Il rencontre de son vivant un succès mondial, et reste le musicien le plus connu dureggae, tout en étant considéré comme celui qui a permis à lamusique jamaïcaine et aumouvement rastafari de connaître une audience planétaire. Il a vendu plus de 200 millions de disques à travers le monde[1].
Bob Marley commence sa carrière musicale en 1962. En 1963, il forme avecBunny« Wailer » Livingston etPeter Tosh un trio vocal,The Wailing Wailers. AvecSimmer Down, en 1964, qui appelle à la cessation des luttes entre les ghettos et à l'union contre la pauvreté, The Wailers rencontrent leur premier vrai succès local en Jamaïque. Beaucoup d'autres suivent jusqu'à 1968. Entre-temps, Bob Marley est devenurasta à partir de 1966, suite à la visite en Jamaïque de l’empereur Haile Selassie d’Éthiopie, et sous l'influence de personnages importants (commeMortimer Planno) du mouvementrastafari, alors en plein essor en Jamaïque. Dans le documentaire "Marley", Rita Marley dit avoir vu les stigmates du Christ dans les mains de l’empereur alors que celui-ci saluait la foule. C’est ce jour que Bob et Rita devinrent Rasta. Également, sa visite eut lieu un jour de grande pluie, qui a brusquement cessé lorsque l’avion impérial s'est posé à Kingston. Ces événements racontés par ceux qui l’ont vécu, rappellent la Bible et l’avènement du Christ.
Entre 1968 et 1971, les Wailers entament avec le producteurLee « Scratch » Perry une collaboration très fructueuse qui génère quatre albums synthétisés en 1972 par le label Trojan sur l'albumAfrican Herbsman. Lee Perry produira également le mythique album "Soul Rebel", qui marqua également la fin de cette géniale collaboration. En effet, Perry aurait "réquisitionné" les droits musicaux du titre Soul Rebel, en produisant et publiant d’autres chanteurs sur ce Riddim, ce qui aurait provoqué la colère de Bob Marley, et donc la fin de leur collaboration. Tout début 1973, sort sous le nom de groupe The WailersCatch A Fire, puisBurnin' en avril 1973, tous deux chezIsland Record, le label fondé parChris Blackwell. C'est à l'issue de la tournée anglaise Burnin' Tour 1973 que Bunny Livingston, puis Peter McIntosh quittent le groupe fin 1973.
Bob Marley, désormais en solo, s'appuie sur la remarquable section rythmique composée parAston « Family Man » Barrett (basse) etCarlton « Carly » Barrett (batterie) pour s'affirmer sous le nom de Bob Marley & the Wailers. À ce noyau dur, s'ajoutent le claviériste Touter (remplacé dèsRastaman Vibration parTyrone Downie et Earl « Wya » Lindo), le guitariste américain Al Anderson et le trio vocalThe I-Threes composé deRita Marley (épouse de Bob Marley),Judy Mowatt etMarcia Griffiths. En 1974, sort l'albumNatty Dread qui marquera le début du succès mondial de Bob Marley, notamment sous l'impulsion de la reprise du titreI Shot the Sheriff parEric Clapton. L'album est un succès à travers le monde.
S’ensuit l'albumRastaman Vibration (1976) qui fait définitivement de Bob Marley une star mondiale et le plus grand porte-parole dureggae. Quelques mois après la sortie de cet album, Bob Marley survit en décembre 1976 à unetentative d'assassinat chez lui, àKingston, en Jamaïque durant la campagne électorale, qui le pousse à s'installer àLondres. Il relate cet épisode dans la chansonAmbush in the Night sur l'albumSurvival. C'est durant cet exil qui durera jusqu'à mi-1978 et leOne Love Peace Concert à Kingston, que sort l'albumExodus (1977), œuvre considérée parTime Magazine comme le meilleur album duXXe siècle.
En 1978 sort l'albumKaya, puisSurvival en 1979, qui est considéré par nombre de spécialistes musicaux comme son album le plus abouti. Avant et aprèsSurvival, Bob Marley fait plusieurs voyages en Afrique et y donne quelques concerts, dont un auZimbabwe, en 1980, pendant les festivités célébrant l'accession de ce pays à l'indépendance.
Atteint d'unmélanome diagnostiqué en 1977 qui devient un cancer généralisé, Bob Marley sort son dernier album,Uprising, en 1980 et donne son dernier concert àPittsburgh le. Il meurt le à Miami, aux États-Unis, à l'âge de trente-six ans. Il est enterré le 21 mai àSaint Ann, en Jamaïque. Ses funérailles nationales àKingston réunissent des milliers de personnes[2].
Robert Nesta Marley[Note 1] est né le[Note 2] dans la ferme de ses grands-parents maternels, Omeriah Malcolm et Albertha Whilby, tous deuxAfro-Caribéens, planteurs de café, bananes, piments, etc., à Rhoden Hall, près deNine Miles dans laparoisse de Saint Ann. Connue comme lamaison natale de Bob Marley, il y passa son enfance. Il est le fils d'une mère alors âgée de 18 ans,Cedella Malcolm, sixième fille des Malcolm, épouse Marley puis Booker (1926-2008), et d'un père blanc d'origine anglaise, Norval Sinclair Marley (1885–1955). Né en Jamaïque, alors colonie britannique, son père est âgé de 59 ans au moment de la naissance de son fils. Prétendant avoir été capitaine desRoyal Marines, il se faisait appeler « Capitaine » et était contremaître de plantation (« Il supervisait la subdivision de terres rurales »[7]). Robert a très peu connu son père, souvent en voyage, et dont la famille désapprouvait le mariage, mais lui apportait cependant le soutien financier (irrégulier) nécessaire à Cedella et à son fils[8]. Les grands-parents paternels de Bob sont Albert Thomas Marley, anglais duSussex, et Ellen Broomfield, originaire duLevant née en Jamaïque. D'après Michael George Marley (fils de Noel Marley, lui-même frère de Norval Marley), qui l'aurait appris de sa famille, puis vérifié, les Marley seraient desJuifssyriens passés par l'Angleterre avant de s'installer en Jamaïque[9] (Christopher Marley, de la famille côté Norval Marley, a déclaré, lui :« La famille de Norval Marley n'a jamais été syrienne »[7]).
À l'adolescence, Bob Marley suit sa mère qui quitte la misère de la campagne pour celle du ghetto deTrenchtown àKingston. Ayant arrêté l'école à 14 ans, il retrouve à Kingston Neville Livingston, dit plus tardBunny Wailer, qu'il connait depuis l'enfance à Nine Miles, et y rencontre Winston Hubert McIntosh, ditPeter Tosh, avec qui il chante des cantiques et des succès desoul américaine qu'ils entendent sur les radios de Miami. Le chanteurJoe Higgs, qui vit lui aussi à Trenchtown, leur donne des cours de chant et les fait beaucoup progresser. Bob Marley enregistre sa première chansonJudge Not pour le producteurLeslie Kong, du labelBeverley's, en1962, à l'âge de 17 ans, ainsi qu'une reprise d'un succès decountry de Claude Gray :One Cup of Coffee en 1962. Ces titres n'ont que peu de succès, mais il continue à s'investir dans la musique.
Bob Marley commence sa carrière musicale en 1962. En1963, il forme avec Neville O'ReillyLivingston (plus tard Bunny Wailer) et Wynston Hubert McIntosh (plus tardPeter Tosh) un trio vocal sur le modèle des groupes vocaux américains comme les Impressions. Le trio est tout d'abord appelé les Wailing Wailers, avant de finir par s'appelerThe Wailers (les gémisseurs). Le groupe intègre aussiJunior Braithwaite ainsi que, comme « Waillers Minute », Beverley Kelso et Cherry Green[10]. Ils obtiennent un contrat avecStudio One en1964 et leurs premiers morceaux deska,gospel,rhythm and blues et soul sont produits par le grand producteur localClement « Sir Coxsone » Dodd, qui a pour assistant en studioLee « Scratch » Perry (Scratch assure aussi la promotion). Coxsone Dodd et les Wailers signent un contrat pour cinq ans. En février 1964, le titreSimmer Down(en) cartonne et devientno 1 en Jamaïque : 80 000 copies du titre sont vendues[11]. C'est un acte politique au sens noble du terme, appel à cesser les luttes fratricides entre ghettos et à l'union pour lutter contre la misère. Les Wailers enregistrentRude Boy,I'm Still Waiting,Put It On et une première version deOne Love. Bob Marley quitte son métier de soudeur. Après l'album intituléThe Wailin' Wailers en 1965, le trio se sépare de Coxsone, qui ne leur a pas versé grand-chose en contrepartie des dizaines de titres qu'ils ont enregistrés pour lui[12].
Tout au long de leur carrière en trio, puis en solo, les Wailers ont fait les frais de producteurs, managers et autres proches mal intentionnés qui n'eurent aucun scrupule à les dépouiller, la pratique musicale à cette époque en Jamaïque n'étant pas aux dépôts légaux et aux contrats écrits, la plupart des engagements se faisant sous forme de « deals », d'accords verbaux. Ainsi, les Wailers et plus tard Bob Marley se sont fait avoir à plusieurs reprises, notamment par Coxsone Dodd, Duke Reid, Lee « Scratch » Perry, Leslie Kong, Danny Sims et autres Mortimo Planno, Allan « Skill » Cole, Don Taylor, etc. Des volumes financiers qui, si l'on devait faire les comptes des arriérés de « royalties » et autres détournements de recettes, devraient être finalement assez vertigineux[13].
Vers le milieu desannées 1960, lerocksteady succède au ska. Plus lent et chaloupé que ce dernier, le rocksteady marque une étape dans l'évolution de la musique jamaïcaine, qui s'affranchit de plus en plus des rythmiques rapides du ska. Reprenant la soul nord-américaine et lerhythm and blues, le style est marqué par plus de chants et de claviers, et moins de cuivre. Les chansons reprennent des thèmes d'amour et de religion et les paroles s'imprègnent peu à peu de croyancesrastafari. Les chanteurs s'adressent à la jeunesse et auxrude boys des ghettos, et tentent de leur redonner espoir[14].
Le lendemain de son mariage avecRita Anderson le 11 février 1966[15], Bob Marley, à la demande de sa mère, remariée avec un Jamaïcain nommé Booker installé àWilmington dans leDelaware, part la rejoindre auxÉtats-Unis. Bob Marley y travaille à l'hôtel Dupont, mais continue à écrire des chansons. Il est provisoirement remplacé par Constantine « Dream » Walker. Souhaitant retrouver sa liberté, il retourne dans son île après l'été 1966. Il s'intéresse de plus en plus aumouvement rastafari, qui a émergé dans lesannées 1930 enJamaïque, et fonde avec Peter Tosh et Bunny Livingston le label indépendantWail'n Soul'm. Leur premier titre, autoproduit, dans le nouveau style rocksteady, s'intituleBend Down Low. ÀKingston,Mortimer Planno, un rasta jamaïcain d'origine cubaine qui a voyagé enÉthiopie et rencontréHaïlé Sélassié Ier au début des années 1960, lui transmet une partie de sa culture rasta. Métis clair rejeté par les Noirs jamaïcains, Bob Marley se sent accepté par ce mouvement[16]. Sans le soutien d'un distributeur professionnel, ses disques se vendent très mal, et Bob Marley est trop pauvre pour vivre en ville avec sa femme Rita et ses deux enfantsCedella etZiggy. Il retourne dans son village natal en 1967 pour un ressourcement spirituel, mais continue à enregistrer et à publier nombre de 45 tours obscurs pour sa petite marque Wail'n Soul'm, comme les futurs classiquesHypocrites etNice Time, qui sortent sous le nom de groupe desWailers.
Rita, Bob Marley et Peter Tosh rencontrent, en, le chanteur américainJohnny Nash, qui est décidé à lancer le style rocksteady auxÉtats-Unis, et son manager Danny Sims, avec qui ils signent un contrat international exclusif pour les disques et éditions JAD. Bob Marley leur fournit quantité de compositions inédites, dontStir It Up, qui deviendra bientôt un succès pour Nash. Johnny Nash a beaucoup de succès avec le rocksteady (tube américainHold Me Tight en1968), mais l'album des The Wailers qu'il a financé ne sort pas (il ne sera finalement publié qu'en 1997 chez JAD). Seule une nouvelle version deBend Down Low avec des cuivres américains ajoutés àNew York sort enFrance et auCanada (JAD-CBS) en 1968, mais sans aucun succès. Bob Marley écrit parallèlement son premier morceau rasta,Selassie Is the Chapel, en 1968. Cet enregistrement important, dans le style nyabinghi (tambours rastas), est financé par Mortimo Planno, qui en interprète la face B,A Little Prayer. Quelques producteurs locaux se succèdent, mais le trio vocal n'a plus aucun succès depuis son départ du giron de Coxsone Dodd.
Sans ressources, Bob Marley repart auxÉtats-Unis rejoindre sa mère en1969. Il travaille plusieurs mois comme ouvrier, de nuit, dans une usine automobileChrysler, ce qui lui inspire les paroles de la chansonIt's Alright (1970). Sa femme et ses jeunes enfants le rejoignent. À son retour, il fonde les disques Tuff Gong, du nom du ghetto (dérivé du surnom de Leonard Howell, le « Gong » fondateur dumouvement rastafari), et enregistre une reprise deJames BrownSay It Loud – I'm Black and I'm Proud rebaptiséeBlack Progress, dans le nouveau style reggae, avec de jeunes musiciens, les frères Carlton (à la batterie) etAston « Family Man » Barrett (à la basse), qui ne le quitteront plus. Mais les disques indépendants Tuff Gong n'ont toujours aucun succès.
Marley se rend alors en Angleterre, voir son vieil amiLee « Scratch » Perry, qui y est arrivé fin 1969, accompagné par les frères Barrett sous le nom des Upsetters. Perry obtient un succès anglais avec l'instrumentalThe Return of Django et accepte de produire le trio vocalThe Wailers. Lee Perry, très proche de Bob Marley sur le plan spirituel, donne une nouvelle couleur au groupe, qui enregistre plusieurs morceaux avec lui, dontDuppy Conqueror,Sun Is Shining,Soul Rebel,Kaya et le(I've Gotta) Keep on Moving de Curtis Mayfield. Lee Perry réunira certains de ces 45 tours et les vendra - à l'insu des Wailers - au label Trojan, pour donner l'albumAfrican Herbsman sorti enAngleterre tout début de l'année1973. Ce qu'appréciera très moyennement Bob Marley qui sort dans le même tempsCatch A Fire avec le label Island Records.
Toujours sans succès, Bob Marley (dont le groupe avec Bunny Wailer et Peter Tosh s'appelle encoreThe Wailers) grave une dizaine de chansons avec l'équipe de musiciens deLeslie Kong « Beverley’s All-Stars » (Lloyd Parkes, Jackie Jackson,Paul Douglas, Gladstone « Gladdie » Anderson, Winston Wright, Rad Bryan, Lynn Taitt, et Hux Brown)[17], un producteur jamaïcain (Kong avait déjà produit les deux premiers 45 tours solo de The Wailers en 1962), qui a du succès en Angleterre grâce à un son professionnel capable de percer sur le marché britannique (disques Trojan à Londres). Il publiera ces titres en1971 sous le nom deThe Best of the Wailers. Bunny Wailer s'opposant à ce titre (il aurait préféréCheer Up) menace alors Kong :« ce serait alors ton dernier album…, simplement parce que tu ne serais plus là pour entendre la suite »[18].Leslie Kong meurt quelque temps après d'une crise cardiaque[19]. Bob Marley se rapproche de l'organisation rasta desDouze Tribus d'Israël fondée par Prophet Gad, aliasVernon Carrington. Les Wailers continuent à alterner les auto-productions pour Tuff Gong et les séances produites et financées par Perry. Malgré la qualité de leur travail prolifique, ils n'ont aucun succès local jusqu'à leur autoproductionTrench Town Rock (Tuff Gong 1971).
À ce point charnière de sa carrière, Bob Marley a déjà contribué à au moins 350 morceaux enregistrés en studio (dont une trentaine environ en tant que choriste), dont une grande partie ne seront révélés au public international que beaucoup plus tard, bien après sa mort, notamment dans la série de dix CDThe Complete Bob Marley and the Wailers 1967 to 1972 (JAD) réalisée entre 1998 et 2003 par le françaisBruno Blum et l'américainRoger Steffens(en) et la publication, en 1991, des enregistrements Studio One réalisés entre 1964 et 1966. Bob Marley réenregistrera par la suite une partie de ces compositions, commeSatisfy My Soul,Sun Is Shining ouLively Up Yourself.
À la demande deJohnny Nash et de Danny Sims (tous deux fondateurs du label JAD avec Arthur Jenkins), qui cherchent des compositions pour la musique du film suédoisVil Sa Garna Tro (L'amour n'est pas un jeu), réalisé par Gunnard Hoglund, dans lequel Nash joue le rôle principal, Bob Marley part (seul) pourStockholm en novembre 1970 avec toute l'équipe du film. Il vit à Nockeby près de Stockholm avec des musiciens culturellement très éloignés de sa culture rasta et est assez isolé dans le froid de l'hiver suédois où la neige bloque le tournage du film. Il y écrit plusieurs morceaux, et collabore à la musique du film. 1972, Nash signe alors avec les disques CBS àLondres où il enregistre le plus gros succès de sa carrière,I Can See Clearly Now. Bob Marley signe lui aussi avec CBS grâce à Johnny Nash et Danny Sims qui cherchent à le lancer à l'international. Mais le 45 toursReggae on Broadway de Bob Marley qui sort en même temps que celui de Nash n'a aucun succès. Le son et les musiciens anglais apportés par Nash ne conviennent pas à Bob. Quelques concerts àLondres, avec les frères Barrett, sont organisés en première partie de Nash, mais sans succès. La tournée d'environ cent dates organisée et financée par Sony est un désastre pour Marley. Nash, dont le titreI Can See Clearly Now cartonne aux États-Unis, quitte Londres avec Danny Sims et plante là Marley, accompagné des Wailers au grand complet.
Sans le sou et désespéré, Bob Marley contacte alorsChris Blackwell, le fondateur des labels Trojan etIsland Records. Blackwell est Jamaïcain, issu d'une riche famille blanche anglo-jamaïcaine. Il a déjà distribué enAngleterre les disques Beverley's de Leslie Kong (certains affirment aujourd'hui, de manière illégale via son label Trojan[20]) et connaît déjà le nom de Bob Marley et des Wailers. Chris Blackwell rachète alors le contrat de Bob Marley en octobre 1972 à Danny Sims et confie de l'argent à Bob Marley (environ8 000 livres) pour enregistrer un album, sur un simple accord verbal. L'entourage de Chris Blackwell lui indiquant que c'était en pure perte, les rastas n'étant pas - selon eux - des gens fiables (« Chris tu ne reverras jamais ton argent et ton disque ne sortira pas »[21]). De retour à Kingston en juin 1972, les Wailers se mettent immédiatement au travail et enregistrent le futurCatch A Fire aux studios Harry J, Dynamic Sound et Randy's. Quelques semaines plus tard, de passage à Kingston, Chris Blackwell est sidéré par ce qu'il entend (« La musique était fantastique… C'était comme je l'avais rêvée »[22]).
À la suggestion de Chris Blackwell, les deux premiers albums pour Island — ' etBurnin' — sont remixés àLondres, où des solos de guitare (de Wayne Perkins pourCatch A Fire) sont ajoutés, ainsi que des parties de claviers qui apportent un son plus rock et plus accessible au grand public occidental. Blackwell veut faire deCatch A Fire le disque d'un groupe de « rock black ».Catch a Fire puisBurnin' sortent chez Island encore sous le nom de groupeThe Wailers en avril et octobre 1973. C'est un succès auprès de la presse, mais pas auprès du public. Après une tournée anglaise promotionnelle,Bunny Wailer quitte le groupe (sur le prétexte que la tournée n'était pas rémunérée par Island et que Chris Blackwell faisait jouer les Wailers dans des lieux de perdition[23]), remplacé parJoe Higgs pour la tournée US de fin 1973, notamment pour le concert historique donné le 31 octobre à la KSAN Radio de San Francisco (voirKSAN Radio) où les Wailers vont livrer une prestation live éblouissante devant un maigre public de privilégiés[24]. De retour en Jamaïque, c'estPeter Tosh qui quitte le groupe à son tour, laissant désormais Bob Marley à sa carrière solo. Ce qui fait plutôt le bonheur d'un Chris Blackwell qui a toujours vu Bob comme un leader charismatique, une figure de proue destinée à propulser les Wailers sur la scène internationale. Au-delà de l'attitude du patron de Island Records, de fortes tensions s'exerçaient depuis plusieurs mois entre Bob, Peter et Bunny, pour différentes raisons[25]. Trois fortes personnalités aux ambitions de moins en moins convergentes. Bob, Peter et Bunny auront enregistré ensemble des centaines de titres entre 1963 et 1973.
Le nom du groupe change alors pour s'appeler officiellement « Bob Marley and the Wailers » (à la suggestion de Chris Blackwell). Les Wailers qui seront désormais ses accompagnateurs, parmi lesquels le trio vocal féminin « I Threes » avecRita Marley, Marcia Griffiths et Judy Mowatt, qui prend en charge les chœurs, les deux frères Barrett (Ashton « Family Man » à la basse et Carlton à la batterie), les pianistes Earl « Wire » Lindo et Tyrone Downie (c'est Touter qui est aux claviers sur l'album et durant la tournée « Natty Dread Tour »), le guitariste Earl « Chinna » Smith, l'harmoniciste Lee Jaffee (uniquement sur Natty Dread) et le percussionniste Alvin « Seeco » Patterson. Le troisième album publié chez Island s'intituleNatty Dread et sort en 1974 sous le nom de « Bob Marley and the Wailers », dans lequel le groupe incorpore une influence rythm'n blues avec le guitariste américain Al Anderson. Un autre guitariste soliste Jamaïcain,Junior Marvin est engagé après le départ de Al Anderson en 1976 (et crédité à partir de 1977 sur l'album Exodus).
L'albumNatty Dread sort le 25 octobre 1974 et est suivi d'une tournée en Angleterre et aux États-Unis durant l'année 1975. Cet album devait initialement s'appelerKnotty Dread[26], édulcoré enNatty Dread à la demande deIsland Records. Avant de partir en tournée, les Wailers jouent avec lesJackson Five le 8 mars au National Heroes Stadium à Kingston et avecStevie Wonder après la tournée le 4 octobre au cours duWonder Dream Concert, toujours au National Heroes Stadium. Ce sera d'ailleurs la dernière collaboration scénique de Bob avec Peter Tosh et Bunny Livingston.Natty Dread est le premier grand succès international de Bob Marley and the Wailers, en partie favorisé par la reprise, après la sortie deBurnin', deI Shot The Sheriff par unEric Clapton mondialement connu. L'albumLive! enregistré le 18 juillet 1975 au Lyceum deLondres rend compte magistralement de cette tournée remarquable durant laquelle Bob Marley et son groupe enflamme les salles où ils se produisent, notamment le 18 juin au Schaefer Music Festival de New York, au Boarding House de San Francisco pour quatre sets du 4 au 7 juillet et au Roxy de Los Angeles où les Wailers joueront six jours du 9 au 13 juillet, sous le regard deGeorge Harrison, desRolling Stones ou deHerbie Hancock, entre autres. La tournée est un succès phénoménal et un titre commeNo Woman, No Cry propulse Bob Marley au niveau de star internationale.
C'est en 1975 que Bob Marley rachète à Chris Blackwell la maison du 56 Hope Road, laIsland House, à Kingston qu'il occupait déjà depuis 1973 et qui deviendra après la mort de Bob leMuseum Bob Marley. Entre 1975 et 1980, le 56 Hope Road sera un lieu d'échanges politiques et artistiques intenses et de création musicale exceptionnel, en permanence fréquenté par des dizaines de rastas, et autres. Le 56 Hope Road sera aussi le lieu de bien des matchs de football dont Bob était un vrai passionné. Un sport qu'il a pratiqué presque chaque jour de sa vie, chez lui à Kingston comme en tournée, avant chaque concert.
En 1976, sort l'albumRastaman Vibration, le disque de Bob Marley & The Wailers le plus vendu de son vivant et son premier succès américain. Cette sortie est suivie par une tournée américaine puis anglaise, à la fois éreintante pour les musiciens par sa longueur etextraordinaire sur le plan musical[En quoi ?]. Le phénoménal concert donné au Roxy de Los Angeles le 26 mai 1976 témoigne de l'énergie et la puissance des Wailers sur scène à cette époque. Bob Marley est au sommet de sa puissance scénique durant cetteRastaman Vibration Tour.
1976 correspond aussi à une période très dure pour la Jamaïque, au bord de la faillite après lacrise pétrolière de 1973. Le gangstérisme s'est considérablement développé sur l’île, qui n'a plus grand chose à voir avec la Jamaïque célébrant son indépendance en 1962. Amplifiée par l'opposition virulente entre leJLP (Jamaica Labour Party) d'Edward Seaga et lePNP (People's National Party) deMichael Manley, élu depuis 1972, la violence pousse le gouvernement à décréter l'état d'urgence le, à quelques mois des élections.
Le àKingston, peu avant le grand concert gratuit en plein airSmile Jamaica qui a lieu à la demande du premier ministre jamaïcain Michael Manley, Bob Marley échappe à une fusillade déclenchée à son domicile par six hommes armés, alors qu'il répétait avec son groupe dans l’Island House au 56 Hope Road[Note 3]. Il ne soutenait pas Michael Manley, mais s'était engagé dans ce concert pour la Jamaïque et le peuple jamaïcain en souffrance (les « Sufferers »). Une balle lui érafle la poitrine et vient se loger dans son bras gauche[27], tandis qu'une autre touche Rita à la tête, mais sans la tuer. Don Taylor, le manager américain de Bob Marley, en sort très gravement blessé de cinq balles. Des doutes persistent sur l'origine de cette tentative d'assassinat. Au-delà des déclarations ici et là impliquant le JLP, la CIA, voire des représailles en direction d'Allan « Skill » Cole qui aurait truqué des paris, on ne peut aujourd'hui dire avec certitude qui est vraiment à l'origine de cet attentat. Au cours d'une interview de 1977, Bob Marley sera assez évasif sur le sujet[28] et évoquera cet épisode dramatique dans sa chansonAmbush in the Night sur l'albumSurvival publié en 1979.
Deux jours après l'attentat qui a failli lui coûter la vie, Bob Marley participe comme prévu au concertSmile Jamaica àKingston. Aux journalistes qui lui demandent pourquoi il tient tant à jouer lors de ce concert, il répond : « Les gens qui tentent de rendre ce monde mauvais ne prennent jamais de jours de congés. Comment le pourrais-je ? » Ashton « Family Man » Barrett, caché dans les collines, est remplacé ce jour-là par Cat Coore deThird World. À son arrivée sur scène, Bob Marley montre ses bandages au public, tel un martyre[réf. nécessaire].
Ne se sentant plus en sécurité en Jamaïque avant les élections, Bob Marley part en exil en janvier 1977 et s'installe à Londres. Il y enregistre entre mars et avril 1977 l'albumExodus qui sort à la fin du printemps. Des enregistrements d'Exodus, sera également extrait l'albumKaya qui sortira en 1978. Après le départ des guitaristes Al Anderson et Donald Kinsey, c'est un jeune guitariste jamaïcain qui prend le relais et sera crédité sur l'album, surnommé le « Hendrix jamaïcain » :Junior Marvin.Exodus est un album à la fois religieux et sentimental, s'ouvrant sur le très mystiqueNatural Mystic et se refermant sur ce chant d'amour universelOne Love/People Get Ready. En 2000, l'albumExodus est élu, par leTimes Magazine, meilleur album duXXème s., devantSergeant Pepper desBeatles ouKind of Blue deMiles Davis. La relation amoureuse de Bob Marley avec la JamaïcaineCindy Breakspeare, Miss Monde 1976, contribue à le projeter à la une des médias. Bob et Cindy vivent durant cet exil londonien une idylle, qui durera jusqu'en 1980. Cindy Breakspeare, qui aura un fils avec Bob,Damian Marley, sera d'ailleurs présente, dans l'entourage de Bob Marley, jusqu'à la fin de sa vie, en mai 1981.
C'est au cours de l'Exodus Tour, qui débute à Paris le 10 mai 1977 auPavillon de Paris, que Bob Marley se blesse au pouce du pied droit lors d'un match de football avec des journalistes français, la veille du concert. Quelques jours plus tard, en sortant d'un concert au Rainbow Theater à Londres, Bob a le pied en sang. Il effectue une batterie d'examens, dont une biopsie, qui révèle unmélanome acrolentigineux au gros orteil (maladie de la peau qui ne représente que 4 % descancers), sans doute dû à une trop longue exposition au soleil. Un médecin américain lui prescrit uneamputation urgente de l'orteil. Mais un mélange de superstition de son entourage (selon ses proches, cette amputation l'empêcherait de danser sur scène ou de rejouer au football et surtout la culturerastafari interdit toute amputation) et de pression en pleine tournée européenne où il rencontre enfin son public, contribuent à retarder l'opération. Après beaucoup d'hésitations, un médecin de Miami lui retire uniquement le lit unguéal, croyant à tort arrêter la progression du cancer[29]. La tournée américaine d'Exodus est annulée.
Fin mars 1978, sort l'album Kaya, enregistré conjointement avecExodus à Londres durant l'exil de 1977. L'album rencontre un grand succès, mais est considéré par la presse spécialisée comme un album mineur, plutôt léger. En avril, Bob Marley and the Wailers font un retour triomphal enJamaïque. Lors duOne Love Peace Concert qui se tient le 22 avril au National Stadium de Kingston. Bob Marley, qui monte sur scène en final d'un concert qui aura duré près de huit heures et réuni The Meditations, Culture,Dennis Brown,Jacob Miller,Peter Tosh, etc., parvient à réunir sur scène les deux ennemis politiques qui se disputent férocement le pouvoir,Edward Seaga (JLP) et le Premier MinistreMichael Manley (PNP) dans une sorte de bénédiction rastafari, immortalisée par le film documentaireHeartland Reggae de James P. Lewis. À la suite de ce concert historique, Bob Marley devient le grand héros national d'une partie de la Jamaïque (la plus pauvre), celui qui a rendu le reggae et le mouvement rastafari planétaires et a fait connaître cette île de la Caraïbe à travers le monde.
Au cours d'unKaya Tour très long, durant lequel est enregistré l'album en publicBabylon by Bus , capté entre autres auPavillon de Paris[30] de la porte de Pantin entre le 25 et le 27 juin 1978 (emplacement du Zenith actuel). C'est également en 1978 que Bob fait construire le studioTuff Gong, un vieux rêve, dans sa maison du 56 Hope Road à Kingston, où il enregistre avec les Wailers l'albumSurvival, sur son tout nouveau studio 24 pistes.Survival, qui devait préalablement s'appelerBlack Survival, chante la libération du continent africain et l'émancipation des Noirs issus de l'esclavage pour un retour à la terre d'origine, l'Afrique. Cet album est considéré par la presse spécialisée comme le plus abouti de tous les albums de Bob Marley. Le groupe Bob Marley and the Wailers jouit désormais d'un succès planétaire et joue aux quatre coins du monde jusqu'au Japon, en Australie et enNouvelle-Zélande où Bob Marley est accueilli chaleureusement par lesMaoris.
Mais le dimanche, juste après les deux concerts historiques donnés auMadison Square Garden de New York, les 19 et 20, Bob Marley s'effondre au cours d'un footing dans Central Park. Il passe un examen auxrayons X où l'on découvre cinqmétastases de sonmélanome (cancer de la peau), trois aucerveau, une auxpoumons et une à l'estomac : son cancer s'est généralisé. Les médecins du Kettering Sloan, centre de traitement du cancer à New York mondialement reconnu, lui donnent un mois à vivre, s'étonnant même que Bob soit encore vivant avec un tel développement de cancer généralisé[31]. Bob Marley insiste malgré tout pour donner un dernier concert àPittsburgh, le avant que la tournéeUprising Tour soit définitivement annulée.
Bob Marley subit alors des séances de radiothérapie et de chimiothérapie qui lui font perdre ses dreadlocks auMemorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York. Au vu de son état et sous la pression de Rita Marley, sa femme, Bob Marley se fait baptiser le à l'église orthodoxe éthiopienne de Miami, dont la plus haute autorité était feu l'empereur d'ÉthiopieHailé SélassiéIer, considéré par les rastas comme étant la réincarnation deJésus annoncée dans l'Apocalypse (« le roi des rois, seigneur des seigneurs »). Il est baptisé par l'Abouna Yesuhaq sous le nom de baptême : Bob Berhane Sélassié (ብርሃነ ሥላሴ (Berhanä Sellasé) : lumière de la Sainte Trinité enamharique). Quelques jours plus tard, Bob Marley part pour laRingberg Klinik du DrJosef Issels àRottach-Egern enBavière, où il suit un traitement anticancéreux controversé (transfusions sanguines, séances d’hyperthermie et des injections de THX, un agent anticancérigène). Le docteur Josef Issels, spécialiste allemand enmédecine holistique, prend en charge les cancéreux en phase terminale considérés comme perdus par la médecine traditionnelle. Ce traitement prolonge la vie de Bob Marley pendant quelques mois, au prix de dures souffrances[32] qu'il endure avec beaucoup de courage.
Après des funérailles nationales à Kingston, Bob Marley est enterré le dans un mausolée construit à la hâte, à Rhoden Hall, près de Nine Miles, dans la paroisse de Saint Ann, où il est né et où depuis le matin se sont peu à peu regroupés des milliers de personnes pour dire adieu à celui qui a fait du reggae une musique mondialement reconnue et qui a chanté la douleur desSufferers du monde entier[33].
Mais Bob Marley n’a pas établi de testament, malgré l’insistance plus ou moins intéressée de certains de ses proches[37]. Volontairement ou non, il a refusé de fixer sur papier ses dernières volontés. Était-ce dû au fait que les rastas refusent de parler de la mort, ou une volonté de Bob Marley que chacun se révèle tel qu’il est, comme l’a suggéré Neville Garrick[38] ? Au regard de la loi jamaïcaine, et sans testament, 55 % des biens et 10 % du patrimoine artistique reviennent à la veuve de Bob, sa femme Rita Marley, et le reste des biens aux 11 enfants reconnus par Bob de son vivant[34]. Mais Rita Marley produit un document daté de 1978 qui lui octroie la quasi-totalité de la fortune de Bob Marley. Il s’avèrera par la suite, en 1986, que ce document est un faux, contrefait par Rita et ses avocats[39]. Rita Marley est alors dépossédée de la gestion de ses biens et du patrimoine Marley, confiée à un administrateur par la Cour Suprême de Jamaïque.
Après bien des procédures judiciaires et des imbroglios concernant les droits légaux de Bob Marley (qui créditait certains de ses proches pour échapper à la voracité des producteurs, notamment Danny Simms[40]), Chris Blackwell acquiert en 1991, pour 11 millions de dollars, la gestion du patrimoine artistique de Bob Marley, en association avec la famille Marley. Parallèlement, Chris Blackwell rachète (pour un peu plus de 1 million de dollars) à Danny Simms les droits d’édition de toutes les chansons de Bob appartenant à Caïman Music[41]. C'est la fin de dix ans de procédures impliquant Rita Marley, ses enfants, Danny Simms, Coxsone Dodd, les Wailers.
Le 6 février 1991, date anniversaire de la naissance de Bob (6 février 1945), une étoile Bob Marley est inaugurée sur le fameuxHollywood Walk of Fame deHollywood Boulevard, Los Angeles, en présence de Rita Marley. Au-delà d’être entré dans la légende, Bob Marley est aujourd’hui devenu une marque[42] qui rapporte beaucoup d’argent à la famille Marley et aux ayants droit, de ce même argent dont Bob disait en 1980 :« Le Diable contrôle l'argent. Si tu veux t'enrichir, il te faut donc faire un marché avec le Diable parce que c'est lui qui actionne les planches à billets[43]. »
L’héritage culturel et musical de Bob Marley est aujourd’hui considérable. Bob, le chanteur, le rastaman, le rebelle, le prophète, dont les images s’affichent sur les murs du monde entier, est devenu une icône, au même titre queChe Guevara,Martin Luther King ouMarilyn Monroe. Aux quatre coins du monde, la figure de Bob Marley est présente, sur les murs des quartiers, dans les boutiques de souvenirs, dans les bacs des disquaires. Bob Marley reste partout le symbole de la lutte contre l’oppression et de l’appel à l’amour universel.Manu Chao a dit lors d'une interview qu’un tee-shirt de Bob Marley était mieux qu’un gilet pare-balles pour traverser les quartiers chauds de la planète ! C’est dire l’importance de Bob Marley aujourd’hui encore et partout dans le monde.
En huit ans de carrière internationale, Bob Marley a donné une dimension exceptionnelle au reggae et a considérablement influencé la musique dans son ensemble, qu’il s’agisse du pop rock occidental, de la variété internationale et de ce qu’on appelle aujourd’hui la « World Music ». Même si d’autres figures majeures dureggae commeBurning Spear,Peter Tosh, Culture ouToots & the Maytals ont contribué à la diffusion mondiale de cette musique, Bob Marley a été, entre 1973 et 1980, le vaisseau amiral du reggae à travers la planète. Et même après sa mort en 1981, les disquesConfrontation (1983) etLegend (1984) étendent encore son influence. Ses morceaux ont été depuis 1981 joués, repris, remixés par un nombre considérables d’artistes et deDJ. DeEric Clapton àBen Harper, en passant parLauryn Hill,Tracy Chapman,Joan Baez et d'autres, les chansons de Bob Marley traversent tous les répertoires musicaux depuis plus de 30 ans.
Mais Bob Marley, c’est encore un message à la fois social et religieux. Il représente aujourd’hui encore l’image de la dénonciation de l’oppression des Noirs par les Blancs, mais aussi des pauvres par les riches, des analphabètes par les gens éduqués, etc. DeSlave Driver,Crazy Baldhead,Get Up Stand Up, jusqu’àRevolution,Burnin' and Lootin',Rat Race ouWar, sa voix porte encore le refus de la domination, de l’oppression, de la ségrégation (« We refuse to be, what you wanted us to be » ;Babylone System :Survival) et appelle à la lutte pour l’émancipation et l’égalité des droits humains (« Stand Up for your rights… Don’t give up the fight » ;Get Up, Stand Up :Burnin’). Mais au-delà de la rébellion et de la lutte, Bob Marley n’a cessé d’appeler à l’amour universel et à la communion des hommes. Son « One love, One heart » (« Let's get together and feel all right ») n’est rien d’autre qu’un message de paix et d’amour. Tout commeIs This Love,No Woman No Cry,So Much Trouble in the World, etc.
Bob Marley a reconnu onze enfants avec sept femmes, dont les cinq de sa femme Rita, bien que deux d'entre eux ne soient pas de lui[45]. Il n'a pas reconnu sa première fille Imani Carole, née le 22 mai 1963 d'une relation avec Cheryl Murray, mais a adopté Sharon après son mariage avec Rita en 1966. La plupart ont entrepris une carrière musicale, et avec succès pourKy-Mani Marley,Damian Marley,Ziggy Marley,Julian Marley etStephen Marley notamment.Rohan Marley a été joueur professionnel de football américain et a vécu pendant quatorze ans en couple avec la chanteuse américaineLauryn Hill[46].
Sharon Marley, née le d'une relation antérieure deRita ;
Kaya Tour : mai à aout 1978 (États-Unis, Canada, Angleterre, France, Espagne, Suède, Danemark, Norvège, Pays-Bas, Belgique)
Babylon by Bus Tour : avril - mai 1979 (Japon, Nouvelle-Zélande, Australie, Hawaï)
Survival Tour : octobre 1979 à Décembre 1979 (États-Unis, Canada, Trinidad/Tobago, Bahamas)
Uprising Tour : Janvier à septembre 1980 (Gabon, Zimbabwe, Suisse, Allemagne, France, Norvège, Suède, Danemark, Belgique, Pays-Bas, Italie, Espagne, Irlande, Angleterre, Écosse, États-Unis)
↑Son père l'a baptisé Robert en hommage à son frère, mais sa mère préférait Nesta qu'elle utilisa pendant toute sa vie. Le prénom « Robert » s'imposa lors de la délivrance d'un passeport en. L'officier jugea que Nesta, trop peu courant, sonnait féminin, et changea l'ordre des prénoms. D'où son surnom de Bob, diminutif de Robert.
↑Date figurant sur son passeport, mais non vérifiée officiellement car l'État de Jamaïque, indépendant depuis 1962, ne peut fournir d'acte de naissance pour cette période.