Carl Sagan est également connu pour ses contributions à lavulgarisation scientifique. Il a été le concepteur et l'animateur de la série téléviséeCosmos, qui a été diffusée dans le monde entier et qui a contribué à faire connaître la science auprès du grand public. Il a également écrit plusieurs livres à succès sur l'univers et lascience, dontPale Blue Dot et le livreCosmos, dérivé de la série.
Son père, Samuel Sagan, est unouvrier couturier originaire deKamianets-Podilskyï, une ville située alors dans une région de l'Empire russe[2] rattachée par la suite à l'Ukraine. Sa mère, Rachel Molly Gruber, était une femme au foyer new-yorkaise. Le prénom de Carl lui est donné en l'honneur de la mère biologique de Rachel, Chaiya Clara, qui était selon les mots de Sagan« la mère qu'elle n'avait jamais connue », étant décédée en mettant au monde son deuxième enfant[3]. Le père de Rachel s'était alors remarié à une femme prénommée Rose. Selon Carol, la sœur de Carl,« Rachel n'accepta jamais Rose en tant que mère. Elle savait qu'elle n'était pas celle qui lui avait donné naissance ... Elle était une enfant puis une jeune adulte plutôt rebelle ... une « femme émancipée » comme on dirait de nos jours »[4].
La famille vivait dans un modeste appartement de Bensonhurst, tout près de l'océan. Ils étaient membres de la communauté desJuifs réformés, le plus libéral des quatre principaux groupes du judaïsme nord-américain. Carl et sa sœur s'accordent à dire que leur père n'était pas spécialement religieux, mais que leur mère« croyait vraiment en Dieu, fréquentait la synagogue ; [...] et ne servait que de la viandecacher »[5]. Au plus profond de laGrande Dépression, son père travaille comme ouvreur de théâtre[5].
Selon son biographe Keay Davidson, la« guerre intérieure » de Sagan est le résultat de sa relation étroite avec ses deux parents, qui étaient à bien des égards« opposés ». Sagan fait remonter ses pulsionsanalytiques à sa mère, une femme qui dans son enfance avait vécu dans l'extrême pauvreté à New York pendant laPremière Guerre mondiale et les années 1920[6]. Elle avait dans sa jeunesse, nourri ses propres ambitions intellectuelles, mais elles avaient été frustrées par les restrictions sociales : sa pauvreté, son statut de femme, d'épouse, et de juive. Davidson note qu'elle a donc« vénéré son fils unique, Carl, qui réaliserait ses rêves inassouvis ».
Cependant, il affirme que son sens de l'émerveillement lui vient de son père, qui, pendant son temps libre, donnait des pommes aux pauvres ou aidait à apaiser les tensions entre les travailleurs et les patrons dans l'industrie du vêtement à New York[6]. Impressionné par les capacités intellectuelles de Carl, il accepte la curiosité de son fils sans objections, la considérant comme faisant partie de sa croissance[7]. Dans ses derniers écrits, Sagan s'inspirera souvent de ses souvenirs d'enfance pour illustrer des points scientifiques, comme dans son livreShadows of Forgotten Ancestors (l'Ombre des ancêtres oubliés)[8]. Sagan y décrit l'influence de ses parents sur sa pensée ultérieure[9] :
« Mes parents n'étaient pas desscientifiques. Ils ne connaissaient presque rien à la science. Mais en m'initiant simultanément au scepticisme et à l'émerveillement, ils m'ont enseigné deux modes de pensée qui cohabitent difficilement et qui sont au cœur de la méthode scientifique. »
L'un des moments les plus marquants de son enfance est celui où ses parents l'emmènent à l'Exposition universelle de New York de 1939, alors qu'il n'a que 4 ans. Cette visite marque un tournant dans sa vie. Il se souviendra plus tard de la carte mobile de l'expositionAmerica of Tomorrow :« On y voyait de belles autoroutes, des trèfles et des petites voituresGeneral Motors transportant des gens vers desgratte-ciels, des bâtiments avec de bellesflèches, desarcs-boutants — et c'était super ! »[10]. Mais il conserve aussi les souvenirs d'autres démonstrations : comment une lampe de poche éclairant unecellule photoélectrique créait un crépitement et comment le son d'undiapason devenait une onde sur unoscilloscope. Le jeune Sagan est également témoin de la naissance de la technologie médiatique du futur, celle qui allait remplacer laradio : latélévision. Il écrit à ce sujet :« le monde recelait tout simplement des merveilles d'un genre que je n'avais jamais deviné. Comment un son pouvait-il devenir une image et la lumière un bruit ? »[10] Il assiste également à l'un des événements les plus médiatisés de la foire, l'enterrement d'unecapsule temporelle àFlushing Meadows, qui contenait des souvenirs des années 1930 devant être récupérés par les descendants de la Terre dans un futur millénaire.« La capsule temporelle a enthousiasmé Carl », écrit Davidson. À l'âge adulte, Sagan et ses collègues allaient créer des capsules temporelles similaires — des capsules qui seraient envoyées dans la galaxie : laPlaque dePioneer et leVoyager Golden Record, qui étaient tous des retombées des souvenirs de Sagan de l'Exposition universelle[11].
Pendant laSeconde Guerre mondiale la famille de Carl s'inquiète du sort de sa branche européenne. Cependant, Sagan ignorait les détails de la guerre en cours. Il écrit :« Bien sûr, nous avions des parents qui ont été pris dans l'Holocauste.Hitler n'était pas un type populaire chez nous... Mais d'un autre côté, j'étais assez isolé des horreurs de la guerre ». Sa sœur, Carol, déclare que leur mère« voulait avant tout protéger Carl... Elle a passé des moments extraordinairement difficiles à gérer la Seconde Guerre mondiale et l'Holocauste. »[11]. Le livre de Sagan,The Demon-Haunted World(en) (1996) reprend ses souvenirs de cette période conflictuelle, où sa famille devait faire face aux réalités de la guerre en Europe tout en essayant d'empêcher qu'elle ne sape son esprit optimiste[9].
Dès sa tendre enfance, il s'abreuve de livres scientifiques, se passionne pour l'astronomie et, selon ses propres dires, se« drogue à lascience-fiction ».
Carl Sagan en 1951.
Dans les années 1950, il commence à s'intéresser à l'origine de la vie, une préoccupation qui ne l'abandonnera plus[12].
Après des études secondaires àRahway, achevées en 1951, Sagan, alors âgé de 17 ans, s'inscrit à l'Université de Chicago, l'un des seuls établissements américains d'enseignement supérieur acceptant des jeunes de moins de 18 ans[5]. Le chancelier de l'université, Robert Hutchins, entendait faire de son université une « méritocratie »[13], et, pour cette raison, n'avait pas d'égard pour l'âge des impétrants. D'ailleurs, il s'était assuré la collaboration des plus grands scientifiques de l'après-guerre, dontEnrico Fermi etEdward Teller, mettant à leur disposition l'observatoire Yerkes[13].
Il est également connu pour avoir co-rédigé un article annonçant les dangers de l'hiver nucléaire. Pendant lapremière guerre du Golfe, Sagan prédit que la fumée engendrée par lesincendies des puits depétrole duKoweït, allumés par les forces militairesirakiennes pour couvrir leur retraite, entraînera des conséquences proches de l'hiver nucléaire si on les laisse brûler pendant des mois (le problème était qu'on manquait d'équipes pour les éteindre plus rapidement[21]). Au cours d'un débat,Fred Singer prédit qu'au contraire les fumées ne dépasseront pas 1 000 m et que les vents et les pluies les dissiperont en quelques jours[22]. Finalement, aussi bien l'hypothèse de Sagan que celle de Singer se sont révélées incorrectes : les fumées des incendies se sont élevées beaucoup plus haut que ce qu'avait annoncé Singer (près de 4 000 m) et ont perduré pendant près d'un mois[23], mais bien qu'elles aient absorbé 75 à 80 % des radiations solaires dans legolfe Persique, elles n'ont eu qu'un effet négligeable sur leclimat mondial[24].
Sagan est surtout connu du grand public pour ses œuvres devulgarisation scientifique. Il a écrit et raconté la série de documentaires télévisésCosmos (treize épisodes vus par 10 millions de téléspectateurs lors de leur diffusion initiale[25]) dans laquelle il développe, entre autres, uncalendrier cosmique. Celui-ci est souvent repris par la suite dans plusieurs livres et documentaires de vulgarisation de l'astronomie[26],[27].
En 1994, il attaqueApple pour avoir nommé le projet de développement duMacintosh 7100 « Carl Sagan ». Il est débouté par les juges, néanmoins Apple décide de renommer le projet en « BHA », pour « Butthead Astronomer » (« Astronome stupide » en français)[30].
Atteint depuis longtemps demyélodysplasie, Carl Sagan meurt d'unepneumonie le à l'âge de 62 ans.
En avril 2020, le groupeNightwish cite à nouveau Carl Sagan, notamment sa description de la photographieUn point bleu pâle, dans « Ad Astra », le dernier mouvement de la chansonAll the Works of Nature Which Adorn the World de l’albumHuman. :II: Nature..
La sondePhoenix, qui a quitté la Terre le, a emporté à son bord un message audio de Carl Sagan destiné aux futurs colons de la planète Mars[36]. La sonde s'est posée surMars en. Le message de Carl Sagan est inclus au mini-CD« Vision of Mars : A message to the future », un projet de laPlanetary Society, qui contient des romans et des nouvelles descience-fiction à propos de la planète rouge.
The Cold and the Dark: The World After Nuclear War ouLe froid et les ténèbres: le monde après une guerre atomique (en collaboration avec P. R. Ehrlich, D. Kennedy et W. Orr. Roberts),1985,(ISBN978-0-393-01870-7) ou(ISBN9782714417367).
↑Carl Sagan avait en fait envisagé de concevoir un film sur le sujet dès 1979, produisant avec son épouse Ann Druyan un scénario (film treatment(en)) de plus de 100 pages, mais, le projet stagnant, il a résolu de le développer en un roman. Finalement, le film a mis 18 ans à être réalisé.
↑CarlSagan,Physical Studies of the Planets, Université de Chicago,, ii
A thesis in four parts submitted in partial fulfillment of the requirements for the degree of Doctor of Philosophy in the Department of Astronomy, University of Chicago, June, 1960.
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↑« Graduate students receive first Sagan teaching awards »,University of Chicago Chronicle, University of Chicago News Office,vol. 13,no 6,(lire en ligne, consulté le).