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Berlin est uneville mondiale culturelle et artistique de premier plan[6]. Depuis 2005, Berlin fait partie duréseau des villes créatives UNESCO, comme ville de design. En 2018, Berlin a accueilli13,5 millions de visiteurs[7], dont6,5 millions de visiteurs étrangers.
L'influencelacustre se retrouve dans l'étymologie même deBerlin, issue de la racineslave*brl qui désigne unmarais ou une zone marécageuse[8]. Le toponymeBerlin pourrait être aussi rapproché du termesorabebarlen ouberlén qui désigne les grillages de bois placés en divers endroits d'une rivière par les pêcheurs[9]. Contrairement à ce que l'étymologie populaire affirme,Berlin n'est pas basé sur le nom allemand de l'ours,Bär, suivi du suffixe diminutif-lin sous une forme dialectale (allemand-lein)[10]. D'ailleurs, l'accentuation même s'oppose à cette interprétation, puisque l'on doit prononcer[bɛɐ̯.ˈliːn] en appuyant sur lei long, tout comme dans les nombreux toponymes en-in de la partie est de l'Allemagne (ex. :Schwerin) qui remontent au slave. L'ours a néanmoins été choisi pour être lamascotte de la ville et figure sur sesarmoiries.
Après 1900, Berlin devient une grande ville mondiale, connue pour son rôle prééminent dans les domaines de la science, des sciences humaines, de la musique, des musées, de l'enseignement supérieur, du gouvernement, de la diplomatie et des affaires militaires. Elle a également joué un rôle dans le secteur manufacturier et financier.
Pendant laSeconde Guerre mondiale, les bombardements, l’artillerie et les féroces combats de rue détruisent une grande partie de Berlin. L’agglomération est ensuite divisée entre les quatre grandes puissances alliées et, pendant plus de quatre décennies, elle résume la confrontation de laguerre froide entre l’Ouest et l’Est. Avec laréunification allemande en 1990, Berlin redevient une capitale et une grande ville mondiale.
L'histoire de Berlin aborde également la période préhistorique et antique du peuplement de la région alentour[11].
Berlin est redevenue lacapitale de l'Allemagne le. Il a cependant fallu un vote[12] tendu et très serré auBundestag, le, pour que ladécision soit prise de transférer les institutions deBonn à Berlin. Le transfert du gouvernement et du chancelier à Berlin a eu lieu en1999.
Du point de vue institutionnel, Berlin est uneville-État (Stadtstaat en allemand) où coïncident dans les mêmes organes et sur le même territoire les compétences de l'administration municipale et celles des États-membres (Länder) qui composent la fédération. C'est pourquoi on l'appelle aussi « Land de Berlin ».Hambourg etBrême possèdent une organisation similaire.
En tant que land, Berlin envoie quatre représentants au Conseil fédéral(Bundesrat) où elle participe ainsi au vote des lois nationales. La ville dispose de pouvoirs administratifs étendus, mais également de pouvoirs législatifs, pouvant réglementer par ses propres normes un ensemble très étendu de domaines. Ainsi, le land a compétence sur pratiquement tous les domaines (l'éducation, la culture, la planification, l'aide sociale, les transports), à l'exception de ceux exclusifs duBund, l'État fédéral. La puissance de la ville-État se manifeste également par l'importance de son budget (plus de20 milliards d'euros en2011), même si le service de la dette y tient une place considérable. En effet, le montant de celle-ci s'élevait à60 milliards d'euros en2006[13].
Entrée du tribunal régional.
Comme les autres länder, Berlin est dotée d'une constitution dont le respect par les lois duland est contrôlé par sa Cour constitutionnelle de Berlin. Remplaçant le précédent texte qui datait de 1950, l'actuelleConstitution de Berlin date de 1995. Elle accorde notamment une attention particulière à l'environnement.
Le pouvoir exécutif est exercé par leSénat de Berlin (Senat von Berlin),gouvernement dirigé par lebourgmestre-gouverneur (regierender Bürgermeister) et composé de huit membres. Ils sont à la tête d'une administration sénatoriale (Senatsverwaltung) elle-même organisée en une dizaine de ministères. Le bourgmestre-gouverneur et le Sénat sont responsables devant laChambre des députés de Berlin (Abgeordnetenhaus von Berlin),parlementmonocaméral composé de149 membres élus pour cinq ans au moyen d'un scrutin partiellementmajoritaire d'arrondissement et partiellementproportionnel.
L'unification desBundesländer de Berlin et deBrandebourg a été rejetée parréférendum en 1996 : si les Berlinois se sont exprimés en faveur de la fusion avec une majorité de 53,6 %, la proposition a été massivement rejetée dans le Brandebourg avec 62,7 % d'opposition[14].
L'organisation administrative est fixée, dans le cadre des principes établis par laConstitution de Berlin, par la législation du Land. Or celle-ci prévoit une décentralisation territoriale articulée enarrondissements municipaux (Bezirke). Chacun d'eux constitue une collectivité dirigée par unmaire et un exécutif de cinq membres siégeant dans unemairie d'arrondissement. Ils sont élus au suffrage universel direct à la proportionnelle tous les cinq ans par le biais de l'assemblée des délégués d'arrondissement (Bezirksverordnetenversammlung - BVV). Non seulement les arrondissements disposent d'une réelle légitimité politique, mais ils ont des pouvoirs croissants. Leur nombre, qui était de 23 en 1990, a d'ailleurs été ramené à 12 afin notamment de renforcer leurs structures administratives (mesure votée en 1998 et entrée en vigueur en 2001). Bien que soumis à la tutelle de l'exécutif du land, les arrondissements disposent depuis 1995 d'une autonomie de dépenses, dans le cadre d'une dotation qui leur est attribuée globalement et sans contraintes particulières.
En2005, Berlin est en deuxième position pour ce qui est du taux dedélinquance enAllemagne (15 002 délits pour 100 000 habitants)[15].
Barbara Slowik, première femme à occuper le poste depréfet de police de Berlin depuis 2018, estime que le nombre de policiers,actuellement[Quand ?] de 17 000, devrait remonter à 19 000. Elle envisage de recruter des candidats étrangers[16].
Dans les années 1990, plus de 200 000 logements communaux publics sont privatisés en faveur de grandes firmes immobilières et de fonds d'investissements[18].
Le coût des loyers a plus que doublé entre 2013 et 2023[19].
En septembre 2021, lors des élections législatives allemandes, dans référendum organisé à Berlin, 56 % des votants ont exprimé le souhait d'exproprier les sociétés immobilières détenant plus de 3 000 logements, demandant à la ville de racheter les biens pour en faire des logements à loyer modéré. Le referendum n'est pas tenu d'être suivi légalement mais oblige le parlement à débattre de la solution[20].
Depuis 2005, Berlin fait partie duréseau des villes créatives UNESCO, comme ville de design. Les coopérations entre les onze villes design de ce réseau sont nombreuses et se développent maintenant en dehors du strict cadre du design.
Au début de son histoire en1220, Berlin était une petite île sur laSprée de 1 200 habitants. L'immigration des huguenots français à la suite de l'Édit de Potsdam en 1685 a donné une forte impulsion à la ville, alors peuplée de 10 000 habitants. Sa superficie et sa population ont progressé jusqu'en1747 où elle a dépassé la barre des 100 000 habitants. Le siècle suivant était celui de l'industrialisation et du boom démographique de la ville qui a dépassé le million d'habitants en1877.
Évolution de la population berlinoise pendant les dernières 130 années (1880-2016). La croissance « administrative » de 1920 et la chute spectaculaire.
L'intégration des communes limitrophes pour créer legrand Berlin en1920 a fait de la ville pendant lesannées 1920 et1930 la plus grande ville du continent européen et la troisième ville du monde aprèsNew York etLondres. Elle a connu sa plus grande population pendant la période du national-socialisme en 1942 avec 4 478 102 habitants, avant de baisser drastiquement à la fin de laSeconde Guerre mondiale à 2 807 405. Labataille de Berlin a complètement changé le visage de la population berlinoise : seuls 14 % des Berlinois d'après-guerre habitaient à Berlin avant-guerre[22].
Entre 1957 et 1990, des jeunes hommes de la République fédérale d'Allemagne ont eu la possibilité de s'échapper du service militaire s'ils vivaient à Berlin-Ouest[23].
La population a ensuite très légèrement augmenté de quelques dizaines de milliers d'habitants pendant la partition, avant d'accuser une légère baisse après la réunification à la fin desannées 1990. La population actuelle augmente aujourd'hui très lentement. Lacroissance démographique était en 2010 de 5,2 ‰ surtout grâce à unsolde migratoire de 4,9 ‰. Letaux de fécondité selon le recensement de 2011 est de1,31 enfant par femme[24], légèrement en dessous de la moyenne nationale allemande à 1,36 enfant par femme[25].
D'après le registre des déclarations domiciliaires, 621 075 Berlinois sur 3 610 156 ne possédaient pas la nationalité allemande en[27], mais celle d'une des190 nationalités présentes à Berlin. Cela représente 17,2 % de la population. En 2013, 6 674 Berlinois dont 3 690 Européens (y compris 1 600 Turcs) ont acquis la nationalité allemande[28]. D'après les résultats du recensement de 2011, il y eut cette année-là 164 577 immigrants (dont 87 573 Allemands et 77 104 étrangers) et 123 253 émigrants (dont 75 339 Allemands et 47 914 étrangers) à Berlin. Cela représente unsolde migratoire positif de 41 324 personnes (dont 29 190 Allemands et 12 124 étrangers) qui constitue le principal facteur d'accroissement démographique de la capitale allemande.
Il existe également en Allemagne des statistiques sur lesAllemands issus de l'immigration (Deutsche mit Migrationshintergrund), c'est-à-dire les immigrés naturalisés ou les enfants d'au moins un parent immigré depuis 1949. À ce compte, 444 257 Berlinois allemands (sur 3 562 166) ont un antécédent migratoire en 2014, dont 101 198 de l'Union européenne (dont 51 017 de Pologne), 153 452 despays islamiques (dont 74 603 de Turquie, 18 113 du Liban), 64 624 de l'ex-Union soviétique (dont 24 256 de Russie), 19 827 de l'ex-Yougoslavie. Si l'on additionne les étrangers de Berlin et les Berlinois allemands ayant un « antécédent migratoire », on totalise 1 078 091 personnes, c'est-à-dire près d'un tiers des Berlinois (29,9 %)[27].
Les immigrés d'origine turque représentent la plus grande population étrangère à Berlin. En prenant en compte lesTurcs d'Allemagne (mit Migrationshintergrund) et les étrangers turcs, la population turque ayant sa résidence principale à Berlin totalise 173 242 personnes, c'est-à-dire 4,9 % des Berlinois. C'est la plus grande population turque au monde hors de la Turquie[29]. Il s'agit d'une population ethnique non homogène, en reflet de ladémographie de la Turquie. Il existe par exemple une minoritékurde. Ils sont présents majoritairement dans l'Ouest de Berlin, là où ils avaient originellement immigré. Les arrondissements où ils sont les plus nombreux sontNeukölln (12 %),Mitte (11,4 %) etFriedrichshain-Kreuzberg (10,9 %). Dans les années 1980, lesénat de Berlin-Ouest a stoppé temporairement l'immigration dans les districts deTiergarten,Wedding etKreuzberg, pour mieux répartir la population étrangère (et surtout turque) dans la capitale et éviter la formation deghettos.
C'est le présidentTheodor Heuss qui invita d'abord 150 jeunes Turcs à venir enformation professionnelle à Berlin en 1955. Ensuite, l'État allemand signa avec la Turquie un traité d'embauche de main-d'œuvre d'immigration turque en 1961, lesGastarbeiter. Leur séjour était limité à deux ans, et l'Allemagne arrêta les embauches en 1973. Depuis, l'immigration turque se fait parregroupement familial etdemande d'asile. Le nombre de retours au pays a ces dernières années dépassé l'immigration, et la population globale des Berlino-Turcs est en baisse. Les étrangers turcs à Berlin représentaient 120 684 habitants en 2003[30] et 98 659 en 2014. De même, 2 745 Berlino-Turcs ont acquis la nationalité allemande en 2003 et 1 600 en 2013.
Quoique le nombre d'immigrés fût nettement inférieur àBerlin-Est, des étudiants issus de larépublique démocratique du Viêt Nam furent invités par laRDA à venir y séjourner. Le flux se poursuivit après laréunification du Viêt Nam. Jusqu'en 1989, plus de 100 000 Vietnamiens sont venus en Allemagne de l'Est, et particulièrement à Berlin, pour y rester temporairement ou définitivement. Aujourd'hui, ils représentent environ 23 179 personnes à Berlin (0,6 % de la population). 14 431 d'entre eux sont de nationalité vietnamienne et 8 354 sont de nationalité allemande. Ils sont restés majoritairement à l'est de Berlin, comme à Lichtenberg où ils représentent la première minorité immigrée (3 800 personnes[31]). La religion majoritaire parmi les immigrés vietnamiens est lebouddhisme mahāyāna.
30 % des Berlinois s'identifient à une religion, dont 12 % à l'Église protestante, dont 7 % à l'Église catholique (2023). La proportion des croyants aux grandes religions stagne ou baisse depuis vingt ans, sauf ceux de l'Islam qui représentent environ 8 % des Berlinois.
Les différentes religions chrétiennes sont stables voire en déclin à Berlin depuis la réunification, mais on remarque encore des différences notables entre la partie occidentale et la partie orientale de la ville. En effet, dans beaucoup des anciens quartiers deBerlin-Ouest, la communauté protestante ou catholique compte plus de 40 % de croyants, tandis qu'il y en a pas plus de 10 % dans les nouveaux quartiers issus deBerlin-Est. Le primat de l'Église protestante Berlin-Brandebourg-Haute Lusace silésienne est l'évêque Christian Stäblein depuis 2019.Heiner Koch est archevêque de l'Archidiocèse de Berlin depuis 2015. En 2009, les prestations annuelles du land de Berlin étaient respectivement de 8 146 910 € à l'Église protestante et de 2 860 000 € à l'Église catholique[32].
LeConseil central des juifs d'Allemagne a son siège à Berlin. Son président depuis est Josef Schuster. Le Conseil coordonne la vie des différentes communautés juives installées sur le sol allemand.Actuellement[Quand ?], on dénombre environ 100 000 à 200 000 juifs vivant en Allemagne, avec de fortes communautés à Berlin et Munich. En 2020, la plupart des membres sont des migrants. Berlin est la seule ville d'Europe où le nombre de juifs augmente, alors qu'il diminue partout ailleurs[33]. Symbole du renouveau du judaïsme, la plus grandesynagogue d'Allemagne a rouvert ses portes en 2007 à Berlin[34].
On compte aujourd'hui plus de onzesynagogues, plusieurstemples bouddhiques et76mosquées dans la ville. Le nombre de croyants dans la religion islamique augmente régulièrement depuis la réunification et représente aujourd'hui plus de 7 % de la population berlinoise.
En 2020, le nombre total de logements à Berlin était de 1 983 000, alors qu'il était de 1 723 000 en 1991[36].
Berlin s'est développée à partir du vieux noyau de la ville, leNikolaiviertel (aujourd'hui près d'Alexanderplatz), de la ville jumelleCölln, de fondations de villes princières comme Dorotheenstadt et Friedrichstadt et enfin de la formation du Grand-Berlin en1920 qui a incorporé des villes jusqu'alors indépendantes commeSpandau,Charlottenburg ou encoreKöpenick, formant alors un Berlin de quatre millions d'habitants.
Du fait de ce développement décentralisé, Berlin présente des aspects très différents, dans son centre comme dans sa périphérie. Pour diverses raisons, laporte de Brandebourg (Brandenburger Tor) est devenue l'emblème de la ville — et plus encore, puisqu'elle représente aussi la réunification des deuxAllemagne. Deux tours s'élancent dans le paysage berlinois : laFernsehturm (tour de la télévision), sur l'Alexanderplatz dans le quartierMitte, et laFunkturm (tour de la radio) qui se trouve dans le parc des expositions de Charlottenburg.
Ces listes gagneraient à être rédigées sous la forme de paragraphes synthétiques, plus agréables à la lecture, les listes pouvant être aussi introduites par une partie rédigée et sourcée, de façon à bien resituer les différents items. D'autre part,Wikipédia n'a pas pour rôle de constituer une base de données et privilégie uncontenu encyclopédique plutôt que la recherche de l'exhaustivité.
LeRotes Rathaus (« hôtel de ville rouge », du fait de la couleur de ses briques) : la mairie historique de la ville face à laquelle se trouve la très belleFontaine de Neptune (Neptunbrunnen).
LeDeutscher Dom (cathédrale allemande, au sud de la place) et leFranzösischer Dom (cathédrale française) : elles accueillent respectivement aujourd'hui le musée de l'histoire parlementaire allemande (entrée libre) et le musée desHuguenots.
Dans le grand parc du centre de Berlin, leTiergarten, dans le quartier auquel il a donné son nom (Berlin-Tiergarten).
LaSiegessäule oucolonne de la Victoire. De nombreuses manifestations ont lieu sur la rue du 17-Juin (Straße des 17. Juni), laSiegessäule y est souvent un point de rassemblement.
LaPotsdamer Platz (place de Potsdam). Le quartier a été entièrement reconstruit. Il fut une zone deno man's land lorsque Berlin était divisé. Cet immense espace vide situé en plein centre (la Potsdamer Platz était avant la guerre un des centres les plus importants de Berlin) a fait la joie des architectes — dont les célèbresRichard Rogers,Rafael Moneo,Renzo Piano,Arata Isozaki —.
Un centre de documentation sur l'appareil de terreur du régime nazi (Topographie des Terrors) a été construit près de laPotsdamer Platz. Le centre a été construit à l'endroit où laGestapo, la police secrète du régime nazi, lesSS et les services de renseignement, avaient installé leur quartier général[38].
LeCheckpoint Charlie : le point de passage entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Le point de contrôle (ou une reconstitution) y demeure et un musée racontant les histoires de ceux qui s'évertuèrent à essayer de passer le mur a été aménagé à proximité.
Historiquement, l'industrie a un poids important dans le développement économique de la ville. Des quartiers entiers sont nommés d'après des grands noms de l'industrie allemande, comme, notamment,Siemensstadt, bâti dans les années 1920 dans le quartier de Spandau pour les ouvriers de cette entreprise. Elle y a toujours son siège, contrairement à beaucoup d'autres sociétés berlinoises qui ont quitté la ville après la construction du Mur, par peur d'être coupées de leurs fournisseurs et de leurs marchés.
Dans lesannées 1990, Berlin s'est largement désindustrialisée. La ville a perdu 45 % des emplois de ce secteur[39]. Après la chute du Mur, la suppression des subventions fédérales accordées à la partie ouest et la politique très ambitieuse du renouveau de Berlin fait croître l'endettement de la ville qui atteint 20,6 milliards d'euros en 1994[40]. Il a fallu par ailleurs réunir les services publics des parties ouest et est tout en réduisant par trois le nombre de fonctionnaires[41]. Les investisseurs étrangers ne sont pas venus s'installer si vite que l'on avait espéré et les rentrées fiscales restent maigres, comparées aux dépenses concernant une population connaissant un fort taux dechômage. Beaucoup d'entreprises deBerlin-Est ont dû fermer pour manque de productivité. Toutefois, en 2007, Berlin a dégagé pour la première fois de son histoire un excédent budgétaire. La ville reste cependant fortement endettée (63 milliards en 2013).
Si le secteur des services occupe une place croissante à Berlin, la fonction publique reste le premier employeur de la ville (2010).
Aujourd'hui (2015), Berlin est devenue le symbole de l'industrie Internet. La croissance économique y est supérieure à la moyenne nationale, l'économie numérique y emploie 60 000 personnes avec 18 000 emplois créés depuis 2008. 75 % des startups du pays sont concentrées à Berlin. La ville constitue un véritable atelier de création pour la scène technologique et digitale en Europe[42].
Lesecteur touristique a tiré son épingle du jeu. Berlin est ainsi la ville la plus touristique d'Allemagne. En 2016, elle a accueilli12,7 millions de visiteurs, avec environ31,1 millions de nuitées. La fréquentation est d'ailleurs en nette augmentation depuis quelques années. Le secteur du tourisme représente aujourd'hui 400 000 emplois, pour un chiffre d'affaires brut de plus de10 milliards d'euros[43].
La foire internationale de l'électronique IFA attire chaque année plus de 250 000 visiteurs de plus de 100 pays.
Pour les transports nocturnes (entre1 h et4 h du matin) de semaine, les autobus sont souvent l'unique transport disponible. Le vendredi soir, le samedi soir et les veilles de jours fériés, les métros fonctionnent tout de même en continu pendant toute la nuit avec une cadence minimale de deux par heure. Pendant la semaine, des autobus remplacent les métros sur les mêmes lignes entre1 h et4 h 30. Les lignes S-Bahn ne sont pas remplacées par les autobus sur les mêmes lignes, mais la ville est cependant couverte avec un maillage d'autobus desservant toutes les grandes zones.
Berlin dispose également de six lignes publiques deferry qui parcourent le réseau de lacs et de canaux berlinois pendant la journée. À part la S-Bahn gérée par une filiale de laDeutsche Bahn, les transports urbains berlinois appartiennent à laBerliner Verkehrsbetriebe (BVG).
Après la construction dumur, les deux parties de la ville avaient choisi leur propre moyen de transport. À l'Ouest, on a privilégié leslignes de métro. Les lignes historiques desservaient déjà avant-guerre majoritairement les quartiers occidentaux. Les autorités de Berlin-Ouest ont choisi de renforcer le réseau, offrant une desserte très rapide et fiable. À l'Est, une grande partie des transports se faisait au moyen du réseau detramways, qui avaient disparu à l'Ouest. Ils ont depuis été renforcés à l'est et ont fait leur — timide — réapparition à l'Ouest (notamment àWedding).
Le réseau a été complété en 2002 par la remise en service de l'intégralité du chemin de fer de ceinture qui avait été divisé par le Mur puis mis hors service à Berlin-Ouest. LaRingbahn permet de faire le tour de la ville en 1h exactement en passant parGesundbrunnen au nord,Ostkreuz à l'est,Südkreuz au sud etWestkreuz à l'ouest.
La Deutsche Bahn propose un service de location de vélos similaire auVelib' de lamétropole du Grand Paris, en France. Le réseau dispose de60 stations de vélos en centre-ville et sera agrandi dans les années à venir[47]. Berlin est une ville célèbre pour sonCircuit de l'étoile, manifestation organisée par le club des cyclistes allemandsADFC. En 2017, 100 000 cyclistes y auraient participé, d'après la police de Berlin.
Concernant le réseau autoroutier, la ville ne connaît pour l'instant qu'une demi-rocade du côté ouest ; elle devrait à long terme être bouclée. Il existe une deuxième rocade qui fait le tour de la ville à une plus grande distance (l'autoroute A10) qui est le plus grand périphérique d'Europe.
Pour le transport aérien, Berlin possède jusqu'à l'automne 2020 deux aéroports :Tegel etSchönefeld. En 2017, les deux aéroports ont généré un trafic de 33 millions de passagers[48]. Ils ferment une semaine après l'ouverture de l'aéroport Willy-Brandt de Berlin-Brandebourg (code AITA : BER), le 8 novembre 2020. Le nouvel aéroport concentre ainsi tout le trafic aérien berlinois sur un seul site.
Pour le transport ferroviaire, plusieurs sociétés de chemin de fer ont en service des trainsà grande vitesse, express régionaux ourégionaux en partance deplusieurs gares berlinoises. Après la réunification, de nombreux travaux ont eu lieu pour transformer l'anciennegare de Lehrte en véritablegare centrale : elle est devenue le nœud central de Berlin pour le transport ferroviaire et la gare la plus grande d'Europe. Elle est entrée en fonction pour le trafic régional, interrégional et international le. Lagare routière internationale de Berlin propose de multiples trajets en national, ou en international, sur des axes qui ne sont pas forcément desservis par le chemin de fer, notamment enEurope de l'Est.
Après la chute dumur de Berlin en1989, de nombreuses maisons partiellement détruites pendant laSeconde Guerre mondiale et pas encore reconstruites se retrouvèrent au centre de Berlin. Elles se situaient dans le quartier deMitte, qui faisait partie de Berlin-Est. Ces lieux abandonnés en plein centre-ville attirèrent beaucoup d'artistes et ils devinrent le sol fertile pour toutes sortes de culturesunderground et autres contre-cultures. Des clubs s'y installèrent y compris le célèbre « Tresor », un des clubs (musique électronique) les plus importants au monde[51].
La réputation duclubbing berlinois est reconnue et enviée dans le monde entier grâce à des discothèques légendaires, tel le fameuxKitkatclub et, plus récemment, leBerghain, deux institutions mondialement connues pour leur programmation musicale combinée à une certaine liberté sexuelle de leur clientèle.
Berlin a donc une vie culturelle riche et très diverse. Spectacles et manifestations en tout genre sont nombreux. C'est une ville internationale, très ouverte et tolérante, multiculturelle. Berlin compte plus de170 théâtres et autres scènes, plus de175 musées et collections, environ300 galeries, plus de80 bibliothèques publiques,100 cinémas et de nombreuses autres institutions culturelles (2023). Avec un budget pour la culture de presque un milliard d'euros, Berlin fait partie des leaders internationaux.
Beaucoup de jeunes, de musiciens et d'artistes continuent à s'installer à Berlin, faisant de la ville la capitale de la jeunesse et de la culture pop d'Europe[52].
On peut noter leCarnaval des Cultures, un défilé de rue multiethnique annuel, ainsi que le CSD (Christopher Street Day), qui est la plus grande manifestation d'homosexuels en Europe centrale. Ces événements attirent des millions de visiteurs et sont soutenus par le gouvernement de la ville.
La Berlinale est unfestival de cinéma compétitif, créé en1951. Il se tient chaque année début février, à Berlin. Un important marché de films, des rétrospectives et des sections parallèles complètent la manifestation, portée par la compétition internationale de longs métrages.
Berlin est aussi une référence pour le cinéma avec l'accueil chaque année en février de laBerlinale, festival international de cinéma dont la récompense suprême est l'Ours d'or. LesVenus Awards sont une récompense cinématographique dédiée à la pornographie décernée tous les ans à Berlin. LePrix Europa a été fondé en 1987 pour sélectionner et récompenser les meilleures productions européennes de télévision, de radio et de médias numériques, afin de les mieux faire connaître en Europe.
La littérature berlinoise s'inscrit dans le cadre plus général de lalittérature de langue allemande qui regroupe l'ensemble des œuvres littéraires de langue allemande. Née auSiècle des Lumières, la littérature berlinoise a connu des périodes de grand rayonnement. Actuellement, la ville attire des penseurs et des artistes du monde entier[53].
La culture alimentaire de Berlin est un mélange de différentes cuisines. C’est un mélange de spécialités allemandes, occidentales, italiennes, asiatiques, levantines et turques.
Depuis la chute du mur (1989), la cuisine berlinoise a fait de grands pas gastronomiques. La capitale allemande est devenue la ville la plus étoilée d'Allemagne grâce à ses 31 étoiles Michelin obtenues (2022)[54]. Avec sa cuisine de rue créative, ses restaurants gastronomiques et sa cuisine vegan, la capitale allemande s’est fait une place de choix sur la scène culinaire européenne[55].
Lekebap occupe une place importante sur la scène culinaire berlinoise depuis des décennies – le sandwich y a été inventé il y a 50 ans – grâce aux travailleurs migrants turcs. Il existe plus de 1 500 kebabs dans toute la ville.
Uneboule de Berlin (Berliner) est un beignet fait à partir de pâte levée frite dans de la graisse ou de l'huile, fourrée à la confiture ou à la crème pâtissière, et recouverte de sucre, généralement glacé.
↑C'est un remarquable exemple de pastichebyzantin etmauresque de type « orientaliste ». La célèbre photo qui la montre en train de brûler est souvent légendée comme un incendie criminel nazi. Celui-ci a bien eu lieu en 1938, mais a fait peu de dégâts. La photo a en réalité été prise en 1943, pendant un bombardement allié qui l'a totalement détruite. Elle se trouve dans l'Oranienburger Strasse, rue aujourd'hui très touristique, où sont situés de nombreux cafés et restaurants, leTacheles ainsi que l'ancienne Poste. Véritable symbole dujudaïsme, elle fait l'objet d'une surveillance constante eu égard aux craintes de vandalisme à caractère antijuif. Sa coupole dorée est à nouveau visible de loin.
↑Cécile Calla, « À Berlin, un centre de documentation sort de terre sur l'ancien QG de la terreur nazie »,Le Monde,.
↑Voir BORST R., KRÄTKE S. (dir.),Berlin Metropol zwischen Boom und Krise, Opladen, Leske + Budrich, 2002.
↑Valérie Kuhlmann, « Berlin a deux doigts de la faillite »,LExpansion.com,(lire en ligne, consulté le).