Lacassette audio,Compact Cassette selon sa désignation officielle, appelée encoreminicassette oumusicassette — couramment abrégé enfrançais par l'allographeK7 — est un support d'enregistrement magnétique inventé parLou Ottens, breveté et mis sur le marché en 1963 parPhilips après plusieurs années derecherche et de développement. Elle contient deux bobines autour desquelles s'enroule unebande magnétique. Elle permet d'enregistrer et de diffuser tout type deson. Elle s'utilise avec un magnétophone spécialement conçu appelé « magnétocassette » ou « magnétophone à cassette ». Cet élément peut être intégré dans un appareil plus complexe comme unradiocassette, un combinéautoradio ou unechaîne haute-fidélité.
Lecteur-enregistreur à cassettes haut de gamme Nakamichi, avec système de retournement physique de la cassette pour une lecture automatique des deux côtés.
Quatre canaux (pistes) sont écrits en parallèle sur la bande. Deux sont enregistrés lorsque la bande se trouve sur un côté dans l'enregistreur et deux autres lorsqu'elle est retournée.
Certains lecteurs de cassette peuvent lire successivement les deux côtés de la cassette sans nécessiter que l'utilisateur retourne la cassette manuellement : on parle alors, selon un terme d'origineanglaise, d'« auto-reverse ». Généralement, cela est possible grâce à une tête de lecture double ou pivotante, et par l'inversion du sens de défilement de la bande, mais certains lecteurs retournent réellement la cassette.
C'est le NéerlandaisLou Ottens (1926-2021), directeur dePhilips Audio, qui dirigea la création de la cassette compacte et du magnétophone à cassette en 1963[1] dans la filiale belge de l'entreprise, àHasselt.
La cassette connaît un très grand succès et constitue la norme d'enregistrement audio domestique jusqu'à l'apparition desdisques compacts enregistrables. Elle supplante en deux décennies le format américain de lacartouche audio à quatre ou huit pistes qui s'est bien développé sur le marché national, tant dans leschaînes hifi que lesautoradios.
Musicassette deMore du groupe Pink Floyd, commercialisée parEMI.
Jusqu'à1983 et l'apparition dudisque compact audio, les enregistrements commerciaux ont été diffusés sous forme dedisques microsillon et de cassettes dites musicassettes[2]. Les premières musicassettes ont été mises sur le marché parPhilips Records en 1965[3]. La musicassette a perduré bien au-delà de l'apparition du CD, en particulier aux États-Unis. À partir de 1983, les ventes de musicassettes ont largement dépassé celles des disques analogiques33 tours vinyles[4], car les appareils portables et l'autoradio offraient à la cassette des domaines d'utilisation privilégiés. La cassette fut aussi à la base du succès mondial du Walkman (baladeur), le lecteur de cassette ultra-portable commercialisé en1979 parSony.
Alors que la cassette audio était déjà en perte de vitesse depuis la commercialisation du CD audio, la grande popularité desbaladeurs numériques depuis le début desannées 2000 lui fait perdre un des derniers marchés où elle conservait un avantage sur le CD : les appareils portatifs soumis à des chocs ou vibrations (pour les sports tels que lejogging).
Vers le milieu des années 2000, à l'instar desVHS, on ne trouve plus en vente que des cassettes audio vierges, entre autres pour les personnes ayant encore dans leur voiture des auto-radios avec lecteur de cassettes et également pour enregistrer des extraits radio, cela étant impossible avec un CD ou sans ordinateur (pour lespodcasts).Il reste aussi, tout comme pour le disque analogique33 tours vinyle, des passionnés audiophiles utilisant encore ce support du fait qu'il est analogique. Des appareils haut de gamme sont capables de délivrer une restitution sonore d'excellente qualité.
Fin 2010, reviennent à nouveau en vente des lecteurs de cassettes sur matériel audio grand public (exemples : postes radio CD MP3 cassettes portables, nouvelles platines K7)[5],[6]. Fait surprenant, de plus en plus de gens utilisent de nouveau ce support afin d'y enregistrer leurs albums, comme cela se faisait dans lesannées 1970 et 80[7]. Il s'agit toutefois d'un phénomène marginal.
Bien que le CD ait supplanté la cassette audio, on peut encore en trouver des exemplaires vierges à un coût très raisonnable dans beaucoup d'enseignes.
Début 2013, certains artistes comme les groupesArchive etDaft Punk souhaitent ressortir leurs albums dans ce format. Le groupe français Daft Punk a édité son dernier albumRandom Access Memories en cassette, mais seulement pour sa promotion.
De plus, de nombreux albums originaux parus avant 1992 ne sont pas sortis sur CD et ne sont donc disponibles qu'en format LP33 tours,45 tours ou cassette.
Cassettes types IEC I, II, et IV.Cassette type IEC III.
Afin d'améliorer les performances, les fabricants ont utilisé diverses formules pour la bande magnétique contenue dans les cassettes. Avec toutefois l'inconvénient de devoir utiliser un magnétocassette adapté à ces nouvelles cassettes. Un véritable bond dans les performances s'est effectué, au début desannées 1970, avec la cassette audioxyde de chrome (CrO2) cette nouvelle cassette exigeant un appareil pourvu d'une position spéciale « Chrome ». Les choses se sont compliquées avec l'apparition de cassettes double couche (oxyde de fer plus dioxyde de chrome), dites « ferrichrome », puis au début desannées 1980 avec l'introduction de la cassette métal. Pour remédier à une évidente complexité d'utilisation, une normalisationIEC a été adoptée : chaque modèle de cassette devait se classer dans un des quatre types existants.
Type I : cassettes dites « normales », moyenne linéaire 20 Hz-18 kHz (max 10 Hz-21 kHz).
Type II : cassettes dites « chrome », moyenne linéaire 20 Hz-19 kHz (max 10 Hz-23 kHz).
Type III : cassettes dites « ferrichrome », moyenne linéaire 20 Hz-19 kHz (max 10 Hz-23 kHz).
Type IV : cassettes dites « métal », moyenne linéaire 20 Hz-20 kHz (max 10 Hz-30 kHz)[8],[9],[10].
Lesmagnétocassettes ont d'abord été équipés de quatre touches correspondant aux quatre types de cassette puis un codage mécanique par encoches au dos de la cassette a été adopté : les appareils disposant de ce système adoptaient automatiquement les réglages adaptés à la cassette introduite dans leur mécanisme.
Dans la pratique, les cassettes type I et II ont constitué l'essentiel du marché. En effet, les cassettes detype III n'ont pas rencontré beaucoup de succès et peu de marques en ont commercialisé. Les cassettes les plus performantes,type IV, étaient onéreuses et trouvaient surtout un intérêt pour la prise de son.
Il a toutefois existé de petitsmagnétophones quatre voire huit pistes utilisant la minicassette pour réaliser des maquettes, dans lesquels la bande défilait deux fois plus vite, à9,5cm/s (pour améliorer ladynamique et labande passante). Le plus célèbre, utilisé dans lesannées 1970 à 1990 par les groupes à petit budget, était lePortastudio deTascam-TEAC. Des platines cassette haute fidélité utilisant cette même vitesse ont aussi été mises, assez brièvement, sur le marché.
Compact Cassette, où est enregistré un programme informatique pour le microordinateurVIC-20 deCommodore, présentée ici avec son lecteur spécifique.
La cassette a été utilisée comme moyen de stockageinformatique sur les premiersordinateurs personnels. L'enregistrement se faisait de manière analogique (les signaux numériques étaient transformés en modulation sonore) et la restitution était peu fiable. Aucune correction d'erreur n'était possible et le volume de données enregistrées très réduit. Ce support a vite été abandonné au profit de ladisquette lorsque les prix sont devenus plus abordables pour le grand public. Le dernier ordinateur utilisant les cassettes fut leCPC 464+ d'Amstrad en 1990.
Un lecteur de cassette peut aussi servir d'adaptateur pour connecter d'autres sources sonores. En effet, il existe des câbles munis d'une fausse cassette audio à l'extrémité et une prisejack à l'autre afin de pouvoir passer les sons de son lecteurMP3 via le lecteur cassette à l'aide de sa tête de lecture captant les informations converties.
Malgré sa qualité supérieure, le format Elcaset fut un échec commercial total. Le prix supérieur des enregistreurs et des Elcasets, que peu de fabricants commercialisaient, et la taille trop encombrante pour le grand public ont fait que seuls quelques audiophiles s'en sont équipés. Le fait que le format Elcaset soit trop grand pour les appareils portables et lesautoradios a aussi joué en sa défaveur. De plus, la qualité de la cassette audio standard avait progressé avec l'adoption des bandes au dioxyde de chrome et les réducteurs de bruit de fond, et était devenue suffisante pour beaucoup de personnes[12].
Le système Elcaset a été abandonné en1980 et les derniers équipements vendus enFinlande[12].
Comparaison d'unemicrocassette à une cassette audio classique.
En sens inverse,Philips a commercialisé en1967 lamini-cassette pour les appareils dedictée. De conception simple[13], le lecteur-enregistreur ne pouvait pas assurer un défilement régulier de la bande, la vitesse fluctuant à environ2,4cm/s.
Olympus a sorti le formatmicrocassette en1969, développée également pour les « appareils de dictée » et connu sous le nom de « formatDictaphone ». Les microcassettes ont une qualité sonore trop médiocre pour l'enregistrement musical, mais suffisante pour la voix. Les microcassettes ont également été utilisées pour lesrépondeurs téléphoniques jusqu'à l'avènement de l'enregistrement numérique sur puces mémoire et ensuite sur serveurs distants (messageries), comme pour les téléphones mobiles.
De ces trois formats spécialement conçus pour l'enregistrement de la voix, le format microcassette d'Olympus est celui qui a eu le plus de succès. Il reste courant actuellement malgré l'avancée du numérique.
En 1992, Philips, avecMatsushita, a essayé de reproduire le succès commercial de la cassette en sortant lacassette compacte digitale ouDCC. Cette cassette digitale était du même format que l'ancienne musicassette, les appareils DCC étant capables de lire les cassettes analogiques. Leur qualité de son s'avérait assez moyenne du fait d'un mode de compression dénommé PASC, basé sur le MPEG1 qui était déjà bien dépassé par l'ATRAC, compression utilisée pour le MiniDisc de Sony, qui lui, a rencontré un bon succès du fait de sa qualité et de son format réduit, très pratique à utiliser.Le DCC n'a pas connu de succès commercial, le grand public s'orientant de plus en plus vers les disques compacts enregistrables (CD-R etCD-RW) et les professionnels étant déjà majoritairement équipés de lecteurs-enregistreursDAT.
En 2016, National Audio Company (NAC) produit des cassettes audio vierges[15].
La même année, RecordingTheMasters (RTM) produit de nouvelles cassettes Type I[16].
En 2019, Mulann Industries, une PME française, se lance dans la production de cassettes audio vierges[17]. L'usine de production, RTM Industries, situé àAvranches est l'une des trois au monde en produisant en 2024[18].
En 2021, ATR Magnetics et NAC produisent de nouvelles cassettes Type II[19],[20].