Uneborne d'incendie,bouche d'incendie oupoteau d'incendie enFrance, appeléeborne d'incendie,borne-fontaine oupoteau d'incendie auCanada[1],borne hydrante oupoteau d'incendie enSuisse[1] (les termeshydrant ouhydrante sont utilisés enBelgique, dans l’Est de la France, auLuxembourg et enSuisse, empruntés à l'allemand[1],[2]) est une prise d'eau delutte contre l'incendie mise en place par les communes, lesEPCI et par des sociétés privées (industrie, établissements recevant du public, sites militaires) dans leurs enceintes.
Cette prise d'eau est disposée sur un réseau aérien ou souterrain d'eau sous pression permettant d'alimenter lesfourgons d'incendie dessapeurs-pompiers. Ces réseaux sont soit affectés à la lutte contre l'incendie, soit destinés à l'alimentation en eau potable, à l'irrigation ou à l'industrie (eau brute). Ils sont constitués de canalisations d'un diamètre intérieur d'au moins 100 mm.
Le mot « hydrant » provient de l'allemandHydrant[3]. En France, les mots « borne d'incendie », « bouche d'incendie » ou « poteau d'incendie » sont utilisés. Ceux-ci font partie de ce que lecode général des collectivités territoriales définit comme « point d'eau incendie » (acronyme PEI)[4],[5]. Toutefois, en 1933 à Oran, dans les publicités, les poteaux incendie étaient ditshydrant[6].
En Amérique du Nord, on parle généralement de « borne-fontaine » ou de « borne hydrante ». En Suisse, on rencontre les termes de « poteau d’incendie » et de « bouche souterraine » dans lecanton de Genève et de « borne hydrante » et « hydrant souterrain » dans les autres cantons.
À Paris, le vocableprise d'incendie couvre tout autant les notions de bouche que celles de poteau ou de borne d'incendie[7].
Toutefois en 1870 en France, les pompiers continuent à utiliser des pompes à bras alimentées en eau par des chaînes humaines, alors qu'à Londres les pompiers utilisent des pompes à vapeur qui vont chercher de l'eau dans des grands conduits pour les verser sur les incendies[9].
En 1876, à Paris, des quartiers entiers restent dépourvus d'eau pour lutter contre l'incendie ; la ville ne compte alors que 345 bouches d'eau : 321 municipales et 24 particulières[10].
En 1880, à Paris, sont calculées les pressions d'eau nécessaires, en fonction des hauteurs des bâtiments et des différentes caractéristiques techniques[10].
En 1881, la ville de Paris envisage de placer des bouches à incendie tous les 200 mètres, et tous les 100 mètres pour l'eau en haute pression ; en positionnant des plaques rouges sur les murs avoisinants pour faciliter la découverte des bouches sous la neige[11]. Il est alors question de déployer le standard deraccordement 100 millimètres Keyser[réf. nécessaire].
La même année, il apparaît que les dévidoirs sont avantageux par rapport à l'eau sans pression : un nombre d'hommes moindre suffit, le transport est facilité, la pression/hauteur est meilleure[10].
En 1900 à Paris, entre 6 000 et 7 000 bouches à incendie sont installées ; elles sont présentées tous les cent mètres et sont essayées une fois par mois[13]. Seule une bouche d’incendie sur 200 est indisponible[13].
En 1935, les bouches d'incendie sont conseillées pour l'organisation d'un service municipal d'incendie et par les sociétés d'assurances qui accordent des rabais aux assurés des villes équipées[15].
S'ils sont enterrés et accessibles par un regard, on parle de bouche d'incendie (BI), de bouche souterraine ou d'hydrant souterrain, et il est nécessaire d'y accoupler ou visser une colonne mobile, un coude d'alimentation ou une retenue pour pouvoir raccorder les tuyaux. Les bouches ont l'avantage de ne pas empiéter sur la chaussée, mais courent le risque d'être inaccessibles lorsqu'un véhicule est garé au-dessus, ainsi qu'en cas de neige ou de gel. Dans beaucoup de juridictions, il est interdit de se stationner sur une bouche d'incendie ou à une certaine distance d'une bouche d'incendie (qui est généralement de 3 à 5 mètres).
S'ils sont sous la forme d'un poteau d'environ un mètre de haut, on parle alors de poteau d'incendie (PI), de borne d'incendie, de borne hydrante ou de borne-fontaine en français canadien. On rencontre également dans certains pays une interdiction de stationner à proximité du poteau.
Dans le déroulement classique de l'extinction d'un feu, lestuyaux des sapeurs-pompiers sont alimentés par l'autopompe dufourgon d'incendie, pour des raisons :
de rapidité (pouvoir fournir de l'eau immédiatement) ;
de gestion (pouvoir compenser les irrégularités du dispositif d'alimentation) ;
de sécurité (pouvoir contrôler et garantir la pression de refoulement nécessaire au bon fonctionnement des lances en bout d'établissement).
La pompe est fournie en eau par la tonne du fourgon, et dès que possible celle-ci est alimentée par le tuyau relié à l'hydrant. Lorsque la conception du fourgon ne permet pas d'utiliser toute la capacité de la pompe en passant par la tonne, la pompe peut être directement alimentée par l'hydrant, mais le dispositif devient alors fortement dépendant de la régularité de l'alimentation.
Exceptionnellement, on peut brancher unemotopompe sur le poteau ou la bouche pour alimenter directement les tuyaux (en secours ou remplacement d'une autopompe, ou pour alimenter un établissement de tuyaux en relais).
Le réseau d'eau doit alors être suffisamment dimensionné pour garantir que la canalisation souterraine reste en charge[16].À défaut, le tuyau souple utilisé pour brancher la pompe sur l'hydrant se pince, et il y a un risque de détérioration du réseau (destruction et aspiration des joints entre tuyaux de la canalisation, voire effondrement de la canalisation sous le poids du terrain, tous ces éléments étant conçus pour résister à une pression positive).
Le réseau doit être pourvu de réserves suffisantes pour permettre l'extinction d'un incendie et l'usage normal du réseau (eau potable ou industrielle).
L'utilisation d'un hydrant par unpompier nécessite un équipement approprié de protection individuelle, tels que desgants, uncasque et uneclé tricoise.
En Belgique, ils peuvent être fournis indifféremment par :
un réseau de distribution d'eau ;
des réserves artificielles ;
des réserves d'eau naturelles.
En France, les réserves d'eau doivent être pérennes. Par exemple, un cours d'eau qui n'aurait pas de débit en été du fait de la sécheresse ne peut être répertorié, comme hydrant.De même les piscines ne sont pas prises en compte, car considérées comme non pérennes. Dans le département du Var, en France, une étude des Services du Conseil Général montre que dans les zones exposées au feu de forêt, moins de 25 % des piscines sont accessibles aux services de lutte contre l'incendie.
La plupart du temps le réseau est maillé, ce qui limite la stagnation de l'eau et permet notamment de fermer certains quartiers aux moyens de vannes de fermeture. Cette situation est particulièrement réelle dans les zones urbaines, mais cela est plus difficile dans les zones rurales. La réduction des pertes d'eau sur les réseaux d'alimentation en eau potable implique une sectorisation plus forte. Si la communication entre secteurs reste possible, la remise en service du maillage demande une intervention préalable, à charge du service des eaux.
Un hydrant est une structure métallique ancrée au sol ou à un mur, conçue pour pouvoir facilement raccorder des tuyaux à une source de liquide (le plus souvent, simplement de l’eau) dans le but de lutter contre les incendies. Chaque embout est généralement associé à une ou plusieurs valves pour autoriser ou non la sortie du liquide.
Les prises permettant le raccord d'un tuyau sont standardisées. En France, on trouve essentiellement des prises d'un diamètre de 150 mm, 100 mm ou 65 mm[18], ce diamètre limitant le débit maximum de sortie. Des bouchons de protection (attachés par une chaînette pour ne pas les perdre) sont généralement montés sur les prises lorsque celles-ci sont inutilisées.
Sous l'hydrant se trouvent descanalisations souterraines qui permettent d'alimenter l'hydrant en liquide (eau). En période hivernale, lavanne devidange souterraine s'ouvre lorsque lavalve d'eau est complètement fermée, et ce léger courant d'eau permet d'éviter la formation de gel dans la canalisation.
L'hydrant est parfois protégé par une coque (appeléecoffre) d'aspect relativement cylindrique et reprenant son code couleur.
L'hydrant est recouvert d'une peinture vive qui permet de le repérer facilement dans son environnement.
En France, la couleur indique les caractéristiques du liquide disponible[19],[20],[21] :
rouge (toutes nuances confondues) : poteau d’incendie raccordé au réseau d’adduction d’eau potable sous pression (minimum 1 bar),
bleu (RAL 5015) : poteau d'aspiration dans une source non pressurisée (étang, rivière, citerne, ...),
jaune (RAL 1021) ou rouge marqué de bandes jaunes : poteau d’incendie branché sur réseau d’eau surpressé ≥ 8 bars (surpression permanente ou surpression au moment de l’utilisation), éventuellement additivé,
orange (RAL 2000) : poteau d’incendie branché sur réseau d’eau additivé (notamment contre les feux d'origine chimique en milieu industriel).
Les hydrants de couleur verte ou grise ne sont pas destinés à la lutte contre l'incendie, mais réservés à des usages spécifiques à débit d'eau élevé.
Les hydrants peuvent être également multicolores. AuxÉtats-Unis, on peut trouver des hydrants mêlant blanc, rouge et bleu par figure patriotique. Les couleurs sont purement pratiques ou artistiques, elles sont généralement exigées par la commune.[réf. souhaitée]
Un hydrant heurté par un chasse-neige. La partie arrachée est facilement interchangeable
Bien que généralement garantis un an, certains hydrants le sont cinq voire dix ans selon les fabricants. La garantie n'exonère pas la nécessité de contrôles périodiques ; les hydrants nécessitent des inspections et des entretiens annuels.
Les inspections sont généralement effectuées par les municipalités locales ou leur délégataire. Il est recommandé chaque année par les fabricants de changer les joints de culasse et lesjoints toriques. La plupart du temps, les hydrants privés ne sont pas inspectés par les municipalités locales mais par des entreprises privées.
Ils peuvent être utilisés pour introduire despistons racleurs dans les canalisations, pour maintenance.
Certains textes prévoient des densités, des distances et des diamètres pour les prises d'incendie[7].
La norme NF S 61 221 est relative au signalement.
La norme NF S 62 200 est relative à l'installation des hydrants.
Normes allemandes et européennes :
DIN EN 14339Unterflurhydranten (équivalent de DIN 3221)
DIN EN 14384Überflurhydranten (équivalent de DIN 3222)
DIN 3321Anforderungen und Anerkennungsprüfungen für Hydranten
ÖNORM F 2010
EN 1074-6Armaturen für die Wasserversorgung – Anforderungen an die Gebrauchstauglichkeit und deren Prüfung – Teil 6: Hydranten
DVGW e. V. :Technische Mitteilung, Merkblatt W 331, Auswahl, Einbau und Betrieb von Hydranten. DVGW Deutsche Vereinigung des Gas- und Wasserfaches e. V., Bonn 2006,(ISSN0176-3504).
DVGW e. V. :Technische Regel, Arbeitsblatt W 405, Bereitstellung von Löschwasser durch die öffentliche Trinkwasserversorgung. DVGW Deutsche Vereinigung des Gas- und Wasserfaches e. V., Bonn 2008,(ISSN0176-3504).
Lorsque de fortes chaleurs surviennent, il peut arriver que des ouvertures intempestives de bouches d'incendie se produisent en France, notamment à Paris, enSeine-Saint-Denis, dans lesHauts-de-Seine et dans leVal-de-Marne. L'objectif recherché est de créer d'impressionnantes fontaines à eau, objets de rafraîchissement et de récréation.
Ces expulsions d'eau à forte pression sont de véritables geysers susceptibles de blesser des enfants, d’inonder des habitations aux alentours et de dégrader les installations[22].
Une pénurie d'eau locale ou un débit insuffisant peuvent être causés par ces ouvertures intempestives[23].
Parmi les pompiers, on considère que l'ouverture sauvage des hydrants peut faire perdre 15 minutes dans l'extinction d'un incendie[24].
En, pendant une canicule qui cause 1 500 morts, les autorités, en la personne du chef de la police de New YorkTheodore Roosevelt, mettent en place des mesures d'urgence ; l'une de ces mesures consiste à rafraîchir les rues avec l'eau des hydrants[25].
Cette pratique, par la suite devenue illicite, a été promue en 1989 dans le film deSpike LeeDo the Right Thing.
Le coût de ces ouvertures se compose, d'une part, du coût de l'eau (entre 60 000 et 80 000 euros) et, d'autre part, des coûts indirects liés aux interventions de personnels[22].
Les maires sont désemparés et font appel aux services de l'État. Pour faire des économies sur les dépenses d'eau, certaines municipalités font installer des systèmes de bague/kit antieffraction. À 600 euros l'unité[22] plus l'installation, le montant s'élève à 1 000 euros par hydrant[26],[27], obligeant les mairies à n'équiper que les hydrants les plus à risque d'abus (à titre d'estimation, Noisy-le-Sec par exemple comptabilise environ un total de 600 bouches d'incendie[26]).
L'ouverture illégale d'un point d’eau incendie (PEI) constitue une détérioration ou dégradation d'un « bien destiné à l'utilité publique et qui appartient à une personne publique » (articles 322-3 8° du code pénal), sanctionnable de 5 ans de prison et de 75 000 euros d'amende[28].
Le psychologue américain Harold Proshansky définit le concept d’appropriation pour parler de la manière dont lesgens du voyage font usage des bornes à incendie à des fins d'alimentation en eau[29].
↑Le Journal général. Travaux publics et Bâtiment, [s.n.?],(lire en ligne).
↑a etbAssociation générale des hygiénistes et techniciens municipaux Auteur dutexte,Techniques et sciences municipales, Association générale des hygiénistes et techniciens municipaux,(lire en ligne).
↑L'Écho des assurances terrestres et maritimes : recueil des décisions législatives, judiciaires ou administratives concernant les assurances..., [s.n.],(lire en ligne).
↑ab etcGabriel Édouard (Colonel) Auteur du texteParis,Le feu à Paris et en Amérique / par le Colonel Paris,..., Germer Baillière et Cie,(lire en ligne).
↑Gabriel Édouard (Colonel) Auteur du texteParis,Le feu à Paris et en Amérique / par le Colonel Paris,..., Germer Baillière et Cie,(lire en ligne)
↑a etbAssociation générale des hygiénistes et techniciens municipaux Auteur dutexte,La Technique sanitaire et municipale : hygiène, services techniques, travaux publics : journal de l'Association générale des ingénieurs, architectes et hygiénistes municipaux de France, Algérie-Tunisie, Belgique, Suisse et Grand-Duché de Luxembourg, Berger-Levrault,(lire en ligne)
↑Association générale des hygiénistes et techniciens municipaux Auteur dutexte,La Technique sanitaire et municipale : hygiène, services techniques, travaux publics : journal de l'Association générale des ingénieurs, architectes et hygiénistes municipaux de France, Algérie-Tunisie, Belgique, Suisse et Grand-Duché de Luxembourg, Berger-Levrault,(lire en ligne)
↑en France cf. Norme Afnor NFS 62 200 Poteaux et Bouches d'incendie : Règles d'Installation
↑Un consensus s'est fait en France autour des Documents D9 et D9A pour déterminer les ressources en eau à mettre en place au titre de la Défense Extérieure Contre l'Incendie :
↑abcd eteGuillaumeDescours et A. F. P.agence, « Les ouvertures sauvages des bouches d'incendie sont dangereuses et coûtent cher »,Le Figaro,(ISSN0182-5852,lire en ligne, consulté le).
↑« Ouvrir les bouches d'incendie pour se rafraîchir ? Mauvaise idée, avertissent les pompiers »,europe1.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑Romain Chiron, « En Seine-Saint-Denis, des pompiers «perdent 15 minutes à cause de bornes à incendie défectueuses» »,Le Parisien,(lire en ligne, consulté le).
↑a etbRomain Chiron, « Seine-Saint-Denis : une nouvelle arme contre les ouvertures sauvages des bouches d’incendie »,Le Parisien,(lire en ligne, consulté le).
↑Ivan Capecchi, « Seine-Saint-Denis : le fléau des ouvertures sauvages de bouches d’incendie refait surface »,Le Parisien,(lire en ligne, consulté le)
↑« Forcer une borne incendie, un jeu dangereux… et interdit »,Actualités du Ministère de l'Intérieur,(lire en ligne, consulté le)
↑Centre d'études, de documentation, d'information et d'action sociales (Paris). Auteur du texte etOffice central des œuvres de bienfaisance et services sociaux (France),Vie sociale : cahiers du CEDIAS, Musée social,(lire en ligne)