La commune de Bords est sise sur la rive droite et dans une courbe de la rivièreCharente, qui la délimite au sud et à l'ouest. Lepoint culminant de la commune (57 mètres d'altitude) est situé au nord-est du territoire communal dans leBois de la Tour sur une parcelle nommée le Bois de l'âne.
Le paysage de Bords est principalement constitué de parcelles de cultures céréalières parsemés de hameaux épars, de quelques vignes et de prairies humides dans le sud et l'ouest. On trouve quelques étendus boisés principalement dans le nord-est de la commune et desmarais en bordure de la Charente.
Bords est traversée d'Est en Ouest par la départementale D124 qui relieSaint-Savinien àTonnay-Charente.Bords est le point de départ de la départementale D118 en direction dePont-L'Abbé-D'Arnoult ainsi que de la départementale D215 qui passant parSaint-Coutant se termine dans le village d'Azay sur la commune deSaint-Crépin.
Par la route, le centre Bourg de Bords n'est qu'à dix kilomètres de la sortie n°33 de l'autoroute A837 qui permet de rejoindreBordeaux (à 145 km) vers le Sud, etLa Rochelle (à 39 km) vers le Nord et traverse une partie de son territoire.
Lagare SNCF de Bords est située sur l'ancienneligne reliant Nantes à Saintes. Bords est desservie par des trainsTER Nouvelle-Aquitaine circulant entreSaintes et La Rochelle-Porte-Dauphine. Deux allers-retours sont prolongés de Saintes àAngoulême. 8 allers-retours desservent la gare en semaine et 3 aller-retours les samedis et dimanches.Des correspondances TGV à La Rochelle ou Saintes permettent de rejoindreParis en trois heures trente environ.
Par les airs, l'aéroport international de Bordeaux-Mérignac est à 150 km et l'aéroport de La Rochelle à 53 km (liaisons avec Londres, Dublin, Genève, Bruxelles, Porto, etc...).
LaVélodyssée,véloroute qui traverse laBretagne et longe l’Atlantique jusqu’à laCôte basque est située àCabariot à six kilomètres par la D124 à partir du centre bourg de Bords. Un autre itinéraire de huit kilomètres permet de rejoindre la véloroute située sur la commune deLa Vallée en passant par le pont de l'Houmée puis par des sentiers au milieu des marais.
La commune de Bords partage avecSaint-Savinien le siteNatura 2000 des Chaumes de Sèchebec qui s'étend sur 40 ha au Nord-Est de son territoire.
La particularité et l’intérêt biologique de Sèchebec réside dans la présence de pelouses calcaires qui avant l'abandon du pâturage ovin dans les années 50 recouvraient la quasi-totalité du site.Un travail de restauration a été initié depuis 2006 grâce aux contrats Natura 2000 engagés par le Conservatoire d'espaces naturels Nouvelle Aquitaine pour lutter contre le développement d’arbres et arbustes qui gagnaient peu à peu sur la pelouse.
Petite-centaurée maritime
Azuré du serpolet
Milan noir
Grand Rhinolophe
Les Chaumes de Sèchebec accueillent de nombreuses d’espèces végétales et animales d’intérêt majeur, dont 20 plantes, telle que la Petite centaurée maritime (Centaurium maritimum), non revue sur le site depuis 1954 ou laspirée d’Espagne, très rare et protégée en Nouvelle-Aquitaine.
A cela, on peut ajouter la présence de plusieurs espèces d'insectes d’intérêt européen, tel que l’azuré du serpolet (petit papillon au dessus bleu intense taché de noir aux antérieures) ou larosalie des Alpes (coléoptère longicorne gris-bleu avec des taches noires sur les élytres).
Située dans une courbe de la vallée de la Charente, la majeure partie du Sud et du Sud-Ouest du territoire de la commune de Bords est composée de prairies humides parcourues par de nombreux canaux.L'élevage bovin y est pratiqué depuis longtemps comme le souligne certains toponymes.La prise aux bœufs en est un exemple (une prise étant un ensemble de prés)Ce milieu riche en biodiversité est l'habitat de nombreuses espèces protégées et/ou patrimoniales (batraciens,campagnol amphibie,orthoptères).De plus, de nombreux oiseauxlimicoles sont visibles dans cette zone telle que l'Aigrette garzette.On peut également y observer leChevreuil Européen, leLièvre d'Europe ou laCigogne Blanche.
Avec un peu plus de cent hectares, le Bois de la Tour dont le nom rappelle sa proximité immédiate avec l'ancienchâteau de la Népontière est la principale étendue boisée de la commune. C'est dans le Bois de la Tour que le point culminant de la commune se situe (57 mètres d'altitude). Parmi la faune sauvage qui le peuple, on retrouve notamment leGrand Murin ou leChevreuil Européen.
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (83,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (43,4 %), prairies (27,1 %), zones agricoles hétérogènes (12,7 %), forêts (8,3 %), zones urbanisées (5,1 %), eaux continentales[Note 2] (3,4 %)[11]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Bords.
Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels[15].
Leretrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer desdommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes desécheresse et de pluie. 56,7 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (54,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les 690 bâtiments dénombrés sur la commune en 2019, 195 sont en aléa moyen ou fort, soit 28 %, à comparer aux 57 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national auretrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site duBRGM[16],[Carte 2].
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national descavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune[17].
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et 2005 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010[12].
Le risque detransport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une ou des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence[18].
Différentes hypothèses expliquent l'origine du nom :
du mot pré-latin,Borna (« trou, source »), certainement d'origine gauloise ;
du celteBord qui signifie maison, habitation et qui a donné en français borderie (petite exploitation agricole) ;
de l'indo-européenBhereg qui signifie colline, tumulus et qu'on retrouve en ancien bretonBuurdais ouBuurgais (« citoyens ») ;
de l'ancien françaisBourde, signifiant frontière que l’on retrouve dans l’anglaisBorder (avec letraité de Paris (1259), la Charente sert de frontière entre les terres des Capétiens et des Plantagenêts)[19] ;
du gauloisBour qui signifie eau ou du celteBor qui signifie eau bourbeuse (la Boutonne rejoint la Charente pour y former une zone marécageuse).
On retrouve la toponymie de Bords mentionnée sous diverses formes : Bords, Bord, Bors, Borre, Bore, Saint-Vivien de Bors, Saint Vivien des Bords, Sainct Vivian de Bors.
En 1817, dans leDictionnaire des postes aux lettres du royaume de France la commune est mentionnée sous le nom de Saint-Vivien-de-Bors.[20]
SelonRené Primevère Lesson, le territoire de Bords était le point de communication entre la route gauloise, puis gallo-romaine, qui faisait communiquerSaint-Coutant-le-Grand avecPont-l’Abbé-d’Arnoult. Cette route qui passait à l’ouest du village de la Chancrière était taillée dans le calcaire formant la croûte du sol du lieu nommé alorsles Estrées.
A l'est du territoire de la commune, le village de L'Hôpiteau a toujours été un lieu de passage sur la Charente.A l'Antiquité, une chaussée gallo-romaine venait du Nord en direction probablement des ports duPromontorium Santonum, des rives de laSeudre et deTamnum (Talmont) sur l'estuaire de la Gironde[21].
Au sud du moulin de la Népontière, des substructions antiques correspondantes probablement aux vestiges d'unvicus ont été signalées dans la première moitié duXIXe siècle par Nicolas Moreau, inspecteur des monuments historiques de la Charente-Maritime[22].La découverte de ce dernier est complétée par René Primevère Lesson qui relate la mise au jour en 1839 sur le même site de deux bassins, vestiges de thermes appartenant à une villa romaine .
D'autres indices de sites gallo-romains (tuiles à rebords, céramiques) ont été découverts dans le village de Charron ainsi qu'à Port-La-Pierre en 1988[23].
Les Vikings débarquent àPort-La Pierre en 876 avant d'être défaits lors d'une dernière bataille permettant la victoire définitive desSaintongeais et la fin des raids[25],[26],[27],[28].
Une léproserie (ou maladrerie) aurait été fondée sur l'emplacement actuel du village de L'Hôpiteau en1141 parAliénor d'Aquitaine alorsreine des Francs. De cet établissement plus rien ne subsiste de nos jours. Cet hospice tenu initialement par lesTempliers recevait les pèlerins des pays de l'Ouest en route pourSaint-Jacques de Compostelle qui passaient la Charente à cet endroit. Hébergés dans l'établissement, les pèlerins pouvaient y recevoir une aide financière via l'acceptation delettres de change, les Templiers faisant déjà office de banque[21].
Népontière (ou Nipontière), semble découler denisi, obligatio, pontinum, que l'on pourrait interpréter par l'exemption de payer le péage. La noblesse bénéficiait de privilèges fiscaux.
Marie de Gombaud, dame de Champfleury etla Trépontière (Népontière), fille de Gabriel de Gombaud et de Dame Marie Beauchamp née le 25 décembre 1656, baptisée le 30 du même mois auLogis Noble de Champfleury[34].
La famille de Culant, famille noble originaire de la Brie et dont l'amiralLouis de Culant est issu est également associée à la seigneurie de Champfleury.
René III Alexandre de Culant, mort en 1744, fils de Réné II de Culant et de Marie de Gombaud, Marquis de Culant, Baron de Ciré, de Saint-Même et de Champfleury marié à Jeanne d'Aiguières dont :
Marie Gabrielle de Culant (1716-1773), baptisée en l'église Saint-Vivien de Bords le 28 septembre 1716[35].
René IV Alexandre de Culant (1717-1788), seigneur de Ciré et de Champfleury, baptisé en l'église Saint-Vivien de Bords le 9 août 1717[35],[36].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[39]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[40].
En 2022, la commune comptait 1 313 habitants[Note 3], en évolution de −3,46 % par rapport à 2016 (Charente-Maritime : +4,04 %,France horsMayotte : +2,11 %).
En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à30 ans s'élève à 31,4 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (29 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à60 ans est de 29,6 % la même année, alors qu'il est de 34,9 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait651 hommes pour684 femmes, soit un taux de 51,24 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (52,15 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[43]
Unemaladrerie fondée par Aliénor d'Aquitaine et dont rien ne subsiste fut fondée à l'emplacement du village de L'Hôpiteau en 1141. L'établissement tenu par les Templiers servait de lieu de passage sur la Charente pour les pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle.
Le moulin d'Augé, moulin à vent au lieu-dit Groiquetier datant de 1837 s'est arrêté en 1914. Il est inscrit aux Monuments Historiques par arrêté du 17 janvier 1939.
Un moulin à vent au lieu-dit La Népontière datant du début duXIXe.
Usine de moyeux de charrette de la société Longuet et Basquet fondée en 1903[45]. L'usine fut un moment à l'étude pour figurer au patrimoine industriel mais le bâtiment a depuis été entièrement remanié.
Laiterie industrielle rebâtie en 1926 (date portée sur le fronton du bâtiment principal) pour la coopérative de Bords installée à cet endroit depuis 1893. En 1949, elle fait partie des 18 plus importantes laiteries du département avec plus de 3 millions de litres delait traités par an. Une très importanteporcherie y était annexée. L'activité a cessé dans les années 1960. En attente de figurer au patrimoine industriel, le bâtiment principal a subi d'importants dégâts lors d'un incendie en 2015.
Une boulangerie, une pharmacie, un bar-tabac, une épicerie, une boucherie-charcuterie, un magasin d'informatique, un cabinet médical, un bureau de poste, un salon de coiffure
La premièreunité de méthanisation agricole du département de la Charente-Maritime a été construite en 2017 à Bords dans une exploitation située dans le hameau de La Robertière[55].
↑Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2025, millésimée 2022, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2024, date de référence statistique : 1er janvier 2022.
↑Dictionnaire des postes aux lettres du royaume de France contenant les noms de toutes les Villes: communes et principaux endroits, l'indication des departements ou ils sont situes et leru distance en kilometrres du plus prochain Bureau de Poste par lequel il faut adresser les lettres : dans lequel on trouvera ..., Valade, Imprimeur du Roi et De Madame,(lire en ligne)
↑a etbMoniquePerrogon,Promenade... au pays du temps jadis: Entre Charente et Arnoult, FeniXX réédition numérique,(ISBN978-2-402-27698-6,lire en ligne)