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Bore

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Cet article concerne l'élément chimique. Pour les autres significations, voirBore (homonymie).

Bore
Image illustrative de l’article Bore
BérylliumBoreCarbone
 Structure cristalline rhomboédrique
 
5
B
 
        
        
                  
                  
                                
                                
  
                      
B
Al
Position dans letableau périodique
SymboleB
NomBore
Numéro atomique5
Groupe13
Période2e période
BlocBloc p
Famille d'élémentsMétalloïde
Configuration électronique[He] 2s2 2p1
Électrons parniveau d’énergie2, 3
Propriétés atomiques de l'élément
Masse atomique10,81 u[1]
Rayon atomique(calc)85 pm (87 pm)
Rayon de covalence84 ± 3 pm[2]
Rayon de van der Waals208 pm
État d’oxydation3
Électronégativité(Pauling)2,04
OxydeFaiblementacide
Énergies d’ionisation[3]
1re :8,298 02 eV2e :25,154 8 eV
3e :37,930 64 eV4e :259,375 21 eV
5e :340,225 80 eV
Isotopes les plus stables
IsoANPériodeMDEdPD
MeV
10B19,9 %stable avec 5neutrons
11B80,1 %stable avec 6neutrons
12B{syn.}20,20 msβ-13,36912C
Propriétés physiques ducorps simple
État ordinairesolide
Masse volumique2,34 g·cm-3 (cristaux)[4]

2,37 g·cm-3 (variété amorphe)[4]

Système cristallinRhomboédrique
Dureté(Mohs)9,3[5]
CouleurNoir
Point de fusion2 075 °C[4]
Point d’ébullition4 000 °C[4]
Enthalpie de fusion50,2 kJ·mol-1
Enthalpie de vaporisation480 kJ·mol-1 (1 atm,4 000 °C)[4]
Volume molaire4,39×10-6 m3·mol-1
Pression de vapeur1,56×10-5 atm à2 140 °C[5]
Vitesse du son16 200 m·s-1 à20 °C
Chaleur massique1 026 J·kg-1·K-1
Conductivité électrique1,0×10-4 S·m-1
Conductivité thermique27,4 W·m-1·K-1
Divers
No CAS7440-42-8[6]
No ECHA100.028.319
No CE231-151-2
Précautions
SGH[7]
SGH07 : Toxique, irritant, sensibilisant, narcotique
Attention
H302
H302 : Nocif en cas d'ingestion

Unités duSI &CNTP, sauf indication contraire.
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Cristaux deborax, un composé du bore.

Lebore est l'élément chimique denuméro atomique 5, desymbole « B ». C'est la tête de file dugroupe 13 dutableau périodique.

Il fait partie, avec lelithium et lebéryllium, des quelques éléments légers absents des principaux processus denucléosynthèse (nucléosynthèse primordiale etnucléosynthèse stellaire). La présence du bore, en faibleabondance, dans l'espace est imputable à laspallation cosmique (bombardement interstellaire d'éléments plus lourds par lesrayons cosmiques).

Le corps simple bore est unmétalloïdetrivalent[8]. Il est plutôt rare dans l'écorce terrestre et lesystème solaire, mais plus abondant à la surface de laTerre, sous forme deborates (principalement deborax[9]), et dans les océans sous forme d'acide borique. Il constitue environ 0,001 % de lacroûte terrestre, soit10ppm en moyenne (en particulier 5 mg/kg dans lesbasaltes).

Il existe deuxvariétés allotropiques principales de bore à l'état decorps simple : le boreamorphe est une poudre brune, tandis que le bore cristallin est noir. Le bore cristallin est dur — 9,3 sur l'échelle de Mohs — et présente une faibleconductivité électrique à température ambiante.

Le bore présente un grand intérêt tant pour la variété de ses composés, pour les progrès qu'il a rendu possibles dans la compréhension de laliaison chimique, que pour son importance industrielle et technologique. Il est utilisé essentiellement sous forme deperborate de sodium Na2B2O4(OH)4 dans leslessives et lesdétergents, ainsi que sous forme deborax Na2B4O7·10H2O dans les matériaux enfibres de verre.

Découverte

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Les composés du bore (arabe بورق -buraq,persanburah « brillant ») sont connus depuis des milliers d'années. Dans l'Égypte antique, le procédé de momification dépendait dunatron, un minerai contenant en impuretés des borates ainsi que d'autres sels plus communs. Il est connu par les métallurgistes et céramistes depuis la plus haute Antiquité. Les Chinois se servaient d'une glaise à haute teneur en borax au moins depuis −300 etlesRomains utilisaient des composés de bore pour la fabrication du verre[réf. nécessaire].

Cet élément ne fut isolé qu'en1808 par SirHumphry Davy,Gay-Lussac et le baronLouis Jacques Thénard, qui obtinrent une pureté de 50 %. Ils n'identifièrent toutefois pas la substance comme un élément; ce fut fait parJöns Jacob Berzélius en1824.Henri Moissan livra les premiers échantillons purifiés et le premier échantillon de bore pur fut obtenu, à partir desesquioxyde de bore, par le chimiste américainEzekiel Weintraub en1909.

Cinétique environnementale du bore

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Dans les sols, le bore est à la fois facilement adsorbé et facilement solubilisé[10]. Le ruissellement, notamment sur les sols labourés, emporte le bore dans leseaux douces ; la teneur en bore des eaux douces européennes atteint0,001 à2 mg/L, avec des valeurs moyennes généralement inférieures à0,6 mg/l[11]).

Les carences en bore des sols sont favorisées par des facteurs tels que :

Le bore est emporté, essentiellement sous forme d'acide borique, vers les océans. La plupart du bore terrestre s'y trouve concentré : dans l'eau (4,5 mg/L en moyenne[13]) et dans les sédiments marins. Une petite partie du bore est volatilisée dans l'atmosphère via lesembruns, les incendies de forêt et l'évaporation d'acide borique marin, ainsi qu'à partir de l'activité volcanique et, depuis quelques siècles, à partir des opérations minières, de la production de verre et de céramiques, de l’épandage agricole de produits chimiques, et de la combustion du charbon (centrales thermiques, usines métallurgiques…). Le bore particulaire retombe en mer ou sur terre sous forme de dépôts secs ou humides. La teneur de l'air en bore ne dépasse pas 0,5 à 80 ng/m3.Dans le sol ou les sédiments, le bore tend à être transformé enborates par les champignons et bactéries et à s'adsorber sur le substrat quand il est alcalin (pH de 7,5 à 9) (et à être désorbé si le milieu s'acidifie[14],[13]).

Masse atomique

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Le bore naturel est composé de ses deux isotopes stables,10B et11B. La variabilité de leurs concentrations respectives, en particulier entre les borates deCalifornie (pauvres en10B) et ceux deTurquie (riches en10B), empêche la détermination de lamasse atomique du bore à une précision meilleure que 10,81[15].

En outre, le bore 10 a été utilisé dans les années 1950 comme standard desection efficace neutronique du fait de la large valeur (~ 3 838barns) de lasection efficace de10B dans la réaction nucléaire10B + n →4He +7Li. Ainsi, comme pour lelithium appauvri en6Li pour d'autres raisons, des quantités non négligeables de bore appauvri en10B remis dans le circuit commercial contribuent également à la basse précision de la détermination de la masse atomique du bore[16].

Isotopes

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Article détaillé :Isotopes du bore.

Le bore possède quatorzeisotopes connus, avec unnombre de masse variant entre 6 et 19. Seuls10B et11B sontstables et naturellement présents dans la nature, le second représentant 80 % du bore naturel. Les radioisotopes du bore sont très instables : lademi-vie la plus longue, celle de8B, n'est que de 770 ms. Ils se désintègrent enisotopes de l'hélium pour les isotopes plus légers que les isotopes stables (via desisotopes du béryllium pour certains), enisotopes du carbone pour les plus lourds. Sonanalyse isotopique peut être utile pour tracer les origines de certains composés anthropiques du bore[17].

Caractéristiques notables

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Granules de bore élémentaire[18].

Le bore est le seulélément non métallique de sa colonne (groupe) dutableau périodique. À ce titre, ses propriétés chimiques diffèrent de celles de l'aluminium, dugallium, de l'indium et duthallium. Ainsi, il ne présente pas de chimie ionique en solution aqueuse. Le bore possède uneorbitale-p presque vide (un seulélectron sur les six pouvant occuper cette sous-couche). Trivalent (susceptible de former troisliaisons covalentes), il est utilisé enélectronique commedopant de typep (accepteur d'électrons / riche entrous) pour lesilicium (tétravalent). Les composés du bore se comportent souvent comme desacides de Lewis, se liant aisément avec des espèces riches en électrons afin de combler son déficit électronique.

Le bore est transparent à la lumièreinfrarouge. À température ambiante, le bore est un mauvaisconducteur électrique mais est un bon conducteur à température élevée.

Le bore possède la résistance à la tractionla plus élevée de tous les éléments connus[réf. nécessaire].

Lenitrure de bore cubique peut être employé pour faire des matériaux aussi durs que lediamant. Le nitrure agit également en tant qu'isolant électrique, mais conduit la chaleur comme un métal. Le nitrure de bore hexagonal a des qualités lubrifiantes semblables à celles dugraphite.Le bore ressemble également aucarbone car il a la possibilité de former des réseaux moléculaires stables parliaisons covalentes.

Il est présent dans leslessives, ce qui en fait un traceur depollution urbaine dans les réseaux d'assainissement.On le détecte dans l'eau grâce à lacurcumine, avec laquelle il forme le rouge de rosocyanine[19].

Curieusement, le bore n'entre dans la composition que d'une seule molécule ayant un rôle biologique connu : AI-2 (autoinducer 2), découvert en1994 par Bonnie L. Bassler, est un agent qui permet à desbactéries de communiquer entre elles pour évaluer leur nombre et de ne déclencher certaines actions (comme laluminescence) que si elles sont relativement nombreuses. Cette molécule est un sucre qui enserre un atome de bore.[réf. souhaitée]

Le bore présente également, à haute pression (plus de10 GPa, ou100 000 atm), la faculté de former uncristal ionique à lui seul, alors que d’ordinaire un tel cristal est constitué d’au moins deux types d’atomes différents. Cette propriété s’explique par le fait que, sous l’effet de la pression, les atomes de bore s’assemblent en deux types d’amas aux caractéristiques ioniques différentes, l’un se comportant comme uncation et l’autre comme unanion, permettant ainsi la formation d’un cristal ionique[20].

Applications

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Production industrielle

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On ne trouve pas de bore dans la nature sous sa forme élémentaire, mais sous forme combinée par exemple dans leborax (tinkalite), l'acide borique, lacolémanite, lakernite, l'ulexite et divers borates. On trouve parfois de l'acide borique dans les sources d'eau volcanique. L'ulexite est un minerai de bore qui possède naturellement les propriétés de la fibre optique.

LesÉtats-Unis (avec le gisement économiquement le plus important de minerai derasorite, dans ledésert des Mojaves enCalifornie) et laTurquie (avec ses vastes réserves de minerai de borax) sont les deux plus grands producteurs de bore. La Turquie détient près de 73 % des réserves mondiales et les États-Unis environ 13 %[33].

Le bore pur n'est pas facile à préparer. Les premières méthodes impliquaient la réduction de l'acide borique avec un métal tel que lemagnésium ou l'aluminium. Toutefois le produit est presque toujours contaminé par desborures métalliques.

Le bore très pur est préparé en réduisant deshalogénures de bore volatils avec de l'hydrogène à haute température.

Fonctions et toxicité biologique

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Oligo-élément à faible dose ?

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Pour les végétaux

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Cemétalloïde est présent sous forme ionique ou minéral amorphe de manière courante dans l'environnement.C'est l'un des 7 composants essentiels des végétaux[34] ; associé à lapectine, il contribue à maintenir l'intégrité de leurs parois cellulaires[35], et il est indispensable à la croissance destubes polliniques. Seuls les végétauxbioaccumulent fortement le bore. Certains légumes en contiennent de 0,025 à 0,05 mg/g de poids sec, devant les fruits (de 0,005 à 0,000 5 mg/g) eux-mêmes plus riches en bore que les céréales et leur grains (de 0,001 à 0,005 mg/g)[36]. Dans le bois de l'arbre il se stabilise dans lephloème d'où il est peu transféré aux autres tissus sauf chez certaines espèces dont le pommier (les pommes sont riches en bore) et chez les espèces riches ensorbitol[37]. Les racines en contiennent le moins, les feuilles le plus[13].

En revanche, un taux de bore dépassant 1 ppm dans le sol peut provoquer unenécrose marginale des feuilles et affecter la croissance de plantes sauvages ou cultivées (tomate[38] par exemple).Certains dérivés du bore ont d'ailleurs été utilisés comme pesticidesdésherbants[35] et une forte dose de bore tue les plantes.
Inversement, des niveaux trop bas (inférieurs à 0,8 ppm) peuvent provoquer ces mêmes symptômes chez des végétaux particulièrement sensibles au bore dans le sol (arbres fruitiers par exemple).

Selon une étude (2010) faite dans lavallée de San Joaquin (SJV) enCalifornie, l'acidité (pH bas) du sol, même faible serait un des facteurs aggravant le plus laphytotoxicité du bore. Il est associé à une inhibition des symbioses bactériennes de laRhizosphère chez desconcombres cultivées sur unsol salinisé par l'irrigation avec une eau dure ; l'augmentation du taux de bore dans un sol légèrement acide s'accompagnant d'une chute de la diversité bactérienne associée aux racines[39].Le bore s’accumule dans les végétaux.

Chez l'humain et l'animal

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Le bore est largement présent dans l'alimentation animale et humaine. Il ne semble pas être bioaccumulé, sauf dans lesos, où le bore s'accumule fortement. Chez le rat exposé au bore par l'alimentation, les os l'accumulent fortement puis, après que l'apport alimentaire a cessé, la charge osseuse en bore diminue en quelques mois mais se stabilise définitivement à une teneur trois fois supérieure à la moyenne[40].

Chez les invertébrés il est toxique à faible dose, quelques dizaines de mg/L d'eau chez lacrevette (chezLitopenaeus vannamei par exemple, avec une toxicicité variant selon la salinité de l'eau[41]). D'après des études faites sur lalimande (Limanda limanda) ou lemulet à grosses lèvres (Chelon labrosus), les poissons marins s'y montrent moins sensibles que les invertébrés[42].

Son rôle (positif ou négatif) dans la physiologie animale est mal compris. À faible dose, il est au moins impliqué dans le transport membranaire, et stimule l'activité ATPase, le pompage des ions H+ de pompage et l'absorption des ions K+. Depuis qu'on sait qu'il a une activité biologique, la recherche sur la chimie de ses composés s'est développée. Certains de ces composés se sont montrés être de puissants agents anti-ostéoporotiques,anti-inflammatoires,hypolipémiants,anti-coagulant etanti-néoplasiques à la foisin vitroet in vivo chez l'animal de laboratoire[35].

Il n'est pas certain qu'il s'agisse d'un élément vraiment indispensable à lui seul[35] ; des expériences avec supplémentation ou privation de bore ont un impact sur le métabolisme ducalcium osseux, mais avec des effets nettement plus marqués quand il y carence d'autres nutriments (cholécalciférol,magnésium)[35].

Quelques études épidémiologiques laissent penser qu'il pourrait — à faible dose (1 à 13 mg/j, fourchette de non-toxicité selon l'OMS[11]) — jouer un rôle positif pour la santé[43]. Desépidémiologistes ont observé que lescancers et lesmaladies musculo-squelettiques sont très rares chez les habitants des zones minières où l'on exploite le bore[43], mais s'il existe un lien de cause à effet, il est encore incompris.

Dans certaines régions, l'eau deforage peut naturellement présenter des teneurs conjointement trop élevés en bore et fluor, en étant cause defluorose dentaire[44]. Le bore a été massivement utilisé comme ignifugeant et a contaminé les eaux de surface en tant qu'additif de produits nettoyants, mais une étude anglaise (2010) montre que cette source particulière de pollution est en diminution[45].

Inhalation par des rats sous forme detrifluorure de bore (BF3) : en 2 semaines, tous les rats exposés à 180 mg/m3 sont morts avant la sixième exposition (CL50 à 4 h est de1,21 mg/L d'air), et ceux exposés à 66 et 24 mg/m3 ont montré des signes cliniques d'irritation respiratoire, une chute de poids, une augmentation du poids des poumons, et diminution du poids du foie, avec une nécrose et pycnose de l'épithélium tubulaire proximal des reins dans le groupe le plus exposé. Une accumulation de matières sèches a aussi été constatée autour du nez et de la bouche, ainsi que des râles et des larmoiements, associés à une dépression réversible du taux de protéines du sérum et desglobulines, avec augmentation du taux de fluor osseux et urinaire. Les effets semblent tous de type « dose-dépendant ». La toxicité rénale est significative à 17 mg/m3 d'air alors que l'exposition à 6 mg/m3, bien que montrant une élévation des fluorures, n'a pas abouti à une réponse toxique visible[46].

Incertitudes toxicologiques

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Concernant sa reprotoxicité

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Des données toxicologiques (sur la reproduction notamment) sont issues de l'expérimentation animale. Elles ne semblent cependant pas directement extrapolables à l'humain car certains effets négatifs chez l'animal (rat, souris, lapin) n'ont pas été confirmés par les données épidémiologiques disponibles chez l'humain[43],[47]. Aux doses d'exposition des ouvriers travaillant dans un environnement industriel riche en bore, on n'a pas non plus constaté de corrélation entre le taux de bore dans le sang ou le liquide séminal et la fréquence ou la gravité deparamètres indésirables pour le sperme (mais dans ces études, les expositions n'atteignaient pas celles qui en laboratoire provoquent des effets indésirables chez l'animal[48]).

Concernant son utilité biologique

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Elle est évidente chez les végétaux, mais moins chez l'humain ou l'animal.

Le bore semble impliqué dans lafonction cérébrale (via ses effets sur le transport transmembranaire), il affecte la synthèse de la matrice extracellulaire et semble bénéfique pour lacicatrisation deplaies[35]. Si une supplémentation en bore augmente le tauxsérique de β-estradiol et de testostérone, il a néanmoins des effets reprotoxiques (inhibition de lafonction reproductive[35]).

Comme la quantité de bore de l'eau potable doit (les borates sont concernés par une directive européenne en Europe[49]) et peut être contrôlée et que la quantité de bore est faible dans les aliments (un adulte moyen en consommerait 1 à 2 mg/j[35]), on suppose que dans un contexte « normal », il n'a pas d'effets négatifs sur la santé humaine[43], mais une évaluation complète des risques nécessiterait de clarifier l'importance positive ou négative du bore sur tous les processus cellulaires et physiologiques.

Le bore est présent dans tous les aliments d'origine végétale.Depuis 1989, sa valeur nutritive a été confirmée[réf. souhaitée]. On pense que le bore joue un rôle biochimique chez plusieurs animaux, y compris les humains. Le ministère américain de l'agriculture a menéune expérience[réf. souhaitée] dans laquelle les femmes ménopausées ont pris 3 mg de bore par jour. Les résultats ont montré que le bore réduit l'excrétion de calcium de 44 %, et active la production d'œstrogène et devitamine D, ce qui suggère un rôle possible dans la prévention de l'ostéoporose.

Concernant le passage percutané

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Selon les premières données (étudesin vivo) disponibles, lapeau humaine résiste bien au passage percutané, hormis, quand elle est endommagée, abrasée ou en cas de blessure[50]. Cependant, ces études sont parfois anciennes, et elles ont été produites alors que la sensibilité des méthodes d'analyse du bore dans une matrice biologique était faible[51].

Une étudein vitro récente (1998) a été faite par le département dedermatologie de l'université de Californie (San Francisco), avec un matériel d'analyse plus performant. Ses résultats questionnent les scientifiques, car montrant pour certaines formes de bore un passage percutané de 10 à 1000 fois plus important que ce qui avait été trouvé dans des étudesin vivo plus anciennes[51]. Selon les auteurs, ces résultats devraient remettre en cause les évaluations de risque toxicologique antérieures[51].

Concernant ses seuils de toxicité ou d'écotoxicité

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Comme pour d'autres éléments, ces seuils peuvent varier selon les espèces (et les individus s'il existe des vulnérabilités génétiques). Et il faut à la fois considérer la toxicité aiguë et chronique.

Selon une réévaluation toxicologique récente (2013) basée sur lemodèle animal (mammifères), les deux facteurs critiques pour sa toxicité chez les mammifères sont[52] une toxicité testiculaire et une inhibition du développement fœtal[53]. Au-delà de certains seuils, un excès de bore est en effet

Toxicité chez l'enfant

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Le mésusage accidentel d'antiseptiques contenant de l'acide borique était encore dans les années 1980 l'une des premières causes d'accidents toxiques (parfois mortels[66]) du nouveau-né et du nourrisson.

Des empoisonnements ont aussi eu lieu à la suite de l'absorption accidentelle de pesticides (dont insecticides) domestiques[67], comme chez les animaux qui y sont exposés[68].

Dans d'autres cas, ce sont des produits ménagers contenant des borates qui étaient en cause[69], ou lors d'accidents du travail dans un contexte de production ou d'utilisation de boranes.

Chez l'enfant, les cas de toxicité aiguë sont plus facilement détectés, mais il existe aussi des situations d'empoisonnement chronique[70].

Cinétique corporelle, excrétion

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Chez l'humain et l'animal de laboratoire, 100 % du bore ingéré passe en quelques heures labarrière intestinale vers le sang, pour être ensuite passivement diffusé dans l'ensemble du corps[71]. On l'y retrouve dispersé de manière inhomogène : dans les heures qui suivent l'exposition, il est moins concentré (20 % moins chez le rat) dans les tissus gras, et plus concentré dans l'os, certains tissus du cerveau et la moelle osseuse (4 fois plus dans la moelle que dans le sang[71]).

L'acide borique ne semble pasmétabolisé chez l'animal ni chez l'humain, sans doute en raison de l'importante quantité d'énergie nécessaire qu'il faut pour rompre laliaison BO, mais il y a une affinité chimique pour les groupes chimiquescis-hydroxy, qui pourrait expliquer certains de ces effets biologiques[71].

Une grande partie de cet acide borique est ensuite assez rapidement (un peu plus d'une centaine d'heures) filtré par les reins et excrété via l'urine (de même que pour la plupart du bore expérimentalement injecté en intraveineuse[72],[43]).
La teneur urinaire en bore est donc considérée comme indicatrice d'une exposition récente[73].
Chez la femelle du rat prégnante, le rein élimine un peu plus vite le bore, bien que sa clairance soit inférieure à celle de la créatinine, ce qui suggère une réabsorption tubulaire[74].

Chez des volontaires humains ayant reçu du bore dans l'alimentation, sa demi-vie était de 21 h en moyenne, et chez d'autres volontaires ayant une dose unique de 562 à 611 mg d'acide borique par perfusion en 20 min (dans le cadre d'une étude depharmacocinétique) avaient après120 heures éliminé 98,7 (±9 %) de la dose, excrétée via l'urine[75].

La cinétique du bore semble similaire chez l'humain et le rat[71], mais chez le rat la durée de demi-vie du bore est de 14 à 19 h environ, significativement plus courte que chez l'humain.

La part du bore qui n'est pas rapidement excrété peut être plus ou moins durablement absorbé par le cerveau et surtout par les os.Chez lafemme enceinte, comme pour le lithium (présent à dose relativement élevée dans l'eau avec le bore dans certaines zones d'Argentine[76] ou duChili[76] il a été montré (2012) que leplacenta n'est pas une barrière pour le bore[76], montrant une exposition fœtale directe avec jusqu'à 1 700 mg de lithium/L et 14 000 de bore mesurés dans la première urine du nouveau-né) ; dont les conséquences n'ont pas été étudiées[76].
Par contre le nourrisson semble moins exposé via lelait maternel (qui contient moins de bore que le sang de la mère) que par lelait maternisé reconstitué avec l'eau du robinet de ces régions[76].

Le cas du bore en nanoparticules ou dans des nanoproduits

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Le développement desnanotechnologies utilisant le bore pose de nouvelles questions aux toxicologues et écotoxicologues et à labiologie cellulaire, avec notamment le développement dans les années 2000 denanotubes constitués denitrure de bore[77],[78],[79]

Article détaillé :Nanotoxicologie.

Écotoxicité

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Le bore est unoligoélément pour les végétaux (tous l'accumulent). Le charbon étant surtout constitué de restes végétaux terrestres, il contient une quantité significative de bore (alors que lepétrole et legaz naturel, plutôt issus de matière organique d'origine marine ou lacustre, en contiennent moins). Les finescendres volantes issues descentrales thermiques au charbon (ici vue enmicroscopie électronique) sont riches en bore et peuvent être une source de contamination environnementale (comme la combustion du charbon)[80].
Les lentilles d'eau (Lemna gibba L.) absorbent si bien le bore, qu'il a été proposé de les utiliser enphytoremédiation pour épurer l'eau polluée par le bore[81], cependant au-delà d'une certaine dose le bore devient toxique pour cette espèce[82].

Les carences aussi bien que les excès (toxicité) en bore affectent la croissance, la morphologie, la physiologie et la structure cellulaire des plantes et donc leur rendement en culture. Un apport bien dosé de bore sur un sol carencé peut améliorer les rendements de culture de végétaux (detournesol par exemple[83]) ou d'arbre (pommiers par exemple[84]).

Des expériences de culturehydroponique contrôlée publiées en 2017 confirment qu'une carence affecte plutôt lesracines, alors que l'excèsbrûle le bord des feuilles plus âgées[85]. Lesenzymesantioxydants (dont lasuperoxyde dismutase (SOD), laperoxydase (POD), lacatalase (CAT) et l'ascorbate peroxydase (APX) chutent en cas de déficit en bore, et aussi — dans une certaine mesure — en cas d'excès[85]. Laconcentration de MDA chute en cas de carence et augmente avec la concentration en bore. Des fonctions vitales comme laphotosynthèse, l'évapotranspiration, la conductancestomatale et les échanges gazeux foliaires et leCO2 intercellulaire sont réduites à la fois en cas de carence et d'excès[85]. La teneur enchlorophylle et encaroténoïdes diminue aussi quand il y a carence ou excès en bore[85]. En raison des enjeux du bore pour les plantes cultivées, c'est l'un des éléments chimiques dont l'écotoxicité dans le sol a été la plus étudiée (en2017, des études et données scientifiques sur sesdoses létales et sublétales dans le sol ont été publiées pour au moins 38 taxons végétaux)[86].

Le bore esttoxique pour de nombreuses espèces dusol et dans divers types de sols (acides surtout). Certaines espèces (par exempleFolsomia candida) y sont très sensibles. Parmi les vers, les espècesenchytrées y semblent les plus sensibles. Chez les plantes globalement lesdicotylédones y sont toxicologiquement les plus sensibles, suivies desmonocotylédones et desgymnospermes qui en supportent des quantités plus élevées. La sensibilité augmente aussi avec la durée d'exposition et la dose finale. Des points limites tels que la létalité et l'évitement mesurés par certains tests semblent moins importants que les effets sur la reproduction (mesurés par d'autres types de tests).

À la suite des rejets anthropiques liquides et gazeux (cf.effluents non traités etcombustion ducharbon notamment), on a mesuré (à la fin des années 1960 dont au Royaume-Uni) un accroissement du taux de bore des eaux de surface et de cours d'eau[87] qui a ensuite diminué (années 2010 au Royaume-Uni) avec le développement des stations d'épuration[45] et de nouvelles formulations desdétergents à partir des années 1990 (perborates remplacé par d'autres agents blanchissants)[45].

Le bore n'est pas considéré commemutagène nicancérogène, mais il est soupçonné d'êtrereprotoxique. L'acide borique a longtemps été utilisé comme« toxique de référence » pour calibrer ou mesurer la sensibilité de testsécotoxicologiques standardisés, mais on lui cherche des alternatives moins préoccupantes pour la santé environnementale[86].

Certaines régions ont cependant été polluées par les activités humaines, des sols et milieux salinisés[88], et certaines nappes ou sols de plusieurs régions minières sont naturellement enrichies en bore (comme dans le Sud-Ouest des États-Unis où la roche-mère affleurante est naturellement riche en bore[89] ou dans certaines régionsturques ; deKirka)[90] ou d'Hisarcik (dans la province de Kutahya) où l'on trouve de 2,05 à 29,00 mg de bore par litre d'eau[91] (4,08 mg/l en moyenne)[91], avec dans cette même région une excrétion urinaire humaine variant de0,04 à50,70 mg/l de bore (8,30 ± 10,91 mg bore/l en moyenne) chez l'adulte.

Latoxicité environnementale de ce bore et de celui qui peut être émis dans les milieux (cours d'eau notamment) fait l'objet de quelques études[92],[91],[90] dont pour des plantes (l'excès ou le manque de bore est l'un des premiers problèmes pour la santé des plantes) et insectes ou crustacés (daphnie[93] par exemple) aquatiques. Elles ont montré que les taux environnementaux de bore de certaines régions d'Europe sont proches des niveaux de toxicité pour les insectes aquatiques et d'autres espèces[94], laissant penser que les introductions anthropiques de bore dans l'environnement peuvent déjà poser des problèmes dans les régions où le taux de bore était naturellement plus élevé et/ou pour les espèces qui y sont le plus sensibles (invertébrés, certaines plantes…). Les eaux d'irrigation trop riches en bore pourraient peut-être à terme poser des problèmes, de même que lescendres issues de la combustion du charbon[95] ou de bois traités au bore, notamment quand ces cendres sont utilisées comme amendements pour le sol[80]. Par exemple sur sol acide amendé avec des cendres de charbon lemaïs absorbe et accumulé plus de bore[96]. La taille des particules de cendre influe sur leur capacité à adsorber ou relarguer le bore[97].Le bore susceptibles de poser des problèmes environnementaux provient notamment de certainsdétergents, debiocides etignifugeants du bois, de tissus ou d'isolants thermiques (ouate decellulose) notamment. Ils posent des problèmes en fin de vie du matériau, et peut-être à la suite des contacts que des oiseaux, chauve-souris ou autres mammifères peuvent avoir avec le matériau traité.

Épuration des eaux potables

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À haute dose le bore est un contaminant indésirable des eaux potables et d'irrigation (il est phytotoxique au-delà d'un certain seuil)[98]. Dans certaines régions (de Turquie ou du sud des États-Unis notamment), les eaux peuvent contenir des quantités élevées de bore[99], susceptibles de poser des problèmes de toxicité[100].

L'épuration du bore de l'eau est assez coûteuse, mais techniquement possible, par exemple parélectrocoagulation,osmose inverse[101], ou par des procédés hybrides déjà utilisés pour ladessalinisation (la mer contient une grande partie du bore « terrestre »)[102],[103] utilisant une résine ou d'autres matériaux[104] absorbant sélectivement certains sels[105]. Une alternative par bioremédiation par une micro algue (Chlorella), a été testée et proposée en 2012[106].

Une méthode moins couteuse pourrait utiliser les propriétés adsorbantes de certaines argiles (naturelles ou modifiées) pour adsorber le bore[107].

Aliments riches en bore

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On trouve du bore principalement dans les légumes-feuilles (chou,laitue,poireau,célerietc.), les fruits (sauf ceux du genrecitrus), leslégumineuses et lesnoix. Parmi les aliments les plus riches, on compte l'avocat, l’arachide, laprune, leraisin, la poudre dechocolat, levin et lanoix de pécan[108].

Phrases de risque

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Depuis les années 2000, l'acide borique est considéré (par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) notamment, et par lerèglement REACH) comme une« substance hautement préoccupante en raison de ses propriétés reprotoxiques »[109].

Tout ou partie des dérivés du bore et de l'acide borique en Europe, depuis 2010 sont qualifiés par lesphrases de risque suivantes :

  • R 60 – Peut altérer la fertilité ;
  • R 61 – Risque pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant ;
  • S 45 – En cas d’accident ou de malaise, consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l’étiquette) ;
  • S 53 – Éviter l’exposition – se procurer des instructions spéciales avant utilisation ;
  • X 02 – Réservé aux utilisateurs professionnels. Attention ! Éviter l’exposition – se procurer des instructions spéciales avant utilisation.

Dérivés

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Les principaux dérivés commercialisés du bore ou industriellement utilisés sont[110] :

Commerce

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En 2014, la France est nette importatrice de bore, d'après les douanes françaises. Le prix moyen à la tonne à l'import était de 570 [111].

Notes et références

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