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Le canal de Briare àMontargis. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | France |
| Coordonnées | 47° 38′ 20″ N, 2° 43′ 46″ E |
| Début | Loire àBriare |
| Fin | Loing dans le hameau de Buges (commune deCorquilleroy) |
| Traverse | Loiret,Yonne |
| Caractéristiques | |
| Longueur | 54 km |
| Gabarit | Freycinet |
| Mouillage | 2,20 m (avec un tirant d'eau admis de 1,80 m) |
| Hauteur libre | 3,50 m |
| Infrastructures | |
| Écluses | 41 |
| Histoire | |
| Année début travaux | 1605 |
| Année d'ouverture | 1642 |
| modifier | |
Lecanal de Briare permet à la navigation de relier les fleuves deLoire et deSeine. Il est un des plus ancienscanaux deFrance et le premier de type « canal à bief de partage », prototype de tous les canaux modernes.
Avec les 54 km de son parcours et ses 38 écluses, en suivant principalement les vallées duLoing côté Seine et de la Trézée côté Loire, il relie lecanal du Loing, depuis sonpoint de rencontre avec les canaux d'Orléans et du Loing à Buges dans leLoiret (non loin deMontargis), à laLoire et aucanal latéral à la Loire àBriare. Le canal est géré parVNF.
À la suite de plusieurs élargissements et nouveaux parcours, le canal est aujourd'hui augabarit Freycinet de sa jonction avec lecanal latéral à la Loire jusqu'à Buges. La section historique restée declasse CEMT 0, et reliant le canal à la Loire au niveau de l'écluse de Baraban à Briare, est communément appelée canal Henri IV.




Il fut commandé parSully afin de développer le commerce entre provinces, réduire les disettes (« labourage et pâturage »), et par là ramener la paix dans le royaume.Sa construction commença en juin1605 et ne fut achevée qu'en1642. Entre 6 et 12 000 ouvriers travaillèrent sur ce chantier qui reliait les bassins de laLoire et de laSeine et qui s'achevait dans leLoing àMontargis[1].
L'adjudication du chantier se fit en février1604, par une mise auxenchères à la chandelle.Hugues Cosnier, ingénieur tourangeau, obtint de construire le premier canal franchissant uneligne de partage des eaux, ici entre les bassins de la Loire et de la Seine. Il fut donc nécessaire d'utiliser desécluses à sas, inventées progressivement dès la fin duMoyen Âge et mises au point parLéonard de Vinci. Cosnier se fit aider d'ingénieurs hollandais, spécialistes en hydraulique. Uneéchelle d'écluses fut construite àRogny-les-Sept-Écluses comprenant sept écluses jointives pour rattraper un dénivelé de 24 m. Une autre échelle semblable, au Moulin-Brûlé (Dammarie-sur-Loing) aligne de même quatre sas jointifs. Une troisième échelle se situait au Chesnoy, et comportait trois sas. Les travaux commencèrent en juin1605 et avancèrent vite, malgré l'opposition vive de seigneurs locaux, notamment le seigneur de Coligny, petit-fils de l'amiral protestant assassiné lors de laSaint-Barthélémy. Mais le roiHenri IV assassiné en1610 et Sully disgracié, il n'y eut plus de soutien aux travaux et aux nécessaires expropriations. Hugues Cosnier dut abandonner les travaux en1611. Vers1628, le marquisAntoine Coëffier de Ruzé d'Effiat, ami deRichelieu, s'intéressa au canal et voulut redémarrer les travaux avec Cosnier, mais leurs décès successifs, en1629 et1632, ajournèrent encore l'achèvement des travaux. Il ne manquait alors au canal plus qu'une dizaine de kilomètres au sud deMontargis. Le plus dur, le passage de la ligne de partage des eaux, était fait.
En1638, François et Guillaume Boutheroüe-Desmarais (dont les frères Gabriel et Hector Boutheroüe-Desmarais étaient tous deux copropriétaires du canal, le second sera plus tard chargé parLouis XIV des travaux de navigation du futurcanal du Midi), ainsi queJacques Guyon, proposèrent de reprendre les travaux et reçurent pour ce faire des lettres patentes deLouis XIII. Ils créèrent avec d'autres nobles la « Compagnie des Seigneurs du canal de Loyre en Seine », une des premièressociété de capitaux en France[2]. Les travaux furent achevés en septembre1642. Richelieu, bien que gravement malade, en fut le premier passager illustre. Il venait de faire décapiter, àLyon, le propre fils de son amiRuzé d'Effiat, le jeune conspirateurCinq-Mars.
Ce canal assurant la jonction de deux bassins différents, il fallut construire des écluses, mais aussi unbief particulier sur la ligne de partage des eaux, par où se ferait l'alimentation principale du canal, en collectant l'eau d'étangs situés plus haut. Un canal à bief de partage est comparable à une route qui franchit un col, à cette différence que la route n'a pas besoin d'être alimentée en eau. En effet, à chaque passage debateau, il faut réalimenter les écluses d'environ 500 à 1 000 mètres cubes d'eau selon la hauteur des ouvrages. Desétangs furent donc creusés ou agrandis et reliés au bief de laGazonne (le bief supérieur du canal deBriare, sur la commune d'Ouzouer-sur-Trézée) :
Le canal est alimenté par un réseau de rigoles de plusieurs dizaines de kilomètres de rigoles à travers bois et champs, directement ou par l'intermédiaire de ces étangs. Les principales rigoles sont larigole de Saint-Privé qui aboutit au bief de partage des eaux au lieu-dit « Le Rondeau » et la rigole des Beaurois qui alimente également ce bief culminant par l'intermédiaire des étangs de la Grande rue, du Chesnois et de la Gazonne.
Pour accroître la capacité de cette alimentation à la suite du passage du canal à un gabarit supérieur, une usine élévatoire fut installée àBriare en1895 pompant l'eau de laLoire 45 m plus haut acheminée par une rigole d'alimentation débouchant dans le bief de partage tout près de l'écluse de la Gazonne. Cette conduite enjambe la vallée par un aqueduc qui passe au-dessus du canal 1 km à l'est (en aval) d'Ouzouer-sur-Trézée. De 1894 à 1933, la force est produite par quatre puissantes machines à vapeur de type « Wolf » dite compound. Elles ont été réalisées par les ateliers de construction rouennais dirigés par E-W Windsor[3].
En1720, le canal fut prolongé deMontargis àBuges pour se raccorder auxcanaux d'Orléans et duLoing. Cette portion fut nommée « Canal Neuf ».
Au cours des années 1830, le canal connut une importante campagne de modernisation consécutive auxlois Becquey de1821 et1822 imposant, entre autres, un gabarit minimum aux canaux. Les écluses, qui étaient jusqu'alors d'un gabarit proche de celui des canaux bretons actuels (soit autour de 26 m sur 4,60) furent élargies et allongées aux dimensions de 31 m sur 5,20 m, et le canal approfondi à un mouillage de 1,60 m pour permettre le passage de bateaux s'enfonçant de 1,20 à 1,30 m.
Le canal fut racheté par l'État en1860.
Au cours desannées 1880, le canal, qui avait été racheté par l'État en1860, fut à nouveau modernisé conformément à la loiFreycinet de1879. Le gabarit fut une nouvelle fois accru avec des écluses de 39 m sur 5,20 m, et le mouillage du canal passa à 2,20 m pour des bateaux s'enfonçant de 1,80 m.
Lors de cette modernisation, des tronçons entiers du canal furent abandonnés et remplacés par de nouveaux, moins sinueux. Ainsi lesécluses multiples de Rogny, de Moulin-Brûlé et du Chesnoy furent-elles abandonnées au profit d'écluses séparées sur un nouveau tracé. Par endroits, l'ancien canal est encore visible, particulièrement sur un parcours de 3 km au sud des sept écluses de Rogny sous le nom de rigole de l'étang neuf longée par unevoie verte, également au Moulin-Brûlé àDammarie-sur-Loing (quatre anciennes écluses), Venon, Briquemault, Notre-Dame, Moulin-Neuf...
Le plan d'eau de Briquemault au sud deChâtillon-Coligny est à l'emplacement du bief ouest d'un ensemble de deux biefs parallèles d'une longueur d'environ 500 m entre les écluses de Briquemault et de Gazon, l'autre bief est ayant été utilisé pour le canal réaménagé au début des années 1830[4]..
Dans l'esprit de la loi Freycinet de 1879 pour améliorer la navigation (et augmenter le trafic) sur les canaux français, dont la grande ligne ligérienne deDigoin àBriare et son prolongement vers leBassin parisien par les canaux de Briare etdu Loing, unpont-canal en acier doux fut construit à partir de1890 et ouvert en1896. Il permet aucanal latéral à la Loire (réalisé entre1822 et1838) de traverser laLoire sans passer dans le lit du fleuve, une manœuvre rarement aisée, qui avant la construction du pont se faisait en remontant la Loire vers l'amont sur un kilomètre jusqu'aupassage en Loire de Mantelot, sur la commune deChâtillon-sur-Loire. Cepont-canal établi àBriare permit dans le même mouvement une connexion plus facile du canal latéral avec le canal de Briare à la Cognardière, à 3 kilomètres de la Loire. Il est l'œuvre de l'ingénieur-en-chefLéonce-Abel Mazoyer (1846-1910).
Lepont-canal de Briare, qui appartient aucanal latéral à la Loire (et non au canal de Briare), est établi sur quatorze piles, construites sur des caissons profonds de 5 à 8 mètres. Sur ces piles est posée une poutre métallique unique qui supporte une cuvette en U qui contient plus de 13 000 tonnes d'eau (2,20 mètres de profondeur). La largeur du pont, chemins de halage compris, est de 11,50 mètres ; sa longueur de 662,70 mètres.
En plus de franchir laLoire, le pont-canal franchit l'ancien canal latéral de1838.
Huit vannes permettent de vider le pont-canal en cas de gel sévère.
Unevéloroute a été aménagée au cours des années 2010 comprenant deux voies vertes continues sur le chemin de halage au sud de Briare à la limite communale sud de Rogny-les-sept-écluses, au nord jusqu'à Montargis et une troisième de 4 km au bord du fossé de l'ancien canal abandonné au sud de Rogny-les-sept-écluses[5].
Cette véloroute indiquée comme élément de l'EuroVelo 3, fait partie d'une boucle cyclable d'environ 280 km reliant Orléans, Montargis et Briare comprenant lavoie verte du canal d'Orléans, le tronçon de l'EuroVelo 6 de Briare à Orléans. Cette véloroute se prolonge vers l'Île-de-France par lavoie verte du canal du Loing.
De la Loire vers les canaux du Loing et d'Orléans :Briare,Ouzouer-sur-Trézée,Rogny-les-Sept-Écluses,Dammarie-sur-Loing,Ste Geneviève des Bois,Châtillon-Coligny,Montbouy,Montcresson,Conflans-sur-Loing,Amilly,Montargis,Châlette-sur-Loing,Corquilleroy.
Les Archives nationales de France conservent sous la cote MC/ET/CXVIII/912 des documents concernant la construction du canal, notamment des titres de propriétés anciens des frères Boutheroüe (1637), un traité d’association pour le canal « de Loyre en Seine » (18 mars 1744), etc.
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