Pour les articles homonymes, voirBuckingham.
| Buckingham | |
En haut : vue sur l'avenue de Buckingham et l'édifice du Vieux-Marché ; en bas : le centre de Buckingham et la place Maclaren. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Province | |
| Municipalité | Gatineau |
| Statut | Secteur |
| Quartiers | Beauchampville, centre-ville, Landing, Petit Québec |
| Date de fondation | 1824 |
| Constitution | |
| Conseiller municipal Mandat | Edmond Leclerc 2025-2029 |
| Démographie | |
| Gentilé | Buckinois, Buckinoise |
| Population | 12 795 hab.() |
| Densité | 789 hab./km2 |
| Langue(s) parlée(s) | Français |
| Géographie | |
| Superficie | 1 622 ha = 16,22 km2 |
| Localisation | |
![]() Dans la ville deGatineau. | |
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Buckingham est un secteur de la ville deGatineau, auQuébec (Canada). Situé dans l'est de celle-ci, de part et d'autre de larivière du Lièvre, il s'agit du plus petit secteur de la ville, tant par sa superficie que par sa population, qui s’élève à 12 795 habitants en.
Buckingham est un secteur situé dans l'est de la ville deGatineau, au sud de larégion administrative de l'Outaouais. Il fait aussi partie d'une région connue sous le nom de Basse-Lièvre, qui correspond au sud de la vallée de larivière du Lièvre[O 1]. Le secteur est traversé par cette rivière et se trouve à quelques kilomètres de l'endroit où elle se jette dans larivière des Outaouais[O 2]. Buckingham se trouve à environ 30 km au nord-est d'Ottawa[G 1] et à environ 140 km à l'ouest deMontréal[1]. Avec une superficie de 16,2 km2, il s'agit du plus petit secteur de la ville[G 2]. Il est bordé par le secteur deMasson-Angers au sud et à l'est, ainsi que par la municipalité deL'Ange-Gardien au nord et à l'ouest.
| L'Ange-Gardien | L'Ange-Gardien | L'Ange-Gardien | ||
| L'Ange-Gardien | N | Masson-Angers (Gatineau) | ||
| O Buckingham (Gatineau) E | ||||
| S | ||||
| Masson-Angers (Gatineau) | Masson-Angers (Gatineau) | Masson-Angers (Gatineau) |
Le territoire de Buckingham se situe à la transition entre deux régions physiographiques : la majeure partie du secteur se trouve dans les Laurentides méridionales, tandis que le sud-est s’étend sur les basses-terres du Saint-Laurent[O 3]. Ces deux régions reposent localement sur la province géologique de Grenville, qui fait partie duBouclier canadien[G 3]. La transition entre ces ensembles physiographiques est marquée par une ligne d’escarpement, responsable du dénivelé important entre Buckingham et Masson[O 4].
Le substrat rocheux est principalement constitué deroches métamorphiques. À l'est du secteur[2] dominent legneisscharnockitique et lagranulite, riches en minéraux comme lequartz, lefeldspath et lemica[O 5]. À l'ouest[2], le sous-sol est surtout composé demarbre. Dans le bassin versant de la rivière du Lièvre, ces marbres sont généralement de typedolomitique oucalcitique, et présentent le plus souvent une structure irrégulière, une texture rubanée et des grains grossiers[O 5].

Le principal cours d'eau à Buckingham est larivière du Lièvre, qui traverse le secteur en son centre du nord au sud et qui est marquée par une série de chutes et de rapides. Affluent de larivière des Outaouais, elle s'y jette quelques kilomètres plus au sud, dans le secteur voisin deMasson-Angers[O 6]. Elle sert de première voie de communication et de transport dans le secteur, d'abord au peupleoueskarini, puis aux colons, et joue un rôle de premier plan dans le développement de l'industrie forestière[O 7]. Au cours duXXe siècle, la rivière est aménagée pour la productionhydroélectrique par la construction des barrages Maclaren (1916)[G 4], Rhéaume (1929)[G 5] et Dufferin (1957)[G 6],[O 8].
Buckingham est parcouru par plusieurs cours d'eau de moindre importance. En raison des interventions humaines, leurs tracés d'origine peuvent être difficiles à définir, notamment dans les zones résidentielles, où leurs parcours ont été modifiés par des canalisations, des routes ou des chemins privés[O 9]. La partie ouest du secteur est traversée par plusieurs petits cours d'eau qui se déversent dans la rivière du Lièvre. C'est le cas du ruisseau de la Cinquième Concession, qui s'y jette à la frontière avecL'Ange-Gardien, au nord-ouest de Buckingham. Au nord-est, deux autres petits cours d'eau se jettent également dans la rivière du Lièvre[O 10].
L'extrémité est du secteur est traversée du nord au sud par le ruisseau Pagé. Ce dernier, affluent de la rivière des Outaouais, prend sa source dans les milieux humides situés au sud de L'Ange-Gardien[O 11], et termine sa course dans la baie de Lochaber, dans la municipalité deLochaber-Partie-Ouest[O 12]. Le sud-est de Buckingham est parcouru par le cours d'eau Smith, qui traverse une zone agricole et l'autoroute 50, avant de se jeter dans la rivière des Outaouais, dans le secteur de Masson-Angers[O 9].
Pour un article plus général, voirclimat du Québec.
Buckingham est exposé à unclimat continental humide avec été tempéré (Dfb, selon laclassification de Köppen), caractérisé par une forteamplitude thermique entre les saisons chaudes et froides. Les précipitations, abondantes tout au long de l’année, se manifestent sous forme de pluie, de neige ou de grêle, selon les saisons[G 7].
Une station météorologique est ouverte dans le secteur en, avant d'être fermée en[G 8]. Pour la période de 1961 à 1990, la température annuelle moyenne y est de4,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de31,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 990 mm, avec en moyenne 10 à 15 jours de précipitations par mois[G 9]. Pour la période de 1991 à 2020, la température moyenne annuelle observée à la station météorologique la plus près, soit celle d'Angers, située 11 km à l'ouest de Buckingham, est de5,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de30,8 °C. En moyenne, entre 10,8 et 13 jours de précipitations sont observés par mois[G 10].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −16,5 | −15,5 | −8,7 | −1 | 5,6 | 10,9 | 13,4 | 12,5 | 8,1 | 2,2 | −3,5 | −11 | −0,3 |
| Température moyenne (°C) | −11,2 | −9,5 | −3,7 | 5 | 12,2 | 17,4 | 19,6 | 18,7 | 14,2 | 7,4 | 1 | −7 | 5,3 |
| Température maximale moyenne (°C) | −5,6 | −3,3 | 2,3 | 10,7 | 19,1 | 23,8 | 26,2 | 25,1 | 20,4 | 12,6 | 5,2 | −2,1 | 11,2 |
| Précipitations (mm) | 61,2 | 82,5 | 91,9 | 114,6 | 99 | 97 | 95,4 | 96,5 | 72,2 | ||||
| dont pluie (mm) | 8,1 | 28,8 | 75,6 | 91,2 | 114,6 | 99 | 97 | 95,4 | 94,7 | 59 | 28,5 | ||
| dont neige (cm) | 46,8 | 35,1 | 27,3 | 6,9 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 1,7 | 15,8 | 46,1 | 179,7 |
Le territoire de Buckingham est partagé entre deux domaines bioclimatiques, dont la limite approximative correspond à celle des régions physiographiques. La partie septentrionale du secteur est située dans le domaine de l'érablière à tilleul[O 13], dominé par l'érable à sucre, accompagné notamment dutilleul d'Amérique, dufrêne d'Amérique, de l'ostryer de Virginie et dunoyer cendré[G 11]. La partie méridionale du secteur est quant à elle située dans le domaine de l'érablière à caryer cordiforme[O 13], caractérisé par la présence de l'érable à sucre, ducaryer cordiforme, ducaryer ovale, dumicocoulier occidental de l'érable noir, duchêne bicolore, de l'orme de Thomas et dupin rigide[G 11].
Buckingham est desservi par une route régionale, laroute 315 (R-315), qui traverse le secteur dans un axe nord-sud en longeant la rive est de larivière du Lièvre. Elle relie laroute nationale 148 (R-148) à laroute régionale 309 (R-309), en traversant le secteur deMasson-Angers et la municipalité deL'Ange-Gardien[P 1]. Son tracé emprunte l'avenue de Buckingham, principale artère du secteur[M 1],[P 2], ainsi que la rue Joseph[G 12].
La rue Georges constitue également une voie importante à Buckingham. Elle relie la route 148, dans le secteur de Masson-Angers, au centre-ville de Buckingham, en longeant la rive ouest de la rivière du Lièvre[M 2].
Le sud-est de Buckingham est traversé par l'autoroute Guy-Lafleur (A-50). Une bretelle d’accès à celle-ci est située à l’extrémité sud du secteur, sur l’avenue de Buckingham[M 3]. Deux autres accès, en périphérie, se trouvent dans le secteur voisin de Masson-Angers : l’un au sud-ouest de Buckingham, sur la rue Georges[P 3], et l’autre à l’est, sur l’avenue Lépine[P 4].
Une ligne ferroviaire secondaire traverse l’est du secteur de Buckingham selon un axe nord-sud, le reliant àMasson. Ancienne propriété duCanadien Pacifique[O 14] elle fait maintenant partie de l'embranchement Buckingham deschemins de fer Québec-Gatineau, exploité par la sociétéGenesee & Wyoming. Elle est principalement utilisée pour le transport de wagons chargés dechlorate de sodium, et dans une moindre mesure dechlorite de sodium, en provenance de l'usine de produits chimiques ERCO Mondial[P 5],[P 6], située dans le nord-ouest du secteur.
Le transport de ces matières comporte certains risques, notamment celui d'un déversement. Un tel incident s'est produit en, lorsque quelques litres de chlorate de sodium se sont échappés d'un wagon-citerne, forçant alors l'évacuation de plusieurs résidences à proximité[P 5].
Buckingham, comme les autres secteurs de la ville de Gatineau, est desservi par laSociété de transport de l'Outaouais (STO). Trois lignes d'autobus y sont en service. La ligne 97, une ligne de quartier, dessert les secteurs de Buckingham et de Masson-Angers[M 4]. Elle emprunte l'autoroute Guy-Lafleur pour rejoindre la station Lorrain[P 7], située àTempleton, dans le secteur de Gatineau. Cette station constitue le point d'entrée est duRapibus, un corridor bidirectionnel réservé aux autobus[M 5]. Les lignes 95 et 98, quant à elles, sont en service dans les périodes de pointe et assurent la liaison jusqu'aucentre-ville d'Ottawa[P 8],[M 4].
Le corridor du Rapibus ne rejoint pas encore le secteur de Buckingham. La STO envisage à long terme le prolongement du tracé jusqu'à ce secteur, mais aucune décision n'a encore été prise en ce sens[P 9].
Depuis l'été 2021, un service detransport à la demande est offert dans les secteurs de Buckingham et de Masson-Angers[P 10]. Il permet aux voyageurs de partager un taxi et de rejoindre la station Lorrain, où ils peuvent accéder au réseau régulier d’autobus du reste de la ville[M 6].

Buckingham compte plusieurs pistes cyclables intégrées au réseau de la ville de Gatineau. Trois d'entre elles suivent les principaux axes routiers du secteur. La première, aménagée sur les terrains de la compagnie James Maclaren[M 7], longe l'avenue de Buckingham (R-315) et rejoint le chemin Montréal Ouest (R-148) dans le secteur de Masson-Angers[M 8]. La deuxième, le sentier du Lièvre Est, suit la rive est de la rivière du Lièvre, qu'il franchit à l'aide d'un pont pour atteindre la rive ouest[M 7],[M 8]. La troisième, le sentier du Lièvre Ouest, prolonge le précédent en longeant une partie de la rue Georges. Un projet de prolongement vise à relier le sentier au chemin Montréal Ouest dans le secteur de Masson-Angers, rejoignant ainsi la première piste[P 11].
Le secteur de Buckingham et la ville qui l'a précédé, tiennent ce nom du canton dans lequel la ville a pris naissance. Certains estiment que le toponyme Buckingham a été choisi par les arpenteurs et fonctionnaires souhaitant reproduire le modèle britannique sur le plan toponymique et ainsi constituer une« petite Angleterre » auQuébec. C'est dans ce contexte que sont attribués des toponymes britanniques — commeBuckinghamshire,Devon etDorchester — aux circonscriptions électorales de lapremière législature du Bas-Canada[O 15]. Le nom de Buckingham pourrait ainsi faire référence à laville éponyme, située dans le comté du Buckinghamshire, en Angleterre[O 16].
Le toponyme désignant le canton de Buckingham est attesté dès par les arpenteurs Samuel Gale et Jean-Baptiste Duberger. Ces derniers se réfèrent alors à une carte dessinée en par Patrick Mc Niff, intituléeA Survey of Part of the Ottawa River Fronting the Townships of Chattham, Grenville, Coermarthen, Norfolk, Suffolk and Buckingham[O 17]. Cette utilisation antérieure à la première législature du Bas-Canada pousse l'historien Pierre Louis Lapointe à penser que le choix de ce nom est plutôt le fruit d'une marque d'amiration pourWilliam Pitt,premier ministre de Grande-Bretagne de à, dont le cousin,George Nugent-Temple-Grenville, est nommé marquis de Buckingham en[O 15].
Très peu d'informations sont connues à propos des premiers occupants du territoire de Buckingham et de la Basse-Lièvre.Samuel de Champlain, sur sa carte de, décrit la région de larivière du Lièvre comme étant occupée par lesOueskarini[O 18], soit le« peuple duchevreuil » en languealgonquine[P 12]. Ce peuplesemi-nomade[P 12] — baptisé« Petite Nation » par lesFrançais et« Quieunontatetonon » par lesHurons-Wendat — occupe également le territoire traversé par larivière de la Petite Nation et larivière Rouge[O 18].
À la suite de leurs contacts avec les colons européens, les Oueskarini, comme leurs cousinsalgonquins, délaissent leur mode de vie traditionnel et adoptent des produits européens. Au cours duXVIIe siècle, ils sont décimés par le choc bactériologique résultant de leurs contacts avec les colons et sont chassés de leur territoire par lesKanien'kehá:ka[O 19]. Ce n'est qu'à partir de la fin duXVIIIe siècle qu'ils recommencent à exploiter leur territoire de chasse traditionnel. Ils doivent alors faire face auxMétis et auxHaudenosaunee qui ne reconnaissent pas leurs droits ancestraux dans la région[O 20].
En,Samuel de Champlain remonte larivière des Outaouais jusqu'à l'île aux Allumettes et en recense les principauxaffluents, telle que la rivière du Lièvre. Dès les débuts de la Nouvelle-France, la Basse-Lièvre, comme le reste de l'Outaouais, joue un rôle important dans lecommerce des fourrures, au cœur des échanges commerciaux avec l'Europe. Lecastor, particulièrement, connaît une forte demande en Europe en raison de ses qualités de feutrage. La valeur qui y est associée suscite une ruée vers cette ressource. Dans ce contexte, la région voit le passage de coureurs des bois et d'interprètes[O 21].
Au cours duXVIIe siècle, unesérie de conflits oppose les Français aux Haudenosaunee. La rivière des Outaouais passe alors sous l'influence de ces derniers. Par conséquent, la rivière du Lièvre devient l'un des cours d'eau empruntés pour la contourner, avec les rivièresCoulonge,Désert,Gatineau etSaint-Maurice. La Gatineau, la Lièvre et le Saint-Maurice prennent leur source à une courte distance les unes des autres, ce qui rend possible leportage entre celles-ci après les avoir remontées[O 22].
Sous le régime français, l'Outaouais et la Basse-Lièvre ne font pas l'objet de colonisation, puisque les marchands de fourrures deMontréal s'y opposent, craignant l'arrivée de concurrents potentiels. Ainsi, la région est réservée à la traite des fourrures jusqu'à la fin duXVIIIe siècle, même après laconquête de la Nouvelle-France par laGrande-Bretagne[O 23]. Il n'est toutefois pas possible de prouver l'existence de postes de traite ou d'avant-postes en amont de la rivière du Lièvre[O 22].
Letraité de Paris de confère aux Britanniques la propriété de toutes les terres publiques du Canada. Ainsi, à l'exception de laseigneurie de la Petite-Nation, l'ensemble de l'Outaouais devient possession da la couronne Britannique. La région est dès lors assujettie aux modes de concession établis par le gouvernement, qui varient au cours de la période de à. À partir de, la division des terres publiques est réalisée encantons, comme le prévoit l'article 32 de l'Acte constitutionnel[O 24]. Dès, le toponyme Buckingham apparaît sur une carte de Patrick Mc Niff pour désigner l'un des cantons situés sur la rive nord de la rivière des Outaouais. Il en est de même sur lacarte des arpenteurs Samuel Gale et Jean-Baptiste Duberger, dressée en[O 25].
En, William Fortune, unloyaliste ayant servi l'armée britannique durant laguerre d'indépendance des États-Unis comme guide, capitaine, et colonel de milice, demande au gouvernement l'autorisation d'arpenter le canton de Buckingham et de s'y établir comme« chef de canton » avec ses partenaires. Le, ils se voient accorder un quart du canton, correspondant à 12 000 acres. Dès cette acquisition, William Fortune et ses associés, à l'exception de deux d'entre eux, cèdent à d'autres les lots obtenus. La presque totalité de ces derniers sont acquis par Joseph Bigelow, qui les cède à son tour à son lointain parent, Levi Bigelow, le[O 26]. Ce dernier, qui a l'intention d'établir une colonie agricole sur les rives de la rivière du Lièvre[O 27], est dès lors le plus grand propriétaire terrien du canton de Buckingham[O 28].
Ce n'est qu'en que Levi Bigelow s'installe dans le canton de Buckingham pour s'y construire, avant de débuter ses travaux de défrichement le suivant. En juillet de la même année,Baxter Bowman arrive à Buckingham pour débuter la construction d'unescierie — qui est en opération à partir de — ainsi que d'un moulin à farine en. La scierie de Bigelow, quant à elle, débute ses opérations en. À la suite de l'arrivée de Bigelow et Bowman, la population du canton et du site du futur village de Buckingham augmente considérablement[O 27].
En, à la mort de Bowman,James Maclaren rachète l’entreprise forestière du défunt. Maclaren, unOntarien d'origineécossaise, œuvre alors déjà dans le commerce du bois. En effet, son frère John et lui se sont lancés en affaires dans ce domaine en, en achetant un moulin à bois dans le secteur deWakefield[O 29]. Ainsi, disposant d’un bon bagage de connaissances dans ce domaine, James Maclaren fait croître son entreprise[O 29]. À sa mort, ses fils prennent la relève en étendant leurs activités commerciales vers l’industrie des pâtes et papiers et vers celle de l’hydroélectricité[O 30].
Dans la seconde moitié duXIXe siècle, Buckingham subit de nombreux changements en ce qui a trait à ses infrastructures, sa population, son économie et sa politique. Elle est d'abord un village et, dans les années, le maire George Larkin Parker fait attribuer à Buckingham son statut de ville[O 30]. C’est ainsi que cette dernière devient le« centre administratif, politique et économique de la vallée de la Lièvre »[O 31].
Le premier conseil municipal est formé en[O 32]. Le premier hôtel de ville de Buckingham, quant à lui, est construit au début des années 1900. L’administration publique de la ville s’y exerce jusqu’en, puis elle déménage dans le nouvel hôtel de ville[O 33].
Le paysage politique de la ville est bouleversé à deux reprises par le biais de fusions municipales. La première se déroule le. Les villes de Buckingham et de Masson, les villages d'Angers, deL'Ange-Gardien, deNotre-Dame-de-la-Salette, les municipalités du canton de Buckingham, de Buckingham-Sud-Est et de Buckingham-Ouest fusionnent pour former la ville de Buckingham. En, un vent de mécontentement pousse plusieurs anciennes municipalités à se détacher de la nouvelle entité municipale pour former les villes deMasson-Angers, L'Ange-Gardien et Notre-Dame-de-la-Salette.
| Nom | Période de fonction | Notes | ||
|---|---|---|---|---|
| Début | Fin | |||
| James Wilson | 1867 | 1871 | ||
| McPherson LeMoyne | 1872 | 1873 | ||
| Avec les modifications au code municipal en 1873, les élections se tiennent dorénavant aux deux ans et ce sont les conseillers municipaux qui choisissent le maire[O 34]. | ||||
| John Cosgrove | 1876 | Le maire LeMoyne étant endetté, Cosgrove est choisi pour le remplacer[O 34]. | ||
| H. H. Sauvé | 1877 | 1878 | ||
| James Maclaren | 1879 | 1882 | ||
| À partir de 1883, les élections se tiennent désormais annuellement, à la suite desquelles les conseillers municipaux choisissent le maire parmi l'un d'entre eux[O 34]. | ||||
| H. H. Sauvé | 1883 | Il meurt en fonction en[O 35]. | ||
| James Maclaren | 1887 | Il est choisi pour remplacer le maire Sauvé à la suite de sa mort[O 35]. | ||
| George Lakin Parker | 1887 | 1892 | ||
| Le, Buckingham est incorporée en tant que ville[O 35]. | ||||
| William J. MacKenzie | 1893 | 1893 | ||
| En 1894, des amendements sont apportés à la charte de la ville : le maire est désormais élu directement par la population[O 35]. | ||||
| James Martin | 1894 | 1895 | ||
| Alexander Maclaren | 1896 | 1897 | ||
| John Cosgrove | 1898 | 1899 | ||
| Palma Lahaie | 1900 | 1901 | ||
| John Edward Vallilee | 1902 | 1906 | ||
| William H. Kelly | 1907 | 1908 | ||
| Aristide M. LaPierre | 1909 | 1910 | ||
| En 1911, la charte de la ville est à nouveau modifiée : les élections du maire et des conseillers ont désormais lieu aux deux ans[O 36]. | ||||
| John F. Higgenson | 1911 | 1918 | ||
| Désiré Lahaie | 1918 | 1926 | ||
| Frederick C. Dunscombe | 1926 | 1928 | ||
| Aristide M. LaPierre | 1928 | 1930 | ||
| Wolfe Joseph Costello | 1930 | 1932 | ||
| Philoxime Alphonse Fournier | 1932 | |||
| Philias Matte | ||||
| Elzéar Malette | ||||
| Philias Matte | ||||
| Arthur Latour | ||||
| Reginald Cameron | Il démissionne le[M 9]. | |||
| Ulysse Tremblay | ||||
| Roger D'Aoust | ||||
| Le, les villes de Buckingham et de Masson, la municipalité deNotre-Dame-de-la-Salette, les municipalités de canton de Buckingham, Buckingham-Ouest etBuckingham-Sud-Est, la municipalité de paroisse deL'Ange-Gardien et le village d'Angers fusionnent pour former la nouvelle ville de Buckingham. Ce regroupement est surnommé le« Grand Buckingham »[M 10]. | ||||
| Roger D'Aoust | À la suite du regroupement, il est porté à la tête du conseil provisoire[M 9]. | |||
| Reginald William Scullion | Employé de la fonction publique fédérale[P 13], il occupe d'abord le poste de conseiller municipal de jusqu'à son élection à la mairie. Il meurt en fonction le[M 9]. | |||
| Le, Angers, Buckingham-Sud-Est et Masson se détachent de Buckingham pour former la nouvelle ville de Masson (renommée Masson-Angers en)[3], tandis que Buckingham (ancienne municipalité de canton), Buckingham-Ouest et L'Ange-Gardien font de même pour former la nouvelle municipalité de L'Ange-Gardien[4]. Notre-Dame-de-la-Salette retrouve aussi son autonomie[M 10]. | ||||
| Jacques Lareau | À la suite de la mort du maire Scullion, Lareau est choisi par les conseillers pour le remplacer[M 9]. | |||
| Jocelyne Houle | Elle est la dernière mairesse de la ville de Buckingham[M 9]. | |||
| Le, les villes d'Aylmer, Buckingham,Hull,Gatineau etMasson-Angers fusionnent pour former la nouvelle ville de Gatineau[M 10]. | ||||

Lors de lafusion municipale du des villes d'Aylmer, Buckingham,Gatineau,Hull etMasson-Angers, chacune d'entre elles devient un secteur administratif de la nouvelle ville de Gatineau[O 37]. Celle-ci est alors divisée en 17 districts électoraux, chacun représenté par un conseiller municipal[M 11]. Depuis la dernière révision de la carte électorale (), la ville compte 19 districts, pour tenir compte de sa croissance démographique[M 12].
Le secteur de Buckingham est entièrement compris dans le district du même nom, qui inclut également une partie du secteur de Masson-Angers, au nord de ce dernier[M 13]. Depuis le, l'indépendant Edmond Leclerc représente le district de Buckingham au conseil municipal de Gatineau[P 14].

Les établissements scolaires francophones de Buckingham relèvent ducentre de services scolaire au Cœur-des-Vallées, dont le centre administratif est situé dans le secteur[P 15]. L'enseignementpréscolaire etprimaire y est dispensé dans quatre établissements : les écoles du Boisé, Monseigneur Charbonneau, Saint-Laurent et Saint-Michel[P 16]. L'enseignementsecondaire, est quant à lui offert à l'école secondaire Hormisdas-Gamelin, qui accueille près de 1 700 élèves en[P 17]. Cet établissement dessert également les secteurs avoisinants, comme le secteur deMasson-Angers et la municipalité deL'Ange-Gardien[P 18]. Buckingham accueille aussi un pavillon du centre deformation professionnelle Innovation Outaouais[P 19].
Le secteur compte un établissement scolaire anglophone, l'école primaire de Buckingham (Buckingham Elementary School)[P 20], relevant de laCommission scolaire Western Québec, mais ne compte pas d'école secondaire anglophone. La plus proche,Hadley Junior & Philemon Wright High School, se situe dans le secteur deHull[5].
Aucun établissement d'enseignement supérieur n'est implanté à Buckingham. Plusieurs sont cependant situés dans d’autres secteurs de la ville deGatineau, comme leCégep de l'Outaouais (francophone) et leCollège Héritage (anglophone), les deux seuls cégeps publics enOutaouais[6],[7]. En matière d'enseignementuniversitaire, l'Université du Québec en Outaouais compte deux pavillons dans le secteur de Hull[6].
| 1861 | 1871 | 1881 | 1891 | 1901 | 1911 | 1921 | 1931 | 1941 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 186 | 1 301 | 1 479 | 2 239 | 2 936 | 3 854 | 3 835 | 4 638 | 4 516 |
| 1951 | 1956 | 1961 | 1966 | 1971 | 1976 | 1981 | 1986 | 1991 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 6 129 | 6 781 | 7 421 | 7 227 | 7 304 | 14 328[N 1] | 7 992 | 8 620 | 10 548 |
| 1996 | 2001 | 2006 | 2011 | 2016 | 2021 | - | - | - |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 11 678 | 11 668 | 11 414 | 12 050 | 12 220 | 12 795 | - | - | - |

La population du secteur de Buckingham est légèrement plus âgée que celle de l’ensemble de la ville de Gatineau. En 2021, les personnes âgées de moins de30 ans s’élève à environ 34,3 % dans le secteur, comparativement à 36,5 % pour la ville. À l’inverse, la proportion des habitants âgés de60 ans et plus représentent environ 30 % de la population du secteur, contre 23,5 % pour la ville[M 15].
|
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La presse imprimée apparaît d'abord en anglais à Buckingham, avec la fondation duBuckingham Post en. C'est en qu'est créé le premier journal local francophone, leBulletin de Buckingham, pour pallier le manque d'information en français dans la région[P 12]. La presse écrite locale est ensuite représentée par des périodiques comme leJournal Les 2 Vallées etL’info de la Basse-Lièvre, qui couvrent l'actualité de Buckingham, deMasson-Angers et de certaines localités desMRC desCollines de l'Outaouais et dePapineau[8]. Ces deux publications connaissent toutefois des difficultés financières et suspendent leurs activités respectivement en[P 21] et[P 22].
Bien que l’économie de la ville de Buckingham s’est diversifiée au fil du temps, elle fut d’abord basée sur l’agriculture et l’industrie du bois. Ensuite, elle se tourna vers l’industrie forestière et minière[O 14]. Les citoyens de la ville travaillaient comme bucherons, draveur et mineurs au sein des installations de la compagnie de la famille Maclaren et dans les différentes mines de phosphate qui étaient exploitées à l’époque[O 32].
Avec l’expansion que firent prendre les fils deJames Maclaren à l’entreprise familiale, à la suite de la mort du patriarche en 1892, on vit apparaître des barrages hydroélectriques et une usine de pâtes et papiers, ce qui occasionna une augmentation de la main-d’œuvre au sein de cette entreprise. C’est pourquoi on souligne constamment l’importance de la famille Maclaren au sein du développement économique de Buckingham[O 32].
Enfin, un autre facteur important du développement économique de cette ville fut l’arrivée sur son territoire des installations de la compagnie de produits chimiques ERCO Ltée, jadis appelée « Electric Reduction Company », fondée en 1897[9],[O 38]. Toujours présente sur le bord de la rivière de la Lièvre et toujours en activé aujourd’hui, l'usine qui produit du chlorate de potassium et du phosphate de sodium fut, dans les années 1990, considérée comme l’un des plus importants employeurs de Buckingham[O 39].
Le patrimoine bâti de la ville de Buckingham regorge de sites et de bâtiments anciens qui, par leurs styles et leurs architectures, complémentent l’histoire de la ville. Certains n’existent plus que sur des photographies d’archives, toutefois, plusieurs édifices et bâtiments sont toujours présents et occupés. En voici quelques exemples :
Buckingham est le lieu de naissance de plusieurs personnalités, parmi lesquelles :
D'autres personnalités, sans y être nées, ont vécu à Buckingham. C'est le cas dePaul St-Pierre Plamondon (),avocat, homme politique et chef duParti québécois depuis[P 28].
Les armoiries de la ville de Buckingham sont conçues par le Collège canadien des armoiries deMontréal[M 16]. Elles sont utilisées jusqu'à lafusion municipale du lors de laquelle Buckingham devient un secteur de la ville deGatineau.
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Le, un logotype est adopté par le conseil municipal de Buckingham. Celui-ci est composé d'un ensemble architectural qui vise à établir un lien entre le« passé, le présent et l'avenir de Buckingham ». Les lignes courbes sur lesquelles il repose symbolisent les deux rives de larivière du Lièvre, tandis que la feuille et l'eau évoquent la« qualité du milieu de vie et la nature ». Le bourgogne symbolise la« notoriété conférée à la ville », alors que le vert représente l'« invitation au calme et au repos ». Le logotype vise à traduire l'équilibre entre ces deux éléments et à exprimer un« regard nettement orienté vers l'avenir »[M 17].
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