Lescancers de la bouche, oucancers de la cavité buccale, désignent les lésionscancéreuses situées au niveau du plancher de labouche (2/3 antérieurs de langue, palais, joues, gencives, lèvres). Ce sont lescancers des voies aérodigestives supérieures (VADS) les plus fréquents[1].
Ils sont essentiellement causés par la consommation detabac et d’alcool, d'autant plus lorsqu'ils sont consommés ensemble (effet synergique)[2].
En France métropolitaine, on a recensé environ 4 700 nouveaux cas en 2018, dont 66 % d'hommes. Entre 1990 et 2018, on observe une baisse de 25 % de nouveaux cas annuels chez l'homme, et une hausse de 122 % chez la femme, attribuable à plus de la moitié par une augmentation du risque, et un accroissement et vieillissement de la population[1].
Dans le monde, le taux d'incidence standardisé est de respectivement 5,7 cas et 2,3 cas pour 100 000 personnes-années chez l'homme et chez la femme. Cela représente plus de 377 000 cas, avec plus de 177 000 décès tous âges et sexes confondus. Il est observé une prévalence plus forte en Asie du Sud Est et en Inde, liée à la consommation debétel[1].
L'âge médian au diagnostic est de 62 ans chez les hommes, et 66 ans chez les femmes[1].
Tabagisme (à partir de 20 paquets-années) : 90 % des personnes atteintes sont des fumeurs[1]. Le tabac contient plus de 19 substancescancérigènes identifiées, et sa combustion est le premier facteur de cancer[4]. Il contribue aussi à l'irritation des muqueuses par la fumée et la chaleur descigarettes,cigares ou pipes. Le tabac à mâcher et les prises provoquent également des irritations des muqueuses nasales et de la bouche ;
Consommation d'alcool : 75 % des personnes atteintes sont consommateurs d'alcool[1]. Ils sont particulièrement impliqués pour les cancers des VADS et plus encore lorsqu'associés au tabagisme[4]. La consommation concomitante tabac et d'alcool augmente le risque de cancer des VADS par 15[1].
Certains produits ou pâtes à mâcher : dans de nombreux paysasiatiques et duMoyen-Orient, une consommation culturelle de produits à mâcher (bétel,paan etAreca) est connue comme puissant facteur de risque de cancer de la bouche. EnInde où de telles pratiques sont courantes, le cancer de la bouche représente jusqu'à 40 % de tous les cancers, contre seulement 4 % auRoyaume-Uni. Par ailleurs, dans lesous-continent indien unefibrose buccale des sous-muqueuses est très commune, caractérisée par une difficulté à ouvrir la bouche et par une sensation de brûlure inhabituelle lors de la mise en bouche de nourritureépicée. Cette lésion progressive finit par rendre la prise de nourriture difficile. Cette maladie concerne presque exclusivement l'Inde et les communautés indiennes vivant à l'étranger.
StadesTNMOMS 2009 des cancer des lèvres et de la cavité buccale
Tis - Carcinome in situ
T1 : Tumeur de moins de 2 cm (ou égal)
T2 : Tumeur entre 2 et 4 cm
T3 : Tumeur de plus de 4 cm
T4a - Lèvres : Tumeur franchissant l'os cortical, envahissant le nerf alvéolaire inférieur, le plancher buccal ou le revêtement cutané (nez ou menton)
T4a - Cavité buccale : Tumeur franchissant l'os cortical, envahissant les muscles profonds/extrinsèques de la langue, lesinus maxillaire, ou le revêtement cutané de la face.
T4b - Lèvres et cavité buccale : Tumeur envahissant l'espace masticateur, les lames ptérygoïdes, ou labase du crâne, ou l'artère carotide interne.