La structure de cette commune est très particulière. En effet, elle est composée pour une part de terres du plateau, enopenfield, et pour l'autre part d'une vallée profonde de 50 mètres. La rivièreÉcole prend maintenant sa source dans la commune du Vaudoué mais elle prenait sa source autrefois à Jacqueville (commune d'Amponville) ou peut être même à la Chapelle-la-Reine et traversait l'emplacement du village actuel de Boissy. La vallée se creuse près du hameau de Marlanval et descend jusqu'au village. Elle continue ensuite jusqu'au Vaudoué. La vallée sèche est déserte ce qui permet à de nombreux animaux sauvages d'y vivre. Cette vallée est boisée, sur ses flancs, de son origine jusqu'au Vaudoué, le plateau en revanche ne l'est pas à l'exception de quelques bosquets.
Après l'épisode sédimentaire duStampien pendant lequel s'est déposée une importante couche de sable[Note 3], se sont déposés des limons qui constituent la couche fertile et cultivée. Au quaternaire la mise en place du réseau hydrographique, creuse une profonde vallée et fait apparaître, sur les flancs, des grès provenant de la recristallisation du sable[8].
Carte du relief de Boissy-aux-Cailles.
Carte géologique vectorisée et harmonisée de Boissy-aux-Cailles.
Leréseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d’intérêt écologique élaboré à partir des Directives « Habitats » et « Oiseaux ». Ce réseau est constitué deZones spéciales de conservation (ZSC) et deZones de protection spéciale (ZPS). Dans les zones de ce réseau, les États Membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles[27].
Un site Natura 2000 a été défini sur la commune, tant au titre de la « directive Habitats » que de la « directive Oiseaux » :le « Massif de Fontainebleau »[28]. Cet espace constitue le plus ancien exemple français de protection de la nature. Les alignements de buttes gréseuses alternent avec les vallées sèches. Les conditions de sols, d'humidité et d'expositions sont très variées. Laforêt de Fontainebleau est réputée pour sa remarquable biodiversité animale et végétale. Ainsi, elle abrite la faune d'arthropodes la plus riche d'Europe (3 300 espèces decoléoptères, 1 200 delépidoptères) ainsi qu'une soixantaine d'espèces végétales protégées[29].
Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique
L’inventaire deszones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.
Au, Boissy-aux-Cailles est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[33].Elle est située hors unité urbaine[1]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronne[Note 7],[1]. Cette aire regroupe 1 929 communes[34],[35].
En 2018, l'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance desterres arables (57,04 %) en augmentation par rapport à 1990 (54,58 %). La répartition détaillée est la suivante : terres arables (57,04 %), forêts (27,26 %), zones agricoles hétérogènes (15,70 %)[Note 8],[36].
Territoires artificialisés (zones urbanisées, zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication, mines, décharges et chantiers, espaces verts artificialisés ou non agricoles)
nd*
nd
nd
nd
Territoires agricoles (terres arables, cultures permanentes, prairies, zones agricoles hétérogènes))
Parallèlement,L'Institut Paris Région,agence d'urbanisme de la régionÎle-de-France, a mis en place un inventaire numérique de l'occupation du sol de l'Île-de-France, dénommé le MOS (Mode d'occupation du sol), actualisé régulièrement depuis sa première édition en 1982. Réalisé à partir de photos aériennes, le MOS distingue les espaces naturels, agricoles et forestiers mais aussi les espaces urbains (habitat, infrastructures, équipements, activités économiques, etc.) selon une classification pouvant aller jusqu'à 81 postes, différente de celle de Corine Land Cover[37],[38],[39]. L'Institut met également à disposition des outils permettant de visualiser par photo aérienne l'évolution de l'occupation des sols de la commune entre 1949 et 2018[40].
Carte du cadastre de la commune de Boissy-aux-Cailles.
La commune compte110lieux-dits administratifs[Note 9] répertoriés consultables ici[41] (source : le fichierFantoir) dont :
Mainbervilliers. Ce hameau est traversé par la route départementale (ex-RN 152), qui va deFontainebleau àOrléans. Une grande ferme autrefois cultivait toutes les terres aux alentours. Aujourd'hui plusieurs fermes sont implantées sur le même secteur. Mainbervilliers est éloigné du village de Boissy d'environ trois kilomètres.
Marlanval. Ce hameau est proche de la route nationale mais n'est pas traversé par elle. La distance entre Boissy et Marlanval est courte, d'un peu plus d'un kilomètre mais compte tenu de la dénivellation, la distance par la route est de 2,5 kilomètres.
Le territoire de la commune est traversé en son centre, d'est en ouest, par laroute départementaleD 152 qui traverse ensuite le hameau de Mainbervilliers. Cette route relie Boissy-aux-Cailles à La Chapelle-la-Reine, à l'est ; et à Buthiers, à l'ouest. LaD 152 est l'ancienneroute royaleno 51, qui allait deMézières àOrléans. Des bornes en pierres situées toutes lesdemi-lieues en attestent.
Le nom de la localité est mentionné sous les formes « Bassiacum quod juxta Liricantum situm est » en 1113[43],[44];Buxei etBuxi en 1134 et 1154[45],[44];Buxiacum in pago Gastinensi en 1134[46],[44];Parrochia de Boissi en 1216[47],[44];Busseium en 1216[48],[44];Boessy en 1304[49],[44];Boissy le Repos en 1336[50],[44];« Ecclesia de Boissiaco Reposito in Vastino, Senonensis diocesis » en 1336[51],[44];Boissi le Repost en la chastellenie de Grez en Gastinois en 1336[52],[44];Boissy le Repout en 1367[53],[44];Boissys en 1382[54],[44];En Gatinois lès Boissy le Repous en 1384[45],[44];Boissy le Repost en 1397[55],[44];Boissy le Repoux en 1551[56],[44];Boissy les Merlaneaulx en 1589[57],[44];Boissy le Rabois en 1776[58],[44].
Agglomérat de Cailles.
Avant 1793, le village s'appelaitBoissy-le-Repos ; Une légende locale explique ce nom par le fait que les religieuses de l'abbaye de Montmartre y avaient un domaine et venaient y « faire bonne chère et bon repos ». Selon l’ouvrage « Les Noms de lieux de la Seine-et-Marne » rédigé par Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, le terme repos est ici mal traduit car le terme représente une corruption de l’ancien français « repost » qui veut dire caché, mis de côté. Le nom devrait plutôt évoquer des maisons isolées, bâties à l’écart[59].
Comme souvent l'origine du nom n'est pas attestée, on trouverait cependant en 1113 l'appellationBussiacum du nom de personne latinBussius ouBuccius ou du gallo-romanBUXU (latinbuxus) « buis », suivi du suffixe d'origine gauloise-(i)acum, initialement localisant.
Le toponyme Cailles constitue un héritage du gauloiscaliavo ( caillou, pierre). Les premières maisons ont été construites sur un sol caillouteux ou près de champs renfermant des pierres indésirables, désignant un lieu caillouteux. On y trouve le lieu-dit « la Caillouterie »[60],[59].
En 1932, un très bel objet surnommé « tintinabulum » qui est probablement une pièce de harnachement a été trouvé à Boissy. Il date de l'âge du bronze et atteste donc d'une présence humaine à cette époque en ce lieu. Bien que difficile d'accès ce village devait avoir des relations avec la Chapelle-la-Reine et son proche hameau Butteaux.
Le,Louis XVI avait prescrit, dans chaque paroisse, la nomination d'une assemblée composée d'un syndic, de trois membres, du curé et du seigneur. Furent ainsi élus François Gastellier, François Pointcloux, Claude Pelard et Philippe Brege[62]. Ce fut pour une courte durée puisque l'Assemblée Nationale, en décembre 1789, décida d'une autre forme de municipalité, presque la forme actuelle : un maire, des adjoints, un procureur et des conseillers. C'est Jean Nolleau, fermier à Marlanval, qui fut élu maire, il eut rapidement à faire face à une scission, quelques habitants voulant obtenir des terres pour les défricher, les autres étant contre.
L'économie s'appuyait sur trois grandes fermes ou « fiefs ».La ferme de Vezu, située dans le village lui-même, appartenait aux religieuses de l'abbaye de Montmartre et fut vendue en 1791, pour 26 200 francs à Jean-Baptiste Gory, qui n'était pas de la région et la mit en fermage par Georges Rohes. En 1904 elle fut achetée par la famille Gastellier originaire de Boissy après elle a été vendue à la famille Manuel.
La ferme de Mainbervilliers, dite « Fief de Saint-Marc », également propriété des religieuses, est vendue en 1791 à un dénommé « Jannot » pour 25 700 francs. En 1829, elle appartenait à André et Jean Gastellier. La ferme de Monbas, appelée aujourd'hui « le Fief » et située sur les hauteurs au-dessus du village, n'a jamais appartenu aux religieuses, mais successivement à différentes familles.
Le chef-lieu de canton est la commune de La Chapelle-la-Reine, la sous préfecture et la circonscription sont celles de Fontainebleau et la préfecture est Melun.
L’organisation de la distribution de l’eau potable, de la collecte et du traitement des eaux usées et pluviales relève des communes. Laloi NOTRe de 2015 a accru le rôle desEPCI à fiscalité propre en leur transférant cette compétence. Ce transfert devait en principe être effectif au, mais la loi Ferrand-Fesneau du a introduit la possibilité d’un report de ce transfert au[64],[65].
En 2020, la commune de Boissy-aux-Cailles ne dispose pas d'assainissement collectif[66],[67].
L’assainissement non collectif (ANC) désigne les installations individuelles de traitement des eaux domestiques qui ne sont pas desservies par un réseau public de collecte des eaux usées et qui doivent en conséquence traiter elles-mêmes leurs eaux usées avant de les rejeter dans le milieu naturel[68]. LeParc naturel régional du Gâtinais français assure pour le compte de la commune leservice public d'assainissement non collectif (SPANC), qui a pour mission de vérifier la bonne exécution des travaux de réalisation et de réhabilitation, ainsi que le bon fonctionnement et l’entretien des installations[66],[69].
Les nappes de Beauce et du Champigny sont classées en zone de répartition des eaux (ZRE), signifiant un déséquilibre entre les besoins en eau et la ressource disponible. Lechangement climatique est susceptible d’aggraver ce déséquilibre. Ainsi afin de renforcer la garantie d’une distribution d’une eau de qualité en permanence sur le territoire du département, le troisième Plan départemental de l’eau signé, le, contient un plan d’actions afin d’assurer avec priorisation la sécurisation de l’alimentation en eau potable des Seine-et-Marnais. A cette fin a été préparé et publié en décembre 2020 un schéma départemental d’alimentation en eau potable de secours dans lequel huit secteurs prioritaires sont définis. La commune fait partie du secteur Beauce[72].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[73]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[74].
En 2023, la commune comptait 272 habitants[Note 11], en évolution de −6,21 % par rapport à 2017 (Seine-et-Marne : +4,57 %,France horsMayotte : +2,36 %).
En 2018 , le nombre total d’emplois dans la zone était de 49, occupant 131 actifs résidants.Le taux d'activité de lapopulation (actifs ayant un emploi) âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 71 % contre un taux de chômage de 4,9 %.Les 24,1 % d’inactifs se répartissent de la façon suivante : 8,2 % d’étudiants et stagiaires non rémunérés, 7,9 % de retraités ou préretraités et 8,1 % pour les autres inactifs[78].
En 2019, le nombre d’unités légales et d’établissements (activités marchandes hors agriculture) par secteur d'activité était de23 dont2 dans l’industrie manufacturière, industries extractives et autres,3 dans la construction,3 dans lecommerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration,3 dans l’Information et communication,2 dans les activités financières et d'assurance,6 dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien,3 dans l’administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale et1 était relatif aux autres activités de services[79].
En 2020,2 entreprises ont été créées sur le territoire de la commune, dont1individuelles.
La principale activité de la commune reste l'agriculture, les céréales dont de l'orge de brasserie, les betteraves, les pois et nourritures pour le bétail. Une PME s'est installée au centre du village ainsi que quelques artisans ; « la ferme des Quatre-Temps », située à Mainbervilliers produit des volailles et du foie gras.
L'église au début duXXe siècle.Baptistère.L'église aujourd'hui.Vitrail avec l'étoile inversée.
L'église dédiée à saint Martin est située sur une hauteur en bordure de village, ce qui lui donne l'impression de dominer le village.
La légende raconte quesaint Martin de Tours se rendant de Boissy à Marlanval fut obligé de passer par un chemin escarpé et en particulier sur une grosse pierre en travers du chemin contre laquelle son cheval butta et frappa la pierre si violemment que la trace de son sabot resta imprimée malgré le dureté du grès. Voyant en cet incident la volonté divine, saint Martin fit demi-tour et décida de faire élever une église dans le village plus bas. L'église fut en réalité construiteXIe ou XIIe siècle et non pas auVe siècle.
Une chapelle dite chapelle de Saint Marc, devait se situer à Mainbervilliers à l'embranchement des routes d'Auxy et de Malesherbes. Aujourd'hui disparue, le seul souvenir est une croix, dite croix de Saint Marc, sur le cadastre de 1829.
Le passage et la halte à Boissy-aux-Cailles furent jadis une alternative pour les pèlerins se rendant en pèlerinage àSaint-Jacques-de-Compostelle, entre Paris et Tours,via Orléans (via Turonensis).
Collectif d’historiens,Le patrimoine des communes de la Seine-et-Marne - tome 1, Paris, Éditions Flohic,, 1507 p.(ISBN2-84234-100-7), « Boissy-aux-Cailles »,p. 136–137
↑Les ZNIEFF detype 1 sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national.
↑Les ZNIEFF detype 2 sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
↑Elles comprennent les cultures annuelles associées aux cultures permanentes, les systèmes culturaux et parcellaires complexes, les surfaces essentiellement agricoles, interrompues par des espaces naturels importants et les territoires agro-forestiers.
↑Contrairement auhameau ou écart qui est un groupe d’habitations , un lieu-dit n'est pas forcément un lieu habité, il peut être un champ, un carrefour ou un bois...
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑a etbJean-Marie Cassagne et Mariola Korsak,Les Noms de lieux de la Seine-et-Marne : D'où vient le nom de votre commune ?, édition Amatteis,(ISBN978-2-86849-222-7).
↑Paul Bailly - 1989 - Toponymie en Seine-et-Marne.
↑Ch.H.Waddington, Sur la dépopulation des campagnes gâtinaises pendant la Guerre de Cent Ans et leur reconstitution économique, annales du Gâtinais, 1930, tome 39, Pages 164-178
↑Eugène Thoison,Le premier maire de Boissy, petites notes d'histoires gâtinaises,L'Abeille de Fontainebleau, 6 octobre 1893,no 40