Couvrant une surface de seulement596 hectares, la commune du Bono est de taille inférieure à la moyenne des communes françaises (1 488 hectares).
Le Bono a une façade littorale allant de l'étang de Kervilio à l'Est, alimenté par le ruisseau éponyme, qui se jette dans larivière du Bono (ou Sal) et sert de limite avec l'ancienne commune mère de Plougoumelen, à la baie de Kerdréan, située rive gauche de larivière d'Auray, qui forme limite, ainsi que le ruisseau qui s'y jette, avec la commune deBaden. Une anse située peu avant laconfluence de ces deux cours d'eau a servi de site auport du Bono ; la pointe d'Er Paluden se situe au niveau de la confluence entre ces deux cours d'eau, qui sont desrias vivant au rythme des marées.
Le littoral du Bono au niveau de la rivière du Bono
Le cimetière de bateaux de l'anse du Govilo (dit parfois "du Bono", mais en fait rive droite, commune dePluneret).
Le Bono vu de la rive droite de la rivière du Bono, côté Pluneret.
Le littoral du Bono au niveau de la rivière d'Auray
La rivière d'Auray en direction de l'amont vue depuis les environs de Boursul.
La rivière d'Auray à marée haute vue depuis le Berly en direction de la pointe d'Er Paluden.
La rivière d'Auray à marée haute vue depuis le Berly en direction du Sud.
La rivière d'Auray au Berly (entrée nord de la baie de Kerdréan) à marée basse et le sentier littoralGR 34.
l'anse du Berly (rive gauche de la rivière d'Auray) à marée haute.
Le GR 34 le long de la rive nord de la baie de Kerdréan.
Lemarais maritime du fond de la baie de Kerdréan (limite entre Le Bono etBaden).
La partie rurale de la commune est de superficie restreinte : son altitude maximale est de42 mètres au lieu-dit "La Montagne" et le relief en est assez bosselé. Le paysage agraire traditionnel lebocage, avec unhabitat dispersé formé traditionnellement d'écarts constitués de hameaux (villages) et fermes isolées, mais est grignoté par l'extension urbaine du bourg, devenu une ville. Le littoral, en dehors de la ville, est préservé de l'urbanisation : il est en pente assez forte côté rivière du Bono, notamment du côté de Roc'h Vilen, ou encore au niveau de la pointe d'Er Paluden (avec des dénivelés d'environ25 mètres), beaucoup plus bas et donc peu pentu le long de la rive nord de la baie de Kerdréan.
Le Bono est desservi par la route départementale 101 qui vient d'Auray, traverse la rivière du Bono grâce aupont Joseph-Le-Brix et poursuit son tracé en direction de Baden.
Le Bono et le vieux pont suspendu vus depuis la rive droite de la rivière du Bono côté Pluneret.
Le village du Bono, niché enrive gauche de larivière du Bono, à proximité de saconfluence avec larivière d'Auray ; le port, cité pour la première fois en 1728 par François Le Masson du Parc[Note 1], s'est développé initialement autour d’unhavre naturel, offrant des possibilités d’amarrer les bateaux et de les mettre à l’abri des vents dominants, bordé d’une chaine de roches dures, et constituant donc un bon site d'abri pour les marins[2].
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de typeclimat océanique franc, selon une étude duCentre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant lapériode 1971-2000[7]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon laclassification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[8]. Par ailleursMétéo-France publie en 2020 une nouvelle typologie desclimats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à unclimat océanique[9]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[10]. Elle est en outre dans lazone H2a au titre de laréglementation environnementale 2020 des constructions neuves[11],[12].
Au, Le Bono est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[16].Elle appartient à l'unité urbaine de Le Bono[Note 3], une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[17],[18]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vannes, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[18]. Cette aire, qui regroupe 47 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[19],[20].
La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du, diteloi littoral[21]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique dulittoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si leplan local d’urbanisme le prévoit[22].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (59,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (69,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :zones agricoles hétérogènes (38,6 %), zones urbanisées (22,1 %), forêts (11,6 %),terres arables (11,3 %), prairies (10 %), eaux maritimes (4,3 %), zones humides côtières (1,9 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,2 %)[23].
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[24].
Par décret du[1], le nom de la commune devientLe Bono, officialisant ainsi l'usage de l'article.
Le nombreton de la commune estAr Bonoù[36]. Bono viendrait du mot bretonar bonn (plurielbonnoù), « la limite »[37] ou du motgallobono, signifiant « marécage »[38],[37].
A. Marteville et P. Varin évoquent en 1853 « le Rocher, ou plutôt Men-Druec, jolie maison de campagne bâtie dans une admirable position, sur le point culminant d'une petite presqu'île, au confluent des deux rivières de la Sal et du Loc'h. Pour la construire, on a été obligé de détruire plusieursmenhirs et le beaudolmen de Men Druec (la pierre druidique), qui a donné son nom à ce promontoire. Dans une lande qui l'avoisine s'élève le petitbarrow de Men-Druec »[40].
En 1865 l'acquéreur d'une lande au lieu-dit Le Rocher écrit auJournal des débats politiques et littéraires pour indiquer les trouvailles archéologiques qu'il y a faites, notamment quatre réduits formés par des amoncellement de pierres ayant suvi l'action du feu et contenenat divers objets en bronze, dont une vingtaine de bracelets, puis une tretaine d'autres découverts un peu plus tard[41].
En 1929 dix sépultures datant du premierÂge du fer (civilisation de Hallstatt) furent mises au jour au Rocher par le conservateur dumusée de Carnac qui y découvrit des bracelets en fer, en bronze et en lignite (plusieurs étant ornés de dessins géométriques), une lance à douille en fer, un collier de perles de verre, des poteries, etc.[42].
En 2013, une fouille préventive menée par l’Inrap, sous la direction de Laurent JUHEL, a pu mettre en évidence la présence à l’emplacement de la ZAC Mané Mourin de vestiges archéologiques duNéolithique et de l’âge du Bronze.Les structures archéologiques remarquables mises au jour par les archéologues sont des "fours à pierres chauffées" pour le Néolithique et une petitenécropole de l’âge du Bronze ancien, constituée d’une dizaine de tombes sur près de 300 m2. L’une d’entre elles a livré un petit vase.L’emprise de cettefouille archéologique se situe directement à l’est de l’enclos paroissial, de part et d’autre de la rue Édouard Herriot[43].
Unevoie romaine venant deVannes aboutissait près du Bono, permettant de rejoindre lepont romain de la pointe de Kerisper (enPluneret) et compléter ainsi la communication entre Vannes etLocmariaquer[44]. Selon A. Marteville et P. Varin, cette voie romaine traverse la partie sud de la commune de Plougoumelen : venant de Vannes par la route d'Auray, traversant le bourg de Baden, elle entre par le sud dans la commune de Plougoumelen, passant par les villages de Kerléan, Mané-Guen, du Mané (ou de la Montagne), de Kerbihan, pour aboutir au hameau du Bono. « Pour joindre le pont romain de la pointe de Kerisper, et compléter ainsi la communication entre Vannes etLocmariaquer, on suppose qu'un pont romain, aujourd'hui détruit, devait exister au hameau du Bono et traverser laSal »[40]. Ces mêmes auteurs indiquent qu'à l'endroit où ce pont romain disparu devait exister on a construit en 1840 le pont suspendu[45].En fait, selonGustave de Closmadeuc, la voie romaine traversait l'Hérius (nom que portait alors la Rivière d'Auray) grâce à un pont, situé entre Kerentrech (le "village sur le passage" en breton) et Kerdrech ("village du passage" en breton), en aval du pont-aqueduc, dit « pont de César » (appelé à tort par le passé « pont des Espagnols »), situé entre les pointes de Kerisper et de Rosnarho (cette dernière enCrach) ; plusieurs poutres encore subsistantes de ce pont en bois furent retirées de la Rivière d'Auray en 1755[46].
Ancienne propriété des moines deSaint-Gildas-de-Rhuys, le domaine du Bono fut vendu avec « maison, édifice et terre de passage d'eau » au chevalier Pierre de Montigny, seigneur de Kerisper le[47]. Les droits du passage d'eau permettant de franchir la Rivière du Bono, qui était aussi la propriété de ces moines, fut également vendu à Pierre de Montigny ; la famille de celui-ci en resta propriétaire jusqu'à la construction du premier pont[48].
Le manoir de Kerderian [Kerdréan] appartenait à Éon de Coët-Consout[49].
En mai 1802 des officierschouans de lalégion d'Auray (commandée alors par Vincent Hervé[Note 5], dit "La Joie", de Plougoumelen[50] ; Marc Le Guénégal, qui habitait le manoir de Kerdréan, en était membre[51]) embarquèrent clandestinement, certains à partir de Kerderf (Kerdrec'h), alors en Plougoumelen (désormais en Le Bono), dans la Rivière d'Auray à destination desÎles anglo-normandes[52].
Annonce du projet de construction d'un pont suspendu au Bono en 1835 par le préfet du Morbihan.Arrêté du Préfet du Morbihan datant de 1865 interdisant la circulation sur le pont suspendu du Bono en raison des dégâts subis par l'ouvrage (Archives départementales du Morbihan).
Le, la construction d'un pont, dit "Pont Marie", est décidée au cours duconseil municipal d'Auray. D'une valeur de 22 000 francs, cepont suspendu bénéficie d'une subvention royale deLouis-PhilippeIer de 10 000 francs[53]. La technologie desponts suspendus étant encore balbutiante, ce pont, dont la construction est approuvée par ordonnance royale du, est construit par le sieur Le Pontois moyennant la concession d'un péage pendant98 ans ; il est achevé en 1840 et il subira de nombreuses périodes de fermetures pour réparations diverses (il fut fermé entre 1865 et 1867 en raison des dégâts provoqués par une violente tempête). Ce pont permettait aux habitants dePlougoumelen de se rendre àAuray sans prendre lechaland : par exemple au début duXIXe siècle Pierre Le Mouroux, passeur, disposait d'unbac de 6,20 mètres sur 2,80 mètres muni de deux avions et de deux perches pour assurer le passage, ainsi que d'un canot de 4,45 mètres muni de deux avirons pour assurer les passages ; la maison du passeur datant de 1665 existe toujours ainsi que des vestiges de la cale d'embarquement[40].
Ce pont avait les caractéristiques suivantes : « le développement des chaînes de suspension, à partir des puits d'amarrage, est de112 mètres ; la longueur du tablier entre les piles est de66 mètres ; la largeur de la voie est de4 mètres40 centimètres, savoir1 mètre10 centimètres pour chaque trottoir, et2 mètres20 centimètres pour le passage des voitures ; hauteur au-dessus des plus hautes mers de vives eaux :9 mètres. Ce pont a été établi moyennant une subvention de 10 000 francs, fournie par l'État, et un péage de quatre-vingt-dix-huit ans, qui a commencé à courir le »[40].
Ce pont était en 1869 dans un tel état de délabrement que son franchissement n'était alors autorisé que par 5 piétons à la fois ; il fut remplacé en 1871 par un nouveau pont suspendu qui fut aussi à péage jusqu'au.
Le pont suspendu du Bono construit en 1871 vu depuis le GR 34 menenant à la Pointe de Kerisper.
Selon lecadastre de 1831 Le Bono était alors un hameau formé de seulement 19 constructions (constituées de quelques bâtiments de fermes et de pauvres maisons de pêcheurs, ou « pen-ti »). Entre 1841 et 1901, la population du Bono quintuple en raison de l'essor de la pêche et de l'ostréiculture, et des emplois indirects suscités par ces activités (charpentiers de marine, voiliers, forgerons, cabaretiers, etc..) jusqu'à représenter le tiers de la population communale de Plougoumelen[44].
Le hameau du Bono est ainsi décrit par A. Marteville et P. Varin en 1853 :
« Les hommes sont cultivateurs ou pêcheurs. Le village du Bono est le port de la commune. Les barques de pêche, nommées forbans, au nombre de vingt, y sont construites suivant un gabarit particulier et qui ne se rencontre que dans cette localité. Elles ne peuvent virer de bord que loff pour loff, et ne ressemblent aux autres bateaux pêcheurs que pour la voilure qui se compose d'une petite misaineet d'une grande voile quadrangulaire amurant sur le côté. Elles sont d'une marche supérieure, mais difficiles à conduire[40]. »
Unejetée est enfin construite en 1880, réclamée depuis longtemps par les pêcheurs ; mais desquais ne furent aménagés que pendant laPremière Guerre mondiale.
La construction d'une école publique mixte au Bono est décidée en 1882[54]. Elle ouvre en 1887. D'une capacité insuffisante dès l'ouverture, il faut attendre 1902, après plusieurs refus, pour que la construction d'un nouveau bâtiment soit votée, l'ouverture de la nouvelle école ayant lieu en 1905[44].
Cet ancien village de pêcheurs abrite unpetit port connu pour ses bateaux appelés« forbans ». Le Bono est ainsi décrit au début duXXe siècle :
« Il faut accomplir en bateau cette promenade de Larmor[Larmor-Baden] à Auray et remonter cet estuaire romantique, bisé de chênes et de sapins aux noires silhouettes, campées comme des vigies sur de petits caps rocheux. Il faut voir, au fond de sa baie, le port du Bono, multicolore, vibrant tout animé de voilures orange et bleu de roi. Son village blanc, aux toitures violettes, escalade un coteau. À l'orée de la baie du Bono la rivière d'Auray s'élargit en cirque d'eau dont les gradins sont composés de verdures splendides. C'est un émerveillement. »[55]
Lavandières dans le port du Bono au début duXXe siècle.
Durant l'été, les "Forbans" prenaient leurs quartiers auCroisic, auPouliguen, àBelle-île ou à l'Île d’Yeu. En hiver la majorité d'entre eux restait échouée bord à bord à l'abri du port.
Bono a compté jusqu'à 400 marins et une centaine de bateaux[56] : ils étaient si nombreux que la place pour les accueillir manquait dans le port et certains devaient s'amarrer en face sur larive droite du Sal[57].
Dès 1865 des chantiers ostréicoles commencent une activité d'élevage de naissains d'huîtres plates, expédiés dans tout leGolfe du Morbihan et jusqu'à la côte nord de la Bretagne pour achever leur croissance. Vers 1900, on compte environ 200 chantiers familiaux le long de la rivière du Bono, chacun équipé d'un escalier de quelques marches pour accéder à la ria[60].
Chaque famille possédait quelques milliers de tuiles destinées au captage dunaissain. Au mois de juin, la rivière serpentait entre deux véritables murailles de tuiles fraîchement chaulées attendant leur mise à l'eau. Ces petits chantiers ostréicoles occupaient essentiellement les femmes, les enfants en âge de prêter la main et les retraités. Avant Pâques, marquant le début de la saison de pêche, la "drague" des huîtres sur les bancs naturels des rivières d'Auray et du Bono apportait l'argent frais sur lequel on comptait pour payer le boulanger. C'était le "pain d'hiver".
Lesépizooties deMarteilia refringens déclarée en 1974, puis deBonamia en 1980 ont décimé la quasi-totalité des gisements d'huîtres plates de la région, amorçant le déclin de l'ostréiculture locale que l'introduction deCrassostrea gigas n'a pu enrayer.
Aujourd'hui subsistent encore de nombreuses traces de cette intense activité : terre-pleins et cabanes se dégradant sous les herbes folles, bassins disparaissant sous la vase. Mais au début des années trente, après des essais peu concluants de motorisation de leurs bateaux et la difficile traversée de lacrise économique, les pêcheurs bonovistes se sont tournés vers les chalutiers deLa Rochelle, deLorient puis deConcarneau ou vers la marine de commerce où beaucoup d'entre eux ont excellé.
Terre-pleins et anciennes cabanes ostréicoles le long de la Rivière du Bono.
La Rivière du Bono et les anciens terre-pleins ostréicoles au niveau de la ville du Bono.
Tas d'anciennes tuiles destinées au captage dunaissain (rive droite de la Rivière du Bono, anse du Govillo en Pluneret).
Anciens parcs à huîtres le long de la Rivière d'Auray près du lieu-dit Le Berly.
N'étant pas encore une commune indépendante lors des deux guerres mondiales, les morts pour la France du Bono pendant celles-ci sont recensés avec ceux du reste de la commune de Plougoumelen. La commune a toutefois érigé, une fois son indépendance communale obtenue, unmonument aux morts.
En 1893, Le Bono obtient une boîte aux lettres et réclame en 1903, la création d'une recette auxiliaire. En ce début deXXe siècle, les différences s'accentuent avec l'apparition dufrançais répandu dans les villes et les ports, tandis que les campagnes restent bretonnantes. En 1905, une pétition demandant l'autonomie du Bono est soumise au conseil municipal de Plougoumelen. En 1913, le conseil municipal reconnaît qu'il y a lieu de réfléchir à l'érection de la commune du Bono sans pour autant aller en ce sens[63].
En 1925, l'apparition de l'électricité est sujet d'une nouvelle discorde. Devant profiter initialement au seul bourg de Plougoumelen, l'électricité est finalement disponible dans tous les hameaux de la commune[64]. En1936, la création d'uneparoisse appelle naturellement la création d'un cimetière, mais ce cimetière ne sera ouvert qu'en 1946.
Les élections d'avril 1945 vont changer considérablement le statut de ce lieu puisque pour la première fois Le Bono est plus peuplé que Plougoumelen : Le Bono regroupe alors les deux tiers des habitants de la commune[65]. Ainsi le, Joseph Le Clancheostréiculteur au Bono, est élumaire de Plougoumelen et la question du détachement du Bono de la commune de Plougoumelen est aussitôt posée : « Vu l'importante agglomération de la population du Bono, située à quatre kilomètres du bourg et s'accroissant rapidement, le Conseil municipal demande à Monsieur le Préfet de bien vouloir ériger en commune la section du Bono comportant actuellement 1 600 habitants »[65]. Joseph Le Douaran, directeur de l'école du Bono est alors nommé commissaire enquêteur et chargé de réaliser une enquête publique pour l'érection du Bono en commune indépendante.
Le Bono n'a acquis officiellement le statut decommune qu'en 1947. C'est en effet le Journal Officiel du qui a communiqué l'arrêté préfectoral d'« érection en commune de la section de Bono »[66]. Une fois les limites territoriales des deux communes définies, la création de la commune du Bono prend effet le. Le conseil municipal de Plougoumelen est dissous et de nouvelles élections désignent Joseph Le Clanche premier maire du Bono.
L’église paroissialeStella Maris est construite grâce aux dons de nombreux paroissiens entre 1956 et 1966 ; elle est destyle néo-roman ; elle est enpierres de taille, mais avec une structure métallique ; les vitraux sont de Job et Michel Le Guével et la statue de Notre-Dame-des-Flots est due au sculpteur Jouannic, d'Auray[67].
Le pont construit entre 1869 et 1871, bien que le tablier et les câbles aient été renforcés notamment en 1925 pour faire face à la circulation automobile naissante, était devenu totalement inadapté au trafic routier moderne (le platelage est refait en 1965 mais l'accès du pont est limité aux véhicules de moins de4 tonnes), le département du Morbihan décide la construction d'un nouveau pont : les travaux sont achevés en 1969 et est dénommé pontJoseph Le Brix. Ce pont, soutenu par des piliers en "V" inversé, domine de26 mètres le Sal et offre une vue remarquable sur le port du Bono[68].
Le pont Joseph Le Brix.
Le pont Joseph Le Brix vu de la Rivière du Bono.
Le vieux pont est incorporé à la voirie communale en 1973, inscrit aux Monuments historiques en 1997, mais sa vétusté oblige à le fermer à la circulation en 2003 ; il est restauré à l'identique en 2005.
Le vieux pont suspendu du Bono : vue d'ensemble.
Le vieux pont suspendu du Bono : vue depuis le port du Bono.
Le vieux pont suspendu du Bono : câbles et tablier en bois.
De nos jours le tourisme et la navigation de plaisance ont supplanté la pêche et l’ostréiculture dont il ne reste que des vestiges et quelques survivances.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1954. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[78]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[79].
En 2023, la commune comptait 2 608 habitants[Note 9], en évolution de +5,76 % par rapport à 2017 (Morbihan : +4,33 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Créée en 1966, l'Association Sportive des Martins Pêcheurs du Bono connaît depuis quelques années une nouvelle jeunesse. Portée par l'envie de dirigeants motivés, et l'arrivée de quelques éléments, l'ASMP est devenue en quelques années un club connu et reconnu de la région d'Auray.
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Le port du Bono est situé en bordure de la rivière. Le site est une ancienne anse bordée d'une chaîne rocheuse. Le port, qui assèche à marée basse, a été construit en 1916. L’endroit est un lieu incontournable de laSemaine du Golfe.
Le port du Bono
Le port du Bono vu de la rive droite de la Rivière du Bono.
Le port du Bono à marée basse.
Le port du Bono à marée haute.
Le port du Bono vu depuis l'amont.
Le Bono - Le port.
LeNotre Dame de Béquerel, est une réplique de 1992 du « forban », gréement traditionnel de pêche typique du port du Bono[82],[83].
Letumulus de Kernours, qui est de type « coudé » ou en « équerre », a été érigé vers 3000 av. J.-C. Il est l'un des sept tumulus connus de ce type, que l'on retrouve tous entre les estuaires de laLoire et duBlavet. Il est le seul des sept à avoir conservé son tertre (butte recouvrant le tumulus)[84], lequel mesure 4 m de haut et 20 m de diamètre.
En1969, unnouveau pont est inauguré pour remplacer lepont suspendu du Bono, dont le gabarit trop faible ne convenait plus au trafic routier. Ce pont à béquilles en acier est nommé en l'honneur deJoseph Le Brix, aviateur originaire de la commune voisine deBaden. Il possède un tablier de286 mètres de long pour10 mètres de large et une hauteur de26 mètres au-dessus de larivière du Bono[85].
Chapelle située entre Le Bono etPlougoumelen,Notre-Dame de Becquerel est un édifice duXVIe siècle. L'autel a été construit sur une source, probablement lieu de culte antique car on prêtait à cette eau une vertu curative contre les maux de bouche. La chapelle, l'enclos et la fontaine (XIVe siècle), implantée directement dans le mur de la chapelle, sont classés à l'inventaire des monuments historiques depuis 1925[86]. Notre-Dame de Béquerel est un ancien lieu depèlerinage, où on venait pour retrouver le corps d'un marin disparu ou avoir des nouvelles d'un proche parti au loin[87].
Actuellement, une association de protection de la chapelle assure son renouveau par l'organisation de pardons, messes et événements culturels (concerts).
Les« Jardins de mémoire », créés en 1998, s'étalent sur45 hectares le long de larivière d'Auray entre Le Bono etPluneret (dans la commune de Pluneret) ; ce cimetière privé unique au monde accueille au pied des arbres (chaque famille achète un arbre) les cendres de2 000 défunts d'environ700 familles[89]. La SARL qui gère le domaine a été placée en redressement judiciaire en 2020[90].
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Probablement Vincent Hervé, né le à Plougoumelen, décédé le àIle-d'Arz.
↑Joseph Le Clanche, né le au Bono en Plougoumelen, décédé le au Bono.
↑Louis Eveno, né le à Mériadec enPlumergat (Morbihan), décédé le au Bono.
↑Mathurin Tatibouet, né le au Bono en Plougoumelen, décédé le àAuray.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑JO du 08/09/1947, page 09830 : « Par arrêté en date du 8 septembre 1947, le préfet du Morbihan a prononcé l'érection en commune distincte de la section de Bono, dépendant antérieurement de la commune de Plougoumelen (canton d'Auray, arrondissement de Lorient, département du Morbihan). »
↑Émile Sageret,Le Morbihan et la chouannerie morbihannaise sous le Consulat,t. 2,(lire en ligne), page 460.
↑Émile Sageret,Le Morbihan et la chouannerie morbihannaise sous le Consulat,t. 1,(lire en ligne), page 183.
↑Émile Sageret,Le Morbihan et la chouannerie morbihannaise sous le Consulat,t. 4,(lire en ligne), page 278 etÉmile Sageret,Le Morbihan et la chouannerie morbihannaise sous le Consulat,t. 3,(lire en ligne), page 167.
↑« Plougoumelen. Construction d'une école publique mixte au Bono. Demande de secours »,Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général / Conseil général du Morbihan,,p. 146(lire en ligne, consulté le).