| Camp d'internement du Récébédou | ||
| Présentation | ||
|---|---|---|
| Type | Camp de transit et d'internement | |
| Gestion | ||
| Date de création | février1941 | |
| Date de fermeture | septembre1942 | |
| Géographie | ||
| Pays | ||
| Région | Midi-Pyrénées | |
| Localité | Portet-sur-Garonne (Haute-Garonne) | |
| Coordonnées | 43° 32′ 31″ nord, 1° 24′ 31″ est | |
Géolocalisation sur la carte :France | ||
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Lecamp du Récébédou est un camp d'internement pour les Juifs et les Espagnols républicains, créé en et fermé en, situé sur la commune dePortet-sur-Garonne, au sud deToulouse (Haute-Garonne). Des convois ferroviaires ont emmené les internés, viaDrancy, versAuschwitz et d'autres camps d'extermination.
Vers 1560, la propriété de Jehan de Gilbert,receveur des jugeries deRivière-Verdun, est appelée par la population la « ferme du receveur » (enoccitan :borda del recevedor ou « bordo del récébédou »). Le nom restera à ce territoire, essentiellement de terres agricoles et forêt, en bord de Garonne. À laRévolution, vendu commebien national, il est acquis en 1791 par l'aubergiste toulousain Daumont, qui rénove les bâtisses de la métairie, qui deviendront le château de Clairfont[1].
En 1939, les terrains sont acquis pour y construire une cité destinée aux ouvriers de laPoudrerie nationale située à proximité, au sud deToulouse. Il s'agit de 87 petits bâtiments en brique, d'un seul étage, simples mais offrant alors un confort convenable.
La guerre amène une modification de la cité du Récébédou. Géré par la municipalité de Toulouse, il est d'abord affecté en 1940 à l'accueil despopulations réfugiées du Nord de la France. Devant l'afflux des réfugiésrépublicains espagnols, puis desJuifs fuyant lazone occupée, la cité devient en un centre d'accueil pour réfugiés et évadés.
En, récupéré par la préfecture de laHaute-Garonne, il devient officiellement un camp-hôpital, prévu pour un effectif de 1 400 personnes. La politique deVichy en fait un établissement « semi-ouvert », c'est-à-dire que journalistes et associations caritatives peuvent y entrer. Le régime pense alors en faire un élément de propagande.
Au début, les conditions sont à peu près satisfaisantes, mais elles se dégradent rapidement, par manque d'équipements médicaux, de médicaments, et d'alimentation suffisante. Il y a, en 1941, 739 internés, dont la moitié ont plus de 60 ans et sont atteints d'affections graves. Pendant l'hiver 1941-1942, la faim, le froid et la maladie font 118 morts, et au total ce sont 314 personnes, dont 254 Juifs, qui perdent la vie.
Plusieurs convois, partant dePortet-sur-Garonne, emmènent les internés aucamp de Drancy. Les départs de Drancy mentionnent trois convois à destination d'Auschwitz avec 349 Juifs venant du Récébédou.
L'archevêque de Toulouse,MgrJules Saliège, s'active vigoureusement contre la politique à l'égard des Juifs et réclame avec insistance la fermeture des camps deNoé et du Récébédou. Son action, avec celle d'organismes humanitaires comme laCimade et laCroix-Rouge, permet d'apporter quelque soutien aux internés. À partir de, les internés sont progressivement dirigés vers les hôpitaux de la région, et le camp cesse son activité. Le camp du Récébédou est officiellement fermé en au prétexte de sa trop grande proximité de Toulouse.
Lors de l'entrée des troupes allemandes à Toulouse, fin 1942, il sert quelque temps pour loger quelques effectifs de laWehrmacht.
À laLibération, les républicains espagnols rescapés deMauthausen, dans l'impossibilité de revenir dans leur pays, investissent une douzaine de bâtiments du camp. Cette colonie est baptisée la « villa Don Quichotte ».
Un bâtiment de la cité, conservé, est devenu leMusée de la Mémoire consacré aux souvenirs du camp. On peut y voir de nombreux documents, maquettes et reconstitutions. Le musée a été inauguré le parElie Wiesel.