Haut lieu de l'histoire de France, le château de Fontainebleau est l'une des demeures dessouverains français depuisFrançois Ier, qui en fait sa demeure favorite, jusqu'à Napoléon III. Plusieurs rois laissent leur empreinte dans la construction et l'histoire du château, qui est ainsi un témoin des différentes phases de l'histoire de France depuis leMoyen Âge. Entouré d'un vaste parc et voisin de laforêt de Fontainebleau, le château se compose d'éléments de stylesmédiévaux, Renaissance, et classiques. Il témoigne de la rencontre entre l'art italien et la tradition française exprimée tant dans son architecture que dans sesdécors intérieurs. Cette spécificité s'explique par la volonté de François Ier de créer à Fontainebleau une « nouvelleRome »[1],[N 1] dans laquelle lesartistesitaliens viennent exprimer leur talent et influencer l'art français. C'est ainsi que naît l'École de Fontainebleau, qui représente la période la plus riche de l'art renaissant en France, et inspire lapeinture française jusqu'au milieu duXVIIe siècle, voire au-delà.Napoléon Ier surnomme ainsi le château la « maison des siècles »[2], évoquant par là les souvenirs historiques dont les lieux sont le témoignage.
Le château fait l’objet d'un classement au titre desmonuments historiques par laliste de 1862, classement complété par plusieurs arrêtés pris en 1913, 1930, 2008 et 2009[3]. Par ailleurs, depuis 1981, le château fait partie avec son parc dupatrimoine mondial de l'UNESCO. Riche d'un cadre architectural de premier ordre, le château de Fontainebleau possède également une des plus importantes collections de mobilier ancien de France, et conserve une exceptionnelle collection de peintures, de sculptures, et d'objets d'art, allant duVIe auXIXe siècle.
Le château est mentionné à cet endroit pour la première fois en 1137 dans une charte du roi des FrancsLouis VII le Jeune. Il s'agit probablement d'un modesterelais de chasse fortifié au milieu d'un marécage fétide. Cechâtelet médiéval comporte une cour, des courtines, des tours et un donjon carré qui, bien que remanié, subsiste encore aujourd'hui sous le nom de donjon de Saint Louis dans laCour Ovale[4]. La date exacte de la fondation du château reste inconnue, mais le premier édifice a probablement été construit sous le règne du père de Louis VII,Louis VI le Gros, voire sous celui de son grand-père,Philippe Ier, lorsqu'il réunit leGâtinais audomaine royal français en 1068[5].
Saint Louis (1214-1270), auteur des agrandissements du domaine au Moyen Âge. Portrait parLe Greco, vers 1590, Paris, musée du Louvre.
Le château est agrandi parLouis IX, qui l'appelle « ses déserts »[9] où il aime à prendre le « déduit[N 2] de chasse »[10] auXIIIe siècle ; il y installe des religieux de l'ordre des Trinitaires en 1259 dans l’enceinte même du château pour desservir l'hôpital-couvent[11] qu'il fonde[12]. De cette disposition originelle subsistent les fondations de la chapelle des Trinitaires et de leurs bâtiments conventuels, alors situés à proximité de l’actuelle chapelle de la Trinité[4].
Philippe IV le Bel est le premier roi de France à naître au château en 1268 et fait aménager des appartements en 1286. Il est également le premier roi à y mourir des suites d'une chute de cheval en 1314, après une longue agonie[13]. En 1313,Jeanne de Bourgogne, petite fille de saint Louis par sa mère et propriétaire du domaine de Fontainebleau, épousePhilippe de Valois, futur roi de FrancePhilippe VI de Valois, qui y fait des séjours fréquents. En 1325, le château reçoit la visite d'Isabelle de France devenue reine d'Angleterre[N 3]. En janvier 1332, a lieu à Fontainebleau la signature ducontrat de mariage entreJean II le Bon etBonne de Luxembourg[14]. Le roi y vit dès 1350.Charles V le Sage y installe une bibliothèque etIsabeau de Bavière y entreprend des travaux, après avoir acquis les domaines de la forêt de Bière[N 4],de Fontainebleau, de Moret et la châtellenie deMelun en 1404.Charles VI y séjourne à partir de 1388. Le château est cependant abandonné en raison des affrontements de laguerre de Cent Ans, lorsque la cour s'exile au bord de laLoire et àBourges.Charles VII y revient après la libération de l'Île-de-France et de Paris en 1436, privilégiant le lieu pour sasalubrité[15].
François Ier décide de faire édifier un logis de styleRenaissance à l'emplacement du châteauféodal, permettant ainsi de moderniser un pied-à-terre proche de lavallée de Bière[N 4], le roi prétextant lui-même choisir cet endroit pour la chasse des bêtes « rousses et noires ». Il fait raser la précédente construction, à l'exception dudonjon et d'une partie de lacourtine nord, et fait appel à des artistes italiens pour assurer la construction et la décoration de son palais. C'est ainsi que sont édifiés un bâtiment dessinant la cour Ovale et un autre situé sur la basse cour ouest, tous deux reliés par une galerie. François Ier vient chasser à Fontainebleau, accompagné de sacour et de sa favorite, laduchesse d'Étampes, délaissant ainsi plus ou moins lechâteau de Blois, et annonçant le retour progressif de la cour dans les environs de Paris.
Plusieursconducteurs de travaux se succèdent durant son règne : Florimond de Champeverne, secrétaire et valet de chambre du roi, est nommé en 1528 conducteur[N 5] jusqu'à sa mort en 1531. Pierre Paule dit l'Italien, présent dès 1528, ancien concierge du château deMoulins, valet de chambre deLouise de Savoie, dirige ensuite les travaux jusqu'à sa mort en 1535. Il est remplacé par acte du par un conducteur particulier, Salomon des Herbaines, tapissier du roi, garde des meubles et tapisseries, qui présente l'avantage de résider sur place et travaille en collaboration avec Pierre des Hôtels, notaire, secrétaire et valet de chambre du roi ; il décède en 1558.
Les noms des architectes du château sont, quant à eux, plus hypothétiques :Sebastiano Serlio, pour sa part, se voyait offrir le l'assurance de400 livres par an pour« son état de peintre et d'architecteur au fait de ses édifices et bastiments au dit lieu de Fontainebleau ». Il apparaît néanmoins que son apport au sein de l'édifice reste limité.Gilles Jamin, architecte et maître d'œuvre du château de Fontainebleau, ainsi que son fils Gracieux Jamin et François Jamin son petit-fils. D'autres noms ont été avancés pour identifier l'architecte qui officia sous le règne de François Ier. Si le directeur des travaux Gilles Le Breton a effectivement œuvré sur le projet du château, il n'en est pas le créateur. Le Rosso ouGirolamo della Robbia qui a proposé des décors pour la porte Dorée, peuvent eux aussi figurer parmi les architectes potentiels. Les constructions successives du règne de François Ier, notamment pour la cour du Cheval blanc, sont mieux connues depuis des recherches récentes[16] : les trois ailes, nord, ouest et sud, de la susdite cour furent construites en 1540-1542, tandis que l'aile est datée de 1538–1539 pour sa moitié sud (pavillon des Poêles) et postérieure à 1545 pour sa moitié nord (chapelle de la Trinité et pavillon des Armes). L'aile sud fut également surélevée d'un étage, vers 1545-1546, abritant la célèbregalerie d'Ulysse.
Plus tard,Henri IV agrandit la demeure de plusieurs ailes et de la porte du Baptistère : il dépense entre 1593 et 1609 près de deux millions et demi de livres pour les travaux. Il fait aménager la cour des Offices et redresser la cour Ovale alors assez irrégulière. Désormais, le palais peut accueillir près de mille personnes. Le roi vient jouer à lapaume dans une salle spécialement aménagée. À cette époque, une nouvelle génération d'artistes, français etflamands, décore l'intérieur du château (Martin Fréminet,Jean de Hoey,Ambroise Dubois…). C'est la seconde école de Fontainebleau, rassemblant des artistes issus plutôt de milieux parisiens. Le château accueille entre le 14 et le la visite deCharles-Emmanuel de Savoie.
C'est à Fontainebleau que se marientConcino Concini etLéonora Dori, dite Galigaï le dans la chapelle du roi, et que naît le futurLouis XIII, le, qui est baptisé le en même temps que ses deux sœurs, Élisabeth et Chrétienne. Le, a lieu au château l'arrestation dumaréchal de Biron et du comte d'Auvergne[19], convaincus de trahison. Le de la même année, naît au châteauÉlisabeth de France, fille d'Henri IV puis le, son filsGaston d'Orléans, événement fêté par une série de spectacles donnés en l'honneur de la reineMarie de Médicis. On y joue notamment une partie de la tragédieBradamante deRobert Garnier[20]. La même année, l'ambassadeur d'Espagne don Pedro de Tolède est reçu à Fontainebleau[21]. Le, le château est le théâtre du mariage deCésar de Vendôme[N 10] et d'Henriette de Lorraine.
Le château de Fontainebleau parPierre-Denis Martin dit « le Jeune », vers 1718, huile sur toile,61 × 46 cm,Fontainebleau, musée national du château.
Louis XIV, bien que préférant les demeures situées à l'ouest de Paris et accordant toutes ses attentions auchâteau de Versailles, aime venir à Fontainebleau. Durant son règne, Fontainebleau est considéré comme une demeure du passé, mais reste un symbole de l'héritage des rois de France, et son entretien s'inscrit donc dans la continuité de la monarchie[24]. C'est pourquoi les modifications architecturales restent limitées, mais on observe une profonde rénovation des jardins : entre 1645 et 1646,Anne d'Autriche fait redessiner le jardin de Diane parAndré Le Nôtre, lequel, avecLouis Le Vau, modifie le Parterre en installant notamment au centre une fontaine de rocaille. Elle fait également décorer ses appartements avec quatorze paysages historiés peints parHenri Mauperché. Il est possible qu'une partie de ces tableaux se trouve aujourd'hui à laGalerie Nationale de Sofia, en particulierLe Christ à la Samaritaine etle Christ et les pèlerins d'Emmaüs[25].
C'est en 1661–1662 que Le Nôtre crée le bassin des Cascades. Le roi fait néanmoins construire un théâtre, vient au château presque chaque année : c'est à Fontainebleau que naît leGrand Dauphin le[26], que débute le le procès du surintendantNicolas Fouquet à la chancellerie, qu'a lieu l'audience du cardinal Flavio Chigi, légat du papeAlexandre VII le, qu'est célébré, le, le mariage de la nièce du roiMarie Louise d'Orléans et deCharles II d'Espagne[27], qu'est signé le traité entre la France et laSuède puis celui entre leDanemark et leduc de Holstein-Gottorp le, et en 1698.Louis XIV y signe le l'édit révoquantcelui de Nantes et interdisant ainsi le protestantisme en France[28].
Le compositeurJean-Baptiste Lully suit à plusieurs reprises la Cour à Fontainebleau, la première fois en 1661 pour monter leBallet des Saisons, une autre en 1670 où il donne une représentation dans l'aile de la Cheminée, une troisième le pour diriger unTe Deum dans la chapelle de la Trinité pour le baptême de son fils aîné, Louis, et une dernière le[29]. En 1679-1680,François d'Orbay fait construire des hôtels pour les secrétaires d'État (bâtiments de la cour des Mathurins et au coin de la grotte des Pins). En 1701,Hardouin-Mansart double l'aile de la galerie des Cerfs, le long du mur est, par un bâtiment en moellons en enduit et briques.
Le, meurt à FontainebleauLouis Armand de Bourbon, prince de Conti. LeGrand Condé s'éteint à son tour dans le château le[28]. Du 11 au a lieu au château le premier séjour de l'ancien roi d'AngleterreJacques II et de sa femmeMarie de Modène. Ceux-ci reviendront chaque année au château jusqu'en 1700. Le, le château est le théâtre de la réception deMarie-Adélaïde de Savoie, future duchesse de Bourgogne et mère deLouis XV.Saint-Simon décrira notamment la scène :« Toute la cour était sur le Fer-à-Cheval, qui faisait un très beau spectacle avec la foule qui était en bas. Le roi menait la princesse qui semblait sortir de sa poche et la conduisit fort lentement à la tribune [de la Chapelle] un moment, puis au grand appartement de la reine mère qui lui était destiné, […] »[30].
Allégorie de la mort du Dauphin, parLouis Jean François Lagrenée, 1765, huile sur toile,129 × 97 cm, Fontainebleau, musée national du château.
Louis XV, qui s'y marie le, fait aménager une salle de spectacles, qui brûlera en 1856, et reconstruire une galerie ainsi que le « pavillon des Poêles » parAnge-Jacques Gabriel, etLouis XVI ne séjournent pas souvent au château, mais restent plus ou moins fidèles à la tradition d'un séjour annuel, faisant de Fontainebleau une sorte de « palais d'automne ».
Le, Fontainebleau est le théâtre de la signature d'un traité d'alliance secret entre la France et l'Espagne. Le a lieu au château la première représentation duDevin du Village deJean-Jacques Rousseau. Le y est signé letraité de Fontainebleau, traité secret entre la France et l'Espagne au sujet des possessions de laLouisiane. Le dauphinLouis, fils deLouis XV, meurt de la tuberculose au château le[33]. Le roiChristian VII de Danemark y séjourne du 24 au, puis du 2 au, et y voit jouerTancrède deVoltaire. Le, a lieu à Fontainebleau la réception deMarie-Joséphine de Savoie, future comtesse de Provence, puis celle, le, deMarie-Thérèse de Savoie, future comtesse d'Artois[N 12].
Le règne deLouis XVI est marqué par la ratification à Fontainebleau de deux traités : d'une part letraité de Fontainebleau signé en 1785 entre l'Autriche et lesPays-Bas à la suite de (laguerre de la Marmite), et d'autre part un traité de commerce entre la France et l'Angleterre, le.
Adieu de Napoléon à la garde impériale par Antoine Alphonse Montfort, d'aprèsHorace Vernet, huile sur toile,98 × 130 cm, musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon.
Pendant laRévolution française, le palais est vidé de son mobilier. En, le feu prend dans l'Orangerie, l'incendie s'étant propagé et ayant endommagé la chapelle, réduit en cendres l'appartement du Dauphin (dans l'aile précédemment connue sous le nom de Galerie de François Ier)[34]. Il est occupé par l'École Centrale de Seine-et-Marne, puis devient, du au, la caserne de l'École spéciale militaire qui sera transférée àSaint-Cyr-l'École et enfin une prison.
Napoléon Ier fait revivre Fontainebleau à partir de 1804, il le fait meubler, y tient sa cour pour laquelle il fait aménager 40 appartements de maître. Deux soirs par semaine, il fait donner des spectacles d'opéra et de théâtre. Fontainebleau est aussi un lieu de décision politique, comme le montrent la salle du trône et la bibliothèque de travail de l'empereur, qui y fait transférer secrètement le papePie VII (prisonnier de l'Empereur àSavone), le[N 13], qui y resta enfermé pendant dix-neuf mois et y signera sous pression leconcordat de Fontainebleau, le[35]. Le pape quittera Fontainebleau le.
Le, le château accueille la visite deCharles IV d'Espagne et de la reineMarie-Louise. L'année 1807 est marquée par trois événements : le traité fixant les frontières entre l'Autriche et le royaume d'Italie le, un traité d'alliance franco-danois le, et untraité secret entre la France et l'Espagne concernant lePortugal le.
Le futurNapoléon III est baptisé au château le, avec 24 autres enfants de dignitaires et généraux.
Napoléon passe les derniers jours de son règne dans le château avant d’abdiquer le sous la pression de ses maréchaux Ney, Berthier, et Lefebvre[N 14] (letraité de Fontainebleau, qui formalise son abdication sans condition, est signé à Paris le[37]). Le, après avoir vainement tenté de se suicider[38], il prononce un discours resté fameux à sa garde dans la cour dite depuis « cour des Adieux », scène illustrée par le tableauLes Adieux de Fontainebleau peint parHorace Vernet. Il dit notamment à saVieille Garde :« Continuez à servir la France, son bonheur était mon unique pensée ! » et les remercie :« depuis vingt ans […] vous vous êtes toujours conduits avec bravoure et fidélité ! » Napoléon se souviendra d'ailleurs du château de Fontainebleau lors de son séjour à Sainte-Hélène :« Voilà, disait-il, la vraie demeure des rois, la maison des siècles ; peut-être n’était-ce pas rigoureusement un palais d’architecte, mais bien assurément un lieu d’habitation bien calculé et parfaitement convenable. C’était ce qu’il y avait sans doute de plus commode, de plus heureusement situé en Europe […] »[39]. Pendant lesCent-Jours, Napoléon y fera un arrêt le[N 15].
La cour impériale au château de Fontainebleau, (anonyme,Fontainebleau, musée national du château).
Sous leSecond Empire, Fontainebleau fait partie, avecSaint-Cloud,Compiègne etBiarritz, des lieux de villégiature de la cour[41]. L'impératriceEugénie, épouse deNapoléon III, passe ses soirées dans le petit théâtre construit par son mari. Elle s'attache au salon chinois, agrémenté par des objets provenant dusac du palais d'Été[42] et par les cadeaux des ambassadeurs duSiam, reçus au château le. Ils avaient été précédés par le roi de Prusse, futur empereur allemand,Guillaume Ier (15 et) et parMaximilien II de Bavière (17 au). Lors de laguerre de 1870, le château est investi par les Prussiens () ;Frédéric Charles de Prusse et son état-major l'occupent du 6 au ; il est finalement évacué cinq jours plus tard.
En janvier 1949, une partie du château (notamment la cour des Offices) est investie par le commandement en chef desforces alliées Centre-Europe (OTAN) et y restera jusqu'en juillet 1966. Une restauration générale du château est permise par la loi-programme des années 1964–1968 dontAndré Malraux est l'initiateur. Le domaine de Fontainebleau est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981. Les 25 et se réunit à Fontainebleau le Conseil des chefs d'État et de gouvernement de laCommunauté économique européenne, présidé parFrançois Mitterrand.
Le domaine national de Fontainebleau dans sa totalité, incluant les parties bâties et non bâties non encore protégées, fait l’objet d'un classement au titre desmonuments historiques par arrêté du[3],[N 16].
À l'occasion dubicentenaire de la mort de Napoléon Ier en 2021, une grande exposition, intituléeUn palais pour l'Empereur Napoléon Ier à Fontainebleau, est organisée au château. À cette occasion, plus de 200 œuvres issues des collections bellifontaines et de musées français ou étrangers ont été prêtées au château[45].
Vue aérienne du château : il compte quatre cours, trois galeries, 1 876 fenêtres et portes-fenêtres, ainsi que 1 536 pièces déployées au cœur d'un domaine de130 hectares dans lequel ont été disposés 42 500 plantes à massif produites dans sespépinières et 4 710 arbres d'alignement sur15 hectares d'allées et cours pavées[46].
Ainsi, toutes les traces médiévales n'ont pas été détruites et un devis de 1528 précisait même à l'architecte de« servir les vieils murs quand cela était possible », d'où la conservation de traces du bâtiment duXVe siècle dans la cour Ovale.
Les rampes de l'escalier, surmontées de boules d'amortissement, sont rythmées par les emblèmes de son commanditaire le roi Louis XIII, le caducée et le sceptre sculptés sur la balustrade[N 17].Reconstitution desadieux de Napoléon à sagarde impériale le.
L'aile de l'escalier du Fer-à-cheval est rythmée par cinqpavillons à deux étages réunis par descorps de bâtiments à un étage : de gauche à droite le pavillon des Armes flanqué de la tour de l'Horloge (il abritait l'armurerie royale), le pavillon des Orgues (cet instrument de musique accompagnait les cérémonies religieuses dans la chapelle de la Trinité flanquant ce bâtiment), le pavillon central du vestibule du Fer-à-cheval, le pavillon des Poêles (il tire son nom des grands poêles d'Allemagne que François Ier avait fait installer pour chauffer certaines parties du château) et le gros Pavillon[49]. Le degré monumental est attribué à l'architectedu Cerceau (1632-1634). Présentant une emprise au sol de plus de 440 m2 (21 m de long comme de large), il a un rôle fonctionnel etostentatoire[N 18] : sa disposition permet au souverain une descente en carrosse au pied de l'escalier avant que la voiture ne fasse demi-tour en passant sous les arcades, il scénarise la « montée » spectaculaire à son appartement et les représentations de l'accueil des princesses venant se marier avec un fils de France[50].
L'aile de l'escalier en Fer-à-cheval. Son aspect disparate tient aux campagnes de travaux des différents souverains qui ont concouru au prestige de la résidence royale.
Pavillon des Armes et galerie des Chevreuils (détruite)
Ce pavillon devait à l'origine contenir l'armurerie du roi. Il présente dans son architecture un système mixte de pierres de taille et de moellons. Ambroise Perret y pose les boiseries sculptées en 1559. Le deuxième étage fut refait auXVIIIe siècle[51].
Le pavillon des Armes se situait à l'extrémité de la galerie des Chevreuils, détruite en 1833. Celle-ci fut décorée (comme la galerie des Cerfs) parLouis Poisson de 1601 à 1608, de peintures sur plâtre et de lambris de bois en partie basse des murs. Les peintures constituaient une série de sept grandes scènes de chasse (chasse au loup, au sanglier, au cerf, au renard, au faucon, etc.), alternant avec des décors d'architectures feintes composées de niches dans lesquelles prenaient place des vases, portant un lys au naturel, surmontés de têtes de chevreuils, encadrés par des colonnes corinthiennes. Les décors de cette galerie nous sont connus aujourd'hui grâce à un dessin deCharles Percier représentant une vue extérieure de la galerie, et surtout des relevés deAntoine-Laurent Castellan, exécutés en 1833, peu avant la destruction du bâtiment.
On doit au peintreMartin Fréminet des scènes du mystère de la Rédemption de l'homme (les Trinitaires étant unordre rédempteur) :L'Apparition de Dieu à Noé au-dessus de la tribune,L'Annonciation derrière le maître-autel,Le Christ du Jugement dernier entouré des sept premières intelligences au centre, ainsi que des personnages de l'ancienne Loi (rois de Juda, prophètes, vertus), peints sur la voûte entre 1608 et 1619.
Le principal événement qui eut lieu dans cette chapelle fut le mariage de Louis XV etMarie Leszczyńska en 1725 (le Supérieur des Trinitaires, Louis Blouin, premier valet de Louis XIV, présenta l’eau bénite au roi et à la reine[11]).
Cette pièce, dite aussi « salon d'angle », est ornée d'une tapisserie des Gobelins de 1687 représentantLe Parnasse d'après des cartons de Pierre Mignard. Sur la partie supérieure des murs et au-dessus des fenêtres sont visibles six tableaux :Un vase de fleurs et deux paons etUn enfant, un tapis, et un vase de fleurs parPierre Nicolas Huilliot,Une table avec un tapis brodé etUne figure de l'amour et un bouclier parPiat Sauvage,Des fleurs et un ananas dans un vase de porphyre etUn vase d'or, une aiguière, un bassin et des fleurs et fruits parJean-Baptiste Belin. Le mobilier de style Louis XV et Second Empire fut livré parJeanselme.
Cette pièce fut décorée en 1784 de lambris dorés sculptés pour le comte de Provence. La commode porte l'estampille deJean-Henri Riesener. Les fauteuils, exécutés vers 1770, sont attribués à Foliot et furent copiés par Sené.
Cette ancienne chambre d'Anne d'Autriche possède un plafond et des lambris peints de grotesques polychromes parCharles Errard. Sur les dessus-de-porte figurent le portrait d'Anne d'Autriche en Minerve et celui de Marie-Thérèse d'Espagne en l'Abondance[55], tous deux réalisés par Gilbert de Sève vers 1660. Aux murs, deux tapisseries des Gobelins de la série duTriomphe des Dieux :Le Triomphe de Mars etLe Triomphe de la Religion, sur des cartons deNoël Coypel d'aprèsJules Romain. Le mobilier se compose d'un ensemble en noyer sculpté : un lit à colonnes, deux tables de nuit, deux commodes, une console, un canapé, six fauteuils, six chaises, deux tabourets de pieds, livrés en 1860 par la maison Fourdinois. Le guéridon (œuvre du marbrier italien Pietro Martinori) au centre de la salle, fut offert parPie IX au prince impérial, son filleul, et fut présenté à l'Exposition universelle de 1867. Le plateau circulaire est recouvert d'une mosaïque de marbres retrouvés sur le mont Palatin. Au centre de la composition figurent les armes du pape.
Ce salon de réception, ancienne antichambre d'Anne d'Autriche, est décoré d'un plafond sculpté qui était situé auparavant dans la chambre de Henri II, mais dont le décor fut déménagé par Anne d'Autriche et remonté par André Gobert en 1659 et enrichi de dorures parJean Dubois en 1662. Ambroise Perret l'avait décoré des figures du soleil et des planètes en 1558. Il se compose de neuf compartiments dont sept sont ornés d'allégories célestes. Le plafond possède également les armes d'Anne d'Autriche. Les murs sont ornés de tapisseries des Gobelins illustrant la vie d'Alexandre le Grand d'après des cartons deCharles Le Brun. Le mobilier se compose notamment de deux grandes consoles en bois doré à figures égyptiennes, réalisées en 1787 par le menuisier Trompette et le sculpteur Butteaux. Le vase enporcelaine de Sèvres, dit « de Socibius », sur la console, date de 1824 et fut réalisé d'après un antique. Son décor se rapporte aux arts et aux sciences.
Cette pièce possède un plafond peint en camaïeu rehaussé d'or parCharles Errard, réalisé entre 1662 et 1664. Les murs sont ornés detapisseries de Beauvais. L'ameublement se compose notamment d'un cabinet en ébène duXVIIe siècle, de vases enmajolique d'Urbino, de sièges Premier Empire, et au centre d'une table en palissandre réalisée pour la bibliothèque de Louis-Philippe aux Tuileries.
L'aile des Ministres, dite aussi « aile basse », a été bâtie à partir de 1530 et ferme la cour du Cheval-Blanc par le nord. Construite dans le même appareil de brique et pierre que lecorps de bâtiment qui lui fait face, cette aile septentrionale comporte une longue façade à un étage, assise sur un soubassement enpierre de taille de grès. Le mur en moellons de grès recouvert d'un crépi ocre, est rythmé par des portes et fenêtres rectangulaires[N 19] encadrées dechambranles à deuxfasces en brique (pieds-droits etplates-bandes), et depilastres surmontés de chapiteaux inspirés de l'ordre dorique, scandant les travées de largeur différente. Ce rez-de-chaussée est coiffé d'un toit orné de grandes lucarnes à frontons curvilignes, et est divisé par un pavillon central à deux étages lui-même couronné d'une lucarne monumentale à trois travées comportant une baie entre deux niches, surmontées d'un corps supérieur plus étroit lui- même d'unesalamandre,emblème royal deFrançois Ier, ce corps étant flanqué de volutes et surmonté d'un fronton triangulaire. Les cheminées portent également le chiffre de ce roi. Objet de restaurations et de restitutions successives (d'après les gravures duXVIe siècle) jusqu'en 1878, cette aile abrite aujourd'hui les services administratifs du château[49].
Vue générale de l'aile des Ministres et son style « moellon enduit et brique » qui rompt avec l'art de la Loire fondé sur le style polychromique « brique et pierre ».
La galerie a été confiée à l'ItalienRosso Fiorentino qui la décora de façon originale avec des peintures, des lambris, des fresques et des stucs, de mars 1535 à mai 1537 pour les stucs, à partir de 1536 pour les fresques, et qui l'acheva juste avant la visite de Charles Quint à la Noël 1539[9]. Les boiseries en noyer sculpté sont l'œuvre du menuisier italien Francisco Scibec de Carpi qui les réalisa dès 1535 avec des essences rares, mais se tourna presque exclusivement vers le bois de noyer à partir de 1539, date à laquelle il exécute le parquet de la galerie. Le plafond à caissons joue dans l'ensemble décoratif un rôle plutôt secondaire et affiche un style plutôt classique.
Louis XVI fit dédoubler l'aile en 1786 en ajoutant des appartements, la privant ainsi de son ouverture sur le jardin de Diane, mais faisant réaliser de fausses portes-fenêtres pour garder un aspect symétrique. Ces appartements sont occupés sous l'Empire par Napoléon Ier.
Le passage des bains (dont le décor mural fut reconstitué en 1966) servait aussi de petite salle à manger, comme en témoigne une petite table à abattant dite « à l'anglaise », réalisée par Jacob-Desmalter et livrée en 1810. Le reste du mobilier se compose de deux fauteuils réalisés par Marcion en 1809 (rachetés en 1991) couverts engourgouran orange retissé à Lyon, de chaises de Marcion, d'une console de Jacob Frères, et de flambeaux de Thomire réalisés en 1809. En outre, la pièce est ornée de six gravures :Vues de Milan par L. Radus et François Bellemo, réalisées en 1807 et 1808[59].
Cette salle était la pièce des cuves du roi en 1786, avant de devenir l'antichambre d'Eugène de Beauharnais en 1804, puis le salon des valets de chambre du roi en 1814, le cabinet du secrétaire du roi en 1832, et le cabinet du secrétaire de l'Empereur en 1855. La cheminée date de 1786, tandis que le décor mural datant de 1808 a été reconstitué en 1987-1989. Cette pièce, bien plus sobre que les précédentes, possède un mobilier installé en 1806, se composant entre autres d'un canapé et de huit sièges en bois peint de blanc, réalisés par Boulard, couverts de tapisserie de Beauvais réalisée pour le salon du prince Borghèse au Petit Trianon en 1805. Les encoignures ont été réalisées par Levasseur pour les tantes de Louis XVI auchâteau de Bellevue. Le reste du décor se compose d'un tapis moquette retissé en 1995 sur un modèle de la manufacture de Tournai, d'une console Jacob-Desmalter (1805), d'un bureau Lerpsher (1807?), d'un lustre de style Empire, de bras de lumière et de feux de style Louis XVI, de flambeaux réalisés par Galle en 1804, d'une pendule borne en marbre noir de Leplaute (1806) et de deux gravures exécutées d'après Melling montrant desVues de Constantinople[59].
Cette pièce était le second salon de la princesse de Lamballe en 1786, et le salon du cardinal Fesh en 1804. Ce salon, aux boiseries réalisées en 1862, est orné de plusieurs tableaux deFrançois Boucher (Jupiter et Callisto,Amynthe et Sylvie),Noël Coypel (Bacchus et Ariane), Clément Belle (Psyché et l'Amour endormi) ou encoreJoseph-Marie Vien (Enfants jouant avec des cygnes). Le mobilier a été installé en 1810 : sièges, en bois doré, tendus de velours vert ciselé dont des chaises de Brion, un tapis réalisé par Bellanger, un guéridon de Jacob-Desmalter, des bras de lumières, flambeaux, et feux de Thomire, des consoles en bois doré à figures réalisées en 1808 et 1810 par Marcion, un lustre de Chaumont de 1809, et une pendule créée par Leplaute en 1810, avec du marbre précieux issu de laFabrique royale de porcelaine du Buen Retiro datant de 1790 et offert à l'Empereur en 1808.
Cette pièce, d'apparence modeste et basse de plafond, fut aménagée à l'emplacement du cabinet du jeu du roi (de 1769 à 1782), puis salon de la princesse de Lamballe (de 1782 à 1787) puis pièce dévolue aux domestiques de Madame Élisabeth (en 1791), puis logement du géographeLouis Albert Guislain Bacler d'Albe (en 1807), avant de devenir la chambre du secrétaire de Napoléon Ier,Claude François de Méneval. Son mobilier très simple, reconstitué en 1976 à l'aide du mobilier décrit dans un inventaire de 1810[63], se compose entre autres d'un lit encastré dans le mur.
Cette pièce est notamment meublée d'un meuble-étagère de garde-robe, réalisé en 1810 par Jacob-Desmalter, et d'un siège de toilette en acajou dit « à la Shepherd », réalisé pourMadame Adélaïde[63].
Cette pièce, ancien cabinet intérieur de Madame Élisabeth en 1791, et occupée par Haugel et Landoire (les gardiens du Portefeuille de l'Empereur, qui se relayaient toutes les 24 heures dans cette pièce) à partir de 1810, fut reconstituée en 1975[63].
La chambre à coucher des petits appartements de Napoléon Ier
La bibliothèque des appartements a été aménagée en 1808 dans l'ancien salon des jeux de Louis XVI, et une grande partie des décors de 1786 ont été préservés (des boiseries et le dessus-de-porte peints parSauvage notamment). Un escalier en colimaçon en bois permet d'accéder au premier étage. Le mobilier se compose entre autres d'un grand bureau plat créé par Jacob Frères et acheté au général Moreau, et un canapé en bois doré garni de satin broché, prévu initialement pour être installé dans la chambre de parade de l'impératrice. Les ouvrages sont classés par ordre alphabétique (lettres en bronze sur la partie supérieure des bibliothèques). La bibliothèque possédait à l'origine près de 4 500 ouvrages, principalement concernant l'histoire, la géographie et les sciences.
Cette salle servit de salle de billard à Louis XVI avant de devenir la salle de billard du grand Maréchal en 1804. Une partie du mobilier, issu de l'ancienne chambre deMadame Mère (aliéné en 1882 et donné par madame Dumaine) fut installé en 1904. Ce mobilier se compose notamment d'un lit en acajou en bronze doré exécuté par Jacob-Desmalter en 1806, d'une commode de Jacob Frères achetée en 1804, de bergères, fauteuils et chaises en acajou réalisés par Marcion en 1806, d'un guéridon en acajou, et d'une pendule d'Apollon en bronze doré achetée en 1806.
Situé au rez-de-chaussée de l'aile des appartements royaux, les appartements deJoséphine ont été aménagés pour elle en 1808, à partir d'une suite de pièces aux lambris de style Louis XV. Ils furent occupés par l'impératriceMarie-Louise à partir de 1810.
Le salon d'étude à rotonde se situe sous la salle du conseil. Le mobilier de style Empire, ayant appartenu à Marie-Louise, se compose notamment d'un métier à broder et de son chevalet, d'une table à dessiner de Jacob-Desmalter, et d'une table écritoire. Le piano-forte a appartenu àHortense de Beauharnais.
Ce boudoir ou « cabinet de passage » est orné d'une tenture plissée en taffetas vert datant de 1808 et est meublé d'une banquette d'alcôve et de chaises de Jacob-Desmalter (1808), ainsi que d'une lampe en albâtre à col-de-cygne dorés, par Chaumont (1809)[64].
Chambre de l'impératrice
Le mobilier de cette petite pièce se compose notamment d'un lit au couronnement singulier, agrandi en 1843 pour l'une des filles de Louis-Philippe et son époux, en soierie deLyon blanche et bleu lapis broché d'or.
Salle de bains
À l'origine boudoir, cette pièce peut aussi être utilisée comme salle de bain. Elle peut en effet être transformée grâce à un canapé dont l'estrade roulante cache une baignoire encastrée dans le sol. Le mobilier de cette salle de bain se compose d'un secrétaire en bois d'if, d'un ensemble de sièges en gondole en bois doré, dont legourgouran en taffetas bleu ciel fut retissé à l'identique en 1977, d'une psyché et d'une table de toilette en acajou orné de bronzes de Thomire. Derrière le canapé est aménagé un petit cabinet faisant office de garde-robe.
Pièce de passage
Cette pièce de passage ou « de service », ancien grand cabinet (en 1754) puis cabinet particulier (1771) deMadame Victoire, avant de devenir la chambre de la sous-gouvernante des Enfants de France (en 1783), possède un décor refait en 1859. Elle est notamment meublée d'un guéridon de Jacob-Desmalter (1809), d'un lustre en parasol chinois de Chaumont (1809), d'une commode en citronnier et amarante avec figure d'Isis incrustée de Jacob Frères, et d'un tapis de Bellanger (1809).
Salon des jeux
Le salon des jeux de l'impératrice, dit aussi « salon jaune », au mobilier et aux murs tendus de gros deNaples jaune d'or brodé de soie d'amarante, présente également des meubles de style Empire avec plusieurs réalisations de Jacob Desmalter et un grandtapis d'Aubusson à fond blanc. Cette pièce orientée au nord avait ainsi une faible luminosité que vient compenser la vivacité des coloris utilisés dans la décoration. Le problème du manque de chaleur, quant à lui, est réglé par un système d'air chaud pulsé depuis la bouche de chaleur percée derrière la console de bois doré. Les pilastres à l'arrière de la pièce sont en bronze pour diminuer le risque d'incendies.
Salons de billard
Cette pièce possédait autrefois un billard, aujourd'hui disparu. L'ameublement se compose d'une table de jeux, de chaises de joueurs, auxquelles s'ajoutent plusieurs « chaises-voyeuses ».
Vase « de la Renaissance », porcelaine deSèvres, 1832.
Le parquet, réalisé par Poncet en 1837, comporte différentes essences de bois[66]. Le mobilier de la pièce est resté dans son état du Second Empire : la pièce abrite notamment un vase de la Renaissance, en porcelaine de Sèvres réalisé en 1832 et représentant des scènes qui auraient eu lieu à Fontainebleau :Léonard de Vinci peignant la Joconde devant François Ier etBenvenuto Cellini sculptant Diane devant Diane de Poitiers, d'après des cartons d'Aimé Chenavard, dans le style deBernard Palissy[67]. Le reste du mobilier se compose notamment d'une grande table de salle à manger circulaire, réalisée vers 1800 et provenant de l'hôtel parisien du général Moreau, de pliants en bois doré, réalisés par l'artiste Rode en 1806 pour le premier salon de l'impératrice, d'un écran en bois doré d'époque Louis XVI, acquis en 1835, de lustres en bronze dorés de style Boulle, réalisés par Chaumont pour l'exposition des produits de l'industrie française de 1834, de neuf bras de style Boulle datant de 1837, et de feux en bronze doré de style duXVIIe siècle acquis en 1866[67].
Installé dans les vestiges du château médiéval, le salon du Donjon, autrefois appelée chambre de la « grosse vieille tour », appelée parfois « chambre Saint-Louis » ou encore « chambre François Ier » faisant office de chambre du roi du Moyen Âge auXVIe siècle. SousCharles IX,Primatice dirigea les travaux de réfection des peintures dont il avait conçu le décor sousFrançois Ier. Il fit de nouveaux dessins pour les grandes peintures représentant des sujets tirés non plus de l’histoire de Proserpine mais de l’Iliade et, en 1570,Nicolò dell'Abbate fut payé pour leur réalisation. L’ancien décor fut pour le reste conservé[71].
Cette pièce, dite chambre Ovale, « cabinet du roi » (sous Henri IV) ou encore « salon Louis XIII » rappelle la naissance de Louis XIII dans cette pièce le, symbolisée par l'Amour chevauchant un dauphin sur le caisson du plafond, peint parAmbroise Dubois, et entouré à gauche d'Apollon et de Diane, et à droite d'Hercule et de Déjanire[73]. Cette pièce servit de seconde antichambre du roi à partir de 1737, date à laquelle elle prend le nom de "Cabinet de Théagène", ou encore de "l'Œil de Bœuf". Elle devient le salon des Grands Dignitaires en 1804, puis salon des Nobles en 1814, avant d'être baptisée définitivement "Salon Louis XIII" en 1837[74]. Onze tableaux d'Ambroise Dubois, ayant pour thèmeLes Amours de Théagène et de Chariclée, datant de 1610, sont disposés au-dessus d'un décor de lambris peints de fruits et de fleurs. Ainsi se distinguentLe Sacrifice,Le songe de Calasiris,Le médecin Acestinus examine Chariclée,Entrevue de Calasiris et Chariclée,Théagène enlève Chariclée,Le serment de Théagène,Embarquement de Théagène et Chariclée pour l'Égypte,Chariclée et Théagène blessés sur les rivages de l'Égypte,Théagène et Chariclée prisonniers des brigands,Théagène revient sur l'île des Pâtres à la recherche de Chariclée,Théagène et Chariclée dans la caverne[74]. Cet ensemble est l'une des plus belles séries peintes de la seconde école de Fontainebleau, et l'un des plus beaux ensembles conservés du peintre Ambroise Dubois, grande figure de la peinture française du tournant desXVIe et XVIIe siècles. Henri IV fit décorer les murs de petits paysages antiques et fantastiques peints parPaul Bril, de part et d'autre de bouquets, de figures en camaïeu, de fleurs sur fond or, et des chiffres de Henri IV et de Marie de Médicis, ainsi que ceux de Louis XIII, de Gaston d'Orléans, et le S barré de Henri IV (signe cryptique signifiant constance et fermeté)[73]. Le miroir encastré dans les boiseries a été installé par Duban en 1849[73].
L'ameublement se compose notamment de sièges en bois doré de styleLouis XIV, recouverts en tapisserie de Beauvais à fond rose, et de dessins byzantins, livrés en 1852, et dont le bois est attribué à Fourdinois. On note également un cabinet dit « de l'Odyssée », en ébène sculpté, datant de la première moitié duXVIIe siècle, et décoré pour son intérieur d'après des gravures deTheodoor van Thulden, exécutées elles-mêmes d'après les décors du Primatice dans laGalerie d'Ulysse, et illustrant l'Odyssée[76]. On peut également y admirer le cabinet dit « des Cariatides », en ébène sculpté, réalisé aussi dans la première moitié duXVIIe siècle, mais restauré et remanié auXIXe siècle[76]. Le reste du mobilier se compose de deux bas d'armoire de style Boulle, réalisées par Jacob-Desmalter en 1839, d'une table en bois doré de styleLouis XIV, réalisée par Cruchet en 1860, d'après des dessins de l'architecte Ruprich-Robert pour le salon d'Apollon aux Tuileries[76]. Le salon conserve également une coupe en porcelaine de la fabrique d'Adolphe Hache et Pépin Le Halleur à Vierzon, réalisée au Second Empire, deux vases en porphyre italiens duXVIIe siècle (ayant appartenu à la collection deLouis XIV), de vases en nacelle de porphyre rouge, monté en bronze doré, réalisés en 1770 dans le style Transition, et de vases en nacelles en marbre vert, montés en bronze doré, d'époque Louis XVI[76]. La pièce est éclairée de lustres duXVIIIe siècle, de sept bras de lumière de style Renaissance exécutés en 1840 et de feux à chimères réalisés en 1837 (Chaumont)[76].
Le salon est meublé dans le style du Consulat, et fut installé sous Louis-Philippe (reconstitué en 1977) avec des sièges en bois doré (recouverts d'un lampas broché à fond vert orné de roses et d'abeilles) réalisés par la maison Sériziat de Lyon, un canapé (provenant du salon de Mars à Saint-Cloud), des fauteuils et des chaises de Jacob Frères provenant du salon des Princes du château de Saint-Cloud, une jardinière en bronze de Thomire (livrée en 1812), une console en acajou et des chimères en bois bronzé et doré réalisés par Jacob-Desmalter en 1804[79], un écran réalisé par Marcion pour Monte Cavallo en 1813, un tabouret de pied de style Empire, un guéridon en bronze doré d'époque Louis XVI. Sur la cheminée est installée une pendule en biscuit de Sèvres ornée de représentations des trois Grâces, par Chaudet (1810)[79]. La pièce conserve également des Vases de Sèvres à fond bleu au décor d'or et de platine, d'époque Louis-Philippe. La pièce est éclairée d'un lustre duXVIIIe siècle, de bras de lumière ornés d'enfants réalisés par Thomire en 1810, et de feux d'époque Louis XVI[79].
Le mobilier de style Empire, plus complet, a été reconstitué en 1986. Les rideaux sont en taffetas alternativement vert et blanc, tandis que les sièges sont couverts de velours vert galonné d'or[80]. L'important ensemble de sièges rassemble notamment des fauteuils réalisés pendant le Consulat par Jacob Frères, des tabourets de pieds réalisés en 1805 par Jacob Desmalter, quinze tabourets en X, des pliants en X exécutés par Jacob Desmalter en 1806, et des chaises signées Jacob Frères. Le paravent, réalisé par Boulard et Rode, date de 1806. Le tapis en moquette à fond vert a été retissé entre 1984 et 1986 d'après l'ancien modèle[80]. Le reste du mobilier de style Empire se compose de consoles réalisées en 1804–1805 par Jacob Desmalter, d'un guéridon en porcelaine de Sèvres dit "La table des Saisons", peint par Georget en 1806–1807 d'après les dessins de l'architecte Brongniart, de deux candélabres à bacchants et bacchantes daté du début duXIXe siècle, de quatre candélabres à figures ailées d'époque Consulat, de flambeaux réalisés par Galle au Premier Empire, d'une pendule ornée d'une figure représentant la poétesse grecqueSappho, réalisée par Lepaute en 1804, de huit vases en porcelaine de Sèvres, et de deux vases en ivoire montés en bronze doré d'époque Louis XVI, ainsi que d'un feu à galerie orné de sphinges, d'époque Consulat[80].
La chambre de l'ImpératriceLa chambre de l'impératrice, détail du lit.
Cette pièce abrite la chambre à coucher de la reine depuis leXVIe siècle, et c'est là qu'est né leGrand Dauphin, fils deLouis XIV et Marie-Thérèse, le. Cette pièce est surnommée ainsi la « chambre des six Marie », en référence aux différentes souveraines qui l'ont utilisée (Marie de Médicis, Marie-Thérèse d'Espagne, Marie Leszczynski, Marie-Antoinette, Marie-Louise de Habsbourg, Marie-Amélie). La pièce a été réaménagée pour Joséphine entre 1805 et 1807, avant d'être habitée pour la dernière fois par l'impératrice Eugénie[81].
Le mobilier de la chambre conserve son état du Premier Empire, reconstitué en 1986. Il se compose d'un lit à baldaquin (réalisé en 1787 pour Marie-Antoinette par Séné et Laurent, sous la direction d'Hauré, en bois de noyer et tilleul doré, en seulement trois mois et livré à Fontainebleau le, orné de guirlandes dorées et d'un lampas broché acheté en 1790 par le Garde-meuble à la faillite du fabricant lyonnais Gaudin et brodé par la veuve Baudoin[9]. Il fut réutilisé dans cette chambre en 1805) entouré d'une balustrade dorée recouverte de velours vert, réalisée par Jacob-Desmalter en 1804 pour le trône des Tuileries et remaniée en 1805 ; des fauteuils d'apparat ornés de sphinges attribués à Jacob Frères (vers 1800) et des commodes de Stöckel et Beneman datant de 1786 (placés dans cette chambre en 1806) ainsi que des tabourets de Jacob-Desmalter[80]. On note également la présence d'un paumier de Jacob Desmalter datant de 1805, et un paravent, un écran, et des consoles datant de 1806. La pièce était éclairée par un lustre de Ravrio datant de 1805, par des candélabres de Galle réalisés en 1807, et par des feux datant de la fin duXVIIIe siècle. La chambre présente un ensemble de trois paires de vases en porcelaine de Sèvres, ornés de fleurs et de fruits, et datés du début duXIXe siècle[82]. La pièce conserve également une pendule ornée deZéphyr et Flore, par Lepaute, réalisée en 1804[82].
La chambre de l'impératrice, détail des fauteuils.
La partie principale du plafond en bois peint et doré a été réalisée en 1644 pour la reine-mère Anne d'Autriche (remanié en 1747 par Guillaume Noyers etJacques-Ange Gabriel, composé d'un médaillon principal circulaire à compartiments rayonnant d'où pend le lustre, cantonné de quatre autres médaillons décorés aux armes de France et de Navarre, ornés de cordelières de veuve en hommage à Anne d'Autriche), les boiseries, le plafond de l'alcôve (au-dessus du lit figure un dôme correspondant à l'agrandissement de la chambre sous Louis XV, orné de fleurs de lys et du chiffre « M » de la reine), le trumeau de glace, une partie des lambris et la cheminée en brèche violette (réalisée par Trouard) pour Marie Leszczyńska en 1746 et 1747[80], et les portes peintes en faux acajou en styles arabesques ainsi que les dessus-de-porte en trompe-l'œil imitant des bas-reliefs antiques (des scènes évoquant le sommeil, la toilette, etc. par Sauvage[80]) pour Marie-Antoinette en 1787. La soierie des murs brochée et chenillée a été retissée sur le modèle ancien exécuté à Lyon à la fin du règne de Louis XVI. Réalisée par Philibert de La Salle, aux décors dits de la « Perdrix blanche »[81], elle a été retissée avec les soieries du lit en 1970 et la passementerie refaite entre 1978 et 1986. Il aura fallu près de vingt ans de recherches à la maison Tassinari et Chatel de Lyon, mais aussi aux maisonsPrelle et Brocard[80], pour retrouver cette technique sophistiquée.
D'abord cabinet de la reine auXVIIe siècle, le boudoir de la reine a été aménagé parRichard Mique pour Marie-Antoinette entre 1776 et 1777. Il devient le boudoir de l'impératrice en 1804, puis de nouveau boudoir de la reine en 1814, avant de devenir le cabinet de toilette de l'impératrice Eugénie en 1853[83]. Il est décoré de boiseries peintes dans le goût turc par Bourgois et Touzé sur les dessins de l'architecte Rousseau, qui ornent les murs de motifs pompéiens sur fond d'or blanc[81], et d'un plafond réalisé par Berthélemy illustrantL'Aurore. Les quatre portes de la pièce sont surmontées d'une corniche dorée portant des personnages en stuc, sculptés en haut relief, et représentant huit des neuf muses (il manque Terpsichore), réalisés par Roland[83]. Le bronze de la cheminée et les espagnolettes ont été réalisés par Pitoin en 1786[83]. La pièce a été réaménagée en petite chambre à coucher de l'impératrice Joséphine en 1806 et redécorée avec un mobilier en acajou et bronze doré estampillé Jacob-Desmalter.
Le boudoir de la reine, sculptures en stuc des dessus de porte représentant des muses.
Un petit passage est situé entre le boudoir de la reine et la salle du trône. Son plafond est orné d'un tableau représentant desAmours versant des fleurs avec des colombes, réalisé par un artiste français duXVIIe siècle[83].
La salle du Trône. D'un dais, tombe un velours cramoisi à l'extérieur, semé d'abeilles d'or, et doublé de satin de soie bleu à l'intérieur, constellé d'étoiles[N 21].
Ce petit cabinet (ancienne pièce du premier valet de chambre du roi), situé entre la salle du trône et la salle du conseil, orné de boiseries rehaussées d'or et de panneaux peints de motifs floraux et d'oiseaux parAlexis Peyrotte en 1753, possède une petite cheminée de marbre rouge où les dépêches n'ayant pas besoin d'être archivées étaient systématiquement brûlées[87].
Incorporée dans les appartements Renaissance, cette pièce était le cabinet de Madame de 1528 à 1531, puis cabinet du roi et premier cabinet du roi ou petite chambre à coucher du roi[88].
Le Cabinet du Roi a été décoré entre 1543-1545[N 22]. Les peintures réalisées sur des dessins dePrimatice consistaient en représentation de héros et de Vertus, associés par couple sur les portes des armoires : César et la Force,Scipion et la Tempérance, Ulysse et la Prudence,Zaleucos et la Justice. Des « petites histoires » étaient peintes en grisailles en dessous de ces figures. Une des armoires au moins fut décorée sous la conduite de Serlio, architecte du roi. Deux tableaux de mêmes dimensions étaient accrochés l’un au-dessus de l’autre sur la cheminée :Le Maître de la Maison de Joseph faisant fouiller les bagages de ses frères etLes Cyclopes fabriquant les armes des amours dans la forge de Vulcain. Le plafond a été modifié au fil du temps en fonction de l’agrandissement de la pièce, mais a toujours été un plafond à caisson. Les remaniements n’ont pas empêché que, de réfection en réfection, l’iconographie du décor de la pièce ait été maintenue. L’actuel plafond peint parFrançois Boucher en 1751 reprend la découpe et le sujet d’une composition de Primatice, connue par deux dessins ("La Course des chars du Soleil et de la Lune"), qui pourrait avoir été faite en 1550-1561, au moment oùCharles IX fit refaire la plus grande partie des peintures de son appartement[71].
Devenue grand cabinet ou cabinet du conseil en 1737, elle est achevée en 1753.François Boucher y réalise des lambris peints avec des allégories,Alexis Peyrotte peint quant à lui les encadrements de fleurs[89]. Cette salle possède néanmoins un hémicycle qui fut ajouté en 1773 (orné au plafond d'uneGloire entourée d'enfants par Lagernée Le Jeune, ainsi que de trophées de la Moisson et de la Vendange peints par François-Gabriel Vernet[88]) permettant ainsi un gain d'espace original. La pièce est décorée dans le style Louis XV : le plafond à caissons possède cinq tableaux, les quatre premiers aux angles représentent chacun un groupe d'enfants symbolisant une saison, le cinquième au centrePhébus vainqueur de la Nuit, tous peints parFrançois Boucher entre 1751 et 1753. Les lambris des murs et les portes sont ornés de figures allégoriques peintes alternativement en camaïeu bleu et rose, parCarle van Loo etJean-Baptiste Marie Pierre :La Guerre[90],La Terre[91],La Valeur[92],la Force,la Justice,la Clémence,la Prudence,l'Automne,l'Hiver,le Feu,la Renommée,le Secret,la Fidélité,la Paix,la Vérité,le Printemps,l'Air,l'Été,l'Eau,l'Histoire (réalisées entre 1751 et 1753).
La salle de bal, vue depuis le portique de Serlio.
Le portique deSerlio donne sur la cour ovale. Sa construction, en pierre de taille et grès, est issue de la même campagne de travaux que les chapelles hautes et basses Saint-Saturnin. Le portique a vraisemblablement été édifié en 1531, il est donc antérieur à l'arrivée de Serlio à Fontainebleau. Il fut déplacé par Henri IV et fut reconstruit en 1893[94]. Il était à l'origine jouxté d'un grand degré hors œuvre, supprimé à partir de 1541 et remplacé par un escalier à l'intérieur du portique jusqu'en 1767. Il se présente aujourd'hui comme un arc de triomphe à deux niveaux comportant trois arcades chacun. Deux sont en plein cintre et la troisième est en anse de panier[94].
Aile de la Belle Cheminée et ancien théâtre du Palais
Une allée de tilleuls conduit au pavillon de la porte Dorée, dont la travée centrale est occupée par trois grandesarcades superposées[N 23].Les appartements de Madame de Maintenon.
La porte Dorée date de 1528. Elle constituait l'entrée d'honneur du château jusqu'à l'ouverture de la porte du Baptistère sous Henri IV. Les murs sont demoellon enduit de crépi et l'architecture est soulignée par lapierre de taille degrès gris[N 24] qui trace les lignes de force (pilastres d'ordre pseudo-corinthien à l'étage, chambranles) et compose les lucarnes couronnées comme les fenêtres de frontons triangulaires, parmi les premiers de ce type dans un château de France au siècle de la Renaissance, tandis que le toit en pavillon garde l'empreinte de la tradition gothique[96].
Les boiseries de la chambre, réalisées en 1725, furent rehaussées sous Louis-Philippe. Le mobilier a gardé son état Louis-Philippe : il se compose d'un lit en bois doré réalisé pourMadame Élisabeth par Sené et Vallois sous la direction de Hauré en 1787, de deux fauteuils et d'un tabouret à éperon provenant du cabinet intérieur de Marie-Antoinette à Saint-Cloud. Le mobilier a été recouvert en 1837 de satin blanc à losanges verts et bouquets de fleurs, tissé entre 1812 et 1814 par Lacostat, avec des bordures réalisées en 1809-1810. Le tout fut retissé entre 1979 et 1982. Le reste du mobilier se compose entre autres d'une commodeBoulle datant de la fin duXVIIe siècle ou du début duXVIIIe siècle, achetée en 1837, d'une pendule « des trois Grâces » appartenant augénéral Moreau, réalisée vers 1770 et entrée au château en 1804, et d'un candélabre de style Louis XVI[98].
Cette pièce fut décorée en 1840, et ornée de plusieurs peintures. Au plafond,L'Alliance de la peinture et de la sculpture, par Challe (salon de 1753) et sur les murs,La Justice amenant la Tempérance parCharles Errard, et sept figures de dieux tenant les signes du Zodiaque et symbolisant les mois de l'année (Minerve et le bélier représentent mars, Vénus et le taureau pour avril, Jupiter et le lion pour juillet, Céres et la vierge pour août, Vulcain et la balance pour septembre, Diane et le sagittaire pour novembre, Vesta et le capricorne pour décembre), parFrançois Verdier. La pièce conserve également des cartons peints vers 1685–1686 d'après des tapisseries duXVIe siècle. Ce petit salon possède également des bras de lampe carcel réalisés en 1838 par Chaumont.
Les peintures dont les dessins furent réalisés par lePrimatice et exécutées en fresque parNicolò dell'Abbate et son équipe[101], décorant la salle de bal, s'inspirent pour la plupart de la mythologie gréco-romaine. Sur le mur de la cheminée :Diane à la chasse,Sébastien de Rabutin tuant unloup-cervier,Diane, Cerbère et l'Amour,Hercule et le sanglier d'Érymanthe, etDiane conduisant un char attelé de dragons. Sur les murs latéraux :Le festin de Bacchus,Apollon et les Muses au Parnasse[102],Les Trois Grâces dansant devant les dieux,Les noces de Thétis et Pélée et la pomme de Discorde,Jupiter et Mercure chezPhilémon et Baucis,Phaéton suppliant Apollon de lui laisser conduire son char,Vulcain forgeant les armes demandées par Vénus pour l'Amour,La Moisson, et huit trophées d'armes peints sous les culots sculptés. Dans les embrasures:L'Océan,Homme avec un enfant tenant des fruits,Amours dans les airs,Femme tenant une rame,Enfant et homme couronnés de pampre,Nymphe,Jupiter,Deux hommes tenant un gouvernail,Mars,Deux hommes,Junon,Pan,Deux hommes dont un tient une torche,Pomone,Esculape,L'Abondance,Hercule,Caron, un homme, et Cerbère,Homme endormi,Saturne et Mercure,Déjanire tenant la tunique de Nessus,Adonis,Deux hommes accoudés,Amours dans les airs,La Vigilance,Vénus parée des armes de Mars,Vénus et l'Amour,Narcisse,Ganymède enlevé par Jupiter,Amazone blessée et femme tenant un trait,Mars,Amphitrite,Arion,Vulcain,L'Assurance,Neptune,Hébé,La Résolution,Janus,Une source et une femme,Bacchus,Cybèle,Mars et Vénus,La Nuit ou la Vérité,Cupidon, l'Amour, et un homme se lamentant,Saturne,Flore,Le Sommeil,Homme assis sur une cathèdre,L'Hiver,Vulcain. Sur le mur du fond, au-dessus de la tribune :Un Concert[103].
La salle de bal, détail du plafond.
La cour était invitée à des bals masqués extravagants : on a pu voir François Ier déguisé encentaure[104]. Lors des fêtes, la table d'honneur était dressée sur des tréteaux près de la grande cheminée. Une fois le banquet terminé, on enlevait les tables pourdanser. Les peintures furent peut-être restaurées par Toussaint Dubreuil sous Henri IV. Utilisée régulièrement jusqu'au règne de Louis XIII, la salle perdit son rôle festif auXVIIe siècle pour devenir une salle des Gardes occupée par lesCent-Suisses jusqu'à la Révolution. En 1642, le surintendant des bâtiments du roi,François Sublet de Noyers fait appel àPoussin pour savoir comment éviter des dégradations qui ruinent peu à peu le décor peint[105]. La première grande campagne de restauration n'interviendra cependant qu'en 1834, date à laquelleJean Alaux repeint la totalité des fresques, parfois avec lourdeur, selon le procédé « Vivet »[105]. Les menuiseries (plafond et tribune) sont quant à elles restaurées par le sculpteur Lambert-Théophile Lefébure, et le menuisier Poncet. Les lambris sont également refaits, ainsi que la marqueterie du parquet, qui reprend le schéma du plafond à caissons décoré d'or et d'argent, inspiré directement du plafond de la basilique de Constantin àRome, et exécuté à partir de 1550 par Francesco Scibec de Carpi, lequel avait été choisi par un marché du et du pour les travaux de menuiseries: le plancher, l'estrade (en février 1550), le plafond (en), la tribune, et les lambris. De nouvelles restaurations sont menées en 1858, 1865, 1883-1885, et entre 1963 et 1966, date à laquelle on tente de supprimer le travail de Jean Alaux, et où est rouverte la baie de la tribune[105].
La salle de bal fut utilisée pour des événements d'importance, comme la cérémonie durant laquelle le cardinal de Richelieu fut fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit et pour le mariage duduc d'Orléans en 1837.
Niveau supérieur de la chapelle Saint-Saturnin conçu pour être éclairé en transparence.
La chapelle Saint-Saturnin est située entre la cour Ovale et le Parterre, à l'extrémité de la salle de bal. C'est une chapelle double (ou à étage), comprenant en fait deux chapelles : une basse, pour les domestiques et les officiers, et une haute, l'étage noble, réservé au maître de maison et à sa famille. Cette disposition rappelle celle de laSainte-Chapelle du palais de la Cité à Paris et de quelques autresSaintes chapelles royales ou princières.
Construite en pierre de taille et plus dégagée qu'elle ne l'est aujourd'hui, elle apparaissait comme le pendant du portique de Serlio avec lequel elle partageait de nombreux traits français : arcs en anse-de-panier, chapiteaux de fantaisie, ici avec le cerf de Fontainebleau.
Située sous la salle de bal, la salle des colonnes a été aménagée par Louis-Philippe. Elle doit son nom aux paires de colonnes qui scandent le passage entre chaque travée de fenêtres.
C'est l'aile sud du château surélevée d'un étage, vers 1545-1546. À l'origine construite par François Ier, elle abritait la fameusegalerie d'Ulysse qui comportait près de 58 tableaux (connus aujourd'hui par les dessins préparatoires dePrimatice[71] conservés aumusée du Louvre, et surtout grâce aux 58 gravures queTheodoor van Thulden réalisa auXVIIe siècle).Louis XV, soucieux de trouver de nouveaux espaces la transforma de 1738 à 1741, puis de 1773 à 1774, en fonction des disponibilités offertes par le trésor royal.
Le musée Napoléon Ier, ouvert depuis 1986, occupe près de 15 salles de l'aile Louis XV et retrace la vie de l'Empereur à travers une série de portraits (peintures et sculptures), une collection d'orfèvrerie (nef de l'Empereur en vermeil réalisée en 1804 par Henri Auguste, montre de col de Marie-Louise), d'armes (épée du sacre de 1801 issue de la manufacture d'armes de Versailles, sabre des empereurs créé en 1797), de décorations, de céramiques (services de l'Empereur), d'habits (habits du sacre, uniformes, redingote de l'Empereur), et de souvenirs personnels. Les pièces du premier étage évoquent le sacre (tableau deFrançois Gérard datant de 1804), les campagnes de l'Empereur, sa vie quotidienne (bureau mécanique réalisé par Jacob-Desmalter), l'impératrice Marie-Louise en grand costume ou faisant le portrait de l'empereur (tableau d'Alexandre Menjaud), ou encore la naissance du roi de Rome (berceau en bronze de 1811 créé par Thomire et Duterme, jouets). Les lieux ont néanmoins gardé leur apparence d'appartements princiers grâce aux meubles et objets d'arts qu'ils présentent.
Le musée Chinois, installé en 1863 par l'impératrice Eugénie au rez-de-chaussée du Gros pavillon[57], a été constitué grâce au butin de l'expédition franco-anglaise contre la Chine en 1860, jouissant notamment de la mise à sac dupalais d'Été de l'empereur de Chine[9], et grâce à la venue en 1861 d'une délégation d'ambassadeurs siamois qui complètent la collection par plusieurs présents. La scène est d'ailleurs illustrée par une peinture de Gérôme. Les salons qui composent ce musée, aux décors de style Second Empire, furent restaurés en 1991. La visite commence par un autel servant à brûler les encens, en fonte peinte datant de 1857.
L'antichambre conserve notamment un palanquin royal siamois et un trône palanquin avec son parasol, des selles et des armes offertes lors de la visite des ambassadeurs du Siam[116].
Cette pièce présente plusieurs tables de jeu, dont deux billards, ainsi qu'une sculpture deCharles Cordier,Une femme arabe, datant de 1862, en marbre, onyx et métal argenté[117]. Cette pièce était autrefois ornée du tableau deWinterhalter représentant l'impératrice Eugénie en compagnie de ses dames d'honneur, aujourd'hui au château de Compiègne.
Cette pièce, parfois appelée « salon du lac » est ornée de tentures cramoisies et meublée de fauteuils capitonnés, de mobilier d'ébène et d'objets de Chine et du Siam. Vaste salle de 17 mètres sur 4 mètres, elle présente des objets d'Extrême-Orient en tant qu'éléments décoratifs. Le salon est meublé de trois tables recouvertes de tapis cramoisis à franges vertes, de dix-huit chaises légères en bois verni de noir fabriquées à Chiavari, en Italie, de canapés, de divans, et de fauteuils garnis de cotteline verte, delampas de style chinois ou de cuir. Sur un mur, deux portraits de cour, l'un représentant Louis XV, parHyacinthe Rigaud, et l'autre Marie Leszczyńska en costume de sacre, d'aprèsLouis Tocqué[118].
L'appartement des Chasses (dit aussi « appartement du Prince impérial » de 1856 à 1868) donne sur la cour Ovale et fait le lien avec la galerie de Diane. Construit sous Henri IV, mais agrandie auxXVIIIe et XIXe siècles, cette partie du château a abrité trois appartements de suite[119]. Le terme d'appartement des Chasses était réservé, sous la Restauration, aux pièces situées au premier étage de l'aile, mais fut étendu au rez-de-chaussée lorsque de nouveaux décors furent réalisés sous le règne de Louis-Philippe. Les appartements ont été habités par le cardinal Barberini en 1625, parMazarin pendant la régence d'Anne d'Autriche, et par le duc et la duchesse d'Orléans sousLouis XIV. Ils sont occupés par le Cardinal de Fleury en 1743, par mesdames de Lauraguais et de Flavacourt en 1744, par Marie-Thérèse-Raphaëlle d'Espagne en 1745, parMarie Leszczynska en 1746, et par Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme, en 1749[120]. Ils sont habités par Marie-Josèphe de Saxe de 1747 à 1767, puis par le maréchal d'Estrées et la comtesse de Coigny en 1767, et parChristian VII de Danemark en 1768[120]. Ils sont de nouveau occupés en 1773, à l'étage par la comtesse d'Artois, et au rez-de-chaussée par le dauphin Louis, puis par le comte d'Artois. Sous l'Empire, les appartements accueillent le baron de Dalberg en 1804, et Marie-Julie Clary en 1807. Ils sont occupés par le duc de Bourbon, puis par le duc d'Angoulême sous la Restauration. Pendant la monarchie de Juillet, ils sont habités par le duc d'Orléans, et par les ducs d'Aumale et de Montpensier à partir de 1833[120]. Ils reçoivent en mai 1837,Augusta de Hesse-Hombourg etHélène de Mecklembourg-Schwerin, avant de loger en 1838. le duc de Wurtemberg, sa femme Marie, et son fils. Ils reçoivent enfin la duchesse de Kent en 1844, le prince et la princesse de Joinville en 1845, et le prince et la princesse de Salerne en 1846. Sous le Second Empire, ils accueillent Lucien Bonaparte et la princesse Murat en 1853, et sont occupés par le prince Impérial de 1856 à 1868[120]. Abandonnés en 1870, les appartements des chasses furent rouverts à la visite en 1938, en tant qu'appartement deLouis Bonaparte, avant d'être de nouveau fermés à la fin des années 1960[121]. Un récent projet, mené par Yves Carlier, conservateur en chef, a permis d'ouvrir en son sein une « galerie des meubles »[122], réunissant près de 80 objets.
Le salon est orné de vastes tableaux deJean-Baptiste Oudry (Chasses de Louis XV,Cerf aux abois dans les rochers de Franchard,Bois de cerf bizarre sur fond de planches datant de 1735) et de Jean-Jacques Bachelier (Bois de cerf exécutés en 1835) illustrant les chasses royales dans la forêt de Compiègne. La chambre est également ornée de scènes de chasses de Compiègne et Fontainebleau. Elle est notamment meublée du lit et de la table de nuit du Prince impérial, livrés en 1864.
Le rez-de-chaussée fut habité par l'impératrice Eugénie, qui le fit restaurer à partir de 1861.
Ce théâtre, ainsi que le foyer de l'Empereur et les salons annexes, ont été aménagés à l'extrémité ouest de l'aile Louis XV à partir de 1857, sur les plans de l'architecteHector Lefuel. Disposant d'environ quatre cents places (dont une centaine debout) sur une surface de45 mètres sur 15, le théâtre s'inspire des décors de l'opéra royal deVersailles. Napoléon III le fit construire pour l'impératriceEugénie et recevoir la bonne société lors de soirées privées (ce ne fut jamais un théâtre public) ; pour des raisons de coût (il était compliqué à chauffer et faire venir les acteurs et les musiciens de loin par le train était onéreux), seulement une quinzaine de représentations y furent données sous son règne. Conservant encore tous ces décors réalisés par Voillenot, son mobilier, et ses boiseries, le théâtre possède toujours sa machinerie d'origine, et renferme également une collection exceptionnelle d'une vingtaine de décors de scènes, dont certains remontent au règne de Louis XV. À la chute du Second Empire, le théâtre est fermé ; il rouvre au début duXXe siècle pour seulement quelques représentations. Les dégradations du temps font que le lustre central tomba en 1926. Pendant laSeconde Guerre mondiale, sous l'Occupation, les troupes allemandes y font donner quelques concerts mais l'administration déclare en 1941 le lieu inapte aux spectacles en raison de sa vétusté. Une restauration débute en 2007, grâce au mécénat d'Abou Dabi (pour dix millions d'euros, en contrepartie de quoi la salle est renommée théâtreCheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane) : elle a permis de conserver au maximum les tissus, décors et objets d'origine. L'inauguration a lieu le, en présence du cheikh et de la ministre de la Culture,Aurélie Filippetti. Le théâtre est depuis visitable mais n'aura pas pour vocation à ce que des pièces s'y déroulent — notamment pour des questions de sécurité et parce que la scène n'était, pour sa part, pas comprise dans le projet de restauration[123].
La cour du Cheval blanc, dite aussi « cour des Adieux » ou « cour d'honneur », de forme rectangulaire, est une ancienne basse-cour puis cour de service, qui devient très tôt une cour de parade. L'ensemble s'est construit sur cinq siècles, ce qui explique sa grande diversité architecturale. Cette cour acquiert son nom grâce à un moulage en plâtre de lastatue équestre de Marc Aurèle au Capitole, réalisé parVignole pour Catherine de Médicis, installé entre 1560 et 1570, disparu en 1626[18], et dont une petite dalle, dans l'allée centrale, rappelle l'emplacement. La statue est couverte en 1580 d'un toit pour la protéger des intempéries.
Vue panoramique de la cour du Cheval blanc, depuis les grilles, montrant la naissance du style « moellon et brique » (moelllon enduit d'un crépi ocre,pieds-droits,plates-bandes etpilastres en briques) et avec unpolylithisme de construction. Le rhabillage en calcaire du temps de Henri II n'est pas complet : le grès de Fontainebleau qui se reconnaît à sa teinte grisâtre et à sa texture rustique s'observe notamment au niveau des pilastres et des lucarnes des bâtiments en fond de cour, et du soubassement de l'escalier en Fer-à-cheval[N 25].
La cour Ovale, au centre du château, tient sa forme singulière de l'ordonnancement de l'ancien château fort, celui-ci délimitant une cour octogonale aux angles arrondis. Elle est en partie délimitée par des façades en grès sur lesquelles court une galerie continue supportée par une rangée de colonnes[47]. Elle fut considérablement modifiée sous Henri IV (celui-ci la fit agrandir à l'est et fermer par la porte du Baptistère[130]).
La cour des Princes ou « cour de la Conciergerie » a reçu sa forme rectangulaire et étroite lors de l'élévation progressive des ailes de la galerie de Diane, des appartements des Chasses et de la conciergerie[133].
Frères Keller : LaDiane à la biche (1684) et Pierre Biard l'Aîné :Têtes de cerfs etChiens limiers assis (1603) ornant la fontaine du jardin de Diane.
Il doit son nom à la fontaine de Diane, placée en son centre, commandée en mai 1603 par Henri IV à deux ingénieurs fontainiers, lesfrères Francini (Tommaso et son collaborateur Alessandro). Ces hydrauliciens créent une maison du fontainier et un troisième aqueduc qui permet d'alimenter les fontaines et amener l'eau potable à proximité des extensions du monarque vers le nord et l'ouest (cour des Offices, cour des Princes)[134]. L'année précédente, le roi avait par souci de conservation retiré de ce jardin la précieuse statue antique de marbre blanc aujourd'hui exposée au Louvre et connue sous le nom deDiane de Versailles. Au nom du roi, un marché de restauration avait été signé en[N 27] entre lesurintendant des bâtiments Jean de Fourcy et le sculpteurBarthélemy Prieur[135] auquel avait également été commandé un premier tirage de bronze de la « Diane » pour remplacer le marbre enlevé du jardin de Fontainebleau. Dès le mois d',Pierre Biard l'Aîné, architecte et sculpteur ordinaire du roi, avait été chargé de l'exécution des quatre têtes de cerf et des quatre chiens limiers assis en bronze, destinés à orner le piédestal[136],[137]. Posé au centre d'un bassin circulaire à gradins, ce piédestal présente une base de forme cubique, recouverte de marbre noir et blanc, surmontée d'un tambour de pierre pour accueillir la statue. Lorsque, sur ordre du Directoire, tous les bronzes et marbres furent réquisitionnés et transférés dans le futurmusée dupalais du Louvre, la fontaine de Diane fut dépouillée de la partie inférieure du piédestal, en marbre, et de ses bronzes.Napoléon la fit partiellement restituer en 1813 avec la seule partie haute (ronde) du piédestal. C'est alors que l'on commit l'erreur d'apporter duchâteau de Marly laDiane à la biche, fondue par lesfrères Keller en 1684[138]. On ne prit conscience de cette confusion qu'en 1877, lorsque le bronze d'origine de Barthélemy Prieur « signé et daté B.-P. 1602 » fut par hasard découvert et identifié auchâteau de la Malmaison[139]. Il rejoignit les bronzes de Pierre Briard, toujours conservés au Louvre et fut finalement rendu à Fontainebleau et mis à l'abri dans lagalerie des Cerfs. La fontaine recouvra en 1964 son piédestal carré avec ses chiens assis et ses têtes de cerf en bronze. Rétablie dans son état du début duXVIIe siècle et surmontée de laDiane à la biche des frères Keller, proche de celle de Barthélemy Prieur, la fontaine de Diane se présente aujourd'hui telle que les frères Francini l'avaient conçue.
Les jardins sont bordés à l'est par l'aile de la galerie des Cerfs en brique et pierre, et par le jeu de paume à l'ouest.
Le jardin est aujourd'hui composé de bosquets et d'une rivière artificielle. Les essences actuellement présentes dans le jardin sont composées notamment d'épicéas, de cyprès chauves, de tulipiers de Virginie et de Sophoras du Japon, dont les plus anciens datent du Second Empire[9]. Le jardin est orné de plusieurs sculptures d'extérieur, parmi lesquelles deux copies d'antiques en bronze duXVIIe siècle : leGladiateur Borghèse et leGladiateur mourant, ainsi qu'une œuvre de Joseph-Charles Martin :Télémaque assis dans l'île d'Oygie.
Fontaine Belle-Eau encadrée par deux statues de divinités celtiques Gaïa & Lug deChristophe Charbonnel lors d'une exposition d'art contemporain en 2023.
Située au milieu du jardin, au creux d'un bosquet orné d'une statue en marbre blanc de Flore et en face d'unpot à feu surmonté d'une pomme de pin sommitale[9], la fontaine Bliaud ou Blaut, appelée Belle-Eau dès leXVIe siècle et qui donna au château sonorigine mythologique, s'écoule par une rigole dans une margelle octogonale aménagée parBoitte dans les années 1880. La source de Belle-Eau se réunit à celle de la Colonne pour donner naissance à une petite rivière artificielle[143].
C'est en 1692 qu'apparaît pour la dernière fois, dans les inventaires de Fontainebleau, le tableau deLéonard de Vinci,Léda et le cygne.
Les tableaux qui étaient conservés dans l'appartement des Bains, sous lagalerie François Ier ont souffert de l'humidité. Le peintreJean de Hoey, petit-fils deLucas de Leyde, a été nommé « garde des tableaux » au château de Fontainebleau en 1608, pour « les peintures des vieux tableaux de Sa Majesté au château de Fontainebleau, tant pour rétablir ceux qui sont gastez, peints à l'huile sur bois ou sur toile, ensemble pour nettoyer les bordures des autres tableaux à fresque des chambres, salles, galeries, cabinets d'iceluy château ». Son petit-fils, Claude (1585-1660), a suivi l'installation des tableaux de Fontainebleau qui ont été déplacés aupalais du Louvre.
Le château de Fontainebleau, entièrement meublé, a cinq hectares de bâti et 1 530 pièces recensées, 63 500 m2 de planchers[152], deux hectares de toitures, cinq cours, un parc et trois jardins sur130 hectares et pas moins de 40 000 objets mobiliers (la majorité étant entreposés dans les réserves) dont une centaine de pendules qui sont réglées hebdomadairement[153].
Il est nécessaire de différencier, dans l'appréciation des chiffres du tourisme sur le site du château de Fontainebleau, le château lui-même (musée national du château de Fontainebleau), le domaine (château, jardins et parc), et un troisième ensemble plus large englobant le château, ses jardins, son parc et la forêt de Fontainebleau environnante.
Le château de Fontainebleau a reçu 437 442 visiteurs en 2011, puis 451 975 visiteurs en 2012[154] en hausse de près de 4 % par rapport à 2011.
Le château et son parc constituent en 2011 le deuxième site le plus visité du département deSeine-et-Marne (derrière Disneyland Paris, 15,6 millions de visites). En tout, château, jardins et forêt de Fontainebleau accueillent quelque treize millions de visiteurs par an[155].
En 2025, l'Établissement public du château de Fontainebleau dote le Domaine national d'un nouveaulogotype. L’identité retenue s’inspire directement de l’histoire pluriséculaire tout en accompagnant une typographie contemporaine. L’emblème est composé de36 couronnes stylisées, qui symbolisent la succession des 36 souverains ayant résidé à Fontainebleau. Le dispositif graphique est décliné en trois formats distincts et se présente en trois versions : noir, blanc et rouge impérial, cette dernière teinte faisant référence à celle présente sur ledais de la salle du Trône de NapoléonIer. La création de cette identité visuelle est réalisée dans le cadre d’un mécénat de compétence conclu avec l’agence Lonsdale[157],[158],[159].
un passage deL'Éducation sentimentale, histoire d'un jeune homme deFlaubert se déroule à Fontainebleau, lorsque Frédéric Moreau, fuyant l'agitation de Paris durant l'été 1848, y trouve le repos et fait une visite détaillée du château où il mesure sa différence de milieu et de culture avec la Maréchale, sa maîtresse.
À partir de1921, sous l'influence dugénéral Pershing, le château accueille leConservatoire américain de Fontainebleau sous la direction deFrancis Casadesus etCharles-Marie Widor, mais c'est la personnalité deNadia Boulanger qui marquera de1949 à1979 la vie musicale du lieu avec ses cycles d'enseignement et les concerts organisés durant la saison estivale dans la salle du jeu de paume. De nos jours, le château est toujours très actif dans ce domaine qu'il a toutefois étendu à d'autres formes de créations comme l'architecture[160].
En 2012, la chanteuse américaineLana Del Rey y tourne son clipBorn to Die, réalisé parWoodkid[161]. Dans celui-ci, elle siège sur un trône entourée de tigres en plein milieu de la chapelle de la Trinité, est allongée sur le capot d'une voiture sur le côté est du Parterre et marche le long de la galerie François Ier.
Le,Norman Thavaud sort sur sa chaîneYouTube le clip vidéo de la chansonAssassin des templiers réalisé par Théodore Bonnet, et avec la participation deSqueezie, dans le cadre d'une collaboration pour la promotion du jeu vidéoAssassin's Creed. Le, de8 h à22 h, plusieurs scènes sont ainsi tournées sur les toits, la cour Ovale, la chapelle Saint-Saturnin et la galerie des Fleurs[162],[163].
Le château de Fontainebleau, grâce à son cadre historique, a été le théâtre de nombreux tournages cinématographiques[167]. Devant la recrudescence des demandes de tournage de films dans l'enceinte du domaine du château de Fontainebleau, la Caisse nationale des monuments historiques publie, le, une note limitant les prises de vues dans les appartements et les jardins aux scènes à caractère historique.
Bien qu'une partie de l'intrigue desJardins du Roi (2014), d'Alan Rickman, se déroule au château de Fontainebleau, le film a entièrement été tourné en Angleterre, de sorte qu'aucune scène n'a été tournée au château.
↑Cet évènement a fait l'objet d'au moins deuxpièces de théâtre,Christine à Fontainebleau d'Alexandre Dumas en 1828, renomméeStockholm, Fontainebleau et Rome en 1830 etChristine à Fontainebleau deFrédéric Soulié en 1829.
↑Les comtes de Provence et d'Artois sont les frères deLouis XVI qui règneront sur la France sous les noms deLouis XVIII etCharles X.
↑Le pape fut déjà invité du 25 au 28 novembre 1804 à Fontainebleau pour lesacre de l'empereur.
↑Le « Salon de l'Abdication » du château expose le guéridon sur lequel l'Empereur la signa.
↑Il y arrivera à 10 heures du matin et y sera accueilli par M. de Plancy, préfet de Seine-et-Marne, et montera aussitôt l'escalier en fer-à-cheval pour gagner les appartements privés et s'y reposer. L'Empereur quittera Fontainebleau vers 2 heures de l'après-midi. Source : Claude Garino,Le vol de l'Aigle en Bourgogne, revue « Pays de Bourgogne » n° 224 de février 2010, p. 23-33.
↑Arrêté modifié par arrêté du 22 janvier 2009, dû à l'oubli d'une parcelle.
↑Le portail Renaissance est surmonté d'un tympan coupé par une niche abritant le buste de François Ier placé sousLouis- Philippe (1835).
↑Ce velours est relevé sur les côtés de deuxembrasses qui figurent des enseignes militaires plantées dans un trépied, surmontées du monogramme N entouré de la couronne de laurier, et couronnées de l'aigle napoléonienne. Le même velours cramoisi, galonné d'or, recouvre lesployants, destinés aux dignitaires.
↑Grâce à une nouvelle interprétation desComptes des Bâtiments du roi, publiés en 1877–1880 parLéon de Laborde, la date des travaux de décoration du cabinet du Roi a pu être restreinte à une fourchette 1543-1545, contre 1541–1546 auparavant. Thomas Clouet, « Fontainebleau de 1541 à 1547. Pour une relecture desComptes des Bâtiments du roi », dansBulletin monumental, 2012,p. 206-207 (résumé).
↑L'arcade du rez-de-chaussée forme un porche, celle du premier étage est vitrée en 1641 sous Louis XIV pour aménager un appartement destiné àMadame de Maintenon)
↑« Le maître d'œuvre, Gilles Le Breton, maître-juré parisien, a utilisé des pierres du cru grès de Fontainebleau,liais deNotre-Dame-des-Champs et calcaire àMilioles pouvant provenir d'anciennes carrières au sud de Paris, auxquels s'ajoutent les briques qui commencent à jouer un grand rôle en architecture monumentale. Aux trois rangées de pierres de taille en grès du soubassement, succèdent celles en calcaire à Milioles et àOrbitolites complanatus(es) des lambourdes du sud de Paris. Elles constituent le gros œuvre ainsi que l'encadrement des fenêtres tandis que les piliers sont en briques. Les marches de l'escalier sont en calcaire lacustre deChâteau-Landon ». CfCharles Pomerol,Terroirs et monuments de France. Itinéraires de découvertes, éditions du BRGM,,p. 127.
↑Le soubassement de cet escalier est en calcaire àMilioles etDitrupes(sv) deSaint-Leu. Il présente« parfois desstratifications obliques soulignées par des lits coquilliers… Les marches d'escalier sont en calcaire àCérithes ayant probablement la même provenance ou originaires deSaint-Pierre-Aigle ». CfCharles Pomerol,Terroirs et monuments de France. Itinéraires de découvertes, éditions du BRGM,,p. 127.
↑« Marché de restauration passé avec B. Prieur » signé le 12 février 1602 « en la maison du dit sieur de Fourcy à Parisrue de Jouy paroisse St Paul » reproduit In Suzanne Favier : « A propos de la restauration par Barthélémy Prieur de la Diane à la biche »,La Revue du Louvre et des musées de France, Paris, 1970, et In Floriane Franco : « La réception de la Diane de Versailles duXVIe au XVIIIe siècle »,Art et histoire de l'art, 2014 (voiren ligne).
↑Recouvertes de mousse et de lierre, elles« étaient souvent peuplées de statues et agrémentées de jets d'eau à surprise qui arrosaient les dames à l'improviste, suscitant de grands éclats de rire. Parfois, des canalisations dissimulées livraient la grotte à un véritable Déluge en modèle réduit. On y dînait, on y dansait, on y faisait la sieste ». La grotte des pins n'a pas abrité ce type d'installations hydrauliques. CfPatricia Falguières,Le maniérisme : une avant-garde au XVIe siècle, Gallimard,,p. 102.
↑ChantalEschenfelder, « Les Bains de Fontainebleau : nouveaux documents sur les décors du Primatice »,Revue de l'art,vol. 1,no 99,,p. 45-52(lire en ligne).
↑ab etcDossier de presse de l'expositionL’Italie à la cour de France - Primatice, maître de Fontainebleau, 1504 -1570, Paris, musée du Louvre, 25 septembre 2004 - 3 janvier 2005
↑abcdef etgJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.111
↑ab etcJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.113
↑a etbJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.112
↑abc etdJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.114
↑abcdefgh etiJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.116
↑abc etdJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.117
↑ab etcJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.118
↑abcdefghi etjJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.122
↑abcdef etgJean-Pierre Samoyault,Guide du musée national du château de Fontainebleau, réunion des musées nationaux, Paris, 1991, p.124
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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La version du 8 décembre 2009 de cet article a été reconnue comme « bon article », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.