| Bernard de Castanet | ||||||||
Cardinal Bernard de Castanet | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Naissance | vers1240 Montpellier | |||||||
| Ordre religieux | Ordre des Prêcheurs | |||||||
| Décès | Avignon | |||||||
| Cardinal de l'Église catholique | ||||||||
| Créé cardinal | par le papeJean XXII | |||||||
| Titre cardinalice | Cardinal-évêque dePorto e Santa Rufina | |||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Fonctions épiscopales | Albi et duPuy-en-Velay | |||||||
| Évêque du Puy | ||||||||
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| Évêque d'Albi | ||||||||
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Bernard de Castaner oude Castanet est un évêque et uncardinal français né vers1240, probablement dans la région deMontpellier, et mort le àAvignon.
Bernard de Castanet est formé aux écoles de Montpellier où il reçut la licence de juriste. Il est ensuite nommé archidiacre de Fenouillet en l'église deNarbonne et détient aussi des bénéfices dans les églises d'Orléans et deMajorque.
Le pape françaisClément IV le fait chapelain pontifical et auditeur des Causes du Sacré-Palais ourote romaine). Après la victoire deCharles d'Anjou àBénévent contreManfred (l'héritier de l'empereurFrédéric II) en, Bernard de Castanet est envoyé en mission àCrémone et àPlaisance pour organiser le ralliement à la causeguelfe de ces deux cités jusque-là attachées au partigibelin. En compagnie d'un autre chapelain pontifical, l'abbé de Trévi Bartolomeo, il remporte des succès inespérés, jusqu'à imposer aux cités deLombardie une paix générale sous l'égide de la papauté ("Paix de Romano", conclue le)[1].
Peu après, Bernard de Castanet est nommé administrateur de l'archevêché deTrèves (dont l'archevêque Heinrich von Vistingen était en rébellion contre la papauté). À ce titre, il lutte aussi contre la ville deCologne, désobéissante à son archevêque, contre laquelle il prononce des sentences d'excommunication et d'interdit[2].
Après avoir participé audeuxième concile de Lyon en 1274, au cours duquel il se fait l'instrument de négociations entre le roi d'AragonJacquesIer etGrégoire X. Bernard de Castanet est envoyé parInnocent V en ambassade auprès du roi des RomainsRodolphe de Habsbourg (1275), puis nomméévêque d'Albi en 1276[3].
Durant lacroisade des Albigeois qui ravage le Languedoc, l'évêque d'Albi, Guillaume V de Pierre de Brens accueille les croisés et évite à sa ville les combats. La paix revenue, le pouvoir en ville est détenu conjointement par l'évêque et le vicomte d'Albigeois, en l'occurrence le roi de France Louis IX. L'éloignement du souverain permet aux évêques de prendre une importance politique croissante. Le travail deSicard Alaman, gestionnaire des biens du comte de Toulouse, produit un redressement économique important : création des premièresbastides en 1222 et développement du commerce, en particulier du vin deGaillac vers Bordeaux.
L'évêqueDurand de Beaucaire décide de construire lepalais de la Berbie, nouvelle résidence épiscopale et siège du tribunal de l'Inquisition. Il restaure également l'ancienne cathédrale romane en pierre. Son successeur,Bernard de Combret, continue son œuvre, mais le pouvoir grandissant des évêques conduit les habitants d'Albi à s'allier au roi contre leur évêque. Combret entreprend la fortification du palais de la Berbie autour d'une cour close[4].
Le lendemain de son arrivée à Albi, le nouvel évêque décide la construction d'une nouvelle cathédrale de brique : lacathédrale Sainte-Cécile.
Il favorise l'édification du couvent desdominicains. Il mena deux séries de procès d'Inquisition contre les hérétiques de son diocèse, en 1286-1287 puis en 1299-1300. Son intransigeance, aussi bien dans le gouvernement temporel qu'au spirituel, fit de lui un archétype de l'évêque théocrate duXIIIe siècle. Le gouvernement de Castanet rencontra une forte opposition de la part des bourgeois d'Albi. Ces derniers, en compagnie de notables deCastres, deCordes, deCarcassonne et deLimoux, se lancèrent à partir de 1300 dans un mouvement anti-inquisitorial emmené par le frère mineurBernard Délicieux. En 1302, ces contestataires obtinrent du roi de FrancePhilippe le Bel l'infliction d'une forte amende à Bernard de Castanet, suivie de la mise sous séquestre royal du temporel épiscopal. Castanet dut alors quitter Albi, qui se trouvait en état d'insurrection contre son pouvoir (et contre les dominicains du lieu - le prieur local était alors le célèbreBernard Gui). Dès 1304, cependant, le roi de France retira son appui au mouvement anti-inquisitorial et l'agitation retomba.
Les opposants albigeois à Castanet ne désarmèrent pas pour autant. En 1307, deux chanoines de la cathédrale d'Albi obtinrent du papeClément V le déclenchement d'une enquête judiciaire contre l'évêque, qu'ils accusaient de multiples homicides (notamment par empoisonnement), de négligence pastorale, desimonie, de dilapidation, d'irrégularités et de cruautés systématiques dans l'exercice de la justice, enfin d'incontinence. Après l'audition à Albi de 114 témoins (presque tous à charge), le pape n'émit pas de sentence. Mais il pénalisa l'évêque implicitement en le transférant au siège duPuy-en-Velay, moins prestigieux, à l'été 1308[5].
Après l'avènement du papeJean XXII, ancien ami de Castanet, en 1316, l'évêque rentra en faveur à la Curie. Il fut nommécardinal-évêque de Porto lors duconsistoire du.
Il meurt le 14 août 1317 à Avignon. Il fut enterré dans lacathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon, dans une chapelle qui accueillit plus tard le tombeau de Jean XXII.