Beta vulgarissubsp. vulgaris
Pour les articles homonymes, voirRave,Docteur Betterave etLes Betteraves.
| Règne | Plantae |
|---|---|
| Classe | Equisetopsida |
| Sous-classe | Magnoliidae |
| Super-ordre | Caryophyllanae |
| Ordre | Caryophyllales |
| Famille | Chenopodiaceae |
| Genre | Beta |
| Espèce | Beta vulgaris |
Labetterave,Beta vulgaris subsp.vulgaris, est unesous-espèce deplantes de lafamille desAmaranthaceae, cultivées pour leursracines charnues, et utilisées pour la production dusucre, commelégume dans l'alimentation humaine, commeplantes fourragères, et plus récemment commebiocarburant avec lebioéthanol. La betterave, plus particulièrement la betterave rouge, est aussi utilisée comme un colorant naturel pour la nourriture et les vêtements[1]
Nom scientifique :Beta vulgaris L.Famille desChénopodiacées (selon laclassification classique) ou famille desAmaranthacées (selon laclassification phylogénétique).
La betterave (2n = 18chromosomes) est une espèce bisannuelle etallogame à inflorescence englomérule et à pollinisation principalementanémophile[2].
Les betteraves cultivées,dicotylédones,apétales, dériveraient de labetterave maritime (actuellement classée commeBeta vulgaris L. subsp.maritima (L.) Arcang.) qui est spontanée sur lesrivages maritimes enEurope.
L'espèceBeta vulgaris L. inclut aussi labette ou poirée, qui était auparavant considérée comme une espèce distincte (Beta cicla (L.) L.).
Les betteraves font l'objet d'études poussées de la part des botanistes, notamment quant à leur système de reproduction, les effets de la sélection naturelle ou agricole ou duchangement climatique sur ladiversité génétique et le polymorphisme nucléotidique au sein du genreBeta[3], lagynodioécie au sein des betteraves sauvages, les liens entrepolymorphisme pour l'autofécondation et la diversité génétique. Interactions entre formes cultivées et formes marronnes, rudérales ou sauvages du complexeBeta vulgaris.
Il existe de nombreuses variétés, classées différemment selon les types.
La betterave cultivée est une plante bisannuelle :
Les racines deBeta vulgaris contiennent une quantité significative de vitamine C et les feuilles sont une source de vitamine A. Elles sont également sources de fibres, d'acide folique et d'antioxydants. Les racines sont également riches enbétaïne (N, N, N-triméthylglycine).
La betterave est riche ennitrates qui se transforment ennitrites grâce à des bactéries de la bouche. Ces nitrites sont impliqués dans lavasodilatation et la fluidification du sang, ce qui améliore l'afflux de sang dans certaines zones du cerveau qui, avec le temps, sont moinsperfusées. Une dose quotidienne de jus de betterave peut potentiellement prévenir la démence et la baisse cognitive en améliorant cet afflux sanguin cérébral[5].
Une tasse (225,8 grammes) de betteraves émincées contient :
La culture occupe environ7 millions d'hectares dans le monde, surtout enEurope du Nord et auxÉtats-Unis ;
Production mondiale (FAO 2002) :
La France est le premier producteur mondial de sucre de betteraves. Cette culture est concentrée dans le Nord du pays.
Dans l'Union européenne, la culture de la betterave sucrière est réglementée dans le cadre de lapolitique agricole commune. Chaque pays dispose d'un quota de production autorisé en dessous duquel le prix est garanti, à un niveau supérieur au cours mondial. Depuis 2017 les quotas en sucre ont été supprimés, et leur suppression a été suivie par une baisse mondiale du prix du sucre et une augmentation des surfaces de betterave cultivées en France et en Europe.
L'aire d'origine de l'espèceBeta vulgaris se trouve enMésopotamie et c'est vraisemblablement là que les premières cueillettes ont eu lieu lors de la sédentarisation des hommes[2].
La betterave est connue comme légume depuis l'Antiquité[réf. nécessaire]. Les premières traces écrites d'utilisation comme plante médicinale nous viennent des Grecs tels queDioscoride,Galien,Hippocrate, Théocrate auVe siècle av. J.-C.
Les principales variétés de betterave ont été décrites auMoyen Âge[6], notamment parMatthiole. L'origine de l'utilisation alimentaire des racines de betterave semble se situer dans la grande plaine qui s'étend de l'Allemagne à laRussie.
En 1600,Olivier de Serres écrit dansLe Théâtre d'agriculture et mesnage des champs :
« Une espèce de pastenades est la bette-rave, laquelle nous est venue d'Italie n'a pas longtemps. C'est une racine fort rouge, assez grosse, dont les feuilles sont des bettes, et tout cela bon à manger, appareillé en cuisine : voire la racine est rangée entre les viandes délicates, dont le jus qu'elle rend en cuisant, semblable à sirop de sucre, est très beau à voir pour sa vermeille couleur. »
Il chercha le premier à extraire le sucre des betteraves mais n'a pas réussi à trouver un processus rentable.
En 1747, un Allemand,Andreas Sigismund Marggraf, avait réussi à extraire le sucre de la betterave. Son élève, le professeur Achard, met cette découverte au profit de l'Académie prussienne. Cette initiative débouche en mars1802 sur la mise en service de la première fabrique de sucre de betteraves au monde à Künern-les-Winzig (ancien nom deKonary) enSilésie, la production est artisanale : 70 kg de betteraves sont traités tous les jours, donnant environ 2 kg de sucre.
Le constitue une date charnière pour l'économie sucrière européenne. Pour répondre aublocus imposé par les armées britanniques sur les ports français,NapoléonIer instaure leblocus continental : toutes les marchandises britanniques sont dès lors prohibées sur le sol français, ce qui inclut le sucre de canne provenant desAntilles. Pour compenser la soudaine pénurie de sucre de canne, l'empereur décide de soutenir activement la production de betteraves sucrières. En quelques années, de nombreuses usines de transformation sont créées.
La première extraction industrielle de sucre fut l'œuvre d'un Français,Benjamin Delessert, en1812.
Lorsque le blocus est levé, le sucre de canne des colonies inonde à nouveau le marché. Sous le poids de la concurrence, l'industrie naissante accuse le coup. Un grand nombre de sucreries ferment leurs portes après avoir subi d'importantes pertes. L'abolition de l'esclavage, en1848, engendre une forte hausse du prix du sucre de canne et une diminution de sa production. Les betteraviers en profitent. D'autant que les sucreries améliorent progressivement leurs rendements grâce à la construction de grosses unités de production.
La betterave fourragère s'est fortement développée en Europe au milieu duXXe siècle pour atteindre près d'un million d'hectares en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle a fortement régressé depuis au profit dumaïs ensilage pour l'alimentation hivernale des bovins.
Plus récemment, la betterave sucrière est utilisée pour produire dubioéthanol et son utilisation est en cours de développement pour la production debiogaz.
Les betteraves cultivées couvrent aujourd'hui[Quand ?] près de400 000 ha en France.
Le nom de la betterave est attribué au4e jour du mois debrumaire ducalendrier républicain ou révolutionnaire français[7], généralement chaque25 octobre ducalendrier grégorien.
Sur les autres projets Wikimedia :