Le nouveau calendrier inclut des changements considérables : d'une part un changement d'ère, avec comme point de référence de la numérotation des années, la naissance de la République française qui remplace lanaissance du Christ ; d'autre part un nouveau découpage de l'année avec desmois dotés de nouveaux noms, et un nouveau découpage des mois, la semaine (sept jours) étant remplacée par ladécade (dix jours).
Dans le calendrier républicain, l'année républicaine est découpée en douzemois de trentejours chacun (soit360 jours), plus des joursépagomènes (complémentaires), cinq pour les années ordinaires, six pour les années dites« sextiles » (terme officiel du calendrier républicain, au lieu de « bissextiles »). Cela a pour résultat de remplacer le jour de repos hebdomadaire (le dimanche) par un jour de reposdécadaire.
Parallèlement, les nombreusesfêtes chômées, liées au christianisme, sont supprimées, ce qui a des conséquences pour l'activité économique, au détriment des travailleurs, de même que laloi Le Chapelier de 1791 avait supprimé lescorporations et interdit toute association professionnelle, notamment d'ouvriers. Toutefois, desfêtes révolutionnaires vont rapidement les remplacer.
La loi votée par la Convention a surtout un fondement scientifique et rationnel : elle fixe le début de chaque année républicaine au début du jour calculé entemps vrai de l'Observatoire de Paris où, selon les observations des astronomes, l'équinoxe d'automne a lieu auméridien de Paris. Il faut attendre par conséquent trois cent soixante-cinq jours et avoir observé quand est tombé l'équinoxe suivant pour décider si l'année républicaine en cours contient trois cent soixante-cinq jours et est ordinaire, ou trois cent soixante-six jours et estsextile.
Ledécret d'application du4 frimaire anII () entérine une contradiction : l'année commence le jour de l'équinoxe d'automne et l'année sextile est intercalée tous les quatre ans (l'intervalle de 4 ans entre 2 années sextiles est appelé laFranciade). Il donne en annexe une table des 13 premiers équinoxes, observés pour les 2 premiers et calculés par les astronomes pour les 11 autres[1], ce qui permet de dresser la table des 3 premières années sextiles qui se succèdent de l'an III à l'an XI avec une régularitéquadriennale, et surtout, de faire imprimer et diffuser les 11 calendriers correspondants.
Le décret ne tient pas compte desobservations des astronomes dont les calculs conduisent à un intervalle de 4 ans de l'an XI à l'an XV, qui passe à 5 ans de l'an XV à l'an XX. Unprojet d'amendement du décret est mis à l'étude et fait l'objet d'un rapport, un projet de décret[2] résume les propositions du rapport, mais il ne vient jamais en discussion devant la Convention, laissant le calendrier républicain inachevé car non prévisible.
Cet article du projet de décret :« Tous les ans il sera extrait de laConnaissance des temps et présenté à l’Assemblée nationale un annuaire pour les usages civils : calculé sur des observations exactes, il servira de type aux calendriers qui se répandront dans la République » aurait achevé le calendrier républicain en le rendant prévisible. Faute de quoi les deux options possibles pour l'évolution future des années sextiles si le calendrier républicain était resté en vigueur ne seront jamais tranchées.
Utilisé pendant toute laPremière République, y compris la période duConsulat, et au début duPremier Empire jusqu'au, il est aboli parNapoléonIer pour des raisons pratiques et politiques, et n'aura été appliqué que durant les12 ans,2 mois et27 jours couverts par ledécret du4 frimaire anII.
Après 1806, il est utilisé à l'occasion par les instances juridiques et administratives, notamment en ce qui concerne l'état civil des personnes nées, mariées ou décédées entre 1793 et 1806. Lesregistres d'état civil de cette période sont conservés tels quels (sans conversion) avec l'enregistrement selon le calendrier républicain des dates légales de naissance, de mariage ou de décès.
Les lois votées durant cette période, et restant en vigueur par la suite, conservent leur date républicaine ; par exemple laloi Jourdan-Delbrel sur la conscription reste la « loi du19 fructidor anVI ». Le calendrier républicain est brièvementremis en vigueur à Paris par laCommune (mars-mai 1871), dont leJournal officiel privilégie le calendrier des équinoxes.
Le au matin, laConvention nationale se réunit d'abord auchâteau des Tuileries àParis, puis se transporte à lasalle du Manège, lieu des séances de l'Assemblée législative. Les députés approuvent à l'unanimité la proposition de loi de l'abbé Grégoire« La Convention nationale décrète que la royauté est abolie en France », sous les acclamations prolongées de joie du public et des cris deVive la Nation ![3],[4].
Ce vote intervient la veille du troisième anniversaire de l'adoption du premier article de laConstitution de 1789« Le gouvernement français est monarchique ; il n'y a point en France d'autorité supérieure à la Loi ; le Roi ne règne que par elle ; et ce n'est qu'en vertu des Lois qu'il peut exiger de l'obéissance[5] ».
Le lendemain, lors de la séance du matin, la Convention décrète que tous les actes publics à compter du porteront dorénavant la date de l'an premier de la République française[6]. Il se trouve que ce jour fut également le jour de l'équinoxe d'automne pour l'Observatoire de Paris[7]. Profitant de ce hasard[Note 1], les révolutionnaires ont ultérieurement associé cet événement avec le début de l'ère républicaine[9],[10].
Dès le début de la Révolution, au lendemain du, les journaux, ayant l'intuition qu'un bouleversement s'opérait, appellent cette année 1789 l'an I de la Liberté. Levieux comput ne pouvait plus présider aux temps nouveaux.
Dans une lettre àM. de Lalande publiée le dans laGazette nationale ou Le Moniteur universel[11], on peut lire :« Quand Jules César acheva de détruire la liberté romaine, quand il accepta la dictature perpétuelle et se fit nommer empereur, son premier soin, comme pour marquer cette époque désastreuse, fut de réformer le calendrier. Le moment où la France vient d'être régénérée […] n'est-il pas plus favorable encore à proposer un pareil changement […] C'est à vous, Monsieur, que je crois devoir soumettre cette idée, comme le plus capable de la développer et de la faire valoir ».
L’auteur y suggère de fixer le début de l’année à l’équinoxe deprintemps, le 20 ou et par souci de simplicité, il proposait que« le changement commencerait au,nouveau style, et serait nommé l’Ère de la Liberté, comme l'a déjà fait un des membres de l'Assemblée nationale,M.Barère de Vieuzac[12] à qui nous devonsles Étrennes du citoyen[11] ». L’idée, il est vrai, s’inspirait de projets antérieurs[13].
Dès 1785,Riboud, ancien procureur du roi deBourg-en-Bresse, avait publiéles Étrennes littéraires ou Almanach offert aux amis de l'humanité. Les noms des grands hommes y remplacent ceux des saints de l'Église. Pour célébrer l'anniversaire des plus illustres d'entre eux, il institue des fêtes qui rappellent leurs travaux ou leurs bienfaits. La fête de l'agriculture tombe le jour dédié àColumelle ;Jean-Jacques Rousseau préside à la fête des âmes sensibles, etScarron à celle des malades agréables. PourNewton, c'est la grande fête de l'univers[14].
Il faut attendre le vote par l’Assemblée législative du décret du pour que le début de l’ère de la Liberté soit officiellement fixé au :« Tous les actes publics, civils, judiciaires et diplomatiques porteront l’inscription de l’ère de la Liberté[26] » au motif que« toute l'année devait être mise à l'honneur d'avoir donné naissance à la Liberté[22]. ».
Après l’insurrection parisienne du 10 août 1792, la Révolution met à l’honneur l’égalité,« parce que l’égalité la plus parfaite, déclareCollot d’Herbois devant l’Assemblée législative le[27], est la base de nos principes politiques ». La mise à l’honneur de l’égalité, aux côtés de la liberté, modifie pour un temps la présentation des dates du calendrier. Pour la première fois, le,Le Moniteur universel[Note 6] retient la triplecomputation« Mardi. l'an quatrième de la Liberté, et le premier de l’Égalité[29] ».
Puis le, dès l'ouverture de la séance des travaux de la Convention, le député de ParisBillaud-Varenne demande« qu'à compter de la journée d'hier, au lieu de dater les actes l'an quatrième de la liberté, etc. on datel'an premier de laRépublique française[6],[30] ». Deux jours plus tard,« L'an premier de la République française[31] » remplace« L'an quatrième de la Liberté, et le premier de l'Égalité » dans le titre duMoniteur.
Trois mois après, la Convention charge le sonComité d'instruction publique de lui présenter dans le plus bref délai« un rapport sur les avantages que doit procurerà la France l'accord de sonère républicaine avec l'ère vulgaire[32],[33] ». Il ne s’agissait donc pas, à l’origine, d’une exclusion de« l’ère vulgaire » (le calendrier grégorien) au profit d’un unique calendrier (le calendrier républicain).
Une commission est créée, formée dudéputé du Puy-de-DômeRomme et dudéputé des ArdennesFerry, qui demandent queDupuis leur soit adjoint et Romme en est le rapporteur. C'est à ce titre que la création du calendrier républicain lui est généralement attribuée[34],[33],[Note 7]. Elle s'entoure de membres de l'Académie des sciences et associe à ses travauxGuyton-Morveau,Lagrange,Lalande,Monge etPingré[36]. Le parallèle est frappant entre la commission des poids et mesures[37] et la commission du calendrier : dans les deux cas, les idéologues et les politiques entourent, encadrent les scientifiques, les buts des uns étant très différents de ceux des autres[33].
En fait, ce groupe de travail renonça, sans doute sur l'initiative de son rapporteur[38], à l’idée d’un accord entre le calendrier grégorien et l’ère républicaine au profit de la réforme du calendrier et le rapport demandé par la Convention ne fut jamais rédigé[39]. La gestation du projet durera neuf mois et le Romme est en mesure de présenter les travaux de la commission au Comité d'Instruction publique[40] qui ouvre la discussion le 19[41] ; il les présente ensuite devant la Convention le[42].
Romme développe dans son rapport les principes et les motivations du nouveau découpage du temps. En s'appuyant sur la rhétorique révolutionnaire, il trouve les formules qui frappent, qui marquent les buts idéologiques de la réforme.
« Le temps ouvre un nouveau livre à l'histoire ; et dans sa marche nouvelle, majestueuse et simple comme l'égalité, il doit graver d'un burin neuf les annales de la France régénérée[43]. […] Le 21 septembre, le dernier de la monarchie et qui doit être le dernier de l'ère vulgaire, les représentants du peuple français réunis en Convention nationale ont ouvert leur session et ont prononcé l'abolition de la royauté.
Le ce décret fut proclamé dans Paris, le fut décrété le premier de la République, et le même jour à9 heures18 minutes30 secondes du matin le soleil est arrivé à l'équinoxe vrai, en entrant dans lesigne de la balance. Ainsi l'égalité des jours aux nuits était marquée dans le ciel, au moment même où l'égalité civile et morale était proclamée par les représentants du peuple français comme le fondement sacré de son nouveau gouvernement[10]. »
Le rapport présente ensuite l'architecture du nouveau calendrier proposé avec une année dont le début est calé sur le jour de l'équinoxe d'automne, bissextile tous les4 ans, avec une nouvellenomenclature des12 mois[Note 8], chacun de30 jours divisés en3 parties de10 jours appeléesdécades, un total annuel de36décades, et pour terminer l'année de durée inchangée,5 joursépagomènes et un sixième l'année bissextile[Note 9] ; s'y ajoute en outre une division décimale[Note 10] du jour, de l'heure, etc. Un projet de décret[47] termine la présentation de Romme du.
Le débat s'engage à la Convention dans les quinze jours qui suivent reflétant les divisions entre les factions en son sein puisqu’on touchait aux symboles mêmes de la République.Bentabole,député du Bas-Rhin et ami deMarat, traduisant sans doute le sentiment de lassitude, estime même le[48],[49]« que la Convention nationale, en fixant l’ère française, a fait assez et qu’elle doit s’arrêter ». Il trouve inutile et même dangereux de changer les subdivisions du temps et leur dénomination.
« LorsqueMahomet, déclare-t-il, conquérant et législateur, donna une autre ère aux peuples soumis à sa puissance, son but fut de les séparer du reste des hommes et de leur inspirer un respect superstitieux pour le culte qu’il leur prescrivait. Notre but, conclut-il, est contraire à celui de cet imposteur; nous voulons unir tous les peuples par la fraternité […] Je demande qu’on ajourne le reste du projet ».Lebon,député du Pas-de-Calais s'oppose à l'ajournement[48],[49] :« Si le fanatisme sut par ce moyen affermir son empire, pourquoi négligerions-nous de l'employer pour fonder la liberté ? ».
Undéputé du Nord,Duhem, soutient qu'il faut faire le calendrier moins pour la France que pour toutes les nations.« Je vote, dit-il, pour nommer les divisions du temps par leur ordre numérique ». Romme consent à supprimer les dénominations révolutionnaires ou plutôt à les remplacer par des dénominations morales.« Le premier jour, dit-il, en développant son projet, est celui des époux ».« Tous les jours sont les jours des époux », riposte non sans malice ledéputé de la Seine-InférieureAlbitte[48],[49]. La Convention adopte alors les dénominations morales.
Lebon souligne aussitôt le ridicule de ces dénominations et conseille de les abandonner :« D’ailleurs, plaide-t-il, la difficulté de surcharger sa mémoire de tant de noms fera conserver les anciens et vous aurez manqué votre but ». Il demande à ses collègues de rapporter le décret[48],[49].
Revenant une fois de plus sur sa décision, la Convention se déjuge et décide de rapporter son premier décret adopté quelques instants plus tôt pour en revenir à la dénominationordinale des mois, des jours et des décades[48],[49].
Le décret de la Convention nationale concernant l'ère des Français est publié le[50],[Note 11], en dépit deMaximilien de Robespierre qui avait noté dans son carnet de l'ajourner indéfiniment[51],[Note 12]. Le calendrier républicain entre en vigueur le lendemain du décret. Le, après le numéro du journal (qui correspond toujours au rang du jour dans l'année grégorienne),Le Moniteur universel remplace la date grégorienne mentionnée jusqu'alors[52] par la date républicaine du jour,« Le 16 du premier mois[53] », puis le lendemain sa numérotation change pour devenir celle du rang du jour dans l'année républicaine en cours[54].
Mais les inconvénients surgissent, dès qu'on veut s'en servir[Note 13]. Le peuple, que l'imagination domine et gouverne presque toujours[Information douteuse], la trouve trop abstraite[56]. La rédaction des actes officiels devient laborieuse. Peut-on s'exposer à écrire des phrases comme celle-ci :« le deuxième jour de la deuxièmedécade du deuxième mois de la deuxième année de la République[57] ? ».
Une nouvelle commission de la Convention chargée d'étudier une nouvelle nomenclature des mois et des jours est créée le et on y voit apparaître un nouveau nom (les autres faisaient déjà partie du Comité d'Instruction publique)[58]. La nomenclature qu'avait proposée Romme[59] ne peut rivaliser avec la sonorité et la poésie puissante decelle imaginée parFabre d'Églantine[60] et approuvée par la Convention le[61],[Note 14].
Le Moniteur universel officialise le ces innovations en titrant« Octodi[Note 15], première décade de Brumaire » où, après« l'an 2 de la République » des journaux antérieurs[65],« une et indivisible[Note 16] » depuis le[68], on lit désormais la doublecomputation (date républicaine plus date grégorienne agrémentée[Note 17] de« vieux style »).
Le décret qui donne sa forme définitive au calendrier est publié le4 frimaire anII ()[71],[72],[73], le jour de lanèfle. Il abolit l'« ère vulgaire » pour les usages civils et définit le comme étant le premier jour de l'« ère des Français », avec comme première année l'anI. Pour les années suivantes, le premier jour de l'année est celui de l'équinoxevrai auméridien de Paris. Des astronomes étaient chargés de déterminer l'instant du phénomène et quelques jours après un décret fixait ensuite le commencement de l'année[74].
Pour le baronMarc de Vissac, avocat et historien duXIXe siècle, ce calendrier n'a de révolutionnaire que le nom.
« Il serait puéril de contester la combinaison ingénieuse du calendrier républicain, en même temps que la hardiesse d'esprit de ceux qui le conçurent. Mais on est obligé de constater aussi que cette conception, toute grandiose soit-elle, n'était qu'un ensemble de réminiscences. Romme et ses collègues avaient cherché, trouvé et approprié ; ils n'avaient rien inventé[75] ».
« Il n'est pas jusqu'à la plus originale desfêtes décrétées, celle de l'Opinion, qui ne fût renouvelée duJour du Triomphe chez lesRomains où le soldat, placé derrière le char, pouvait exhaler librement tout ce que lui suggéraient sa haine et sa gaieté[75] ».
L'ère républicaine[Note 19] s'est appliquée un peu plus de douze ans d' au (12 ans,2 mois et27 jours pour être précis[107]).
L'an I ne fut pas utilisé puisque la fondation du calendrier républicain remonte aux premiers jours de l'an II ; aucun acte authentique ne peut porter une date de l'an I, mais on peut en trouver mention dans des documents où le mois grégorien est encore en usage, par exemple :« , an Premier de la République ».
L'an XIV, commencé le1er vendémiaire anXIV () et arrêté le10 nivôse anXIV (), le décadi jour dufléau, ne dura que trois mois et huit jours (très exactement cent jours).
Une campagne active et des mesures autoritaires[107] en avaient pourtant assuré le succès en l’an II, en l’an III, puis en l’an VI.
La loi du16 vendémiaire anII ()[104],[108] fixa au dernier jour de chaquedécade les vacances des fonctionnaires publics. LeDirectoire en avait rappelé le caractère obligatoire avec l'entrée en vigueur de laConstitution du 5 fructidor an III qui dispose en son article 372 :« L'ère française commence au, jour de la fondation de la République[109],[Note 20] ».
Avec l'arrêté du14 germinal anVI ()[104],[Note 21] les caisses publiques, les postes et messageries, les établissements publics d'enseignement, les spectacles, les rendez-vous de commerce, comme foires, marchés, les contrats et les conventions, etc. durent désormais se régler sur la décade, sur le mois ou sur lessans-culottides ; on prohiba la presse affichant la doublecomputation[Note 22] et on chargea le conseil exécutif, les corps administratifs et les municipalités, de prendre toutes les mesures propres à favoriser et à faciliter l'usage exclusif du nouveau calendrier.
Mais très tôt, si les administrations en avaient tant bien que mal respecté les clauses, de vives résistances s’étaient fait jour tant dans les classes populaires, et principalement dans les campagnes restées attachées à la religion, que dans les élites[107],[Note 23].
On soulignait aussi les imperfections, voire le caractèreutopique, de ce calendrier calqué sur lessaisons mais dont l’universalisation eût posé des problèmes sous d’autres climats et d’autres latitudes[107],[Note 24]. La règle adoptée fixait le commencement de l'année le jour où tombe l'équinoxe vrai d'automne pour l'Observatoire de Paris. Ainsi, en toute rigueur, la durée de l'année résultait de l'observation, et n'était donc plus prévisible.
En ce qui concerne les critiques, ledéputé d'Ille-et-VilaineLanjuinais[Note 25] les énumère quand il déclare le30 thermidor anIII () :« C’est d’abord un problème de savoir quel jour commence l’année dans le nouveau calendrier […] Les nouveaux noms des mois sont vérité dans le nord, et perpétuel mensonge au midi. […] Le décadi ne s’accorde point avec la nature. Il n’y a ni hommes, ni animaux qui supportent neuf jours de travail consécutif. […] Pourquoi la plus solennelle des fêtes religieuses est-elle dans le calendrier de Romme et de Fabre d’Eglantine le jour duChien ? […] Je vote donc pour que le calendrier des assassins de la France ne soit pas constitutionnellement le calendrier du peuple français[112],[113] ».
Les deux premiersNoël dans le nouveau calendrier républicain en vigueur –5 nivôse anII () et5 nivôse anIII () – eurent lieu tous deux le jour du Chien[Note 26].
« Le calendrier républicain était né petit à petit, à coup de décrets et de modifications », écritVéronique Le Ru. « Il va mourir de la même façon, à coup de critiques. Sa fin est aussi politique que sa naissance[112]. »
Comme l’idée deBonaparte est de faire de lareligion catholique unereligion d’État après lecoup d'État du18 brumaire anVIII () dont est issu leConsulat, il faut bien, pour des raisons inverses de celles qui l’avaient imposé,déconstruire le calendrier républicain[114],[115]. Bonaparte commence par tordre le cou au décadi : seuls les fonctionnaires sont soumis au décadi par arrêté des consuls du7 thermidor anVIII ()[115]. Leur repos est désormais fixé au dimanche le18 germinal anX ()[115],[116] puis la semaine redevient légale[112].
En 1804 et 1805, le nouveau pouvoir impérial qui n'a abrogé ni la République, ni son calendrier, ne célèbre plus les fêtes républicaines[126],[Note 29]. La suppression du calendrier républicain offre un exemple des ambiguïtés d'un régime qui, selonJacques-Olivier Boudon,« se refuse à briser net ses racines révolutionnaires[126] ». Le22 fructidor anXIII (), un sénatus-consulte impérial[128] abroge ce calendrier qui avait été renommécalendrier français, et rétablit le calendrier romain (grégorien) à partir du11 nivôse anXIV ().
Ce futLaplace lui-même qui présenta auSénat conservateur le rapport de la commission « pour l'examen du projet de sénatus-consulte portant rétablissement du calendrier grégorien » :« Il ne s'agit point d'examiner quel est, de tous les calendriers possibles, le plus naturel et le plus simple. Nous dirons seulement que ce n'est, ni celui qu'on veut abandonner, ni celui qu'on vous propose de reprendre[128] ».
Le dernier numéro« vieux style » du10 nivôse anXIV () duMoniteur universel paraît avec leno 100 qui affiche toujours les deux calendriers[101]. Le lendemain la date grégorienne figure seule dorénavant, précédée dunom du jour de la semaine, tandis que la numérotation du journal est réinitialisée au rang du jour dans la nouvelle année grégorienne qui commence[129]. Le calendrier révolutionnaire n'aura été appliqué que durant12 ans,2 mois et27 jours[107].
Lepréfet des Bouches-du-RhôneThibaudeau écrira plus tard :« Malgré la promesse solennelle faite par le gouvernement consulaire de conserver le calendrier républicain comme une conquête faite sur le fanatisme on ne s’en servait presque plus pour les actes publics. Dans les relations sociales, le calendrier romain avait été remis en usage ; dans l'ordre religieux il était nécessairement suivi ; la double date était ainsi constamment employée ; il y avait dans le fait deux calendriers à-la-fois[128],[130] ».
« Le calendrier républicain avait été imaginé dans la vue de donner aux Français un calendrier purement civil, et qui, n'étant subordonné aux pratiques d'aucun culte, convînt également à tous ».
« Les autres avantages de ce calendrier étaient la longueur uniforme des mois composés constamment de trente jours. Les saisons qui commençaient avec le mois, et ces terminaisons symétriques qui faisaient apercevoir à quelle saison chaque mois appartenait, étaient des idées simples et commodes. Enfin, dans ce calendrier on voyait une division sage et régulière fondée sur la connaissance exacte de l'année et du cours du soleil. […] »
« On reprochait au calendrier républicain deux défauts essentiels. Le premier et le plus grave était la règle prescrite pour les sextiles qu'on avait fait dépendre du cours vrai et inégal du soleil, au lieu de les placer à des intervalles fixes. On pouvait facilement corriger ce défaut. Il s'agissait de déterminer seulement qu'à commencer de l'an XVI les sextiles se succédassent de quatre en quatre ans, et les années séculaires de quatre cents en quatre cents ans[Note 30] ».
« Le second défaut était dans l'époque assignée pour le commencement de l'année. On aurait dû, pour contrarier moins les habitudes et les usages reçus, le fixer au solstice d'hiver ou bien à l'équinoxe du printemps[Note 31], c'est-à-dire au passage du soleil par le point d'où tous les astronomes de tous les temps et de tous les pays avaient compté les mouvements célestes. On avait préféré l'équinoxe d'automne pour éterniser le souvenir de la fondation de la République[Note 32]. Enfin, il jetait des embarras dans les relations extérieures. […] »
« La véritable raison pour laquelle on abrogeait le calendrier nouveau, c'est qu'il était odieux à Rome et une institution de la République, qu'on ne le croyait plus compatible avec l'Empire et avec la religion catholique de fait et un peu de droit dominante », conclut Thibaudeau. « Quant aux relations extérieures, toute l'Europe correspondait sans difficulté avec laRussie et laPorte ottomane, qui n'étaient pas d'humeur de sacrifier leurs calendriers aux convenances du catholicisme[130] ».
PourBronisław Baczko,« À l'ancien calendrier, aussi irrationnel et imprégné de préjugé que le temps de l'histoire dont il fixait la marche, devait s'opposer un système nouveau, rationnel aussi bien dans ses principes que dans ses symboles[131] ».
« Les législateurs avaient méconnu », observe de son côtéPaul Couderc, « la force des liens avec le passé, la puissance des anniversaires dans le cœur des hommes[9] ». Laréforme grégorienne, appliquée en France sousHenri III dès décembre 1582, venait en 1752 seulement d'êtreadoptée en Angleterre et en Suède[Note 33]. L'astronome anglaisBradley, qui l'avait vigoureusement préconisée, en resta impopulaire jusqu'à sa mort, d'où la boutade deVoltaire :« Lapopulace anglaise aimait mieux voir le calendrier en désaccord avec le soleil, que d'être d'accord avec le pape, et refusait d'accepter une réforme dont il aurait fallu savoir gré augrand Turc, s'il l'avait proposée[134],[135] ».
« La chronologie nouvelle », poursuit Couderc, « rompait avec l'Histoire. S'accordant au futur, elle restait sourde au passé, même le plus récent. Elle n'eut pas le temps de pousser des racines dans l'âme du peuple et disparut sans être regrettée des contemporains[9],[Note 34] ».
On peut ramener à trois les motifs qui déterminèrent, à l'automne 1793, la réforme du calendrier grégorien. La Convention voulait briser une arme entre les mains du clergé[43], propager tout ce qui pouvait inculquer à la nation l'amour de la République et de la liberté, enfin soumettre la mesure du temps aux principes de la numération décimale qui régissaient tout juste depuis le décret du la mesure des surfaces, des volumes et des poids[137].Lagrange etMonge, qui avecBorda avaient rapporté les travaux de la commission des poids et mesures[138], faisaient également partie de celle du calendrier.
« LesÉgyptiens, depuis la plus haute antiquité, et lesBabyloniens, 746 ans avant l'ère vulgaire, se rapprochèrent des vrais principes, en faisant leur année de360 jours, distribués en12 mois égaux de30 jours[Note 35] et5 épagomènes » écrit Romme dans son rapport[139]. Ces calendriers bien connus des astronomes de la Commission la conduisirent à s'en inspirer et à en corriger les imperfections.
Le calendrier égyptien comptait en fin d'année cinq joursépagomènes pour correspondre au cycle astronomique qu'il représente, c'est-à-dire l'année tropique. Il était cependant loin d'être parfait ; il restait « vague », car l'année s'y trouvait plus courte d'un quart de jour, ce que les Égyptiens n'ignoraient pas. Cependant, malgré son incommodité, il fut conservé sous la pression des traditions pendant plusieurs millénaires. Le besoin d'intercaler un jour tous les quatre ans se fit néanmoins sentir en 238 avant notre ère, sousPtolémée III Évergète (246 à 222), motivant un décret qui précisait : « Pour que les saisons se succèdent d'après une règle absolue et conformément à l'ordre du monde, un jour supplémentaire sera intercalé tous les quatre ans entre les cinq jours épagomènes et le nouvel an[140] ».
Lecalendrier julien mentionné par Romme dans son rapport[139] est uncalendrier solaire utilisé dans laRome antique, introduit parJules César (d'où son nom) pour remplacer lecalendrier romain républicain. César fit venir d'Égypte l'astronome grecSosigène, établi àAlexandrie, et le prit pour conseiller. La réforme repose sur l'hypothèse que l'année tropique comporte exactement 365,25 jours. PourtantHipparque, le plus grand astronome de l'Antiquité, avait reconnu, cent ans plus tôt, que l'année est inférieure à 365,25 jours et lui attribuait365 jours5 heures55 minutes. Sosigène ne pouvait ignorer le résultat d'Hipparque. Un écart de cinq minutes lui parut-il négligeable pour uncalendrier[141],[142] ?
L'année civile devant, par commodité, avoir un nombre entier de jours, l'année commune fut fixée à trois cent soixante cinq jours, trop courte d'un quart de jour. Pour lier le calendrier aux saisons, pour que les phénomènes astronomiques qui les gouvernent se reproduisent aux mêmes dates, on décida de combler le déficit annuel d'un quart de jour par un jour additionnel tous les quatre ans. il fut décidé aussi que l'équinoxe de printemps coïnciderait désormais avec le. Enfin César ramena le début de l'année du au, date à laquelle les consuls entraient en charge : le de l'an inaugure donc la réforme julienne.
L'année tropique, qui raccourcit très lentement et vaut aujourd'hui environ 365,242 189 8 jours, dépassait de très peu 365,242 3 jours au temps de César. L'année julienne l'emporte de 0,007 8 jour, c'est-à-dire de11 minutes14 secondes, sur l'année astronomique des saisons. Le système de César ne remplit donc pas strictement les conditions nécessaires à une fixité définitive. En un siècle de cent années juliennes, l'excès atteint trois quarts de jour environ. Au bout de quatre siècles, le calendrier julien est en retard de trois jours sur les saisons. Autrement dit, la date du passage du soleil à l'équinoxe de printemps avance de trois jours tous les quatre siècles, dans le calendrier julien.
En l'an 325 l'équinoxe de printemps tomba le et les pères de l'église qui tenaientconcile à Nicée pensèrent que l'équinoxe de printemps tomberait désormais indéfiniment à cette date. Fort imprudemment, ils lièrent la fixation dePâques à la date du[Note 36]. Dans les siècles qui suivirent, le calendrier julien continua, naturellement, à dériver par rapport à l'équinoxe, qui s'écarta peu à peu du[Note 37]. Depuis ce Concile, mille deux cent cinquante-sept anss'étaient écoulés ; l'équinoxe de printemps tomba le en l'an 1582, en avance de dix jours par rapport à la date du 21 qui lui avait alors été assignée.
L'écart constaté est conforme aux calculs. Pour ramener l'équinoxe au, il suffisait de couper dix jours à l'année 1582 : ce retranchement fut fait par le papeGrégoire XIII (d'où lecalendrier grégorien) et pour l'Église romaine, au mois d'octobre. Le lendemain dujeudi 4 octobre fut levendredi 15. En France le retranchement eut lieu en décembre sousHenri III (le lendemain dudimanche 9 fut lelundi 20). La continuité de la semaine est ainsi maintenue. L'an 1582 n'eut donc que trois cent cinquante-cinq jours et dès l'année suivante, 1583, le coïncida avec l'équinoxe de printemps.
La loi destinée à conserver indéfiniment cette coïncidence est importante à connaître : il suffit de supprimer le plus régulièrement possible le caractèrebissextil de trois années parmi la centaine que le calendrier julien introduit en quatre cents ans. Pour assurer un nombre entier de jours à l'année, on y ajoute tous les4 ans, les années dont le millésime est divisible par 4, un jour intercalaire, à l'exception des années séculaires, qui ne sont bissextiles que si leur millésime est divisible par 400 (1600, 2000). En appliquant cette règle, on arrive à une année de 365,242 5 jours[Note 38] au lieu de365,242 189 8 jours[Note 39] soit un excès de1 jour en 3 223 ans, ou 26,8 secondes par an[Note 40].
C'est à ce calendrier que Romme veut tordre le cou. L'abbé Grégoire écrira dans ses mémoires[144] :« J'ai mentionné ailleurs la création du calendrier nouveau, inventé par Romme pour détruire le dimanche[145] : c'était son but, il me l'a avoué. Le dimanche, lui dis-je, existait avant toi, il existera encore après toi ».
Montre gousset à heures duodécimales, et jours du mois et de la semaine en calendrier révolutionnaire. Exposée au musée des Beaux-Arts de Neuchâtel.Corniquet - horloge à heures duodécimales et décimales. Exposée au Musée des Arts Décoratifs de Paris Cadran d'horloge affichant à la fois l'heure décimale (à l'intérieur du cercle) et l'heure duodécimale (sur le bord extérieur).
La notion de mois, dont l'étymologie est attachée aucycle lunaire[Note 35], est donc conservée[147] mais disparaît celle desemaine, d'origine biblique[148], même si elle correspond grossièrement à un quart du cycle lunaire. Chaque mois est découpé en troisdécades de10 jours.
Dans son rapport sur l'ère de la République présenté au Comité d'Instruction publique le[42], Romme n'hésite pas à affirmer :
« Aujourd'hui, beaucoup plus éclairé on sent l'inutilité de ces réformes préparées à l'avance pour plusieurs siècles, et qui ont fait le désespoir des chronologistes, des historiens et des astronomes. En suivant le cours naturel des choses, et cherchant un point fixe dans les mouvements célestes bien connus aujourd'hui, il sera toujours facile de faire coïncider l'année civile avec l'année solaire par des corrections qui se feront successivement, aussitôt que les petites différences cumulées auront produit un jour[149]. […]
Si la raison veut que nous suivions la nature plutôt que de nous traîner servilement sur les traces erronées de nos prédécesseurs, nous devons fixer invariablement notre jour intercalaire au moment où la position de l'équinoxe le comportera[45].
Après une première disposition, que la concordance avec les observations astronomiques rend nécessaire, la période sera toujours de4 ans ; sa longueur, les jeux publics que vous instituerez, sans doute, au jour intercalaire qui la termine, la rapprocheront de l'Olympiade des Grecs ; nous vous proposons de l'appeler l'Olympiade française, et la dernière année l'Olympique[45]. »
Absent de Paris au moment de la promulgation du décret de création du14 vendémiaire ()[50], Lalande[Note 42] déplore à son retour[151] l'incompatibilité de l'article III« Le commencement de chaque année est fixé à minuit, commençant le jour où tombe l'équinoxe vrai d'automne pour l'Observatoire de Paris[50] » avec la règle d'intercalation[152] de l'article X« En mémoire de laRévolution, qui, après quatre ans, a conduit la France au gouvernement républicain la période bissextile de quatre ans est appelée lafranciade ».
Romme ne veut pas entendre[151] que cette périodicité de quatre ans des années sextiles implique desrègles d'intercalation rigoureuses[Note 43] analogues à celles dusystème grégorien afin que la durée moyenne de l'année républicaine s'approche au mieux de celle de l'année tropique mesurée parLalande (365 jours5 heures48 minutes et48 secondes, valeur qui peut s'écrire 365,242 222 jours[143],[Note 44]).
Le décret de laConvention nationale sur l'ère, le commencement et l'organisation de l'année et sur les noms des jours et des mois du calendrier républicain est promulgué le4 frimaire anII ()[71],[73] ; en annexe, l'instruction sur l’ère de la République et sur la division de l’année[153] ne tient aucun compte des remarques de Lalande[154] en reprenant le texte présenté deux mois plus tôt par Romme au Comité d'Instruction publique.
« La raison veut que nous suivions la nature, plutôt que de nous traîner servilement sur les traces erronées de nos prédécesseurs. Nous devons donc fixer invariablement notre jour intercalaire dans l'année que la position de l'équinoxe d'automne comportera. Après une première disposition que la concordance avec les observations astronomiques rend nécessaire, la périodesera de quatre ans. Ce n'est qu'après cent vingt-neuf ans environ[Note 45] qu'on devra retrancher le jour intercalaire à l'une de ces périodes[156]. »
Le décret entérine une contradiction : l'année commence le jour de l'équinoxe d'automne d'après l'article III et l'année sextile est intercalée tous les quatre ans d'après l'article X. Une table jointe en annexe au décret donne, pour les treize prochaines années de la République[155], les années sextiles, savoir l'an III, l'an VII et l'an XI, qui se succèdent avec la régularité quadriennale … de l'intercalation julienne !
Selon l'article XI du décret du4 frimaire[71],[73], la journée devait être ensuite découpée suivant lesystème décimal« deminuit à minuit » ; elle comportait dix heures découpées en dix parties elles-mêmes décomposables en dix parties, ainsi de suite« jusqu’à la plus petite portioncommensurable de la durée ». Les12 heures d'une montre ancien style devaient ainsi correspondre à5 heures d'une montre nouveau style ; le10e d'une heure nouvelle valait14 minutes et24 secondes anciennes. L'article XXII de laloi du 18 germinal an III (), relative aux poids et aux mesures, suspend cette disposition de la loi pour une période indéterminée[157].
Le mot « bissextile » des calendriers julien et grégorien tient son origine aux particularités ducalendrier romain. Le mois, consacré aux dieux infernaux, conservaen apparence un nombre pair de jours (vingt-huit), les nombres impairs étant tenus pour favorables et consacrés aux dieux supérieurs. Mais on doubla le vingt-quatrième jour de février, qui portait le nom[Note 46] de sixième avant les calendes de mars,.Le jour supplémentaire fut donc dit :bis-sextus (ante)calendas martias d'où le terme debissextil[158]. La commission de Romme s'empressa de corriger ce mot attaché aux calendriers bannis pour retenir dorénavant le mot « sextile[Note 47] ».
Romme pensait que les années sextiles se suivraient régulièrement de quatre en quatre ans, et qu'après trente-trois périodes quadriennales le jeu naturel de l'équinoxe ferait supprimer un jour intercalaire (ce qui n'est pas le cas)[160]. Le décret du4 frimaire consacre cette périodicité présumée, et ordonne que« la période de quatre ans, au bout de laquelle l'addition d'un jour est ordinairement nécessaire, serait appelée laFranciade[Note 48] ».
Il s’avérait, selonles calculs de l’astronomeDelambre (qui n'avait pas été consulté en 1793), que les années sextiles ne revenaient pas si régulièrement que cela et que, trois fois en un siècle, l’intervalle entre deux années sextiles aurait compté cinq ans. D’autre part, Delambre constata que, compte tenu de l’imprécision des calculs de l’époque, il serait impossible de dire à l’avance si l’équinoxe tomberait avant ou après24 heures lorsque l’heure calculée de l’équinoxe était trop proche de minuit. Le cas devait se produire en l'anCXLIV où le calcul indiquait l'équinoxe comme devant arriver vingt secondes avant minuit, mais où en réalité il pouvait aussi bien arriver quelques minutes après minuit, ce qui eût entraîné une différence d'un jour[161],[Note 50].
Romme convoqua alors une assemblée de géomètres et d'astronomes, devant laquelle Delambre exposa son projet, qui fut adopté.« Romme, raconte Delambre, voulut le rédiger lui-même ; il s'y trompait toujours, et je lui faisais mes observations ; enfin, quand il ne resta plus que quelques légères imperfections, j'y donnai mon assentiment[74] ». Romme était tenu à garder certains ménagements : on ne pouvait pas avouer tout simplement qu'on s'était trompé, sans ébranler la confiance du public et de la Convention à l'endroit du nouveau calendrier, et donner prise aux commentaires malveillants des adversaires ; le rapport ne devait donc pas parler d' « abroger » certains articles du décret, mais de les « perfectionner »[163].
Ce fut le19 floréal que Romme reparut devant le Comité d'instruction, et le procès-verbal de la séance relate en ces termes ce qui se passa :« Le représentant du peuple Romme fait au Comitéun rapport dont il avait été chargé par arrêté du20 germinal sur les difficultés que présenterait l'exécution rigoureuse de l'article III du décret du4 frimaire anII sur l'ère républicaine. Il propose, pour la distribution des jours intercalaires, une règle fixe et facile qui ramène la coïncidence de l'année civile avec l'année moyenne astronomique. Le projet de décret qu'il a lu, à la suite de ce rapport, a reçu quelques amendements, et a été adopté comme il suit, pour être présenté à la Convention nationale (suit un projet de décret en sept articles)[164]. »
Le Comité arrête que le rapport et le projet de décret seront imprimés et distribués à la Convention nationale pour préparer la discussion. Le Comité rapporte son arrêté du6 nivôse, qui charge la Commission d'instruction publique de faire graver et imprimer deux calendriers perpétuels en forme de tableaux, présentés par l'éditeur Thuillier deVersailles, etNouet, attaché comme astronome à l'Observatoire[165]. La Commission est chargée de suspendre sur-le-champ le travail et de payer ce qui se trouve fait en exécution de l'arrêté cité.
Le rapporteur débute par un éloge de l'annuaire de la République, où l'on trouve« une division du temps simple, facile, exacte, indépendante de toute opinion, de tout préjugé, de toute localité, et par conséquent digne d'un peuple souverain ». Puis il continue en ces termes :
« Un degré de perfection lui manquait dans la manière d'exécuter l'article III du décret du4 frimaire, qui fixe le commencement de l'année. Delambre, astronome distingué, chargé de mesurer un arc du méridien pour déterminer avec précision l'unité naturelle et générale de toutes nos mesures, a calculé les difficultés qui résulteraient de l'exécution trop rigoureuse de cet article, et la possibilité de les lever toutes par une règle simple et fixe, en restant dans les limites les plus rapprochées du décret, dans les cas peu nombreux où il y aurait de l'inconvénient à s'y renfermer tout à fait. […]
Dans les calendriers julien et grégorien, les années bissextiles se déterminent par une règle facile, mais insuffisante. […]
Un grand nombre de causes, dont quelques-unes ne sont encore appréciées qu'approximativement, tendent à faire varier sans cesse la longueur absolue de l'année. Cette variation ne peut jamais aller au delà de cinquante secondes par an, mais elle est irrégulière, et ne peut se déterminer par une règle simple. Il paraissait donc naturel, pour conserver toujours l'incidence des saisons aux mêmes époques de l'année, de renoncer à toute espèce de règle pour la distribution des jours intercalaires, et de faire résulter l'intercalation de la cumulation des différences annuelles rectifiées sur les observations récentes, en ajoutant un jour aussitôt que la somme de ces différences sortiraitdes limites d'un minuit à l'autre. […]
C'est dans cet esprit qu'a été rédigé l'article III du décret, après avoir consulté les hommes éclairés nommés dans le rapport qui fut fait alors. Cet article demande que l'année commence avec le jour où tombe l'équinoxe vrai pour l'Observatoire de Paris. Un examen plus approfondi de cette question, par Lalande, Laplace, mais surtout par Delambre, a fait sentir la nécessité de faire toutes les années égales, et de soumettre les intercalations à des règles fixes. […]
En supposant même qu'on puisse déterminer exactement et d'avance le jour de l'équinoxe vrai, il résulterait de l'exécution rigoureuse de l'article une distribution très irrégulière des jours intercalaires. Le plus souvent, ils arriveraient de quatre en quatre ans, mais quelques-uns n'arriveraient qu'après cinq ans, et cela à des intervalles inégaux ; il en résulterait, de plus, que les sextiles tomberaient tantôt sur des années paires, tantôt sur des années impaires. Cette irrégularité ne pourrait être soumise à aucune règle facile ; l'astronome, le chronologiste, le fonctionnaire public, le commerçant, ne pourraient savoir si une année est sextile qu'en consultant une table calculée exprès. On a vu plus haut s'il est possible de la faire toujours exacte[166]. »
La règle que proposent les astronomes établit trois corrections indispensables :« l'une tous les quatre ans ; la seconde tous les quatre cents ans ; la troisième tous les trente-six siècles, ou pour plus de convenance tous les quatre mille ans[167] ». On ajouterait un jour intercalaire à l'année tous les quatre ans, en exceptant les années séculaires ; toutefois, tous les quatre siècles, l'année séculaire serait sextile ; mais, au bout d'une période de quatre mille ans, la dernière année séculaire de la période, qui eût dû être sextile, serait une année ordinaire. Cette dernière disposition était une innovation[Note 51], tandis que la correction de la quatrième année séculaire existait déjà dans le calendrier grégorien. Elle conduit à une durée moyenne de l'année républicaine égale à 365,242 25 jours[Note 44].
Un projet de décret résumait les propositions contenues dans le rapport[164],[168]. Par le repositionnement de la première année sextile en l'An IV au lieu de l'An III auparavant, il privilégiait l'articleX sur l'articleIII du décret du4 frimaire anII[71],[73] mais il ne vint jamais en discussion devant la Convention. Lesévénements de prairial emportèrent Romme et ses amis, laissant le calendrier inachevé. Ici encore, c'est la situation politique qui commandait l'attitude des uns et des autres. Après la fin tragique de Romme, l'abbé Grégoire, qui lui avait succédé, n'osa pas proposer le décret à l'Assemblée de peur qu'un débat ne s'ouvrît, qui aurait pu conduire à une demande d'abrogation[169].
Delambre écrira plus tard :« Nous aurions pu trouver dans le Comité d'instruction publique un autre rapporteur, mais celui auquel nous nous adressâmes n'osa proposer aucune réforme, de peur qu'on ne supprimât tout à fait ce calendrier, au lieu de le corriger[74] ». Ainsi, lesthermidoriens et les astronomes préfèrent s'accommoder des imperfections de l'article X, plutôt que de risquer de perdre l'un des symboles de la République. C'est ce calendrier non modifié qui sera en usage en France jusqu'au11 nivôse anXIV ().
L'article VI du projet de décret mérite d'être signalé :« Tous les ans, il sera extrait de laConnaissance des temps, et présenté à l'Assemblée nationale, un annuaire pour les usages civils : calculé sur des observationsexactes, il servira de type aux calendriers qui se répandront dans la République[168] ». En 1797 leBureau des longitudes publie la date du début des vingt-cinq premières années républicaines qui fait apparaître que l'anXIX n'est pas une année sextile, première contradiction avec la règle quadriennale des années sextiles observées jusqu'alors[170].
Delambre propose en outre une règle astucieuse d'intercalation possible qui respecte à la fois d'une part l'articleIII et d'autre part, l'articleX du décret du4 frimaire anII, dès lors que l'on adopte pour longueur de l'année la valeur obtenue par Lalande de365 jours5 heures48 minutes et48 secondes[143], valeur qui peut s'écrire 365,242 222 jours. Pour trouver les rapports qui approximent le mieux l'excédent fractionnaire de l'année, il utilise la technique du développement enfraction continue[171],[172]. Il dresse ainsi latable des années sextiles des 400 premières années du calendrier républicain depuis sa promulgation le14 vendémiaire anII[173].
Le poèteFabre d'Églantine fut chargé de trouver une nomenclature[Note 8] moins sèche et moins abstraite que celle proposée parRomme dans son rapport à laConvention nationale du. L'idée qui lui servit de principe fut« de consacrer par le calendrier le système agricole et d'y ramener la nation, en marquant les époques et les fractions de l'année par des signes intelligibles ou visibles pris dans l'agriculture ou l'économie rurale[174] ».
Dans ce système, les dénominations du temps sont empruntées à son contenu et servent à le désigner[Note 52].
« Ainsi, les trois premiers mois de l'année, qui composent l'automne, prennent leur étymologie : le premier des vendanges, qui ont lieu de septembre en octobre ; ce mois se nommevendémiaire ; le second, des brouillards et des brumes basses qui sont, si je puis m'exprimer ainsi, la transsudation de la nature d'octobre en novembre ; ce mois se nommebrumaire ; le troisième, du froid, tantôt sec, tantôt humide, qui se fait sentir de novembre en décembre ; ce mois se nommefrimaire.
Les trois mois de l'hiver prennent leur étymologie, le premier, de la neige qui blanchit la terre de décembre en janvier ; ce mois se nommenivôse ; le second, des pluies qui tombent généralement avec plus d'abondance de janvier en février ; ce mois se nommepluviôse ; le troisième, des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre de février en mars ; ce mois se nommeventôse.
Les trois mois du printemps prennent leur étymologie, le premier, de la fermentation et du développement de la sève de mars en avril ; ce mois se nommegerminal ; le second, de l'épanouissement des fleurs d'avril en mai ; ce mois se nommefloréal ; le troisième, de la fécondité riante et de la récolte des prairies de mai en juin ; ce mois se nommeprairial.
Les trois mois de l'été enfin prennent leur étymologie, le premier, de l'aspect des épis ondoyants et des moissons dorées qui couvrent les champs de juin en juillet ; ce mois se nommemessidor ; le second, de la chaleur, tout à fois solaire et terrestre, qui embrase l'air de juillet en août ; ce mois se nommethermidor[Note 53] ; le troisième, des fruits, que le soleil dore et mûrit d'août en septembre ce mois se nommefructidor[175]. »
Mois d'automne (terminaison en-aire, du latin-arius, suffixe adjectival)
Vendémiaire (22/23/24 septembre ~ 21/22/23 octobre) – Période des vendanges[C 1]
Brumaire (22/23/24 octobre ~ 20/21/22 novembre) – Période des brumes et des brouillards[C 2]
Frimaire (21/22/23 novembre ~ 20/21/22 décembre) – Période des froids (frimas)[C 3]
Mois d'hiver (terminaison en-ose à l'origine, abusivement orthographiéeôse par la suite, du latin-osus, « doté de »)
Nivôse (21/22/23 décembre ~ 19/20/21 janvier) – Période de la neige[C 4]
Pluviôse (20/21/22 janvier ~ 18/19/20 février) – Période des pluies[C 5]
Ventôse (19/20/21 février ~ 20/21 mars) – Période des vents[C 6]
Mois du printemps (terminaison en-al, du latin-alis, suffixe adjectival)
Germinal (21/22 mars ~ 19/20 avril) – Période de la germination[C 7]
Floréal (20/21 avril ~ 19/20 mai) – Période de l'épanouissement des fleurs[C 8]
Prairial (20/21 mai ~ 18/19 juin) – Période des récoltes des prairies[C 9]
Mois d'été (terminaison en-idor, du grecdôron, don)
Messidor (19/20 juin ~ 18/19 juillet) – Période des moissons[C 10]
Thermidor (19/20 juillet ~ 17/18 août) – Période des chaleurs[C 11]
Fructidor (18/19 août ~ 16/17 septembre) – Période des fruits[C 12]
Chaque mois est divisé en troisdécades[71],[73],[176] (périodes de10 jours). L'essentiel était d'avoir toujours le quantième du mois à sa disposition sans être obligé de recourir au calendrier matériel. On obtint ce résultat avec la dénomination ordinale. Fabre d'Églantine inventa des mots qui, tout en conservant la signification du nombre ordinal, formèrent un nom différent pour chaque jour. Il proposa de dire pour exprimer les jours de la décade :« primedi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi[Note 54] ».
Cette combinaison permet de déterminer presque instantanément le quantième du mois.« Par exemple, dit Fabre, il suffit de savoir que le jour actuel esttridi pour être certain que c'est aussi le 3 ou le 13 ou le 23 du mois, comme avecquartidi, le 4 ou le 14 ou le 24 du mois, ainsi de suite. On sait toujours à peu près si le mois est à son commencement, à son milieu ou à sa fin. Ainsi l'on diratridi est le 3 au commencement, le 13 au milieu, le 23 à la fin[181],[182] ».
Là ne se bornèrent pas les innovations de Fabre d’Églantine. Le calendrier, remarquait-il, est, par excellence, le livre du peuple. Il faut en profiter« pour glisser parmi le peuple les notions rurales élémentaires, pour lui montrer la richesse de la nature, pour lui faire aimer les champs, et lui désigner avec méthode, l'ordre des influences du ciel et des productions de la terre[183] ».« Les prêtres n'avaient pas ignoré le parti qu'on pouvait tirer du calendrier. Pour propager et affermir leur empire, ils avaient placé chaque jour sous la protection d'un prétendu saint. Mais ce catalogue n'était que le répertoire du mensonge, de la duperie et du charlatanisme[183] ».
Exeunt les apôtres, les vierges et les martyrs, le législateur devait chasser« cette foule de canonisés » du calendrier du peuple et leur substituer« tous les objets qui composent la véritable richesse nationale, le digne objet sinon de son culte, du moins de sa culture[183] ».« En conséquence, nous avons rangé par ordre, dans la colonne de chaque mois, les noms des vrais trésors de l'économie rurale. Les grains, les pâturages, les arbres, les racines, les fleurs, les fruits, les plantes, sont disposés dans le calendrier, de manière que la place et le quantième que chaque production occupe est précisément le temps et le jour où la nature nous en fait présent[183] ».André Thouin, jardinier en chef duJardin du roi, transformé en 1793 enmuséum national d’histoire naturelle, fit étalage de sa science debotaniste.
À chaquequintidi on inscrivit le nom de l'animal, poisson, oiseau ou mammifère, qui pouvait à la même époque aider l'homme dans ses travaux, le nourrir de sa chair, ou le charmer de son chant. Chaquedécadi fut à son tour marqué par le nom d'un instrument aratoire. On choisit, autant que possible, celui dont le travailleur avait besoin pendant le mois. Lacuve, par exemple, était inscrite au premierdécadi devendémiaire, lepressoir au second et au troisième letonneau.
Les railleries n'ont pas été ménagées à cette partie du calendrier républicain qui procède pourtant d'idées généreuses et de sentiments élevés. Fabre voulut montrer qu'avec la République, était venu le temps« où un laboureur est plus estimé que tous les rois de la terre, et l'agriculture comptée comme le premier des arts de la vie civile[183] ».
Un projet de décret résumait les propositions contenues dans le rapport que présente Romme auComité d'instruction publique le19 floréal anIII[164]. Il comprend en particulier un article VII qui dispose :« La Commission d'instruction publique est chargée d'accélérer, par tous les moyens qui sont à sa disposition, la propagation des nouvelles mesures du temps. Elle est autorisée à renouveler tous les ans la nomenclature des objets utiles qui doivent accompagner l'annuaire pour chaque jour, et sur lesquels il doit être fait des notices instructives pour l'usage des écoles[163] ».
Ce dernier alinéa a une certaine importance, en ce qu'il nous montre que les noms de végétaux, d'animaux et d'instruments agricoles, qui avaient été placés dans le calendrier pour l'an II, n'étaient nullement regardés comme faisant partie intégrante de l'annuaire, puisqu'on proposait de« renouveler cette nomenclature tous les ans ». Ceux, qui, de nos jours, croient nécessaire de reproduire telle quelle la nomenclature de Fabre d’Églantine vont donc à l'encontre des intentions de Romme et du Comité d'instruction publique[184].
Lesjours épagomènes sont appeléssans-culottides (sansculottides) par le décret du4 frimaire anII (). Ils deviennent desjours complémentaires avec le décret du7 fructidor anIII ()[185]. En mémoire de la Révolution, la période bissextile de quatre ans – dite sextile depuis le décret du19 brumaire anII () – porte le nom deFranciade.
« Il reste à vous parler des jours d'abord nommésépagomènes, ensuitecomplémentaires. Ce mot n'était que didactique, par conséquent sec, muet pour l'imagination ; il ne présentait au peuple qu'une idée froide, qu'il rend vulgairement lui-même par la périphrase desolde de compte, ou par le barbarisme de ladéfinition. Nous avons pensé qu'il fallait pour ces cinq jours une dénomination collective, qui portât un caractère national, capable d'exprimer la joie et l'esprit du peuple français, dans les cinq jours de la fête qu'il célébrera au terme de chaque année.
Il nous a paru possible, et surtout juste, de consacrer par un mot nouveau l'expression desans-culotte qui en serait l'étymologie. D'ailleurs, une recherche aussi intéressante que curieuse nous apprend que les aristocrates, en prétendant nous avilir par l'expression desans-culotte, n'ont pas eu même le mérite de l'invention.
Dès la plus haute antiquité, les Gaulois, nos aïeux, s'étaient fait honneur de cette dénomination. L'histoire nous apprend qu'une partie de la Gaule, dite ensuiteLyonnaise (la patrie des Lyonnais), était appelée la Gaule culottée,Gallia braccata ; par conséquent le reste des Gaules, jusqu'aux bords du Rhin, était la Gaule non culottée ; nos pères dès lors étaient donc des sans-culottes. Quoi qu'il en soit de l'origine de cette dénomination antique ou moderne, illustrée par la liberté, elle doit nous être chère : c'en est assez pour la consacrer solennellement.
Nous appellerons donc les cinq jours collectivement pris lessansculottides[186]. »
Fabre d'Églantine voulait ainsi glorifier un nom que les aristocrates infligeaient comme une injure aux défenseurs de la Liberté[Note 55].
Dans le projet initial, les cinqsansculottides ousans-culottides des années ordinaires étaient celles duGénie, duTravail, desActions, desRécompenses et de l'Opinion[187]. MaisRobespierre demanda par amendement[188] que lesActions devinssent laVertu afin de remettre à leur place leGénie et laVertu[189] et promulguer dans l'ordre laVertu, leGénie, leTravail, l'Opinion[Note 56] et lesRécompenses.
Les jours complémentaires sont consacrés à des réjouissances et à des fêtes. Les années sextiles — exactement et fortuitement tous les quatre ans durant l'ère républicaine — le sixième épagomène est le jour complémentaire par excellence, lejour de la Révolution où l'on célèbre des jeux nationaux[185].
Le décret du4 frimaire anII ()[71],[73] de laConvention nationale sur l'ère, le commencement et l'organisation de l'année et sur les noms des jours et des mois du calendrier républicain comporte une contradiction : l'année commence le jour de l'équinoxe d'automne d'après l'article III et l'année sextile est intercalée tous les quatre ans d'après l'article X. Cette erreur ne sera jamais corrigée et sera l'un des arguments utilisés pour le retour au calendrier grégorien.
Cette incohérence ne pose pas de problème sur la période d'utilisation du calendrier républicain. Elle en pose un en revanche pour l'élaboration d'un calendrier républicain perpétuel dont le plus grave défaut est en effet lié à la définition du « début de l'année » fixé au minuit, compté entemps vrai de l'Observatoire de Paris, qui précède l'instant où tombe l'équinoxe d'automne[Note 57].
Les fondateurs du calendrier républicain eux-mêmes ont cru un moment que les années sextiles tomberaient avec une régularitéquadriennale – ce qui est inexact – car il faut savoir quand tombent deux équinoxes d'automne successifs pour décider si l'année qui les sépare contient ou non trois cent soixante-six jours[204].
James Guillaume a publié en 1908 dans lesÉtudes révolutionnaires un recueil d’articles sur la Révolution française, dont l'un très documentéLes sextiles de l'ère républicaine[205],[206]. Il indique dans cet article que depuis la promulgation du calendrier républicain, par six fois déjà, la détermination des années sextiles par les deux équinoxes automnaux consécutifs a conduit à un intervalle de cinq ans et non quatre, et pour la première fois l'an XX qui succède à l'an XV (première contradiction de l'an XIX[207]), sans aucune récurrence avérée[208].
Unprojet de réforme fut donc préparé parRomme, au nom duComité d'instruction publique, le19 floréal anIII ()[2],[36] : il fallait, disait-il, renoncer à la définition du « début de l'année » prévue par les premiers décrets ; il y aurait une année sextile tous les quatre ans, la première étant l'an IV et non l'an III.
Il prévoyait :« Art. 2 : Les années sextiles se succéderont de quatre en quatre ans, et marqueront la fin de chaque franciade. Art. 3 : Sur quatre années séculaires consécutives, sont exceptées de l’article précédent la première, la deuxième, la troisième années séculaires, qui seront communes. Art. 4 : Il en sera ainsi de quatre en quatre siècles, jusqu’au quarantième, qui se terminera par une année commune ».
Les astronomes qui conseillaientRomme savaient comment corriger l'intercalation grégorienne avec une modification très légère qui la perfectionnait, sans la rendre plus difficile.Lalande avait mesuré l'année tropique égale à365 jours5 heures48 minutes et48 secondes (365,242 222 jours)[143].« En 3 600 ansle calendrier julien mettait900 intercalations, c'était 28 de trop.Le calendrier grégorien en a retranché 27 ; il en reste une à retrancher, ce qui se fait commodément, en rendant commune l'année 3600 et ses multiples », notaitDelambre[74],[Note 58].
Il suggéra à Romme d'introduire cettecorrection dans son projet de réforme du calendrier républicain :« Enfin, je proposais d'ajouter une troisième règle qui était de supprimer une bissextile tous les 3 600 ans, ou, si l'on aimait mieux, tous les 4 000 ans ; ce qui était encore plus commode et presque aussi exact[74] ».
Ce faisant, la durée moyenne de l'année républicaine égale à 365,242 25 jours[Note 44] s'approchait au mieux de la durée de l'année tropique mesurée par Lalande. Présupposant implicitement que cette dernière garderait toujours la même valeur, Romme légiférait pour les quarante siècles à venir. Moins d'un siècle plus tard,Le Verrier constatait déjà une réduction de 0,49 s avec365 jours5 heures48 minutes47 secondes et51 centièmes (365,242 216 jours)[143].
En réalité, ladurée de l'année tropique diminue régulièrement d'environ 0,531 9 s par siècle. Enfin, lejour n'est pas constant non plus : larotation de la terre se ralentit, freinée par le perpétuel frottement des marées à la surface solide du globe[Note 59].« Ces remarques montrent la vanité, même en astronomie, des prédictions à trop lointaine échéance », fait observerPaul Couderc[209] ; « les choses se compliquent de façon surprenante si l'on veut embrasser d'excessives périodes en mécanique céleste ».
Il y a ainsi deux options compatibles avec leSystème Romme quant à l'évolution future des années sextiles si le calendrier était resté en vigueur :
une première, celle du projet de réforme préparé parRomme lui-même le19 floréal anIII () avec une année sextile tous les quatre ans (la première étant l'an IV), sauf les années séculaires, exceptées celles dont le millésime est divisible par 400 sauf celle du quarantième siècle[36],[Note 60] ;
DansConnaissance des temps à l'usage des astronomes et des navigateurs pour l'année sextileVII de la République, publiée en mai 1797 par le Bureau des longitudes, Delambre expose saMéthode pour trouver les sextiles du Calendrier français[171] et proposeune règle astucieuse d'intercalation qui respecte à la fois l'articleIII et l'articleX, dès lors que l'on adopte pour longueur de l'année la valeur de 365,242 222 jours obtenue par Lalande.
Le calendrier républicain est repris par laCommune de Paris, notamment par sonJournal officiel[212] qui privilégie l'articleIII sur l'articleX du décret du4 frimaire. Cela concerne trois arrêtés du : le premier sur la délégation à la guerre (15 floréal anLXXIX)[213], le deuxième relatif à la destruction d'une chapelle "expiatoire" de Louis XVI (16 floréal anLXXIX)[214] et le troisième sur l'organisation des chemins de fer (16 floréal anLXXIX)[215]. Les dernières éditions du26 floréal[216] au4 prairial anLXXIX (16-)[217] portent en titre à gauche la date républicaine, à droite la date grégorienne.
Malgré le rétablissement du calendrier grégorien, certains militants ou écrits anarchistes continuent d'utiliser le calendrier révolutionnaire (ou en double). Ainsi, en 1938 àAlmeria, le journalLa Voz de la FAI organe de laFédération Anarchiste Ibérique d'Andalousie, utilise cette datation[219].
Calendriers privilégiant l'articleIII sur l'articleX du décret du4 frimaire anII
Fontaine àOcton,Hérault datée du5 Ventôse an 109 (24 Février 1901).
Calendrier républicain de l'an 197 del'ère des français, édité par la Commission Culturelle Municipale deSaint Siméon de Bressieux.
Un autre legs du calendrier révolutionnaire est un certain nombre deprénoms tirés du calendrier[220],[Note 63] et passés dans l’usage courant (voirprénom révolutionnaire), et l’usage du deuxième prénom qui se répand dans toutes les couches sociales[225].
Plus anecdotiquement, le calendrier républicain a été utilisé — essentiellement de l'anII jusqu'en l'anIX — pour fournir un patronyme aux enfants trouvés : si les prénoms attribués restent classiques, l'enfant recueilli va se voir imposer comme patronyme le nom du jour où il a été déposé ou enregistré, ou — plus rarement — de l'un des jours voisins. Il y a ainsi, dans la période considérée, une floraison de Mélisse, Argile, Andive [sic], Vertu, Poule ou Oranger[226].
Les calendriers ci-contre et ci-dessous sont ceux de la première option, le projet de réforme préparé parRomme lui-même le19 floréal anIII () avec une année sextile tous les quatre ans (la première étant l'an IV), sauf les années séculaires, exceptées celles dont le millésime est divisible par 400 sauf celle du quarantième siècle[36].
Les nombres,romains ou non, correspondant aux années du calendrier républicain sont cliquables et permettent d'afficher le calendrier républicain complet de l'an sélectionné.
DansConnaissance des temps à l'usage des astronomes et des navigateurs pour l'année sextileVII de la République, publiée en par leBureau des longitudes, l'astronomeDelambre propose unerègle d'intercalation respectant à la fois l'articleIII et l'articleX du décret du4 frimaire anII (). Il dresse ainsi la table des quatre-vingt-dix-sept années sextiles des 400 premières années du calendrier républicain depuis sa promulgation le14 vendémiaire anII jusqu'au qui termine l'année sextile CD et marque la fin du premier cycle républicain de quatre-cents ans[173].
Le calendrier républicain a été en usage en France jusqu'au sénatus-consulte impérial[128] du22 fructidor anXIII () qui abroge ce calendrier et rétablit le calendrier romain (grégorien) à partir du11 nivôse anXIV (). L'an XIV, commencé le1er vendémiaire anXIV () et arrêté le10 nivôse anXIV (), ne dura que trois mois et huit jours (très exactement cent jours).
une premièreArticle X(Système Romme) (les 3 colonnes de gauche de la table ci-dessous), celle du projet de réforme préparé parRomme lui-même le19 floréal anIII () avec une année sextile tous les quatre ans (la première étant l'an IV, sauf les années séculaires, exceptées celles dont le millésime est divisible par 400 sauf celle du quarantième siècle ;
une secondeArticle III(Modèle Delambre) (les 3 colonnes de droite de la table ci-dessous) qui consiste à privilégier l'articleIII sur l'articleX du décret de la Convention : les années sextiles sont déterminées de façon que le1er vendémiaire tombe chaque année sur l'équinoxe automnal.
Dans ce projet de réforme, rétroactivement, les ansIII,VII etXI cessent d'être sextiles pour devenir ordinaires ; ils sont respectivement remplacés par les ansIV,VIII etXII qui passent rétroactivement d'ordinaires à sextiles[Note 64]. C'est l'option retenue pour tous lesmodèles de calendrier républicain depuis l'an XV, en tête de liste, le nouveau calendrier républicain qui, à chaque équinoxe, apparait pour la première fois en dernière position dela liste des Mois républicains et permet de vérifier l'exactitude du nombre de jours complémentaires de l'année qui vient de s'achever.
Le code des couleurs de la table ci-dessous permet de savoir si le calendrier Romme d'une année républicaine est en avance, synchrone ou en retard avec le calendrier des équinoxes de la même année[Note 65].
Pour les 97 années sextiles de ce premier cycle de 400 ans, la comparaison entre les deux tables fait ressortir 5 fois la même correction d'un décalage d'un an de la date qui fixe le début de l'année sextile (et accessoirement la publication de l'arrêté[Note 66] jusqu'à l'abrogation du calendrier républicain), et ce en raison de l'heure de l'équinoxe des calculs de Delambre que l'IMCEE a observé ou calculé tombant la veille peu avant minuit : 1 auXIXe siècle, 2 auXXe siècle, aucune auXXIe siècle et 2 auXXIIe siècle, et« c'est là le défaut véritable du calendrier français[Note 67] ».
Delambre prévoyait dès la fin duXVIIIe siècle que l'équinoxe d'automne de l'année 2025 arriverait le (à 18 h 19 m 16 sUTC[7]) et marquerait le début de l'année républicaine CCXXXIV ; ce que chacun peut également vérifier[211] sur un convertisseur de calendrier où prévaut la règle de l'équinoxe de l'article III du décret du4 frimaire.
Pendant le premier quart du siècle, on constate une alternance de périodesbiennales chacune où le calendrier de la première option est en avance d'un jour sur celui de la seconde puis redevient synchrone.
La seconde moitié du siècle voit d'abord la continuité de l'alternance du quart de siècle précédent puis commence une longue période synchrone de quelque trente trois années laquelle s'achève par deux périodes où le calendrier de la première option est de nouveau pendant trois ans en avance d'un jour sur celui de la seconde pour redevenir synchrone l'année qui suit.
Fabre d'Églantine,Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République française, au nom de la Commission chargée de la confection du calendrier, Imprimerie nationale, 1793-1794, 33 p.(lire en ligne)lire en ligne surGallica.
Michelde Cubières-Palmézeaux,Le Calendrier républicain : poème suivi d'une Ode au "Vengeur", et de quelques autres poèmes... (poème lu à l'assemblée publique du Lycée des Arts le 10 Frimaire de l'an III), Tessier,, 86 p.(lire en ligne),p. 1-11lire en ligne surGallica.
Blocquel,Manuel pour la concordance des calendriers républicain et grégorien, depuis la première année (1792-1793), jusques et compris la vingt-cinquième année (1816-1817), Lille, Blocquel, 168 p.(lire en ligne).
Fabre d'Églantine etCamille Flammarion,Curiosités de la science : Rapport fait à la Convention nationale, dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, au nom de la Commission chargée de la confection du Calendrier (1792), Paris, Ernest Flammarion,, 256 p.(lire en ligne),p. 227-257lire en ligne surGallica.
Bureau des longitudes,Le calendrier républicain : de sa création à sa disparition, suivi d'une concordance avec le calendrier grégorien (Cet ouvrage retrace, à partir d'archives et de documents divers, l'historique du calendrier républicain qui fut utilisé en France de 1793 à 1806 de sa création à son abolition et donne la correspondance avec le calendrier grégorien utilisé de nos jours. Il expose en outre les arguments en faveur de son établissement et les critiques qui ont entraîné sa disparition.), Paris, Éditions de l'Observatoire de Paris,, 137 p.(ISBN2-90-105716-0 et9-78-290105716-1,OCLC59950454,présentation en ligne,lire en ligne).
↑« Par une heureuse coïncidence, la République avait été proclamée le, c'est-à-dire le jour même où le soleil arrivait à l'équinoxe d'automne en entrant dans le signe de laBalance, ce qui faisait commencer l'année avec le début d'une saison tandis que le ne correspond avec l'ouverture d'aucune. On vit là dedans la main de la ci-devantProvidence ou plutôt duDestin qui avait tout combiné pour fournir à l'ère nouvelle la plus logique initiale[8] ».
↑L'Almanach des Honnêtes Gens deMaréchal fait suite à deux autres de ses publications : en 1781,« L'An Premier du règne de la Raison », édité à« Athéopolis » (Théopolis signifie « cité de Dieu » engrec),Ad majorem gloriam virtutis : Fragmens d'un poeme moral sur Dieu[16], puis en« L'An de l'ère Vulgaire 1784 » le« Livre échappé au déluge ou Psaumes nouvellement découverts, composés dans la langue primitive, par S. Ar. Lamech, de la famille patriarchale de Noé, translatés en françois par P. Lahceram, parisipolitain[17] » (anagrammes des noms de l'auteur), dans lequel, poussant jusqu'à l'excès sa mordantehyperbole, il parodie la bible et s'oppose à la religion.
↑Présentation de l’Almanach par sonauteur[18] : « [...] On a divisé chaque mois de cetAlmanach des honnêtes gens pardécades, c’est-à-dire de dix en dix jours en sorte qu’il y a dans l’année36 décades : les6 jours excédant les360 jours, serviront d’épagomènes & peuvent être consacrés si l’on veut à des solennités purement morales : Par exemple,
Une fête de l’Amour au commencement du printemps, le ouPrinceps,
Une fête de l’Hyménée, au commencement de l’été, le ouTer.
Une fête de la Reconnaissance en automne, le ouSextile.
Une fête de l’Amitié, en hiver le.
La fête de tous les grands Hommes,aémères, c’est-à-dire, dont on ne sait point la date de la mort & de la naissance, le ouun-décembre, [...] »
↑« Tout porte à croire que l'Almanach des honnêtes gens ne fut pas inutile aux réformateurs de 1793. Un tel livre ne pouvait guère leur être inconnu. Il avait été réédité, sous des titres divers, en 1791 et en 1792[20]. D'autre part la forme des deux calendriers présente la plus grande analogie. On s'est contenté, semble-t-il, en 1793, d'accommoder le travail de Maréchal aux exigences de la situation nouvelle, et notamment, de l'imprégner d'esprit républicain[21] ».
↑Pour son humiliation,Maréchal purge cette peine, non dans la célèbreBastille, où étaient enfermés les opposants politiques, mais à la sinistre prison parisienne deSaint-Lazare, où étaient enfermés les gens« de mœurs douteuses ».
↑Dans le numéro de la veille[28],Le Moniteur universel publie en première page un avis où l'on peut lire« Pour satisfaire l'empressement du public à se procurer le Moniteur, nous allons faire tirer cette Gazette nationale à un nombre considérable d'exemplaires,depuis le 10 de ce mois, époque de la liberté et de l'égalité, et qui pourront être distribués le 25 ».
↑« Lalande,Monge,Lagrange,Dupuis et autres savants coopérèrent à l'appropriation d'ensemble et aux concordances astronomiques du nouveau calendrier, mais c'est àGilbert Romme que revient incontestablement le principal mérite de cette audacieuse réforme qui a été l'objet d'attaques passionnées et dont on ne saurait cependant méconnaître les vues larges et la portée scientifique[35]. »
↑a etbUne nouvelle nomenclature des mois qui ne soit« ni céleste, ni mystérieuse […] toute puisée dans notre révolution dont elle présente ou les principaux événements, ou le but, ou les moyens », dans l'ordre :la République,l'Unité,la Fraternité,la Liberté,la Justice,Égalité,Régénération,Réunion,Jeu de Paume,la Bastille,Peuple etla Montagne[44].
↑« Nous devons fixer invariablement notre jour intercalaire au moment où la position de l'équinoxe le comportera. Après une première disposition, que la concordance avec les observations astronomiques rend nécessaire, la période sera toujours de4 ans[45] ».
↑Cette division décimale du jour, de l'heure, etc. n'est rendue obligatoire pour les usages civils qu'à partir de la troisième année de la République compte tenu des changements qu'elle demande à l'horlogerie[46].
↑Article 9 du décret de la Convention nationale concernant l'ère des Français : Les mois, les jours de la décade, les jours complémentaires, sont désignés par les dénominations ordinales, premier, second, troisième, etc., mois de l'année; premier, second, troisième, etc., jour de la décade ; premier, second, troisième, etc., jour complémentaire.
↑« Ajournement indéfini du décret sur le calendrier »4. 4 Le calendrier républicain avait été décrété le 5 octobre 1793, sur la proposition de Romme. On voit que Robespierre eut l'intention de s'opposer à l'exécution du décret qui fut le signal de ladéchristianisation[51].LeMoniteur universel du relate les débats sur le nouveau calendrier présenté par Romme[48]. Les 5 premiers articles sont adoptés sans problème, et le députéBentabole ouvre la discussion pour le 6e en demandant l'ajournement du projet auquel s'oppose le députéLebon.L'article VI corrigé soumis au vote est adopté sans que Robespierre prenne part au débat ; il est numéroté VII dans le décret publié[50].
↑« Du reste, rien que des noms de nombres. Les jours et les décades ne se désignent plus que par leur numéro. Les jours suivent les jours, égaux dans le devoir, égaux dans le travail. Le temps a pris la face invariable de l'Eternité[55]. »
↑Fabre d'Églantine, rapporteur, au nom de la Commission formée pour la nomenclature des mois et des jours, fait un rapport sur cet objet, et propose un décret qui, après quelques amendements développés dans la discussion, est adopté en ces termes :« La Convention nationale, rapportant l'article 9 du décret du 14 du 1er mois, décrète que la nomenclature, les dénominations et les dispositions du nouveau calendrier, seront conformes au tableau annexé au présent décret[62] ».
↑L’abbé Siéyès soulignait en que« le temps n’est pas venu de faire des changements dans la division de l’année : nos habitudes, nos rapports si multipliés avec les habitudes des peuples environnants et des siècles qui ont immédiatement précédé le nôtre se présentent comme une masse trop importante à remuer[69],[70] ».
↑D’après les travaux deCatherine Trümpy(de), la diffusion du calendrier macédonien aurait eu comme conséquence, dans la plupart des cités d’Asie Mineure, de déplacer le début de l’année du solstice d’été à l’équinoxe d’automne[76].
↑LesMoniteur universel des ansII[64],[77],III[78],[79],IV[80],[81],V[82],[83]VI[84],[85]VII[86],[87]VIII[88],[89]IX[90],[91]X[92],[93]XI[94],[95]XII[96],[97]XIII[98],[99]XIV[100],[101]continuent d'afficher les cinq premières années la double computation (date républicaine date grégorienne[102]) qui est abandonnée au cours de l'An VI (disparition de la date grégorienne[103]) et pendant la majeure partie duConsulat avec l'arrêté du14 germinal anVI ()[104]« Tout journal et ouvrage périodique dans lequel l'ère ancienne, qui n'existe plus pour les citoyens français, se trouvera désormais accolée à l'ère nouvelle, même avec l'addition des mots vieux style, ainsi qu'il a été indécemment pratiqué jusqu'à ce jour, sera prohibé en vertu de l'article 35 de la loi du19 fructidor anV ». Elle reprend auMoniteur universel dès le30 frimaire anXI () de la semaine deNoël[105],[106], alors queBonaparte estconsul à vie depuis le14 thermidor anX ().
↑14 germinal anVI () : Arrêté introduisant le culte décadaire[110],[104]. Ce sera un échec.
↑Arrêté du14 germinal anVI ()[104]« Tout journal et ouvrage périodique dans lequel l'ère ancienne, qui n'existe plus pour les citoyens français, se trouvera désormais accolée à l'ère nouvelle, même avec l'addition des mots vieux style, ainsi qu'il a été indécemment pratiqué jusqu'à ce jour, sera prohibé en vertu de l'article 35 de la loi du19 fructidor anV ».
↑« Cette idée, tant moquée depuis, ne manquait ni de grandeur ni d'habileté ; mais cette rationnelle imagination de mettre à chaque quintidi l'animal domestique d'utilité le jour, à chaque décadi, l'instrument aratoire de service le lendemain, d'énumérer tout le long de l'an les productions diverses du règne animal, du règne végétal, du règne minéral, allait se briser contre une habitude de dix-huit siècles et le rire d'un peuple catholique trouvant à la place de ses canoniséspotiron,âne,topinambour,salsifis,cochon,pioche,fumier,chiendent,serpette,laitue,muguet,haricot,melon[111]. »
↑Durant la période de validité du calendrier républicain, le jour deNoël fut cinq fois le jour du chien (ans II, III, V, VI et VII), sept fois le jour dusoufre (ans IV, VIII, IX, X, XI, XIII, XIV), et une fois le jour dubitume (an XII)
↑Dans son exposé général du12 fructidor anVII (),Briot demandait entre autres réformes urgentes la suppression de toutes les fêtes nationales autres que celles du14 juillet, du10 août, du21 janvier et du1er vendémiaire. Ces fêtes demeurèrent en honneur sous le Consulat et ne furent abrogées que par l'Empire[127].
↑Dans leur exposé des motifs du Sénatus-consulte présenté auSénat lors de sa séance du15 fructidor anXIII ()[128], les rapporteursRegnaud de Saint-Jean d'Angély etMounier font l'apologie du calendrier républicain, et précisent que si les deux défauts ci-dessus mentionnés ne s'y étaient pas trouvés,« Sa Majesté impériale et royale ne se serait pas décidée à en proposer l'abrogation ».
↑« Et quant à prendre l'équinoxe d'automne comme époque initiale de l'année », noteMarc de Vissac, « c'était revenir à l'usage des Chaldéens, des Perses, des Syriens, des Phéniciens, des Carthaginois ; c'était recommencer l'ère de Séleucus[75] ».
↑« L'Angleterre et la Suède ne se sont alignées sur la réforme qu'en 1752 ; il leur fallut sacrifier onze jours : l'an 1600, bissextil dans les deux calendriers, n'avait pas changé l'écart, mais l'an 1700 l'augmenta d'un jour. Lorsqu'en Angleterre le eut pour lendemain le, des cortèges de protestataires parcoururent les rues en criant : “Rendez-nous nos onze jours”[132]. Il est vrai que le début de la même année 1752 avait été avancé de trois mois (et amené au) : c'était beaucoup à la fois pour des cœurs fidèles à la tradition[133]. »
↑« Si le calendrier républicain s'était maintenu, il nous faudrait, pour toutes les dates antérieures à 1792, procéder au travail deréduction, assez délicat et parfaitementoiseux, qui nous est imposé pour les dates des dix ans de l'histoire révolutionnaire. Il y a lieu d'espérer, pour les pauvres historiens, que de pareilles plaisanteries ne se renouvelleront pas[136]. »
↑a etbCette valeur est très proche de la durée moyenne d'une lunaison égale à29 jours12 heures44 minutes et 2,8 secondes.
↑« Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le ou immédiatement après », donc le dimanche après la premièrepleine lune advenant pendant ou après l'équinoxe de printemps.
↑En400 ans d'un cycle grégorien, il y a303 années de365 jours – dont 3 années séculaires – et 97 années bissextiles de366 jours – dont 1 année séculaire – d'où la valeur moyenne de 365,242 5 jours.
↑À la demande deGrégoire XIII, des mathématiciens et des astronomes jésuites desuniversités de Salamanque etde Coimbra préparent les bases d'un nouveau calendrier depuis 1579. Ils connaissent la durée de l'année tropique calculée parCopernic (1473-1543) (365 jours5 heures49 minutes et16 secondes), mais n'ont sans doute pas encore connaissance des travaux deTycho Brahe (1546-1601) (365 jours5 heures48 minutes45 secondes et5 dixièmes)[143].
↑« D'après le système décadaire, l'année aurait dû être divisée en dix parties, mais, en prenant pour base de la division des mois les douze révolutions de la lune autour de la terre, il fallait admettre douze mois. La nature commandait ici l'infraction à la règle décimale[146]. »
↑Dès le début des travaux de la Commission, Lalande était déjà réservé quant à l'opportunité d'un changement de calendrier et« représenta en vain que l'objet unique du calendrier est que l'on s'entende, et le résultat de tout changement est que l'on soit longtemps à ne s'entendre pas ; que le changement introduit par Grégoire XIII avait été une sottise et qu'il ne fallait pas en faire une seconde[150] ».
↑Ce sont les règles qui fixent la manière de distinguer les années communes de365 jours et les années bissextiles de366 jours.
↑ab etcDans le projet de réforme préparé parRomme, au nom duComité d'instruction publique, le19 floréal anIII (), il y aurait une année sextile tous les quatre ans, la première étant l'an IV et non l'an III, avec ces précisions :« Art. 2 : Les années sextiles se succéderont de quatre en quatre ans, et marqueront la fin de chaque franciade. Art. 3 : Sur quatre années séculaires consécutives, sont exceptées de l’article précédent la première, la deuxième, la troisième années séculaires, qui seront communes. Art. 4 : Il en sera ainsi de quatre en quatre siècles, jusqu’au quarantième, qui se terminera par une année commune ». En 4 000 ans, on aurait de la sorte 3 031 années de365 jours – dont 31 années séculaires – et 969 années sextiles de366 jours – dont 9 années séculaires – d'où la valeur moyenne de 365,242 25 jours.
↑Il eût fallu dire, pour être tout à fait clair :« Ce n'est que dans cent vingt-neuf ans d'ici environ, — (le rapporteur écrivait en l'an II), — c'est-à-dire en l'anCXXXI de la République[155]. »
↑Le jour intercalaire de Jules César se plaçait juste avant le 24 février. Il s'agissait donc d'un « bis ». On nommait le 24 févriera. d. VI Kal. Mart., soitante diem sextum Kalendas Martias, ce qui signifie « le sixième jour avant lescalendes de mars » ; le « bis » se disait donc tout naturellementa. d.bis VI Kal. Mart., soitante diem bis sextum Kalendas Martias : « le sixième jourbis avant lescalendes (le premier jour) de mars ».Une annéebissextile comprend deux fois le sixième jour avant le premier mars ; « deux fois [le] sixième » se ditbis sextus en latin ; par l'ajout du suffixe-ilis, est dérivé l'adjectifbissextilis, d'où « bissextil » en français.
↑Un décret du19 brumaire anII () précise que« la quatrième année de chaqueFranciade, qui doit recevoir le jour intercalaire, sera appelée l'année sextile[159] ».
↑La première année sextile devant être l'an III, la premièreFranciade était censée avoir commencé à l'équinoxe d'automne de 1791, un an avant l'établissement de l'ère républicaine[160].
↑Delambre qui aurait pu l'aider n'était pas à Paris, mais battait la campagne pour mesurer le méridien terrestre. La campagne d'observation de 1793 s'achève le 24 janvier 1794 et Delambre rentre à Paris à la fin du mois[151].
↑« Je proposais de rétablir l'intercalation Grégorienne, avec une modification très légère qui la perfectionnait, sans la rendre plus difficile. […] En3600 ans le calendrier Julien mettait900 intercalations, c'était 28 de trop. Le calendrier Grégorien en a retranché 27 ; il en reste une à retrancher, ce qui se fait commodément, en rendant commune l'année 3600 et ses multiples. […] Enfin, je proposais d'ajouter une troisième règle qui était de supprimer une bissextile tous les3600 ans, ou, si l'on aimait mieux, tous les4000 ans ; ce qui était encore plus commode et presque aussi exact[74] ».
↑« L'appellation donnée aux mois était cependant une trouvaille, bien queCharlemagne eût déjà, dans notre pays même, adopté des noms qui, dans leur idiome, signifiaient pareillement :mois d'hiver,mois de boue. Mais cette appellation, quoique charmante, avait l'inconvénient de n'être applicable qu'au climat de la France ; on se fit donc la plus étrange des illusions en s'imaginant qu'elle serait adoptée dans tous les pays[75]. »
↑« Dans le texte primitif du rapport deFabre, tel qu'il fut lu à laConvention le3e jour du second mois, le second mois de l'été s'appelait non pasThermidor, maisFervidor. […] Dans l'intervalle qui s'écoula entre la lecture du rapport et sa publication, Fabre substitua, de sa propre autorité et sans consulter de nouveau la Convention, le nom deThermidor à celui deFervidor. […] Le mot deFervidor n'est peut-être pas heureux ; mais celui deThermidor a l'inconvénient d'introduire une expression d'origine grecque dans une nomenclature dont tous les autres termes sont latins[175] ».
↑« Reste la qualification de Sans-Culottide attribuée aux jours complémentaires ; mais elle jure, on en conviendra, avec l'esprit et le goût français. Fabre d'Eglantine l'avait senti. Aussi cherchait-il dans son rapport à la faire consacrer par l'histoire. […] Cette assertion hasardée, ne saurait rien enlever au grotesque de l'expression[145]. »
↑« Ce dernier jour s'ouvrait une espèce de carnaval politique durant lequel toute licence était laissée à la manifestation de la pensée vis-à-vis des hommes en place : le moral, le personnel et les actions des fonctionnaires publics étaient livrés en pâture à la malignité des citoyens. Chansons, allusions, caricatures, pasquinades, ironie et sarcasmes de la foule servaient de salaire à celui des élus du peuple qui l'avait trompé ou qui s'en était fait mésestimer[190]. »
↑« Dans le calendrier républicain, l'année débute le jour où tombe àParis l'équinoxe d'automne. Des astronomes étaient chargés de déterminer l'instant du phénomène et un décret fixait ensuite le commencement de l'année. Une difficulté était à prévoir : lorsque le passage du Soleil à l'équinoxe d'automne a lieu très près de minuit, à Paris, un minime écart entraîne une incertitude d'un jour entier. SelonDelambre, le cas se fût posé pour l'anCXLIV (144) de la République. (En fait, le Soleil est passé à l'équinoxe d'automne le, à23 h 48, heure de Paris)[9]. »
↑En 3 600 ans, on aurait de la sorte 2 728 années de365 jours – dont 28 années séculaires – et872 années bissextiles de366 jours – dont 8 années séculaires – d'où la valeur moyenne de 365,242 22 jours.
↑La rotation de la Terre sur elle-même qui détermine le passage des jours et des nuits, ralentit sur le long terme, à cause principalement des effets d'attraction luni-solaire. De plus, notre planète est perturbée par ses constituants internes (noyau, manteau) et externes (atmosphère, océans).
↑C'est l'option retenue pour l'affichage de ladate actuelle ci-dessous et pour tous lesmodèles de calendrier républicain, qui affichent en 2026 (année CCXXXV) une avance d'un jour par rapport au calendrier privilégiant l'articleIII sur l'articleX du décret du4 frimaire anII ()[210] !
↑LeBureau des longitudes commence sa carrière par une volte-face assez incompréhensible : le8 thermidor anIII (), il demande auComité d'instruction publique de faire adopter le mode d'intercalation proposé par Romme et les astronomes. Le14 thermidor anIII (), il propose, au contraire, de ne rien changer aux dispositions existantes[112].
↑D'après l'article1er de la loi du11 germinal anXI (),« à compter de la publication de la présente loi, les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l'histoire ancienne, pourront seuls être reçus, comme prénoms sur les registres de l'état civil destinés à constater la naissance des enfants; et il est interdit aux officiers publics d'en admettre aucun autre dans leurs actes[221] ». Cette règle vise surtout les nouveaux prénoms, commeMarat,Lepeletier,Beaurepaire ouBrutus, apparus dans la foulée de la Révolution[220], et cette disposition est reprise dans l'article 57 duCode civil du30 ventôse anXII ()[222]. Ce cadre est assoupli en 1966, avec une circulaire du ministère de la Justice qui donne un cadre d’« application pratique » au choix des prénoms[223], et les trois nouveaux alinéas de l’article 57 du Code civil de la loi du[224], qui donnent une plus large liberté dans le choix des prénoms, abrogent définitivement la loi du11 germinal anXI ().
↑a etbLes illustrations de l'Exemple de calendrier républicain ou celle du mois républicain et des calendriers consultables par un clic sur leur numéro en chiffres romains de la barre inférieure (Mois républicains) duProjet de réforme préparé par Romme, qui correspondent à des calendriers réellement édités et appliqués, peuvent rétroactivement paraitreincongrues.
↑En 2025, l'An CCXXXIV (Système Romme), qui privilégie l'articleX, est synchrone avec leModèle Delambre privilégiant l'articleIII du décret du4 frimaire anII (). En 2026, l'An CCXXXV est,mutatis mutandis, en avance d'un jour.
↑Le Comité rapporte sondécret du6 nivôse, qui charge la Commission d'instruction publique de faire graver et imprimer deux calendriers perpétuels en forme de tableaux, présentés par l'éditeur Thuillier deVersailles, etNouet, attaché comme astronome à l'Observatoire[165]. La Commission est chargée de suspendre sur-le-champ le travail et de payer ce qui se trouve fait en exécution de l'arrêté cité.
↑Parmi ces 5 corrections, on trouve des sextiles douteuses de Delambre :« J'ai fait ces calculs, et je n'ai trouvé dans les quatre premiers siècles aucune sextile à déplacer, par effet des perturbations ; mais les équinoxes des années 144, 301 et 362 (Ndlr : 1935, 2090 et 2153) arriveront si près de minuit, qu'on ne pourra peut-être jamais savoir, même après l'observation, quel jour précisément ils seront arrivés. C'est là le défaut véritable du calendrier français. Il faudra s'en tenir au résultat du calcul, et ce résultat est encore subordonné au degré de précision que peuvent avoir les tables. Quand on calcule les équinoxes de toutes les sextiles, il est aisé, par ce qui précède, de distinguer celles qui sont douteuses ; quand on ne calcule que les sextiles retardées par les périodes de 29 et 33 ans, on ne voit que les sextiles douteuses en — ; mais il est aisé d'en conclure celles qui sont douteuses en ÷, car ces dernières précèdent toujours de cinq ans une sextile retardée, en sorte que le doute en général ne porte que sur l'année où le retard doit s'opérer[227]. »
↑Jour du Génie (18/19 septembre)2 jour complémentaire anII () ;2 jour complémentaire anIII () ;2 jour complémentaire anIV () ;2 jour complémentaire anV () ;2 jour complémentaire anVI () ;2 jour complémentaire anVII () ;2 jour complémentaire anVIII () ;2 jour complémentaire anIX () ;2 jour complémentaire anX () ;2 jour complémentaire anXI () ;2 jour complémentaire anXII () ;2 jour complémentaire anXIII ().
↑Jour du Travail (19/20 septembre)3 jour complémentaire anII () ;3 jour complémentaire anIII () ;3 jour complémentaire anIV () ;3 jour complémentaire anV () ;3 jour complémentaire anVI () ;3 jour complémentaire anVII () ;3 jour complémentaire anVIII () ;3 jour complémentaire anIX () ;3 jour complémentaire anX () ;3 jour complémentaire anXI () ;3 jour complémentaire anXII () ;3 jour complémentaire anXIII ().
↑Jour de l'Opinion (20/21 septembre)4 jour complémentaire anII () ;4 jour complémentaire anIII () ;4 jour complémentaire anIV () ;4 jour complémentaire anV () ;4 jour complémentaire anVI () ;4 jour complémentaire anVII () ;4 jour complémentaire anVIII () ;4 jour complémentaire anIX () ;4 jour complémentaire anX () ;4 jour complémentaire anXI () ;4 jour complémentaire anXII () ;4 jour complémentaire anXIII ().
↑Jour des Récompenses (21/22 septembre)5 jour complémentaire anII () ;5 jour complémentaire anIII () ;5 jour complémentaire anIV () ;5 jour complémentaire anV () ;5 jour complémentaire anVI () ;5 jour complémentaire anVII () ;5 jour complémentaire anVIII () ;5 jour complémentaire anIX () ;5 jour complémentaire anX () ;5 jour complémentaire anXI () ;5 jour complémentaire anXII () ;5 jour complémentaire anXIII ().
↑Jour de la Révolution (22/23 septembre), etuniquement les années sextiles6 jour complémentaire anIII () ;6 jour complémentaire anVII () ;6 jour complémentaire anXI ().