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Camp de Gurs

43° 15′ 53″ nord, 0° 43′ 54″ ouest
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Camp d'internement de Gurs
Camp de Gurs panneau mémoriel 1980.jpg
Camp de Gurs, panneau mémoriel.
Gestion
Date de créationavril1939
Date de fermeture1946
Géographie
PaysDrapeau de la FranceFrance
RégionPyrénées-Atlantiques
LocalitéGurs
Coordonnées43° 15′ 53″ nord, 0° 43′ 54″ ouest
Géolocalisation sur la carte :France
(Voir situation sur carte : France)
Camp d'internement de Gurs
Camp d'internement de Gurs
Géolocalisation sur la carte :Pyrénées-Atlantiques
(Voir situation sur carte : Pyrénées-Atlantiques)
Camp d'internement de Gurs
Camp d'internement de Gurs
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Lecamp de Gurs est uncamp d'internement construit enFrance àGurs[1] près d'Oloron-Sainte-Marie dans lesBasses-Pyrénées (actuellementPyrénées-Atlantiques) par legouvernement d'Édouard Daladier entre le 15 mars et le pour interner les personnes fuyant l'Espagne (Républicains espagnols, combattants desBrigades internationales) après la prise de pouvoir dugénéral Franco.

Au début de laSeconde Guerre mondiale, le même gouvernement y interna desétrangères ressortissantes des pays en guerre contre la France ainsi que desmilitants duParti communiste français, favorables auPacte germano-soviétique.

Après l'armistice du 22 juin 1940, signé avec l'Allemagne par legouvernement français de Pétain, le camp fut utilisé comme camp d'internement mixte pour desJuifs de toutes nationalités – sauf français – capturés et déportés par lerégime nazi dans des pays sous son contrôle (Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas)[2]. Près de 4 000 Juifs furent transférés aucamp de Drancy, entre le6 août 1942 et le3 mars 1943, puis en Pologne au camp d'Auschwitz où ils furent presque tous assassinés.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le camp reçoit en plus des personnes qui avaient traversé la limite avec lazone occupée par les Allemands, des Espagnols qui avaient déjà été détenus au camp et qui, libérés à l’automne 1940, se trouvaient dans la région sans justifier d’emploi, des Espagnols en provenance d’autres camps fermés en raison des conditions de vie ou du faible nombre de détenus, des apatrides, desgitans[3], certains prisonniers de droit commun en attente de jugement (prostitution,marché noir,faux papiersetc.).

Après lalibération de la France, et avant sa fermeture définitive en 1946, y furent brièvement internés des prisonniers de guerre allemands, des Français ayantcollaboré avec les Allemands et des combattants espagnols qui avaient pris part à laRésistance, mais que leur volonté de mettre fin à la dictature de Franco rendait dangereux aux yeux desAlliés.

Environ 64 000 personnes y ont été internées, et 1 072 y sont mortes, entre son ouverture enmars 1939 et sa fermeture à la fin de la guerre enaoût 1944.

Mémorial, Gurs, 2007.

Le camp

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Photo en noir et blanc de baraques alignées
Vue du camp d'internement de Gurs vers 1939.

À la suite de la victoire des troupes putschistes de Franco, Mola, Yagüe et Queipo de Llano sur les troupes républicaines espagnoles en 1939, de nombreux combattants et combattantes, dont ceux et celles qui craignaient les représaillesfranquistes, fuient vers la France.Legouvernement d'Édouard Daladier construit plusieurs camps pour enfermer les masses de gens qui arrivent sur le territoire français du fait de la proximité géographique.Gurs est le plus important d'entre eux, érigé sur les communes de Gurs,Dognen etPréchacq-Josbaig[4], dans le département des Basses-Pyrénées (actuellesPyrénées-Atlantiques), à84 kilomètres à l'est de l'océan Atlantique et34 kilomètres au nord de la frontière espagnole.

On choisit pour l'installation du camp une colline allongée, plate à son sommet, argileuse, dont l'utilité pour l'agriculture était pratiquement nulle : terres à maïs et landes à bovins. La construction débute le sous la tutelle des Ponts-et-Chaussée[5] et n'est pas achevée à l'arrivée du premier groupe de réfugiés, le 4 avril de la même année[6]. Le chantier est déclaré terminé le 25 avril[5].

Photographie du site

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Barraque reconstituée.
Œuvre artistique deDani Karavan.

Le camp s’étendait sur près de2 kilomètres de long et sur400 mètres de large, couvrant une superficie de79,6 hectares[7]. Une seule rue le traversait sur sa longueur. De part et d’autre de celle-ci étaient délimitées des parcelles de200 mètres de long et de 100 de large, appelésîlots, sept d’un côté et six de l’autre. Les parcelles étaient séparées les unes des autres, et de la rue, par des murets qui étaient doubles sur la partie extérieure, formant un chemin emprunté par les gardes.

Chaque parcelle contenait30 baraques, pour un total de 382[8]. Ce type de baraque avait été inventé par les troupes françaises durant la Première Guerre mondiale ; installées près du front mais abritées de l’intensité des tirs de l’artillerie ennemie, elles étaient destinées à accueillir pour quelques jours les soldats qui arrivaient de l’arrière et qui attendaient leur affectation à la tranchée qu’ils devaient défendre. Elles étaient faites de planches de bois[8] recouvertes de toile imperméabilisée et étaient de construction et de taille identiques. Aucune fenêtre ni ouverture d’aération n’avaient été prévues. Elles ne protégeaient pas du froid et très vite la toile imperméable se détériorait, laissant entrer les eaux de pluie. Il n’y avait pas de meubles et il fallait dormir sur des sacs emplis de paille, jetés à même le sol. Durant les périodes d’occupation maximale du camp, chaque baraque accueillit jusqu’à60 personnes.

La nourriture était rare et de mauvaise qualité ; il n’y avait pas de sanitaires, d’eau courante, ni d’hygiène, dans les baraques. Le camp ne disposait pas de drainage. La zone, à cause de la proximité de l’océan Atlantique, est souvent arrosée par la pluie, ce qui fait que le terrain argileux, à l’exception des mois d’été, était un bourbier permanent. Les détenus, avec les quelques cailloux qu’ils pouvaient trouver, essayaient tant bien que mal d’empierrer les chemins pour résoudre le problème de la boue. Des arbustes qui avaient été dépouillés de leurs épines avaient été disposés pour faciliter le passage des personnes entre les baraques et les latrines.

Dans chaqueîlot il existait des lavabos rudimentaires, semblables aux abreuvoirs utilisés pour les animaux, et une plate-forme de2 mètres de haut, à laquelle on accédait par un escalier et sur laquelle étaient construites les latrines. Sous la plate-forme, des grands réservoirs recueillaient les excréments. Une fois pleins, ils étaient transportés en charrette à l’extérieur du camp. Les clôtures s’élevaient à2 mètres de haut, n’étaient pas électrifiées, ni jalonnées de tours de garde avec des sentinelles dirigeant leurs mitraillettes sur les détenus. L’ambiance était radicalement différente de celle des camps de concentration et il n’y eut ni exécution ni sadisme de la part des gardes.

Fuir du camp n’était pas difficile : les clôtures n’étaient pas très solides et la surveillance n’était pas très sévère. Mais mal vêtues, sans argent ni connaissance de la langue du pays, les personnes qui fuyaient étaient vite rattrapées et renvoyées au camp. À leur retour, elles étaient internées dans un îlot surnommé l’îlot des « révoltés ». En cas de récidive, elles étaient envoyées dans un autre camp. Mais lorsqu’une aide extérieure était possible, la fuite, en Espagne ou dans une cache sur le sol français, pouvait réussir. Ils furent 755 dans ce cas.

L'action d'organisations humanitaires

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À partir du, différentes organisations de secours purent apporter leur aide : en plus du gouvernement basque en exil, des postes du Secours suisse s’installèrent à Gurs, ainsi que des organisations juives françaises tolérées par le régime de Vichy et des organisations protestantes comme lesQuakers,la Cimade[9] et leYMCA.

Bien que le camp fût situé dans une zone où les habitants étaient dans leur grande majorité catholiques, la présence de nombreux combattants républicains de laGuerre d'Espagne et de nombreux communistes hostiles au clergé fit qu'aucune organisation catholique n’offrit d’aide aux prisonniers.

Le, vint s’ajouter l’Œuvre de secours aux enfants (organisation juive), qui installa un dispensaire médical et obtint du gouvernement de Vichy la permission de faire sortir de Gurs de nombreux enfants, qu’elle plaçait dans des foyers répartis sur toute la France.

Les détenus

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D'Espagne

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Les réfugiés en provenance d’Espagne[8] furent répartis en quatre groupes portant des noms français.

Brigadistes : soldats volontaires ou mercenaires, en général originaires d'Europe centrale (Russie, d'Allemagne, desPays baltes, d'Autriche, deTchécoslovaquieetc.) venus soutenir les républicains en Espagne dans lesBrigades internationales. De par leurs pays d’origine il ne leur était pas possible de retourner chez eux. Beaucoup parviennent à s’enfuir et la majorité finit par s’engager dans laLégion étrangère française.

Basques : il s’agissait degudaris (basques nationalistes)[10], qui avaient pu sortir de l’encerclement deSantander et qui, transportés par mer vers la zone républicaine, avaient continué la lutte de l’extérieur. Du fait de la proximité entre Gurs et leur terre d’origine, ils parvinrent presque tous à obtenir des soutiens qui leur permirent de quitter le camp et de trouver travail et refuge en France.

Aviateurs : ils étaient membres du personnel à terre de l’aviation républicaine. En tant que mécaniciens, il leur fut aisé de trouver des entreprises françaises qui, leur donnant du travail, leur permirent de quitter le camp.

Espagnols : c’étaient surtout des paysans ou des personnes peu qualifiées professionnellement. Ils n’avaient personne en France qui eût pu s’intéresser à eux. Représentant une charge pour le gouvernement français, une campagne de harcèlement est menée pour qu’ils soient rapatriés en Espagne, mais seule une minorité d'entre eux, essentiellement composée de Basques[11], se laisse convaincre, d'autant que le gouvernement franquiste marque peu d'intérêt pour le retour de ses ressortissants, ce qui explique le rythme excessivement lent du rapatriement[12].

De 1939 à l’automne 1940, c’est la langue espagnole qui dominait dans le camp. Les détenus créèrent un orchestre et aménagèrent un terrain de sports. Le, fête nationale française, les 17 000 internés d’origine espagnole défilèrent martialement sur le terrain de sports et chantèrentLa Marseillaise, et offrirent des démonstrations de sport, et des concerts vocaux et instrumentaux.

Les Allemands des Brigades internationales éditèrent un journal qui parut sous le nom deLagerstimme K.Z. Gurs, et connut plus de cent numéros. Les habitants des environs pouvaient approcher le camp et vendre des produits alimentaires aux internés. Pendant quelque temps, le commandant du camp autorisa quelques-unes des femmes du camp à louer une charrette à cheval et les laissa sortir du camp pour acheter des provisions à des coûts moins élevés. Un service de courrier fonctionnait et, bien que de façon très occasionnelle, les visites étaient autorisées.

De France

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Vignette deMickey au camp de Gurs, bande dessinée deHorst Rosenthal relatant son internement au camp.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, legouvernement d'Édouard Daladier, puis lerégime de Vichy utilisèrent le camp pour des prisonniers de droit commun, pour des « indésirables », puis après l'armistice du 22 juin 1940 pour des familles juives venues des zones occupées par l'Allemagne.

Dans une récente étude, le chercheur Jacky Tronel révèle que le camp fut aussi la prison militaire de Paris repliée[8].

Des Allemands qui se trouvaient en France, quelle que soit leur origine ou tendance politique, en tant que citoyens étrangers d’une nation ennemie. Parmi ceux-ci se trouvait un nombre important de juifs allemands qui avaient précisément fui le régime nazi, commeHannah Arendt, réfugiée en France en 1933 et internée au camp de Gurs en[13].

Des militants français de gauche (syndicalistes, socialistes, anarchistes et surtout communistes), jugés dangereux depuis lePacte germano-soviétique. Les premiers d’entre eux arrivèrent le et la majorité d’entre eux fut réaffectée dans d’autres camps avant la fin de la même année.

Despacifistes qui refusaient de travailler dans l’industrie de l’armement de guerre.

DesTsiganes, dont l'écrivainMatéo Maximoff[3]

Des représentants de l'extrême droite française qui sympathisaient avec l'armée allemande ou l'idéologie nazie.

Avec la signature de l’armistice du entre la France et l’Allemagne, la région où se situait le camp faisait partie de lazone libre administrée par lerégime de Vichy, et le camp passe sous autorité civile.

Le commandant militaire qui avait été nommé par leprécédent gouvernement, avant de transmettre l’autorité, brûla les archives et laissa les détenus républicains espagnols s'échapper et disparaître parmi la population française. D’un autre côté, une fois les archives brûlées, de nombreux ex-détenus eurent de grandes difficultés à la fin de la guerre pour obtenir les compensations qui leur étaient dues pour avoir été internés.

Sept cents de ces prisonniers, retenus en raison de leur nationalité ou de leurs affinités avec le régime nazi, furent libérés entre le — date d’arrivée à Gurs de la commission d’inspection envoyée par le gouvernement allemand — et octobre.

De Belgique

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Juifs : à partir du[14], cinquante convois de familles, pour la plupart juives, déportées vers la France par les Allemands après l'occupation de la Belgique.

Des Pays-Bas

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Le premier contingent arriva à Gurs le, onze jours après que le gouvernement allemand eut commencé sa campagne occidentale par l’invasion des Pays-Bas.

D'autres pays occupés par le Reich

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Des citoyens de pays qui étaient dans l’orbite du Reich, tels que l’Autriche, la Tchécoslovaquie, l’Italie ou laPologne.

D'Allemagne

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Stolpersteine àHeidelberg, Blumenthalstrasse.
Stolpersteine àBaden-Baden au 20 Sophienstrasse.

Des juifs allemands déportés par lesSS depuis l’Allemagne après l'armistice du 22 juin 1940.

La période la plus pénible du camp se déroula durant. Du 22 au, les derniers Juifs habitant encore lepays de Bade, la Sarre et le Palatinat sont expulsés vers la France, enzone libre, dans le cadre de l'« opérationBürckel ». Le gouvernement de Vichy proteste vainement contre ce refoulement contraire à la convention d'armistice et, dans l'urgence, sans aucune préparation préalable, dirige plus de 6 500 expulsés — essentiellement des femmes, des enfants et des personnes âgées — vers le camp de Gurs[15]. Les conditions de vie étaient très difficiles et durant l’année où ils demeurent au camp, plus d’un millier d’entre eux décédent, victimes de maladies, plus particulièrement dutyphus et de ladysenterie.

Parmi ceux qui arrivent au camp, sept cents environ peuvent s’enfuir vers l'Espagne pour rejoindre l'Afrique du Nord ou les États-Unis, et près de 2 000 obtiennent finalement des visas qui leur permettent d’émigrer régulièrement vers d'autres pays.

Parmi ceux qui restent, plusieurs milliers, les hommes en meilleure condition physique sont incorporés aux bataillons de travail français. Parmi eux, Max Dreifuss, originaire d'Eichstetten, laisse un témoignage après son arrivée en Uruguay[16].

La déportation des juifs allemands à Gurs en constitue un cas unique. D’un côté, il s’agit de l’unique déportation de juifs réalisée vers l’Ouest de l’Allemagne par le régime nazi. De l’autre, laconférence de Wannsee qui précise le programme d’extermination, se tient en.

Administration du camp

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Autour du camp, des dépendances destinées à l’administration et au corps de garde avaient été érigées. Le camp de Gurs fut placé, dès l'origine et jusqu'à sa fermeture le, sous administration française. L’administration et la garde du camp dépendirent de l’autorité militaire jusqu’à l’automne 1940, puis passèrent sous l’autorité civile à l’avènement duRégime de Vichy.

Les deux commandants du camp, à l'époque de la gestion militaire, du au, furent :

Tous deux étaient chefs d’escadron de laGarde mobile. Le commandant Davergne entra par la suite, dans la Résistance au sein de l'Organisation de résistance de l'Armée (ORA).

Le chef de camp joua un rôle essentiel dans l'administration du camp et la vie quotidienne des internés. Il avait rang de sous-préfet et ne rendait compte qu'au préfet des Basses-Pyrénées. Il décidait des modalités de l'administration et de la garde du camp. C'est lui qui signait les actes d'internement ou de libération des détenus. C'est lui qui, en 1942 et 1943, établit les listes de déportés. Les chefs de camp civils du camp de Gurs pendant la guerre furent :

En,Theodor Dannecker, qui dirigeait à Paris, l'antenne de la sectionIV J de la Gestapo, chargée de la « question juive », fit une tournée d'inspection au camp de Gurs ; il précisa dans son rapport : « Les baraques sont en très mauvais état… et la capacité d'absorption du camp s'en trouve fortement réduite. Nombre total d'internés (Juifs) : deux mille cinq cent quatre-vingt-dix-neuf dont mille neuf cent douze anciens sujets allemands, ainsi que trois cent trente-cinq autres déportables ! » D'août 1942 à mars 1943, six convois transportèrent trois mille neuf cent sept Juifs, hommes et femmes, vers Drancy puis Auschwitz. Les détenus du camp furent au, transférés auCamp de Nexon enHaute-Vienne.

Les déportations vers l'Est

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Lors de son inspection du camp de Gurs, le capitaine SSTheodor Dannecker ordonna le que les juifs soient transférés vers l’est de l’Europe. Entre le et le, les 3 907 juifs qui se trouvaient à Gurs furent envoyés par convois aucamp de Drancy, près de Paris, et de là, déportés en six convois en Pologne au camp d'Auschwitz où ils furent presque tous exterminés.

Réouverture du camp à la Libération

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À laLibération, lorsque les Allemands se retirent de la zone, devant les progrès desAlliés en France, les nouveaux responsables français internèrent à Gurs des personnes accusées de collaboration avec les occupants allemands. Il y eut également des Espagnols qui, ayant trouvé refuge en France et lutté dans laRésistance française contre l’occupation allemande, prétendaient alors ouvrir un conflit armé sur la frontière franco-espagnole. Comme la France ne souhaitait pas entrer en conflit avec Franco, on retrouva durant une période courte de tels Espagnols internés à Gurs. Il y eut aussi de façon brève des prisonniers de guerre allemands.

Le démantèlement

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Le camp fut démantelé en 1946, et tomba dans l’oubli. La colline s’est petit à petit recouverte d’une végétation qui ne peut toujours pas absorber les eaux qui coulent de la terre argileuse. On peut voir quelques-unes des pierres qui formaient les chemins et les bases des baraquements[18], et que durant certains étés des groupes de jeunes extraient pour mettre en évidence la misère dans laquelle près de 64 000 personnes durent vivre à l’une ou l’autre époque du camp.

Le camp de Gurs aujourd'hui

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Mémorial.

Dans le camp, il existe une reconstitution d’un symbole de section triangulaire, fait de planches de bois recouvertes de carton imperméabilisé, témoignage de ces centaines de toits identiques à ce modèle qui furent les abris de ces prisonniers. Des monuments rappellent le camp desgursiens comme étaient surnommés les prisonniers par les habitants des villages proches, et comme les prisonniers eux-mêmes finirent par s’appeler.

Depuis 1985, il existe dans le camp un mémorial des combattants de la guerre civile espagnole internés, et dans le cimetière un espace séparé leur a été attribué. En 2000, leVolksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge rénova en profondeur le cimetière.

Une base de données sur 1939–1945[19] recense 1 017 noms de victimes décédées à Gurs, essentiellement des juifs deBade et duPalatinat.

Le projet de valorisation du site

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Un projet de valorisation du camp de Gurs[20], sera porté par le pôle métropolitainPays de Béarn afin d’en faire un lieu de mémoire avec création d’uncentre d’interprétation, est en cours de définition et de programmation[21].

L'association et l'Appel de Gurs

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En 1979, à l'occasion du40e anniversaire de la création du camp, des jeunes de la région commencèrent à redonner vie à l’histoire du camp oublié durant des conférences auxquelles ils invitèrent d’anciens internés. Le mouvement trouva écho dans les médias français, allemands et espagnols ; en conséquence l’année suivante se réunit à Gurs les 20 et 21 juin une centaine d’anciens détenus, en provenance de nombreux pays, ainsi que des personnes qui avaient appartenu à la Résistance française ou des survivants de camps d’extermination, donnant naissance à l’associationl’Amicale de Gurs. Ils élaborèrent l’appel de Gurs, duquel ressortent des mots comme :« Gurs, symbole du combat et de la souffrance des peuples de l’Europe […] Gurs, camp de concentration, appel à la vigilance, à l’union, à l’action pour que l’homme puisse vivre libre et digne. »

Depuis cette date on procède à Gurs à une commémoration à laquelle participent des organisations juives, des représentants des Pays de Bade, des ex-détenus ou leurs familles, et des personnes de nombreuses autres nationalités qui veulent manifester par leur présence l’obligation, qui doit passer de génération en génération, de ne pas oublier les actes criminels des régimes qui dévastèrent l’Europe durant leXXe siècle.

Le cimetière

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Monument commémoratif dans le cimetière du camp de Gurs

La végétation rustique qui cache le site des « îlots » contraste avec la tranquillité du grand cimetière juif protégé et joliment entretenu par les villes allemandes d’où provenaient les juifs allemands déportés[22].

L’association française des communautés juives desBasses-Pyrénées, qui après la Libération de 1944 prit en charge l’entretien du cimetière, érigea un monument à la mémoire des victimes. Mais le cimetière devint d’année en année un peu plus oublié. Le maire deCarlsruhe, mis au courant de cet état de fait en 1957, prit l’initiative de faire prendre en charge par sa commune la conservation du cimetière, avec l’appui des associations juives de Bade.

Il prit contact, afin qu’elles participent au projet, avec les localités de Bade d’où des juifs avaient été déportés vers Gurs. L’État français à son tour fit don du cimetière pour une durée de99 ans à une instance supérieure des associations juives de Bade. Restauré, le cimetière fut rouvert le[23]. Les villes allemandes deCarlsruhe,Fribourg,Mannheim,Heidelberg,Pforzheim,Constance etWeinheim assurent la survie économique du cimetière.

Les statistiques du camp de Gurs

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Sources documentaires :Survol Statistique Tableau général; Les internés venant d'Espagne; Les "indésirables"; Les Juifs; Les internés administratifs de la libération

Réfugiés en provenance d'Espagne
(du 5 avril au)
Basques6 555
Brigadistes6 808
Aviateurs5 397
Espagnols5 760
Total24 520
Autres
(du1er septembre au)
Total2 820
Indésirables
(du1er mai au)
Espagnols3 695
Allemands etAutrichiens9 771
Français1 329
Total14 795
Internés sous la loi anti-juifs
(du 25 octobre 1940 au 31 octobre 1943)
Allemands du Pays de Bade6 538
En provenance du camp de Saint-Cyprien3 870
Espagnols1 515
Autres6 262
Total18 185
Derniers internés sous le gouvernement de Vichy
(du 9 avril 1944 au 29 août 1944)
Total 229
Internés après la Libération
(du 30 août 1944 au 31 décembre 1945)
Prisonniers de guerre allemands310
Espagnols anti-franquistes1 475
Collaborateurs avec l'occupant allemand1 585
Total3 370
Résumé
Total avant la Libération60 559
Total après la Libération3 370
Total des personnes internées (1939-1945)63 929

Quelques détenus célèbres

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Dans la culture

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Romans sur le camp de Gurs

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Bandes dessinées

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Exposition "Le Camp de Gurs".,Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Expositions

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Brochure accompagnant l'exposition "présentée au vernissage de l'exposition duMusée judéo-alsacien, dans l'anciennesynagogue deBouxwiller (en Alsace,Bas-Rhin), sur le thème "Le camp d'internement de Gurs" :

Voir aussi

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Bibliographie

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Notes et références

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  1. « Accès au camp de Gurs » – Localisation du camp de Gurs.
  2. Opération nommée en Allemagne : « Wagner-Bürckel-Aktion ».
  3. a etbMateo MAXIMOFF, « Une famille de « tziganes indésirables » »,Témoignage publié dans Gurs, souvenez-vous, bulletin de l’Amicale du camp de Gurs,no no 56,‎, P. 8 - 9(lire en ligne[PDF])
  4. « Le camp de Gurs », surOffice du tourisme Béarn des gaves(consulté le)
  5. a etbDenis Peschanski, « De camps sans mémoire à une mémoire sans camps », surwww.cheminsdememoire.gouv.fr(consulté le).
  6. « Journée nationale du souvenir des déportés »,Gurs, souvenez vous,‎,p. 1(lire en ligneAccès libre[PDF]).
  7. « Camp de Gurs : Le site de Gurs », surAmicale du camp de Gurs(consulté le)
  8. abc etdJ. Tronel,« Les îlots du camp de Gurs : prison militaire de Paris repliée »,Arkheia,no 21, Montauban, 2009.
  9. Jeanne Merle d'Aubigné, « Gurs, la faim, l'attente », 1968.
  10. Gudari, motbasque, qui signifie soldat ou guerrier, deguda (guerre) et du suffixe-ari, qui indique l'occupation.Lesgudaris étaient les membres de l'armée basque (Eusko Gudarostea) durant laguerre civile espagnole. Les membres d'ETA sont également parfois appelésgudaris.
  11. (en) « Camp de Gurs | 9 823 départs du camp avant la déclaration de guerre | Gurs (64) », surCamp de Gurs(consulté le).
  12. Louis Stein,Par delà l'exil et la mort, éditions Mazarine,,p. 122-123.
  13. Camp dont elle parvint à s'enfuir avant de rejoindre les États-Unis via le Portugal.
  14. Traces & empreintes, « Les arrestations du », sur le site jewishtraces.org.
  15. (en) « Camp de Gurs | 1- L’opération Bürckel (22-25 octobre 1940) | Gurs (64) », surCamp de Gurs(consulté le).
  16. Témoignage de Max Dreifuss.
  17. (en) « Administration : Les chefs de camp / Camp de Gurs », surCamp de Gurs(consulté le).
  18. Les baraquements du camp de Gurs.
  19. Traces & empreintes, sur le site exilordinaire.org.
  20. Projet de valorisation du camp de Gurs.
  21. Le projet de valorisation du camp de Gurs prend corps.
  22. Le cimetière des déportés du camp de Gurs.
  23. Léo Vergez, « Cérémonie Franco-Allemande au cimetière de Gurs en souvenir des déportés morts sous l'occupation »,Le Monde,‎(lire en ligneAccès libre, consulté le).
  24. « Mickey Mouse, une «figure de l'innocence» au camp de Gurs », surLe Figaro,(consulté le)
  25. « Cahier de Gurs », noticeno M0028002738, sur la plateforme ouverte du patrimoine,base Joconde,ministère français de la Culture.

Articles connexes

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Liens externes

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v ·m
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1936
1937
1938
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