Pour les articles homonymes, voirCadien.
Cet article concerne le groupe ethnique desÉtats-Unis. Pour les Acadiens résidant auCanada, voirAcadiens.
| 432 449 | |
| 56 000 | |
| Reste des | 91 000 |
| Population totale | ~ 597 729 (1990) |
| Langues | Français cadien,anglais |
|---|---|
| Religions | Catholicisme |
| Ethnies liées | Acadiens,Français,Canadiens Français |
LesCadiens, ouCajuns (enanglais :Cajuns/ˈkeɪd͡ʒənz/), forment un groupeethnique enLouisiane dont les ancêtres sont lesAcadiens, descendants de colonsfrançais qui ont été déportés soit durant la seconde moitié duXVIIIe siècle en provenance de l'Acadie, soit auXIXe siècle de laNouvelle-Écosse, de l'Île-du-Prince-Édouard et duNouveau-Brunswick auCanada.
L'Acadiane oupays cadien, enLouisiane, est d'ailleurs un territoire officiellement reconnu qui abrite la grande majorité des Cadiens.
Ladéportation des Acadiens est une période historique marquante de l'histoire acadienne. Elle fait elle-même partie d'une période plus longue de l'histoire de l'Acadie appeléeGrand Dérangement.
« Cajun » est l'orthographe utilisée dans lemonde anglophone[1] et reprise à tort par la plupart des francophones hors de Louisiane[2] car c'est en fait une déformation péjorative d'« acadien »[3]. Les Louisianais préfèrent d'ailleurs l’orthographe« cadien(ne) »[1], quoique la prononciation locale s’apparente parfois à ce qu’on épellerait« cadjin(e) »[1],[3]. Le mot est dérivé étymologiquement d’« acadien »[2].
Théoriquement les Cadiens sont descréoles au sens strict du terme, à savoir toute personne d'ascendanceeuropéenne née dans lescolonies, mais beaucoup de Louisianais font maintenant une distinction entre ces deux étiquettes. En effet lesCréoles en Louisiane renvoient plus spécifiquement aux colons réfugiés deSaint-Domingue auXIXe siècle, à la suite desrévoltes d'esclaves, tandis que les Cadiens sont les descendants des exilés d'Acadie, au niveau de vie plus modeste.


Les Cadiens n'étaient pas les premiersfrancophones à s'installer en Louisiane : la Louisiane était unecolonie française, établie en 1684 et peuplée dès la fin duXVIIe siècle par des immigrants venant duPoitou (Bas-Poitou, la futureVendée), de l'Aunis (cap. La Rochelle), laSaintonge (cap. Saintes), l'Angoumois (cap. Angoulême), deNormandie, deBretagne, desenvirons de Paris et même duQuébec.
Les réfugiés en provenance d'Acadie (les Cadiens) sont venus s'ajouter à cette population déjà en place.
Vinrent également un bon nombre d'immigrants deSaint-Domingue pendant la révolte des esclaves qui mena à la création de l'État d'Haïti. D'autres groupes (colonsespagnols, immigrantsallemands etitaliens) s'assimilèrent graduellement au groupe culturel des Cadiens.
Un premier groupe d'Acadiens dirigés parJoseph Brossard dit Beausoleil quitteHalifax en à destination de Saint-Domingue dans l'espoir d'y retrouver des Acadiens en vie et de remonter vers le Québec via lefleuve Mississippi[4]. Aucun Acadien n'ayant survécu dans l'île, le groupe de 193 personnes décide de s'établir en àLa Nouvelle-Orléans, en Louisiane, alorscolonie espagnole mais toujours sous le contrôle du gouverneur françaisCharles Philippe Aubry[4]. Ce dernier fournit à chaque famille des semences, des outils, un fusil et une parcelle sur la prairie des Attakapas, à l'Ouest de La Nouvelle-Orléans[4]. D'autres Acadiens s'établissent la même année dont quelques-uns sur la Côte acadienne, à Cabannocé, sur la rive droite du Mississippi, au nord de la capitale[4]. Les Acadiens établissent rapidement des fermes prospères[4].
Vers 1767, un réseau destiné à faire venir d'autres exilés en Louisiane est mis sur pied mais le gouverneurAntonio de Ulloa les force à s'installer plus au nord afin de défendre le territoire contre les incursionsanglaises[4]. Cela incite les Acadiens à participer à larébellion de La Nouvelle-Orléans, à la suite de quoi le gouverneur est chassé de la colonie le[4].
Des acadiens exilés en France, en situation difficile, apprennent le succès de l'établissement en Louisiane[4], notamment par Henri Peyroux de La Coudrenière qui, après une visite en 1764, en fait la promotion avec l'aide du cordonnier Oliver Terrio. Ils acceptent un projet[4] d'émigration et c'est en 1785 que 1 596 d'entre eux prennent la direction de la Louisiane à bord de sept navires ; ils s'établissent principalement au bord dubayou Lafourche[4].
La première génération de Cadiens aspire peu à l'aisance matérielle, se contentant d'assurer le confort de leur famille[5]. Des gens de la deuxième génération acquièrent toutefois desesclaves, souhaitant obtenir la richesse et le prestige des planteurs esclavagistes[5]. Ce changement de mentalité nuit à la cohésion de la société[5]. D'ailleurs, au début des années 1860, les planteurs représentent 15 % de la population cadienne mais possèdent 80 % de la richesse, constituée principalement de plantations decoton et decanne à sucre[5]. Les planteurs s'identifient de plus en plus comme desCréoles, le gentiléCadiens étant désormais considéré comme honteux[6].
Les planteurs soutiennent la cause sécessionniste et les paysans s'y opposent mais tous soutiennent la carrière politique d'Alexandre Mouton, un planteur qui a toutefois accordé ledroit de vote à tous les hommes libres et a été gouverneur de l'État de1842 à1846[7]. Ce dernier préside la Convention sécessionniste deBaton Rouge, le, lors de laquelle la Louisiane est déclarée indépendante de l'Union par 113 voix contre 17[7].
Le généralJean-Jacques Alfred Mouton, fils d'Alexandre Mouton, tente de recruter les Cadiens en 1861 mais ceux-ci restent indifférents à la cause confédérée[8]. Ils deviennent de plus en plus hostiles, notamment à la suite de l'adoption de la loi sur la conscription[8]. Les Cadiens souhaitant échapper aux escadrons de la conscription confédérée trouvent refuge dans les territoires contrôlés par lesJayhawkers, des brigands, qui les menacent aussi lors de leurs incursions à la recherche de nourriture[9]. La Nouvelle-Orléans capitule en etOpelousas, enAcadiane, devient la nouvelle capitale[8]. Les forces du général unionisteNathaniel Prentice Banks prennent possession de l'Acadiane en septembre1863[8]. Le bétail est fréquemment confisqué et même les clôtures sont démolies[8]. Lors de la bataille de la prairie Carencro, le, la18e compagnie d'infanterie de Louisiane, sous les ordres d'Alfred Mouton, est placée à l'avant des troupes confédérées[8]. Le général est tué et plus du tiers des soldats cadiens perdent la vie[8].
La guerre a détruit les fermes et les infrastructures alors que les cours d'eau sont jonchés d'épaves, rendant la navigation impossible[10]. L'ordre social s'est aussi effondré et une crise économique frappe l'Acadiane dès1865[10]. Après la guerre, les vétérans, les déserteurs et les Jayhawkers retournent chez eux. L'esclavage est aboli mais les milliers d'esclaves sont réduits à l'errance. Tous ces gens dans le besoin imposent un fardeau important dans le contexte économique difficile[10].
La situation économique difficile accélère l'assimilation des Cadiens[11]. Leur culture et leur langue sont devenues l'objet de dérision alors que la société anglo-américaine est devenue le symbole de la réussite sociale ; les Cadiens pouvant se permettre d'envoyer leurs enfants à l'université choisissent les établissements anglophones[11]. Il n'existe de toute manière que peu d'institutions à l'époque et la plupart des organisations sont informelles[12]. Toutefois, la préservation de traditions et d'événements communautaires comme les boucheries, les coups de main, les bals de maison et les veillées contribue à l'entraide et à la solidarité tout en préservant l'identité cadienne[12]. Les Cadiens continuent de se contenter de peu de biens matériels, même jusqu'au milieu duXXe siècle, par opposition à la prospérité de la société américaine, ce qui contribue à l'idée que les Cadiens sont paresseux[13].
La Constitution de 1921, qui interdit l'enseignement du français dans les écoles publiques de Louisiane, contribue au déclin de la langue.
La culture et la langue connaissent cependant un regain d'intérêt au début du xxi siècle avec des associations et des fondations commeLa Fondation Louisiane ouNous Fondation, la promotion de l'enseignement du français via leprogramme CODOFIL et la visite de l'ambassadeur de France et du Consul général de France en Louisiane en 2023[14].
Malgré leur localisation aux États-Unis, leDictionnaire des peuples classe les Acadiens dans les peuplesnon-occidentaux, de par leur quasi-disparition durant le Grand Dérangement et leur long isolement[3].
Les Cadiens forment une population plus large que les descendants des Acadiens, car ils ont « cadianisé » plusieurs peuples dont desAmérindiens, desNoirs et des immigrants d'autres origines, notamment lesAllemands de Louisiane[3]. Ils sont en fait distincts des autres francophones de Louisiane[3]. Quant au terme « créole », il désigne généralement auXXIe siècle ou bien les descendants d'Africains établis en Louisiane sous le régime français, ou bien l'aristocratie deLa Nouvelle-Orléans.
L'Acadiane est principalement constituée deprairies parsemées de platins — des marais inondés de façon intermittentes — pouvant supporter la croissance de boisés ; il y a aussi une lisière de forêt au bord des cours d'eau[15]. Outre lefleuve Mississippi, les rivières et lesbayous, le milieu compte aussi descoulées, autrement dit de petits cours d'eau[15]. Le paysage le plus typique de la Louisiane, d'une grande importance dans la culture des Cadiens, est la mèche, autrement dit la plaine côtière[16].
Les Cadiens se sont établis en Louisiane selon deux organisations de base, soit lesrangs le long des cours d'eau et leshameaux sur la prairie[17]. À l'origine, les habitations dans la prairie se concentrent dans des anses et beaucoup sont autosuffisantes[18]. Les pirogues, les bateaux plats et les voiliers constituent les principaux moyens de transports mais des chemins sont aménagés sur les digues, ou levées[17].
L'élevage a toujours été un élément important de la culture et de l'économie des Cadiens, facilité par la présence naturelle de prairies, convenant à l'implantation devacheries, autrement dit de ranchs[19]. Ils fournissent la ville de la Nouvelle-Orléans en bœufs, un trajet qui prenait à l'origine deux semaines[19]. L'élevage est toujours marqué par les rassemblements, le marquage à chaud et la conduite[19].
Laculture du riz se développe à la suite de la Guerre de Sécession et devient rapidement un moteur économique important[20]. La couche de terre glaise située à un mètre de profondeur favorise cette culture, qui est tout d'abord faite selon la méthode de providence, qui consiste à construire des digues retenant l'eau de pluie dans les clos[20]. Maurice Brien est le premier à utiliser une machine pour faire la récolte, en1884, augmentant considérablement la production de riz[20]. Du même coup, de nombreuses personnes s'établissent au Sud-Ouest de la Louisiane, dont la population passe de 126 067 personnes en 1880 à 236 399 en 1900, soit 90% d'augmentation[20]. En1894, un système de canaux est creusé près deJennings, permettant l'inondation des clos grâce à l'usage de pompes[20].
La pêche à lachevrette (crevette) est l'activité économique principale dans les bayousLafourche et Terrebonne mais cette pêche est aussi pratiquée tout le long de la côte[21]. Leschevrettiers sont amarrés le long des bayous mais se rendent dans le golfe du Mexique durant la saison de la pêche[21].
L'architecture traditionnelle cadienne est principalement inspirée de l'architecture créole louisianaise mais reprend des éléments de l'architecture acadienne[22]. Les premières maisons reprennent l'architecture desHoumas et sont donc constituées debâtons couverts dechaume fait de feuilles depalmetto[23]. Après quelques années, les Cadiens construisent des maisons depoteaux en terre ou de planches debout, avec un sol deterre battue[23]. Les maisons en poteau sur sole, plus stable, remplacent ces constructions. Les poteaux sont mortaisés dans les madriers et du bousillage remplit l'espace entre les poteaux[23]. La forme des maisons reste pourtant constante au cours duXIXe siècle, avec un plan rectangulaire, une garçonnière — un grenier réservé aux fils adolescents — accessible grâce à un escalier partant de la galerie située à l'avant[23]. Le premier étage ne compte qu'une pièce meublée d'un buffet, d'une table, de chaises, d'une armoire et d'un lit, tous faits à la main encyprès[23]. Des lits pliants et des matelas amovibles complètent l'ameublement[23].

Lamusique cadienne est une forme de musique francophone traditionnelle de Louisiane aux influences multiples (folk, blues, musique créole), traditionnellement interprétée au chant, mélodéon, violons, guitare et 'tit fer (triangle). Elle est encore vivante et chantée en français, même si la pression anglophone est grande.Les Frères Balfa (ou Balfa Brothers, en anglais), formation constituée d'une fratrie de cinq hommes, ont popularisé le genre musical, grâce à des concerts donnés dans les festivals folks des années 1960 et 1970, et à des enregistrements réalisés par des collecteurs français.
Lezydeco, ou parfois « zaricot », est une musique traditionnelle apparentée, au rythme plus syncopé, incorporant plus d'influences africaines, demusique soul,rhythm 'n' blues etblues. Le terme provient du titre d'une chanson,Les Haricots sont pas salés, une sorte de blues pour désigner que les temps sont durs du fait qu'on n'a même pas de la couenne à mettre avec les haricots. Ses plus dignes représentants sont : l'accordéonisteClifton Chenier ou encoreBoozoo Chavis.

Marc Lescarbot a donné naissance à lalittérature acadienne àPort-Royal en1606[24]. Plusieurs visiteurs ainsi que des prêtres ont ensuite écrit sur la géographie ainsi que sur les conditions religieuses et économiques[24]. La situation politique trouble et la lente croissance de la population expliquent le faible nombre de textes produits par les Acadiens durant cette période[24]. Après la Déportation, la littérature prend du temps à réapparaître mais la tradition orale reste florissante[24]. Avec la fondation d'écoles et de collèges auXIXe siècle puis les Conventions nationales acadiennes, les Acadiens et leur clergé commencent à redécouvrir leur identité et leurs aspirations dans un monde d'anglophones[24]. Contrairement à ce qui se fait par la suite dans l'Acadie du Nord, plusieurs auteurs cadiens écrivent en anglais et leur texte diffèrent peu de ceux des autres américains. La littérature cadienne francophone à proprement parler apparait quant à elle en1980, lorsque les éditions intermède Inc. (Montréal) ont publié le recueil poétiqueCris sur le Bayou, naissance d'une poésie acadienne en Louisiane auquelJean Arcenaux a contribué[25]. David Cheramie, Debbie Clifton etZachary Richard ont aussi été publiés, tant aux États-Unis qu'au Canada[25].
Les Cadiens s'adaptent rapidement à leur milieu et se mettent à chasser et trapper des espèces comme lecastor, laloutre, levison, lerat musqué, lechaoui (raton laveur), l'ours, l'alligator, latortue et leouaouaron[26]. Des oiseaux tels que les canards et les oies sont chassés en saison[26]. Leshuîtres, leschevrettes (crevettes), lescrabes et diverses espèces depoissons complètent l'alimentation[26]. Les Cadiens font le commerce des fruits de mer vers la Nouvelle-Orléans dès le début duXIXe siècle[26]. Ils pêchent aussi lesécrevisses, ce qui est à l'origine de l'aquaculture auXXe siècle[26].
La cuisine cadienne est souvent utilisée comme métaphore de la culture cadienne[27]. Elle plonge ses racines dans les cuisinesacadienne,française,espagnole,allemande,anglo-américaine, afro-caribéenne et amérindienne[27]. De la cuisine française proviennent les éléments les plus caractéristiques, dont lamarinade, lesépices et la cuisson lente dans un récipient couvert[27]. Les cuisines espagnole et afro-caribéenne ont introduit l'utilisation de latomate et despiments forts (piments)[27]. Legombo est un potage d'origine africaine — l’oulè guingombo — fait à base d'okra (gombo), un légume apporté par les esclaves[27]. Une autre version du gombo peut être faite à base deroux, un mélange cuit de farine et de matière grasse originaire de la cuisine française[27]. Le filé, dusassafras moulu, est d'origine amérindienne et est utilisé pour épaissir lessauces[27].
Le plat le plus connu de la cuisine cadienne est l'étouffée d'écrevisses, qui portait à l'origine le nom decourt-bouillon[28]. Cuisiné dans les années 1930 à l'hôtel de madame Hébert de Pont-Breaux, la recette fut donnée vers1940 à Aline Guidry Champagne, propriétaire du restaurant Rendez-Vous, qui lui donna son nom[28]. Il figure dans les premiers livres de cuisine des années 1950 et il a contribué à populariser la cuisine cadienne[28]. Pourtant, les écrevisses sont peu utilisées avant les années 1960, la plupart des gens se contentant de les faire bouillir[28]. Le développement de l'aquaculture a incité les cuisiniers comme les particuliers à les préparer en sauce et inventer diverses recettes avec les queues[28]. On trouve aussi laJambalaya, plat d'influence française et espagnole, et apparenté à lapaella.
Latradition orale est bien ancrée chez les Cadiens mais l'arrivée de la télévision et l'anglicisation a relégué les contes et les conteurs au second plan[29]. Un type particulier de conte deMamou est « les histoires de Pascal », constitué d'exagérations, de mensonges et d'absurdités improvisées sur les aventures d'un personnage appelé Pascal[29].
Le français classique duXVIIe siècle (asteur, une bérouette, etc.) et le créole de Louisiane parlé versSaint-Martinville, le « Kouri-Vini ».
L'interdiction de parler cadien est édictée en 1921. Elle est levée en 1968, le français étant réautorisé comme deuxième langue à l'école. Le déclin des locuteurs est cependant continu : le pays cadien comptait un million de locuteurs francophones en 1970 contre 150 000 en 2015. Le Codofil (Conseil pour le développement du français en Louisiane), dont le siège est àLafayette, tente toutefois de préserver la langue française dans la région, tout comme des associations locales, des initiatives individuelles ou des commerces, certains cafés tenant par exemple la tradition de « table française », avec interdiction de parler anglais à certains horaires[30].

La plupart des Cadiens sont des catholiques[31]. Plusieurs traditions para-religieuses existent, dont la bénédiction annuelle des champs decanne à sucre deLa Nouvelle-Ibérie et deJeanerette ainsi que labénédiction de la flottille dechevrettiers[31]. Le poisson et les fruits de mer sont couramment consommés le vendredi et durant lecarême[31]. LeMardi gras est considéré comme la fête « religieuse » la plus remarquable[31].
La médecine traditionnelle cadienne, toujours populaire, plonge ses racines dans les médecines acadienne, afro-louisianaise et amérindienne, toutes fondées sur la même vision du monde[32]. Les traitements sont à la fois mystiques et pratiques ; des prières catholiques, des chandelles et des chapelets sont donc utilisés[32]. Les traiteurs — les guérisseurs — doivent connaître lesplantes médicinales[32]. Ils apprennent en général leur métier d'une personne plus âgée, possèdent chacun un répertoire de prières et acceptent rarement d'être payés pour leurs services[32].
EnLouisiane, leCODOFIL publieLa Gazette de Louisiane en français cinq fois par an. Une autre publication de cet État estFeux Follets, un périodique sur la littérature publié annuellement et comptant 400 abonnés[33]. Fondé en 2019,Le Bourdon de la Louisiane est la seule publication en ligne à publier des articles en français louisianais, en français standard et en créole louisianais[34].
LesÉtats-Unis ne comptent pas de stations de télévision francophones mais laLPB, une station locale du réseauPBS, diffuse certaines émissions en français. Certaines émissions francophones sont aussi disponibles aux abonnés du câble, ainsi que le réseauTV5 Monde[35]. En2008, 19 stations diffusaient de lamusique cadienne oucréole[35].KSCL-FM, àShreveport, diffuse certaines émissions en français alors queKJJB-FM, àEunice, etWRBH-FM, àLa Nouvelle-Orléans, diffusent des nouvelles en français[35].
Selon Brian G. Comeaux, l'organisateur duCongrès mondial acadien deLouisiane en1999, l'internet a permis de rapprocher les Acadiens du monde, probablement plus que les Congrès[36].
Le cinéaste louisianais d'origine cadienne,Glen Pitre, réalisa en 1986 le filmBelisaire, le cajun qui aborde, à travers le héros du film,Bélisaire Breaux, les relations conflictuelles entre les habitants louisianais francophones et l'arrivée d'immigrants anglophones venant peupler la Louisiane au cours duXIXe siècle.
Les courses de chevaux sont populaires jusqu'à ce jour, notamment chez les vachers de la prairie[37]. Les courses desulkys sont populaires jusqu'au début des années 1960 mais les courses au harnais ont disparu[37]. Les courses d'un quart demille sur piste droite sont toujours très populaires et plusieursjockeys cadiens, dontEddie Delahoussaye, sont connus à travers le pays[37].
Le pratiquant d'arts martiauxDustin Poirier est d'origine cadienne compte parmi l'un des meilleurs combattant demma etboxeur au monde.
Armand Duplantis, actuel détenteur du record du monde de saut à la perche et double médaillé d'or olympique dans cette discipline, est le fils d'un père cadien et d'une mère suédoise.
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