| Nom de naissance | Bernard-Henri Georges Lévy |
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| Alias | BHL |
| Naissance | (77 ans) Béni Saf (Algérie française) |
| Activité principale | |
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| Langue d’écriture | Français |
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| Mouvement | Nouveaux philosophes |
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Œuvres principales
Bernard-Henri Lévy, souvent désigné par ses initialesBHL, né le àBéni Saf (Algérie française), est unécrivain,philosophe,cinéaste,homme d'affaires etchroniqueurfrançais.
À partir de la parution de son premier essai,La Barbarie à visage humain en 1977, il est une figure influente de la scène politique et médiatique française, à travers son implication dans de nombreux sujets politiques.
Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur lajudaïté, l'identité, lesionisme, les intégrismes religieux, l'art, l'antisémitisme, l'espritbaudelairien, dont il se réclame, lesÉtats-Unis et l’intervention militaire de 2011 en Libye, lors de laquelle il apparaît comme une figure active prééminente sur la scène internationale, tout comme lors desguerres de Yougoslavie et l'intervention russe en Ukraine.
Personnage controversé, il fait l'objet de très nombreuses critiques.
Bernard-Henri Lévy est issu d'une famillejuiveséfarade d'Algérie[1].
L'un de ses arrière-grands-pères maternels était lerabbin de la ville deTlemcen, à l'ouest du pays. Son père, André Lévy (1920-1995), est originaire deMascara et, à18 ans, s'engage pour la défense de l'Espagne républicaine[BHL 1] avant de combattre au sein du2e bataillon de marche, sous les ordres du généralDiego Brosset. Sa mère est née Dina Siboni. Il a un frère, Philippe, et une sœur[2],Véronique,convertie au catholicisme[iBHL 1],baptisée le[2] et auteur du livreMontre-moi ton visage[3]. Après avoir passé plusieurs années auMaroc, alorsprotectorat français, sa famille s'installe en France, àNeuilly-sur-Seine, en 1954.
En 1946, son père s'installe àCasablanca dans le quartier d'Anfa[4] et fonde au Maroc[5] la Becob, une société d’importation debois précieux africains et derésineux (deFinlande, d'URSS ou deRoumanie)[6] ; sa mère vend ses parts à la société Pinault Bois et Matériaux, filiale au groupePinault-Printemps-Redoute, qui devient plus tardKering[7] en 1997 pour 750 millions defrancs français[8],[9]. Après la vente de l'entreprise, Bernard-Henri Lévy est restéactionnaire et administrateur de plusieurs sociétés. Il est à la tête de lasociété civile immobilière Finatrois. Ancien actionnaire de la société deproduction de cinéma Les Films du lendemain, il a cédé ses parts dans cette société pour un euro symbolique, au début de l'année 2013, à sa présidente,Kristina Larsen[10]. Il garde de cette époque une amitié avecClaude Berda[4]. En 1996, le magazine économiqueChallenges classe la famille Lévy comme187e plus grosse fortune française avec455 millions de francs[11].
Enseptembre 1974, il a une fille de sa première union avec lemannequin Isabelle Doutreluigne (1949-2004) :Justine Lévy. Ils divorcent en 1974. Après s'être rendue coupable de cambriolages pour financer sonaddiction à l'héroïne, Isabelle Doutreluigne est incarcérée et ne reprendra pas la garde de sa fille[4].
Le 9 mai 1980, il épouse Sylvie Bouscasse, éditrice.François Mitterrand est témoin de mariage[12]. De leur union naît la même année un fils prénomméAntonin-Balthazar-Solal[BHL 2]. Ils divorcent quelques années plus tard, en 1988[13].
Le, il épouse l'actriceArielle Dombasle àSaint-Paul-de-Vence, un an après qu'elle eut joué authéâtre de l'Atelier sa pièceLe Jugement dernier[14],[15].
En, dans le magazineHarper's Bazaar, l'artiste millionnaireDaphne Guinness, riche héritière dubrasseur irlandais, révèle une relation de cinq ans avec Bernard-Henri Lévy, après qu'ils ont été surpris àNice en par despaparazzi[16]. Il écrit pour elle le dialogue du personnage qu'elle joue dans le filmThe Legend of Lady White Snake[17]. La liaison prend fin en 2013[18].
Il fait ses études secondaires aulycée Pasteur de Neuilly[19], puis deux années de classes préparatoires aulycée Louis-le-Grand[20]. Elève de l'Ecole normale supérieure (1968L)[21], il est reçu8e à l’agrégation de philosophie[22] en 1971.
Il fait partie jusqu’en 1976 des conseillers deFrançois Mitterrand au sein du « Groupe des Experts » où il siège en compagnie de personnalités politiques commeMichel Rocard,Laurent Fabius ouÉdith Cresson.François Mitterrand évoque le jeune Bernard-Henri Lévy en ces termes dans son livreL'Abeille et l'Architecte[23] :
« J’ai connu Bernard-Henri Lévy alors qu’il venait d’entrer à Normale supérieure. Je me flatte d’avoir pressenti en ce jeune homme grave le grand écrivain qu’il sera. Un danger le guette : la mode. Mais la souffrance, amie des forts, le sauvera. Tout l’y prépare. Je ne m’inquiète pas de ce goût de plaire qui l’habite et l’entraîne aujourd’hui hors de son territoire. Quand il s’apercevra qu’il possède en lui-même ce qu’il cherche il reviendra à sa rencontre. Le voudrait-il qu’il n’échapperait pas au feu qui le brûle. Il a déjà dans le regard, ce dandy, de la cendre. Peut-être me trompé-je, peut-être cédera-t-il aux séductions du siècle au-delà du temps qu’il faut leur accorder. J’en serais triste. J’accepte qu’il dépense encore beaucoup d’orgueil avant de l’appeler vanité. J’ai apporté de France avec moiLa Barbarie à visage humain que j’annote pour mes chroniques. C’est, à l’image de son auteur, un livre superbe et naïf. Superbe par le verbe, le rythme intérieur, l’amère certitude qu’il n’est qu’incertitude. Naïf par l’objet de sa quête, qui le fuit dès qu’il en approche. […] Bernard-Henri Lévy, caressé, adulé, propulsé, trituré par les médias, adieu sourire de connivence, geste ailé d’une main amie, adieu langage à demi-mot ? Non, au revoir. »
La controverse, ouverte parGilles Deleuze lors de la sortie deLa Barbarie à visage humain, reprend avec plus d’ampleur avec la sortie duTestament de Dieu.
La critique des erreurs historiques par l'historienPierre Vidal-Naquet sert au philosopheCornelius Castoriadis pour relever « l'imposture » philosophique du « nouveau philosophe » proclamé tel par le numéro « historique » desNouvelles littéraires. Castoriadis dénonce dansLe Testament de Dieu des objectifs inhérents au souci du profit financier et de l’intérêt personnel :
« Que l’industrie des médias fasse son profit comme elle peut, c’est, dans le système institué, logique : son affaire, c’est les affaires. Qu’elle trouve des scribes sans scrupule pour jouer ce jeu n’est pas étonnant non plus. Mais tout cela a encore une autre condition de possibilité : l’attitude du public. Les « auteurs » et leurs promoteurs fabriquent et vendent de la camelote. Mais le public l’achète — et n’y voit que de la camelote, desfast-foods. Loin de fournir un motif de consolation, cela traduit une dégradation catastrophique, et qui risque de devenir irréversible, de la relation du public à l’écrit. Plus les gens lisent, moins ils lisent. Ils lisent les livres qu’on leur présente comme « philosophiques » comme ils lisent les romans policiers. En un sens, certes, ils n’ont pas tort. Mais, en un autre sens, ils désapprennent à lire, à réfléchir, à critiquer. Ils se mettent simplement au courant, comme l’écrivaitL’Obs il y a quelques semaines, du « débat le plus chic de la saison »[24]. »
L'historienGérard Noiriel voit en eux « des philosophes possédant les titres requis pour pouvoir être considérés comme des « penseurs » (normaliens et agrégés de philosophie), mais [qui sont] davantage attirés par le journalisme que par la recherche, [qui] se lancent dans la publication d'essais grand public qui rencontrent d'emblée un fort succès dans les médias »[25]. Il estime que« ce n'est évidemment pas la profondeur de leur pensée qui explique [leur] succès médiatique [mais le] fait que les thèsesanticommunistes qu'ils défendent sont en phase avec les discours dominants »[26].
L'historienFrançois Cusset observe que« l'opération s'apparente à une mise au pas du champ intellectuel. Car Lévy semble plus hargneux envers l'« idéologie du désir » deleuzo-guattarienne qu'à propos des camps soviétiques »[27].
Le philosophe Bruno Jeanmart et le journalisteRichard Labévière ont écrit en 2007Bernard-Henri Lévy ou la règle du Je, un ouvrage destiné à justifier, auprès des étudiants, l'absence de Bernard-Henri Lévy dans le programme de l'agrégation de philosophie. À la suite de l'analyse de ses œuvres, ils y dénoncent l'absence deconcepts, outils de base dans la démarche philosophique, et affirment qu'il aurait davantage un rôle d'essayiste que de philosophe et qu'« il n'y a pas de pensée chez ce penseur ».
En 1985, laCIA note dans l'un de ses rapports que l'influence de Bernard-Henri Lévy et des « nouveaux philosophes », devenus « des personnalités médiatiques à sensation » grâce aux « émissions de télévision et de radio à teneur intellectuelle dont les Français raffolent », avait contribué à gagner la bataille de l'opinion en France. Ce « climat » permettrait notamment de couvrir le soutien des États-Unis à desdictatures et groupes paramilitaires anti-communistes enAmérique centrale[28].
En 1991, il publie un essai en forme de dialogue fictif avec quelques-uns des grands écrivains et philosophes duXXe siècle, parmi lesquels Sartre et Aron[29], qui s'étaient unis en 1979 pour plaider la cause desBoat people.
Contre lapurification ethnique auKosovo et, surtout, contre l’islamisme radical, Lévy publie enLa pureté dangereuse chezGrasset. Son combat pour les intellectuels deBosnie-Herzégovine se poursuit et débouche sur la publication en du livreLe Lys et la Cendre, Journal d'un écrivain au temps de la guerre de Bosnie, dans la même maison.
En 1997, il réalise auMexique un film de fiction,Le Jour et la Nuit, mettant en scène son épouseArielle Dombasle, mais aussiAlain Delon,Lauren Bacall etKarl Zéro. Le scénario fut coécrit par Bernard-Henri Lévy etJean-Paul Enthoven. Ce film fut un fiasco retentissant tantcritique que public (73 147 entrées après deux mois d'exploitation), et demeure à ce jour sa seule tentative de cinéma de fiction. Face à cet échec, BHL regretta en particulier« d'avoir été mégalo » et d'avoir fait« trop grand, trop fort, trop beau, trop tout ». LesCahiers du cinéma l'ont qualifié de« plus mauvais film français depuis des décennies », et ont regretté que de l'argent ducinéma mexicain soit allé à ce film plutôt qu'à des cinéastes mexicains« qui auraient mieux su l'utiliser »[30]. Ce film est depuis régulièrement cité parmi les plus mauvais de l'histoire du cinéma[31], y compris à l'étranger.
En juin 2000, il collabore avec les philosophesAlain Finkielkraut etBenny Lévy, à l'Institut d'études lévinassiennes, àJérusalem, sur la pensée et l'œuvre du philosopheEmmanuel Levinas[32].
Son livreQui a tué Daniel Pearl ?, publié en 2003, est un « best-seller » selonLe Parisien, qui précise : « 129 200 exemplaires vendus en huit mois » en France[33].L'ouvrage remporte un succès auprès du public aussi bien qu'auprès de lacritique. « C’est rare et cela mérite d’être souligné, Bernard-Henri Lévy semble faire l’unanimité avec son dernier livreQui a tué Daniel Pearl ? », constate Bernie Stico dansFrance-Soir[34].
Le livre est cependant critiqué par des spécialistes commeWilliam Dalrymple pour ses erreurs factuelles, ainsi que pour le manque de rigueur et de compétences sur le sujet de son auteur[35].
Toutefois Ruth etJudea Pearl, les parents de Daniel Pearl, écrivent dans une réponse auLos Angeles Times, parue en octobre 2003, à propos de Bernard-Henri Lévy :« nous applaudissons son courage, sa sincérité et les risques personnels qu’il a pris en retraçant les pas et en produisant le premier livre d’investigation sur le meurtre de notre fils »[36]. Par ailleurs, laFondation Daniel Pearl, en association avec le Los Angeles Press Club, a attribué en mai 2023 le prix Daniel-Pearl à Bernard-Henri Lévy,« pour son courage et son intégrité dans le journalisme »[37].
Début 2006, il publie aux éditions américainesRandom House son livre sur lesÉtats-Unis,American Vertigo, parution précédée d'une tournée de conférences dans ce pays. En France comme outre-Atlantique, l’ouvrage, à quelques exceptions près, est accueilli par une douche froide et décrit comme une enfilade declichés[38],[39].
En, BHL publie un livre sur leParti socialiste,Ce grand cadavre à la renverse (Grasset). L'auteur commence son ouvrage en indiquant queNicolas Sarkozy lui a demandé de le soutenir lors de ladernière élection présidentielle. BHL précise qu'il a refusé parce qu'il fait partie de lagauche, ce qui le conduit à définir la gauche tout en indiquant l'évolution dangereuse qui lui semble être la sienne. La gauche se définit, selon l'auteur, comme le courant politique auquel appartiennent ceux qui sontanticolonialistes, portent un jugement positif surMai 68, négatif surVichy et qui se reconnaissent dans le combat desdreyfusards. La gauche connaît une évolution qui la conduit, selon Bernard-Henri Lévy à devenirantiaméricaine de façon trop systématique, à se détourner de l'idée deliberté, à devenir complaisante à l'égard d'Al-Qaïda et duHamas, à cesser d'êtreuniversaliste ouinternationaliste, devenantchauvine[40]. Ses ennemis de gauche sont« tous suspects de fascisme, tous excommuniés ».[réf. nécessaire]Libération précise ironiquement « Évidemment, c'est un peu au bazooka »[41].
Depuis le début de l'année 2007, BHL est actionnaire[42] et membre du conseil de surveillance[43] du journalLibération.
Lors de laguerre d'Ossétie du Sud de 2008, BHL se rend enGéorgie en, publiant le récit de son voyage dans deux pages « Témoignages » duMonde[BHL 3].
Un article deRue89[44] montre que son témoignage est imprécis, notamment grâce à plusieurs témoignages (dont celui de l'eurodéputéeMarie-Anne Isler-Béguin). Son compagnon de voyage,Raphaël Glucksmann, le soutient vigoureusement dans un droit de réponse publié par Rue89[45], le.
En 2008, il prendra parti auprès du journalisteClaude Askolovitch et en opposition à l'humoristeGuy Bedos dans l'affaire Siné[46].
Lors de laguerre de Gaza de 2008-2009, BHL se rend enIsraël, publiant lerécit de son voyage dans leJDD[BHL 4]. Dans cet article, il constate que labande de Gaza,évacuée par Israël en 2005 et soumise depuis à unblocus humanitaire, est devenue non l'embryon de l'État palestinien tant espéré, mais« une base militaire avancée ». Il accuse ladésinformation du« village médiatique planétaire » en rappelant l'affaire du« génocide » deJénine où les500 victimes palestiniennes annoncées initialement dans la presse seront en définitive chiffrées à 52. Il conteste également la« rumeur » du blocus humanitaire, blocus pourtant confirmé par des organismes internationaux. Mais surtout il témoigne du réel désir de paix de responsables israéliens et palestiniens en particulierEhud Olmert etMoustafa Barghouti. Ce témoignage sera qualifié parAcrimed de « tract de propagande »[47].
À partir de 2009, il s'engage très activement dans la campagne qui réunit nombre de politiciens et intellectuels de la gauche française protestant contre l'extradition de l'ancien terroriste italien d'extrême gaucheCesare Battisti condamné pour quatre homicides dans la péninsule[48],[49]. Il soutient alors que l'activitiste a été « accablé par un repenti ayant négocié l’absolution de ses crimes contre un témoignage »[50]. En 2019, Battisti reconnaîtra avoir participé à deux assassinats et en avoir commandité deux autres[50].
Le, Bernard-Henri Lévy apporte son soutien àRoman Polanski, réalisateur arrêté le àZurich enSuisse pourviol sur mineure en 1977. BHL, selon ses propos, considérait que c'était un scandale d’arrêter un homme plus de trente ans après les faits, que cela n'avait pas de sens. Il fait d'ailleurs signer une pétition sur son site[BHL 5],[51].
Dans son ouvrageDe la guerre en philosophie paru en, il cite les réflexions du philosopheJean-Baptiste Botul, alors que celui-ci est un personnage fictif inventé par le journalisteFrédéric Pagès[52]. Ce dernier évoque un« grave accident philosophique qui pourrait compromettre la suite de sa carrière » mais constate toutefois que « même pris en flagrant délit de lecture hâtive ou de fiche mal digérée, [BHL] est fêté par les télés, choyé par les radios, encensé par les journaux »[53]. L'affaire est révélée parAude Lancelin dansl'Obs[52]. BHL est la risée de la presse étrangère, mais défendue parSégolène Royal dansLe Monde[54].
L'Express rapporte par ailleurs fin que« Les chiffres des ventes des deux ouvrages de Bernard-Henri LévyDe la guerre en philosophie etPièces d'identité (Grasset), vendus respectivementà 5 500 et 3 500 exemplaires en un mois et demi, malgré un lancement médiatique sans précédent, sont d'autant plus bas qu'on peut les comparer aux récentsbest-sellers de ses « rivaux »Alain Finkielkraut etAlain Badiou, qui ont largement dépassé les 50 000 exemplaires »[55]. DansPièces d'identité, il combat lessouverainetés nationales et incite les politiciens à embrasser laloi du marché et lamondialisation, arguant que « l'anti-américanisme est une métaphore de l'antisémitisme ». Au nom de l'idée du « juif d'affirmation », il incite également les Juifs au repli communautaire tout en fustigeant lesJuifs assimilés.
Le, dans un article du journalLibération, il déclare que« Mein Kampf est un best-seller enTurquie » et défend l'attaque israélienne du 31 mai 2010 contredes navires transportant de l'aide humanitaire versGaza[56],[57].
En 2011, il crée leprix Saint-Germain qui ne durera que deux ans.
Le, il apporte publiquement son soutien àDominique Strauss-Kahn, qui venait d'êtreaccusé de viol sur une employée d'hôtel[58]. Il soutient ensuiteMartine Aubry à laprimaire socialiste[59]. Toujours en, Bernard-Henri Lévy est accusé avecAlexandre Adler,Caroline Fourest et quelques autres, d'être unintellectuel faussaire, selon le titre du livre dePascal Boniface, qui consacre un chapitre à ce qu'il considère être les « multiples mensonges, contre-vérités » de ce dernier[60].
Le paraît son livreLa guerre sans l'aimer (éditions Grasset), la chronique d'un écrivain et philosophe, devenu activiste et émancipateur d'un peuple, au cœur du « printemps libyen »[61]. Il affirme le s'être engagé enLibye en tant que juif etsioniste :« J'ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël »[62],[63].
En, la revue américaineForeign Policy publie son classement des100 personnalités les plus influentes au monde et Bernard-Henri Lévy figure, dans ce classement, à la22e place[64].
Le, il présente auFestival de Cannes en sélection officielle, son film documentairele Serment de Tobrouk sur laguerre en Libye qui mit fin au régime deMouammar Kadhafi, projeté en séance spéciale et qui sera distribué auxÉtats-Unis parHarvey Weinstein[65]. La réception critique est négative parlant de « documentaire de propagande empreint d’autoglorification »[66] et soulignant le « narcissisme » de l'auteur[67]. Le nombre d'entrées en salles est très faible.
Dans l'expositionLes aventures de la vérité (en écho auxAventures de la liberté), divisée en sept « séquences faisant référence aux stations de laVia Dolorosa à,Jérusalem » :La Fatalité des ombres,Technique du coup d'état,La Voie Royale,Contre-Être,Tombeau de la philosophie,La revanche de Platon etPlastèmes et philosophèmes, il réunit126 œuvres autour de laphilosophie[68] en collaboration avec laFondation Maeght[BHL 6],[69],[70].
DansLa Règle du jeu[71], revue qu'il a fondée et qu'il dirige, BHL fait l'objet d'une critique élogieuse deBaptiste Rossi ; dansLe Point,Nathalie Rheims titre : « BHL, le Magnifique », en référence au livreGatsby le Magnifique deF. Scott Fitzgerald[72]. Cependant, dansRue89, le journaliste Laurent Calixte lui répond ironiquement :« Madame Rheims, vous n'appréciez Bernard Henri Lévy, ce n’est pas une raison pour nous infliger ce pamphlet ironique faussement flatteur et entièrement rédigé au second degré ! Toujours les mêmes moqueries sur sa « chemise blanche ouverte » ; toujours des phrases faussement emphatiques comme « Lui sait jusqu’où les hommes sont allés », toujours ces compliments qui font penser à ceux qu’on adressait àKim Il-sung en Corée du Nord : « Il a cette capacité, cette hauteur de vue et aujourd’hui, peut-être un peu plus, cette sagesse, qui permettent à la pensée de ne pas disparaître complètement dans un monde qui pourrait facilement plonger dans l’obscurité »[73], alors queLe Figaro évoque un « Jeff Koons de la philosophie » […]« général (qui) évoquerait ses prises à l'ennemi » critiquant le« panurgisme dans l'art »[74].
Le, BHL est nommécitoyen d'honneur deSarajevo pour ses prises de position pendant laguerre de Bosnie-Herzégovine de 1992-1995[75].
En, BHL décide de reprendre lethéâtre en lançant tambour battant sa pièceHôtel Europe auThéâtre de l'Atelier, avecJacques Weber dans l'unique rôle. Très commentée dans les médias, la pièce reçoit la visite deManuel Valls,François Hollande etNicolas Sarkozy, ainsi que les éloges de ce dernier[76]. La pièce est cependant jugée sévèrement par la critique : ainsi, dansLe Monde, Fabienne Darge souligne « la pauvreté de l'écriture », son « simplisme dénonciateur », sa « mise en scène indigente » et conclut en« se demandant comment la surface médiatique de certains personnages de notre petite comédie intellectuelle française peut être à ce point inversement proportionnelle à leur talent »[77]. Le public ne suit pas, et la pièce est déprogrammée dès le au lieu du[78].

En 2014, il estime que « Nicolas Sarkozy serait le meilleur rempart auFN », et que « son retour ferait du bien à la France »[59].
Le, il prononce un discours contre l'antisémitisme à la tribune de l'ONU, concluant son propos par : « Un monde sans Juifs, non, ne serait plus un monde »[79].
En juin 2016,Peshmerga, sonfilm-documentaire de guerre sort, après avoir été programmé en sélection officielle par leFestival de Cannes. Tourné de juillet à décembre 2015 sur la ligne de front opposant les combattantskurdes, lesPeshmergas, au groupedjihadisteDaech[80], le film présente, selonLe Monde, comme dans ses films précédents une vision du conflit « en noir et blanc » avec « d’un côté, les bons (les Bosniaques, les rebelles libyens, etc.), de l’autre, les méchants (les Serbes, Kadhafi…) »[81].
Le 29 septembre 2016, Bernard-Henri Lévy représente le PrésidentFrançois Hollande aux commémorations dumassacre de Babi Yar enUkraine, l’une des pires tragédies de laShoah par balles : en 2 jours, les 29 et 30septembre 1941, 34 000 Juifs furent assassinés par lesnazis sur ce lieu-dit, un ravin près deKiev[BHL 7].
En 2016, il se trompe deux fois en prévoyant successivement l'échec duBrexit et la défaite deDonald Trump[82].
Lors de lacampagne présidentielle de 2017, après avoir en vain souhaité que François Hollande se représente[59], Bernard Henri-Lévy annonce son soutien àEmmanuel Macron, affirmant qu'en dépit de ses réserves, ce dernier lui apparaît comme« le meilleur moyen d’écarter ceux qui, dans la hargne ou l’amertume, naufragent la République ou ajournent le moment du sursaut »[83].
Le il reçoit le titre dedocteurhonoris causa de la part de l'université Bar Ilan pour « plus de 40 ans de contribution influente au peuple juif et à sa nation »[84],[85]. L'université Bar Ilan fait ainsi suite à celles deTel Aviv et deJérusalem, qui lui ont donné le titre en 2002 et 2008, respectivement[86],[87],[88].
Le 5 novembre 2018, Bernard-Henri Lévy joue seul en scène àNew York, en avant-première, lors d’une unique représentation, sa pièceLooking for Europe, unplaidoyer pour la démocratie contre lespopulismes, selon lui. Le 12 octobre précédent, lePublic Theater de New York, où se joue la pièce, a annoncé une vente « sold out » en une heure pour la représentation de Bernard-Henri Lévy[89]. Le 6 novembre,Valeurs actuelles et20 Minutes affirment que BHL, pour faire la promotion de sa pièce, atweeté des propos louangeurs qu'il a attribue au journalThe New Yorker alors qu'il s'agissait de propos qu'il avait lui-même tenus[90],[91].
Le 25 janvier 2019, paraît dansLibération, le « Manifeste des patriotes européens » lancé par Lévy. Trente écrivains internationaux, dont plusieursPrix Nobel, ont répondu à son appel afin de« tirer la sonnette d'alarme sur la montée des dangers qui menacent l'Europe »[92].
Lévy entreprend une tournée théâtrale, du 6 mars au 22 mai 2019, dans une vingtaine de métropoles européennes (Milan,Barcelone,Amsterdam,Kiev,Prague,Budapest, etc.) pour présenterLooking for Europe. « Looking for Europe a marqué le débat para-électoral de ces dernières semaines », affirme Alexis Lacroix dansL'Express, faisant référence auxélections européennes de 2019[93]. Dans sa pièce, BHL joue le rôle d'unintellectuel qui se prépare à faire un discours sur la paix. Il y défend l'Union européenne, et finit par unetirade où il plaide « l’élection au suffrage universel direct d’un président des États-Unis d’Europe »[94],[95],[96]. Durant son périple dans les villes où la pièce s'est jouée,Looking for Europe a donné lieu à des débats entre Lévy et des dirigeants politiques à propos de l'avenir de l’Europe ; notamment àVienne (Autriche), un débat avecSebastian Kurz, le chancelier autrichien ; àAthènes avecAlexis Tsipras, le Premier ministre grec ; à Kiev avecPetro Porochenko, le président ukrainien ; à Budapest, avecViktor Orban, le Premier ministre hongrois[97].
Enfin, le 21 mai 2019,Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée Lévy avec des intellectuels signataires du « Manifeste des patriotes européens ». Parmi eux : l’ItalienClaudio Magris, l’EspagnolFernando Savater, l’AllemandPeter Schneider, le PolonaisAdam Zagajewski[98].
SelonAcrimed, la pièce bénéficie « d’une couverture médiatique généreuse »[99]. Par exemple,Anna Cabana dansLe Journal du dimanche souligne la qualité artistique de la pièce de Lévy et déclare : « On n’aurait pas dit qu’un jour BHL nous émouvrait. […] On le connaissait étincelant, engagé pour de vrai, le panache généreux. Mais jamais on ne l’avait trouvé touchant[100]. » C'est « une flamboyante campagne contre les populismes », signaleRoger-Pol Droit dansLes Échos[101]. « À mi-parcours, tout s’est bien déroulé », selon Sylvain Courage dansL'Obs, « les salles sont remplies de sympathie[102] ». Lorsque la tournée s’achève à Paris, auThéâtre Antoine, le 22 mai, Agathe Godard dansParis Match constate : « BHL fait un triomphe[103]. » Acrimed estime cependant que le succès de BHL est « mitigé », notant par exemple que deux représentations ont été annulées en Suisse, àGenève et àLausanne, faute de public[99].Pascal Boniface, dans sonblog surMediapart, juge queLooking for Europe suscite rire ou indignation des « critiques prenant leur travail au sérieux » et « indifférence totale du public »[104].

En juin 2020, paraît chezGrasset un essai à propos de lapandémie du coronavirus intituléCe virus qui rend fou, dont il est dit que« Bernard-Henri Lévy s'essaie ici, en philosophe, à un bilan d'étape sur cette Première Peur mondiale qui a produit un réel plus invraisemblable que la fiction »[BHL 8].
Le 5 mai 2021, il publie, toujours aux éditions Grasset,Sur la route des hommes sans nom[BHL 9], basé sur ses nombreux reportages en zone de guerre, et défendant l'Internationalisme[105],[106],[107].
En septembre 2021, il est débouté de son recours contre le médiaBlast. L'essayiste réclamait la suppression d'un article selon lequel leQatar lui aurait versé 9,1 millions d'euros pour promouvoir la guerre en Libye. Il fait appel de ce jugement[108],[109]. En appel, l'article est jugédiffamatoire mais il n'y a pas de condamnation car le journal est jugé de bonne foi et l'article prudent : il n'affirme pas que le document est authentique, ni que BHL aurait effectivement touché cette somme[110].
En 2022 et 2023, il réalise avecMarc Roussel une série de trois documentaires consacrés à laguerre en Ukraine :Pourquoi l'Ukraine,Slava Ukraini etL'Ukraine au cœur[111].
En mars 2024, il publieSolitude d'Israël, un plaidoyer pour Israël dans sa lutte contre leHamas, un livre qui fait suite àL'Esprit du judaïsme et àL’Empire et les cinq rois.
Le 8 janvier 2025, il publie le récitNuit blanche aux éditions Grasset[112].Claire Gatinois, une journaliste duMonde, signale qu'il évoque notamment dans ce livre ses échanges« avec un autre illustre insomniaque »,Emmanuel Macron[113].Précision de la journaliste :« De ces insomnies partagées entre le président de la République et le philosophe naît une correspondance surTelegram, peut-être même une influence ». En effet, poursuit la journaliste,« par l’un de ces textos nocturnes, Bernard-Henri Lévy suggère au chef de l’État, quelques semaines après l’attentat du 7 octobre en Israël, de bâtir une coalition anti-Hamas sur le même modèle que celle visant l’organisation État islamique »[113].
En faisant lui-même allusion à cet incident dansNuit blanche, Lévy écrit :« Les gens se font des films. Ils imaginent des conciliabules. Des visiteurs du soir. Des rapprochements idéologiques programmés. Alors qu’on est juste des frères en insomnie qui n’ont rien de mieux à faire, à partir d’une certaine heure, que d’échanger sur Telegram ». BHL relativise ainsi l’incident note la journaliste duMonde[113].
Le 13 mai 2025, il présente au Festival de Cannes son quatrième film documentaire sur l'Ukraine, co-réalisé avec Marc Roussel,Notre Guerre[114],[115], diffusé le 29 juin sur France 5[116]. En juin 2025, il signe, aux côtés deSalman Rushdie,Sean Penn,Charlotte Gainsbourg ou encoreSting, un appel pour sauver les enfants d’Ukraine déportés en Russie[117].
Le 23 juin 2025 sur le plateau du Grand Oral des GGMO surI24News, il qualifie Israël« d'emblème de l'anticolonialisme »[118]. En septembre 2025, il fait partie des signataires d'une tribune publiée dansLe Figaro demandant àEmmanuel Macron de ne pasreconnaître d'État palestinien sans conditions préalables[119],[120].
Il est l’un des fondateurs de l’associationAction contre la faim en 1979[121],[122].
En 1985, il signe une pétition, parue dans le journalLe Monde, qui demandait auCongrès des États-Unis de reconduire l’aide américaine auxContras[123].
En 2009, la revue américaineForeign Policy lui attribue la31e place des personnages les plus influents au monde, notamment devantDominique Strauss-Kahn (33e),Esther Duflo (41e) etJacques Attali (86e)[124].
Le, il soutient activement la position française au sujet de larévolution libyenne, et appuieNicolas Sarkozy sur la décision d'instaurer unezone d'exclusion aérienne au-dessus de laLibye[125]. Il se rend à plusieurs reprises en Libye pour soutenir les rebelles face aux forces deMouammar Kadhafi. À la suite de laprise de Tripoli par les rebelles, en, il déclare que« c'est une victoire, car Sarkozy a réalisé en Libye ce que Mitterrand n'avait pas fait en Bosnie »[126].Natalie Nougayrède duMonde commenta :
« Pour le philosophe, âgé de63 ans, l'aventure libyenne est l'accomplissement de toute une vie. Il tient enfin le grand roman de la liberté. Après le calvaire de Sarajevo, après l'annulation de la visite de l'Afghan Massoud à Paris, après la non-ingérence armée au Darfour : la Libye, opération réussie ! BHL, en nouveau Byron romantique, s'est vu en émancipateur d'un peuple. En toute sincérité. BHL, porte-étendard libyen[127]. »
L'intellectuelJean-François Kahn condamnera par la suite sévèrement le rôle joué par BHL dans la crise libyenne. Il affirme notamment que : « BHL nous a entraînés dans la guerre en Libye dont nous payons aujourd'hui les conséquences, notamment auMali. Nous attendons toujours son autocritique »[128].
Le, Bernard-Henri Lévy se retrouve bloqué plus de quatre heures à l'aéroport de Tunis-Carthage en raison d'une manifestation contre sa venue. Plusieurs dizaines deTunisiens sont venus l'accueillir à sa descente d'avion aux cris de« BHL Dégage ! » et « Non aux intérêts sionistes en Tunisie. » Les manifestants lui reprochent son intervention en Libye qui aurait semé le chaos dans la région et son soutien inconditionnel à Israël ; ils l'accusent de« haine contre les Arabes et les musulmans »[129],[130].
Le, il conduit une délégation de combattants kurdes aupalais de l'Élysée, pour y rencontrer le présidentFrançois Hollande et le ministre de la Défense,Jean-Yves Le Drian. Il organise le même jour un rassemblement de soutien auxKurdes, au cinémaLe Saint-Germain-des-Près[131],[Note 1].
En 2022, il prend position lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en affirmant que« Vladimir Poutine est un terroriste d’État » qui doit être« jugé devant un tribunal pénal international »[132], rappelant ses prises de positions lors de la Guerre àSarajevo en 1992 ; il est de nouveau victime de moqueries sur la base de fausses accusations etphotomontages[133].
En février 2025, le journalLibération affirme que Bernard-Henri Lévy est toujours« le cauchemar des diplomates » et le désigne comme« l’éminence grise d'Emmanuel Macron ». Le philosophe a notamment poussé le Président à se déclarer favorable à l’envoi de troupes françaises au sol enUkraine[134].
En 2004, la fortune de Bernard-Henri Lévy s’élève officiellement à 150 millions d'euros[135].Propriétaire de sept sociétés degestion de patrimoine, immobilières et financières, sa fortune provient essentiellement de l'héritage de ses parents : au décès de son père André Lévy en 1995, son entreprise la Becob (société d'import-export debois exotiques) réalise alors 450 millions d’euros dechiffre d’affaires, et Bernard-Henri en est déjà vice-président duconseil de surveillance. Deux ans plus tard, la famille Lévy cède les 76,9 % qu’elle détient dans la Becob à Pinault Bois et Matériaux, une filiale du groupe PPR (devenu aujourd’huiKering), pour 49 millions d'euros, montant versé à laholding familiale« Finadeux » répartie entre les trois enfants d'André Lévy, rapidement absorbée par la nouvelle holding Finaquatre puis une autre baptisée BPL Finances (sigle pour Bernard et Philippe Lévy), qui fait l'objet d'opérations financières complexes[7].
Cette fortune a été complétée au fil des années par desplacements boursiers[135], facilités par son intimité avec les grandes fortunes duCAC 40. Ses placements les plus notables comportent notamment Jaber’s Negoce (une société qui exporte sucre, farine ou riz vers l’Afrique), Sanotech (une chaîne de salles de sports à l’enseigne Bodyhit), les Éditions Darré (société d'unstyliste proche d'Arielle Dombasle), ou encore le quotidienLibération[7].
En 2001, Bernard-Henri Lévy crée une nouvelle société aux initiales de son père, AL Industries, pour investir dans le rachat dePicard Surgelés aux côtés de divers fonds d'investissements, lui permettant d'empocher uneplus-value de 2,3 millions d’euros dedividendes[7]. En 1993, il crée« les Films du lendemain », une société deproduction cinématographique détenue pour moitié par la famille Levy etArtémis (holding de la famille Pinault), et qui a principalement servi à produire les films de son propriétaire, avant de déposer le bilan en 2012. En 2004, il crée avec Matthieu Tarot (lemanager et producteur d’Arielle Dombasle) deuxmaisons de disques baptisées Tempest Music, destinées à produire les disques de son épouse, et qui seront liquidées quelques années plus tard[7].
Bernard-Henri Lévy est aussi un amateur d'immobilier. Son appartement parisien dans lequartier Saint-Germain est valorisé à 5,4 millions d’euros dans sa déclaration d’ISF pour 2009 ; cependant, lors d’un contrôle, lefisc estime que celui-ci vaut au moins 6,2 millions d’euros, et inflige unredressement fiscal à l'écrivain (l'appartement sera finalement revendu 7,1 millions d'euros en 2010, BHL ayant entre-temps acquis un autrepied-à-terre dans le quartier, et un second dans le quartier de l'Élysée)[7]. En 1998, BHL rachète à son amiAlain Delon leriad du« palais de la Zahia » pour 2 millions d’euros. Il acquiert ensuite une villa àSaint-Paul-de-Vence en 2002, qu'il revend en 2014 pour 4 millions d’euros. ATanger, il rachète en 2000 un palaismaure de 620 m2, qu'il fait redécorer parAndrée Putman[7].
En 2017, estimant avoir « trop de maisons dans le monde » et insuffisamment de temps à y passer, il se résout à vendre l'une de sesvillas à Tanger pour 6 millions d'euros[136],[137].
Bernard-Henri Lévy est proche de nombreuses autres grandes fortunes françaises, commeLiliane Bettencourt (qui fut présente à son mariage),Jean-Luc Lagardère (dont il prononça l’éloge funèbre[138],[139]),François Pinault (qui racheta l'entreprise familiale),Alain Minc,Jean-Baptiste Descroix-Vernier,Xavier Niel,Pierre Bergé,Françoise Bettencourt,Maurice Levy,Serge Weinberg,François Henrot ou encoreAnne Méaux[7].
BHL est présenté par certains journalistes et philosophes comme unimposteurintellectuel[140]. Ses détracteurs estiment que sa réussite ne serait due qu'à unréseau de connaissances bien organisé[141]. Pour le journalistePierre Assouline, les réseaux de BHL sont « sa plus belle réussite »[142].
Dans l'ouvrageLes intellectuels faussaires (éditions JC Gawsewitch, mai 2011),Pascal Boniface écrit :« En tête de liste, il y a l’influent Bernard-Henri Lévy, alias BHL le « seigneur et maître des faussaires », dont le « moralisme se mue enmaccarthysme », redoutable dans l’art d’exercer le « terrorisme intellectuel », alors même que ses fiascos retentissants disqualifieraient sur-le-champ bien moins omnipotent que lui ».
« Il m'est arrivé d'être amusé ou irrité, comme d'autres, par le comportement de BHL, par le mélange des genres savamment entretenu. Correspondant de guerre le lundi enBosnie, regard sombre. Mariage princier àSaint-Paul-de-Vence, le dimanche, regard glamour. Tribune enflammée sur leDarfour, le mardi, dansLe Monde, et pages people en bonne compagnie, cheveux au vent, le jeudi, dansParis Match. TantôtMalraux, tantôtDelon. Et souvent « moi je ». Mais aussi « moi l'Autre ». Il serait malhonnête d'occulter cet engagement, cette main tendue à l'Autre, ce risque physique mis au service de l'Autre. »
— Blessures,Paul Amar, 2014
En 2014,Les Inrockuptibles note :« Si la posture d’intellectuel ultra médiatique etmoraliste de BHL a très vite suscité l’animosité,Internet a considérablement amplifié le phénomène en rendant visibles toutes les petites et grandes humiliations qu’a connues le philosophe »[143].
En juillet 2017, le journalLe Monde diplomatique a mis en ligne à disposition gratuite du public son fonds d'archives consacré à Bernard-Henri Lévy[140]. L'associationAcrimed tient également à jour un volumineux dossier critique sur le philosophe[144].
À l'occasion de la sortie deLaBarbarie à visage humain, le philosopheGilles Deleuze portait un jugement négatif sur l'œuvre du jeune écrivain, qui se serait livré à des rapprochements hâtifs, parfois « ignobles »[145]. Plus généralement, à propos desnouveaux philosophes, Deleuze écrit :
« Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides »[145].
La prise de liberté avec la vérité et les faits inspire un reproche formulé par exemple par l’historienPierre Vidal-Naquet[24] et par le philosopheCornelius Castoriadis à propos de son livreLe Testament de Dieu, publié en1978. BHL y citait, par exemple, le témoignage auxprocès de Nuremberg deHeinrich Himmler, alors que celui-ci s'était suicidé lors de sa capture[24]. Dans un article duNouvel Observateur daté du 9 juillet 1979, Cornelius Castoriadis, admettant sa perplexité devant le « phénomène BHL », écrivait : « Sous quelles conditions sociologiques et anthropologiques, dans un pays de vieille et grande culture, un « auteur » peut-il se permettre d’écrire n’importe quoi, la « critique » le porter aux nues, le public le suivre docilement — et ceux qui dévoilent l’imposture, sans nullement être réduits au silence ou emprisonnés, n’avoir aucun écho effectif ? » Castoriadis ajoutait néanmoins : « Que cette camelote doive passer de mode, c’est certain : elle est, comme tous les produits contemporains, à obsolescence incorporée. »
Le sociologue et philosopheRaymond Aron a consacré dansL'Express un article particulièrement critique envers l'essaiL'idéologie française de BHL, paru en 1981[146]. Aron reproche à Lévy d'aborder des questions qui exigent rigueur et subtilité — tel l'antisémitisme en France — en se livrant à une lecture unilatérale de l'histoire française et à des généralisations manquant d'équilibre et de sens du jugement politique. Ces critiques sont également formulées parPierre Nora,Emmanuel Le Roy Ladurie,Léon Poliakov,Bertrand Poirot-Delpech etPaul Thibaud[147],[148],[149],[150],[151]. Dans son étude sur « le syndrome de Vichy », l'historienHenry Rousso évoqueL'idéologie française de Bernard-Henry Lévy, auteur« critiqué […] pour son incompétence historique, ses amalgames et syllogismes grossiers », comme« un brûlot maladroit, où le ton inquisitorial et péremptoire ne peut faire oublier que Lévy appartient après tout à cette cohorte des ci-devant marxistes, dont la rupture de ban s'est déroulée dans le même vacarme que leurs noces »[152].
Le sinologueSimon Leys a critiqué l'ouvrage de Bernard-Henri LévyImpressions d'Asie en reprochant au texte de n'être qu'un commentaire, constitué de platitudes, des photographies de l'ouvrage, dues à Guy Bouchet, et qui en sont le seul intérêt[153].
Le philosopheJacques Bouveresse critique des approximations d'une certaine « philosophie française », qui reposerait plus sur des rapprochements hasardeux que sur des raisonnements construits[154].
Selon les auteurs d'une enquête sur BHL,Nicolas Beau etOlivier Toscer, l'épouse deDaniel Pearl reprocherait à BHL à propos de son « romanquête »Qui a tué Daniel Pearl ? un « viol littéraire »[155].Mme Pearl a déclaré au sujet de Bernard-Henri Lévy qu'il était un homme dont « l'ego détruit l'intelligence »[156].
Le spécialiste dusous-continent indien, journaliste auGuardian et historienWilliam Dalrymple a publié dansThe New York Review of Books puis dansLe Monde diplomatique une critique sévère du « romanquête » de BHL sur l'assassinat de Daniel Pearl[157]. Il y accuse notamment Bernard-Henri Lévy de confondre certaines villes, ainsi que de donner une image détestable de l'islam. Celui-ci a obtenu un droit de réponse où il répond aux critiques de son contradicteur[BHL 10] ; il souligne notamment avoir donné un point de vue plutôt élogieux sur l'islam dans le dernier chapitre de son ouvrage. Ce droit de réponse a, à son tour, suscité une réponse de Dalrymple, toujours dansLe Monde diplomatique[158].
Son livreAmerican Vertigo, sous-titréVoyage dans les pas deTocqueville, reçut un accueil partagé[159] dans les médias français[160] et fut largement moqué par la presse américaine[161], des libraires français[162],Le Monde[163] etLe Monde diplomatique[164]. Un éditorialiste deThe Economist parle même « du pire livre jamais écrit sur les États-Unis »[165]. À la suite de cet ouvrage, un procès fictif lui fut intenté dans un théâtre parisien avec la participation du journalisteDaniel Mermet[166].
Le, deux jours avant la sortie de son ouvrageDe la guerre en philosophie, la journalisteAude Lancelin révèle sur le site littéraire duNouvel Observateur que Lévy s’y réfère à un philosophe fictif,Jean-Baptiste Botul (inventé par le journaliste duCanard enchaînéFrédéric Pagès), pour appuyer ses critiques surEmmanuel Kant. Citant BHL, selon qui Jean-Baptiste Botul aurait définitivement démontré« au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence », elle écrit notamment« Seul problème, Jean-Baptiste Botul n'a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l'autorité du cuistre »[52]. Ces révélations sur le manque de sérieux des méthodes de travail du philosophe provoquent une vague de commentaires consternés et ironiques dans la presse.Frédéric Pagès commente : « La Vie sexuelle d'Emmanuel Kant raconte l'histoire farfelue d'une communauté d'Allemands deKönigsberg (devenue Kaliningrad) ayant fui auParaguay pour constituer une colonie strictement régie par la philosophie kantienne. Cela aurait dû l'alerter. Cela pose une question sur sa façon de travailler. » Bernard-Henri Levy reconnaît l'erreur et écrit « Chapeau pour ce Kant inventé mais plus vrai que nature et dont le portrait, qu’il soit donc signé Botul, Pagès ou Tartempion, me semble toujours aussi raccord avec mon idée d’un Kant […] tourmenté par des démons moins conceptuels qu'il y paraît[167],[BHL 11]. » Cet ouvrage a reçu le 30 juin 2010 lePrix Botul, Bernard-Henri Lévy ayant (bien qu'absent ce jour-là) accepté de faire partie du jury, condition nécessaire pour le recevoir.
En 1977, Lévy déclare à propos d'une éventuelle arrivée descommunistes au pouvoir en France :« je serais le premier écrivain français à faire à mon gouvernement cet affront qui n'a jamais été fait depuis qu'il y a de la littérature en France, qui est de changer de nationalité »[168].
Il écrit à propos de l'argent :« la vertu qu’il a de substituer le commerce à la guerre, la frontière ouverte aux univers fermés ; le temps de la négociation, de la transaction, du compromis, qui succède, grâce à lui, à celui de l’impatience, de la violence, du troc, de la rapine, du tout ou rien, du fanatisme ». Cette phrase peut sembler en contradiction avec celle[169], tenue auCongrès d'Épinay du 13 juin 1971, qui dénonçait :« toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ».
En 1985, Bernard-Henri Lévy,Revel etGlucksmann signent une pétition pour encouragerRonald Reagan à continuer à soutenir lesContras auNicaragua. Ceux-ci s'illustreront dans descrimes de guerre et ceci débouchera sur un scandale majeur de l'èreReagan : l'affaire Iran-Contra[170],[171].
Selon le journalisteSerge Halimi, BHL représenterait une certaine forme d'oligarchie au sein duParti socialiste[172].
Appuyé par une citation deManuel Valls au sujet d'un ouvrage de Bernard-Henri Lévy censé évoquer la réforme du parti socialiste, le rédacteur en chef duMonde diplomatique,Serge Halimi, l'accuse également de n'avoir aucun attrait pour l'aspect social dusocialisme[172], pourtant consubstantiel au mouvement, et de préférerMai 68 auFront populaire. Il avoue lui-même que :« Oui, c’est vrai, je me suis plus intéressé à la misère bosniaque qu’à la misère au coin de la rue. Je suis un peu sourd à la question sociale. Que voulez-vous, on écrit avec son intelligence et son inconscient »[173].
En 2007, il soutient publiquement la candidature auxélections législatives de l'ancien maire deGrenobleAlain Carignon, après que celui-ci a purgé une peine de plusieurs années de prison ferme pour diverses affaires decorruption, attitude qui suscite de fortes critiques[174].
Son rôle et son soutien dans l'intervention militaire française en Libye en 2011, décidée parNicolas Sarkozy et qui a mené jusqu'à lamort de Kadhafi et à la destitution de son régime politique, ont été souvent critiqués et le sont encore, notamment au sujet du chaos qui sévit en Libye depuis, et qui a permis l'éclosion de nombreuses cellulesislamistes[175],[176],[177].
Le sociologuePierre Bourdieu lui a reproché de côtoyerJean-Luc Lagardère, homme influent du monde des médias et de l’industrie de l’armement[178]. Il lui trouve également une certaine posture de faussaire, de faux intellectuel médiatique, qui lui servirait à associer son image à celle d'universitaires aux recherches émérites[179],[source insuffisante].
Dans un article pro-géorgien consacré auConflit russo-géorgien de 2008 publié par leCorriere della Sera,El Mundo,Expressen,The Huffington Post et laFrankfurter Allgemeine Zeitung, Lévy prétendait notamment qu'il s'était rendu àGori, entre autres allégations démenties par la suite parRue89[44],[180].
Bernard-Henri Lévy ayant en l'occurrence confonduBernard Cassen avecPierre Cassen, l'ancien directeur général duDiplo dès lors incriminé à tort réplique par une lettre au directeur duMonde :
« On aurait cependant attendu de M. Lévy, qui a très souvent signé dans le quotidien, qu'il respecte les normes minimales de la profession, et tout particulièrement celles inscrites dans la « Charte d'éthique et de déontologie du groupe Le Monde ». Celle-ci stipule notamment que « Les journalistes disposent des moyens nécessaires pour exercer rigoureusement leur métier, collecter et vérifier les informations, indépendamment de toute pression extérieure. Ils s'interdisent toute manipulation et plagiat, ne relaient pas les rumeurs, évitent le sensationnalisme, les approximations et les partis pris. Ils doivent éviter tout lien d'intérêt avec les acteurs des secteurs sur lesquels ils écrivent, et s'engagent à déclarer tout conflit d'intérêts »[181]. »
Toujours en 2010, BHL fustige le journalisteFrédéric Taddeï dans unBloc-Notes duPoint pour avoir invité l'humoriste condamné pourantisémitisme[182]Dieudonné, article auquel Taddeï réplique dans un droit de réponse[183].
BHL est aussi régulièrement accusé de se mettre personnellement en avant dans ses reportages, ce qui a été particulièrement relevé dans son filmLe Serment de Tobrouk[184]. Il a également fait financer sur desbudgets publics plusieurs documentaires sur lui-même, en particulier un documentaire racontant la rénovation de sa villa de Tanger, financé parFrance 5, ainsi qu'un autre sur la tournée de sa pièceLooking for Europe, financé à hauteur de 730 000 € entièrement par les chaînes françaises, dont 200 000 € d'Arte, dont il occupe depuis 1993 la présidence duconseil de surveillance et qu'il devait quitter au plus tard en 2024[104],[185]. Le 24 juin 2024, Arte modifie ses statuts pour offrir à BHL de présider le conseil de surveillance cinq années supplémentaires[186].
Bernard-Henri Lévy a été, plus que n'importe quelle autre personnalité publique, victime d'entartages enBelgique et enFrance (on compte huit « attentats pâtissiers » entre 1985 et 2015)[187]. Lors du premier en1985, il renversa son agresseur,Noël Godin, pour lui intimer ensuite, alors que celui-ci était maintenu au sol par plusieurs hommes : « Lève-toi ! Lève-toi vite, ou je t'écrase la gueule à coups de talon[188] ! » Cette réaction, filmée, a été largement diffusée et moquée, notamment parColuche etPierre Desproges, pour qui elle révèle « la vraie nature des cuistres » ; elle lui a également valu une chanson deRenaud,L'Entarté.
Le 10 mai 2017, il est entarté àBelgrade lors de la présentation de son filmPeshmerga par des militants du groupe communisteserbe SKOJ[189].
De 1995 à 1997, BHL prend les rênes de la Becob, société d'importation de bois précieux africain[190], l’affaire familiale qu’il codirigeait de fait depuis plusieurs années et dontGuy Carlier était le directeur financier de la fin des années 1970 jusqu'à 1982[191]. La Becob opérait enCôte d'Ivoire, auGabon, auCameroun[192]. En mars 1998, le magazineEntrevue décide d’envoyer une équipe enquêter sur la Becob, mais leur reportage ne sera jamais publié, BHL étant intervenu directement auprès deJean-Luc Lagardère, propriétaire du journal, pour faire passer le reportage à la trappe.
Dans un de ses spectacles en 2005,Dieudonné attaque Bernard-Henri Lévy :« Ses milliards, il les a gagnés dans le commerce du bois précieux africain. Sur place, les gens n'ont plus de bois, ni de milliards. Il leur a tout volé[193] ! » Bernard-Henri Lévy répond en dénonçant l'antisémitisme de Dieudonné[194] et Dieudonné réagit par une nouvelle provocation[195].
En 1997, la Becob est vendue au groupe Pinault sur la base d'une valorisation d'environ 800 millions de francs[196].
Pendant l'automne 1997, sous l'impulsion du présidentLiamine Zéroual, le gouvernement algérien souhaite redorer son image de marque à la suite d'une série de massacres.Jack Lang et le ministre des affaires étrangères françaisesHubert Védrine soutiennent alors le régime algérien. Hubert Védrine contacte Bernard-Henri Lévy qu'il connaît bien, et le recommande en Algérie pour en donner une meilleure image[197] sous l'égide du journalLe Monde dirigé par ses « amis fidèles »Jean-Marie Colombani, qui s'est distingué pour avoir fait publier des articles dedésinformation sur legénocide des Tutsis au Rwanda[198], et par le directeur de rédactionEdwy Plenel[199].
En1998, il publie en janvier dans le journalLe Monde deux témoignages de voyage sur laguerre civile et le terrorisme qui ravagent l'Algérie[BHL 12],[200]. Ces deux textes dénoncent et accusent l'islamisme radical et ses militants d'être responsables des massacres perpétrés, mais passent complètement sous silence les exactions commises par le régime algérien[201]. Ils déclenchent de vives polémiques tant en France qu'en Algérie en particulier de la part deFrançois Gèze etPierre Vidal-Naquet[202],[203].
En, à l'occasion de la sortie de son livre sur leParti socialisteCe grand cadavre à la renverse, Bernard-Henri Levy a attaqué vivementNicolas Sarkozy en fustigeant son « Discours de Dakar » et son rédacteur, le conseiller du président de la République,Henri Guaino : « L'homme africain », disait le texte, « n'est pas assez entré dans l'Histoire. Jamais il ne s'élance vers l'avenir. Dans cet univers où la nature commande tout, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. » Il dira : « C'est un discours raciste ». « BHL est un petit con prétentieux », lui répliquera le conseiller[204].
En avril 2013, il est condamné pour avoir diffamé leBloc identitaire dans un article paru dansLe Point[Note 2]. Dans ses propos, il traçait un lien direct entre ce mouvement politique etUnité radicale, groupe dontMaxime Brunerie, condamné à 10 ans de prison pour tentative d'assassinat surJacques Chirac en 2002, était proche. Le tribunal a estimé que ces « raccourcis et amalgames » avaient un « indubitable caractère diffamatoire »[205],[206].
Pour ce même article, la17echambre correctionnelle du TGI de Paris, dans un jugement du 23 avril 2013, a reconnu Bernard-Henri Lévy « complice du délit de diffamation publique envers un particulier ». Elle a estimé queFranz-Olivier Giesbert, qui avait publié le texte diffamatoire, s’était rendu, en qualité de directeur de la publication, « coupable » du même délit dediffamation publique. Les deux prévenus, reconnus « auteur et complice du délit de diffamation publique envers un particulier », sont condamnés chacun à une amende de 1 000 euros « qui, pour Bernard-Henri Lévy — dont le casier judiciaire ne porte trace d’aucune condamnation, à la différence deFranz-Olivier Giesbert — sera assortie du sursis »[207].
Le 13 février 2025, après un signalement du député apparenté àLa France insoumise (LFI)Aymeric Caron, une enquête pourprise illégale d’intérêts a été ouverte au sujet du financement parArte des documentaires de Bernard-Henri Lévy, alors que ce dernier est président duconseil de surveillance de la chaîne. Bernard-Henri Lévy, président du conseil de surveillance d’Arte France depuis 1993, a pu bénéficier, pendant ses 31 années de mandat, d’un soutien substantiel de la chaîne pour le financement de ses œuvres audiovisuelles et cinématographiques, soit un montant cumulé de 750 000 euros entre 2011 et 2022, précise le député dans son signalement. Entre 1996 et 2022, Bernard-Henri Lévy a bénéficié du soutien financier d’Arte France pour la production de ses films. Cette dernière a versé 250 000 euros pourPeshmerga, 200 000 euros pourLe Serment de Tobrouk etPrincesse Europe, 172 560 euros pourLe Jour et la Nuit (selon les informations deCapital), 100 000 euros pourPourquoi l’Ukraine et 90 000 euros pourIrak : la bataille de Mossoul. Arte France a aussi acquis les droits de diffusion deBosna ! en 2004, pour un montant de 68 700 euros. L’enquête a été confiée à laDirection régionale de la police judiciaire de la Préfecture de police de Paris[208],[209].
Le 12 avril 2024, dans une enquête clôturée enTunisie, Bernard-Henri Lévy est accusé d’entretenir des relations avec lelobbyiste et homme d'affaires tunisienKamel Eltaïef et d’avoir intercédé pour empêcher la production dephosphate en Tunisie au profit d’autres pays de la région. On lui reproche également d’avoir propagé l’idéologie « maçonnique » par l’intermédiaire d’organisations caritatives et de personnalités tunisiennes inculpées dans le dossier, en plus d’œuvrer à la normalisation des relations entre la Tunisie etIsraël et d’être « membre duMossad », le service de renseignement israélien, le juge d’instruction estimant avoir des preuves suffisantes pour engager des poursuites[210].
En avril 2025, Bernard-Henri Lévy est accusé de« posséder des investissements en Tunisie sous des noms empruntés auprès de certains juifs tunisiens » et de« faire partie des agences masquées israéliennes, comme le Mossad, le Shin Bet et les Qayyun ». Son objectif serait de« nuire à l’économie tunisienne en vue de sa soumission à la normalisation avec l’entité sioniste. De plus, la personne soupçonnée, Bernard-Henri Levy, a adopté l’idéologie maçonnique ». Il est condamné parcontumace le à 33 ans de prison[211].
Cette condamnation se place dans le cadre d'un procès contre le complot contre la sûreté de l'État commencé il y a plus de deux ans à l'encontre d'une quarantaine de prévenus. SelonL'Humanité, qui évoque « un procès historique et ubuesque à la fois où le juge n’a même pas pris la peine de s’encombrer de réquisitoire ou de plaidoiries et de la défense », la présence de Bernard-Henri Lévy sur la liste des accusés « est justifiée par des arguments qui relèvent à la fois du complotisme et de l’antisémitisme. »[212].
Bernard-Henri Lévy a fondé et présidé la société de productionLes Films du Lendemain[222], qui après avoir essentiellement servi à produire ses propres films dépose le bilan en 2012[7]. Il a souvent collaboré avec son épouse la comédienneArielle Dombasle (dont il produit aussi les disques), ou le documentaristeMarc Roussel pour les documentaires. Il a également dirigé laCommission des Avance sur Recettes duCentre national du cinéma et de l'image animée et figure au conseil d’administration d'un certain nombre de grands groupes médiatiques (notamment président du conseil de surveillance d’Arte France depuis 1993) ; or, ces différentes institutions ont souvent financé les films de BHL, avec des montants très largement supérieurs à la normale en dépit de pertes aussi systématiques que prévisibles, attirant là aussi des critiques pour ce mélange des genres pouvant confiner au conflit d'intérêts[223], menant à une enquête en 2025[224].
Bernard-Henri Lévy est le seul réalisateur à avoir trois films classés parmi les 10« pires films de tous les temps » sur le siteAllociné[225], et bénéficie de plusieurs pages sur le site spécialiséNanarland[226].
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