Dieub ha par en o dellezegezh hag o gwirioù eo ganet an holl dud. Poell ha skiant zo dezho ha dleout a reont bevañ an eil gant egile en ur spered a genvreudeuriezh.
Sa pratique traditionnelle est majoritairement concentrée dans l'ouest de la péninsule, au-delà d'une ligne allant dePlouha au nord jusqu'au pays deMuzillac au sud[6]. AuXe siècle, le breton était pourtant parlé à 20 km de Rennes[7]. La Basse-Bretagne est la ligne de limitation Est du domaine brittophone est la plus discutée[8].
Selon le sondage TMO pour larégion Bretagne réalisé en, il y aurait environ 207 000 locuteurs actifs de plus de 15 ans[9] dans les cinq départements de laBretagne historique, dont 51 % dans leFinistère, ce qui représente au total 5,5 % de lapopulation bretonne[10]. En 2025, un nouveau sondage TMO estime le nombre de locuteurs à 107 000 personnes. Jusqu'en 2018, le breton était après lefrançais la première langue parlée dans larégion de la Bretagne[10]. Depuis les années, il n'est plus attesté de brittophonemonolingue[11].
La langue bretonne, qui avait décliné auXXe siècle, connaît depuis les années un certainregain sous sa forme unifiée.Ya d'ar brezhoneg, ouOui à la langue bretonne en français, est une campagne de promotion et de revitalisation de la langue créée par l'Office public de la langue bretonne en. Cet office,Ofis publik ar brezhoneg en breton, a pour charge de promouvoir la langue et de traiter les questions s'y rapportant. Le breton est de plus en plus présent dans toute la Bretagne, notamment dans la signalisation des rues et des municipalités, mais aussi à la télévision et dans l'enseignement.
En effet, les écolesDiwan, qui dispensent des cours en breton, ont permis cet essor en accueillant 4 242 élèves en. Au sein des écoles publiques, les classes bilingues breton-français existent depuis la rentrée, et accueillent 9 583 élèves en.
La prononciation, le vocabulaire et d'autres aspects de la forme sous laquelle la langue devrait être conservée dans le monde contemporain sont des objets decontroverse. Certains sont partisans d'un bretonpopulaire, d'autres d'une languepurifiée n’utilisant pas ou très peu d’emprunts auxlangues romanes comme legallo, voire le français. Ces controverses portent aussi sur l’écriture de la langue et l'intégration de la diversité dialectale du breton. L'orthographe officielle du breton est lepeurunvan[12].
Du fait de sa proximité immédiate avec leroman, puis legallo et lefrançais, la langue bretonne a intégré au fil des siècles de nombreux mots d'origine latine[15]. Certains termes aujourd'hui jugés fautifs ou considérés comme de récents emprunts à la langue française sont ainsi utilisés en breton depuis très longtemps. C'est notamment le cas pour les termespartout (« partout »), déjà relevé en 1575[16] etlangaj (« langage »), signalé sur leCatholicon en 1499[17].
Le breton est généralement scindé en trois phases historiques :
Cette langue est traditionnellement parlée dans la partie occidentale de laBretagne (ouBasse-Bretagne) à partir d'une ligne allant deSaint-Brieuc (au nord) au pays deGuérande (au sud)[19].
Certains historiens, commeLéon Fleuriot dans son ouvrageLes Origines de la Bretagne : l'émigration (1980), se fondant surCésar etTacite, ont proposé une proximité du breton avec legaulois. Dans lesannées 1950, lechanoine Falc'hun avança que le breton aurait bénéficié d’un apport dugaulois. Pour lui, ceci expliquerait la principale différence duvannetais avec les autres dialectes bretons, à savoir l'accent sur la finale des mots et non la pénultième. Son premier argument consistait en la persistance du gaulois chez lesArvernes jusqu'à une époque tardive, ce qui lui faisait supposer qu’il devait en être de même en Armorique. Cette hypothèse a été contestée entre autres parKenneth Jackson dans son ouvrage sur l’histoire de la langue bretonne en1969, et elle est aujourd’hui rejetée par les spécialistes.
legaulois était accentué sur l’antépénultième, l’initiale ou la finale.
Cette diversité de la position de l’accent tonique dans leslangues celtiques interdirait toute supposition sur la place de l’accent en vieux celtique et ne permettrait pas d’expliquer par un substrat gaulois les spécificités du vannetais[21].
Par contre, la romanisation semble avoir été bien plus avancée dans le vannetais, où les vestiges gallo-romains sont bien plus nombreux que dans le reste de la Bretagne.
Inscription « IRHAEMA * I.N.R.I. » remontant auVIe siècle dans la Chapelle Saint-André de Lomarec àCrach. Ce serait la plus ancienne inscription en breton (après l'important bloc de granite àGomené gravé « CED PARTH SO » (« partie donnée ceci »)[22].
À la suite de labataille de Jengland (851), la Bretagne s'agrège lesMarches de Bretagne, comprenant notammentNantes etRennes. Ces villes romanes exerceront une influence notable dans le recul du breton parmi l’élite bretonne : dès le haut Moyen Âge, le roman de l'Ouest (ancêtre dugallo actuel) tend à remplacer le breton dans l’administration ducale et le dernierduc de Bretagne à parler breton est supposé êtreAlain IV Fergent (mort en1119)[18]. Les archives sont muettes sur l'usage ou non de cette langue par les ducs suivants.
C’est à cette époque que le breton est devenu une langue propre à la Bretagne armoricaine. Il a été étudié parLéon Fleuriot dans sa grammaire et son dictionnaire du vieux-breton.
lemoyen breton, de la fin duXIe siècle à la fin duXVIe siècle. De la littérature de cette époque nous sont parvenus principalement de la poésie et du théâtre, pour la plus grande part d’inspiration religieuse. Des termes et des noms propres en breton apparaissent dans les textes de lamatière de Bretagne et leslais bretons deMarie de France.
Carte montrant l'extension maximum des toponymes en breton.
Vers l’an 1000, en suivant la frontière des toponymes signifiant monastère :Mouster,Monter,Montoir (établis dans une localité à l’époque bretonnante) qui s’opposent au toponyme moutiers (établis dans une localité à l’époque de langue romane), on s’aperçoit que le breton était usité dans une zone correspondant à peu près aux trois départements duMorbihan, duFinistère, et desCôtes-d'Armor, ainsi qu'une petite partie de celui d'Ille-et-Vilaine et lepays Guérandais dans laLoire-Atlantique.
Jusqu’auXIIe siècle, il resta le parler des élites de l’État breton, il ne fut ensuite plus que celui du peuple de Bretagne occidentale ouBasse-Bretagne (en bretonBreizh Izel) quand successivement la noblesse, puis la bourgeoisie, bretonnes se francisèrent en passant du latin au français. Pour l’écrit, leduché de Bretagne employa lelatin puis le français auXVe siècle.
Par ailleurs, aucun des derniers ducs de Bretagne ne s'exprima officiellement en breton, et leur effort de centralisation s'appuyait exclusivement sur l'utilisation du français[26]. Ainsi,Charles de Blois (1341-1364) devait-il recourir aux services d'un interprète lorsqu'il devait s'adresser à ses sujets deBasse-Bretagne[26]. Mais il est vrai que ce prince français devenu duc par mariage était né àBlois. Si la diplomatique bretonne était rédigée en langues romanes, on ne sait rien des langues parlées par les ducs et princes bretons dans la sphère privée. Ceux qui avaient longtemps résidé dans des villes bretonnantes (Guingamp,Hennebont,Vannes...) pouvaient-ils ignorer lalangue vernaculaire ?
Terminé en1464, leCatholicon deJehan Lagadeuc, dictionnaire trilingue breton-français-latin, est à la fois le premier dictionnaire breton, le premier dictionnaire français et le premier dictionnaire trilingue.
Évolution de la langue bretonne du Moyen Âge à l'époque contemporaine.
Après l'union du duché à la France, l’Ancien Régime, faisant peu de cas des langues locales, accepta le breton comme il était : essentiellement une langue vernaculaire et utilisée pour le culte. Cependant l'usage du français fut imposé dans l’administration, suivant l’ordonnance de Villers-Cotterêts, qui prescrivait l’emploi du français dans les cours de justice et les actes officiels. Mais cette imposition fut de portée symbolique, car leduché de Bretagne avait abandonné lelatin pour lefrançais comme langue administrative plus d’un siècle avant leroyaume de France[24],[25].
En1790, l’Assemblée nationale commence par faire traduire dans toutes les langues régionales les lois et décrets, avant d’abandonner cet effort trop coûteux[27]. En1794,Barère effectue une présentation auComité de salut public de son « rapport sur les idiomes », dans lequel il déclarait que« le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton » (Lefédéralisme étant présenté par ceComité comme ennemi de la« République une et indivisible »[28]).
« Je commence par le bas-breton. (...) Là, l'ignorance perpétue le joug imposé par les prêtres et les nobles (...). Les habitans des campagnes n'entendent que le bas-breton ; c'est avec cet instrument barbare que les prêtres et les intrigans les tiennent sous leur empire, dirigent leurs consciences, et empêchent les citoyens de connoitre les lois et d'aimer la République. L'éducation publique ne peut s'y établir, la régénération nationale y est impossible. »
Cet usage imposé de lalangue française, principalement dans l'enseignement, est présenté aussi par ses promoteurs comme visant à élever le niveau de connaissance de la population par l'instruction ainsi que par la diffusion d'une langue commune[29]. Pour les révolutionnaires, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale est un obstacle à la démocratie et aux débats démocratiques, c'est les laisser à la merci de l'arbitraire, mais c'est également un obstacle à la diffusion des idées révolutionnaires : « La monarchie avait des raisons de ressembler à latour de Babel ; dans la démocratie, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale, incapables de contrôler le pouvoir, c'est trahir la patrie […] Nous devons aux citoyens « l'instrument de la pensée publique, l'agent le plus sûr de la Révolution », le même langage »[30].
De l'idée de « langue commune », on passe rapidement à l'idée de « langue unique » demandant l'éradication des autres langues. L’abbé Grégoire déclare en1793 devant de Comité de l'instruction publique :« il est plus important qu'on ne pense, en politique, d'extirper cette diversité d'idiomes grossiers, qui prolongent l'enfance de la raison et la vieillesse des préjugés. », et l'année suivante il rend son« Rapport sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française. »[29].
Le, une loi institue des écoles primaires d’État où les élèves apprennent le français. Le 26 octobre, par décret, la Convention décide que« le français sera seul en usage à l’école ». Le, un décret ordonne la nomination, dans chaque commune où on ne parle pas français, d’un instituteur francophone. Mais, vu le peu d'établissements scolaires, ces mesures ne furent pas suivies d'effets immédiats, l'instruction publique et obligatoire n'étant mise en place que sous laTroisième République[31].
Période romantique : renouveau de la langue bretonne
D'aprèsAbel Hugo, vers 1835 le langage « brezounecq » , vulgairement nommé bas-breton, était la langue maternelle de plus de 1 100 000 habitants sur les 1 556 790 qui composaient la population des départements duMorbihan, duFinistère et desCôtes-du-Nord[32].
En1839,Villemarqué publie leBarzaz Breiz, recueil de chants traditionnels en breton, présentant une « histoire poétique de la Bretagne ». On sait aujourd’hui que certains des textes collectés ont été revus et modifiés par l’auteur, comme le faisaient les auteurs de contes populaires telsCharles Perrault etGrimm, et certains autres textes ont été entièrement composés par lui, maisDonatien Laurent a montré dans sa thèse soutenue en1974 que ces arrangements ne représentent qu'une part minime du recueil. C’est de son œuvre que date lerenouveau littéraire breton. D'autres recueils comme ceux de l'abbéAugustin Conq contenant notamment la chansonBreiz-Izel paraissent en 1937. En1864,Charles de Gaulle, oncle du futurGénéral de Gaulle, lance sonAppel aux Celtes pour la renaissance littéraire et linguistique de la Bretagne et des paysceltes frères.
La lutte contre l'emploi de la langue bretonne par le clergé (journalLa Croix du).Certificat de résidence n°5 avec la mention "a fait au cours du trimestre qui vient de s'écouler les instructions religieuses, y compris le catéchisme, en français" rayée par le maire dePlouguerneau (1903).
La circulaire Dumay du énonce qu'« en principe le budget de l'État n'a pour but que de rétribuer des services accomplis dans la langue nationale et dans l'intérêt français ». Elle vise donc directement les membres duclergé qui, enBasse Bretagne et ailleurs, font usage d'une autre langue que le français pour la prédication et l'instruction religieuse, notamment lecatéchisme. Mais cette circulaire ne fut pas appliquée.
Par contre la circulaire du, signée parÉmile Combes, alorsprésident du conseil, mais aussiministre de l'intérieur etdes cultes, fut appliquée : les maires devaient signer chaque trimestre en vertu duConcordat un certificat de résidence attestant de la présence des curés, desservants et vicaires dans leur commune afin qu'ils puissent recevoir leur traitement[33] ; ce certificat de résidence "modèle 5" fut modifié en fonction de la circulaire, un rajout indiquant pour chaque prêtre « et a fait au cours du trimestre qui vient de s'écouler les instructions religieuses, y compris le catéchisme, en français ». Plusieurs maires refusèrent de signer un tel document, d'autres rayant ce rajout sur le certificat de résidence. En conséquence, 87 prêtres furent, dans le seul département duFinistère, frappés en 1903-1904 par des suspensions de traitement pour « usage abusif de la langue bretonne dans l'enseignement du catéchisme et la prédication » (d'autres l'étant aussi dans les parties bretonnantes desCôtes-du-Nord et duMorbihan, 127 prêtres bretons furent en tout concernés, même si la suspension de traitement ne fut pas appliquée à tous les prêtres qui auraient pu être concernés)[34].
Quelques initiatives particulières ont cherché à promouvoir un certain enseignement de la langue bretonne dans lesécoles chrétiennes, depuis celle dufrère Constantius au début du siècle, aupays de Léon principalement, jusqu’à celle dufrère Seité, après la dernière guerre.
Au milieu duXIXe siècle, selonFrançois Vallée, il existait des écoles privées chrétiennes qui, entre autres choses, apprenaient à lire en breton et en latin, et enseignaient quelques rudiments de français littéraire. Un certain nombre d’évêques, également auXIXe siècle, en Basse-Bretagne, l'évêque de QuimperJoseph-Marie Graveran en particulier, ont essayé d’organiser un enseignement du breton et de l’histoire de la Bretagne, parfois en breton, comme le montre l’histoire de Bretagne en breton rédigée parAnna Mezmeur(br), religieuse de la congrégation du Saint-Esprit.
d’une part, le breton n’est plus enseigné à l’école, car on fait fermer les écoles en breton[37] ;
d’autre part, le français doit être la seule langue utilisée dans les écoles républicaines, y compris dans les cours de récréation. Comme les autres locuteurs des langues parlées en France et dans les possessions françaises d’Outre-Mer, les élèves bretonnants subissent des persécutions officielles au moyen notamment de pratiques humiliantes. Ainsi se répand la pratique dusymbole, petit objet qui passe au cou d’élève à élève pendant la récréation à chaque fois que l’un d’entre eux parle breton, avec une punition pour le dernier élève à l’avoir.
Certains pensent que la politique française vise à imposer pour des motifs idéologiques la langue française comme langue unique de la République. Pour illustrer la vigueur de cette politique, ils s’appuient notamment sur une phrase qui aurait été longtemps affichée dans certaines écoles primaires :« Il est interdit de parler breton et de cracher par terre », phrase qui associe deux interdictions de nature différente, une liée à l’hygiène et une à l’emploi de la langue, censée illustrer la politique d’amalgame et de dévalorisation employée pour parvenir à éradiquer le breton en Bretagne. Orà ce jour[Quand ?] aucune affiche de ce type n'a été mise au jour et les exemplaires étudiés se sont révélés être des montages récents.
Ainsi, il a été affirmé que le Musée rural de l’éducation deBothoa àSaint-Nicolas-du-Pélem dans lesCôtes-d'Armor possédait une telle affiche, or après enquête ce musée ne possède aucune affiche portant une telle mention[38].Fañch Broudig qui a mené une étude sur le sujet[39] a conclu à un faux pour un autre cas impliquant le Musée de l'école rurale deTrégarvan[40]:
« Autant le principe édicté en1897 par l’inspecteur d’académie duFinistère,Dosimont, selon lequel pas un mot de breton ne devait être prononcé ni en classe ni dans les cours de récréation est couramment référencé, autant il est difficile de retrouver trace de l’interdiction « de cracher par terre et de parler breton » […] Sous réserve d’inventaire complémentaire, il faut considérer que la phrase que l’on brandit désormais comme un contre-slogan est, historiquement, une extrapolation. »
Toutefois, le ministère de l’Éducation chercha à proscrire le breton dans les écoles via plusieurs directives[41]. Le même auteur cite, en outre, leRèglement pour les écoles primaires élémentaires de l’arrondissement de Lorient, adopté et arrêté par le Comité supérieur de l’arrondissement en1836 et approuvé par lerecteur d'académie en1842, qui dispose :« Art. 21. Il est défendu aux élèves de parler breton, même pendant la récréation et de proférer aucune parole grossière. Aucun livre breton ne devra être admis ni toléré. » S’exprimer en breton et parler « grossièrement » font l’objet de la même prohibition[42].
Cette action de l'État contre la langue a été« essentiel[le], et, […] déterminant[e] » pour son recul, selon Fañch Broudig, même s'il admet que la disparition du breton se passa dans l'indifférence desBretons qui adoptèrent librement le françaisaprès-guerre afin d'accéder à d'autres connaissances et opportunités. L'accusation d'une « culture humiliée » par l'État est née auXXe siècle et a été développée ensuite par leMouvement breton[43].
Avant laPremière Guerre mondiale, la moitié de la population deBasse-Bretagne ne connaissait que le breton, l’autre moitié étant bilingue breton-français.
Régulièrement, des voix s’élèveront en faveur de l'enseignement du breton, mais elles resteront minoritaires. En particulier, de grandes pétitions (Er Brezhoneg er skol dans lesannées 1930, la grande pétition populaire d’Emgleo Breiz en1967) et des manifestations régulières demanderont l’enseignement du breton.
À partir de1925, grâce àRoparz Hemon la revueGwalarn vit le jour. Au cours de ses dix-neuf années d’existence, elle tenta d’élever cette langue au niveau des autres grandes langues « internationales » en créant des œuvres originales couvrant tous les genres et en proposant des traductions du patrimoine littéraire de l’humanité. Cependant, l’œuvre d’Hémon suscitera de nombreusescontroverses politiques à la suite de sa collaboration pendant l'Occupation.
Pourtant, une première partie des bretonnants passera au français dans lesannées 1930 pour plusieurs raisons :
profitant du fait que le breton soit une langue orale et très peu écrite (les enfants partant bien souvent en mer avec les aînés), l'État impose le français comme langue de communication formelle ;
c’était le moyen de communiquer avec lereste de la Bretagne et de la France, à la suite du brassage national accéléré par le service militaire, laPremière Guerre mondiale et l'amélioration des voies de communication ;
l'éducation nationale interdisait et réprimandait toujours l'usage du breton.
le français était également perçu par les Bretons comme la langue du progrès, permettant de grimper dans l'échelle sociale, face au breton qui restaityezh ar vezh, la langue de la honte, et parler des "ploucs".
l'expatriation de nombreux Bretons, qui partent chercher du travail en dehors de Bretagne, et dont les enfants seront élevés en français.
Dans les années 1930 et 1940, l'associationAr Brezhoneg er Skol propose des cours et des concours de breton[44],[45].
Finmars 1941,Joseph Barthélemy,ministre de la Justice dugouvernement de Vichy déclare :« je m’opposerai à l’enseignement de la langue bretonne dans les écoles primaires »[réf. nécessaire]. Pourtant, le régime de Vichy, influencé par letraditionalismemaurassien etbarressien, se montre conciliant à l'égard des langues régionales : les premières lois en faveur de l'enseignement de ces langues sont dues au ministre vichyssoisJérôme Carcopino. L'objectif de laRévolution nationale, l'idéologie officielle duRégime de Vichy, est de vivifier le nationalisme français chez les enfants en développant chez eux l'attachement au sol natal[46] notamment par l’arrêté du qui autorise l’enseignement facultatif des « parlers locaux » dans les écoles primaires. Lerégionalisme pétainiste prétend unir la grande et la petite patrie présentée comme une communautéréelle par opposition aux « abstractions » administratives issues de laRévolution française et de laRépublique. Ces lois comme l’ensemble des mesures prises par le gouvernement de Vichy, seront abrogées à laLibération.
Yann Kerlann crée la première école en breton (cinq élèves issus de familles du mouvement breton) àPlestin-les-Grèves ennovembre 1942, non loin deLannion, définitivement interrompue en1944. Cette école est dirigée parYann Kerlann qui après la mort deYann Sohier a été le responsable d’Ar Falz, mouvement qui regroupait les instituteurs publics partisans de l’enseignement du breton.
En 1942, R.Panier indique dans la revue "Le Français moderne", que du fait de l'école primaire, duservice militaire ou bien encore de la vie administrative, la totalité de la Bretagne bretonnante est désormais bilingue[47].
Alors que des mesures viennent favoriser l'enseignement des langues régionales, l'abandon du breton par les classes populaires s'intensifie.
Le reste des bretonnants, après laSeconde Guerre mondiale, passera au français pour plusieurs raisons :
l’idée que les opportunités de travail et lapromotion sociale (par exemple pour les emplois administratifs et militaires) passent par la maîtrise du français ;
lechemin de fer a considérablement augmenté les brassages de population (venue de touristes, exode rural vers les villes) ; avec la généralisation des congés payés, on assiste, notamment en été, au retour des émigrés de deuxième génération (nés hors de Bretagne) qui ne parlent plus breton ou le parlent mal ;
la reconstruction faisant suite auxbombardements anglais et américains durant la guerre a nécessité des travailleurs mieux formés, donc des élèves mieux éduqués. Ceci n'était possible que par l'intermédiaire des écoles publiques de la République française dans lesquelles la langue bretonne reste prohibée.
En, le Conseil de la faculté des lettres deRennes émet un vœu en faveur de l’admission du breton à l’oral du baccalauréat :« Les signataires tiennent à affirmer le loyal attachement à la France de tous les Bretons, attachement que garantiraient, s’il en était besoin, les quatre années de résistance acharnée soutenue par la Bretagne contre l’Allemagne et l’échec retentissant infligé aux tentatives de division des complices de l’ennemi. ». En1945,Ar Falz propose de reprendre auxlaïques de Bretagne la pétition interrompue par la guerre, en faveur de l’enseignement de la langue bretonne.
C'est dans lesannées 1950 que l'abandon du breton s'est réellement développé en Basse-Bretagne, pour des motifs queFañch Broudic analyse comme suit :
« Dans le cas de la Basse-Bretagne, le changement de langue n'a pu se faire en particulier que parce qu'un profond mouvement d'opinion s'est, à un moment donné, prononcé dans ce sens. Le pouvoir d'État, à lui seul, ne pouvait l'imposer : les violentes réactions provoquées par les décisions d'Émile Combes en 1902 le prouvent d'abondance. À peine cinquante ans plus tard, la jeunesse féminine opte ostensiblement pour le français et les familles décident de ne plus élever leurs enfants en breton : aucune injonction ne leur avait été adressée en ce sens[48]. »
Selon l'auteur, c'est en définitive le désir de modernité et de changements économiques qui a conduit à l'adoption volontaire du français. Ce remplacement de langue sur quelques décennies, en favorisant les échanges, a eu pour effet de stimuler l'économie de la Bretagne et a profondément changé la société[48].
Peu de bretonnants s’en inquiètent, persuadés que le breton n’est pas l’avenir pour leurs enfants ou, au mieux, que ceux-ci l’apprendront par le fait de vivre dans un milieu bretonnant. Mais dans les années 1950-1970, les enfants exclusivement bretonnants se sont raréfiés, ils sont soit bilingues français-breton soit monolingues français. Puis le bilinguisme s’est progressivement éteint chez les enfants, et au début desannées 1980, le pourcentage d’élèves parlant breton au début de leur scolarisation est marginal. Le breton est alors quasi exclusivement parlé par des adultes qui très rarement savent l’écrire.
En1946, ce futAl Liamm qui prit la suite deGwalarn. D’autres revues existent et font de la langue bretonne une langue à littérature plutôt fournie pour une langue minoritaire.Skol Vreizh,Emgleo Breiz,Al Lanv,Ar Skol Vrezoneg,Mouladurioù Hor Yezh,An Here,Evit ar brezhoneg et d’autres encore.
En1951, est votée laloi Deixonne autorisant l’organisation de cours facultatifs pour quatre langues « locales », dont le breton. Mais l’impact en est réduit, non seulement en raison des dispositions limitées de la loi elle-même et de l’absence de décrets d’application (qui ne paraîtront que trente ans plus tard), mais également à cause de l’application restrictive qui en est faite. De fait, même si l’enseignement était autorisé dans certaines conditions, il n’était possible presque nulle part. Et aucun enseignant n’étant formé, aucun diplôme n’existant, quasiment personne ne pouvait en assurer l’enseignement.
En 1977 ouvre la premièreécole Diwan et en 1982 les premières classes bilingues, dans l'enseignement public. En 1999 la France signe laCharte européenne des langues régionales, mais leConseil constitutionnel l’a déclarée non-conforme à la Constitution. Un amendement constitutionnel permettant sa ratification est voté en 2014 par l'Assemblée nationale, mais le texte est finalement rejeté par leSénat le[51].
Le nombre de locuteurs actifs de la langue sur le territoire de laBretagne historique s'élevait à 172 000 personnes en2009 (données officielles présentées par l'Office public de la langue bretonne et établies selon les enquêtes deFañch Broudig. En 2007, 13 % des habitants de Basse Bretagne et 1 % de ceux de Haute Bretagne affirment parler « très bien » ou « assez bien » le breton. Par ailleurs, 22 % des habitants de Basse Bretagne et 2 % de ceux de Haute Bretagne affirment comprendre le breton (12 % très bien, et 10 % assez bien)[55].
Répartition du nombre de brittophones par pays - 2018
En1950, il n'y avait plus que 100 000 monolingues bretons[56], leur nombre est quasi nul depuis les années 1980[57]. Aujourd'hui, le breton est encore parlé et compris par 13 000 personnes[58], selon les estimations les plus basses et 350 000 personnes selon les estimations les plus hautes, essentiellement des personnes âgées (64 % des locuteurs ont plus de 60 ans). L’Unesco classe le breton parmi leslangues« sérieusement en danger »[5].
Dans son livre et enquêteQui parle breton aujourd'hui ?,Fañch Broudic analyse l’enquête de TMO réalisée en1997 ; à cette date, il y avait très précisément 0,2 % de jeunes de 15 à 19 ans capables de parler breton, soit moins de 500 personnes. En 2007, la part des jeunes de 15-19 capables de s'exprimer en breton est passée à 4 %[59]. En1999, 27 % des parents bretonnants transmettaient leur langue à leurs enfants (Insee, Le Boëtté), ils sont en2007 entre 35 et 40 % (F. Broudic). Fañch Broudic et l'équipe de TMO renouvellent leur sondage en2009 et évaluent le nombre total de locuteurs à minimum 200 000, dont 60 % sont retraités[60]. La pratique occasionnelle reste prédominante : 35 000 personnes seulement parlent le breton quotidiennement[61]. En 2018, un sondage a été effectué par TMO à la demande de laRégion Bretagne ; plus de 8 000 personnes ayant été interrogées, il a été possible d'avoir des données par pays. Un nouveau sondage commandé par la Région Bretagne en 2024 à l'institut TMO révèle que le nombre de locuteurs s'est fortement réduit et est désormais estimé à 127 000 personnes[62]. L'âge moyen des brittophones est néanmoins passé de 70 ans en 2018 à 59 ans en 2024. Le breton compte désormais moins de locuteurs que legallo[62].
Dernièrement[Quand ?], l’association des écolesDiwan a déposé une plainte devant laCour européenne des droits de l'homme pour obtenir des autorités publiques qu’elles respectent les droits linguistiques de la population bretonne[63].Actuellement[Quand ?] il est encore très difficile de mettre en place ou développer l’enseignement du breton[64],[65].
Selon les partisans de nouvelles classes bilingues, dans les écoles publiques, les difficultés d’assurer la continuité de l’enseignement du breton dans les collèges ou lycées, ou d’assurer l’enseignement du breton comme deuxième langue vivante (légalement possible, pratiquement inexistante) ou comme troisième langue sont dues à :
l’interdiction aux élèves étudiant le breton de choisir certaines options (langues ou sciences économiques et sociales, filière S) dans certains établissements, comme lelycée Émile-Zola àRennes[réf. nécessaire] ;
les propositions répétées de regroupement des classes de breton en un seul établissement[réf. nécessaire] ;
la mutation des professeurs de breton malgré la signature d’un accord l’interdisant[réf. nécessaire] ;
le remplacement de professeurs par des cours par visioconférence, à l’efficacité douteuse[réf. nécessaire] ;
la diminution du nombre de postes ouverts au concours duCAPES (concours d’enseignement) de breton[réf. nécessaire].
C’est au vu de cette situation qui rendait difficile l’enseignement du breton que sont créées en1977, les écolesDiwan (legerme), qui pratiquent la méthode par immersion pour l’apprentissage du breton[66]. (Voir encore l’articleControverses sur le breton).
En1982, la circulaireSavary ouvre la possibilité d’une filière de classes bilingues dans l’enseignement. Se mettent alors en place des classes bilingues breton/français dans l’enseignement public à partir de1983, et dans l’enseignement catholique à partir de1990.
Les parents de ces élèves bilingues sont regroupés dans deux associations : Div Yezh (deux langues) créée en1979 pour les écoles publiques, etDihun (éveil) pour les écoles catholiques (1990 :Dihun-56 ;1993 :Dihun Penn-ar-Bed etDihun-Breizh).
Enseignement à Rennes.
La rentrée de septembre 2024/2025 voit les effectifs croître légèrement avec 20 280 élèves inscrits.
3 915 dans les écoles Diwan, toujours en recul
11 057 dans les écoles publiques (Div Yezh)
5 308 dans les écoles catholiques (Dihun), en léger recul
La « Spilhennig » (« la petite épingle »), la nouvelle marque de reconnaissance des brittophones.
En 1999 est fondé l'Office de la langue bretonne (Ofis ar Brezhoneg en breton), association chargée de promouvoir le breton dans tous les domaines de la vie sociale et publique. Une de ses activités consiste à proposer et diffuser les terminologies bretonnes adaptées à la vie contemporaine. L'OLB coordonne le développement de la signalisation routières sur les axes départementaus et communaux ainsi qu'à l'intérieur des agglomérations. Il est à l'origine de la création du logo « spilhennig »[67] et de la charte « Ya d’ar brezhoneg » (Oui au breton) qui vise à promouvoir l'emploi du breton dans les organismes, entreprises et communes de laBretagne historique. Stumdi est un centre de formation crée pour apprendre le breton à un public néophyte ou souhaitant s'améliorer (trois-cent cinquante personnes formées chaque année). En 2010, l'Office de la langue bretonne (OLB) est devenue un établissement public sous le nom deOfis publik ar brezhoneg - Office public de la langue bretonne.
Le, leconseil régional de Bretagne reconnaît officiellement et à l’unanimité le breton et legallo comme« langues de la Bretagne, au côté de la langue française ». Par ce vote, la région« s'engage, en recherchant la plus large association de ses partenaires, et en particulier des cinq départements bretons [les quatre départements de la Bretagne administrative et la Loire-Atlantique], afin de permettre la pérennisation de la langue et de la culture bretonnes »[68]. La région envisage la formation de 150 enseignants par an, et espère atteindre 20 000 élèves dans les filières bilingues en2010. Elle demande de nouveau à la France de ratifier laCharte européenne des langues régionales ou minoritaires.
Aujourd’hui, les médias jouent un rôle important dans la diffusion de la langue bretonne. En tout cas, il s’agit, comme il est mentionné sur la page webwww.kervarker.org « des émissions de radio et de télévision en breton », car « il n’y a toujours pas de chaînes émettant en breton, comme engallois aupays de Galles par exemple. »[69]
Le linguisteFrançois Vallée a entrepris, aussi avec un phonographe, une entreprise similaire entre le 26 et le en enregistrant sur 27 rouleaux de cire desgwerziou chantés parMarc'harit Fulup àPluzunet.
En ce qui concerne la radio, les stations locales diffusent plusieurs heures d’émissions en breton par semaine. Il faut quand même mentionner que jusqu’en 2011 aucune radio bretonne n’était diffusée sur l’ensemble du territoire de laBretagne.
La radioQuimerch (Kimerc’h) a débuté en 1946 avec des émissions de sketches et pièces de théâtre des auteursPierre Trépos etPierre-Jakez Hélias. En 1969 la radioQuimerch est devenueRadio Armorique et de 1977 à 1982, des émissions en breton ont été diffusées 5 heures 30 minutes chaque semaine, en accord avec la « Charte culturelle bretonne ».
LaCharte culturelle Bretonne a été signée en 1977 entre l’État français d’une part et l’Établissement public régional de Bretagne, les conseils généraux desCôtes-du-Nord (aujourd’hui desCôtes-d'Armor), duFinistère, d'Ille-et-Vilaine, duMorbihan et de laLoire-Atlantique d’autre part. En citant la charte, il s’agit d’un acte « de reconnaissance de la personnalité culturelle de laBretagne et l’engagement d’en garantir le libre épanouissement. »[71] La charte a trois points fondamentaux, l’enseignement du breton et de la culture bretonne, la diffusion de la langue et de la culture bretonnes dans la radio et la télévision et finalement elle traite le patrimoine et les activités culturelles.
Radio France a créé une nouvelle station consacrée au breton –Radio France Bretagne Ouest, en 1982. C’était seulement enBasse-Bretagne où les bretonnants peuvent la capter. En 2000 cette radio a changé de nom pourFrance Bleu Breizh Izel et 12 heures d’émissions en breton par semaine ont été ajoutées, ensemble avec 21 heures de plus pour les émissions français-breton.
L’année 1983 a apporté deux nouvelles radios indépendantes. Il s'agissait deRadio Bro Gwened etRadio Kreiz Breizh. Les deux radios sont toujours diffusées aujourd'hui dans certaines zones deBretagne. Radio Bro Gwened dispose de son propre site web, et Radio Kreiz Breizh d'une page dédiée sur le site de l'association Radio Stalig où on peut trouver les objectifs de cette radio :
Promouvoir la langue bretonne en lui donnant le plus d’importance possible dans les diverses émissions radiophoniques.
Informer la population du Centre Bretagne et du Trégor en lui faisant entendre, connaître et comprendre les réalités de ce pays.
Donner la parole aux représentants de la vie associative, aux responsables politiques, socio-économiques et à l’ensemble des citoyens.
Être un outil de diffusion culturelle ouvert à toutes les musiques, à toutes les formes d’expression artistique et plus particulièrement des artistes locaux.
Produire et diffuser des créations musicales et orales[72].
En 1992, le réseau Radio chrétienne de France a lancé une nouvelleRadio-Rivages qui a proposé aussi des émissions en langue bretonne.
Le conseil général du Finistère a accordé une aide financière à l’association An Tour Tan, qui a commencé en 2001 à « retransmettre en différé sur Internet certains des émissions en breton de ces dernières (sauf celles deRadio Bro Gwened, qui n’est pas dans le département) ». Les premières émissions écoutées en direct sur l’internet ont été lancées en 2003 par laRadio Kerne. Depuis 2005, l’association Stalig assure la diffusion par internet de Radio Kerne, Arvorig FM, Radio Bro Gwened et Radio Kreiz Breizh.
En 2008 est officialisé « Brudañ ha Skignañ », un réseau de radios associatives en langue bretonne. Il regroupeRadio Kreiz Breizh,Radio Bro Gwened,Radio Kerne etArvorig FM. Ce réseau est soutenu par leConseil régional de Bretagne, et les conseils départementaux duFinistère, duMorbihan et desCôtes-d'Armor[73]. Il permet aux radios associatives de produire un journal d'information quotidien en langue bretonne basé sur la mise en commun du travail des journalistes des différentes rédactions.
En 2006 fut crééBrezhoweb, la première chaîne de télé intégralement en langue bretonne. Cette chaîne de télé conventionnée par leCSA est diffusée sur le web.
Les autres chaînes télévisées présentent aussi des émissions en langue bretonne, telles queFrance 3 Bretagne qui diffuse des émissions en breton depuis 1971,TV Breizh (groupeTF1) qui a été créée en 2000 a diffusé des programmes en breton jusqu'en 2011, ou encore les chaînes locales commeTébéo,TébéSud etTV Rennes lancée en 2005.
Certains[évasif] ont un sentiment négatif envers la télévision et ses émissions :
« À la télévision moins d’une heure hebdomadaire, régulièrement diminuée à l’occasion d’événements sportifs, est loin de satisfaire le public bretonnant. Il n’existe pas d’émissions pour enfants ni pour les personnes apprenant la langue. À noter que FR3 touche en plus de la redevance des subventions du conseil général duFinistère ainsi que du conseil régional pour le développement de ces émissions. Résultats : aucun. Où va l’argent[69]? »
Actuellement[Quand ?] le champ de la presse en langue bretonne s'élargit continuellement. Les actualités régionales ou internationales en breton sont disponibles sur papier, telles les revuesBremañ (mensuel)[74] etYa (hebdomadaire)[75], ou en version électronique sur Internet, commeBremaik.
Parmi les représentants de la presse bretonne se trouvent des revues littéraires, linguistiques et culturelles :Aber,Al Lanv,Al Liamm,Brud Nevez,Hor Yezh,Kannadig Imbourc'h,Nidiad. Elles fonctionnent sur la base du bénévolat, aucun rédacteur n'étant payé.
Il est intéressant de mentionner les articles écrits en langue bretonne et paraissant dans la presse régionale française. Ils ne sont pas nombreux, mais on peut trouver des exemples dans le travail d’Annaig Renault, les articles de Lionel Buannic dansLe Télégramme et l'édition d'une page en breton le jeudiSpered ar yezh.
Quelques journaux locaux publient régulièrement des articles en breton. On trouve, ainsi des articles en breton dans des revues à faible tirage avec souvent une couleur politique, telles queAn Dasson,Le Huchoèr,Le Peuple breton,Minihi Levenez,Tudjentil Breizh ouWar Raok !. Ou dans des journaux apolitiques comme l'hebdomadaireLe Trégor.
« La langue bretonne serait donc un anachronisme de l’Ancien Régime, et l’on se souviendra du discours de Barrère à la Convention : « la superstition parle bas-breton ». Le français bénéficie donc, contrairement au breton qui n’existe pas légalement, de la protection de la constitution et des lois, car si tous les citoyens sont égaux, une seule langue est plus égale que les autres[76]. »
Nombre decatholiquesbretons prirent la défense de la langue et l’illustrèrent de leurs œuvres. L’Église n’a pas toujours été indifférente à la spécificité linguistique bretonne. Elle n’a tenté à aucun moment[réf. nécessaire], dans les siècles passés, de faire adopter la langue française officielle aux Bretons qui parlaient leur langue et restaient attachés à leurs traditions. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que l’Église a largement abandonné le breton dans ses œuvres, langue qu'elle réserve aujourd’hui à quelques prières lors de pardons ou à de rares messes en breton.
Le breton était le véhicule privilégié de l'évangélisation et de l'apostolat en Basse-Bretagne. Ainsi en fut-il au Moyen Âge où l'ensemble des prêtres parlaient cette langue, en plus du latin, et mirent en place la première orthographe unifiée du breton (caractérisée par la notation de la nasalisation en « -ff ») que l'on retrouve dans les textes en vieux-breton. L'apostolat en langue bretonne a perduré jusqu'au début duXXe siècle comme l'atteste l'édition de catéchismes en langue bretonne et le succès d’œuvres religieuses telles queBuhez ar sent (« vie des saints » en langue bretonne, 1907).
Aujourd'hui, en dehors des publications de la maison d'éditionMinihi Levenez qui est liée audiocèse de Quimper et Léon ou de celles de la maison d'édition Imbourc'h, qui publieKannadig Imbourc'h, organe de l’organisation de laïcs catholiques bretonnants Emglev An Tiegezhioù (L'Entente des familles), le breton est très peu l'objet de créations dans l’Église. LeDiocèse de Saint-Brieuc et Tréguier organise cependant régulièrement des messes en breton, appréciées du public brittophone encore très présent[77].
Position de l’Église vis-à-vis du breton auXXe siècle
Au moment du conflit entre l’Église et l’État sous la TroisièmeRépublique (début duXXe siècle), le clergé de l’évêché deQuimper, auquel les autorités avaient interdit de prêcher et de faire lecatéchisme en breton[78], a mené pendant un certain temps un véritable combat pour la langue bretonne[79]. Dans un port de pêche faisant à cette époque figure de petite ville, alors que le catéchisme dans cette localité se faisait en breton et en français, le catéchisme en français étant réservé aux familles bourgeoises, les prêtres de la paroisse passaient dans les familles populaires pour demander aux parents d’envoyer leurs enfants au catéchisme en breton, la tendance des couches populaires étant de s’intégrer culturellement à la classe bourgeoise dominante et donc d’envoyer leurs enfants au catéchisme français.
Après la seconde guerre mondiale, l'apostolat et le catéchisme se font rarement en breton. On tient cela du fait que l’Église avait affaire à des fidèles qui comprenaient de moins en moins le breton, et qui réclamaient souvent que la prédication et le catéchisme se fassent en français[80] ; dans un article publié en 1957 par la revueLes Cahiers du Bleun-Brug, peu de temps avant sa nomination comme évêque auxiliaire de Quimper, le chanoineVisant Favé s’inquiète de l’abandon de la langue bretonne par ses concitoyens, et observe qu’une « langue qu’on ne parle plus aux petits enfants au foyer est une langue condamnée à disparaître comme langue vivante »[81]. À ces impératifs pratiques, il faut aussi ajouter que l’Église, acceptant l’État français tel qu'il est et vivant en concorde avec celui-ci, accepta de développer des catéchismes et une liturgie en langue française, en adéquation avec les politiques de francisation de la population bretonne, et en dépit de la langue bretonne.
Mais l'explosion de l'enseignement bilingue, notamment dans les écoles catholiques, et l'engouement nouveau pour la langue bretonne à partir des années 1970 puis 2000, amènent l’Église à reconsidérer peu à peu la prise en compte de la langue bretonne[82].
Mouvements et publications d’inspiration chrétienne avant-guerre
À la suite du conflit entre l’Église et l’État, pour réagir, il fallait mettre en place tout un système d’enseignement du breton. Il y eut quelques initiatives vers1900-1914 dont leBleun Brug créé en1905 par l’abbé Perrot. Tandis que l'évêqueAdolphe Duparc facilitait l'apprentissage du breton dans les écoles catholiques du diocèse de Quimper et Léon, puis y rendait obligatoire l'enseignement du breton en 1942[83], avant que la mesure ne soit rapportée quelques années plus tard.
De nombreux mouvements d’inspiration chrétienne de défense de la langue bretonne, se sont fait jour enBretagne occidentale :
Dans leFinistère, le mensuelFeiz ha Breiz, relancé en 1900, est entièrement rédigé en breton ; il fera peu à peu office d'organe de l'association catholique bretonnanteBleun-Brug ;
Dans leTrégor, par exemple, sont parus pendant longtemps des hebdomadaires populaires entièrement rédigés en breton et inspirés par l’Église, plus ou moins directement :
Kroaz ar Vretoned, dirigé parFrançois Vallée (Abherve), né en 1860, et qui fut publié jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale ;
Breiz, dont les rédacteurs furentErwan Ar Moal (Dir-Na-Dor) et Aogust Bôcher (Ar Yeodet) (journal hebdomadairecatholique qui fut imprimé jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale).
Au pays deVannes, l’évêché, bien qu’il y ait eu des publications chrétiennes en breton publiées par la librairie Galles-Lafolye (dont la revueBrediah er Fé), n’était pas intervenu pour créer ou soutenir un mouvement bretonnant d’inspiration catholique au début du siècle dernier, les manifestations bretonnes dans cette région étant organisées sous la responsabilité du « Bleun-Brug » du diocèse deQuimper.
Cependant, la revue mensuelle rédigée entièrement enbreton vannetais, « Dihunamb », fondée au début du siècle parLoeiz Herrieu etAndré Mellac, qui parut jusqu’en1944, bien qu’étant parfaitement indépendante, peut être considérée comme une revuecatholique.
Il faut citer aussi les ouvrages catholiques en langue bretonne et destinés aux fidèles. Ainsi les nombreux livres decantiques etmissels qui ont permis la conservation de cantiques anciens. Un des exemples les plus célèbres fut le livreBuez ar Zent (La Vie des saints) écrit par le chanoine Morvan à la fin duXIXe siècle, qui décrit en breton et parfois de manière très romancée la vie des saints en suivant le calendrier catholique. Écrit enbreton cornouaillais, ce livre était lu chaque jour dans toute la Bretagne bretonnante.
Mouvements et revues d’inspiration chrétienne après-guerre
Lesquelles furent remplacées pendant un certain temps par :
Kroaz Breiz, devenueBleun-Brug en 1951. Cette dernière revue subsista comme revue d’étude bilingue, dirigée par le chanoineFrançois Mevellec, jusqu’en 1984 ;
la revueAr Cʼhrist d'an Indianed, (Le Christ aux Indiens), inspirée surtout par l’expérience missionnaire de l’abbéYouenn Troal sous l’égide du « Fidei Donum » au Pérou ; cette revue parut au cours des années 1960. La revueImbourc'h publia le journal de son second séjour parmi les Amérindiens à la fin desannées 1980. À son retour, il futrecteur dePlounéour-Ménez, dans la région deMorlaix, et fit paraître à cette époque des textes d’inspiration religieuse dans la revueAr Fulenn (L’Étincelle) dirigée par lui.
la revue d’étude mensuelleImbourc'h, liée à une initiative laïque, qui paraît régulièrement depuis 1969, et qui a publié un grand nombre d’œuvres religieuses, comme la traduction desConfessions de saint Augustin ou des écrits autobiographiques desainte Thérèse de l'Enfant Jésus, ainsi qu’une version en breton duBréviaire romain, en une dizaine de volumes.
Actuellement[Quand ?], depuis lesannées 1990, subsistent principalement trois associations : Minihi Levenez, installée àTréflévénez, qui, en plus de ses activités directement religieuses (messes et récollections, pèlerinages et jusqu'au début des années 2010, catéchèse et aumônerie), est également devenu une maison d'édition publiant des ouvrages liturgiques et catéchétiques en breton[84] pour le diocèse de Quimper-et-Léon dans l'écriture dite "universitaire" ; Emglev An Tiegezhioù qui regroupe des laïcs et des prêtres qui s'occupent des éditionsImbourc'h et cherchent à maintenir une sensibilité catholique au sein de l'Emsav politique et culturel actuel ; etTiegezh Santez Anna, installée àRoudouallec, qui allie une vie spirituelle ascétique en breton (Liturgie des Heures faite quotidiennement en langue bretonne) et la défense des traditions bretonnes, notamment les pardons et costumes bretons[85].
Parmi les activités inspirées par la foi et s’exprimant en breton, il faut signaler :
les retraites prêchées par l’abbéAr Floc'h, ainsi les « carêmes » qui furent également prêchés plusieurs fois de suite en breton au cours des années 1960-1970, dans une des paroisses de la ville deBrest.
la « Kenvreuriez ar Brezoneg » (« Confrérie du Breton »), association fondée au séminaire deQuimper en 1894 et refondée en 1942 avec les encouragements d'Adolphe Duparc comme association de prêtres chargée de « maintenir et de propager la langue bretonne dans le diocèse »[86]. Après une période de sommeil après la Seconde Guerre mondiale, la « Kenvreuriez ar Brezoneg » fut relancée après leconcile Vatican II.
Sous la direction deVincent Favé, entre 1965 et 1997, elle assurera la traduction en breton de l'Ordo Missae, du lectionnaire des dimanches et des rituels des sacrements, destinés plus spécialement au diocèse de Quimper ; elle publiera une traduction des quatre évangiles en 1982 :Aviel Jezuz-Krist, puis des autres livres du Nouveau Testament en 1988. La « Kenvreuriez ar Brezoneg » avait ainsi une sorte d’existence officielle au diocèse de Quimper[87].
Jusquerécemment[C'est-à-dire ?], il n’existait aucune œuvre bretonnante soutenue officiellement par aucun des évêchés bretons, sauf le centre de rencontrebretonnant de Minihi Levenez, dirigé par l’abbéJob Irien, qui publie une revue bimestrielle ainsi que des traductions de textes liturgiques, particulièrement une partie de laPrière du Temps Présent (Pedenn an deiz, 1988), unmissel des fidèles (Leor an overenn hag ar zakramanchou, 1997) et une nouvelle traduction du Nouveau Testament en 2002 (An Testamant Nevez. Kelou Mad Jezuz, or Zalver). Cependant l’ensemble des activités des bretonnants catholiques du diocèse de Quimper, même soutenues par la hiérarchie, se situeactuellement[Quand ?] au niveau d’une élite.
Le,Lucien Fruchaud, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier crée officiellement une commission « foi et culture bretonne » préparée en mai 1995 au Guiaudet en Lanrivain, pour « se mettre à la disposition des recteurs et de tous ceux qui souhaiteraient réfléchir afin que la population bretonnante prenne conscience de sa richesse culturelle, de son patrimoine religieux et vive sa foi sans renier son identité ». « Nous ne pourrions pas prétendre être attentif à la vie des hommes sans tenir compte des racines culturelles de chacun et plus particulièrement de celles qui ont été entretenues par l'appui d'une langue particulière ». « Il se trouve qu'une grande partie du diocèse s'exprime en langue bretonne...etc ». Cette commission élaborera une charte concernant la foi et la culture bretonne queFruchaud signera le ; elle sera actualisée et complétée le.
Le, à la demande de sonconseil presbytéral,Clément Guillon, évêque de Quimper et de Léon, institue une commission diocésaine « langue et culture bretonnes » « pour promouvoir l'utilisation de la langue bretonne dans la vie de notre Église diocésaine là où c'est possible et souhaitable, par exemple dans les domaines de la liturgie et de la catéchèse, et plus largement, de prendre en compte tout ce qui touche à la culture bretonne et à ses rapports avec l'Église »[90].
En,François-Mathurin Gourvès, évêque de Vannes et bretonnant de naissance, publie une lettre pastorale intitulée « Le renouveau de la culture bretonne : un défi pour l'Église » où il rappelle l'importance de la langue bretonne comme référence culturelle et religieuse[91].
D'autre part, depuis l’année2000 et à l'initiative de l'évêché de Saint-Brieuc et Tréguier, il existe une commission interdiocésaine mise en place par les trois évêchés de la Bretagne occidentale pour établir de nouveaux textes liturgiques et unmissel à l’usage de ces trois évêchés ; les évêques de laBretagne occidentale répondent ainsi à la demande formulée par Rome de présenter une version unique dumissel pour les trois évêchés, la version antérieure ayant été établie uniquement pour le diocèse deQuimper. Ce travail pour un missel romain a reçu l'imprimatur du Vatican en 2013[92].
Une date importante a été celle duDictionnaire celto-breton deLe Gonidec (1821), augmenté parLa Villemarqué vers1847 : pour la première fois, certains mots se rapprochant du français sont systématiquement écartés, et des mots gallois, ou de vieux breton, sont incorporés au lexique sans plus de précision (cf.Controverses sur le breton).
Le colonelTroude sera plus réaliste, en1886, en ne retenant que des mots entendus réellement (ou sinon en indiquant que le terme n’est plus en usage). Par contre, le bannissement du lexique breton d’origine latine continue. Il faut cependant remarquer que cela résulte d’un état d’esprit de l’époque, dans lequel le breton est une langue secondaire dans la Basse-Bretagne, complémentaire au français : ces dictionnaires ne prétendent pas présenter une langue universelle, mais surtout recueillir des mots originaux.
Ce « purisme celtique », expression utilisée par les détracteurs de cette attitude, sera plus ou moins général jusqu’auxannées 1990, à l’exception notable du dictionnaire queÉmile Ernault constitue pour levannetais en1904.
Côté KLT mais incorporant de nombreux termes vannetais, le Grand dictionnaire français-breton deFrançois Vallée, aidé deRené Le Roux (Meven Mordiern) etÉmile Ernault, en 1931, incorpore de nombreux néologismes en première publication. L’entreprise de François Vallée, ayant tout un réseau d’informateurs à travers la Bretagne, permettra de recueillir en outre dans les dialectes de nombreux mots et expressions inédits. Il s’agit du premier exemple d’un travail d’équipe en lexicographie bretonne, et reste,à ce jour[Quand ?] le plus important et le plus riche dictionnaire français-breton, avec celui deRené Le Gléau.
Parallèlement,Pierre Le Roux travaille à unAtlas linguistique de la Basse Bretagne, paraissant à partir1924, mais ne se focalisant que sur les variantes des vocables les plus communs.
L’après-Seconde Guerre mondiale est une période douloureuse pour laculture bretonne : lemouvement nationaliste breton, pour avoir collaboré avec les occupants, se trouve discrédité aussi bien en Bretagne que dans le reste de la France. Paraîtront depuis cette époque, entre autres :
Dictionnaire classique français-breton de René Le Gléau,1983-1994, 10 tomes et 4 064 pages, surtout fondé sur la production écrite entre 1850 et 1950, avec, en outre, des mots recueillis dans sa région natale deSaint-Renan, ou à l’écoute de la radio.
Enfin, à partir de1992 paraît leGeriadur ar Brezhoneg a-vremañ (Dictionnaire du breton contemporain) deFrancis Favereau aux éditionsSkol Vreizh, sous forme papier et CD-ROM. Cet ouvrage ne rejette pas systématiquement les mots rares ou sortis de l’usage, mais les signale par un signe « - », ou les néologismes, signalés par des guillemets ; il reprend un bon nombre des termes issus des dictionnaires précédents, ainsi les mots d’origine française duCatholicon par exemple ou issus d’autres ouvrages, et les emprunts populaires (ce sont quelquefois les mêmes). Ce dictionnaire est le fruit de vingt ans de travail et de collectage dans lePoher et autour dePoullaouen particulièrement, aire où portait la thèse de l’auteur, soutenue avant qu’il ne se décide à publier son dictionnaire.
Francis Favereau a produit l'un des dictionnaires bretons les plus complets jamais créés, avec pas moins de 50 000 entrées et le double de mots composés. Malgré le manque de soutien financier pour sa création, le dictionnaire s’est tout de même bien vendu et a eu plusieurs réimpressions. Une réédition est en vue, et son contenu devrait augmenter de 25 % par rapport à l’édition actuelle.
Aujourd’hui, d’autres dictionnaires bilinguesanglais / breton,allemand / breton,espagnol / breton… montrent bien la volonté de la nouvelle génération de bretonnants d’inscrire la langue dans le paysage linguistique international. Tous ces travaux se font quasiment de façon bénévole.
Chose nouvelle pour la langue bretonne, l'éditeurAn Here a publié deux dictionnaires unilingues : leGeriadur brezhoneg (13 000 entrées) paru en 1995 sous la direction deJean-Yves Lagadeg etMartial Ménard et leGeriadur Brezhoneg An Here (21 300 entrées) paru en 2002 sous la direction deMartial Ménard etIwan Kadoret. Ils visent à extraire des textes littéraires reflétant ou non un langage populaire, les termes de la langue écrite et orale contemporaine. Ce dictionnaire sera l’objet d’une polémique connue sous le nom de l'« affaire du dictionnaire breton » menée par le journalLe Canard enchaîné. Ils incluent un certain nombre denéologismes (parfois empruntés augallois mais le plus souvent créés à partir des racines du vieux-breton, voirControverses sur le breton).
Depuis 1985, l'association scientifiqueKreizenn ar Geriaouiñ élabore undictionnaire des sciences et techniques[94] (brezhoneg21.com) correspondant au vocabulaire utilisé dans la scolarité jusqu'au niveau universitaire. Ce travail a permis de lancer et de conforter l'enseignement des sciences dans le réseau Diwan avant de s'élargir à d'autres applications (astronomie, terminologie de la botanique, nom de papillons, d'anodontes, de plantes sauvages...).
Par ailleurs les éditionsSav-Heol ont publié en2004 un lexique bilingue de locutions et tournures populaires sous le titreTeurel Blaz war ar Yezh.
En 2001 et 2005 paraîtront successivement uneInitiation au breton familier et argotique puis une nouvelle collecte lexicale nomméeTammoù GwaskinAu cœur du breton légitime par Jean-Yves Plourin, aux éditions Armeline, qui fait découvrir au lecteur pas moins de 2 000 mots inédits collectés au nord-ouest et au sud-est du centre du domaine bretonnant et plus de 6 000 acceptions ainsi que des notes grammaticales et phonologiques inédites.
La collection « Teñzor ar brezhoneg » (Trésor de la langue bretonne) chezAn Alarc'h a édité des vocabulaires de domaines lexicographiques jusque-là délaissés, comme un vocabulaire desargots bretons (« argot » au sens strict du terme) (2003), ou celui du breton enfantin et des tout-petits (2005).
En1866,Paul Sébillot trace une ligne relativement identique partant dePlouha pour atteindre Batz-sur-Mer, reculant ainsi de quelques kilomètres seulement depuis les données d'Argenté[18]. C'est la limite actuelle du territoire du breton et la limite entre Haute et Basse-Bretagne.
Des groupes sporadiques de bretonnants existent également dans toutes les grandes villes de France, notamment à Paris où la communauté brittophone est relativement importante, ainsi qu’auRoyaume-Uni et enAmérique du Nord. Par ailleurs, des grandes villes commeRennes,Saint-Brieuc,Nantes[95],Vannes,Brest ouQuimper connaissaient les deux langues (par exemple, en 1636, la ville de Saint-Brieuc est indiquée comme bilingue par un voyageur[96]) et, avec le développement des écoles bilingues, ainsi que la réappropriation de la culture bretonne, des communautés bretonnantes réapparaissent dans ces villes.
En 2004, on estimait à 12 % le nombre de personnes connaissant le breton en Basse-Bretagne (pourcentage en perpétuelle diminution depuis les années 1950) et à 2 % ceux qui le connaissent en Haute-Bretagne (pourcentage en augmentation depuis les années 1970)[97].
L'existence contemporaine de la frontière linguistique est cependant discutable, du fait du brassage de la population et de l'omniprésence de la langue française.« Cependant la frontière reste encore bien concrète dans l’esprit des habitants, même ceux qui ne parlent ni le breton ni le gallo, lorsqu’ils affirment sans hésiter : « Ici, c’est le breton. Là-bas, à cent mètres, c’est le patois. » »[98].
Comme la majorité des langues, la langue bretonne varie d’un endroit à l’autre. En breton, ces différencesdialectales touchent avant tout la prononciation et une faible partie du vocabulaire. Certains dialectes présentent aussi une syntaxe un peu différente. Les différences sont généralement faibles de proche en proche, mais plus on s’éloigne d’un point, plus le breton est différent. En règle générale, il n’y a pas de frontière nette entre dialectes, mais un changement progressif.
Traditionnellement, on liste les dialectes bretons en fonction des anciens évêchés, bien que du point de vue linguistique ces limites se révèlent souvent arbitraires :
Lebreton duGoëlo, parlé dans la région dePaimpol, souvent considéré comme inclus dans le trégorrois (Ses différences les plus notables concernent la prononciation /v/ des terminaisons -v là ou les autres dialectes prononcent /o/, /w/, la position de l’accent tonique (souvent placé sur le radical), ainsi que certaines nuances de conjugaison et de vocabulaire…).
Lebreton nantais, dans la région deGuérande, dont les derniers locuteurs natifs sont décédés dans les années 1960-70, et que l’on commence à redécouvrir.
Levannetais est bien différencié des autres dialectes, à de nombreux points de vue, et on peut le distinguer d’un ensembleKLT (abréviation deKerne, Leon, Treger :Cornouaille,Léon,Trégor).
Le découpage du breton en quatre groupes dialectaux, une division religieuse et politique jusqu’à laRévolution, est contesté du point de vue linguistique. Certainslinguistes, comme Jean-Yves Plourin (cf.Tammoù Gwaskin éd. Armeline) considèrent que le breton se présente sous deux formes parlées principales, celle du Nord-Ouest et celle du Sud-Est, séparées selon le système d’accentuation et la palatalisation. D’autres, commeErwan Vallerie proposent une différenciation Est/Ouest.
D’autres, enfin, présentent la dialectisation selon une opposition entre zones archaïsantes et zone innovante. Les premières seraient constituées de deux centres de prestige (Saint-Pol-de-Léon et le vannetais), et une troisième zone autour deQuimperlé, et d’autre part une vaste zone centrale où un breton « moyen » s’est formé et où se sont opérées la très grande majorité des innovations linguistiques. Il est probable que ce sont les carrefours de route et les échanges économiques qui ont conduit à cette évolution. Ce breton est parfois appelé « breton deCarhaix ». Ce breton moyen s’est progressivement étendu, isolant le breton du Goëlo (qui par certains traits est proche des archaïsmes léonais), mordant dans le domaine du vannetais en s’infiltrant par les routes. Ce breton tend à acquérir une identité chez les bretonnants : dans le sondage sur la langue bretonne réalisé par Fañch Broudic en 2009, à la question « quel breton parlez-vous ? », certains sondés ont répondu spontanément « le breton de Centre Bretagne »[100].
Le breton s’écrit avec l’alphabet latin. Il n’utilise plus la lettrec mais y ajoute le digrammech, le trigrammecʼh, des lettres accentuéesñ,ù,é,â,ê,à,ü ainsi que l’apostrophe.
Autrefois, d’autres lettres étaient utilisées, comme le digrapheʼf qui dénotait un son intermédiaire entref etv (ce digraphe est encore employé en écriture universitaire). De même, auXIXe siècle fut utilisée la lettreꝂ (« K barré ») afin d’abréger le préfixeKer- (correspondant au substantifkêr, signifiant « ville ») des noms de famille et des toponymes, cette dernière étant fréquente dans ces types de noms. L'usage de cette lettre dans les documents officiels fut interdit afin de lutter contre la confusion chez les clercs d’état civil hors de Bretagne[101].
L’orthographepeurunvan est la plus employée aujourd’hui.
La graphie « unifiée », ou littéralement « tout à fait unifiée » (peurunvan), dite aussi KLTG (pour Kerne, Leon, Treger, Gwened, c’est-à-dire des parlers bretons enCornouaille,Léon,Trégor etVannetais), a été créée dans le but de faire une synthèse de ces quatre parlers. Elle est devenue largement majoritaire. La graphie dite « universitaire » (skolveurieg) est fondée sur la phonologie ; elle regroupe le KLT d’un côté et possède une variante pour leparler vannetais. Enfin, la graphie « interdialectale » (etrerannyezhel), fondée sur l’étymologie, a pour but, de la même façon que l’écriture dite unifiée, de faire une synthèse des parlers KLTG dans un système orthographique cohérent. Malgré des controverses importantes sur la norme orthographique à adopter, les querelles entre partisans des différentes graphies se sont beaucoup atténuées depuis quelques années[Quand ?][réf. nécessaire].
La prononciation des lettres varie selon le contexte (notamment celle des consonnes initiales qui subissent de fréquentes mutations dont certaines, mais pas toutes, sont orthographiques).
Le trigrammecʼh, notamment, a une prononciation qui varie depuis le simpleh aspiré jusqu’au son de lajota espagnole. Il se distingue du digrammech dont la prononciation est la même que le sonch dans le mot françaischien. Ces polygrammes ont parfois été écrits avec des lettres uniques, comme cela a pu être aussi le cas pour d’autres langues celtiques.
La lettren est utilisée pour noter la nasalisation des voyelles par un digramme, de façon toutefois encore plus systématique qu’enfrançais et en marquant explicitement celle-ci d’un tilde (ñ) dans les orthographes modernes (dans ce cas, seule la voyelle nasale se prononce, mais pas la consonne de basen elle-même).
La graphiezh est utilisée dans des mots où la prononciation est différente entre vannetais d’une part et KLT d’autre part. La prononciation est [h], [ɣ] ou [x] en vannetais, [z] ou [s] sinon. En vérité, il a deux interprétations :
en peurunvan, il indique que la lettre était « z » dans la graphie KLT, et « h » dans la graphie vannetaise,
en interdialectal, il indique que la lettre provient d’un ancien « th » (/θ/) sauf quand il provient d'une mutation.
Les deux systèmes se suivent, sauf dans quelques mots.
Commelettre modificative dans le trigrammecʼh. On utilise dans ce casU+02BCʼlettre modificative apostrophe[102].
Pour noter lacontraction, par exemple :da ar →d’ar, en utilisant la ponctuation apostrophe unifiée avecU+2019’guillemet-apostrophe[103].
Pour noter l’ellipse (absence d’un mot) dans le registre parlé, par exemple :me a vo →me ’vo, avec le même caractère que le précédent.
En typographie informatique simplifiée, on admet couramment dans tous les cas l’usage deU+0027'apostrophe[104] telle qu’elle se trouve sur les claviers hérités.
Le breton utilise plusieursdiacritiques en chef (suscrits) :
Letréma indique que la voyelle qui précède doit être prononcée séparément et ne fait pas partie d'undigramme (par exemple :eürus, « heureux »).
L’accent circonflexe et l’accent grave sont également utilisés pour distinguer des homonymies (par exemple :trôad/troat/ (« circuit, virée ») detroad/trwat/ (« pied »).
Letilde se trouve dans la graphie ‹ ñ ›, utilisée pour indiquer que la voyelle qui précède est parfois nasalisée. Ex. Avec ‹ an › et ‹ añ › :
sans tilde, ‹ an › se prononce[ɑ̃n] :Erwan,/e.rwɑ̃n/
avec tilde, ‹ an › se prononce[ɑ̃] comme en français :amañ,/a.mɑ̃/
En breton, l'ordre des éléments dans une phrase n'est pas seulement grammatical mais aussi sémantique : l'élément le plus important d'une phrase est toujours en tête, quelle que soit sa fonction (sujet, verbe ou complément). Cette première position a pour effet de le mettre en valeur.
Cette souplesse dans la structure donne à la phrase bretonne une expressivité difficile à rendre en français. En Bretagne, on entend desbretonnismes, formulations de phrase en français influencées par cette structure grammaticale :
« Du café, tu auras ? » (Voudras-tu du café?)
« De l'argent, j'ai assez pour payer » (J'ai assez d'argent pour payer.)
Les substantifs forment leur pluriel par l'addition d'une terminaison spécifique. Il y a quelques règles simples pour les déterminer, mais elles souffrent de nombreuses exceptions. Par contre, les adjectifs restent invariables en nombre, quelle que soit leur fonction (épithètes ou attributs).
La terminaison la plus courante est enoù /ioù
yezh →yezhoù « langues »
levr →levrioù « livres »
Pour les êtres animés, le pluriel est souvent ened
Kelt →Kelted « Celtes »
al loened « les animaux »
Le pluriel des métiers et activités est enien ouion (simple différence régionale)
kemener →kemenerien « tailleurs »
soner →sonerien « musiciens »
On trouve aussi des pluriels irréguliers
ki « chien » →ar chas « les chiens » (le plurielkon est vieilli et régional)
park « champ » →parkoù « champs » (quelques-uns),parkeier « les champs » (au sens général)
Contrairement à la majorité des langues européennes, le breton n'exprime qu'une fois le nombre dans le groupe nominal ainsi que dans le groupe verbal.Ainsi, on dira :
Avec le nom au pluriel :Levrioù = « des livres ».
Mais le nom reste au singulier avec un nombre :Daou levr = « deux livres ».
Quand le sujet est explicite, le verbe est invariable, ne prenant que la marque du temps :Me, te, eñ, hi, ni, cʼhwi, int a lâr gevier = « Je, tu, il, elle, nous, vous, ils dit des mensonges »
Quand le sujet est élidé, le verbe se conjugue en personne et en nombre :Gevier a lâran, a lârez, a lâr, a lâromp, a lârit, a lârint = « Je dis, tu dis, il dit, nous disons, vous dites, ils disent des mensonges »
Comme engaélique ou en anglais, il existe en breton deux formes par temps verbal, qui se distinguent par l’aspect selon que l’action est itérative ou non. Ainsi au présent distingue-t-on la forme itérative de la forme progressive :
Me zo o komz gant ma amezeg (« moi, je suis en train de parler avec mon voisin »).
Emaon o komz gant ma amezeg/O komz emaon gant ma amezeg (« je suis en train de parler avec mon voisin. »)
Me a gomz gant ma amezeg (bep mintin) (« moi, je parle avec mon voisin (tous les matins) »).
Le verbe « être » (et sa périphrase qui rend le sens de « avoir ») en revanche présente deux formes distinctes avec ou sans périphrase « verbe être + o/é + nom verbal »[105]:
Skuizh on hiziv (« je suis fatigué aujourd’hui »).
Da wener e vezan skuizh (« je suis fatigué le vendredi »).
Naon am eus fenoz (« j’ai faim ce soir »).
Naon am bez bemnoz (« j’ai faim tous les soirs »).
Bep mintin e vezan o komz gant ma amezeg (« tous les matins je suis en train de parler avec mon voisin »).
Comme dans les autreslangues celtiques modernes, le breton conjugue lesprépositions selon lapersonne (prépositionsfléchies), tout comme les verbes. Souvent les pronoms fusionnent avec la préposition qui les précède.
Si l’on regarde rapidement lespronoms, on peut comparer avec les prépositions. Par exemple, le breton conjugue la prépositiongant selon le même paradigme que celui des verbes, avec l'aide (ou non) du pronom personnel correspondant (forme plus ou moins emphatique), sauf aux 3es personnes du singulier et du pluriel, où le pronom est devenu la désinence[106] :
ul levr zo ganin(-me) (mot à mot « un livre est avec-moi »),
ul levr zo ganit(-te),
ul levr zo gantañ (anciennementgant-hañ),
ul levr zo ganti (anciennementgant-hi),
ul levr zo ganeomp(-ni),
ul levr zo ganeoc'h(-hu),
ul levr zo gante (anciennementgant-he).
lecornique procède de la même manière avec la prépositiongans[107]:
Yma lyver genev (vy) (mot à mot « est livre avec-moi »),
Yma lyver genes (jy) (mot à mot « est livre avec-toi »),
Yma lyver ganso (ev) (mot à mot « est livre avec-lui »),
Yma lyver gensi (hi) (mot à mot « est livre avec-elle »),
Yma lyver genen (ni) (mot à mot « est livre avec-nous »),
Yma lyver genowgh (hwi) (mot à mot « est livre avec-vous »),
Yma lyver gansa (i) (mot à mot « est livre avec-eux/elles »),
legallois fait exactement de même avec la prépositiongan[108]:
Mae plant gen i (mot à mot « des enfants sont avec-moi »),
Comme toutes leslangues celtiques modernes, le breton connaît le phénomène de lamutation consonantique, c’est-à-dire la modification du premier son du mot selon le contexte. C'est un des éléments les plus complexes de cette langue. Quelques exemples :
baragouin,baragouiner, « parler de façon inaudible ou peu compréhensible », probablement debara (pain) etgwin (vin), en référence, dit l’étymologie populaire, au parler incompréhensible des Bretons pour les francophones, qui ne retenaient que ces mots ;
bernique ou bernicle, qui désigne le coquillage, est issu du bretonbrennig ;
bijou, debiz « doigt », dont le pluriel,bizou, signifie « anneau » ;
binioù, lacornemuse bretonne, a été emprunté tel quel par le français ; en breton, ce mot est une des formes au pluriel debenveg, instrument (de musique ou autre).
cohue, dekoc'hu « Halle » ;
cotriade, dekaoteriad, contenu d’un chaudron, d’une marmite ;
darne « grosse tranche de poisson », dedarn, en galloisdarn, « morceau, partie », mais le mot peut être gaulois[109] ;
goéland du bretongouelañ (« pleurer »), en galloisgwylan (> anglaisgull,seagull);
goémon du bretongouemon, en galloisgwymon ;
mine « aspect », demin « museau, visage », à moins que ce mot soit issu d'un terme gaulois semblable ;
plouc est un mot qui n’existe pas en breton. Ce terme méprisant est construit à partir des nombreux noms de lieux de Bretagne qui commencent parPlou-, il désigne un Breton à partir de la fin duXIXe siècle. Le mot est construit sur la racineplou, dulatinplebs « plébéïens, bas peuple » ; elle désigne étymologiquement en breton une paroisse primitive. Aujourd'hui, le mot sert à désigner les campagnards en général ou toute personne considérée comme particulièrement ringarde[110];
sonneur, desoner, joueur de biniou ou de bombarde : le mot est d’abord passé du français au breton avec le sens de joueur d’instrument de musique, puis est tombé en désuétude en français ; il est resté vivace en breton et revient en français en raison de la popularité de la musique bretonne ; on parle également en français depenn sonneur pour désigner le premier sonneur d’une marche (depenn tête), sur le même mode que lepenn danseur d’une danse traditionnelle bretonne ;
troménie, dérivée detro (tour) etminihi (qui désigne un lieu où habite un moine, au Haut-Moyen Âge).
minihi est un sanctuaire monastique au Moyen Âge, et qui a aussi donné des noms propres.
pote : du bretonpaotr (garçon)[111][précision nécessaire]. Discuté, il provient plus sûrement du français (voir plus bas la partie « Les mots qui ne viennent pas du breton »).
De nombreux prénoms en breton sont passés dans l’usage sous une forme francisée dans la plupart des pays francophones. Quelques exemples non exhaustifs :Loïc (deLaouig l'hypocoristique de Gwilhoù = Guillaume)[112],Yannick (Yannig, l’hypocoristique de Yann),Pierrick (Pêrig, hypocoristique de Pierre),Tanguy (deTangi),Ronan,Hervé, Gwénaël(le) (deGwenael, Gwenhael),Gildas (Gweltaz, Jildaz en breton),Gwenola,Annick (deAnnaig, petite Anne),Arthur,Corentin, Soizick (deFrañsoazig, dont la forme hypocoristique estSoazig, petite Françoise),Judikael,Morgane (deMorgan),Nolwenn, Rozenn (Rose en breton),Tristan, etc.Yoann n’est pas d’origine bretonne.
Ankou, personnification de la mort ; à rapprocher du galloisAngau, de même sens ;
bagad, troupe ou meute, est passé en français pour désigner un ensemble musical de binious, de bombardes et de percussions, proche du « pipe band » écossais ; en français, on peut trouver ce mot au pluriel dans la forme correcte du breton,bagadoù ;
chouchen ouchouchenn, nom local de l’hydromel. Autre nom :chufere, mélange de chouchenn et de cidre, ouchupites ;
Morbihan du bretonmor bihan, petite mer, qui désigne initialement différentes mers intérieures de la côte sud, notamment le golfe du Morbihan ;
petra, « quoi », attesté dans les anciens dictionnaires est un sobriquet dont on affuble les Bas-Bretons ;
pillig (arbillig), large plateau métallique circulaire sur lequel on fait cuire les crêpes et les galettes.
kenavo parfois utilisé sur le même mode que leciao italien. Il signifie « au revoir » et ne doit être employé qu'en se quittant.
pennti qui désigne une petite maison en Bretagne.
Le français parlé en Basse-Bretagne emprunte au moins des centaines de mots au breton[113] :fubu pour moucherons, patateskrign pour pommes de terre sautées,tristik pour morose, leribin pour le petit chemin,bruzun pour miettes,a-dreuz pour de travers, lechupenn pour la veste, deslouzoù pour des remèdes, des médicaments, enriboul pour « en goguette », etc.
cromlech signifie engallois « pierre courbe » ou « cercle de pierres » (même sens en français).
L’expressionque dalle (« rien »), d’origine obscure, est parfois rapprochée du mot bretondall (« aveugle ») dans l’expression « n’y voir que dalle » ; Florian Vernet[114] y voit une origine occitane, la locutionque d’ala étant attestée en argot marseillais depuis 1881 et signifiant, littéralement, « que de l’aile », c’est-à-dire pas grand-chose à manger. De même,dail est attesté dans l’argot parisien depuis le début duXIXe siècle au moins.
boëtte oubouette, terme de pêche pour « appât » et proche du bretonboued (nourriture),mouette etvarech sont issus dunormand, l'un d'origine anglo-saxonne ou noroise, l'autre d'origine noroise.
pingouin a une sonorité qu’on serait tenté de rapprocher depenn (tête) etgwenn (blanc), mais c’est une erreur (les pingouins ont la tête noire) ; ce mot viendrait dunéerlandais, lui-même d’origine inconnue[115] ; cependant cette étymologie est discutée et l'existence du mot serait attestée dans d'autres langues britanniques à la même époque[116]. On note cependant que legrand pingouin, disparu auXIXe siècle, possédait des taches blanches sur le front.
pote : une étymologie fait venir ce mot depaotr, « garçon », volontiers employé amicalement en breton ; il provient plus sûrement de l’abréviation de « poteau », « ami sur lequel on peut s’appuyer », usage attesté dès leMoyen Âge[117].
kermesse : on pourrait attribuer à tort ce mot à la langue bretonne par analogie avec les nombreux noms toponymiques qu’on trouve principalement dans l’ouest de la Bretagne. En effet,Ker (lieu habité) est un mot que l’on retrouve dans beaucoup de noms de lieux, suivi d’un nom ou d’une caractéristique :Keranna,Kervaria (Maria),Kerhuon (Huon),Kersaoz (la maison de l’Anglais, francisé en Kersauce),Kervilin (milin c’est-à-dire moulin). Kermesse est en réalité un mot d’originenéerlandaise,kerkmisse c’est-à-dire « foire d’église, fête patronale ».
triskell : du grectriskélès qui signifie à « trois jambes ».
↑dans le dialecte dugoëlo, généralement rattaché autrégorrois, l'accent tonique est généralement placé sur leradical
↑Voir la Préface deLéon Fleuriot dansChants traditionnels du vannetais de Jean-Louis Larboulette (1879-1951), Collecte de 1902/1905, avec préface, Dastum bro Ereg, 2005, tiré deL’Importance du dialecte de Vannes pour l’étude diachronique et comparative du breton armoricain où il conclut par « l’importance romane très intense sur ce dialecte » et la « survivance dans ce dialecte de traits du breton ancien ».
↑Déclaration duComité de salut public«Dans une République une et indivisible, la langue doit être une. C’est un fédéralisme que la variété des dialectes […], il faut le briser entièrement.»histoire du français, chapitre 8
↑a etbHistoire du français. : « Désormais, la langue devint une affaire d'État : il fallait doter d'une langue nationale la « République une et indivisible » et élever le niveau des masses par l'instruction, ainsi que par la diffusion dufrançais. »
↑"tlfq.ulaval.ca" : Discours de Barère devant le Comité de Salut public (17 janvier 1794)
↑Denis Lacorne, Tony Judt.,La politique de Babel : du monolinguisme d'État au plurilinguisme des peuples,[lire en ligne], consulté le 12 avril 2010.
↑Abel Hugo,France pittoresque ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France,t. 1, Paris, Delloye,
↑LeConcordat de 1801 prévoyait que les prêtres étaient payés par l'État.
↑Fanch Broudic, "L'interdiction du breton en 1902", Coop Breizh, 1997,(ISBN2-909924-78-5)
↑Fanch Broudic,L'interdiction du breton en 1902 : la IIIe République contre les langues régionales, Spézet, Coop Breizh,, 182 p.(ISBN2-909924-78-5)
↑Cottour, Nouy, « L'alphabétisation en Bretagne - Des débuts difficiles »,ArMenno 72, 1995,p. 23
↑Confirmation de l'absence d'une telle affiche par Michel Sohier, président de l'association gérant le musée, le 20 mai 2008. Selon Sohier, seule une carte postale est éditée à partir d'une photocopie trouvée dans un magasin. Il n'y a doncà ce jour[Quand ?] aucune preuve qu'une telle affiche ait existé.
↑Message de confirmation adressé par les responsables du Musée de l'école rurale de Trégarvan au webmestre du site L'Idée Bretonne qui présentait cette affiche: Vous présentez sur votre site un document - « Aux élèves des écoles » - sur lequel figure en 1°) l'interdiction « de parler breton et de cracher à terre ». Le musée de Trégarvan ne conserve pas ce document qui, à notre connaissance, n'a jamais existé autrement qu'avec la seule mention de : 1°) « de cracher à terre ».Aussi voulez-vous faire le nécessaire afin de supprimer cette erreur, qui n'enlève rien au poids de la répression de l'usage de la langue bretonne à l'école comme en ont avéré les faits. L'emploi du conditionnel (« serait conservée »), la teneur du présent message et l'infirmation liée vous permettront aisément de rétablir la justesse du propos dans les meilleurs délais.
↑Fanch Broudic, « Quelques études sur l'usage du breton », surlangue-bretonne.com(consulté le) :« Les enquêtes et estimations réalisées après la Libération font état d'un nombre toujours élevé de locuteurs : selon F. Gourvil en 1952, le total des personnes à même de s'exprimer en breton s'élève à 1 100 000. Mais le contexte sociolinguistique n'est plus le même. La quasi-totalité des bretonnants est désormais en mesure de s'exprimer aussi en français : Gourvil n'estime plus qu'à 100 000 le nombre de monolingues ignorant le français (soit 6 % de la population totale de la Basse-Bretagne). Les bretonnants, depuis, sont tous bilingues. ».
↑Les monolingues étaient des personnes nées avant la Première Guerre mondiale. VoirFrancisFavereau, « Quatre générations de bretonnants »,La Bretagne Linguistique,no 7,,p. 31-52
↑Le Télégramme du 8 septembre 2009, sur la création d'une classe bilingue publique) Ploëzal : « Nous portons le projet depuis trois ans. Il était validé par l'inspection académique et sur le point d'aboutir, mais le conseil municipal l'a fait capoter », expliquent en substance des parents d'élèves ou de futurs élèves, réunis dans l'association Komzou.
↑Ouest-France, 12 septembre 2009 : à 49 enfants bilingues dans l'école publique deBruz, l'inspection académique refuse l'ouverture d'une nouvelle classe.
↑Steven Lecornu, « Les plus vieux témoignages enregistrements en langue bretonne décodés 120 ans plus tard »,JournalLe Télégramme,(lire en ligne, consulté le).
↑AL LAEKristen, « Messe en breton »,Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier,(lire en ligne, consulté le)
↑On trouve la même tentative d’éradication en Morbihan, quand en 1902 l’inspecteur d’académie Dantzer demande « Que l’Église n’accorde la première communion qu’aux seuls enfants parlant français. »
↑Voir les résultats des deux enquêtes de 1902, la première initiée par l'évêque de Quimper sur l'emploi du breton dans les paroisses du Finistère, et la seconde diligentée par la préfecture du Finistère sur « l'emploi abusif du breton dans les instructions religieuses et le catéchisme », mise en ligne sur le site de laBibliothèque numérique du diocèse de Quimper.
↑Cf.Semaine religieuse de Quimper et de Léon, 30 juillet 1943,p. 236.
↑LeMinihi Levenez a notamment publié une série de disques et cassettesHag e paro an heol. Chants pour une liturgie bretonne, des ouvrages de catéchèse commeKlask a ran (catéchisme pour le Ce1, 1990) etDremm an Aotrou (catéchisme pour le Ce2, 1992), un évangile en breton en bandes dessinées (Ar C’heloù Mad diskouezet d’ar vugale, 2010) et des ouvrages bilingues français-breton sur la vie des saints bretons ou celtiques, la spiritualité celtique, l’histoire ou le patrimoine religieux. Cf. son site officiel :Minihi Levenez
↑Le pape a dit : « Iwan Nikolazig, n'ho pet ket eun. Me zo Anna, mamm Mari. An Aotroù Doue e fall dehoñ, ma vein-me inouret amañ » (Yves Nicolazic, n'ayez pas peur. Je suis Anne, la mère deMarie. Dieu veut que je sois honorée ici). Voir la vie deYves Nicolazic, fondateur du lieu de pèlerinage de Sainte-Anne-d'Auray.
↑Quimper et Léon, L'Église en Finistère, 22 février 2001,p. 102.
↑Le site internetAn Drouizig, sur sa pageTypographie bretonne, indique que cette interdiction fut prise par le Conseil d'État en 1895, en donnant comme référence Yann Riou,Le K barré d'hier à aujourd’hui, 1992.
↑Sur un clavier breton, la lettre apostrophe U+02BC pourrait être insérée automatiquement au sein de la séquence « cʼh » sur la touche [Q] (D01).
↑C’est à cause de son emploi comme apostrophe que le guillemet apostrophe U+2019 est aussi dit « apostrophe typographique ».
↑Lʼapostrophe ASCII U+0027 est en fait unsimple guillemet générique, qui sert à tous les usages de simple guillemet, apostrophe, prime, pied, minute.
↑Pour un panorama complet des formes et emplois du verbe « être »: Cf. J. Y. Plourin, « La phrase bretonne comprenant le verbe « être » au présent de l'indicatif. Conflit de topicalisation », inLa Bretagne Linguistiqueno 11, CRBC, Brest, 1998,(ISBN978-2-901737-32-2)
↑Georges KersaudyLangues sans frontières. À la découverte des langues de l'Europep. 143
↑Le Menn (Gwennole),Grand choix de prénoms bretons, Coop Breizh.
↑« Du café vous aurez ? Petits mots du français de Basse-Bretagne. » et « Nouvel Atlas linguistique de la Basse-Bretagne. » de Jean Le Dû, respectivement Éditions Armeline, 2002, et Centre de Recherche Bretonne et Celtique, Université de Bretagne Occidentale, 2006.
↑Florian Vernet,Que dalle ! Quand l’argot parle occitan, IEO edicions, 2007
Qui parle breton aujourd’hui ? Qui le parlera demain ?,Fañch Broudic, éd. Brud Nevez, Brest, 1999, 153 p. Étude réalisée à partir du sondage effectué en1997 par l'Institut TMO-Régions,(ISBN978-2-86775-185-1). Suivre le lien pour lesommaire.