51].
La famille Colas du Rosland au château de Kerannou
Le château de Kerannou était habité par la famille Collas du Rosland auxXVIIe siècle etXVIIIe siècle, par exemple par François Collas, comte du Rosland, né le dans ce château et marié avec Marie-Anne de Kerret. Un de leurs fils, Joseph-Marie Collas, comte du Rosland, né le au même endroit, devint enseigne de vaisseau le et s'embarqua le sur la corvetteL'Heure du Berger commandée parDu Couëdic qu'il remplace le. Il se rend aux îlesSeychelles dont il découvre et nomme plusieurs îles dont l'île d'Arros ; il explore aussi la côte nord deMadagascar et séjourne également à l'Île-de-France (Île Maurice). Lieutenant de vaisseau armé sur la frégateL'Amphitrite, il est le autorisé à rentrer en France. Promu aide-major, il embarque àBrest en 1779 sur le vaisseauLa Couronne qui fait partie de l'escadre deLa Touche-Tréville, puis de celle ducomte de Guichen, participant à labataille de la Dominique. Rentré à Brest, il reçoit le le commandement de la frégateL'Andromaque ; escortant un important convoi à destination deRochefort, il est attaqué par les Anglais au large de l'île d'Aix en 1782 mais parvient à bon port ; il est nommé capitaine de vaisseau le, croise au large deBelle-Île et reçoit le commandement du vaisseau leSagittaire alors en armement à Brest, mais il meurt le à Rochefort sans avoir pu rejoindre son nouveau poste[52].
Châteauneuf à la veille de la Révolution française
SelonJean-Baptiste Ogée, en 1780 Châteauneuf a perdu depuis longtemps sa juridiction royale qui fut incluse dans celle de Carhaix mais reste le siège d'unesénéchaussée avec droit dehaute, moyenne et basse justices. La paroisse, en incluant sa trève du Moustoir, compte alors 2 900 habitants. Ogée écrit que « le terroir est fertile en grains, mais peu cultivé » mais que vallons, landes et bois, la forêt deLaz donnent des « pâturages excellents, qui procurent aux habitants les moyens d'élever beaucoup de bestiaux ». Il s'y tient alors un marché tous les mercredis. Ogée ajoute : « Les environs de la forêt de Laz étaient autrefois très dangereux pour les voyageurs ; il s'y est commis une infinité de meurtres »[53].
Selon Louis Charpentier, dans une monographie intituléeDe Funnay à Ty Mur. Mémorable aventure d'Escailleurs ardennais qui s'en furent au pays d'Armor, exploiter les pierres d'ardoises, vers 1777 desArdennais, venant principalement de la région deFumay, vinrent trouver du travail dans les ardoisières de la vallée de l'Aulne, apportant avec eux l'art de mieux tailler l'ardoise. Dans l'impossibilité de trouver leur lieu réel d'origine, P.-A. Limon les surnomme « Parisiens » dans son livreUsages et Règlements locaux en vigueur dans le Finistère publié en 1857, et les ardoises bretonnes furent surnomméesparisiennes. Cette immigration concerna principalement les communes dePort-Launay,Châteaulin,Lopérec,Saint-Coulitz,Pleyben,Lothey,Gouézec,Lennon,Spézet,Motreff, Châteauneuf-du-Faou etSaint-Goazec. Les noms de famille se sont transformés au fil du temps : les Waslet sont devenus Voachelet, Les Lefèvre sont devenus Lefeuvre, les Bouchy Bouché, etc[54].
Pendant laRévolution française, la population châteauneuvoise se montra plutôt hostile aux idées nouvelles, soutenant par exemple son curéréfractaire, L'Haridon plutôt que leclergé constitutionnel représenté par le prêtre Menthéour.
Jacques Cambry raconte qu'en 1794, « on traîna, sous mes yeux, à la municipalité, un père de famille, qu'on s'obstinoit à croire un prêtre déguisé, parce qu'il parloit français avec facilité. Il signale aussi l'état détestable des ponts permettant de franchir l'Aulne, en particulier de celui de Pont Pol « qu'on traverse sur une échelle depuis huit ou dix ans », ou encore duPont-ar-Glaon qui permettait de franchir le Ster Goanez en direction deLennon[55] ».
Au cours de laRévolution française, la commune porta provisoirement le nom deMont-sur-Aulne[56].
Les années suivantes, des rassemblements dechouans furent signalés un peu partout dans les alentours de Châteauneuf-du-Faou, particulièrement àLaz. En 1815 encore, Châteauneuf-du-Faou subit une tardive mais redoutable attaque de chouans[57] ; ces derniers furent repoussés par le concours fortuit d'une compagnie de marins qui séjournait alors dans la ville[58].
Au début duXIXe siècle, la construction ducanal de Nantes à Brest, commencée en 1806 et achevée en 1836, qui emprunte localement le cours de l'Aulne canalisée, donne du travail à la population et transforme Châteauneuf-du-Faou enport fluvial actif, facilitant le désenclavement économique. Par contre la construction des écluses, non munies d'échelles à poissons avant la fin duXIXe siècle, bloque la migration dessalmonidés, alors que la pêche fluviale était jusque-là importante dans l'Aulne.
« Autour du [port] toutes les maisons avaient des portes cochères car elles servaient d'entrepôt ». On importait du vin, du maërl, de l'engrais et on exportant du bois, des pommes de terre et les ardoises de Saint-Goazec et Châteauneuf. Au bout du pont, côté sud, se dresse toujours la maison de Lisle, famille de négociants[59].
Un chaland à Châteauneuf-du-Faou vers la fin duXIXe siècle.
Le canal de Nantes à Brest au niveau de l'écluse du Moustoir (écluse n°216).
Le trafic commercial tourna autour des minerais, houille, fonte et produits des hauts fourneaux du centre Bretagne et des bois, ardoises et produits agricoles du bassin de l'Aulne que croisaient les engrais et amendements permettant l'amélioration des terres. De 10 000 tonnes en 1859, le trafic passa à 174 000 tonnes en 1911[60]. Mais la construction du barrage de Guerlédan coupa la liaison navigable et le trafic déclina de manière spectaculaire pendant l'entre-deux-guerres, victime aussi de la concurrence du rail, puis de la route ; la dernière péniche franchit l'écluse de Châteauneuf-du-Faou en 1942. Désormais le tronçon avoisinant Châteauneuf n'est ouvert qu'à une navigation touristique.
Dix écluses se trouvent sur le cours de l'Aulne à la limite sud du territoire communal. D'amont vers l'aval :
Louis Caradec :Homme de Châteauneuf-du-Faou [vers 1850](Collection du Musée départemental breton, Quimper, cliché du Musée départemental breton / Serge Goarin).Homme de Châteauneuf-du-Faou (dessin d'Albert Racinet publié en 1888).
Marteville et Varin[62] ajoutent : « la mendicité est fréquente, elle s'explique par l'absence de toute industrie, et surtout par l'aisance dont jouit le mendiant » et que les « maladies psoriques »[63] sont fréquentes dans ce pays ».
Un tableau deLouis CaradecHomme de Châteauneuf-du-Faou[64], peint en 1850, illustre le costume traditionnel porté par les hommes de Châteauneuf-du-Faou à cette époque. Il se trouve exposé aumusée départemental breton deQuimper. En voici la description :
« Ce fermier porte plusieurs gilets galonnés ornés de boutons ; ils sont en drap marron ; celui qui recouvre la chemise blanche est croisé à double rangée de boutons et bordé de velours noir à l'encolure. ici, comme dans le sud de la Cornouaille, les hommes portent tantôt le turban de flanelle, tantôt la ceinture de cuir (gouriz). La couleur foncé du drap des vestes fit donné aux hommes qui les portaient le sobriquet rouzig (petit roux). »
Dans un rapport daté de 1854, le docteur Le Breton, médecin dans l'arrondissement de Châteaulin, évoque l'état d'esprit des habitants ducanton de Châteauneuf-du-Faou : « Ils font six lieues et plus pour aller consulter et chercher des remèdes pour un cheval ou un bœuf malade, et n'appellent, pour leurs femmes, le médecin qu'à la dernière extrémité ; rarement pour leurs enfants, à moins qu'ils ne soient en état de rendre des services dans la maison, jamais pour les autres. En revanche, ils ont une foi aveugle dans lessorciers, dont la déplorable industrie s'exerce au grand jour, sans aucune répression »[65].
Une épidémie dedysenterie, qui a débuté dans l'arrondissement deQuimperlé, sévit à partir d'août 1856 dans tout le canton de Châteauneuf-du-Faou ainsi que dans les cantons voisins, gagnant également leMorbihan. Dans un rapport, le médecin Charles Benoist écrit : « Le canton de Châteauneuf se trouve sur les confins dumarais de Saint-Michel, immense solitude de nature marécageuse que l'été suivant, qu'il est sec ou pluvieux, dessèche plus ou moins complètement (…) Dans ces parages, la dyssenterie est endémique, mais elle prend facilement un caractère épidémique, sous l'influence de quelques exagérations atmosphériques »[66].Une épidémie decroup (diphtérie) sévit à Châteauneuf-du-Faou en 1868.
Le corps des sapeurs-pompiers[67] est créé le. La « maison d'école » est construite en 1870, mais en raison du nombre d'élèves (200 en 1878) il faut rapidement l'agrandir[68].
Le bureau télégraphique de Châteauneuf-du-Faou ouvre en 1873. Le terre-plein du débarcadère du Pont-du-Roy, port de la commune sur le canal de Nantes à Brest, fait l'objet de travaux d'agrandissement décidés en 1880[69].
D'après un témoignage datant de 1882, des « libations de lait » (verser du lait sur les tombes pour donner à boire aux défunts) se pratiquaient encore sur les tombes des défunts au cimetière de Châteauneuf-du-Faou à cette date[70]. Dans un autre ouvrage, le même auteur évoque un rite voisin du précédent : « Sur la route qui mène de Carhaix à cette petite ville [Châteauneuf-du-Faou], (…) un groupe de femmes, vêtues de ces manteaux de deuil, (…) portaient sur la tête des vases de forme tout à fait particulière et cheminaient en silence. (…) Elles franchirent la porte d'un cimetière et nous les vîmes, après avoir vers l'eau sainte sur la tombe de leur « peuple » comme elles disent, déposer (…) les vases qu'elles avaient si pieusement apportés là du foyer sacré de leurs chaumières »[71]. L'auteur y voit la survivance de rites préchrétiens.
La visite du président de la République Félix Faure
Le, le président de la républiqueFélix Faure, venant deBrest viaMorlaix etCarhaix et se dirigeant versPleyben,Châteaulin, puisQuimper, s'arrêta à Châteauneuf-du-Faou dans le cadre d'un voyage en Bretagne. C'est semble-t-il le seul chef d'état français à s'être arrêté un jour à Châteauneuf ! Le journalLe Temps[72] raconte ainsi cet épisode :
« Le trajet en voiture de Carhaix à Châteaulin (...) a été péniblement gâté par un orage d'une extrême violence. Entre Carhaix et Châteauneuf, on n'a songé qu'à se protéger contre une submersion menaçante. (...) Les paysans ne s'étaient pas laissés troublés par le jeu des grandes eaux célestes et, à tous les carrefours, sur les rocs au milieu des ajoncs, dans les fleurs violacées des bruyères, on apercevait des groupes pittoresques de Bretons et de Bretonnes venus parfois de fort loin pour voir ce qu'ils n'avaient jamais vus encore : le chef de l'État. Dans leur attitude se révélait toute l'âme bretonne ; fiers, silencieux, recueillis, ils semblaient presque en prières, les hommes découverts, tenant dans leurs bras croisés leurs chapeaux de feutre aux larges rubans de velours, les femmes pour la plupart agenouillées, les plus vieilles appuyant leur menton sur le bout de leur solide bâton. Les riches fermiers de la région avaient eu l'heureuse idée de se former en pelotons qui se relayaient tous les dix kilomètres et, sur des chevaux qui ignorent la selle, de galoper autour du cortège, mêlés aux hussards de escorte. Le premier arrêt a eu lieu à Châteauneuf-du-Faou, à 24 kilomètres de Carhaix. Toute la population du canton est là. (...) Presque tous sont revêtus du costume national. Devant la mairie où un vin d'honneur est préparé, le président quitte sonlandau dont on va changer les quatre chevaux. Le maire et le conseiller général rappelle que la région est depuis longtemps dévouée à la République. M. Félix Faure les en félicite (...). Nous sommes ici au milieu d'une population républicaine ; tous ces braves gens crient « Vive la République ! » et chantentLa Marseillaise et leChant du départ avec une chaleureuse conviction. (...) Ils poussent des vivats en l'honneur deM. Méline jusqu'à ce que celui-ci vienne les remercier. »
Le journalLe Bas Breton, de Châteaulin, raconte :
« Samedi dernier, à l'occasion du passage dans la localité du Président de la République, la petite ville de Châteauneuf était en fête, comme elle ne le fut jamais et ne le sera peut-être plus. (...) À l'entrée de la ville, à côté de l'Hôtel du Midi, un magnifiquearc de triomphe avait été construit d'après les dessins deMonsieur Sérusier, peintre bien connu, depuis quelques mois parmi nous. Décoré de drapeaux et de rubans multicolores, de feuillages de toutes sortes au milieu desquels étincelant au soleil se trouvaient des faucilles, et de longues faux et instruments agricoles, cet arc de triomphe était une merveille de grâce et de bon goût. (...) Au-dessous, en grosses lettres d'or, on avait écrit : « Vive la République ! Vive Félix Faure ! ». En arrivant à Châteauneuf vers deux heures de l'après-midi, le Président fait arrêter sa voiture, examine l'arc de triomphe avec une satisfaction visible, salue la foule qui partout se presse nombreuse aux fenêtres (...) et qui crie vigoureusement : « Vive la République ! Vive Félix Faure ! »[73]. »
Édouard Charton en 1903 décrit ainsi le marché de Châteauneuf-du-Faou : « Sur ce champ de foire (…) le spectacle est d'un pittoresque particulier. (…) Les gens ne fot que les gestes nécessaires, restent sans bouger au pied de leur bétail. L'acheteur palpe la bête, lui ouvre la bouche, interroge brièvement. (…) L'animation augmente, la gaieté s'épanouit enfin, excitée par le déjeuner, le café, les bols de cidre et les verres d'eau-de-vie qui arrosent les marchés conclus. Les auberges et les hôtelleries exhalent leurs odeurs de rôtis et leurs parfums de boissons. Le champ de foire fume de tous le poil et de tous les excréments de ses bêtes, chante un hymne de nature par les beuglements, les cris rauques, les murmures de ce troupeau de bêtes passives. (…) Dans les rues environnantes, c'est le marché aux chevaux, des blancs, des noirs, des alezans, des bais, des gris pommelés, bêtes courtes, bien ramassées, solides et nerveuses pour la plupart, guignées par l'œil rusé des maquignons. (…) Ailleurs, c'est la vaisselle étalée sur le sol, (…) l'étalage des étoffes, des vêtements, des cotonnades. (…) Un groupe s'est formé ici à l'entrée d'une ruelle : il entoure une marchande de chansons, épaisse de corps, basse sur jambes, (…) et qui déclame sur un ton de mélopée la dernière production d'un poète local. La récente catastrophe est le sujet de la complainte : "Distruisant-der ar martinik"[74]. (…) C'est le journal d'avant le journal ; la gazette ambulante du carrefour et de la place de l'Église. (…) Il y a foule autour de la commère et la complainte est dans toutes les mains. C'est le fait du jour. (…) Il faut bien songer qu'il est venu aujourd'hui, à Châteauneuf-du-Faou, des gens qui ne lisent jamais un journal, qui vivent dans des chaumières, au plus désert de la contrée (…) »[75].
Cette description a été reprise parGustave Geffroy dans son livre "La Bretagne" en 1905[76].
À Châteauneuf-du-Faou, la ligne desChemins de fer armoricains venant de Landivisiau et se dirigeant vers Rosporden passait au-dessus de celle duRéseau breton, qui venait de Carhaix et se dirigeait vers Châteaulin. Aucune jonction n'existait entre les deux réseaux, pourtant tous les deux construits à voie métrique ; les deux gares se faisaient face. D'après Jacques Chapuis, les principaux ateliers des Chemins de fer armoricains se trouvaient à Châteauneuf-du-Faou[41].
Châteauneuf-du-Faou : le monument aux morts de la Première Guerre mondiale.
Le monument aux morts de Châteauneuf-du-Faou[78] porte les noms de 228morts pour la France dont 177 pendant laPremière Guerre mondiale dont 12 sur le front belge (parmi eux 10 sont décédés en 1914 pendant laCourse à la mer et les deux autres en 1917), six alors qu'ils étaient membres de l'Armée française d'Orient dont quatre décédés enSerbie (Alain Blaise, Jean Hemery, Hervé Louboutin, Ernest Perrotte) et deux enGrèce (Maurice Henry, Ferdinand Leyour) ; trois marins sont disparus en mer (François Fitamant[Note 6], Piere Le Du[Note 7], Jean Le Razer[Note 8] et Pierre Rolland[Note 9]) ; un soldat (Guillaume Rannou[Note 10] est mort auMaroc alors qu'il se trouvait dans unbataillon disciplinaire ; un autre (François Martin) alors qu'il était en captivité en Allemagne ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français : parmi eux, Jean Kéruzoré[Note 11], François Le Gall[Note 12] et Henri Le Gall[Note 13] ont été décorés de laCroix de guerre et de laMédaille militaire, Jean Gendron[Note 14] et Guillaume Labat[Note 15] de la Croix de guerre, Pierre Le Gall[Note 16] de la Médaille militaire.
Si l'émigration vers les grandes villes et particulièrement Paris, ou encore celle d'ouvriers agricoles vers laBeauce, laPicardie ou le sud-ouest de la France est plus ancienne mais se poursuit alors (un ancien vicaire de Châteauneuf-du-Faou, l'abbé Lanchés, fut même aumônier des Bretons de la Dordogne dans la décennie 1920)[80], l'Entre-deux-guerres voit se développer une émigration vers lesÉtats-Unis, qui a commencé àRoudouallec et s'est développée dans toute la région desMontagnes Noires, autour deGourin et Châteauneuf-du-Faou[81] et même vers l'Argentine[82].
Des articles du journalL'Ouest-Éclair publiés en 1928 illustrent l'importance de l'émigration dans la région de Châteauneuf-du-Faou à cette époque. En janvier 1928, le sous-préfet de Châteaulin, en visite à Châteauneuf-du-Faou, déclare : « Je viens d'avoir plus de deux cents demandes de passeport »[83]. À la même date, le maire de Châteauneuf-du-Faou déclare : « Nos villageois s'en vont tous en Amérique. Les uns partent, attirés par des camarades qui leur vantent l'existence d'Outre-Atlantique ; d'autres qui se sont expatriés jeunes reviennent en France faire leur service militaire. Pour ceux-là, le voyage est gratuit. Ils se marient ensuite au pays et retournent en compagnie de leur femme. (…) Ceux qui ont amassé un magot achètent, dès leur arrivée, un lopin de terre et font construire. (…) Il y a quelques jours, une quinzaine de jeunes hommes ont quittéLennon et, la semaine prochaine, vingt autres partiront de Châteauneuf-du-Faou pour Miltown. Dans cette cité américaine existent actuellement de véritables colonies où l'on ne parle que le breton. Ils sont 3 000 ; dans deux ans, ils seront 6 000 »[83]
Dans un article intituléLes émigrants bretons au pays des dollars, un lecteur new-yorkais du journalL'Ouest-Éclair écrit : « J'ai vu arriver des émigrants bretons par centaines. Peu de bateaux de laCompagnie générale transatlantique qui n'entrent dans le port deNew York sans en amener un fort contingent. (…) J'ai été frappé du fait que la commune de Châteauneuf-du-Faou fournissait le pourcentage le plus fort. Combien de ces groupes de Châteauneuviens n'ai-je pas eu l'occasion d'observer dans les couloirs de laquarantaine àEllis Island. (…) J'en ai vu qui allaient chez Michelin, à Miltown[84], dans leNew Jersey ; d'autres, à peine moins nombreux, entendaient aller tenter leurs chances dans les agglomérations alsaciennes-bretonnes autour des usines de soie de Lody et Garfield, dans le New-Jersey également »[85].
Le même auteur analyse ainsi les causes de cette émigration : « Un certain surpeuplement relatif, et surtout les maigres salaires des ouvriers agricoles, ont mis le mouvement en branle. Mais il y a longtemps que les ouvriers agricoles n'émigrent plus seuls, de Châteauneuf ; les mécaniciens, les cuisiniers, les tailleurs, les cordonniers, les boulangers et les menuisiers, et pratiquement tous les autres métiers, sont aussi nombreux que les cultivateurs ou les manœuvres. La contagion a donc gagné ceux qui ne souffrent pas des deux causes citées plus haut. Leur cas est un phénomène de psychologie collective qui n'est pas rare : quelques succès réels au début ont été si souvent commentés dans les débits et au long des veillées que les ouvriers (…) ont cru voir dans l'Amérique une "terre promise". Les Châteauneuviens en sont venus au point d'envier presque ceux qu'ils voient partir »[85].
Pour ces raisons, Châteauneuf-du-Faou était surnommée à l'époque « la ville des Américains »[86].
Des jeunes paysans finistériens, notamment de la région de Châteauneuf-du-Faou, émigrent pendant la décennie 1920 en direction duPérigord et du sud-ouest de la France, par exemple dans la région deNérac. Ils furent encadrés par l'abbé Lanchès, originaire de Châteauneuf-du-Faou, qui devintaumônier des Bretons du Périgord[87].
Parmi ceux qui ont entendu l'appel du 18 Juin lancé par legénéral de Gaulle depuisLondres, deux Châteauneuviens de 19 ans, Georges Marseillier et André Morvan, décident de rejoindre l'Angleterre dès le avec quelques-uns de leurs amis (Louis Le Floch, François L'Haridon et d'autres). Ils y parviendront, embarqués sur le navire charbonnier "Mousse-le-Moyec", viaDouarnenez,Camaret etOuessant[89].
Châteauneuf-du-Faou : monument à la mémoire des résistants tués par les Allemands les 4 et.Stèle commémorant le décès des soldats américains tombés lors de la libération de la ville le
Entre 1943 et 1945, le lycée Vauban de Brest, dont les bâtiments ont été détruits par les bombardements, se replie sur Châteauneuf-du-Faou et Plonévez-du-Faou[90].
Deux résistants, Corentin Baron, 24 ans et Henri Cozic, 27 ans,résistants, furent fusillés par les nazis le. Le vers 15 heures, alors que des combats violents sont en cours à proximité de laRN 787 (actuelleRN 164) entre les troupes américaines et allemandes, plusieurs fermes furent incendiées dans les villages de Kervarziou, de Penn Broëz et de Magorven en Châteauneuf-du-Faou, ainsi que dans ceux du Divit et de Langalet en Plonévez-du-Faou[91]. André Chabas, dit "Dédé le Parisien", résistant membre dubataillon Stalingrad, est tué le à Poulodron en Châteauneuf-du-Faou lors d'une embuscade tendue par des parachutistes allemands de la2e division commandée par legénéral Ramcke[92]. Douze soldats du86th Cavalry Reconnaissance Squadron, de la6e division blindée américaine, ont été tués les et lors des combats pour la libération de la ville, ainsi que 21 résistants[93] dont les noms sont portés sur deux stèles commémoratives, l'une près de la chapelle Notre-Dame-des-Portes pour les soldats américains[94], l'autre à l'intersection de la RN 164 et de la petite route qui mène de Ty-Blaise à Châteauneuf-du-Faou pour les résistants tués ces jours-là. L'abbé Joseph Cadiou, curé de la paroisse, fut assassiné par les Allemands dans la nuit du 5 au 6 août 1944.
Fait exceptionnel, le, le secrétariat d'État aux Forces Armées "Guerre"Max Lejeune cite à l'ordre de la Brigade Châteauneuf-du-Faou "centre important de groupement desForces françaises de l'intérieur du Finistère, a fourni elle-même un important effectif de soldats de la clandestinité qui participèrent à la Libération du Département. Région de parachutage d'armes, a payé un lourd tribut pour son action de Résistance". Cette citation comporte l'attribution de laCroix de Guerre avec Étoile de bronze (distinction visible en mairie).
Un autre résistant originaire de Châteauneuf-du-Faou est Jean Dorval, qui fut arrêté à Lyon le par les hommes deKlaus Barbie, emprisonné à laprison Montluc, longuement torturé par laGestapo et fusillé le dans cette ville[95].
Henri Birrien, né le à Châteauneuf-du-Faou, membre de la compagnieFFI "Normandie", participa par la suite à de nombreuses autres actions de résistance, par exemple à l'attaque du château de Kerriou (enGouézec) et à l'attaque duMénez-Hom le ; décoré de laCroix de Guerre, il est décédé en octobre 2012[96].
Cinq soldats originaires de Châteauneuf-du-Faou sont morts pour la France pendant les guerres d'indépendance des colonies françaises : un (Pierre Le Com[97]) pendant laguerre d'Indochine, un (Hervé Roudaut) auMaroc et trois (Roger Le Dréan, Paul Michel[98] et Yves Rospars) pendant laguerre d'Algérie[78].
En mars 1960 des bagarres se produisirent à Châteauneuf-du-Faou ; une quarantaine de cultivateurs alignés sur trois rangs barrèrent l'accès aux 200 spectateurs qui voulaient assister au cinémaKastell-Nevez à la projection du filmLes liaisons dangereuses et des bagarres éclatèrent ; le maire interdit la projection du film, mais le propriétaire de la salle de cinéma passa outre[99].
La fermeture vers le milieu duXXe siècle de la voie ferrée et du canal de Nantes à Brest ont provoqué un réenclavement de la région de Châteauneuf-du-Faou, malgré l'existence de laRN 787, créée en 1933 qui reliaitPaimpol àMorgat viaGuingamp,Carhaix, Châteauneuf-du-Faou etChâteaulin mais déclassée en 1973 en route départementale (D 887 pour la section concernant Châteauneuf-du-Faou). Dans le cadre duplan routier breton, Châteauneuf-du-Faou est désormais sur le tracé de laRN 164 reliantChâteaulin àMontauban-de-Bretagne (Rennes) viaCarhaix,Rostrenen etLoudéac progressivement transformée envoie express : la déviation de Châteauneuf-du-Faou a été l'un des premiers tronçons mis en service.
Jean Hourmant, qui fut longtemps maire de la commune voisine dePlonévez-du-Faou a été depuis 1988 président du « Comité pour l'aménagement à 2x2 voies de l'axe central », qu'il continue toujours à présider[100].
Paul Sérusier :Autoportrait à la barbe rutilante (vers 1907-1908)
Grâce à un legs reçu en 2015 d'une habitante de la commune décédée, Suzanne Yvinec (qui a fait don de tous ses biens : maison, mobilier et argent, à condition que tout cela contribue à la création d'un musée[101]), la ville de Châteauneuf-du-Faou a le projet de créer un musée consacré à Paul Sérusier. Dans ce but, le tableauAutoportrait à la barbe rutilante, peint à Châteauneuf-du-Faou, a été acquis par la ville en 2017[102].
Lemusée Paul et Marguerite Sérusier a ouvert le[103]. Outre de nombreuses œuvres des deux peintres, le musée présente dans une salle la découverte virtuelle de la maison du peintre, que Paul Sérusier avait entièrement décoré ; la maison qu'il avait habité appartient à un propriétaire privé et n'est pas accessible[104].
Huitchevalets disséminés dans la ville et ses alentours retracent la vie du peintre à ses endroits préférés.
Blason de Châteauneuf-du-Faou : D'azur au château d'argent ouvert du champ, ajouré et maçonné de sable, accompagné en pointe d'une fasce ondée aussi d'argent.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[109]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[110].
En 2023, la commune comptait 3 651 habitants[Note 42], en évolution de −0,6 % par rapport à 2017 (Finistère : +2,69 %,France horsMayotte : +2,36 %).
La population communale, stable dans les deux premières décennies duXIXe siècle, a augmenté assez régulièrement, à quelques « dents de scie près », pendant tout le reste duXIXe siècle et jusqu'à la veille de laPremière Guerre mondiale, gagnant 2157 habitants entre 1821 et 1911 (+ 101 %, donc un doublement, en 90 ans, en dépit de l'exode rural qui frappe déjà la région dans la seconde moitié duXIXe siècle, en raison de son rôle de petite capitale locale chef-lieu de canton, bourg animé avec de nombreux commerces, ville de marchés et de foires) et d'un certain dynamisme lié aucanal de Nantes à Brest (port fluvial sur le canal). L'année 1911 est celle du pic démographique, la population châteauneuvienne évoluant en dents de scie dans le courant duXXe siècle, alternant des périodes de déclin (de 1911 à 1921, de 1926 à 1954 surtout : la commune perd alors 651 habitants en 28 ans, ce qui correspond à la période de l'émigration la plus forte, en particulier vers l'Amérique, et encore de 1982 à 1999) et de reprise démographique (entre 1921 et 1926, surtout entre 1954 et 1982 où la commune regagne 635 habitants en 28 ans). La première décennie duXXIe siècle montre un lent accroissement lié à une légèreimmigration nette (+ 0,6 % l'an entre 1999 et 2006) alors que lesolde naturel, négatif ces dernières décennies, l'est encore entre 1999 et 2006 (-0,7% l'an). Entre 1999 et 2006, letaux de natalité était de 9,2 pour mille alors que letaux de mortalité était de 15,7 pour mille en raison du net vieillissement de la population ; en 2007 par exemple les 65 ans et plus représentaient 27,2 % de la population communale totale alors que les 0 à 19 ans n'en formaient que 20,4 % ; en 2007 la commune a enregistré 71 décès pour 38 naissances.
La communauté de communes de Haute Cornouaille est chargée des « affaires économiques » et gère plusieurs ZAC sur son territoire.
Châteauneuf du Faou est une ville basée sur l'agriculture, l'industrie alimentaire ainsi que sur le tertiaire
Châteauneuf-du-Faou conserve plus de 80 commerces.
Des variétés de pommes de terre sont nées à Châteauneuf-du-Faou : la "Charlotte", la "Juliette"[113]
Unmarché au cadran[114] pour la viande bovine a fonctionné à Châteauneuf-du-Faou de la décennie 1970 au début de la décennie 2000.
Le principal employeur de la commune est un abattoir de porcs "Socopa-Bigard", mais il existe aussi un producteur de saumon et de truite (très souvent primé dans les concours nationaux) « Guyader Gastronomie », ainsi qu'un tissu artisanal et commercial important.
La commune possède une pharmacie, 1 EHPAD (Établissement d'Hébergement de Personnes Âgées Dépendantes), 1 MAS (Maison d'Accueil Spécialisée) dénommée centre de Ker Arthur, plusieurs médecins généralistes et médecins spécialisés ainsi que des auxiliaires médicaux : cabinet médical, kinés, ostéopathes, orthophonistes, podologues ; centre vétérinaire....
Châteauneuf-du-Faou est situé dans le centre Finistère à moins d'une heure des côtes bretonnes. Sur place on y trouve :
Office de Tourisme ouvert toute l'année ;
Circuits de randonnées pédestres, VTT et équestres ;
Canal de Nantes à Brest (navigation, randonnée, pêche...) ;
Patrimoine bâti et architectural composé d'églises, de chapelles, de lavoirs, de fontaines... Vues panoramiques sur les Montagnes Noires, le Canal de Nantes à Brest et le parc et château de Trévarez situé à 5 km ;
Complexe touristique de Penn-ar-Pont[115] en bordure de l'Aulne ;
Ville de Paul Sérusier, célèbre nabi à la barbe rutilante, citoyen châteauneuvien pendant près de 30 ans, il a laissé en témoignage des peintures murales dans l'église paroissiale. Un circuit à travers la ville lui est désormais dédié, un espace d'exposition "Paul Sérusier" recevant des artistes contemporains a été créé à l'Office de Tourisme, la Mairie possède une petite collection de ses œuvres qui va devenir la base du futurmusée Sérusier. Sa maison dont les murs sont recouverts de fresques est privée et ne se visite pas.
Enbreton, la ville se nomme à l'écritKastell-Nevez-ar-Faou, à l'oralAr C'hastell-Ne'e.
L'adhésion à la charteYa d'ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le.
À la rentrée 2017, 58 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue publique (soit 15,5 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[118].
Châteauneuf du Faou compte deux écoles primaires : l'école publique Paul-Sérusier et l'école privée Saint-MichelLa ville a mis en place une garderie périscolaire dans ces deux écoles le matin de 7 h 30 à 8 h 50 et le soir après la classe jusqu'à 19 h 00.
Châteauneuf-du-Faou dispose de deux collèges : un collège public : le collège de l'Aulne[119] et un collège privé : le collège Notre-Dame-des-Portes[120].
La commune dispose d'un CAC (Centre d'Activités Culturelles), dénommé Jeff-Le-Penven au sein duquel se trouve la bibliothèque et le fond breton.
À la chapelle Notre-Dame-des-Portes, pour avoir un enfant, l'on mettait enex-voto un enfant de cire. « Je l'ai vu faire devant moi, on avait mis dans les bras de l'enfant une vieille croix d'argent »[121]. Cette tradition perdurait encore en 1906.
L'église Saint-Julien-et-Notre-Dame actuelle date desXVIIIe siècle etXIXe siècle[122], en 1878 par l'architecteJules Boyer, mais a été reconstruite à l'emplacement d'églises plus anciennes (auxXVIe siècle etXVIIe siècle, l'église était consacrée à laVierge et était alors dénommée "Notre-Dame de Tremaven" du bretontre (quartier) et deMawen, probablement le nom d'un homme)[27]; l'édifice actuel comprend une nef à six travées et un chœur à chevet polygonal. Le clocher-porche avec son dôme et son lanternon date d'une église précédente construite en 1737, de même que de nombreuses statues qui l'ornent comme celles desainte Marguerite, desaint Michel, desaint Maudez, de saint François d'Assise, de saint Martin, desainte Barbe, desaint Pierre ainsi qu'unePietà en pierre. Un groupe statuaire représentantsainte Anne et laVierge à l'Enfant date même de 1632. L'église est ornée de peintures murales[123] dePaul Sérusier datées de 1914 à 1919[25] qui représententl'Annonciation, l'Assomption, leBaptême du Christ, laCène, laCrucifixion et laRésurrection.
Châteauneuf-du-Faou, église paroissiale, fresque de Sérusier 1
Châteauneuf-du-Faou, église paroissiale, fresque de Sérusier 2
Châteauneuf-du-Faou, église paroissiale, fresque de Sérusier 3
Châteauneuf-du-Faou, église paroissiale, fresque de Sérusier 4
Châteauneuf-du-Faou, église paroissiale, fresque de Sérusier 5
La statue de Notre-Dame-des-Portes
La chapelle Notre-Dame des Portes actuelle, mêlant lesstyles néoroman etnéogothique, œuvre d'Ernest Le Guerranic, date de 1892 ; la statue de Notre-Dame fut couronnée le) parHenri-Victor Valleau, évêque de Quimper[124] ; la veille du couronnement eut lieu la "procession des miracles", qui se déroulait traditionnellement tous les ans et qui se terminait par un spectacle édifiant[125] ; la fête du couronnement se termina par « un feu d'artifice et l'illumination de toute la ville », « trente paroisses étaient venues avec leurs croix et leurs bannières »[126]; la chapelle a été restaurée en 1953[127], la cérémonie rassemblant environ 50 000 personnes. La première chapelle, destyle gothique avait été construite à l'emplacement de l'ancien château-fort par Jean Le Prat vers 1440 et le duc de BretagneJean V avait accordé « franchise de l'impôt de vin » pour ceux qui aideraient à la construction de la chapelle ; l'on y venait d'assez loin en pèlerinage. En 1843, Marteville et Varin écrivent que « la chapelle (…) est en grande vénération ; elle est desservie tous les jours »[62]. Selon la tradition, la statue qui y est vénérée aurait été trouvée dans un chêne à Trévarez enSaint-Goazec. Pendant laRévolution française, la chapelle fut vendue commebien national.Le nom donné à la chapelle proviendrait d'un vicomte du Faou qui aurait placé l'image de laVierge au-dessus de la porte d'entrée du château. Lepardon de Notre-Dame-des-Portes, qui a lieu chaque avant-dernier dimanche du mois d'août, reste très fréquenté. Paul Sérusier en a fait vers 1896 un tableau intituléLe Pardon de Notre-Dame-des-Portes à Châteauneuf-du-Faou, qui se trouve aumusée des Beaux-Arts de Quimper[128]. Près de la chapelle se trouvent une croix monumentale, un ancien ossuaire (servant désormais de sacristie) et un oratoire extérieur qui sert lors des pardons[129].
Châteauneuf-du-Faou, chapelle Notre-Dame-des-Portes, la façade et un autel extérieur pour les pèlerinages
Châteauneuf-du-Faou : la chapelle Notre-Dame-des-Portes vu du Pont du Roy
Châteauneuf-du-Faou : l'ossuaire près de la chapelle Notre-Dame-des-Portes
La chapelle Saint-Ruelin du Moustoir (Chapel ar Vouster en breton)[130] date desXIVe siècle etXVIe siècle (construite entre 1575 et 1628) est dédiée àsaint Ruelin ; sa flèche fut frappée par la foudre en 1852 ; la chapelle a été restaurée en 1980[131]. Elle doit son nom àsaint Ruelin, futur évêque deTréguier, qui aurait construit là auVIe siècle unermitage auquel aurait succédé par la suite un monastère (d'où le nom deMoustoir). Ce fut jusqu'à la Révolution française unetrève de Châteauneuf-du-Faou. Une seigneurie du Moustoir existait également, celle des De Rosily Meszros. Outre desfonts baptismaux duXVIIe siècle surmontés d'unbaldaquin en bois et unretable de laSainte Famille[132] qui date duXVIIIe siècle, la chapelle possède de nombreuses statues desXVe siècle etXVIe siècle dont celles desaint Marc, desaint Sixte, desaint Ruelin, desaint Éloi, desaint Louis, desaint Mathurin, de laVierge-Mère, desainte Anne, etc. Elle possède des vitraux modernes, datant de 1989, œuvre d'un maître-verrier quimpérois Alain Grall[25]. Déjà en 1843, « on y célèbre rarement le service divin »[62]. Unpardon des chevaux a été célébré jusqu'en 1962, lié au culte desaint Éloi dans cette chapelle.
La chapelle Saint-Ruelin du Moustoir, sonplacître avec le calvaire et les deuxifs datant d'au moins 600 ans
Placître de la chapelle Saint-Ruelin du Moustoir, tronc creux de l'un des deux vieux ifs datant d'au moins 600 ans
La chapelle Saint-Ruelin du Moustoir, la façade
La chapelle Saint-Ruelin du Moustoir, la façade, statue duroi Guinvarc'h
Chapelle Saint-Ruelin du Moustoir, lecalvaire du placître
Du château qui lui a donné son nom, demeurent des pans de murs ainsi que la base d'une tour d'angle, dominant l'Aulne, et tout un site en voie de restauration.
La maison dePaul Sérusier y sied toujours dans la rue éponyme. L'artiste fit construire cette maison en 1906 qu‘il décora lui-même. Elle est inscrite depuis 1995[134]. Un circuit touristique « Sur les pas de Paul Sérusier »[135] retrace la vie de l'artiste à Châteauneuf et permet de découvrir les paysages qu'il immortalisa.
Le Pont-du-Roy a permis depuis des siècles le franchissement de l'Aulne (réaménagé lors de la construction ducanal de Nantes à Brest)
Le pont dit Pont du Roy, dont les six arches enjambent l'Aulne canalisée (canal de Nantes à Brest), au sud de la commune. Il fut construit dans la première moitié duXVIIe siècle[136], remplaçant ungué utilisé dès l'Antiquité. Rebaptisé un tempspont national pendant la Révolution française, ce pont était étroit (deux voitures à cheval ne pouvaient pas s'y croiser) et ses arches trop basses constituaient un obstacle pour la trafic du canal. Un nouveau pont est construit en 1892 et le vieux pont est amputé d'une arche afin de rendre plus aisé le passage des péniches[137]. En 1928 est mis en adjudication la construction du pont actuel « en béton armé de trois travées de22 mètres chacune, terminé à ses extrémités par deux consoles de6 mètres. Il aura une longueur totale de78 mètres et reposera sur quatre palées, dont deux seront coulées dans le lit de la rivière »[138].
Verdoyant, le site de Penn ar Pont[139], le long de l'Aulne, attire promeneurs, pêcheurs et plaisanciers
Le manoir de Rosily et le manoir de Keranmoal ont disparu.
La maison éclusière du Bizernig est loué à une association locale de protection de la pêche et de l'environnement[61].
Une fontaine publique datant de 1831 servait à remplir les seaux et abreuver les chevaux. Elle est située sur l'ancienne place de l'Avoine rebaptisée place de la Résistance.
Le Printemps de Châteauneuf lors du dimanche de Pâques[144].
Fest-Jazz : le festival de jazz aux bords de l'Aulne, fin juillet/début août, tous les ans
Le pardon de Notre-Dame-des Portes : tous les ans, le troisième week-end d'août. Le samedi soir a lieu une procession au flambeau : les hommes de 50 ans ont un costume traditionnel et portent une statue de Notre-Dame-des Portes à travers la commune. Le dimanche après-midi, c'est au tour des femmes cinquantenaire de le faire[145],[146].
Jean Antoine Maisonneuve, né le àSaint-Philbert-de-Grand-Lieu. En 1790, année de son mariage avec Marie Louise Le Bas, il entre dans lagarde nationale. En 1793, il y devient fusilier. En 1795, il est préposé à la subsistance des troupes en marche pour le secteur deRosporden. En 1796, devenu chargé d'exploitation pour la marine, il supervise la fabrication de charbon de bois dans la forêt de Laz et en février de la même année, il est nommé par l'administration centrale du Finistère commissaire exécutif du département du Finistère près la municipalité du canton de Châteauneuf, lequel se composait à l'époque de 5 communes limitrophes. En 1798, il est scrutateur chargé de la régularité des élections de la commune de Châteauneuf qui avaient été annulées pour irrégularité. En 1799, le département le nomme vérificateur des comptes du percepteur dePlonévez-du-Faou, avant de la désigner en mars de l'année suivante, adjudicataire de la charge de percepteur à vie pour cette commune, toujours en 1799 il est nommé membre du jury départemental de révision de l'emprunt forcé de cent millions. En 1800, il est nommé notaire et maire remplaçant de Châteauneuf. En 1810, il est dit rentier. En 1820, il est juge de paix, poste qu'il occupera jusqu'en 1849, deux ans seulement avant sa mort. Il meurt à Châteauneuf, le 29 novembre 1851 à l'âge de 88 ans et sans richesse. Son monument funéraire est encore visible dans le cimetière communal de Châteauneuf. Son épouse et lui aurons 16 enfants entre 1792 et 1810[réf. nécessaire].
N. Carquet, procureur du roi pour la sénéchaussée de Châteauneuf-du-Faou, est élu en 1789 député suppléant aux États généraux par le tiers-état de la sénéchaussée deCarhaix. Il devint en 1790 administrateur du département du Finistère, mais ne l'était plus en 1793[147].
Yves Barré, né le à Châteauneuf-du-Faou, médecin et chirurgien àHennebont à partir de 1785, émigre pendant laRévolution française et fait partie de l'armée des émigrés quidébarque à Quiberon pendant l'été 1795. Fait prisonnier, il est condamné à mort par la Commission militaire siégeant sur place et fusillé sur la grève deQuiberon le 12 thermidor an III ()[148].
Vincent Joseph Le Rousseau de Rosancoat, né en 1726 à Châteauneuf-du-Faou,jésuite, professeur de philosophie, directeur du couvent desUrsulines à Carhaix, puis d'un couvent deVisitandines situé rue du Bac à Paris, fut massacré pour avoir refusé de prêter le serment républicain pendant lesMassacres de Septembre 1792 à Paris en même temps que vingt autres jésuites[149]. Un vitrail de l'église paroissiale évoque le martyre de ce prêtre.
Joseph René Guéguen, né le à Châteauneuf-du-Faou, greffier, puis notaire à Plonévez-du-Faou ente 1875 et 1881, maire de Plonévez-du-Faou en 1882, longtemps conseiller général du canton de Châteauneuf-du-Faou, fut élu député en 1881, battu en 1885, mais à nouveau élu en 1889, membre de la gauche républicaine. Il est décédé en mai 1891[150].
Louis Dubuisson (1842-1914), docteur en médecine, conseiller général du canton de Châteauneuf-du-Faou, fut élu député en 1898, réélu en 1902, 1906 et 1910. Il était inscrit à laGauche radicale. Il a publié :Des effets de l'introduction dans l'économie des produits septiques et tuberculeux (1869) etLeDr Dubuisson est-il de mauvaise foi ? (1875).
Raymond Delaporte (1907-1990), petit-fils du député Louis Dubuisson.Nationaliste breton, Président du Parti National Breton pendant laSeconde Guerre mondiale, secondé par ses frères Hervé (médecin) et Yves Delaporte, il développe une politique pro-allemande au travers notamment de l'organe de presse du Parti:L'heure bretonne.
Son épouse,Marguerite Sérusier (née Marguerite Gabriel-Claude le àLons-le-Saulnier (Jura), décédée le, fut aussi une peintre[152]. La ville de Châteauneuf-du-Faou lui a consacré une exposition en 2016.
Armand Seguin, peintre, né le à Paris, décédé en 1903 à Châteauneuf-du-Faou chez son ami Paul Sérusier.
Abbé François Lanchès, né le à Châteauneuf-du-Faou ; il devint prêtre en 1906 et fut nommé en 1911 vicaire auRelecq-Kerhuon ; il fut en 1925 nommé aumônier des Bretons duPérigord ; en 1946 il est nomméchanoine honoraire de lacathédrale Saint-Front dePérigueux ; il est décédé le à Châteauneuf-du-Faou.
René Galand, étudiant à l'université Yale, docteur ès-lettres et professeur de littérature française àWellesley College, auteur de nombreux ouvrages en langue bretonne, spécialiste reconnu de la civilisation celtique.
Yann Le Meur, économiste, écrivain et musicien breton, a notamment publié chez Coop BreizhSonneur,Les ironies du destin et Délivrez nous du mal. Champion de Bretagne des sonneurs de couple avec Michel Toutous, il a effectué ducollectage] de chansons traditionnelles et a créé puis animé un journal en breton parlé sur cassette (Keloù Bro Dardoup puisKazetenn ar Menez), puis a co-fondé l'ARCOB (Atelier régional de communication orale en Bretagne) et *Radio Kreiz Breizh[153].
Raymond Keruzoré, né le, est un ancien joueur de foot professionnel, notamment au Stade rennais avec lequel il sera sacré champion de France en 1971. Il a aussi été entraîneur.
Raymond Delaporte,La Sénéchaussée de Châteauneuf-du-Faou, Huelgoat et Landeleau, et les juridictions seigneuriales du ressort (thèse), Paris,(lire en ligne)
Marie Evrard,Châteauneuf-du-Faou, un bourg plein d'avenir à la recherche de son passé (mémoire de licence professionnelle),Université de Lille,, 230 p.
↑Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 648 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/02/1970 au 01/06/2024.
↑Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
↑Le comte Even, surnommé « Even le Grand », à l'existence plus ou moins mythique, est considéré comme le fondateur de la dynastie desvicomtes de Léon et le fondateur de la ville deLesneven.
↑François Fitamant, né le à Châteauneuf-du-Faou, matelot à bord ducontre-torpilleurRenaudin torpillé et coulé devantDurazzo par un sous-marin autrichienU-6 le.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Christian Ménard et Armand Puillandre, « Étymologie de l'appellation "Faou" appliquée à Châteauneuf-du-Faou et à Plonévez-du-Faou »,Bulletin de la Société archéologique du Finistère,t. CXII,.
↑SelonBertrand de Boussillon,La Maison de Laval, 1020-1605 : étude historique, accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré,t. 4, 1895-1904(lire en ligne), le document se trouve aux archives du département de Loire-Atlantique.
↑De Barthélémy,Documents inédits sur la Ligue en Bretagne, cité parRaymond Delaporte,La sénéchaussée de Châteauneuf, Huelgoat et Landeleau et les juridictions de leur ressort,(lire en ligne).
↑ab etcJean-François Boëdec,Histoire secrète des Montagnes Noires, Morlaix,.
↑Anatole de Barthélémy,Choix de documents inédits sur l'histoire de la Ligue en Bretagne, Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne (Nantes),(lire en ligne).
↑Archives des États de Bretagne, archives départementales d'Ille-et-Vilaine, cité parLouis Grégoire,La Ligue en Bretagne,(lire en ligne).
↑J. de Montmartin,Notes sur les familles Collas de La Barre ou de La Baronnais, Collas de La Motte, Collas Du Roslan et Goury Du Roslan,(lire en ligne).
↑Jean-Baptiste Ogée,Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, vers 1780.
↑Jacques Cambry,Voyage dans le Finistère ou état de ce département en 1794 et 1795, tome premier, Paris, librairie du Cercle social,(lire en ligne),p. 251.
↑ab etcMarteville et P. Varin, continuateurs et correcteurs d'Ogée, en 1843.
↑Les maladies dites psoriques consistent au départ en des éruptions cutanées accompagnées de démangeaisons, qui peuvent se traduire par exemple par des affections cutanées, des désordres nerveux, mentaux, sensoriels, digestifs, respiratoires, hépatiques, etc. sont fréquentes. L'expression était couramment employée dans la médecine duXIXe siècle et est à nouveau utilisée de nos jours par les homéopathes et naturopathes.
↑Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère,(lire en ligne).
↑Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère,(lire en ligne).
↑Henri Raison du Cleuziou,L'art national : étude sur l'histoire de l'art en France. Les origines, la Gaule, les romains, Paris, A. Le Vasseur, 1882-1883(lire en ligne).
↑Henri Raison du Cleuziou,La création de l'homme et les premiers âges de l'humanité,(lire en ligne).
↑Il s'agit de la catastrophe de 1903 liée à l'éruption du volcan de la Montagne Pelée à la Martinique, qui dévasta entre autres la ville de Saint-Pierre.
↑Édouard Charton, « Le Tour du monde »,Nouveau journal des voyages, Paris, Hachette,(lire en ligne).
↑Créée en 1901, l'usine Michelin de Miltown, au sud de New York, embauchait préférentiellement des Bretons de la région deGourin,Roudouallec et Châteauneuf-du-Faou.
↑Jean Dorval, né le à Kernaetret en Châteauneuf-du-Faou, entra dans l'administration des douanes et, déjà engagé dans la Résistance, est nommé à Lyon en 1942 où il participe activement à la Résistance. Son corps fut retrouvé après la guerre dans le charnier de la Doua, avec ceux de 90 autres victimes, voirhttp://jeandorval.blogspot.fr/
↑La Libération du Finistère : Châteaulin, Supplément à Ouest-France du 9 septembre 1994, Ouest-France,.
↑« « La ville parfaite pour contempler » : à Châteauneuf-du-Faou, le musée Sérusier a ouvert ses portes »,Le Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
↑Marina Chélin, « À Châteauneuf-du-Faou, le musée Sérusier lève le voile sur l’inaccessible maison de l’artiste »,Le Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
↑René Kerviler,Recherches et notices sur les députés de la Bretagne aux États-généraux et à l'Assemblée nationale constituante de 1789, 1885-1889(lire en ligne).
↑Gustave de Closmadeuc,Quiberon, 1795 : émigrés et chouans, commissions militaires, interrogatoires et jugements,(lire en ligne).