Peu de documents sur ses actions en dehors deRome qui pourraient aider à comprendre le pontificat de Benoît ont survécu, et en raison des perturbations provoquées par lesLombards enItalie, il n'en a peut-être pas ou peu existé[1].
Benoît estromain et fils de Boniface[1]. Il est appeléBonósos par les Grecs.
Le conflit avec les Lombards, qui notamment campent près de Rome, rend très difficiles les communications avec l'empereur de Constantinople, quirevendique le privilège de confirmer l'élection des papes. Il y a donc une période de vacance de près de onze mois entre la mort du papeJean III et l'arrivée de la confirmation impériale de l'élection de Benoît Ier, le[1], qui règne quatre ans, un mois et vingt-huit jours, luttant contre les Lombards et essayant de maintenir la cohésion de l'Église[2].
Le seul acte connu de Benoît est l'enregistrement d'une succession qu'il accorde à l'abbé Étienne de Saint-Marc, leMassa Veneris, sur le territoire deMinturnae, « près des murs deSpolète »[3], un petit territoire situé dans la partie orientale de l'Italie.
Il dirige l'Église pendant une période rendue calamiteuse par l'invasion des Lombards, lafamine, lapeste et lacrue duTibre. Les Lombards continuent à se déplacer à travers l'Italie pendant son règne et combattent constamment l'Église pour obtenir plus de terres. Leurs combats provoquent une famine qui dure des années et laisse les catholiques romains dans le désespoir[2].
En 579, quand les Lombards assiègent Rome, Benoît Ier réussit à envoyer une délégation àConstantinople pour demander l'aide de l'empereur byzantinJustin II, mais il a peu de succès car les troupes envoyées à Rome sont trop faibles et insuffisantes pour affronter les Lombards[4]. Cependant, il obtient de l'empereur qu'il envoie desnavires chargés decéréales depuis l'Égypte, mais le soulagement qu'ils apportent, aussi grand soit-il, est de courte durée.
Il essaie d'être en bons termes avec le duc lombard deSpolète, jusqu'à pouvoir exiger de lui la restitution de certaines propriétés foncières au monastère de Saint-Marc, près de Rome.
Il tente de renforcer l'épiscopat. Il crée unarchevêché àRavenne pour affermir l'influence romaine dans la ville devenue le siège impérial en Italie[4]. En, il émet des ordres formels et organise une cérémonie pour nommer vingt-et-un nouveauxévêques ; troisdiacres et quinzeprêtres sont nommés lors de la même cérémonie[1].
On sait que c'est lui qui fit sortir le moine Grégoire du monastère et l'ordonna diacre pour renforcer son corps administratif, préparant ainsi le terrain pour le futur papeGrégoire Ier.
Alors qu'il travaille à résoudre les problèmes qui résultent des dévastations lombardes, il meurt lors d'un siège de Rome par ces derniers[5]. Quelques mots duLiber pontificalis sur Benoît indiquent qu'il est mort au milieu de ses efforts pour faire face à ces difficultés. Il est enterré dans levestibule de lasacristie de l'antique basilique vaticane[2].